- Mais tu ne comprends pas que je m'en fous des résultats scolaires ! Cria Aïko face à son père.
- Et moi j'aimerais que tu baisse d'un ton quand tu t'adresse à ton père jeune fille !
On était lundi matin, à peine trente minutes avant qu'Aïko ne parte pour le lycée. Et comme presque tous les jours depuis plusieurs années maintenant, elle se disputait avec son père.
- De toute façon je ne vois pas l'intérêt de parler avec quelqu'un qui ne veut même pas me laisser voir mon propre frère !
Attrapant son sac de cours, Aïko sortit de sa maison en trombe, claquant violemment la porte d'entrée de sa maison. Elle détestait se disputer avec son père mais elle n'était plus capable de lui parler calmement. Sa mère lui manquait et son frère… Si seulement elle pouvait rencontrer son frère un jour !
Sur le chemin vers le lycée, Aïko se calma lentement. Il ne fallait pas qu'elle arrive énervée au lycée, après tout elle avait toujours su garder son masque de froideur et ce n'était pas aujourd'hui qu'elle allait se montrer aussi faible devant les autres !
Lorsqu'elle arriva dans l'enceinte de l'école, elle avait repris son calme apparent. La passeuse arriva en classe quelques minutes avant la sonnerie de début des cours. Près de la fenêtre, plus ou moins au milieu de la rangée, était assise Yoshiko, le regard dans le vide. Aïko pris sa place habituelle juste en face de sa coéquipière. Pourtant la deuxième passeuse de l'équipe ne semblait toujours pas la remarquée.
Légèrement inquiète, Aïko passa sa main devant le regard de son amie et celle-ci tourna enfin ses yeux marrons vers la métisse.
L'air grave, Yoshiko se pencha vers Aïko avant de murmurer le plus sérieusement possible.
- Toi aussi, tu peux me voir ?
Aïko fronça les sourcils, ne comprenant pas les paroles de son amie dont les épaules se mirent à trembler. Soudain, Yoshiko rejeta se tête en arrière, éclatant d'un rire tonitruant.
- Tu es juste complètement folle ! Eructa Aïko en se retournant.
- Voyons Perro-chan ! Tu sais bien que je te taquine ! S'excusa à moitié la noirette.
- Ne m'adresse même plus la parole. Grommela la jeune fille, fixant le tableau.
- Oh t'es pas drôle ! En plus je voulais te demander de l'aide pour une nouvelle blague…
Subitement intéressée par le propos de sa coéquipière, Aïko jeta un regard par-dessus son épaule. Il fallait dire qu'elle profitait de la tendance de Yoshiko à faire des blagues pour jouer de mauvais tour à sa némésis Mayuki.
- Dis-moi toujours et j'aviserais.
Un grand sourire sur les lèvres, Yoshiko savait qu'elle venait de reporter sa petite bataille contre la mauvaise humeur de son amie.
Assise au fond de la classe, près de Mayuki et à deux place d'Hanabi, Yuna pensait sincèrement s'endormir en plein cours de géographie. Son professeur, un homme tellement vieux qu'il aurait sa place dans un musée à la section de fossiles, parlait d'une voix monocorde qui aurait donner envie à n'importe qui de se jeter par la fenêtre après dix minutes de court.
A côté d'elle, Mayuki griffonnait de vagues notes pour ne pas s'endormir et quand elle jeta un coup d'œil à Hanabi, Yuna pu l'apercevoir entrain d'envoyer des sms, un petit sourire aux lèvres.
Yuna soupira, ce cours était tellement ennuyeux qu'elle se demander si imiter Hanabi en sortant son portable ne serait pas une bonne idée pour passer le temps. Elle jeta un regard à l'horloge murale : encore vingt-cinq minutes de cours.
- N'y pense même pas. Souffla Mayuki en lui jetant un regard. Ce prof est un monstre, si tu n'écoutes pas tu peux être sûr que tu ne réussiras aucun de ses examens.
- Mais son cours est tellement chiant que si j'avais une corde avec moi je me serais déjà pendue pour échapper à ce supplice.
Mayuki étouffa un gloussement. Yuna avait toujours été quelqu'un de franche et détachée ce qui lui avait value d'avoir peu d'amie pendant longtemps. Pourtant Mayuki adorait ce trait de caractère chez son amie, cela la rendait spéciale. Et dans ce club de volley, les personnalités spéciales comme elles étaient les bienvenues.
