Nous nous précipitâmes à la Guilde, le cœur battant et un nœud au ventre. Tous les membres étaient là, rassemblés devant le panneau d'affichage des criminels, l'air aussi inquiet que nous. Apparemment, on ne leur avait pas dit non plus ce qui se passait, mais cela avait l'air grave.
- Désolé, on vient juste d'apprendre qu'on battait le rappel. Qu'est ce qui se passe ?
Pijako vérifia rapidement que personne ne manquait à l'appel.
- On vient d'apprendre… qu'un autre rouage du temps a été volé.
- Heeeiin ?! Encore un ? s'écria Keunotor, choqué.
Tous les Pokémon présents pâlirent subitement et retinrent leur souffle. Je sentis soudain un profond malaise. Et si… ?
- …Où ? Où a-t-il été volé cette fois…?
- Eh bien… Il…
- Continue Pijako, où a-t-il été volé ?
Mon cœur battait à cent à l'heure. Je connaissais déjà la réponse, mais je priai pour que j'aie tort. Pijako semblait manquer d'air.
- Ne me dis pas que c'est celui de…
- Si… C'est bien celui là… Cette fois c'est le rouage du temps du Lac des Brumes qui a été volé…
- M-mais comment ?! s'écria Fire. On était pourtant les seuls à connaitre son emplacement pas vrai ?
Un silence pesant se fit. Fire n'avait dit que la vérité, mais cela mettait tout le monde mal à l'aise.
- Est-ce que… Quelqu'un de la Guilde aurait parlé ? hasarda-t-il.
- NON MAIS pour qui tu nous PRENDS ? s'énerva Ramboum.
- Eh dis donc ! Tu n'as pas confiance en nous ou quoi ? renchérit Ecrapince.
- Désolé… J'ai confiance en vous… C'est juste que… Le voleur a trouvé le rouage du temps juste après notre passage…
- Pas étonnant que ça te soit venu à l'esprit. dit Héliatronc. Moi aussi j'ai fait le rapprochement.
Noctunoir intervint, l'air complètement désorienté. Nous avions tous complètement oublié sa présence. Cette nouvelle nous angoissait tant que nous n'avions même pas réalisé qu'il était le seul ici à ne pas être dans la confidence. Mais maintenant que le rouage avait été volé et que son emplacement avait été révélé, notre secret n'avait plus de raison d'être.
- Un instant je vous prie ! Je crains de ne pas tout saisir… Il y avait un rouage du temps au Lac des Brumes ? Je l'ignorais… Il me semble avoir entendu une toute autre version de l'histoire… J'avais cru comprendre que votre expédition au Lac des Brumes s'était soldée par un cuisant échec.
- Toutes nos excuses, grand Noctunoir. dit Grodoudou. Nous avions fait une promesse. Nous ne pouvions rien dire, même à vous.
Il lui résuma l'expédition en quelques phrases, expliquant ainsi ce que nous avions réellement découvert et la raison de notre silence.
- Je vois… C'est donc pour cela que vous ne pouviez rien dire…
- En tout cas… reprit Pijako. Un intrus s'est faufilé au Lac des Brumes… Il a assommé Créhelf… Avant de s'enfuir avec le rouage du temps.
- Créhelf ! Il va bien ?
- Oui, rassure-toi.
- Il est actuellement sous la protection de la brigade du shérif Magnézone. Pas d'inquiétude à avoir. nous rassura Grodoudou.
- Ouf… Content de l'apprendre !
- Attendez, ce n'est pas tout. Après le départ de Créhelf… Le coupable a pu être identifié.
- Vraiment ? Dis-nous vite quel Pokémon c'est ! s'écria Cradopaud.
- Il fait déjà l'objet d'un avis de recherche. Regardez par vous-même.
Il se retourna et désigna le panneau d'affichage. Tous se rapprochèrent pour mieux voir et levèrent les yeux. Nous n'avions pas fait attention jusqu'ici, mais un énorme portrait était épinglé sur le panneau, dominant tous les autres. Il représentait un Pokémon de type plante, vert avec le ventre rouge, une longue feuille partant de sa tête, des griffes acérées, et des yeux jaunes perçant. Même sur une affiche, j'avais du mal à soutenir son regard.
- Alors le voleur ressemble à ça…
- Et il se fait appeler Massko…
- Y s'paye une de ses trombine lui !
Massko… Alors c'est lui… L'escroc qui vole tous les rouages du temps.
- Cet avis de recherche vient juste d'arriver. expliqua Pijako. Il est basé sur la déposition de Créhelf. Il est arrivé par messager spécial.
- Alors c'est pour ça qu'il y avait autant de Békipan. dit Fire.
- Le shérif Magnézone fait tout pour éviter que les choses s'aggravent. Il y a une récompense astronomique pour la capture de Massko.
