.
.
Coucou les gens, j'espère que vous allez bien ! ^^
On se retrouve aujourd'hui pour l'avant dernier chapitre de cette fanfiction ! J'espère qu'il vous plaira et que le chapitre treize vous a plu :)
J'espère que vos vacances se passent bien, moi super, les vacances chez ma grand-mère se déroulent sans aucun problème, je suis comme un coq en pâte :3
.
RAPIDE ANNONCE : Comme cette fiction touche à sa fin, je vous donnerais des infos sur mes futurs projets à la fin de ce chapitre ! (Je vous donnerais les résumés des futurs projets dans le dernier chapitre !)
.
N'hésitez pas à me laisser une reviews à la fin de ce chapitre, ça me fera très plaisir ! :D
Bref !
.
.
.
Bonne lecture !
.
.
.
.
.
Chapitre quatorze : Deux amoureux transis.
.
.
.
.
.
PDV Externe
.
Antoine resta près de Mathieu, assis sur le bord de son lit jusqu'à ce que ce dernier ne s'endorme. Les paupières fermées, tremblantes par moment, il semblait dormir d'un sommeil sans rêves. Il était encore un peu fiévreux, et ses cheveux châtains en bataille, légèrement transpirant, collaient à son front alors que son teint pâle et cireux reprenait doucement ses couleurs. Sa poitrine se soulevait lentement au rythme de sa respiration, et son visage n'affichait aucune expression. La housse de couette rouge vive créait un contraste intéressant avec son t-shirt gris et son vieux jeans bleu délavé, alors que le schizophrène était affalé de tout son long sur le lit. Le grand brun laissa son regard balayer la pièce. Il aimait l'ambiance qui y régnait, les murs blancs, la décoration simple et à la fois originale que son ami avait su mettre en place.
Antoine tourna ses yeux vers la porte, avec un soupir triste. Il avait promis à Mathieu qu'il resterait avec lui, et il s'était promis à lui-même qu'il prendrait soin de ce dernier. C'était ce qu'il souhaitait au plus profond de lui, mais il fallait à présent qu'il se charge de sa sœur. Comment expliquer à Madeleine qu'entre elle et Mathieu, c'était le petit châtain qu'il avait choisi ? Comment lui dire, comment lui faire comprendre qu'il allait la quitter, ne plus s'occuper d'elle sans pour autant l'abandonner ?
En silence, le grand chevelu se leva et sortit hors de la chambre, avant de refermer doucement la porte pour ne pas réveiller le jeune homme de dix-neuf ans. Assise dans le canapé du salon se trouvait Madeleine, bras croisés. Lorsqu'elle entendit les pas de son frère, elle tourna la tête vers lui, avec un regard sévère.
« C'est bon, on y va ? »
Antoine se força à lui sourire et hocha la tête. Il prit la valise de sa petite sœur, mais ne toucha pas à la sienne, ce qui n'échappa pas à la demoiselle.
« Antoine, tu oublies tes affaires… »
Le grand brun lui tourna le dos en se dirigeant vers la porte. Il ne voulait pas voir le regard plein d'incompréhension de sa petite sœur, il ne se sentait pas prêt à l'affronter. Il se contenta de pousser un petit soupir, et déclara d'un ton sec :
« C'est pas important, laisse tomber. »
Devant le ton autoritaire que venait d'employer son frère, la jeune fille aux cheveux noir ne préféra pas poser de question et baissa la tête, même si elle avait un mauvais pressentiment. Au fond d'elle, elle savait déjà ce qui était en train de se passer, mais n'osa pas s'attarder dessus. Elle repoussa cette intuition au plus profond de son esprit, ne préférant pas y croire, et suivit son frère hors de l'appartement, puis de l'immeuble.
