Nous descendions les escaliers qui menaient à la salle VIP de notre bar préféré, à Elisabeth et moi. Kara me suivait comme elle pouvait, visiblement moins à l'aise que nous dans ce type d'environnement. Ma meilleure amie était déjà là et fumait comme quelqu'un que cela dégouterait. Du reste, ça la dégoutait. Mais dans son univers ça paraissait éthéré. Par conséquent, elle allumait une cigarette de temps en temps afin de rester dans la tendance. C'était son boulot, après tout. Elisabeth était resplendissante. Normal, vu qu'elle avait dû dormir une bonne partie de la journée. Je m'installai à côté d'elle sur la banquette et laissai Kara s'asseoir sur la chaise en face de nous.
- Alors, raconte-moi tes malheurs, lança Elisabeth.
Et c'est ce que je fis. Enfin, après avoir passé commande auprès de mon serveur favori. D'ailleurs, dominé par un instinct naturel, celui-ci nous apporta nos boissons après que j'eus fini de déblatérer mon histoire d'un seul souffle. Je fis monter le liquide frais dans la paille et avalai par courtes gorgées. Eli me fixait de ses grands yeux émeraude et je devais avouer que ça me déstabilisait un peu. Je n'aimais pas quand elle faisait ça, car j'avais l'impression d'être passée au rayon laser. Comme si elle analysait le moindre de mes gestes, le moindre petit tic qui pourrait venir froisser le coin de ma lèvre. En fait, c'était sûrement ce qu'elle faisait et ce n'est qu'au bout de cinq minutes de silence pesant qu'elle annonça son verdict :
- Tu vas tomber amoureuse.
- N'importe quoi !
J'avais presque crié Kara avait sursauté, comme si je l'avais sortie d'une torpeur éphémère. C'était inenvisageable pour moi. Je ne souhaitais pas être amoureuse. Je n'avais jamais été amoureuse. Même pas de Lysander Scamander, mon premier amant. En outre, j'avais eu raison de ne pas tomber amoureuse de lui puisqu'il s'était avéré plus tard qu'il était en réalité un piètre compagnon d'ébats sexuels – et oui ! C'était un critère important pour tomber amoureux. De toute façon, je ne pouvais pas tomber amoureuse. Je ne pensais pas être capable d'une chose pareille.
- Si, insista Elisabeth. Et tu veux savoir pourquoi ?
Je ne répondis pas. Kara avait l'air passionné par le sujet, mais moi pas. Ne prenant pas compte de mon aspect bougon, Elisabeth continua :
- Parce qu'il te rendra folle.
J'haussai les épaules. Il ne serait pas le premier. Scorpius Malefoy me faisait déjà tourner bourrique plus d'une fois par semaine. A croire que me faire perdre la tête était devenu son jeu favori. Elisabeth semblait satisfaite d'elle-même. Je jetai un coup d'œil à Kara qui paraissait tout aussi paumée que moi et me rassurai. Je pris une grande inspiration et finis mon verre cul sec. Aucun intérêt, puisqu'il s'agissait d'un simple soda, mais pour la forme c'était mieux. Ça exprimait ma contrariété. Elisabeth me fit un maigre rictus, comme pour s'excuser de ne pas avoir été d'un meilleur réconfort et je lui saisi la main pour lui signifier que ce n'était pas grave. Elle était franche et droite. C'est pour ça que je l'aimais.
- Tu connais ce que c'est l'amour Eli ? C'est pour les losers qui ont trop peur d'être seuls.
Elle sourit encore, mais ne me répondit pas. Elle savait que j'avais raison. Et que je me trompais aussi un peu. Son portable sonna : je vis rapidement le nom de James inscrit sur l'écran. Elle s'éloigna pour décrocher et me laissa ainsi en tête à tête avec Kara. Cette dernière me regardait fixement.
- Vous avez une belle amitié, fini-t-elle par me dire.