- Et dire qu'on a promis à Créhelf de garder le secret du Lac des Brumes…
- On a pas vendu la mèche… Mais j'aurais quand même honte de me montrer devant Créhelf après ça… dit Héliatronc d'un air dépité.
- Ce qui me reste en travers des pinces c'est de me dire que ce superbe paysage est saccagé maintenant… C'est impardonnable ! s'exclama Ecrapince.
- Brr…
Nous nous tournâmes tous vers Grodoudou, qui venait d'émettre un étrange couinement plaintif. Il s'était recroquevillé sur lui-même, comme chaque fois qu'il était contrarié. Il allait se mettre en colère !
- Eh ! Le Maître !
- Brr… Rrrrrr… Rrrrrrrrrr…
- M-Maître !
Je sentais la panique gagner Pijako et les autres apprentis. La terre se mis à trembler.
- Rrrrrrr !
Je me préparais au pire. Cette fois ci, Grodoudou était furieux. Et rien ne pourrait le calmer. Sauf une pomme parfaite peut être. Il se redressa brutalement, faisant sursauter tout le monde, avec une expression de détermination intense dans le regard. C'était la première fois que je lui voyai un air si sérieux.
- Couac ! Couac ! s'affola Pijako.
Grodoudou nous regarda tous un par un, et soudain, il me parut immense.
- On va capturer Massko ! Tous ensemble ! On l'aura, je le jure sur l'honneur de la Guilde !
A cet instant précis, je compris comment il avait pu devenir Maître d'une Guilde. Il n'était pas le gamin pour lequel on le prenait souvent. C'était un véritable chef.
- Pijako, si tu veux bien !
- Oui Maître ! Très bien vous tous ! Désormais, nous consacrerons nos efforts à la capture de Massko ! Faites votre maximum !
- Ça va sans dire !
- Eh dis donc ! On ne le laissera pas voler d'autres rouages du temps !
- Soyons solidaires ! Pour Créhelf !
Petit à petit, tous les apprentis semblèrent se rengorger. Ils ne ressemblaient plus à des apprentis, mais à de véritables explorateurs. Capable d'effectuer les sauvetages les plus périlleux, d'arrêter les plus dangereux criminels. Nous étions prêts. Nous étions déterminés.
- Grodoudou… Je vais me joindre à vous pour capturer Massko. déclara Noctunoir.
- Merci, grand Noctunoir !
- Sapristi ! Avoir le grand Noctunoir dans son camp, ça redonne du cœur à l'ouvrage ! Pour sûr ! s'exclama Keunotor.
- Eh dis donc, c'est un grand honneur ! Pincez-moi je rêve !
- Que nenni voyons, tout l'honneur est pour moi ! dit humblement Noctunoir.
- A présent, le Maître est moi-même allons nous entretenir afin de mettre au point une stratégie pour capturer Massko. Vous autres, allez faire vos préparatifs. Surpassons-nous !
- HOURRA !
Nous nous dispersâmes et nous allâmes nous préparer. A Bourg Trésor, tout le monde ne parlait que de Massko. De nombreuses autres équipes de secours se préparaient pour tenter de le capturer. Malgré la somme astronomique offerte pour sa capture, ce n'était pas ce qui motivait tous ces explorateurs. Cette fois ci, nous étions tous concernés. Si les rouages continuaient à disparaitre, notre monde serait sérieusement menacé. Il fallait l'arrêter à tout prix. Nous déposâmes notre argent à la banque et nous refîmes entièrement notre sac pour nous préparer de la meilleure manière possible. Après une dernière vérification, nous retournâmes à la Guilde. Lorsque tous les apprentis furent prêts, Pijako prit la parole.
- Bien, tout le monde est là. Massko frappe partout où il y a un rouage du temps. Mais où se trouvent-ils ? Nous l'ignorons ! Nous nous sommes entretenus avec le grand Noctunoir, et nous avons déterminé plusieurs endroits susceptibles de cacher un rouage du temps. Vous allez donc former des équipes et inspecter ces différents lieux. Tout d'abord, Ramboum et Ecrapince, vous allez inspecter la Forêt de l'Est. Elle est gigantesque, cherchez bien, ne négligez aucune piste !
- Pigé !
- Eh dis donc ! On va faire de notre mieux !
- Ensuite, Keunotor, Triopikeur et Héliatronc, vous vous chargerez de la Caverne Cristal.
- Sapristi !
- Compris !
- Ben mince alors ! Comptez sur nous, on va la fouiller de fond en comble !
- Pour finir, Lou et Fire vous chercherez dans le Désert du Nord.
- Entendu !
- Euh… Et moi ? demanda Taupiqueur, l'air légèrement déçu.
- Tu resteras à la Guilde. Quelqu'un doit monter la garde et veiller au grain.
- Cradopaud et moi on reste aussi. dit Eoko. On va aider Taupiqueur.
