Lorsque je me réveillai, le soleil s'était déjà presque couché. Soupirant de frustration, je me retournai sur le dos et fixai le plafond, à l'abri dans le cocon que constituait ma couverture, c'était assez plaisant. Je pouvais toujours sentir l'odeur du parfum de Ginny qu'elle avait probablement mis dans un excès de coquetterie le matin. J'adorais les parfums sorciers, qui duraient bien plus que ceux que j'empruntai de temps en temps à ma tante moldue, celui-ci dégageait une merveilleuse odeur de fraises et de vanille, ce qui semblait aller comme un gant avec la personnalité de ma meilleure amie rousse. Je soupirai à nouveau et me frottai les yeux. Je ne pleurais pas si souvent que ça, mais ça avait tendance à m'exténuer.

Je me débarrassai péniblement de mon bouclier en tissus et jetait une jambe par dessus le lit, puis fut soudainement consciente du vacarme épouvantable qui venait de la salle commune, jusque-là j'avais été trop immergée dans mes pensées pour le remarquer.

Me chaussant rapidement, je passai quelques secondes devant le miroir pour enlever toute trace de larmes de mon visage puis me dirigeai vers la source du chahut. Il me semblait qu'on fêtait quelque chose, mais quoi ?

J'eus la réponse à ma question sous la forme d'un des jumeaux Weasley (que je ne cherchais jamais à départager) qui ricana en me voyant

« Jack ! Tu viens faire la fête avec nous ? il m'enlaça d'un bras, tenant une Bièreaubeurre dans son autre main, il me désigna de celle-ci Ron, qui se tenait un peu plus loin, le visage rougi par le bonheur (et les bières, sans doute), figure-toi que mon frangin, que je considérai jusqu'à présent comme étant un des plus gros bons à rien à avoir frôlé cette terre, vient d'être désigné comme le gardien de l'équipe Gryffondor !

— Oh ! C'est vraiment super ça ! m'exclamai-je. Il reste peut-être un espoir pour lui, alors.»

Il ricana et fut rejoint par son jumeau qui me tendit une bière.

« Tiens Jack, bien dormi ? Tu devrais peut-être rejoindre Hermione, me dit-il en désignant le fauteuil sur laquelle celle-ci somnolait tranquillement, une bière encore pleine à la main.

Je lui tirai la langue.

— Pas trop mal ! répondis-je en acceptant la bouteille. Merci George.

— Moi c'est Fred »

Je n'eus pas le temps de m'excuser car le tableau venait de s'ouvrir pour laisser place à un Harry Potter un peu désemparé, qui revenait d'une retenue sans doute désagréable avec le Démon en Rose, l'Élu fut accueilli chaleureusement par son meilleur ami, et accepta gracieusement une Bièrreaubeurre. Il semblait tout aussi fatigué et mal à l'aise que moi, qui me sentais un peu comme un poisson hors de l'eau, entourée par les cris de l'équipe de Quidditch et de leurs fans. Harry alla s'installa près de Hermione Granger, qui se réveilla en sursaut, je m'apprêtai à les rejoindre, mais leur air grave m'indiqua que je ne serais sans doute pas la bienvenue, je me retournai donc et tombai nez-à-nez avec Inma, la jolie Argentinienne ne me laissa pas le temps de la saluer qu'elle me saisit par la main et me traîna vers un recoin de la salle.

« Je peux savoir ce qui ne va pas avec toi ? demanda-t-elle, levant la voix pour se faire entendre malgré le bruit.

— Rien, ne t'en fais pas, j'étais juste fatiguée.

— Tu es partie au milieu du repas, mais je t'ai cherché à la bibliothèque en vain.

— Quoi?! »

Exaspérée, Inma monta les escaliers du dortoir, me traînant toujours derrière elle. Loin des cris et du tintement incessant des bouteilles qu'on trinquait en signe de célébration, le calme du dortoir était un soulagement. Inma soupira, elle semblait heureuse de ne plus avoir à crier pour se faire entendre, cependant elle donnait l'impression d'avoir perdu son assurance, car ses dents mâchouillaient avec nervosité ses lèvres vermeille.