Un peu moins d'une heure plus tard, après avoir marché un peu et pris le tram, le frère et la sœur arrivèrent dans la rue d'Allonville. C'était une rue peu empruntée par les voitures, à tel point que l'on aurait pu penser qu'elle fut piétonne, mais il n'en était rien. La route était pavée de pierre en grès rouges, presque violacées, avec de part et d'autre un trottoir en granit gris et argenté. Les maisons qui s'y trouvaient portaient toutes des couleurs vives et joyeuses, ce qui donnait à cette rue un aspect très jovial.
Ni Antoine, ni Madeleine n'avaient parlé depuis qu'ils étaient partis de l'appartement du petit châtain. Le silence était lourd et oppressant. Il dérangeait énormément Madeleine, mais cette dernière n'osait pas parler, de peur de déranger son frère qui semblait tendu, et en proie à un terrible dilemme. Antoine, perdu dans ses pensées, marchait en avant. A deux mètres derrière lui, il pouvait sentir sa sœur gênée et stressée, certainement par son comportement mystérieux. Le grand chevelu baissa la tête et continua d'avancer à grande enjambé, sans se soucier du fait que sa sœur ait du mal à le suivre. Il aimait le silence qui régnait entre eux, mélangé à la quiétude et au calme de cette petite rue. Ça lui permettait de réfléchir au futur, à ce qu'il dirait à Madeleine, tout en étant conscient qu'il ne pourrait pas repousser l'instant des aveux éternellement.
Antoine s'arrêta devant un grand bâtiment blanc aux nombreuses fenêtres, qui parmi cette rue colorée ne semblait pas avoir sa place. Le grand brun fronça les sourcils en l'examinant sous toutes ses coutures, avant de monter les escaliers d'un pas ferme et décidé pour y entrer. Madeleine, interdite, sans oser bouger, secoua la tête au bout de plusieurs secondes, reprenant ses esprits, et se dépêcha de rattraper son frère aîné.
« Antoine ? Pourquoi tu vas à la gendarmerie ? »
Le grand chevelu ne répondit pas, et une fois dans la grande bâtisse, se rendit à l'accueil, Madeleine le suivant de près. Un homme âgé d'une trentaine d'année avec une grosse moustache brune se tenait devant le comptoir, un journal à la main. Il releva la tête en voyant les deux adolescents s'arrêter face à lui.
« Bonjour, je voudrais porter plainte.
-Contre qui ?
-Mon père. »
.
PDV Antoine
.
Je fus reçu par le commissaire, un grand bonhomme maigre et rachitique aux traits tirés et tendus par la fatigue, ayant probablement la cinquantaine. Il avait les cheveux poivre et sel, et était totalement imberbe avec un teint café au lait très appétissant. Ses yeux gris et clairs semblaient égarés et perdus, il regardait sans cesse dans le vide et semblait plutôt mou : que ce soit dans ses mouvements ou sa parole, il était très lent.
Ma déposition dura un certain temps, presque une heure je crois. Le commissaire qui m'avait pris en charge fut très compréhensif, et fit bien attention à la manière dont il tournait ses questions. Il prit au sérieux tout ce que je lui disais, et à la fin de notre entretient, il me dit qu'il allait faire le nécessaire et qu'il convoquerait mon père. Jamais je n'aurais pensé pouvoir un jour porter plainte contre lui, d'ailleurs au début je n'avais aucunement l'intention de le faire, mais tout était différent à présent : je ne pouvais plus prendre soin moi-même de Madeleine, je devais donc prendre des précautions et employer les grands moyens.
J'avais parlé de notre situation familiale et financière à cet agent de police, en lui expliquant que je n'avais ni le temps ni les moyens de prendre en charge ma sœur de treize ans, ce à quoi il m'avait répondu qu'il en parlerait à un conseil de défense pour mineur afin de placer Madeleine dans une famille d'accueil, si possible à Nantes ou ses environs.