- Merci Eoko ! dit Taupiqueur, visiblement soulagé de ne pas rester seul à la Guilde.
Les équipes se formèrent et chacun se mit en route immédiatement. Cette fois ci, pas de petit tour au Café Spinda avant de commencer la journée. L'enjeu était trop important, et les recherches allaient être longues. Noctunoir s'approcha de nous.
- Le Désert du Nord est immense, mais il est aussi régulièrement balayé par des tempêtes de sable. Prenez garde, je vous en conjure !
- N'ayez crainte messire Noctunoir, nous ferons attention.
Nous sortîmes et nous nous dirigeâmes vers le croisement pour nous mettre en route, mais nous trouvâmes Héliatronc et Keunotor qui semblaient attendre quelque chose près du point d'eau.
- Vous ne partez pas en mission ? s'étonna Fire.
- Triopikeur est parti dès que nous avions le dos tourné, on ne sait pas où il est ! Et on l'attend pour partir en mission ! s'énerva Héliatronc.
- Oh… Je crois savoir où il est, on va le chercher. la rassurai-je.
- C'est vrai ? Merci !
Je savais que Triopikeur vouait un culte à l'océan. Fire et moi l'avions souvent surpris en train d'adresser une prière à la mer avant de partir en mission. Il rêvait de savoir nager, mais pour un Pokémon sol, c'était impossible. Nous nous dirigeâmes vers la plage, mais il n'y avait personne à part l'habituelle colonie de Krabby en train de faire des bulles. Il n'existait qu'un seul autre endroit avec vue sur la mer. Nous fîmes donc demi-tour et nous traversâmes Bourg Trésor pour aller sur la Falaise Sharpedo. Comme je m'y attendais, Triopikeur était au bord de la falaise et parlait à l'océan.
- Ô mer ! Etends nos paroles ! Il nous faut ajourner notre départ ! Nous devons participer à la capture de Massko ! Nous le capturerons sans faute ! Bien que cela soit effrayant… Nous ferons de notre mieux ! Nous t'implorons de nous accorder ton soutien ! Ô vaste mer !
Il contempla la mer encore quelques instants puis se retourna et sursauta en nous apercevant.
- Ah ! Lou et Fire ! Vous… Vous êtes là depuis longtemps ?
- Non, on vient d'arriver. Héliatronc et Keunotor t'attendent pour partir en mission. Ils s'impatientent.
- Ah, je vais les rejoindre immédiatement !
Il disparut instantanément sous terre. Sa faculté ne laisser aucune trace de son passage derrière lui me fascinait toujours. Il aurait pu être sous nos pieds à tout moment que nous ne le saurions même pas.
- Bon et bien nous n'avons plus qu'à partir ! dit Fire.
Le trajet jusqu'au désert fut pénible. La matinée était déjà bien avancée lorsque nous étions partis, mais à présent le soleil était au zénith et nous marchions en plein soleil. La végétation se fit de plus en plus rare, la terre de plus en plus sèche, et finalement il ne resta plus que du sable. D'après la carte, nous étions au début du désert, et il s'étendait à des kilomètres à la ronde. Comment étions-nous supposés couvrir autant de surface ? Le rouage, si tant est qu'il y en ait un, pouvait se trouver n'importe où !
- Bon… On est à la limite du Désert du Nord. dit Fire. Il ne reste plus qu'à l'explorer… On est pas sortis de l'auberge… Mais s'il y a vraiment un rouage du temps ici, alors Massko viendra le chercher. Ouvrons l'œil !
Nous commençâmes à marcher. Le paysage était toujours le même. Du sable, des rochers, et encore du sable. Et il faisait atrocement chaud. Heureusement, pour éviter la déshydratation, j'avais emmené de grandes feuilles pour se protéger du soleil, beaucoup d'eau et des gelées bien juteuses. Nous dûmes bientôt affronter une première tempête de sable. Les grains emportés par le vent nous fouettaient de toute part, ce qui rendit notre progression encore plus difficile. Dans ces conditions, je n'étais pas sûre d'être capable de voir un rouage du temps même si on me l'avait mis sous le nez. Nous décidâmes de nous arrêter un moment entre des rochers en attendant que la tempête passe. Nous crûmes qu'elle ne finirait jamais, mais heureusement pour nous, elle finit par se calmer, et nous pûmes reprendre nos recherches. Encore une fois je me demandai comment les habitants de la région pouvaient supporter un climat pareil et où est ce qu'ils trouvaient la nourriture. Evidemment ils devaient certainement tous être des Pokémon de type sol. Ils ne craignaient ni le sable, ni la sécheresse, et certains étaient capables de rester très longtemps sans boire. Taupiqueur et Triopikeur auraient certainement été bien plus à l'aise que nous dans un endroit pareil.
