Eh beh, je pensais pas que j'aurais des reviews dès le premier chapitre! Désolée au premier guest, j'ai moi même suffisamment donné en ce qui concerne anorexie et compagnie et ça me désole d'apprendre que qui que ce soit d'autre est dans la même galère ;-; Quand à mon image de couverture c'est un fan art de l'artiste Natello qui a une galerie pleine d'images Harry Potter, je te conseille vivement de la rechercher! J'espère que vous allez aimer ce chapitre, j'en suis encore à l'exposition donc pour l'instant il y a assez peu de dialogue, j'espère que ce ne sera pas trop ennuyeux!


La lumière qui se glissait subrepticement dans la chambre en dépit des rideaux dorés du dortoir inonda progressivement la salle, jusqu'à ce que l'intérieur de mes paupières prenne une teinte orangée qui me tira du rêve auquel je tentais de m'accrocher. N'importe quel songe valait mieux que la réalité qu'il me fallait affronter tous les matins, celle où je devais me résoudre au fait que j'allais devoir passer le reste de ma vie dans ce corps que je haïssais. De mes cheveux châtains courts qui virevoltaient dans tous les sens à ce profond mal-être que je ne pouvais expliquer ni résoudre et que je traînais avec moi comme un bolet au pied depuis l'enfance, de mes tâches de rousseur à mon incapacité à ressentir de l'intimité avec qui que ce soit. La liste de mes défauts physiques s'allongeait à mesure que je me comparais à chaque fille que je croisais.

Au moins tu as de beaux yeux. pensai-je en guise de consolation, c'était vrai, quiconque m'avait fréquenté pendant plus de cinq minutes m'avait fait une remarque sur mes yeux bleus clairs. Inma les avait qualifiés de "captivants" et Ginny disait souvent que je pouvais faire fondre n'importe qui d'un seul regard. Cependant cet attrait physique qui était supposé me rendre spéciale était largement éclipsé par l'aspect ordinaire que me conférait mon léger embonpoint.

Je me forçai à me lever après avoir fait l'inventaire de mes nombreux défauts et de mes rares qualités, rituel matinal auquel j'échappais peu souvent, puis me dirigeai vers ma malle et en sortit un uniforme délavé aux couleurs de la maison Gryffondor. Je grognai de frustration après un rapide coup d'œil à mon emploi du temps qui m'informa que j'allais avoir droit à deux heures de Défense Contre les Forces du Mal avec le professeur Ombrage.

Et merde, c'est parti pour deux heures de pur concentré d'ennui !

Mes lamentations intérieures furent stoppées par la tornade qui venait de débouler dans le dortoir: Ginny et Inma, qui venaient tout juste de finir leur séance d'étirements matinale, étaient en train de se chamailler gentiment à propos du petit ami actuel de la jolie rousse, qui constituait le sujet de prédilection de la majorité de leurs disputes. La petite joute verbale se transforma bientôt en concours de lancer de coussins et je fus tirée de mes pensées moroses.

Cinq minutes plus tard, nours étions toutes les trois à bout de souffle, tentant de calmer notre fou rire collectif, Inma se dépêtra de ses draps avec quelque difficulté et se tint devant le miroir pour tenter de mettre de l'ordre dans ses cheveux ébouriffés, elle fut bientôt rejoint par Ginny. Quant à moi, qui avait depuis longtemps laissé le contrôle à mes cheveux et avait renoncé à dompter ma crinière sauvage, j'enfilai mes chaussures et me hâtai vers la sortie.


L'incident d'hier avait été rangé dans un recoin de mon esprit et j'étais à présent excitée à l'idée de prendre un petit déjeuner copieux. Cependant plus je marchais vers la Grande Salle, plus j'avais conscience de la lourdeur de mes pas, de mes cuisses qui se frottaient, j'avais l'impression que tout le monde me dévisageait.

Il y avait des moments où avoir un corps me faisait horreur, non pas parce qu'il me paraissait inapproprié, mais plus parce qu'il existait, tout simplement. Avoir un corps matériel impliquait des contraintes que j'aurais préféré ne pas avoir à subir. Le simple fait de pouvoir être touchée par les personnes qui m'entouraient était horripilant. Au lieu de pouvoir me réfugier dans mon esprit, il me fallait me plier aux caprices de mon corps, ce que je considérais comme un obstacle sans vraiment savoir pourquoi.

Tête baissée, je finis par rejoindre la table de mes camarades Gryffondor et m'installai à côté de Ron Weasley, mon compagnon de goinfrerie. Celui-ci me salua d'un grognement distrait, trop occupé qu'il était à hocher gravement la tête en écoutant son meilleur ami, le seul et unique Harry Potter lui parler de Quidditch. Je souris timidement à ce dernier et il réciproqua.

« Jack ! Comment ça va ? me demanda-t-il.

— Oh, pas super. J'ai cours avec Ombrage ce matin, le répondis-je. provoquant une grimace de sa part et un juron de la part de Ron.

— Ça craint, ce vieux crapaud n'a aucune idée de la façon d'enseigner la Défense conte les Forces du Mal ! Elle ne fait que nous parler de théorie sans la moindre pratique, comment sommes-nous supposés nous défendre contre... »

Il s'arrêta net et sembla chercher ses mots, puis commença à se gratter la main frénétiquement comme si quelque chose le démangeait, j'avais déjà une idée de ce qu'il aurait aimé dire, j'étais bien entendu au courant qu'il prétendait avoir été témoin du retour de Tu-Sais-Qui, même si je n'étais pas sûre de ce que je devais penser.

