EBENE ALLONZER-DISTRICT 1
-Regarde Ébène ! Tu as vu cette force ! Regarde comme notre tribut a égorgé cette sale pimbêche du district Deux. Ses mains ont suffi à trancher la gorge ! Regarde le sang ! Elle souffre maintenant cette petite peste !
-Ces jeux ont vraiment été les meilleurs jusque-là, je trouve.
-Je suis bien d'accord avec toi ma fille.
-Les miens seront mieux encore !
-Je n'en doute pas ma fille... Tu seras la plus époustouflante !
Tous les matins, avant la moisson, nous regardions ma famille et moi, les éditions des jeux précédents. Cela était excitant pour moi de savoir que dans quelques semaines, j'allais être de l'autre côté de l'écran de notre télévision. Je serais la grande gagnante des quarante-sixièmes Hunger Games. Cette pensée m'emplissait de joie.
-Ébène dépêche-toi de manger ! Tu vas être en retard au centre d'entraînement. Cris ma mère.
J'étais née dans un quartier pauvre de mon District. C'était souvent les personnes riches qui avaient l'honneur de nous représenter les pour les jeux. Il était rare de croiser des personnes de mon quartier dans le centre. Mais ma famille s'était battue pour réaliser mes rêves et me faire accepter dès mes deux ans dans la grande école du District un. Officiellement, on n'y apprenait que l'histoire, la langue et les mathématiques. Mais on nous y enseignait aussi la tactique, les combats en tous genres, le charisme et l'éloquence ainsi que l'art de tromper et de tuer pour pouvoir offrir au Capitole un spectacle dont il se délecterait pour les vingt prochaines années. Je étais devenue un des éléments les plus prometteurs de l'école et j'étais suis fière. J'avais gagné ma place et le respect de tous grâce à ma passion pour la souffrance de mes adversaires. Je trouvais fascinants, leurs regards, quand ils comprenaient que je pouvais les tuer d'un mouvement fluide et simple... C'était tellement... Jouissif ! J'enfilais mon petit déjeuner et partis en direction du centre.
Aujourd'hui, je sentais l'effervescence du District. Il était en joie ! Comment ne le pourrait-on pas ? Nous mangeons tous à notre faim grâce à ces jeux qui nous divertissaient et rendaient la vie plus intéressante. Les personnes se pressaient sur le marché qui foisonnait de nourriture et de babioles en tous genres. Tout était luxuriant et les couleurs étaient plus vives que d'habitudes. Les pacificateurs installaient l'estrade et le nécessaire au déroulement de la cérémonie de la moisson. Je passais devant eux, sans les saluer mais en leur jetant des regards emplis d'impatience. J'entrais au centre et me retrouvais nez à nez avec Monsieur le grand directeur. Nous l'appelions ainsi, car nous ne savions de lui que peu de choses. Il avait gagné les premiers Hunger Games et avait une petite fille nommée Isobarique.
-Bonjour Mademoiselle.
-Monsieur, le saluais-je
-J'ai entendu dire que vous vous porteriez volontaire cette année.
-Oui Monsieur.
Il me jaugeait et je le méprisais, le regard hautain. Il avait sûrement vu mon nom sur la liste qui avait été déposée sur son bureau la semaine dernière. Nous étions une bonne vingtaine de fille à avoir été autorisé à se porter volontaire. J'espérai être prise... Le mieux serait de voir mon nom pigé à tout hasard et de dire au monde que je ne voulais pas de volontaire. Le pire, serait de voir une de mes adversaires se faire piger et qui voudrait en faire tout autant... Mais au cas où, il me restais l'année prochaine, et l'année encore après.
-Vous avez la carrure, le charme, la méthode et la beauté pour y parvenir. J'ai entendu de très bons échos sur votre attitude. Le seul problème... C'est votre condition de départ.
-Que voulez-vous dire ? Lui lançais-je en haussant les sourcils.
-De vous à moi, une pauvresse née dans un quartier tel que le vôtre, ne donnerait pas une image convenable du glorieux District qu'est le nôtre. Nous sommes bien d'accord.