Petit à petit, le paysage changea. Le sable devint rouge, plus fin, plus doux. C'était bien plus agréable pour nos pattes, qui étaient certainement déjà bien brûlées. Tout en marchant, je réfléchissais. Ce désert était immense, mais dégagé. On pouvait voir très loin car il n'y avait ni arbre ni falaises pour nous boucher la vue. Cela ne me semblait pas être le meilleur endroit pour cacher un rouage du temps. S'il avait dû se trouver ici, nous l'aurions vu à des kilomètres, surtout avec la lumière qu'il produisait. Et puis je doutai qu'il soit sans défense. Pour le trouver, il faudrait résoudre des énigmes, déjouer des pièges, peut-être même affronter un gardien. Il devait être bien caché, pas exposé à la vue de tous. Se trouvait-il au cœur du désert, au milieu d'une tempête de sable trop violente pour être traversée ? C'était bien possible.
Je voulus utiliser ma détection d'auras, mais ici, c'était inutile. Nous ne croisions que très peu de Pokémon, et nous n'en avions plus vu un seul depuis plus de deux heures. Et il n'y avait rien d'autre à détecter. Ni présence, ni objet, ni chemin caché dans le mur d'une grotte. Autour de nous, c'était le sable à perte de vue. Nous trouvâmes un rocher assez gros pour nous faire de l'ombre et nous en profitâmes pour faire une pause et nous hydrater. Je n'avais pas la moindre idée de la distance que nous avions parcourue, mais le soleil déclinait de plus en plus. Nous ne serions pas rentrés à Bourg Trésor avant la nuit.
- On arrivera jamais à explorer un désert entier en une journée. Il nous faudrait plus de temps, et plus d'effectifs. soupirai-je en m'adossant au rocher.
- Tu as raison… Mais avoir un premier aperçu des lieux n'est pas inutile. Le moindre indice qu'on récoltera sera utile.
- A condition qu'on en trouve. dis-je en regardant le ciel devenir rouge et le soleil commencer à disparaitre derrière les dunes.
- On devrait envoyer un message aux autres pour leur signaler qu'on ne rentrera pas ce soir.
J'acquiesçai. Fire sortit notre badge de secouriste et l'activa. Il le régla pour diriger le signal vers la Guilde, mais il ne semblait pas fonctionner. Je soupirai une nouvelle fois. Nous étions vraiment trop loin de tout. Même le badge, pourtant fait pour pouvoir émettre un signal de détresse quelles que soient les conditions, était au bout de sa capacité. Tant pis, la Guilde devrait faire avec. J'espérai seulement qu'ils ne se lanceraient pas à notre recherche. Si tout le monde se perdait dans le désert, nous n'allions pas nous en sortir.
- Essayons de dormir un peu. On reprendra les recherches demain.
- Tu as raison. Bonne nuit Lou.
- Bonne nuit Fire.
La nuit fut pénible. Le désert se rafraichit rapidement lorsque le soleil fut couché. Et si ce changement de température nous soulagea dans les premiers instants, nous fumes rapidement frigorifiés. Fire nous alluma un feu pour nous réchauffer, et nous parvînmes à dormir quelques heures. Cependant à peine le soleil levé, la chaleur nous accabla de nouveau. Nous prîmes un petit déjeuner composé des gelées que j'avais emporté, puis nous nous mîmes péniblement en route. Rapidement, nous affrontâmes une deuxième tempête de sable. Plus longue, plus violente. Je tentai de savoir si cette tempête cachait un rouage du temps, mais je ne voyais rien du tout, et le sable me rentrait dans les yeux dès que je les ouvrai un tantinet. Lorsqu'elle se calma, nous constatâmes que le décor avait à nouveau changé. Nous étions désormais dans une zone avec beaucoup plus de rochers, et des sables mouvants partout.
- Fais attention Lou ! Si on s'approche trop, on va se faire aspirer ! Je préfèrerais ne pas mourir enfoui sous le sable…
- Moi aussi.
Nous regardâmes tout autour de nous. Au loin devant nous, il me semblait apercevoir du sable rouge, comme celui qui se trouvait derrière nous.
- Bon… On dirait qu'on est arrivés au cœur du désert, et on a rien trouvé.
Mes yeux se posèrent sur les zones de sable mouvant qui semblait se fondre dans le sol, et quelque chose me titilla.
Je reconnais cette sensation… J'ai eu la même au Lac des Brumes… Je connais cet endroit. Je suis déjà venue ici. Même si au Lac des Brumes, Créhelf affirme ne m'avoir jamais vue… Je suis sûre d'être déjà venue. Et dans ce désert aussi.
- Lou ? Il y a un problème ? Tu as l'air perdue dans tes pensées…
Il jeta un regard désolé à notre sac de provisions.
- On a rien trouvé ici, pas de rouage du temps. Et on a juste assez d'eau et de nourriture pour le voyage de retour. On ne peut pas rester ici plus longtemps, rentrons faire notre rapport à la Guilde.