J'haussai les épaules.
- Et vous êtes tellement différentes de ce que l'on pourrait imaginer.
Je piquai une gorgée dans le verre d'Elisabeth.
- Développe, fis-je avec décontraction.
- Hé bien… En apparence, vous semblez totalement superficielles. Et l'on pourrait sincèrement croire que c'est le cas, puisque vous êtes riches, célèbres, et tout ça. Mais au final, quand on vous côtoie un peu on se rend vite compte que vous êtes assez torturés, tous. C'est simple à comprendre, cela dit. Mais vous le cachez habilement…
J'ouvris la bouche pour répondre. Puis, je réalisai que je n'avais rien à répondre. Elisabeth revint et nous informa qu'elle allait partir. James avait besoin d'elle pour elle ne savait trop quoi et elle ne pouvait pas lui faire faux bond. Elle déposa quelques galions sur la table puis s'éclipsa. Une fois Elisabeth et sa lumière disparues, je regardai Kara et me préoccupai de ce que nous allions faire entre temps. Entre cette journée et celle de demain qui lui ressemblerait. Cette routine que nous tentions par tous les moyens de tuer, en sachant pertinemment que c'était elle qui aurait notre peau. D'un commun accord, nous remontâmes quatre à quatre les escaliers qui menaient dehors. Je lui demandai alors si elle connaissait Londres, et surtout le Chemin de Traverse.
- Absolument pas et c'est avec plaisir que je te suis, répondit-elle.
Il était presque 20h et il y avait fort à parier que la plupart des boutiques seraient closes. Mais cela ne m'empêcherait pas d'admirer les édifices. J'aimais l'architecture. C'était quelque chose que je ne m'expliquais pas. Partout où j'allais, j'observais d'un œil critique chaque construction qui m'entourait. J'aurais voulu faire le tour du monde juste pour regarder quelles merveilles l'Etre Humain était capable de bâtir. Kara ne partageait malheureusement pas mon engouement et après avoir acheté des glaces au vieux Fortarôme avant qu'il ne ferme, je lui proposai de nous rendre chez George. Comme elle était réticente, j'en conclus qu'elle n'avait jamais entendu parler des terribles jumeaux Weasley et lui assurait qu'elle l'adorerait.
Il s'avéra que George et Angelina étaient sortis en compagnie de leur fils ainé Fred et Alice – la copine de celui-ci. Il ne restait ainsi plus que Roxanne, leur cadette de dix-neuf ans. Elle ne m'aimait pas. Je ne l'aimais pas. Bref, nous ne pouvions pas nous piffer et il fallait que l'on tombe sur elle. Elle nous ouvrit quand même, de manière à ce que je puisse donner un aperçu à Kara des dernières trouvailles de mon oncle et sa femme. A la mort de Fred, tout le monde avait été écroulé, et George tout particulièrement. Angel' lui avait apporté le réconfort qui lui convenait et avait comblé le brin de folie que Fred représentait normalement. J'avais entendu ma grand-mère dire une fois : « cette femme est pire que ton frère. » à George. Cela l'avait fait rire.
- Ho, ils sont trop mignons ! s'exclama Kara.
Je devinai de quoi elle parlait avant de les voir. Les boursouflets avaient toujours eu beaucoup de succès auprès de la gent féminine. Elisabeth avait eu le sien de nombreuses années. Jusqu'à ce que James lui atterrisse malencontreusement dessus à la fin d'un match de Quidditch. Je restai à jamais persuadée qu'il l'avait fait exprès même s'il niait tout en bloc. Roxane proposa immédiatement à Kara de l'acheter. Ce que la jeune femme fit, bien entendu. Je soupirai. J'allais donc devoir supporter cette boule de poil à l'appartement. Je ne sais pourquoi, l'idée me vint d'acquérir un chat et je ne pus m'empêcher de sourire toute seule comme une idiote à cette pensée. Nous ne nous attardâmes pas plus à la boutique. Nous errâmes encore une heure dans les rues, notant des adresses qui paraissaient intéressantes en se promettant d'y revenir lors des horaires d'ouvertures. Puis nous rentrâmes.