Et c'était ces personnalités si différentes les unes des autres qui leurs donnaient cette dynamique propre à elles-mêmes. Chacune avait sa place et savait qu'elle pouvait compter sur les autres.
Yuna regarda une nouvelle fois l'horloge, juste au-dessus du crâne dégarnis de son vieux professeur. Plus que vingt-deux minutes. Mais où était donc cette corde qu'elle mette fin à son supplice ?
Déterminée à passer le temps, Yuna jeta un nouveau regard vers Hanabi, à sa droite. Ses cheveux châtain clair et courts cachaient en partie l'expression de son visage, mais Yuna savait qu'elle continuait de sourire. Alors la blonde pris un bout de papier et son crayon avant de griffonner quelques mots.
Le papier atterrit pile sur le bureau de sa coéquipière. Hanabi haussa les sourcils en voyant le petit bout de papier sur son bureau, elle tourna la tête pour voir qui avait bien pu le lui envoyer. Son regard croisa celui de Yuna qui lui offrit un grand sourire avant de lui faire signe d'ouvrir le papier.
Tu parles à ton petit ami ? Tu nous avais caché ça ?
Hanabi sourit, Yuna et Mayuki avaient tenter depuis la semaine passée de lui soutirer plusieurs fois des informations, pensant qu'elle discutait avec un potentiel petit ami sans jamais se douter qu'elle et Kuroo ne pourraient jamais finir ensemble.
Ne dis pas de bêtises, je ne sors avec personne en ce moment.
Puis elle renvoya le papier à sa camarade de classe qui s'empressa de lui répondre, une petite discussion commençant à se former entre les deux attaquantes.
En ce moment ? Ça veut dire que c'est bientôt le cas ? Mayuki dis que tu mens.
Je ne mens pas, c'est un ami d'enfance, il joue à Tokyo.
Tokyo ? Comme dans Tokyo la où va ce weekend ?
Exactement. Il est le capitaine de l'équipe de Nekoma, que l'on va affronter ce weekend.
Wow, c'est que tu connais des personnes importante Hana-chan !
L'échange continua ainsi pendant plusieurs minutes, les deux adolescentes changeant parfois de sujets et Mayuki commentant quelques phrases qu'elle lisait rapidement.
Je te jure, je suis sure qu'elle les a fait refaire !
Mais tu penses que c'est légal de se refaire faire les seins à 17 ans ?
- Mon cours est-il si peu passionnant que vous préfériez vous envoyer des bouts de papier plutôt que de le suivre mesdemoiselles ?
Le professeur intercepta le morceau de papier et le lut silencieusement, au fur et à mesure qu'il avançait dans sa lecture, son visage prenait une teinte rouge semblable à celle d'une tomate bien mure.
- Devant la classe, maintenant ! Et je veux que vous lisiez tout haut ces infamies ! Rugit le professeur en s'avançant sur le devant de la classe.
Yuna se leva et ouvrit la bouche.
- Et là le prof est devenu rouge vif, j'ai bien cru qu'il allait mourir sur le coup ! mais il s'est mis a hurler et Yuna lui a répondu avec son tact habituel, tu la connais. Raconta Mayuki pendant la pause de midi.
- Et c'est donc pour cela que vous échopper toutes les trois d'une retenue un vendredi après-midi alors que l'on part ce jour-là ? Termina Yûkary en enfournant une nouvelle bouchée de riz dans sa bouche.
A côté, Yuna mangeait silencieusement son bento. Elle ne digérait pas la retenue que lui avait mise son professeur. Le jour du départ pour Tokyo en plus ! Elles devaient toutes partir pendant les clubs, et leur voyage serait retarder à cause d'elle.
Un peu plus loin, dans la cafétéria, les trois autres terminales mangeaient ensemble à une table près de la grande baie vitrée. Bien que le niveau de l'école ne fût pas le plus élevé de la préfecture, le cadre du lycée était l'un des plus beau du pays.
- Je me demande comment son les lycées à Tokyo. Marmonna Akane la bouche pleine de riz.
- Ne parle pas en mangeant, c'est impoli. La réprimanda la manager. Au fait Sacha, j'ai fini mes recherches sur Nekoma et Fukurodani. J'ai fait une copie pour Akane et toi en plus de celle pour le coach.
La capitaine hocha la tête avant d'attraper les documents que lui tendaient Marie, Akane en fit de même et elles survolèrent rapidement les infos collectées par leur manager de talent.