Je jetai un dernier coup d'œil aux lieux, puis nous fîmes demi-tour.
Lorsque nous arrivâmes enfin à la Guilde, je ne pensais plus qu'à une chose : un bon bain, un bon repas, et une bonne nuit de sommeil. Les autres équipes d'explorations étaient toutes déjà revenues, mais nous n'étions pas les seuls à avoir pris le temps d'explorer la zone qui nous avait été désignée. Ceux qui étaient restés à la Guilde semblaient soulagés de nous voir tous revenir sains et saufs. Malheureusement, les nouvelles n'étaient pas bonnes…
- Hein ? Alors aucun de nous n'a découvert de rouage du temps dans les zones inspectées ? s'étonna Fire. Je m'attendais à ce qu'on en trouve au moins un…
- C'est décevant en effet… soupira Triopikeur.
- Retour à la case départ… se lamenta Héliatronc.
- On a bien inspecté toute la forêt, mais y avait rien d'autre que des arbres, eh dis donc ! s'exclama Ecrapince.
- Dans la Caverne Cristal, tout brillait, alors on a bien ouvert les yeux pour ne pas rater un rouage du temps… Mais y en avait pas, pour sûr ! En tout cas, c'était très joli ! J'ai pas pu m'empêcher… J'ai ramené un cristal, sapristi ! dit Keunotor en rougissant.
- Hein ? J'étais tout le temps avec toi et je ne t'ai pas vu le faire ! s'écria Héliatronc.
- Keunotor… Notre mission était de trouver un rouage du temps. Nous sommes tous rentrés bredouilles… Mais toi tu as eu le culot de ramener un petit souvenir. Pour qui tu te prends ? s'énerva Triopikeur.
- Je… Je suis désolé… Je m'excuse… dit Keunotor, tout penaud.
- Eh ! Triopikeur ! On est tous déçus, ce n'est pas une raison pour t'en prendre à Keunotor ! le défendis-je. Et puis, avoue que si les circonstances avaient été moins dramatiques, tu en aurais pris un aussi !
- Oh ! Eh bien euh… Soit. Pardonne-moi Keunotor.
- C'est rien.
- Toujours est-il que nos recherches ont toutes été vaines. résuma Pijako.
- Diantre ! Voilà qui est fort contrariant ! Les lieux que nous avions sélectionnés me paraissaient toutefois des plus prometteurs. Quel ignare je fais ! Cela me servira de leçon.
- Bien sûr que non ! Ce n'est pas votre faute ! s'empressa de dire Pijako.
- Nos recherches se sont soldées par un échec, c'est un fait. Cela dit, il est vain de nous accabler de reproches. Reconsidérons notre plan et mettons une nouvelle stratégie dés demain !
- Bien dit ! Puisse nos efforts être couronnés de succès ! Bien… Mes amis, vous avez tous bien travaillé. Reposez-vous bien pour demain.
Ce soir-là, malgré ma fatigue, je ne trouvai pas immédiatement le sommeil. Je ne pouvais m'empêcher de réfléchir et de retourner tout un tas de choses dans ma tête.
Fire a dit que si les rouages du temps étaient retirés de leurs emplacements, ce serait un désastre. Le temps s'est déjà arrêté dans trois régions… Mais combien y en a-t-il dans ce monde ? Dix ? Vingt ? Cinquante ? Peut-être des centaines… Et que se passerait-il s'ils étaient tous déplacés ? Que pourrait bien faire Massko avec tous ces rouages ? Quel est son objectif ? Si le temps s'arrête dans le monde, lui aussi en souffrira… Je ne comprends pas ce qu'il veut…
Je repensai à ce merveilleux repas auquel nous avions droit chaque soir et qu'Eoko nous préparait avec amour. Je pensai à mon lit douillet… A toutes ces choses qui rendaient le quotidien si agréable. Le monde était en danger, mais pour l'instant j'avais encore droit à ce petit confort. Si les choses venaient à s'aggraver… Il faudrait que j'en profite avant qu'il ne soit trop tard.
Le lendemain, Pijako annonça que Grodoudou, Noctunoir et lui-même débattait encore d'une tactique et n'avaient pas encore de consignes à nous donner. En attendant, nous devrions chercher les rouages du temps de notre côté, indépendamment. C'était la première fois que les apprentis de la Guilde avaient une telle autonomie. Si certains se réjouissaient de cette liberté de mouvement, d'autres semblaient ne pas savoir par où commencer les recherches. Et comment les blâmer ? Le monde était si vaste…
- Bon… Si Les endroits qu'on nous a demandé d'explorer n'étaient pas les bons, alors où est ce qu'on pourrait aller ? se demanda Fire. Ils pourraient être n'importe où dans ce monde…
- Bonne question… On a aucun indice…
Je repensai à ma sensation de déjà vu, au désert.
Peut-être… Qu'on a pas assez cherché ? On s'est arrêté devant les sables mouvants, mais s'ils cachaient un secret ?