Après le repas, je me jetai sur mon lit sans prendre le temps de retirer mes chaussures. Et le bout de papier sur la table basse me rappela pourquoi j'avais été de mauvaise humeur toute la journée. Je l'attrapai et entreprit alors de le déchiqueter en tous petits morceaux. Aussi minuscules que je le pus. J'y mis toute ma colère et espérai effacer mes souvenirs de cette nuit torride par ce procédé. Bien entendu, cela ne me mena à rien. Je me demandai même si je n'étais pas davantage irritée qu'auparavant. Je me déshabillai en laissant trainer mes fringues à même le sol. Puis, j'ouvris la poche avant de ma valise et en sortis de maigres gélules de forme ronde qui brillaient dans le noir. C'était James qui nous fournissait ça. C'était sans danger – enfin en théorie – et ça permettait de dormir rapidement. Merlin – cet enfoiré – savait combien j'en avais besoin à cet instant. Je m'endormis comme une masse, espérant que la journée du lendemain serait meilleure que celle-ci
La semaine passa vite. Trop vite. Quelques messages échangés avec Elisabeth qui me manquait atrocement quelques fous rires avec Kara que je commençais à apprécier tout autant quelques cris contre Scorpius qui restait un crétin étouffant : c'était le temps qui filait à toute allure. David Swan m'était complètement sorti de la tête. Bon, pas tant que ça, puisqu'il m'arrivait parfois de fixer les lambeaux du bout de papier qu'il m'avait laissé et que je ne m'étais pas résolue à jeter à la poubelle. Dans ces moments-là, je tapais constamment son numéro – que j'avais eu le malheur de retenir – avant de l'effacer rapidement et de jurer. Cette manie ridicule amusait beaucoup Kara et je ne pouvais pas l'en blâmer. Je ne comprenais pas vraiment mon attitude qui me ressemblait bien peu.
Toujours était-il qu'on était vendredi soir, que ma valise était encore ouverte attendant que j'y entasse quelques vêtements pour le week-end, que j'étais allongée sur mon lit moitié nue comme une grosse paillasse et que je comptais désespérément sur le moindre évènement qui pourrait m'extirper de ma torpeur. Kara pénétra dans ma chambre et se posa sur mon matelas. Elle aussi était crevée. Hormis les amphis – qui n'étaient pas si nombreux que ça – les cours nous demandaient énormément de concentration et d'endurance. Ce que visiblement nous n'avions pas. Nous avions également appris la veille que des épreuves annexes seraient organisées durant le mois afin que le concours entre les trois différentes classes puisse commencer. Les années supérieures avaient montré un enthousiasme certain, mais pour ma part je ne me sentais absolument pas concernée. Et là, ho miracle ! mon portable vibra. C'était Elisabeth.
18h17 – Message reçu : # Soirée chez ma mère. Débarque dès que tu es prête. Ramène Kara si tu veux. #
Je rebaptisai donc Pansy « sauveuse du monde ». Certes, c'était peut-être un tout petit peu exagéré mais ça reflétait le fond de ma pensée. Je me levai d'un bon et bouclai ma valise. J'enfilai un jean noir et un débardeur bleu, agrémenté de dentelle blanche. Une écharpe – blanche également – et une simple veste complèterait la toilette par la suite. Kara me jeta un regard en biais, qui voulait certainement signifier qu'elle ne comprenait pas mon engouement soudain. Je ne la laissais pas ignorante plus longtemps.
- On va chez les Parkinson ce soir, annonçai-je fièrement.