- J'ai fait quelques annotations par rapport aux infos que j'ai eue, des petits trucs qui pourraient nous aider pour ce weekend ainsi que ce que ces équipes pourront nous apporter.
- Merci beaucoup 'Ka-san. Marmonna Sacha toujours en pleine lecture.
- Une équipe hyper défensive comme Nekoma sera difficile à battre et d'après ce que je lis leur capitaine est champion en provocation et leur passeur est imperturbable. Je pense qu'ils vont nous donner du sacré fil à retordre… Déclara Akane en parcourant les fiches des joueurs.
- Oui mais Fukurodani à l'un des meilleurs attaquant du pays, leur équipe n'est composée que de terminale sauf leur passeur. Ils ne sont pas négligés aussi.
La capitaine ainsi que la vice-capitaine abordaient toutes les deux un sourire en coin.
- Je sens que ce weekend va être particulièrement intéressant. Murmura la russe.
Assise dans l'herbe, son bento sur les genoux, Yoshiko discutait avec Aiko et Hanabi qui était venue rejoindre les deux passeuses. Les trois étudiantes étaient impatientes, l'envie d'être au vendredi grandissant de plus en plus. Un sourire aux lèvres, ayant presque totalement oublié l'incident de ce matin, Hanabi parlait de ses amis d'enfance Kuroo et Kenma a ses coéquipières. Et Aïko, qui aimait les défis, ne pouvait s'empêcher de poser quelques questions sur le capitaine des chats.
Un peu plus loin, Nise et Eloïse mangeaient sous un arbre. Les deux premières années avaient commencé une discussion sur les matchs de ce weekend et Eloïse avait envoyer un rapide sms à ses amies pour pouvoir continuer à parler avec sa camarade de classe. C'était leur premier match officiel au lycée et elles étaient un peu stressée même si cela était nettement moins visible sur le visage de Nise.
- Je me demande comment seront les maillots… Murmura doucement Eloïse, le regard vague en réfléchissant
- Il n'y a qu'à regarder sur internet ! Déclara Nise avec un grand sourire. Des joueuses comme elles ont surement eu un article dans la presse.
Les deux élèves cherchèrent donc sur internet à quoi ressembleraient leur futur maillot de sport. De couleurs blanche, les numéros étaient inscrits en noir et les shorts était noir avec une double bande blanche sur le côté.
- Hum… J'aime bien. Finit par dire Nise.
A côté d'elle, Eloïse hocha la tête, approuvant les dire de sa camarade.
Lorsque Nise et Eloïse arrivèrent dans les vestiaires du club de volley, elles se demandèrent pendant quelques secondes si une troisième guerre mondiale venait d'éclater. L'équipe était divisée en deux camps : d'un côté les deux passeuses Aïko et Yoshiko, de l'autre le trio d'amies Yuna, Yûkary et Mayuki. La manger ne semblait pas être la et les deux autres terminales ne semblaient pas faire partie d'un des « camp ». Akane était entrain de se changer, ses cheveux platine cachant en partie son visage calme. De son côté, la capitaine regardait les deux camps s'affronter avec un grand sourire. Elle avait attaché ses longs cheveux ondulés en un chignon flou.
En voyant la scène, Eloïse éclatât de rire, faisant se stopper les filles qui se balançaient des vêtements.
- Il se passe quoi ici ? Finit par demander la jeune fille après avoir calmé son fou rire.
Aïko à pris sa pseudo revanche sur Mayuki et c'est parti en troisième guerre mondiale. Rien d'inhabituel en somme. Répondit Akane en lançant ses chaussures. Vous serez bientôt habituée à leurs chamailleries pas de panique.
- Je suis sûre que Ni-chan m'aidera à prendre les paris. Dit Sacha avec un sourire au coin des lèvres.
De son côté, Nise haussa les épaules avant de commencer à se changer elle aussi. Les autres joueuses avaient commencé à ranger le vestiaire avant qu'arrive la manager. Elles n'étaient pas prêtes à se prendre un savon alors que l'entrainement n'avait même pas encore commencer.
Dans le gymnase, Marie discutait avec le coach de l'équipe. Celui-ci survolait le dossier que la troisième année avait préparée et posait quelques questions à la manager. Ce weekend, l'équipe affrontera Nekoma et Fukurodani, et les entrainements de cette semaine servirons à préparer les joueuses le mieux possible pour ces futurs matchs d'entrainement.