- Eh ! Tu es encore dans la lune ? Hier aussi tu réfléchissais, il y a un problème ?
- Fire… Il faudrait qu'on retourne au Désert du Nord. Là où on a trouvé les sables mouvants.
- Hein ? Mais on a déjà regardé partout et il n'y avait rien !
- Oui mais… On ne peut pas en être sûrs. Et puis quand on est arrivé au cœur du désert… J'ai eu la sensation de connaitre cet endroit. Comme au Lac des Brumes.
- Comment ?
Il réfléchit quelques instants. Je me doutais qu'il n'avait pas plus que moi envie de retraverser ce désert infernal. Mais Fire m'avait toujours fait confiance. Et une fois de plus, il choisit de se fier à mon intuition.
- Bon d'accord… Ça vaut peut-être le coup d'y retourner.
[…]
Cette fois ci, nous prévînmes nos amis que nous n'allions pas rentrer avant au moins deux jours, et sachant exactement ce qui nous attendait, nous nous préparâmes en conséquence. Nous avions fabriqué des sortes de lunettes pour nous protéger du sable, ainsi que des capes. Et nous ne prîmes que les gelées qui contenaient le plus d'eau, afin de nous hydrater au mieux. Le voyage ne fut pas aussi pénible que la première fois. Savoir ce que nous allions affronter plutôt que d'avancer à l'aveuglette nous aida grandement, et la météo fut plus clémente. Le matin du deuxième jour, nous aperçûmes enfin les sables mouvants.
- Bon eh bien nous revoilà au même endroit que l'autre jour… commenta Fire. Mais rien n'a changé. Il n'y a que du sable, des rochers… Et ces tourbillons de sable. Qu'est ce qui aurait pu nous échapper ?
C'est très léger… Mais je le sens… Je connais cet endroit… J'en suis sûre… Mais à part ça… Fire a raison. Il n'y a rien ici. A part des sables mouvants… Hein ? Un instant… Et si... ?
- Fire ! Je crois que j'ai une idée ! Je pense qu'il y a une entrée cachée ! Et le seul endroit où elle pourrait être… C'est dans les sables mouvants !
- Quoi ?! Tu es folle !
Il regarda les tourbillons en se tortillant, mal à l'aise.
- Tu… Tu es sure de ce que tu fais ? Et si tu te trompes ? On risque d'y rester ! Tu n'as aucune preuve !
Je comprenais ces réticences. Si je me trompais, nous connaitrions une mort lente et douloureuse.
- Je sais… Mais le Maître et Noctunoir ont sélectionné ces endroits, et il est évident qu'on n'allait pas trouver un rouage du temps posé en évidence sur un rocher… Ils doivent être extrêmement bien cachés. Souviens-toi de la sécurité mise en place pour celui du Lac des Brumes ! Une forêt labyrinthe, un épais brouillard, une énigme, une illusion d'un Pokémon légendaire, et Créhelf… J'imagine que c'est pareil pour les autres. Qui aurait l'idée de se jeter dans les sables mouvants ?
Fire ne semblait pas entièrement convaincu. Non pas par mes arguments, mais il ne se sentait visiblement pas prêt à tester ma théorie. Il avait raison, on ne pouvait pas se lancer sans être parfaitement certains de rester en vie. Je fermai les yeux et me concentrai. J'avais pas mal travaillé sur ma détection des auras, et je me sentais plus sûre de moi à présent. Je « projetai » mon pouvoir vers les sables mouvants et détectai une sorte de… vide en dessous. Comme s'il y avait une salle ou quelque chose de ce genre.
- Il y a quelque chose là-dessous. Je le sens. dis-je en rouvrant les yeux.
Fire semblait légèrement plus rassuré. Il inspira profondément.
- D'accord… J'ai confiance en toi Lou. Tu ne t'es jamais trompée. C'est grâce à toi que j'en suis là aujourd'hui… Alors je continue à te suivre. Je t'ai fait confiance aussi la fois où on a dû sauter à travers la cascade. Alors on y va… Sans réfléchir.
- Un…
- Deux…
- Trois !
- Banzaï !
Nous nous jetâmes dans les sables mouvants et nous restâmes bien à la verticale pour s'enfoncer le plus rapidement possible. Autant ne pas faire durer le suspense. Je fermai les yeux pour ne pas voir ça, tandis que je sentais mon corps s'enfoncer dans le sable. Je pris une grande inspiration et plaquai mes pattes sur mon museau pour éviter de finir complètement étouffée. En quelques secondes, j'étais complètement enfouie. Les grains tentaient de se frayer un chemin dans mes oreilles, mais mes yeux restaient protégés par mes lunettes, et ma bouche obstinément fermée. Je sentais que nous nous enfoncions de plus en plus. Au bout de quelques instants qui me parurent interminables, je pu respirer librement et je m'écroulai sur un tas de sable dur.