Je sortais de la salle ou le gendarme m'avait emmené pour ma déposition, en soupirant. J'espérais que mon père me pardonnerait, je ne voulais pas être en mauvaise entente avec lui, même si pour le coup, c'était raté. Il m'avait élevé et nourrit, fait plein de sacrifices pour nous, mais je ne pouvais pas concevoir ce qu'il était devenu. Peut-être qu'il se ferait aider avec un suivi psychologique gratuit, maintenant que la police était au courant de ses agissement ? Ma vision des choses était surement utopique, et je devais être bien naïf pour penser ça, mais l'espoir était tout ce qu'il me restait.
Madeleine m'attendait dans les couloirs de la gendarmerie, assise dans un fauteuil, bras croisés et sourcils froncés. Ses cheveux étaient relâchés sur ses épaules, cela devait faire un ou deux jours qu'elle ne les avait pas coiffés, et elle était plus pâle que d'habitude, surement à cause du stress. Elle avait pleuré, je le voyais à ses yeux rouges et aux sillons humides qui ornaient ses joues. Je n'aurais pas dû la laisser ainsi dans l'ignorance, à s'imaginer des choses. Mais qu'aurais-je pu faire d'autre ?
« Qu'est-ce que tu as fait ?! Pourquoi tu ne m'en as pas parlé avant ?!
-Ça ne te regardait pas.
-Si, si ! Ça me regardait autant que toi ! C'est mon père, il m'a aussi battu, et je me retrouve aussi à la rue ! On est deux, dans cette histoire ! »
Toutes les personnes présentent dans le commissariat se tournèrent vers nous pour nous regarder. Madeleine avait haussé le ton, et je me sentis vite gêné en me sentant observé de tous les côtés. Je poussais un petit soupir et baissais la tête. La colère et l'indignement de ma sœur étaient compréhensible.
« Maddy, calme-toi.
-Comment tu veux que je me calme ?! »
Sa voix était remplie de rage, et brisée par la tristesse. Elle me faisait mal au cœur, je souffrais de la voir comme ça, mais je savais que ça n'était pas fini. J'allais devoir la détruire. Le plus dur restait à venir. Je poussais un petit soupir et m'asseyais près d'elle, en posant une main sur son genou.
« Ecoute, je suis vraiment désolé, je sais que j'aurais dû t'en parler, c'est débile de ma part d'avoir voulu te le cacher… je crois que je voulais juste te protéger. Mais tu comprends, je ne peux plus rien pour t'aider maintenant, je suis majeur, sans emploi et sans appartement. Et tu comprends, Mathieu est mon ami, et-
-Qu'est-ce que tu essais de me dire ? Et qu'est-ce que Mathieu a à voir là-dedans ?! » me coupa-t-elle, en plongeant ses yeux dans les miens.
Je pouvais y lire tout ce qu'elle ressentait : l'incompréhension, la peur, la colère, et surtout la tristesse. Je soufflais, et passais mes mains sur mon visage. Après avoir trahi mon père, je devais briser le cœur de ma petite sœur. Notre vie avait pris un tournant dramatique ces derniers temps, je ne savais pas si on arriverait à s'en sortir et si nos liens fraternels pouvaient y résister, mais une chose était sur : elle ne pouvait pas rester avec moi.
« Tu vas aller en famille d'accueil, et moi je vais vivre chez Mathieu. »
Je vis le visage de Madeleine devenir vermillon, et ses beaux yeux bruns se remplirent de larmes. Je soufflais et baissais la tête. Je ne voulais pas voir sa réaction, c'était trop dur. J'avais l'impression d'être un monstre, d'être cruel avec elle, mais je ne le faisais pas exprès. Des sanglots étouffés parvinrent à mes oreilles, et je resserrais ma prise sur son genou. Prenant mon courage à deux mains, je relevais mon visage et plantais mon regard sur elle. Madeleine avait pris son visage entre ses mains, et pleurais à chaude larmes.