Le coach Koro savait que les plus anciennes joueuses arriveront à s'en sortir face à la puissance de ces deux équipes, il avait aussi confiance dans es deuxièmes années qui avaient déjà une petite expérience d'équipes de haut niveau grâce au tournoi de l'année passée. Mais les deux nouvelles l'inquiétaient un peu, elles venaient tout juste d'arriver et n'étaient pas encore totalement greffée à l'équipe même si elles s'entendaient plutôt bien avec les autres joueuses. Nise était puissante en attaque et combinée avec Aïko, elle pourrait devenir un atout indispensable à cette équipe qui manque de force brute.
A l'inverse, Eloïse était plus calme et plus discrète, offrant un certain soutient aux joueuses les plus tête brulée.
Chaque joueuse avait sa spécialité, formant ainsi une équipe originale et décalée. Akane était la plus douée en réceptions, et son optimisme lui permettait d'avoir toujours cet espoir de gagner qui contaminait ses coéquipières. Sacha avait les épaules pour soutenir l'équipe, c'est pour cela qu'elle avait été nommée capitaine sans que le coach n'ait besoin d'y réfléchir longtemps. Sa taille et sa force en faisait une bloqueuse hors paire qui compensait sa faiblesse en réception. Marie et Yûkary se rappelaient encore les longues heures que ka capitaine avait passée en compagnie de ses ainée et d'Akane pour s'améliorer en défense.
Yûkary était surement la terminale la plus douée, dotée d'une vie intelligence, elle était celle qui mettait le plus souvent en place les plans d'attaques dans les matchs bien que son implication dans ceux-ci était souvent limitée. La jeune fille se prenait souvent la tête sur des détails, allant jusqu'à en perdre sa concentration lors de certains matchs où la pression était trop grande.
Du côté des deuxièmes années, c'était Aïko la plus douée. Grâce à ses feintes et sa puissance, elle méritait sa place de passeuse titulaire plus que quiconque mais son manque de sang-froid et sa trop grande implication dans certains matchs lui jouait de mauvais tour. Et c'était dans ces moments qu'entrait en scène Yoshiko. La deuxième passeuse était loin d'être aussi technique que son amie mais ses capacités d'observation et sa bonne entende avec les autres joueuses lui permettait d'atteindre facilement le niveau d'Aïko dans l'équipe. De plus, les deux passeuses avaient un côté provocateur qui collait avec la personnalité de certaines attaquantes et centrales comme Sacha et Hanabi. Ainsi, ensemble, elles pouvaient utiliser leur répartie pour déstabiliser leurs adversaires et prendre l'avantage.
Il y'avait aussi Mayuki, la libéro qui était le pilier de leur défense avec Akane. Ses bons réflexes lui permettaient d'agir au dernier moment et ainsi savoir où irait le ballon. Toujours accompagnée d'Hadachi Yuna, la franche attaquante qui n'avait pas sa langue dans sa poche . Yuna était une attaquante moyenne, elle était douée sans pour autant être la meilleure. De nature calme, les provocations ne fonctionnaient pas sur elle. Elle était aussi elle qui avait les meilleurs services de l'équipes.
La dernière joueuse de deuxième année était Hanabi, elle avait appris le volley à Tokyo et jouait souvent des petits matchs avec ses amis d'enfance lorsqu'elle retournait à la capitale pendant les vacances. Son sang-froid et ses provocations lui permettait de prendre facilement l'avantage durant les matchs mais elle se sentait rapidement coupable de la moindre erreur ce qui fragilisait son jeu.
Et maintenant l'équipe comptait deux nouvelles joueuses : Nise Marie, qui grâce à sa force faisait de puissants services et de très bonnes attaques et Kutekina Eloïse qui semblait douée en attaque aussi bien que manquant d'endurance.
Oui, quand le coach Koro voyait sa nouvelle équipe, il avait bon espoir. Il savait que ces filles mèneraient leur lycée jusqu'à la victoire.
- Ah je vais mourir !
Affalée contre le mur du gymnase, Hanabi buvait sa bouteille d'eau, versant la moitié du liquide sur elle.
- C'est inhumain ce genre d'entrainement Koro-sen ! Renchérit la capitaine, assise à même le sol.
Le coach soupira en se frottant la joue. Bien sure que l'entrainement était dur, c'était le but d'un entrainement intensif. Toutes les joueuses suaient à grosses gouttes mais c'était un mal nécessaire si elles voulaient avoir une chance de gagner face à Nekoma et Fukurodani ce weekend. Elles le savaient mais cela n'empêchait pas certaines de pousser le bouchon en exagérant les plaintes.