Je le prenais comme une menace. Et lorsque l'on me menaçait, je ripostais le regard luisant de rage et les joues rouges. Je n'allais pas me laisser marcher sur les pieds, même si cela venait du directeur de mon établissement.
-Non, monsieur. J'ai bien peur d'être en légers désaccords avec vos paroles précédentes.
-Plaît-il ? Dit-il en ouvrant la bouche de surprise.
-Je ne suis peut-être pas la plus friquée de ce noble District, mais je suis de loin, la meilleure pour ces jeux. Sur ce, Monsieur, je vous laisse. Je dois m'entraîner.
Je le plantais sur ces paroles et repart en lui tournant le dos. Je nattais en chemin mes cheveux noirs. J'enfilais ma combinaison moulante et enchaînais un parcours d'obstacles pour m'échauffer. Eucacia, une pimbêche, me regardait et affichait un sourire malsain collé au visage. Nous avions le même âge et étions entrées le même jour au centre. Elle avait un visage dur et sans finesse, des yeux gris clair, ternes et sans aucune originalité, des cheveux blonds qui rappelaient la couleur d'un papier défraîchi et enfin, un corps bien trop maigre et des épaules trop carrées. Eucacia n'avait jamais eu de charme et n'en aurait certainement jamais. Quant à moi, je pouvais me vanter d'avoir hérité des traits fins et harmonieux de mon père, des yeux aussi noirs que la nuit elle-même et brillants, des cheveux noirs épais et faciles à coiffer et enfin du corps de ma mère, mince et bien proportionné. J'avais du charme. Eucacia n'en avait pas. La seule chose qu'elle possédais de plus que moi, c'était son argent et son titre de famille. Cette dernière était l'une des plus anciennes. Il se racontait qu'elle était à l'origine des Jeux eux-mêmes...
-Ébène. Ta rapidité m'impressionnera toujours. Cela vient certainement de ton habitude à courir pour être la première servie à la cantine... Vu que tu ne dois pas être habituée à manger aussi bon.
J'arrêtais mon parcours et me plaça devant elle, en la regardant droit les yeux. Je lui assénais un violent coup de poing dans le nez. Je savais qu'elle était volontaire cette année, et que je risquais d'avoir de gros ennui si je continuais ainsi... Mais la petite peste l'avait bien cherché et je lui tordis le bras jusqu'à l'entendre craquer dans une symphonie de cris douloureux et de souffrances. Eucacia se mit à gémir et à pleurer. Mon coup l'avait pris par surprise et son bras était maintenant cassé. Cela ne faisait plus que dix-neuf filles en liste pour les Hunger Games...
-Le directeur sera prévenu ! assénât-elle en hurlant et en tenant son bras déjà bleui à quelques endroits. Tu vas avoir de gros ennuis !
Elle partit en courant alors que des applaudissements commençaient à se faire entendre dans mon dos. Je me retournais et aperçu Caleb, mon seul ami au centre. Il était entouré d'autres personnes qui fuyaient mon regard et retournaient déjà) à leurs préoccupations, comme si je n'existais pas.
-Depuis le temps qu'on en rêvait Ébène ! Cela m'étonne même que tu te sois retenue si longtemps et que tu ne te sois contentée de ne lui casser que le bras. Serais-tu devenue gentille ?
-Moi ? Certainement pas ! Souriais-je.
Il se rapprocha et me serra la main. Un combat sans arme s'ensuivit que j'emportais de justesse grâce à mon agilité et à ma rapidité. J'avais un avantage sur les autres élèves du centre : je mangeais mieux qu'eux. Plus sain. Donc j'étais plus légère et en meilleure forme. Caleb était plus lourd et cela lui jouait des tours. Je lui présentais ma main pour l'aider à se relever et reprendre mon souffle.
-Tu es volontaire cette année ?
-Oui. Et toi ?
-Oui. C'est comme qui dirait la dernière chance ! J'espère avoir l'honneur de gagner et de couvrir notre District de gloire.
-Ne te réjouis pas trop mon poussin ! Plaisantais-je. Si je suis tirée volontaire, nous savons que tu n'as aucune chance d'en sortir vivant !