Maman nous avait abandonné, papa était devenu violent et ne s'occupait plus de nous, ma sœur était seule au monde et délaissée. Ça n'était pas une vie pour une gamine, ce n'était même pas une vie pour un chien. A présent, c'était à mon tour de l'abandonner et de la laisser seule face au reste du monde, seule avec elle-même.
« C-comment tu peux me faire ça ?! Je p-pensais qu-qu'on resterait t-toujours ensemble !
-Ce n'est pas possible Maddy, c'est mieux pour nous deux. »
J'en étais intimement convaincu, mais la voir pleurer ébranlait mes convictions. Peut-être que j'étais égoïste ? Je souhaitais me débarrasser d'elle pour prendre soin de Mathieu, ne pas être emprisonné avec elle pour pouvoir vivre pleinement la fin de mon adolescence, et le début de ma vie d'adulte. Je voulais passer du temps avec mes amis, sortir le soir, ne pas être obligé de m'occuper d'une gamine. Pouvait-on me le reprocher ?
Peut-être que c'était elle, qui était en réalité égoïste ? Je voulais nous offrir un avenir, me trouver un travail, réussir mes études et me trouver mon propre appartement, ce qui n'était pas possible si je décidais de m'occuper d'elle et de subvenir à ses besoins. Je n'arriverais pas, du haut de mes dix-huit ans, à m'occuper d'une gamine, et en l'envoyant en famille d'accueil, je la plaçais dans un foyer sûr avec des adultes pour prendre soin d'elle. De plus, ça me permettrait ainsi de prendre soin de Mathieu tout en la protégeant.
Néanmoins, je n'avais ni le courage, ni la force de lui expliquer ma façon de penser. Je la pris doucement dans mes bras, et caressais son dos. Elle passa ses bras autours de mon torse et pleura contre mon épaule, resserrant notre étreinte.
« Je suis vraiment désolé. Je sais ce que je fais, c'est mieux pour nous deux.
-Tu ne vaux pas mieux que papa et maman. »
.
PDV Mathieu
.
Cela faisait désormais deux semaines qu'Antoine avait porté plainte contre son père, afin de rester à mes côtés. Sa sœur avait été placée en famille d'accueil depuis un peu plus d'une semaine, ce qui m'attristait énormément. Je savais que c'était pour son bien qu'Antoine n'avait pas voulu qu'elle reste avec nous, et j'en étais désolé. Je culpabilisais beaucoup à ce sujet, je m'en voulais d'être un danger pour les personnes que j'aimais et leur entourage, d'autant plus que Madeleine ne m'avait pas pardonné, et refusait de venir chez moi le week-end, même pour voir son frère. Elle refusait de voir Antoine, ce qui était bien pire : elle lui en voulait de m'avoir choisi moi et pas elle, elle lui reprochait de l'avoir abandonnée et je savais qu'Antoine vivait très mal la situation. Il essayait de faire comme si de rien n'était, mais il ne pouvait rien me cacher. Je savais que j'avais séparé ce frère et cette sœur, que leur éloignement était de ma faute. Antoine m'avait assuré que non, qu'il aurait installé sa sœur en maison d'accueil quoi qu'il advienne, mais je ne le croyais pas. Je n'osais pas lui demander s'il m'en voulait…
Pauvre Madeleine, si elle était comme moi, elle risquait de très mal vivre cette période, et de se sentir très mal à l'aise, dans sa famille d'accueil. Durant mon adolescence, je ne m'étais senti à ma place dans aucune des familles qui m'avaient accueilli : de toute manière, ces dernières me craignaient et avaient peur de moi. Au début, ils acceptaient ma présence malgré ma maladie, en disant que ça leur importait peu et qu'ils souhaitaient seulement m'aider, mais bien vite lorsque je faisais une crise, ils changeaient d'avis et j'étais forcé encore une fois de changer de foyer. Je ne leur en voulais pas, s'occuper d'un enfant schizophrène est une tâche très lourde qui demande du temps et de la patience.