Le visage de Kara s'illumina et elle couru presque jusqu'à sa chambre – pour en revenir quelques secondes plus tard, penaude et me demander si j'avais une tenue à lui conseiller. Connaissant la mère de ma meilleure amie je lui indiquai juste de mettre des trucs dans lesquels elle serait à l'aise. On ne savait jamais trop comment ça pouvait finir. Pour ma part, j'attrapai ma vieille paire de Converses qui trainait sous mon lit. Si ces chaussures avaient pu parler, elles en auraient eu des choses à raconter. Mais heureusement pour moi, elles étaient muettes et mes secrets étaient bien gardés. J'attachai ma tignasse rousse en queue de cheval et attendis Kara dans l'entrée.
Pansy habitait un petit appartement dans le quartier chic du Chemin de Traverse. Enfin petit, c'était une notion relative. Disons qu'il faisait la taille du rez-de-chaussée du manoir Malefoy. Manoir qui comprenait trois étages, plus des sous-sols. Je n'avais d'ailleurs jamais réussi à visiter toutes les pièces, mais ça, c'était un autre sujet. Ce que je préférais chez Pansy, c'était la piscine chauffée qui se trouvait sur la terrasse. Nous y avions régulièrement passé des après-midi entières avec Eli à papoter, accoudées au bord. Je sonnai et ma meilleure amie nous ouvrit rapidement. Elle me chuchota :
- Astoria n'est pas là.
Je déglutis. Cela sous-entendait que Scorpius était déjà présent et - surtout - son père également. Seul. Je fermai les yeux quelques secondes. Puis les rouvris. Je remerciai intérieurement ma complice pour son attitude préventive. Cela allait sûrement m'éviter de me sentir encore honteuse. J'avais souvent des réactions étranges face à Drago Malefoy. Kara sembla remarquer mon désarroi, mais ne fit aucun commentaire. Il n'y avait rien à dire, de toute façon. Eli claqua la porte et d'avance je vis Pansy fondre sur nous tel un rapace sur de pauvres souris sans défense.
- Les filles, vous buvez quoi ? attaqua-t-elle.
J'aurais dû répondre « rien », mais je ne l'ai pas fait. Kara non plus d'ailleurs. Mais pour Kara, c'était moins grave. Elle n'avait pas l'objet de tous ses fantasmes assis à quelques mètres d'elle. Je soupirai. Je n'étais pas normale. Je me levai et sortit sur le balcon prendre l'air pour tenter de retrouver mes esprits. C'était une chance que mes parents ne soient pas ici – ma mère détestait les soirées et mon père était trop souvent en entrainement pour se permettre un écart, alors fatalement ils participaient rarement aux réceptions amicales. Mais ma marraine était présente, elle, et c'était probablement ce qui m'inquiétait le plus. Ginny Weasley était intelligente. Sûrement un peu trop puisqu'elle me jetait régulièrement des petits regards en coin, mi-réprobateurs, mi-amusés. Je ne voyais vraiment pas ce qu'il pouvait y avoir de drôle là dedans.
Je sentis deux mains masculines se poser sur mes épaules et frissonnai. Une part de moi espéra que c'était Drago l'autre avait envie de s'enterrer six pieds sous terre pour ce que pensait la première. Néanmoins, j'avais conscience que cela ne pouvait pas être lui. Il évitait toujours tout contact entre nous lorsque nous étions en public. Un peu comme si… comme s'il savait. Je me retournai : c'était Scorpius. Il me plaqua contre son torse et me serra contre lui. Je fus légèrement surprise, car ce n'était pas dans ses habitudes de faire preuve de tendresse, mais me laissai faire. Je compris quelques secondes plus tard l'objectif de la manœuvre quand je me retrouvai trempée de la tête au pied en train de flotter dans la piscine. Je vociférai des menaces à l'égard des trois acolytes qui riaient sur le bord. J'étais persuadée que l'idée venait de James. C'était bien son genre.