- Ouille ! Mon dos ! s'écria Fire.
Je fus infiniment soulagée d'entre la voix de Fire. Il allait bien. Nous allions bien tous les deux. Je me redressai et ouvris les yeux tout me débarrassant du sable qui était rentré dans mes oreilles. Je regardai ensuite tout autour de moi.
- Où sommes-nous ? demanda Fire.
- On dirait qu'on est dans une caverne.
- Tu avais raison Lou ! Encore une fois ! J'ai bien fait de te faire confiance !
- Oui…
Je ne pouvais m'empêcher de penser que tout cela était dû uniquement à ma sensation de déjà vue et à ma capacité à ressentir les auras. Sans cela, j'aurai probablement été incapable d'arriver jusqu'ici.
- Bon… On a plus qu'à explorer. Si les sables mouvants cachaient une entrée, il doit y avoir un rouage du temps ici !
Fire afficha un grand sourire. Nous avions enfin une piste sérieuse ! En y réfléchissant, nous aurions dû trouver un moyen d'alerter la Guilde de notre découverte plutôt que de foncer tête baissée. Mais nous n'étions apparemment pas très doués pour réfléchir avant d'agir.
La caverne souterraine n'étant composée que d'une seule galerie, nous nous y enfonçâmes sans plus tarder. L'air était plus rare qu'en surface, mais il y faisait beaucoup plus frais. Bien évidemment, nous ne croisâmes aucun Pokémon, pas même ceux qui étaient habitués à vivre sous terre tels que Taupiqueur. A bien y réfléchir, c'était normal. La terre pouvait être creusée, alors que le sable s'engouffrait partout. Personne ne pouvait y survivre, donc personne n'avait eu l'idée de s'aventurer jusqu'ici. La traversée de la galerie fut longue, mais sans action. Pas de piège, pas d'énigme, pas de gardien à affronter… Mais nous n'étions pas encore arrivés, et cette galerie pouvait ne pas avoir de fin, ou nous faire tourner en rond. Qui sait ce qui nous attendait ? Fire poussa soudain un cri aigu alors qu'il se prenait un paquet de sable sur la tête, visiblement tombé du plafond. Nous échangeâmes un regard inquiet, préoccupés par la solidité de la caverne. Et si elle s'écroulait sur nous ? Nous accélérâmes afin d'en finir au plus vite. Heureusement pour nous, nous ne finîmes pas enterré vivants et nous arrivâmes au fond de la galerie. Elle débouchait sur une large caverne souterraine. Les murs étaient tout en calcaire, et les stalactites et les stalagmites se rejoignaient un peu partout pour former d'immenses colonnes. Mais le plus impressionnant restait l'immense lac qui s'étendait devant nous. Et au centre du lac, au fond de celui-ci, quelque chose émettait une étrange lueur.
- Qui l'eut cru… Un immense lac souterrain…
- Et cette lumière au centre… C'est exactement pareil qu'au Lac des Brumes ! Ça doit être un rouage du temps ! Fire, on a réussi !
- Allons voir ça de plus près !
Nous nous approchâmes du bord du lac presque en courant. Nous étions tout excités. J'avais vu juste, et nous avions trouvé un rouage du temps ! Cela voulait dire que nous avions un espoir de pouvoir arrêter Massko ! Alors que nous étions presque au bord du lac, nous fûmes soudainement plongés dans l'obscurité, comme si une ombre avait envahi les lieux, et une voix résonna dans la caverne souterraine.
- Qui êtes-vous ?
- Hein ? Qui a dit ça ?
- Que faites-vous ici ?
- On cherchait un rouage du temps pour… répondit naïvement Fire.
- Bas les pattes ! Laissez ce rouage du temps où il est sinon… Je vous règle votre compte !
Un Pokémon surgit soudainement de l'eau et se planta devant nous, faisant barrage de son corps. Nous reculâmes, par réflexe. Il était en tout point semblable à Créhelf, mais sa tête était rose et non jaune. Et des extensions de chaque côté de la tête donnaient l'impression qu'il avait des cheveux. D'ailleurs, sa voix était plutôt féminine.
- Qui… Qui es-tu ?
- Je m'appelle Créfollet ! Je protège le rouage du temps du Lac Souterrain ! Je ne vous laisserai pas vous en prendre à cet objet !
- Attends, on a pas l'intention de…
- En garde !
Il nous attaqua sans plus de discours. Je roulai rapidement sur le côté pour éviter l'offensive.
- C'est une manie chez les Pokémon légendaires d'attaquer sans nous écouter ou quoi ?! criai-je.
- C'est un Pokémon légendaire ?
- Bien sûr ! Son nom, son apparence… Tu ne trouves pas qu'elle ressemble à Créhelf ?
