Haine 10
-Tu n'avais pas le droit, hurla Snape devant un Lucius qui haussa un sourcil pour signifier à son ami de changer de ton avec lui. Qu'est-ce qui vous a pris de vous mêler de mes affaires, vous n'aviez pas autre chose à faire que de venir fouiner et mettre votre vilain nez dans mon laboratoire pour m'espionner ? Tout est à recommencer par votre faute, bande de Poufsoufle. Des heures de travail fichues en l'air ! Merlin me préserve des curieux de votre sorte !
-Recommencer ? demanda calmement Lucius qui sentit la pimentine lui monter au nez. Tu vas recommencer ta potion ?
-Oui, Potter et moi ce n'est pas votre problème à Remus et à toi, c'est entre lui et moi.
-Tu es allé trop loin cette fois, Severus, tu le sais, et je t'interdis de recommencer tes expériences sur Harry.
-Quoi, une petite potion ou deux de rien du tout et voilà que vous en faites toute une histoire ! Tu m'as gâché tout mon plaisir.
-Tu allais le rendre idiot…..
-Qu'est-ce que ça aurait changé, il l'est déjà de toute façon !
-Severus, soupira l'aristocrate, peut-être qu'il ne serait jamais revenu à son état normal, ces potions sont instables et heureusement que je n'en ai pas fait part à Remus, sinon à l'heure actuelle il t'aurait bouffé tout cru.
-Je te répète que tout le monde n'y aurait vu que du feu, tous savent que Potter est un abruti !
-Rha…..je ne sais pas pourquoi je discute avec toi, tu n'en fais toujours qu'à ta tête et tu finis par avoir raison même quand tu as tort !
-Ça prouve seulement que j'ai raison, n'en démordit pas le maître des potions avec une mauvaise foi évidente que Lucius qualifia d'intense abrutissement de soi.
-Ne peux-tu admettre le courage qu'il a fallu à ce gamin pour tuer Voldemort ? Ne peux-tu admettre la vie misérable qu'il a eue auprès de ces moldus, et le courage qu'il a fallu à un enfant de onze ans pour affronter le terrible maître des potions qui l'attendait à chaque tournant à Poudlard ?
-Oui, peut-être as-tu raison sur certain point, admit Snape après un temps long de réflexion.
-Est-ce qu'un jour tu me diras pourquoi il y a tant de haine entre vous deux ? demanda Lucius, désespéré de ne rien tirer de bon de son ami.
-Il n'y a rien, s'écria Snape un peu trop fort pour se défendre des allégations de Lucius qui eut un sourire en coin, ce qui agaça le potionniste qui grogna de colère. Il n'y aura jamais rien entre le nabot à lunettes et moi, tu entends ? ajouta-t-il avec détermination alors que ses yeux flamboyaient de colère et de tristesse. Lucius sut alors avec certitude que l'amour que Snape avait pour Harry était plus fort que tout ce qu'il croyait et que l'homme se détruisait petit à petit au nom de cet amour qu'il croyait irréalisable.
Les échanges agressifs que Severus avait avec Harry le faisait revivre, le seul moyen qu'il avait trouvé pour le toucher, le sentir, poser ses mains sur lui quand il le frappait, sentir son corps contre le sien pendant leur joute, devina bien justement Lucius qui en avait parlé avec Remus. Il avait vu les yeux de Severus devenir complétement noir de rage quand Harry avait une fille à son bras. Pas difficile de deviner que la jalousie avait fait son œuvre.
-Je te suggère de ne plus avoir recours à tes fichues potions contre Harry, Severus, menaça l'aristocrate.
-J'ai d'autres moyens à ma disposition…
-Pas de magie noire non plus, ajouta Lucius. Je sais que tu ne vas pas lâcher le morceau, je te connais tu es tenace, mais je t'avertis, dorénavant je serais derrière toi à chaque instant, quoique tu fasses et où que tu ailles.
Snape souffla.
-Laisse Harry tranquille, il doit récupérer, ta potion et le contre-sort l'ont extrêmement fatigué.
-Une semaine, capitula Snape qui pensait avoir besoin de ce temps lui aussi pour trouver autre chose pour nuire au gryffondor.
-Severus, souffla Lucius.
-Bon, d'accord, quinze jours, là ça te va ?
-C'est déjà mieux.
-Qu'il profite bien de la trêve, ne put s'empêcher de ricaner le maître des potions.
Le serpentard blond ne répondit pas, il venait d'avoir une idée sournoise et serpentesque pour que les deux idiots butés se rencontrent et mettent un terme définitif à leur différent.
-Je te laisse réfléchir, insista l'aristocrate, et si tu tentes quoique ce soit derrière mon dos…tu t'en repentiras.
-Quinze jours, Lucius, je n'ai jamais trahi une de mes promesses.
-C'est vrai, malgré tout ce qu'on dit de toi, tu as toujours été un homme de parole.
Snape renifla, évidemment qu'il avait des principes !
Lucius Malfoy attendit que Remus revienne de chez Harry, qui allait beaucoup mieux, et qui voulait reprendre ses classes le lendemain malgré les supplications du lycan de rester tranquille.
-Comment va-t-il ? interrogea Lucius alors que Rem posait des copies sur le coin du bureau.
-Mieux et moins pâle qu'hier et déjà insupportable, et toi de ton côté ?
-J'ai réussi à obtenir une trêve de quinze jours, ensuite nous aviserons.
-C'est toujours ça de gagné !
-Remus…n'aimerais-tu pas que Severus et Harry cessent cette animosité qui détruit leur vie ?
-Si, et à voir ton air calculateur je devine que tu as trouvé une solution ?
-Oui, mais on ne pourra la mettre en pratique que quand la trêve sera terminée.