Quoi qu'il en soit, je ne connaissais pas l'état d'esprit de Madeleine face à sa famille d'accueil, je ne me mêlais pas des affaires de famille d'Antoine hormis ce qu'il souhaitait me dire, par respect. Ainsi, lui non plus ne se mêlait pas des miennes, et nous vivions dans une parfaite harmonie, même si j'étais encore troublé du fait que mon ami ait accepté de rester à mes côtés après ce que je lui avais fait. Il devait certainement être tombé sous mon charme, et j'avais l'impression de l'avoir indirectement obligé à s'occuper de moi, ce qui me faisait sentir encore plus mal. J'étais un boulet pour lui, une bête de foire dont il devait prendre soin.
Malgré ça, j'étais plus heureux que je ne l'avais jamais été. Ou du moins pas depuis la mort de mes parents. J'avais repoussé ma culpabilité au plus profond de mon esprit, et mettais tout en œuvre pour ne pas y penser afin de jouir pleinement de la vie aux côtés d'Antoine. Une routine très agréable s'était installée entre nous, faire la cuisine, les courses, le ménage, aller en cours et passer mes partiels me semblaient beaucoup plus attrayant, maintenant que je n'étais plus seul. Mon ami chevelu et son beau sourire éclairaient mes journées, si bien que, cédant à des envies parfaitement égoïstes d'amoureux transit, j'en arrivais à me réjouir du fait que Madeleine soit loin de lui.
Je prenais mes pilules tous les soirs depuis l'incident, et le grand brun y veillait. Cela faisait depuis la mort de mes parents, que personne ne s'était occupé de moi ainsi, et c'était un sentiment très plaisant. La perte de ma mère et de mon père à mes quatorze ans avait été un tel choc, que ma santé s'était très vite dégradé. J'avais dû rester à l'hôpital pendant deux mois, les médecins ne savaient pas ce que j'avais et avaient décrété que mes maux de tête incessant étaient seulement dû à la fatigue et à ma santé fragile. Lorsque l'on m'avait finalement envoyé en famille d'accueil, mon état s'était amélioré, mais j'avais brusquement rechuté trois jours plus tard lors d'une crise qui serait la première de toute une série. Dans les jours qui avaient suivi, on m'avait diagnostiqué schizophrène, et j'avais dû commencer à prendre des pilules au détriment d'entendre des voix dans ma tête, ou de faire d'autre crise. Les médecins avaient supposé que cette maladie était une réaction de mon esprit pour surmonter la mort de mes parents. Jamais je n'avais su si c'était vrai ou non, après tout, peut-être étais-je malade depuis bien plus longtemps, mais que personne ne le savait encore ? Je n'arrivais même plus à me souvenir de l'époque où je n'étais pas malade, de comment je me comportais et quelles étaient mes relations sociales.
Il était environ minuit, et je venais de rentrer de mon taff alimentaire pourrit : j'avais du exceptionnellement remplacer un de mes collègue au Mc do, habituellement je ne travaillais pas le vendredi soir. Antoine quant à lui, s'était trouvé un job chez carrefour pour le week-end. Maintenant que nous étions en collocation, mon ami payait aussi sa part du loyer et avait abandonné l'idée de se trouver son propre logis.
Je fermais la porte d'entrée et me dirigeais au salon, en m'étirant et en répandant autour de moi une horrible odeur de friture. La pièce était plongée dans le noir, tous les volets et les rideaux étaient fermés, et seule la télévision encore allumée éclairait la salle.
« T'es rentré ? »
Antoine, affalé dans le canapé, tourna la tête vers moi sans vraiment attendre de réponse. Je souriais avec amusement, face à son accoutrement : il avait un boxer rose pâle avec Un t-shirt gris clair à l'effigie de Game of Thrones.
« Jolie pyjama.
