Haine 12

-Une condition cependant, Potter, exigea le maître des potions en sortant de la dite maison bien plus spacieuse, propre et claire que la bicoque qu'on lui avait loué à un prix déraisonnable. Je veux vous payer un loyer et ceci n'est pas négociable.

-Ce n'est pas nécessaire….

-Si, ça l'est, comme je vous l'ai dit…..

-Oui, ce n'est pas négociable, sourit Harry en répétant les derniers mots de Snape, heureux que l'homme ait capitulé aussi facilement pour le bien de ses fils malgré son envie de dire non.

-Je vous propose le double du loyer que je paie en ce moment…..La maison les vaut bien, je dois l'avouer.

-Hors de question ! Je ne fais pas ça pour gagner des galions, j'en ai suffisamment pour vivre au moins cinq vies, s'insurgea le survivant en fronçant le regard. Mettez ces galions sur un compte pour vos deux fils, ce sera ma contribution pour leurs futures études.

-Encore une fois pourquoi agissez-vous ainsi ? Ils ne sont rien pour vous et nous ne sommes pas des amis.

-Ils me ressemblent, murmura Harry avec émotion, plus que vous ne le pensez. Ils ont le droit d'avoir un coup de pouce pour démarrer dans la vie, certains n'ont pas la chance d'avoir un homme pour les aider et subissent une famille odieuse. On profite d'eux, on les maltraite, on les persécute, on les affame, on les bat et j'en passe…..

Snape ne dit rien, il comprenait maintenant que la vie d'Harry Potter n'avait pas été merveilleuse, comme il s'était plu à le croire.

-Vous ne portez plus vos infâmes robes noires, en profita de demander Harry pendant que le maître des potions restait muet après la tirade du jeune homme qui avait laissé passer beaucoup plus de souvenirs qu'il ne l'aurait voulu.

-Non, finalement vous m'avez rendu service, Potter, elles n'étaient ni seyantes et bien trop encombrantes.

-Je vous approuve, pas seyantes du tout, tandis qu'ainsi on voit enfin l'homme…..

-Ce qui veut dire ?

-Rien, c'est mieux sans elles. Cela dit la trêve continue ?

-Vous êtes un sot, Potter, bien sûr que non, vous venez de la rompre en vous mêlant de ce qui ne vous regardait pas, sourit malicieusement Severus Snape.

-Alors rendez-vous ce soir dans ma salle de classe, professeur Snape, sourit Harry qui n'en attendait pas moins de l'homme et qui avait sincèrement espéré cette réponse quand il avait posé la question pas si anodine que ça.

Les deux sorciers se séparèrent sur le matin. Snape entra chez lui rejoindre ses deux fils et Harry alla prendre un petit déjeuner à Poudlard et se changer avant de se rendre sur le chemin de traverse, chez Gringott's

-Monsieur Potter, le reçut le directeur de Gringott's dans son bureau, une heure trente plus tard, que puis-je pour vous ?

-Vous avez loué au professeur Snape un logement insalubre pour ses enfants et lui, attaqua-t-il sans avertir, puis-je en connaître la raison bien que cela n'excusera pas votre geste ?

-Le professeur Snape est-il l'un de vos amis ? demanda insidieusement le directeur Raynar avant de s'expliquer.

-Oui, un très bon ami.

-Ce n'est pas ce qui se dit dans le milieu sorcier.

-Ce que les gens disent m'indiffère, vous devriez le savoir. Severus Snape est un homme bien et celui qui dira du mal de lui est un imbécile, gronda Harry qui pensait vraiment ce qu'il venait d'avouer au gobelin.

La créature médita les paroles du survivant quelques longues secondes.

-Que voulez-vous que je fasse pour lui ?

-Mettre ma maison au nom de Snape et hors de question de lui faire payer ne serait-ce qu'un galion, grogna Harry, encore mécontent de savoir que des enfants avaient dû vivre dans une bicoque.

Le gobelin opina lentement de la tête.