J'étais sûre que Harry était parfaitement sain, l'ayant suffisamment fréquenté pendant mes visites au Terrier avec Ginny, cependant le croire revenait à admettre le retour du mage noir le plus dangereux qui ait jamais existé, ce que je n'étais pas sûre d'être en mesure d'envisager pour l'instant.

«Contre les Forces du Mal ? proposai-je d'une voix indécise,

— Exact» répondit-il, visiblement soulagé de ne pas avoir à m'expliquer quoi que ce soit. C'était ce genre de comportement qui me faisait douter ceux qui pensaient que Harry ne cherchait qu'attirer l'attention sur lui, je l'avais côtoyé suffisamment pour être au courant de son aversion pour la célébrité dont il était plus la victime que le sujet, j'hésitai cependant toujours à y croire.

Je n'eus pas à y réfléchir plus longtemps, Inma et Ginny ayant terminé de se compter les cheveux devant le long miroir du dortoir venaient s'installer avec nous. Elle s'attablèrent à ma gauche et continuèrent joyeusement leur discussion, Harry se désintéressa de moi et posa son regard sur la table Serdaigle, où Cho Chang venait de faire une entrée remarquée.

Je baissai tristement les yeux et me servis un bol de porridge chaud. Pour être honnête je trouvai Potter assez séduisant, je me souvins du temps où je m'amusais à inventer des scénarios impromptus impliquant le Survivant avec Ginny, époque révolue car celle-ci avait fini par s'intéresser à d'autres garçons et j'avais fini par me résigner au fait que les héros populaires ne sortaient pas avec les filles comme moi. En fixant Cho, je parvins à identifier pourquoi, de ses longs cheveux soyeux à ses poignets délicats, tout chez l'attrapeuse de l'équipe Serdaigle respirait le charme et l'élégance.

Soupirant de dépit, je pris une généreuse cuillerée et la portai à ma bouche, et, en mâchant, quelque chose d'étrange se produit, une boule d'anxiété me serra la poitrine et je me forçai à regarder autour de moi, je croisai le regard de quelques élèves dont une Pouffsouffle aux cheveux roux qui me sourit. Elle se moque de toi me sussura une voix et sans m'en rendre compte, j'avais reposé ma cuillère. Mes yeux scannèrent frénétiquement la salle à la recherche de n'importe quoi qui pouvait confirmer la pensée atroce que je venais d'avoir. Je ne savais pas pourquoi je voulais tellement que cette vilaine voix ait raison, mais je souhaitais absolument y croire.

Mon regard se posa sur Draco Malfoy, occupé à fouiller dans une corbeille de fruits à la recherche de pommes sans doute, curieux, même avec la terreur qui me nouait l'estomac et me brouillait l'esprit je parvenais à me souvenir que c'était son fruit préféré. Au moment où j'allais finalement détourner les yeux, il releva les siens et croisa mon regard. Je fus surprise par la douceur de ses yeux gris, je ne l'avais jamais vu avec cette expression neutre, voire bienveillante, sur le visage. du moins c'était jusqu'à ce que ses traits ne durcissent et que son expression ne se change en pur dégoût, me forçant à baisser la tête, je fixai mes mains adipeuses, les comparai mentalement à des saucisses, je ne valais rien, pourquoi ne pouvais-je pas être comme les autres filles? Je ne valais rien, rien, rien-

« Jack ? une main s'était posé sur mon épaule, mes yeux rencontrèrent le regard inquiet d'Inma, tu n'as pas l'air dans ton assiette, ça va? me demanda-t-elle avec un gentil sourire.

— O-ouais ! J'ai juste... j'hésitai un peu, rit nerveusement, tu vas te moquer de moi mais j'ai oublié de finir mon devoir de potions!

— Tu m'as fait peur! Ton visage est pâle.

— Affronter un Rogue énervé n'est pas une perspective très réjouissant, figure-toi ! plaisantai-je en me levant. Bon je file à la bibliothèque !

— Attends, tu peux copier le mien ! » proposa-t-elle, confuse, mais je secouai simplement la tête et, sans m'expliquer, filai en direction de la sortie, attirant malheureusement l'attention de toute la salle.

En marchant, j'étais plus que jamais consciente de la place qu'occupait mon corps, je ne méritais pas de remplir tant d'espace, je me sentis à nouveau piégée dans mon propre corps.


Quelques minutes plus tard, j'étais debout devant le miroir que j'avais si soigneusement évité le matin même, insultant vicieusement le reflet qu'il me renvoyait, pinçant mes joues humides de larmes. Porc, Idiote, Grosse Vache ! Les insultes se précipitaient hors de ma bouche sous forme de murmures étranglés par mes sanglots, prisonniers de mon esprit pendant si longtemps que j'étais persuadée d'avoir réussi à les ignorer.

Je ne pouvais ignorer ma haine pour moi-même plus longtemps, j'avais tenté de tromper la voix cynique qui me reprochait mon manque de contrôle pendant des années, mais elle m'avait rattrapée, au final, c'était presque risible.

Levant les yeux vers mon visage rougis par mes pleurs, je résistai à l'envie de cracher sur mon reflet et m'éloignai de la glace presque à contrecœur. Me glissant sous mes draps, j'espérai que mes amies allaient m'oublier aujourd'hui et qu'elles allaient allait en cours sans moi tandis que je continuai à me traiter de tous les noms jusqu'à ce que le sommeil m'emporte.