-Merci, je sais que j'ai la classe. »
Avec un soupir fatigué, je me laissais tomber sur le canapé près de lui, et posais mon regard sur la télé, voyant les images qui y défilaient, mais ne les analysant pas pour autant. Je fronçais les sourcils et fermais les yeux en me massant les tempes. La forte luminosité de la télévision m'éblouissait me donnant mal à la tête, ce qui ne semblait pourtant pas déranger Antoine. Je demandais :
« Tu regardes quoi ?
-Doctor Who. »
Je n'avais encore jamais regardé cette série, même si j'en avais beaucoup entendu parler. Il me fallait beaucoup de temps pour me mettre à en regarder une, et même si une fois que je m'y mettais je me laissais vite entraîner par l'histoire, j'avais souvent la flemme d'en commencer une de peur qu'elle ne me plaise pas et que ce soit une perte de temps.
Le silence retomba entre nous, brisé par le dialogue des personnages passant à la télé. J'essayais de me focaliser sur la série et de me concentrer sur l'histoire, en vain. Dès que je faisais cet effort, la présence d'Antoine à mes côtés venait me déstabiliser, et toutes mes pensées étaient tournées vers lui et aux sacrifices qu'il avait fait pour moi. Du coin de l'œil, je l'observais distraitement. Omnibulé par la télévision, ses yeux bruns bougeaient au rythme des images, alors qu'il jouait avec ses doigts.
Je poussais un petit soupir et passais mes mains sur mon visage, alors que le grand brun se tourna vers moi en haussant un sourcil. Je baissais la tête et me grattais nerveusement l'arrière du crâne. Je voulais entamer une discussion, mais par quoi commencer ? Il avait tellement fait pour moi, et je n'étais pas vraiment doué pour les remerciements.
« Tu sais Antoine, ce que t'as fait pour moi, bah… c'est vraiment cool, et-
- La ferme Mathieu, je te l'ai déjà dit, on n'a pas besoin d'en parler. » me coupa-t-il, avec un sourire amical.
Le grand brun savait que cette conversation me mettait mal à l'aise, et c'était sans doute pour cela qu'il souhaitait me l'épargner : j'avais déjà essayé à plusieurs reprises de le remercier, mais à chaque fois, il me disait que ce n'était pas la peine, ce qui, je devais bien l'avouer, m'irritait plus que ça ne me soulageait.
« Non, toi ferme là. Je ne veux pas passer à côté de cette conversation à chaque fois et je veux qu'on en finisse vite. »
Je tournais la tête vers Antoine, déjà en train de me reg arder. Il m'offrit un petit sourire intéressé et croisa les bras, m'écoutant attentivement. Il aimait beaucoup la gêne que j'éprouvais en cet instant et s'en délectait, je le voyais. Je lui offris un sourire amusé malgré tout, essayant de rester décontracté, détestant cette situation et cette impression de soumission dans laquelle je me trouvais.
« C'est super sympa que tu aies accepté de rester vivre avec moi-même si… même à cause de ma schizophrénie, de l'incident, tout ça tout ça… Enfin voilà, c'est vraiment gentil et je m'étais pas senti aussi bien depuis super longtemps, je te suis reconnaissant de ce que tu fais pour moi et si je peux faire quoi que ce soit e-
-Mathieu, t'es mon meilleur pote, tu m'as défendu contre des cons et t'as même accepté de m'héberger avec ma sœur. Ça faisait super longtemps que personne m'avait écouté comme toi tu l'as fait, c'est bien suffisant, tu ne me dois rien. Et puis, j'avais envie de t'aider et de rester avec toi. »
Un silence bien plus que gênant s'installa entre nous. J'offris un sourire nerveux à Antoine, qui me le rendit. On ne cessait de se regarder, on ne pouvait pas faire autrement. Ce que nous venions de dire n'était pas honteux, mais tellement niais ! Je détestais tout ce qui était cul-cul la praline, et en cet instant j'avais l'impression d'être une étudiante dans un de ces mangas pour adolescente. Pourtant ce qu'Antoine avait dit m'avait beaucoup touché, et j'espérais que mes aveux lui avaient provoqué la même boule de chaleur réconfortante que je sentais au fond de mon estomac.