Je ne prêtai pas attention aux reproches que fit Drago à son fils, ni aux cris de Ginny destinés à ses deux garçons – je n'étais visiblement pas la seule à les traiter d'abrutis. Je me contentai de sortir de l'eau, la tête haute. Je savais qu'aucune émotion ne transparaissait sur mon visage. C'était un masque longuement travaillé. Je me refusai de les laisser espérer que leurs farces puériles pouvaient m'atteindre. Kara et Elisabeth me rejoignirent à la salle de bain. Cette dernière s'empressa de m'aider à me déshabiller et à me sécher. Elle alla me chercher une de ses robes qu'elle ajusta à ma silhouette en quelques coups de baguette, puis déposa un baiser sur mon front et entraina Kara dans le salon. Je restai cloitrée. Eli me connaissait suffisamment pour savoir que je n'avais rien besoin de plus. Juste un peu de temps afin d'avaler l'évènement.
Mais j'avais envie de réconfort. De bras chauds et tendres qui me serrent contre eux – et pas uniquement pour me jeter dans la piscine des Parkinson. Il était dur, parfois, de garder la tête haute alors que tant de pensées maussades me traversaient l'esprit. Je tentais d'être gaie et enjouée, peu de gens avaient conscience que ce n'était parfois qu'une façade. Il était hors de question que j'avoue mes blessures intérieures. Aussi, je ne sais pas exactement ce qui me passa par l'esprit à ce moment-là, mes doigts semblèrent taper d'eux-mêmes un numéro sur mon portable. Son numéro. D'une main tremblante, j'appuyai sur le petit téléphone vert et approchai mon mobile de mon oreille. Un bip. Je déglutis. Deux bips. Mon souffle se hacha. Trois bips. Je me sentis ridicule. Quatre bips. J'allai raccrocher quand sa voix sortie du combiné :
- Oui ?
Un éclair de lucidité m'invita à couper tout de suite la conversation – qui n'avait d'ailleurs pas encore commencer. Mais au lieu de ça, ma bouche parla d'elle-même. Sans que mon cerveau ne lui en donne l'ordre. Du moins, c'est ce que je me dis pour m'excuser mon attitude que je trouvais impardonnable. Aller contre mes principes n'était pas franchement mon genre. Qui plus est avec mes professeurs. Certes, je n'avais jamais eu de professeur aussi jeune et il était particulièrement bon amant. Mais ce n'était pas des raisons valables pour le rappeler. Je m'étais sentie bien dans ses bras. Etait-ce suffisant, ça ?
- C'est Rose, chuchotai-je.
- Ho !
Ce fut son unique réaction. Je comptai les minutes passées sur l'horloge de la salle de bain de Pansy. Seul le tic-tac de la trotteuse qui marquait les secondes venait rompre le silence. J'évaluai soixante-dix-sept secondes, puis finis par ajouter :
- Désolée, je ne voulais pas vous déranger.
Il avait déjà raccroché. Au même instant, Drago ouvrit la porte. Il semblait distrait et ne perçut pas tout de suite ma présence. Quand je compris qu'il était venu soulager sa vessie, je ne pus m'empêcher de me sentir gênée et me raclai la gorge. Il se retourna vivement, son pantalon toujours dégrafé me laissant apercevoir un boxer blanc. Je me forçai à le fixer dans les yeux. Monsieur Malefoy avait visiblement trop bu et il me bafouilla quelques excuses. Je lui fis rapidement un sourire et sortis tout aussi vite, troublée. Il fallait réellement que j'arrête de m'alcooliser. Et comme si ces deux derniers évènements n'avaient pas suffi, il fallut que Scorpius me remarque fermer la porte de la salle de bain. Pièce dans laquelle son père était entré quelques secondes plus tôt.
- Le prof de Potions, maintenant mon père… siffla-t-il, goguenard.
- La ferme, crétin.
« Merlin je vous hais ! » pensai-je en avalant un whisky pur feu sous le regard choqué de ma tante – qui avait pourtant l'habitude de me voir consommer.