- Maintenant que tu le dis…
Sans même nous concerter, nous l'attaquâmes en même temps. Puisqu'elle refusait de nous écouter, nous allions devoir l'y forcer. Je lui lançai une boule d'énergie, et Fire une boule de feu. Créfollet esquiva facilement. Elle était rapide. Je décidai de ruser et la canonnai à l'aide d'une série d'attaques à distance tout en essayant de la pousser vers Fire. Lorsqu'elle fut assez près, il lui donna un coup de griffe dans le dos et l'enveloppa d'un jet de flammes. J'en profitai pour lui assener une dernière attaque. Créfollet s'effondra. Cela me désolait de devoir en arriver là, mais nous n'avions pas le choix.
- Arg… J'ai perdu… Mais je ne peux pas vous laisser… Prendre le rouage du temps…
- Tu veux bien nous écouter deux secondes ?! m'impatientai-je. Depuis tout à l'heure on essaye de te dire qu'on a pas l'intention de te le voler ton rouage du temps !
- Epargnez-moi vos mensonges ! Je sais tout ! Créhelf m'a averti par télépathie ! Je sais que son rouage du temps a été volé ! C'était vous n'est-ce pas ?
- Non ! Ce n'est pas nous ! s'écria Fire, débordant de sincérité.
- Vraiment ? Alors qui ? demanda Créfollet, sarcastique.
- Eh bien c'est…
- J'imagine que c'est… De moi dont vous parlez.
Nous nous retournâmes vivement pour savoir à qui appartenait la voix. Horrifiés, nous vîmes une silhouette que nous reconnûmes immédiatement s'avancer vers nous. Massko.
- Comment ! s'exclama Créffolet.
- M-Massko ! C'est pas vrai !
- Vous m'en voyez navré mais… Je vais prendre ce rouage du temps. dit posément Massko.
Il s'avança bien trop vite pour que nous ayons le temps de réagir et nous éjecta chacun dans une direction opposée. Puis il se planta devant Créfollet, qui barrait toujours le passage malgré son état.
- Ecarte-toi. lâcha-t-il froidement.
- Jamais ! Je ne te laisserai jamais t'emparer du rouage du temps !
- Dans ce cas… Tu ne me laisse pas le choix…
Il leva une patte pleine de griffes tranchantes et assena un violent coup à Créfollet qui s'écroula à nouveau. Mais cette fois, elle ne trouva pas la force de se relever.
- Créfollet !
- Tu es vaincue. Tu as déjà subi de gros dégâts. Alors un conseil : n'insiste pas.
Il s'avança tranquillement vers le bord du lac, comme si la victoire lui était déjà acquise. Mais il se trompait. Nous aussi étions déterminés à l'arrêter. C'était notre mission. Notre devoir. Fire et moi nous relevâmes vivement et nous courûmes nous placer devant Massko avec une expression déterminée.
- Si tu veux le rouage du temps il faudra nous passer sur le corps !
- On ne te laissera pas faire !
- Entendu… Désolé.
Je ne vis même pas le coup venir. Je ressentis seulement une vive douleur à l'estomac et j'eus le souffle coupé. Je me retrouvai à terre avant d'avoir eu le temps d'esquisser un geste.
- Excusez-moi, ça n'a rien de personnel. Mais je dois prendre ce rouage du temps.
Il nous dépassa et plongea dans le lac. Il était sorti de mon champ de vision et je n'arrivai pas à me relever. Il était bien trop fort pour nous.
- Non… Le rouage du temps… Il va… le prendre… articula Fire avec difficulté.
- Je suis… Désolée… Ce n'était pas de vous dont Créhelf parlait… Mais de lui… Pardon… d'avoir douté de vous… murmura Créfollet, l'air abattue.
J'aurais bien aimé lui répondre, mais j'avais toujours le souffle coupé. Tout à coup, le sol se mit à trembler violemment.
- Oh non ! C'est une catastrophe ! Il faut sortir d'ici tout de suite ! paniqua Créfollet.
Tout à coup, les murs furent parcourus d'une sorte de vague d'énergie, comme de l'électricité, mais de la même couleur que la lumière émise par le rouage du temps, privant la caverne de ses couleurs sur son passage.
- Qu'est ce qui se passe ?! cria Fire.
- C'est à cause du rouage du temps ! Il a été retiré de son emplacement, maintenant le temps est en train de s'arrêter partout dans la région ! Il faut vite s'en aller, sinon le piège temporel va se refermer sur nous !
Je luttai pour me relever. J'avais toujours une crampe à l'estomac, mais la douleur s'estompait petit à petit. Je me dirigeai vers Créfollet et la soutins pour l'aider à marcher. Fire vint me prêter main forte, et la gardienne du lac utilisa ses dernières forces pour nous téléporter hors de la caverne. La dernière image que j'emportai fut celle de la caverne qui se pétrifiait, et de l'énergie qui courait sur les murs, tentant de se refermer sur nous.