Toujours enfouis dans ce calme embrassant, je bougeais sur le canapé afin de trouver une position plus confortable, pour trouver un bon maintient, je posais ma main sur le dossier du canapé, là où se trouvait la télécommande, et appuyais dessus par mégarde. Un grand gémissement rempli de luxure se fit entendre, nous faisant sursauter moi et mon ami. Je tournais brusquement la tête, et mes joues s'empourprèrent. En appuyant sur la télécommande, j'avais malencontreusement changé de chaîne et étais tombé sur une chaîne à contenu pornographique, montrant une femme à la plastique impeccable et un homme aux abdominaux d'acier, en plein coïte. Aussitôt, je me saisissais de la télécommande et éteignit la télé, encore chamboulé par les images que j'avais vu en compagnie de mon ami.
D'un même mouvement, on se tourna l'un vers l'autre, Antoine et moi. Ses beaux yeux bruns étaient fixés dans les miens, et j'essayais d'y déceler ce qu'il ressentait, quelles étaient ses impressions suite à ce moment gênant que nous venions de vivre. Moi, j'étais bien plus amusé que gêné par la situation, et je pus lire dans son regard que c'était aussi le cas pour lui. Pendant plusieurs secondes, aucun bruit ne vint troubler le calme avant que nous ne commencions doucement à rire, avant de partir dans un énorme fou rire. Je me tenais les côtes et avais mal au ventre tellement je riais. Antoine s'appuya sur moi, riant bruyamment. J'aimais beaucoup son rire, et l'entendre ne faisait que renforcer mon hilarité.
On tomba tous les deux à terre en manquant de se cogner contre la table basse, et l'on ne réussit à se calmer que quelques minutes après avoir heurtés le carrelage blanc et glacé de mon salon. Je reprenais ma respiration, avec encore un sourire béat aux lèvres alors qu'Antoine soupirait de bien-être. Je souriais en le voyant, et admirais la vue qu'il m'offrait. Ses joues légèrement barbu étaient rosies et encore plissées en un beau sourire, alors que ses cheveux bruns et épais étaient encore plus décoiffés que d'habitude.
« Tu ne dois pas t'ennuyer avec les programmes que t'as sur ta télé. » plaisanta-t-il.
Je gloussais et haussais les épaules avec un sourire charmeur, avant de lui lancer un clin d'oeil.
« Oh tu sais, moi je préfère me servir de mes mains autrement et appliquer mes talents avec d'autres personnes. »
Le grand brun secoua la tête en lâchant un sourire amusé.
« Tu ne changeras jamais. »
Je laissais un petit rire s'échapper de mes lèvres. Mon ami tourna lui aussi la tête vers moi, et m'offrit un sourire doux auquel je répondis. Nous étions seuls, tous les deux, et j'aimais profiter pleinement de sa présence. C'était le moment idéal, l'endroit rêvé. Je voulais prendre mon temps avec Antoine, faire les choses biens, de toute manière je n'étais pas pressé. Mais après ces plusieurs mois en sa compagnie, je voulais faire avancer un peu les choses entre nous, passer à l'étape suivante. Et puis, qu'est-ce que je risquais, à part me faire recaler ?
Nous étions toujours assis par terre, lui et moi. Pourtant, rien d'autre ne comptait que mes yeux plantés dans ceux de mon ami. Je me redressais et me rapprochais de lui en appuyant mes avant-bras sur ses épaules pour croiser mes mains derrière sa nuque. Antoine me laissa faire, et observa lentement mes mouvements, les yeux égarées et remplie à la fois d'incompréhension et d'un désir muet. J'étais sûr qu'il savait ce que je faisais, et qu'il le souhaitait autant que moi. La bouche entrouverte, je pouvais sentir son souffle s'écraser contre mon menton. Avec un sourire charmeur, je baissais mes yeux sur ses lèvres roses et humides, accueillantes à souhait. Ici, il n'y avait plus personne pour nous interrompre ou critiquer notre amour. Ce qui devait enfin arriver arriva, pour mon plus grand bonheur, de toute manière il était évident que ça arriverait un jour.