-Tant de sûreté et d'arrogance dans la bouche si rouge et si belle d'une fragile jeune femme... Tant de gâchis. Tu pourrais commencer par te rétracter et finir à la fabrique de bijoux de luxe du coin.
-Sans façon. Cela te ferait trop plaisir...
Il me donna une accolade et m'entraîna vers le camp établi pour apprendre la survie dans un état plus complexe. On y apprenait à faire du feu, à reconnaître les plantes dangereuses, à nager ou d'autres choses toutes aussi inutiles les unes que les autres. Nous nous y reposions souvent. Mais je n'en avais jamais rien tiré, de leurs enseignements. Le District un, n'avait pas à s'inquiéter de cela pendant les jeux. Tout ce dont nous avions besoin étaient fournis dans la corne d'abondance ou nous étaient offerts par les sponsors.
-Ma petite sœur vient d'entrer au centre. Elle a deux ans seulement et je me demandais... Enfin tu vois...
-Si j'accepterais d'être son mentor !
Je haussais les sourcils et ma bouche s'amincit. J'étais heureuse d'entendre cette proposition. On n'accordais le parrainage d'un nouvel arrivant qu'à une personne méritante, forte, et classée dans les meilleurs. Je n'avais pas eu le droit d'avoir de mentor étant petite. Les parrains et marraines de l'époque ne voyaient pas de potentiel en moi... Je serais ravie d'entraîner sa sœur en rentrant des jeux pour faire d'elle une personne capable de tuer en un claquement de doigts. Moi qui n'avais pas de fratrie, j'y voyais là l'occasion de tisser des liens forts.
-Si seulement tu le veux. Et si tu es pigée, elle attendra ton retour des jeux. Si tu meurs je prendrais ta place. Et s'il se passe l'inverse... La proposition tient toujours.
Je grimaçai en songeant à cette éventualité. Faire les jeux avec Caleb serait une bonne chose. Je pensais que le tuer vers la fin. Il pouvait m'être très utile et je pensais pouvoir avoir un minium de confiance en lui, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que lui et moi. À ce moment-là, je l'égorgerais vite fait bien fait. Panem se privera bien de ce spectacle-là, sachant que je risquais d'en produire d'autres, encore plus époustouflants. Une voix cassante arrêta le cours de mes pensées.
- Allonzer ! Dans mon bureau ! IMMEDIATEMENT !
Je me levais doucement et en prenant mon temps. Je jetais un regard méprisant à toute l'insistance qui me regardait. Le directeur avait dû recevoir Eucacia il y avait de cela quelques minutes. Son parfum flottait encore dans la pièce, et me donnait envie de vomir. Je n'étais jamais rendue dans le bureau du directeur. Jamais. J'étais souvent allée dans la salle des récompenses, surtout quand j'avais réussi pour la première fois à égorger un enfant. Il avait une maladie incurable. J'avais quatre ans, et c'était un souvenir auquel je tenais, bien plus qu'aucun autres... Je me rappelais de ma médaille de récompense pour avoir été la première de la section à avoir réussi. La gloire et les applaudissements... Un sourire se figea sur mes lèvres. Je voyais le directeur trembler de rage alors que je bombais le torse fière et heureuse d'être le sujet de sa seule colère.
Son bureau était lugubre. Il me faisait penser à la maison des Quarelle. C'était la famille la plus pauvre de notre District. Les murs étaient plats, sans tapisserie, sans vases de cristal, sans meuble en acajou, sans rideau de dentelle... Juste des murs, avec des meubles d'appoints. C'était triste. Le directeur s'assit de l'autre côté du bureau et je n'attendis pas ses paroles pour m'asseoir en face de lui. Toujours plus provocante, plus audacieuse.
-Eucacia Allwoway est venue ce matin. Son bras est fracturé. Elle vous accuse. Niez-vous ? Me demanda-t-il en ouvrant grands ses yeux globuleux.
Je réfléchissais quelques instants en jouant avec les nerfs du directeur. Je prenais une pose indécente et finis par lâcher :
-Non. C'est moi. Impressionnant, n'est-ce pas ?