-Et je veux que vous lui remboursiez les loyers que vous avez perçus sur l'autre maison, si on peut appeler ça une maison. Je ne pensais pas que vous en viendriez à agir de la sorte avec un homme qui m'a sauvé la vie plus d'une fois, un homme qui a plus de courage que tous les habitants de Pré-au-Lard qui tentent de le brûler vif chez lui avec ses enfants. Je ne vous dis pas la colère dans laquelle je suis en ce moment, je me garderai bien de tout détruire ici aujourd'hui, mais la prochaine fois ce ne sera pas le cas, me suis-je bien fait comprendre ?

-Aucun doute, monsieur Potter, j'ai entendu votre requête et tout sera fait dans la matinée. Est-ce que ce sera tout ? demanda le banquier en sachant que Harry était capable de mettre sa menace à exécution sans aucun remord.

-Non, sur le compte de Jérémy et Pierce Snape vous mettrez une somme de cinq cent galions chacun, pour leur avenir.

-Je n'étais pas au courant pour les incendies contre le professeur Snape, je vais personnellement m'occuper des fauteurs de troubles, monsieur Potter.

-Vous pouvez faire ça ? s'étonna le jeune homme.

-Oui, c'est aussi dans mes attributions du moment qu'on attaque un de nos biens.

Rassuré le gryffondor quitta la banque et repartit pour le village de Pré-au-Lard après avoir acheté de l'encre et une cape plus légère ainsi que du café et du whisky.

Il y avait déjà du monde en ce samedi matin à Pré-au-Lard. Il faisait beau maintenant, la pluie avait cessé et il faisait doux. Harry rencontra Remus les bras chargés de boîtes pour Poudlard, boîtes qu'il ne pouvait rétrécir à cause de son contenant.

-Des crabes pour Hagrid, pour ses cours, expliqua-t-il à Harry. Il n'a pas pu venir, il s'est fait mordre par un de ses animaux dangereux dont lui seul a le secret.

-C'est grave ? s'inquiéta Harry.

-Non, deux jours au lit et il n'y paraîtra plus, madame Pomfresh s'occupe de lui.

-Ok, j'irai le voir quand je rentrerai.

-Tu rentres avec moi ?

-Désolé, Rem, non j'ai encore des choses à voir ici.

-A tout à l'heure alors !

-Tout à l'heure ?

-Oui, pour déménager, tu te souviens au moins ? s'amusa Remus.

-Ouais, je n'ai pas oublié, à plus !

Harry Potter, dit le survivant, flâna dans les rues du village en saluant de-ci delà des amis qu'il rencontrait. Puis ses pas le dirigèrent vers une rue ou il n'avait pas l'habitude de se rendre, une rue sale et malfamée que les malandrins aimaient particulièrement pour s'y cacher et faire leurs méfaits.

Harry avisa deux enfants prostrés contre un mur, il s'y précipita et entendit Jérémy calmer son petit frère qui pleurait et qui hoquetait malgré les paroles rassurantes que son grand frère lui prodiguait.

-Que se passe-t-il ? demanda Harry en se mettant à la hauteur du plus âgé des fils de Snape.

-Papa est dans la rue, là derrière…Ils vont encore lui faire du mal….

Jérémy n'avait pas fini sa phrase que déjà le jeune professeur courait dans la ruelle pour aller au secours du maître des potions pris à partir par une vingtaine d'hommes et de femmes qui l'avaient acculé contre un mur, les pieds dans un ruisseau jonché de détritus.

Harry analysa de suite dans quel genre d'ennui Snape s'était jeté. L'homme avait contre lui un enfant qui devait avoir pas plus de cinq ans et qui était accroché à sa veste en pleurant à chaude larme. Le petit garçon tremblait de peur, son visage était sale et ses cheveux n'était pas mieux quant à ses vêtements il n'était même pas la peine d'expliquer leur état de délabrement.

Snape avait des traînées de sang sur le visage et sur le corps, ses yeux noirs exprimaient à eux seul sa rage et son impuissance à se sortir de ce piège sans que l'enfant qu'il voulait sauver et qu'il tenait fermement contre lui, soit blessé. Harry sortit sa baguette et se plaça entre la foule et Snape, menaçant quiconque s'approchera du maître des potions.