J'écrasais mes lèvres contre celles d'Antoine, en fermant les yeux. Je me sentais tellement détendu, tellement à l'aise, et ce baiser remplissait mon corps d'une chaleur très agréable Contrairement à moi, je sentis le grand brun se crisper à ce contacte, ce qui me fit doucement sourire. Il avait toujours été moins décontracté que moi lorsque l'on se trouvait ensemble.
Presque aussitôt, Antoine passa ses mains dans mes cheveux et répondit à mon baiser. Sentir ses lèvres sucrées bouger contre les miennes était un sentiment terriblement grisant, et l'amour que nous mettions tous les deux dans cet échange me rendait doucement fou. On se sépara doucement et je caressais tendrement le menton de mon ami. Il ne souriait pas, mais je savais qu'il était aussi heureux que moi. Son visage était stoïque, comme s'il doutait encore de la véracité de ce qu'il venait de se passer. Ses yeux bruns, presque noir à cause de ses pupilles dilatées, scrutaient la moindre parcelle de peau de mon visage. Je fis glisser mes bras autours de sa taille et il renforça notre étreinte et m'embrassa à nouveau, cette fois-ci par sa propre initiative. Il crocheta ses mains dans mon dos, en s'accrochant à mon t-shirt, alors que notre embrassade se transforma en un ballet enflammé entre nos deux langues, en un baiser plein d'ardeur, plus sauvage. Je passais ma main dans ses cheveux fous, savourant leur texture contre mes doigts, et en me collant d'avantage à lui, laissant mon amour prendre le contrôle de mon corps et de ma pensée. Je savais ce qui était en train de se passer, je le réalisais : l'homme de mes rêves était enfin dans mes bras. Je savais que nous souhaitions tous les deux en venir là, mais je devais bien avouer que je ne pensais pas que cela prendrait autant de temps.
Pourtant, c'était fait, Antoine était enfin à moi. Dans mes bras, en train de respirer mon haleine, de s'empêtrer dans mon odeur, collé contre mon torse. A moi pour l'éternité.
.
.
.
c'est la fin de ce chapitre, j'espère qu'il vous a plus ^^ On est vraiment à la toute fin, c'était l'avant dernier chapitre !
N'hésitez pas à me laisser une reviews pour me donner votre avis, négatif ou pas je serais ravi de l'entendre ! :)
.
FUTURS PROJETS
.
-Le monstre qui dort en moi : Un OS (Fanfic de un seul chapitre) sur Salut Les Geeks dont le Pairing sera un Geetron ! (Geek/Patron). Il est déjà totalement écrit, je n'ai plus qu'à le corriger !
-Les miracles de la science : Une fanfiction de dix chapitres sur Salut Les Geeks dont le Pairing sera un Prof/Fille et un fond de Matoine (Mathieu/Antoine). Elle est déjà finie, je n'ai plus qu'à corriger les chapitres.
-L'Amant invisible : Fanfiction de cinq chapitre sur Salut Les Geeks avec comme Pairing le Patron/OC(1) et Mathieu/OC(2). Elle est encore en cour d'écriture.
.
Voilà, c'était tout pour aujourd'hui ! Dites-moi en commentaire/review quel projet vous intéresse le plus !
(Je vous donnerais plus d'infos sur ces futurs projets (Résumé/Publication) dans le dernier chapitre !)
Bonne vacances à vous, portez-vous bien, je vous dis à la semaine prochaine ^^
Amour et Licorne *^*
.
.