« Tu mordilles ta lèvre. lui fis-je remarquer.

— Oh mince ! »

Elle me remercia et s'arrêta, et je lui souris avec émotion. C'était une sorte de pacte silencieux entre nous, car chacune avait ses petites manies désagréables. Inma se mordillais la lèvre, je rongeais mes ongles et pour nous empêcher de faire trop de dégâts, nous avions l'habitude de le faire remarquer à l'autre lorsque ça arrivait.

Je me sentis soudain affreusement coupable de lui cacher mon mal-être, elle qui partageait tous ses petits tracas avec moi. J'avais l'impression de l'insulter, mais une partie de moi avait envie de préserver le secret. J'avais honte de mon corps et de mon âme, et je n'avais pas envie qu'Inma intervienne pour arrêter ce que j'avais l'intention de faire pour me débarrasser de ce sentiment. Si j'ouvrais la discussion, il n'y avait aucun doute dans mon esprit qu'elle allait me ramener à la raison, et je ne voulais pas de ça.

« Ça va ? finit-elle par me demander.

— Bien sûr, pourquoi cette question ? répondis-je avec désinvolture, ce qui provoqua chez elle un soupir profondément exaspéré.

— Sérieusement ? Tu te comportes bizarrement à table, t'excuses en disant que tu vas aller à la bibliothèque, et tu zappes toutes les classes de la journée et reste au dortoir jusqu'au soir ! Ça t'étonne tant que ça que je m'inquiète ? »

Sa voix était devenue plus aiguë, ce qui signifiait généralement qu'elle commençait à perdre patience, néanmoins elle s'excusa et se força à parler avec plus de douceur :

« Désolée, je ne t'attaques pas, j'aimerais juste savoir ce qui ne va pas.

— Inma... commençai-je d'une voix légèrement sarcastique. Mes sourcils se haussèrent et je souris en coin. Je me suis juste rendu compte que j'avais oublié mon manuel, je suis revenue au dortoir et mon lit était défait. Je me suis souvenu de ce que toi et Ginny me disiez tout le temps au sujet de mon côté bordélique, donc j'ai tenté de le faire pour être plus organisée...

Inma ricana et hocha la tête, buvant mes paroles.

— Et...
— Bah... Il avait juste l'air tellement confortable, je gémit et lançai à nouveau un regard désireux vers le lit, toujours défait.
— Mais ! Incrédule, Inma me regarda longuement avant de grogner et de me donner un coup de poing dans l'épaule, Rah mais t'es tellement bête ! Je me suis inquiété pour rien ! »

J'éclatai de rire et elle me rejoint rapidement.

« Bon allez, on retourne voir les autres, à moins que tu ne préfères que je te laisse plus d'intimité avec ton lit.
— Franchement...
— Non, tu viens avec moi, m'interrompit-elle d'un ton catégorique. »


« ALLEZ ANGELINA, WOOO ! criait Ginny, acclamant la capitaine qui venait de faire un tir absolument magnifique, le Souafle avait traversé un quart du terrain pour rentrer parfaitement dans l'un des anneaux, sans que Ron, dont la bouche avait à présent pris la taille du ballon en question, n'ait pu le stopper.

— T'es supposée encourager ta famille. la rabroua Inma avec apathie, la blonde ne releva pas les yeux de son miroir de poche bleu sarcelle qu'elle utilisait pour se mettre du mascara. Elle ne se réjouissait pas vraiment d'assister à l'entraînement de l'équipe Gryffondor, même si elle appréciait l'occasion que ça lui donnait de lorgner la capitaine d'une manière qu'elle pensait subtile, mais qui était sans doute visible de l'autre côté du terrain.

— Tu dis ça juste parce que tu es jalouse de me voir encourager Angelina, répondit Ginny du tac au tac, provoquant un soupir outré de la part d'Inma, qui lui jeta son écharpe Gryffondor roulée en boule à la figure.