-C'est un mangemort, cria un homme en brandissant un long bâton, comme si ce simple fait allait retourner Harry contre Snape.

-L'enfant aussi, ajouta un autre.

Harry regarda une fois de plus le petit être apeuré qui sanglotait contre son sauveur.

-Un enfant de cinq ans vous fait peur ? demanda Harry en regardant les lâches agglutinés devant lui.

-Le mangemort veut nous le voler, qu'il nous le rende ! hurla une femme.

-Il est à vous ? interrogea Harry en s'adressant à la matrone.

-Non, mais il est utile à la maison…..

-Un enfant de cinq ans, utile ?

-Il a un toit pour s'abriter et à manger le soir.

-Alors dans ce cas pourquoi est-il dans cet état ? Je n'ai pas l'impression qu'il est bien nourri ni même que l'on prend soin de lui.

-Elle ment, cria une autre femme, elle s'en sert comme esclave et le bat à longueur de journée.

Harry regarda autours de lui et vit que la foule s'était agrandie et qu'elle s'était scindée en deux.

-Le professeur Snape ramasse les enfants maltraités, continua une autre. C'est le seul qui leur vient en aide.

-Il en fait des mangemorts, affirma dans l'autre camp un homme que ceux de sa bande approuvèrent en hochant la tête avec force.

-Je ne crois pas, affirma le survivant qui les fit reculer pour donner la possibilité à Snape de sortir du ruisseau. Retournez chez vous si vous ne voulez pas vous retrouver chez les aurors, sinon je vais m'occuper personnellement de vous et cela ne sera pas beau à voir !

Un homme ricana jusqu'à ce qu'il s'écroule sur le sol en poussant d'affreux râles douloureux.

-Pourquoi vous défendez ce mangemort, monsieur Potter, il vous a trahi, et a voulu vous vendre à son maître, non ? Pourquoi lui faire confiance alors que sa place est à Azkaban comme tous les autres à attendre le baiser du détraqueur ?

-Le professeur Snape ne m'a jamais trahi, bien au contraire, il m'a sauvé la vie un nombre incalculable de fois, il ne s'est pas terré, lui, dans sa demeure pendant que Voldemort mettait Pré-au-Lard à feu et à sang, n'est-ce pas, messieurs ? Cet homme à plus de courage que vous tous, ajouta-t-il alors que certains baissaient la tête et d'autres capitulaient et repartaient chez eux.

Snape souffla quand il ne resta plus que l'autre camp, celui des défendeurs. Il avait une grosse dette envers le survivant parce que là il n'était pas sûr qu'il s'en soit sorti en entier, avec l'enfant, devant les abrutis qui brandissaient des fourches et des piques avec la ferme intention de s'en servir contre lui, ce qu'ils avaient fait d'ailleurs.

-On s'en va, professeur, avertit Harry en se tournant vers lui alors que le maître des potions prenait délicatement le petit garçon dans ses bras. Inutile de rester une minute de plus dans cet endroit.

Le gryffondor salua les personnes qui avait pris fait et cause pour Snape et les trois rejoignirent Jérémy et Pierce qui les attendaient toujours au coin de la rue sans savoir si leur père allait revenir ou non.

-On rentre, précisa Severus, il faut que ce petit bonhomme prenne un bain et un bon repas.

Personne ne parla quand ils entrèrent dans la bicoque où les attendaient Lucius et Remus et trois petites créatures.

-Des elfes de maison ? s'étonna le gryffondor aux yeux verts en regardant l'aristocrate.

-Oui pourquoi, ça pose un problème ?

-Non, pouffa Harry, je ne sais même pas pourquoi j'ai posé la question !

Snape monta à l'étage, mit des vêtements dans une malle et quelques fioles qu'il rétrécit puis redescendit avec l'enfant toujours accroché à sa chemise.

-Vous serez mieux là-bas, lui dit Harry en voyant l'homme hésiter sur le pas de la porte alors que les elfes avaient commencé leur travail de déménagement.