-Aviez-vous consciences des conséquences que vos actes pouvaient engendrer ?
-Oui parfaitement. La pauvre Chérie n'est plus éligible pour les Hunger Games. Nous ne sommes plus que dix-neuf.
Sa veine battait sur son front. J'avais bien l'impression qu'il devenait colérique le grand-père !
-Vous croyez-vous si forte, Ébène ?
Je me redressais sur mon siège, surprise qu'il connaisse mon prénom. Il venait de se rendre compte que ce petit effet m'avait déstabilisé. Je me reprenais rapidement, reprenant un air impassible.
-Oui, je connais votre prénom. Croyez-vous que je laisse mon établissement sans surveillance ? Je prends garde aux éléments qui pourraient pourrir notre patrimoine... Des éléments comme vous !
Je me levais furieuse. Je sentais le rouge me monter aux joues. J'agrippais son bureau pour le jeter violemment en faisant virevolter toutes ses affaires. Je me précipitais dehors et claque la porte bruyamment. J'étais si énervée... Je bousculais les passants dans les rues et retournais chez moi, plus convaincue que jamais à participer aux Hunger Games. En rentrant, je regardais mes parents assis dans notre canapé.
-Je vous promets que dans quelques semaines, nous serons au village des vainqueurs et que tous ceux qui se sont moqués de nous le regretteront !
Ils voient ma colère et préfèrent s'en éloigner. J'avais faim. Nous mangeons dans un calme qui m'énervait encore plus. Une fois mon assiette finie, je rentrais dans chambre et enfilais la robe rouge et provocante que j'avais acheté avec mes économies faites depuis mes deux ans. Elle s'accordait parfaitement avec mes cheveux et mes yeux noir corbeau. Le résultat m'enchantais et j'avais ce côté « femme fatale ». L'effet que je voulais donner. Mes cheveux qui me tombaient sur les épaules étaient laissés tels quels. Je voulais être la première sur la grande place. Je sortais donc, en prenant une bague que je tenais de ma famille. Cela représentera très bien mon District pour les jeux.
En arrivant sur la place, en face de l'hôtel, je ne vis que quelques pacificateurs. Les fils d'enregistrement étaient déjà prêts, mais je préférais attendre encore un peu. Je ne regrettais pas mon choix quand je vis arriver la famille de Caleb. Il était avec sa jeune sœur, son frère de dix ans et ses parents. Je les saluais en leur souriant. Je savais qu'ils m'aimaient bien. Surtout son père, qui était l'un de mes anciens entraîneurs.
-Bonjour Ébène. J'ai entendu dire que tu seras volontaire cette année. Que le sort soit en ta faveur !
-Merci monsieur !
-Sache Ébène, ajouta la mère de famille, que nous serons honorés de te voir représenter le District Un au côté de notre Caleb ! Toi seule, est digne de le battre ou de gagner à sa place.
Je m'inclinais et regardais plus attentivement les gamins. Le jeune frère de Caleb se nommait Victor, si mes souvenirs étaient bons. Quant à sa sœur, je ne pouvais m'empêcher de m'identifier à elle. Un regard rempli de détermination et d'envie. Son visage était doux mais dur à la fois, un peu comme le mien. Je voyais son charisme et son potentiel de tueuse née. Je la voyais déjà parader sur un char, portant la couronne des vainqueurs, habiter à côté de moi dans une maison voisine...
-Je te présente Syver, ma petite sœur. Elle est mignonne hein ?!
Je murmurais ma réponse :
-Oui. Elle est faite pour tout ça... Bonjour Syver.