— Arrêtez de vous battre ! » dis-je d'une voix lasse, mais aucune d'entre elle ne m'entendit, ce qui était tout aussi bien car je n'avais aucune idée de participer à la conversation.

J'avais passé la nuit à faire des pompes dès que les autres s'étaient endormi, avec l'espoir de pouvoir dormir un peu plus le matin, c'était sans compter sur l'amour de Ginny pour le Quidditch, elle avait dû me traîner par le bras pour m'emmener au terrain. Heureusement ma fatigue extrême m'avait servi de prétexte pour éviter le petit déjeuner et j'avais seulement somnolé dans mon bol de céréales tandis que mes amies se régalaient de fruits frais et de tartines beurrées.

Je regrettais à présent ne pas avoir au moins mangé une pomme, car je sentais mon énergie faiblir chaque seconde qui passait. C'était un étrange type de fatigue, j'avais l'impression que mes genoux étaient creux et que ma tête était pleine de fumée, embrumant mon esprit et m'empêchant de formuler mes pensées, cependant il y avait un je ne sais quoi d'enivrant à cette fatigue.

Je fermai les yeux et m'imaginait mon corps se dissolvant au fur et à mesure que les jours avançaient, disparaissant toujours plus, un peu moins de moi chaque jour. L'implication de force et de discipline qu'il y avait à se priver de nourriture me donnait une confiance en moi et un amour propre dont j'avais si rarement l'occasion de jouir.

Une voix traînante et bien trop familière interrompit mes pensées

« C'est quoi, le truc qui sert de balai à Weasley ? Qui donc a eu l'idée d'ensorceler cette vieille bûche moisie pour essayer de la faire voler ? »

Génial. Sa blague minable déclencha un tonnerre de caquètements de canards et de cris de chimpanzés chez sa petite horde de Serpentards, assis non loin de nous, cependant nos joueurs les ignorèrent et continuèrent à s'entraîner.

« Hé, Johnson, c'est quoi, cette coiffure ? hurla Pansy Parkinson, sur les gradins. On dirait que tu as des vers de terre qui te sortent de la tête ! »

Oh non, elle ne vient pas juste de dire ça, je sentis Inma se raidir à côté de moi, et posai une main sur la sienne pour l'empêcher de jeter un sort à Pansy.

« Non mais elle s'est regardé ? Avec ses vieux cheveux ternes aux pointes fourchues ! Cette petite.. prostituta ! Inma enchaîna les insultes que j'avais personnellement appris à forcer de la côtoyer, mais même une personne qui n'avait aucune notion d'espagnol pouvait en comprendre l'idée générale rien qu'en entendant le ton venimeux de mon amie.

— Je sais, je sais. tentai-je de la consoler pour éviter qu'une énième bagarre n'éclate, c'est une grosse perra

— Absolument ! » s'écria Ginny, dont le regard n'indiquait rien de bon. Elle avait l'air de vouloir arracher les cheveux de Malfoy pour les lui faire manger.

S'ensuivit une série d'incidents provoqués par Ron, chacun causant un fou rire chez les Serpentards, dont les hurlements constants commençaient à me taper sur le système.

L'entraînement dû être arrêté à cause du saignement du nez de Katie, et l'équipe quitta le terrain sous les insultes et les rires des Serpentards. Ginny et Inma avaient une folle envie d'aller leur régler leur compte, et j'aurais sûrement été du même avis si mon envie de rejoindre mon lit ne dominait pas tout le reste. Nous retournèrent cependant au dortoir, et je fus incapable de trouver le sommeil. Je pensais évidemment à moi, à mon insuffisance, je me demandais si Ron se sentait aussi inutile et gênant que moi lorsqu'il n'arrivait pas à se montrer à la hauteur des expectations des autres. C'était probablement le cas. Pauvre Ron...


Jeeeee... ne sais quoi dire, à part que je suis désolée, mes propres soucis m'ont complètement démotivé, malheureusement. Mais je sens la brise s'adoucir et l'été arriver, je me sens mieux. Tout ira bien et je vais essayer d'écrire plus souvent. Merci de me suivre !