Alors le coach soupira une deuxième fois avant de souffler un grand coup dans son sifflet.
- Aller on reprendre l'entrainement !
Ce lundi, les joueuses quittèrent l'entrainement en étant vidée de toutes leur énergie, même Aïko et Mayuki ne disputèrent pas.
Ensemble, les joueuses firent un petit bout de chemin ensemble avant de se disperser, chacune rentrant chez elle avec plus ou mois d'impatience.
Lorsqu'elle rentra chez elle, Nise fut accueillie par un silence glaçant. Ses parents étaient surement encore au travail. L'adolescente se déchaussa et laissa son sac dans l'entrée, elle ferait ses devoirs plus tard. D'un pas fatigué, elle se dirigea dans la cuisine, un post-it était accroché sur le frigo. C'était ainsi que ses parents communiquaient avec elle, pas par sms, par post-it sur le frigo. Marie ne pris pas le temps de le lire, elle le chiffonna avant de le jeter à la poubelle.
Ses parents travaillaient dans deux grosses boites près de Tokyo, ils prenaient le Shinkansen tous les jours et ne revenaient que tard le soir, quand elle dormait déjà. L'étudiante savait très bien que c'était pour elle qu'ils travaillaient autant, que c'était pour qu'elle puisse faire de bonnes études et vivre confortablement. Mais elle se sentait abandonnée dans cette grande maison qui était vide. Ses parents avaient déjà pensé à déménager dans la capitale mais les loyers étaient bien trop cher, leur fille n'aurait jamais pu entrer dans une grande université. *
Ruminant ses sombres pensée, Nise fit chauffer de l'eau avant de sortir une boite de ramen instantanée. Elle n'avait pas la force de se cuisiner quelque chose de correct, l'entrainement avait été épuisant et une pile de travail l'attendait pour les cours.
Je te jure j'ai mal partout Aka-chan ! Se plaignit Sacha en marchant dans les couloirs du lycée.
C'était mardi après-midi, la matinée c'était bien passée pour les deux terminales et elles rejoignaient maintenant la classe de Marie et Yûkary pour leur cours de sport. La veille, la capitaine s'était à peine tirée et aujourd'hui, elle souffrait de courbatures.
- Tu crois que je peux sécher les cours de sports ? Je te promets que je vais mourir si je dois participer au cours !
- Ne dis pas de bêtise, tu vas participer à ce cours de sport, en plus on fait du basket et grâce à ta taille et au fait que la moitié des filles de terminales ont peur de toi, on va gagner tout nos matchs. C'est clair ?
Sacha retint son rire, Akane avait cette manie de toujours voir le positif dans chaque situation, même dans ce genre de moment.
- Ah, j'adore ton optimisme Aka-chan ! Tu es mon rayon de soleil ! Oh tiens je vais t'appeler comme ça maintenant, mon petit rayon de soleil !
Et alors que la capitaine taquinait son amie, Marie et Yûkary arrivèrent derrière elles.
- Dit donc, Sacha, t'as viré de bord maintenant ? Ricana Yûkary.
- Ne dit pas de bêtises, mon cœur restera un éternel célibataire ! Mais j'espère que vous m'inviterais toutes à vos mariages de princesse ! La taquina Sacha.
- Arrêtez vos bêtises les filles, on est arrivées. Coupa Marie, empêchant ainsi la capitaine de provoquer ses coéquipières en les taquinant un peu trop.
Yoshiko se retourna une nouvelle fois dans son lit. Son père était encore au téléphone avec sa mère et ses cris transperçaient les murs et son cœur. Son frère n'était pas à la maison ce soir-là, il n'était jamais à la maison le mercredi, parce qu'il dormait chez sa nouvelle petite amie.
Depuis le divorce de ses parents, Yoshiko détestait les couples, pour elle ce n'était qu'une question de temps avant qu'il se brise, qu'il vole en éclat. Et son frère était un champion pour briser le cœur de filles et faire voler en éclat son couple tous les trois mois. Il n'avait plus aucune attache, cela ne l'intéressait pas de finir avec une fille qui partirait pour quelqu'un de mieux comme l'avait fait leur mère.