Syver me regarda et me salua respectueusement, comme le ferait une enfant de son âge face à sa marraine. Elle me sourit et me serra dans ses bras en me disant qu'elle serait honorée d'être ma filleule. Moi, qui n'avait pas la joie d'avoir un frère ou une sœur, je sentais l'émotion monter quand les bras de la fillette s'enroulèrent contre ma jambe. Le gong sonna les trois coups. Je me précipitais dans le file des filles en fixant mes yeux devant moi. J'étais la première à rejoindre mon rang. L'hôte de notre District était très jeune, et c'était sa deuxième année seulement en tant que maître de cérémonies pour la moisson du District. C'était l'arrière petit neveux du tout nouveau président Snow ! Il affichait un costume blanc comme les nuages et des cheveux de la même couleur, qui réfléchissaient la lumière du soleil. Le tout rendait aveugles et éblouissait la foule entière. Les rangs se remplissaient vite et vibraient d'excitation. J'applaudissais bruyamment après avoir vu les deux mentors et le maire apparaître. Fenrir Theathacier et Georgina Greazyer étaient les deux plus récents gagnants des Jeux. Arava Stillvictor mise à part...
-Bienvenu, bienvenu peuple du District un ! Est-ce que vous allez ? Bien sûr ...répondis Albin Snow à notre place. Dans quelques instants, nous saurons qui aura l'honneur et le privilège de marquer son nom au côté des plus courageux combattants du District le plus noble de tous Panem !
Nous applaudissions en cœur, ravis de ses paroles. Le District un, était l'un des rares Districts à présenter la moisson de cette manière : aussi gaiement. Même le quatre, prenait cela trop sérieusement... Mais souvent il fournissait d'excellents tributs !
-Avant cela, prenez votre mal en patience et visionnons ce merveilleux film sur le Capitole.
Chaque Moisson, je sentais l'émotion me monter aux yeux. Je pensais qu'à la moisson prochaine je serais assise à la place des deux mentors et que je verrais mon nom défiler parmi les vingt-quatre vainqueurs des jeux. Je trépignais d'impatience...
-Voilà. Maintenant chers habitants du District un, trêve de patience. Vous voilà récompensés ! Je vais de ce pas, désignée l'heureuse élue qui aura l'honneur de représenter le District un pour ces quarante-sixième Hunger Games.
Les bruits de ses talons hauts claquèrent sur le bois de l'estrade. Il plongea sa main dans la boule transparente et en sortit un papier. Je priais pour que cela soit mon nom, ou pour que cela ne soit pas celui d'une des volontaires. Chaque habitants éligibles passaient des examens qui déterminaient s'ils pouvaient avoir l'honneur de participer aux Jeux. N'importe qui ne pouvait pas nous représenter... C'était logique ! Ainsi, si le prénom pigé n'était pas celui d'une des personnes qui figurant sur la liste établie quelques semaines avant la moisson, les personnes qui étaient présentes sur celle-ci se portaient volontaires. Ensuite, les mentors, le maire, le directeur du centre et une famille puissante du District choisissaient parmi ceux-là.
-Dilana Quarelle !
C'était une fillette de treize ans qui s'approcha de l'estrade. Elle ne faisait pas partie de la liste : les plus jeunes avaient seize ans. De plus c'était la gamine de la famille la plus pauvre du coin...
-Je vais poser la question, mais s'il vous plaît, Mesdames soyez indulgentes pour mes tympans : Qui se porte volontaire ?
Je hurlais de toutes mes forces et me présentais ainsi que dix-huit autres filles. Mon cœur battait la chamade. J'avais envie de sauter et de leur dire que j'étais la seule capable de bien les représenter. Un débat s'entama, comme tous les ans. Je savais que j'avais tout de même peu de chance : le directeur devait être contre ma candidature et ma condition posait problème à ces incapables !
-Celle-là a une âme de tueuse ! On le voit... déclara Fenrir devant Gabardine Fedar.
-Désolée mon cher, mais c'est un vrai laideron ! Les habitants du Capitole ne poseront pas les yeux dessus ! Riposta Georgina en parlant de Mei.
Ils éliminèrent plusieurs filles. Je me cachais pour éviter de me faire trop remarquer et de passer tôt, pour évincer le plus de personnes possibles. Ainsi, quand mon cas fût arrivé, il ne restait que quatre filles sur les dix-huit : Acétate, Silk, Gabardine et Viky qui avaient toutes dix-huit ans. Quand le directeur me vit, je sentais le rouge me colorer mes joues.