-Oui, sinon elle sera rompue et Harry est encore trop faible pour se défendre je suppose ?
-C'est ça, acquiesça Lucius, nous allons les enfermer tous les deux…
-Quoi, encore cette idée ? Tu es sérieux quand tu dis ça ?
-J'ai même pensé à faire ingurgiter du Véritasérum à Severus avant de l'enfermer avec Harry.
-On va trouver ça où ? demanda Remus qui avait oublié ses réticences devant un Lucius calculateur, ce qui le rendait bien plus sexy à ses yeux. Pas dans le laboratoire de notre ami commun en tout cas.
-Non, il aura mis des sortilèges autrement plus résistants et même si je peux les défaire je ne veux pas qu'il se doute de ce que nous préparons contre lui.
-Oui, mieux vaut être discrets si on veut réussir. Severus est malin, rien ne lui échappe à ce diable d'homme !
-Le Véritasérum j'en fais mon affaire et pendant ce temps tu arraches à Harry la promesse de rester tranquille quinze jours, inutile qu'il mette notre plan à l'eau en rompant la trêve. Et surtout tu ne lui dis rien de ce que nous tramons, il le saura bien assez tôt.
-Je lui parlerai…..
-Ne le sous-estime pas, Remus, côté perfidie on peut dire qu'il égale Severus. La corde sensible, Harry connait, surtout avec toi.
-Il a les gènes des maraudeurs, sourit le lycan, je ne vais pas le lui reprocher quand même ! C'est tout ce qui me reste de Sirius et de James.
-Le maraudeur en toi me plaît, aucun doute là-dessus, mon ange, s'amusa Lucius. Tu n'as jamais été du genre à capituler facilement et tu es prêt à te jeter sur n'importe quel défi sans penser au danger pour sauver tes amis…..pourtant ta douceur m'étonnera toujours, elle n'a d'égale que ta capacité à aider les autres. Je t'ai observé, tu sais, pendant des mois, et j'avoue que plus le temps passait et plus j'ai apprécié la personne que tu as toujours été, avoua l'aristocrate. J'ai été aveugle, trop longtemps.
-J'ai pourtant un problème de taille que tu n'as pas mentionné, se moqua gentiment le loup-garou.
-Pour moi ce n'est pas un problème, Remus. Avec la potion Tue-Loup que Severus a amélioré tu n'es plus vraiment un danger, tu ne te blesses plus comme avant et tes douleurs sont moins intenses, n'est-ce pas ?
-Oui, c'est exactement ça, Severus est un véritable maître dans sa partie.
-Et pour en revenir à Harry et à Severus nous allons les aider, on ne lâchera rien tant qu'ils ne se seront pas réconciliés, je t'en fais la promesse, termina Lucius en attirant Remus vers lui pour l'enlacer.
-Pourquoi ? demanda une voix depuis la porte. Pourquoi voulez-vous nous aider, Snape et moi ?
-Harry ! on ne t'a pas entendu venir, est-ce que ça va, tu as besoin de quelque chose ? demanda Remus en espérant que Harry n'avait pas entendu toute leur conversation.
-Non, à part que je suis totalement épuisé et que je veux que vous répondiez à ma question.
Remus et Lucius soupirèrent de concert, ils auraient dû surveiller leurs arrières.
-Qu'est-ce que c'est que cette histoire de Véritasérum que vous voulez faire boire à Snape ? Vous avez envie de vous prendre un Avada ? Vous savez comment il sera s'il apprend ce que vous mijotez tous les deux derrière son dos ?
-On sait, c'est pour ça qu'on avait prévu un Oubliette, Harry, expliqua Lucius qui pensait qu'il était dorénavant inutile de le faire « genre on n'a rien dit de la sorte » puisque Harry avait tout entendu de leur conversation.
-Pourquoi du Véritasérum, vous avez besoin de savoir certaines choses de la chauve-souris ? demanda le jeune homme en toisant les deux sorciers qui l'invitèrent à s'asseoir devant eux.
-Cette histoire de querelle entre Severus et toi dure depuis des mois, voire des années, attaqua Remus. Cela n'est plus possible et là je parle au nom de tous, Harry.
-Donc ?
-On sait pertinemment que Severus nous cache un truc, continua Lucius, et que c'est ça qui vous fait agir comme deux idiots les trois quart du temps.
-On veut savoir ce qui se cache derrière vos disputes, termina Remus.
Harry resta silencieux en regardant les deux hommes face à lui puis soupira. Ils avaient raison, cette querelle devenait ridicule et cela devait cesser, mais pas que pour lui, pour Snape aussi et surtout pour ses enfants.
-Quel est votre plan ?
-On a pensé que vous enfermer tous les deux dans une pièce et vous laisser vous expliquer serait un bon moyen de trancher dans le vif….
-Tu veux dire qu'il va m'écorcher vif, ricana Harry.
-On sera derrière la porte…..
-Et tu crois que ça va l'arrêter ?
-Non, peut-être pas, pouffa Lucius, il est têtu…
-Déjà on va oublier le Véritasérum, ordonna le survivant, il sentira qu'on le piège, il a un don pour ça.
-Tu es d'accord pour le rencontrer, seul ? demanda Remus. Tu ne crains pas sa colère ?
-Ai-je jamais craint Snape ? Il ne m'a jamais fait peur, Rem, alors je ne vais pas commencer maintenant.
-Bien, les coupa Lucius, on va te laisser les quinze jours que Severus t'a accordé pour que tu puisses prendre des forces au cas où. Ensuite on fera ce qu'on a dit.
-Ok, opina le jeune professeur, en sachant ce qui m'attend je pourrais agir à ma guise, sans le provoquer.
-C'est le but, Harry, essaye vraiment de ne pas le défier.
-Je sais, Remus, je le sais, j'irai en douceur cette fois.