-Je sais, j'ai quand même l'impression d'abuser…

-Pas du tout….

-On déménage ? demanda Jérémy, c'est vrai ? ajouta-t-il tout joyeux en regardant son père adoptif.

-Oui, mon grand, on quitte cette vieille maison.

-On va où ?

-Chez monsieur Potter…

-Vrai ?

-Venez les garçons, il faut traverser le village, avertit Remus tandis que Lucius s'approchait de Severus pour lui demander des comptes sur les blessures visibles qu'il avait au visage et sur le corps.

-Un enfant avait besoin de moi, se justifia-t-il…hors de question que je le laisse aux mains de la mégère qui en avait fait son esclave.

-Je comprends, mais un jour il t'arrivera un vilain tour, pourquoi ne pas nous avoir appelé ? Tu sais que nous serions venus dans la seconde, mon ami.

-J'avoue que je n'y ai pas pensé et puis Potter est arrivé, alors n'en parlons plus.

-Je suis terrifié de ce que ces gens auraient pu te faire à toi et à l'enfant, ajouta l'aristocrate.

-Nous allons bien…

-Ouais, ironisa Harry, ça se voit !

Chez Harry, qui se trouvait être maintenant la maison des Snape, les attendait Amélie, l'elfe de maison, qui avait commencé à ranger les affaires des enfants et qui avait aéré les chambres. Elle souffla en voyant le maître des potions entrer dans la maison avec un nouveau membre de la famille dans ses bras.

-Un bain ne sera pas luxe, sourit-elle en agitant ses grandes oreilles pointues.

-Je m'occupe de ce jeune homme, précisa Snape, je n'ai pas l'impression qu'il veuille me lâcher pour l'instant.

Harry suivit Jérémy et Pierce qui faisaient connaissance avec leur nouveau logement.

-Ouah ! C'est chouette, hein Jérémy ? s'exclama le plus jeune en allant d'une pièce à l'autre avec des yeux extasiés.

-Oui, répondit l'ainé en restant aux cotés de Harry. Merci, lui dit-il en le regardant avec reconnaissance. Pour mon père…..je sais qu'il ne s'en serait pas sorti sans vous.

-Je t'avais dit que je l'aiderai, je t'avais dit aussi de m'envoyer ton renard…

-Mais je l'ai fait.

-Ou est-il dans ce cas ?

-Je ne sais pas, il n'est pas encore revenu, vous croyez qu'il s'est perdu ?

-Il rentrera, ne t'inquiète pas pour lui, le rassura le jeune professeur, il est encore bien jeune mais il est intelligent.

Snape déposa le petit garçon sur le sol puis fit couler un bain avant de le déshabiller lentement, sans gestes brusques. Il assit l'enfant dans l'eau parfumé puis commença à le laver en lui parlant doucement pour que la peur qu'il voyait dans son regard disparaisse.

-Comment t'appelles-tu ? lui demanda Snape tandis que le rinçage des cheveux montrait de jolies boucles châtain clair, une belle frimousse et de remarquables yeux bleus.

-Gabriel, répondit le petit garçon.

-Et bien Gabriel te voilà tout propre, que dirais-tu ensuite de manger et de te reposer dans un bon lit qu'Amélie t'a préparé ?

Les yeux marron de l'enfant s'agrandirent sous la surprise.

-Tu ne seras plus obligé de travailler, lui expliqua Snape, tu vas aller à l'école avec Pierce….

L'enfant ne demanda pas après sa mère ni même après son père, il savait au fond de lui qu'il ne les reverra plus jamais sinon ils ne l'auraient pas laissé aux mains de la méchante femme.

Gabriel se mura dans le silence, il ne croyait pas vraiment en sa chance mais qui pouvait le lui reprocher ?

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Je voulais vous remercier pour vos paroles encourageantes, Anne, ma sœur, sera toujours dans mon cœur.

Bientôt la fin de cette fiction, encore un chapitre et je pourrais me consacrer à une autre histoire que je posterai probablement en décembre. Encore merci à toutes et à tous.