La passeuse soupira, son souffle tremblant sous les larmes qui menaçaient de couler. Mais c'était une fille forte, elle avait appris à ne plus se laisser atteindre par les disputes de ses parents même si elles faisaient mal. Même si cela lui rappelait que plus jamais ses parents ne seraient heureux ensemble. Ils ne seraient plus jamais une famille.
Et alors que le ton de son père montait encore, Yoshiko déverrouilla son téléphone, la lumière de son écran l'aveuglant quelques secondes. Les mains tremblantes, elle écrits un sms rapide à son amie.
Hey, Perro-chan ! Tu dors ? J'ai pensé à quelques idées pour ce weekend.
Eloïse soufflait, l'entrainement du mercredi s'annonçait rude, elle devait travailler son endurance avec Hanabi et Aïko. Et les deux jeunes filles lui en faisait clairement baver.
- Dépêche-toi, tu te reposeras quand tu seras morte. Déclara Aïko sans l'ombre d'un sourire.
C'était … Charmant. Eloïse ne connaissait pas beaucoup les deux joueuses, Hanabi discutait avec un peu tout le monde, c'était l'électron libre du club, elle n'était dans aucun des groupes que formaient les joueuses. Aïko, elle, était plus proche de Yoshiko même si elle discutait parfois avec les terminales.
- Même Mayuki à plus d'endurance que toi. Continua Aïko tout en jetant un regard à sa rivale.
Mais celle-ci était bien trop occupée, toutes avaient des entrainements intensifs particuliers afin de combler quelques lacunes avant le weekend.
- Aller, on ne s'arrête pas ! L'encouragea Hanabi.
Eloïse jeta un regard à toutes joueuses qui s'entrainaient au moins aussi durement qu'elle. Elle ne pouvait pas être un frein pour l'équipe, alors elle mordit sa lèvre, prête à supporter pendant encore plus d'une heure les piques et les remarques de ses « mentors ».
- Aller !
Yuna mordit avec force dans son Onigiri, sa retenue était pour demain et plus la journée avançait, plus son humeur devenait morose. Ce n'était que des petits bouts de papier, ce n'était pas grave ! Pourtant leur professeur les avait collées, Hanabi et elle, pour deux heures de ménage dans l'école.
- Ça va aller Yuna. Lui sourit Yûkary. Ce ne sont que deux heures de colles et nous arriverons de nuit à Tokyo.
La terminale donna un autre onigiri à son amie. Quand elle était dans cet état-là, seule la nourriture pouvait calmer la jeune fille.
- Je ne comprends pas pourquoi ça tombe toujours sur moi ce genre de chose !
- Peut être parce que tu es trop franche ? Suggéra Mayuki qui n'avait fait que suivre l'échange entre ses deux amies depuis le début.
Yuna gonfla les joues comme l'aurait fait un enfant, elle avait toujours été franche, cela lui avait valu pas mal d'ennuis et aussi peu d'amie. Mais au moins elle savait que les gens ne restaient pas avec elle par hypocrisie et que ses amies étaient des personnes de confiance.
-Peut-être. Accorda Yuna. Mais je ne changerais pas pour plaire à ce vieux prof qui va surement mourir en cours tellement il est vieux !
Et ses deux amies éclatèrent de rire face à la franchise de leur amie.
Ça y est, nous étions vendredi soir, toute l'équipe était devant le bus qui les conduirait à Tokyo. Le coach donnait ses dernières instructions, mais peu de joueuses l'écoutaient. Elles étaient toute en effervescence face au futur voyage. Quelques heures avant, les joueuses avaient reçu leur nouvel uniforme car le dimanche se dérouleraient une série de matchs non officiel mais devant les deux écoles, les maillots officiels étaient donc indispensables pour ces matchs.
Chacune avait donc son numéro officiel : Sacha portait le numéro 1 en temps que capitaine et Akane le 4. Yukary portait le numéro 2 tandis que ses amies Yuna et Mayuki portaient respectivement les numéro 3 et 8. Aïko et Yoshiko portaient les numéro 6 et 5 pendant qu'Hanabi portait le numéro 7. Enfin, Eloïse portait le numéro 10 et Nise le 11.
Le coach fit entrer les joueuses dans l'autocar, leur intimant le silence. Leur voyage pour Tokyo pouvait enfin commencer.
*Au Japon, les études coutent très cher étant donné que l'état ne verse que 2% de son budget pour l'éducation. Les prix des inscriptions pour les lycée de haut niveau et les grandes université réputée sont donc très cher.