-Celle-ci n'apporte que malheurs ! Elle est désobéissante, colérique et peste au possible ! Elle m'a provoqué ce matin même, après avoir avoué avec fierté avoir fracturé le bras d'une de ses camarades.
Ce discours, au lieu de me blâmer aux yeux des mentors, du maire et de la famille choisie, me rendit service.
-Justement. Cette petite a tout ce qu'il faut. Pour moi c'est évident. C'est elle ! Affirma le maire.
-Cela nous convient. Approuvent les deux mentors.
La famille choisie était celle d'Eucacia. Mais pourtant ils hochèrent la tête et donnèrent leur accord. Je pleurais de joie et les remerciais, sans m'en méfier. Ils avaient su faire la part des choses, et oublier cette petite histoire avec Eucacia.
-Allons, allons ! Intervient Albin Snow. Ne faites pas pleurer une si jolie fille ! Alors Dilana Quarelle acceptes-tu que cette volontaire prenne ta place ?
La petite hocha la tête et je lui collais un baiser sur la joue qu'elle s'empressa d'essuyer. Mais je m'en moquais éperdument. Je tremblais de joie, surtout quand je voyais les quatre autres filles rentrer dans leurs rangs en affichant des mines déconfites.
-Ton nom ?
-Ébène Allonzer. J'ai seize ans.
Je n'en dis pas plus. La cérémonie continua mais je ne m'en préoccupais plus. Je n'entendis même pas le nom de la tribu masculin. Au bout d'un instant, je me retrouvais à serrer sa main et réalisais qu'il ne s'agissait pas de Caleb. Il le remarqua et sourit. Les pacificateurs nous escortèrent dans l'hôtel de justice et les adieux commencèrent. Mes parents étaient les premiers me voir, me félicitent dans une pièce qui est aussi belle que luxueuse. Elle respirait la fraîcheur, des tableaux étaient accrochés aux murs et des lustres de cristal et de diamants pendaient autour d'un dôme feuillé d'or.
-Nous sommes si fiers de toi ! Tu es devenue ce que nous rêvions d'être à ton âge ! Fait honneur au District un, clama mon père.
Je serrais aussi ma mère dans mes bras que je voyais pleurer. Je ne savais pas s'il s'agissait de joie ou de peur. Elle avait toujours été plus réticente que mon père à mon envie de participer aux Jeux. Mais je la rassurais et elle retrouva vite le sourire.
-Dès tes deux ans, quand je t'ai vu franchir les portes du centre, j'ai su que tu serais la plus grande gagnante que le District aurait. Je t'aime tellement ma petite ébène.
Une fois ma famille partie, je réalisais l'ampleur de la chose. J'allais participer aux Hunger Games ! La famille de Caleb entra à son tour :
-Je suis content pour toi Ébène, me félicita-t-il.
-Je suis désolée pour toi Caleb.
Ce n'était pas vrai. J'étais bien trop joyeuse pour être désolée ! Je les embrassais. Je serais contre moi ma future filleule qui était ravie de me voir Tribut. La visite qui m'impressionna le plus fût celle d'Eucacia. Elle pénétra la petite salle, un sourire mauvais dévoilant ses dents blanches.
-J'espère que tu vas y laisser ta peau Ébène.
-Certainement pas Eucacia cela te ferait trop plaisir.
-Si tu savais…
Elle rit et affichais un sourire malsain. Son bras était dans une écharpe que je lui arrache. Elle hurla encore de douleur alors que les pacificateur accouraient déjà pour l'arracher de la pièce. Quelques minutes après, ils revenaient pour me conduire dans une sorte de voiture. Dedans, j'y retrouvais Albin Snow qui nous complimenta et qui nous asséna de règles de politesse que nous n'écoutions pas. Le tribut choisi me sourit malicieusement et se présenta :
-Ancelin Stillvictor. J'ai dix-huit ans.
Un Stillvictor... Ma victoire face à lui, ne serait qu'une raison de plus à ma motivation.
-Ébène Allonzer. Dix-sept ans. Et je crois que tu vas bientôt mourir Ancelin. Stillvictor ou pas.
Ébène Allonzer Tribut du District 1
Le sort sera-t-il en sa faveur ?
