Coucou chers lecteurs et lectrices ! Voici un nouveau chapitre qui aura été plus simple à écrire que je ne l'aurais cru, sachant que nous entrons de plein pied dans la mission ! Mon domaine à moi c'est le sentimental et l'émotionnel, je n'étais pas très confiante à l'idée d'entrer dans un territoire plus technique mais finalement ça allait grâce aux notes de ma bêta ! J'espère qu'il vous plaira !

Bonne lecture,

Desi

La fiancée du Kazekage

Chapitre 23 : Théories incertaines.

C'était avec un entrain non dissimulé qu'Hinata conduisait Gaara jusqu'à l'auberge où ils allaient retrouver Temari et Kankurô. Elle avait grand hâte de leur annoncer l'heureuse nouvelle et surtout de pouvoir observer la joie sur leurs visages.

_ Inutile de tirer sur ma main comme ça, nous avons tout le temps Hinata, lui rappela le jeune homme un brin amusé malgré tout par l'enthousiasme de la Hyûga.

Cette remarque ne la fit pas ralentir l'allure, elle effectua même une pression sur leurs mains liées.

_ Je sais, mais je veux que l'on puisse profiter de ce moment entre nous avant notre rendez-vous avec le contact du pays.

Elle voulait savourer cette joie d'être juste Hinata, une femme sur le point d'épouser l'homme dont elle était amoureuse, avec la famille qui l'avait accueilli à bras ouverts. Et pas Hinata Hyûga, kunoichi en mission avec une équipe de ninjas qualifiés et le Kazekage de Suna. Il ne leur restait pas beaucoup de temps avant que cette douce bulle éclate et qu'ils soient obligés de redevenir sérieux à nouveau. Heureusement, ils virent bientôt le sommet du toit de l'auberge se dessiner à l'horizon. Cela ne fit que pousser Hinata à accélérer ses pas sous le regard légèrement attendri de son compagnon. Ils ne firent pas d'arrêt dans leur chambre, et allèrent toquer directement à celle voisine. Ce fut Temari qui leur ouvrit la porte.

_ Hey ! Vous rentrez bien tard tous les deux ! Entrez, entrez ! Kankurô et moi on finissait justement de se préparer.

Hinata et Gaara entrèrent à l'intérieur et leurs mains liées n'échappèrent pas aux regards du frère et de la sœur.

_ Eh bien regardez-moi ça, lança jovialement Kankurô. De vrais tourtereaux !

Pour une fois, au lieu de s'offusquer, Hinata et Gaara échangèrent un regard complice. Elle attendit que Temari les rejoigne pour avoir toute leur attention, puis, une fois qu'ils furent tous dans la même pièce, elle reprit son apparence. Gaara en fit de même.

_ Vous ne croyez pas si bien dire, annonça-t-elle mystérieusement.

Et finalement, sous les regards intrigués de ses deux amis, Hinata leva simultanément sa main gauche et celle de l'auburn.

_ Nous sommes…

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que les acclamations fusèrent brusquement.

_ OH MON DIEU ! VOUS VOUS ÊTES FIANCES !

_ C'EST ARRIVE ! C'EST FINALEMENT ARRIVE !

Immédiatement, ils foncèrent sur l'heureux couple et les serrèrent fort dans leurs bras. Il y eut beaucoup de rires et beaucoup de joie, et Hinata en savoura chaque seconde. Jamais elle n'avait été aussi sûre de sa vie d'avoir pris la bonne décision. Ses fiançailles avec l'homme que Hiashi avait choisi n'étaient qu'en pourparlers, elle ne l'avait même pas encore rencontré. Même si sa fierté risquait d'en prendre un coup, lorsqu'il verrait qu'elle avait agi contre sa volonté dans son dos, Hinata savait que même le chef de son clan serait obligé de prendre en considération la demande du Kazekage en personne. Il leur suffirait de convaincre le conseil de Suna pour que leur décision ait davantage de poids. Mais elle savait que cette union aurait lieu. Pour la bonne et simple raison que son bonheur en dépendait et qu'elle n'envisageait plus son futur autrement. Mais pour l'heure, dans le temps présent, elle était déjà comblée par les félicitations et la joie partagée.

_ Quand je pense qu'hier matin encore, vous vous adressiez à peine la parole, fit remarquer Temari avec un sourire espiègle.

Hinata rougit furieusement à cette pique. Si elle avait su que les choses pouvaient aussi bien évoluer entre eux, elle aurait certainement suivi les directives de la blonde plus tôt…

_ Oui… Tout ça c'est…

_ C'est dans le passé, la coupa Gaara en posant une main sereine sur son épaule.

Elle lui sourit avec reconnaissance. Il la connaissait si bien à présent qu'il avait sans doute remarqué qu'elle était sur le point de s'auto-flageller. Elle se sentit emplie d'amour pour cet homme qui savait si bien la protéger, même contre ses propres pensées négatives.

_ On est vraiment heureux pour vous en tout cas, les félicita à nouveau Kankurô. Et on fêtera ça dignement au retour de cette mission !

_ Pff, toi tu cherches surtout une bonne occasion pour boire, avoue !

Le marionnettiste afficha une mine offensée face à la remarque cinglante de sa sœur.

_ Comment oses-tu ?

Pour toute réponse, elle s'esclaffa.

_ Non mais blague à part, c'est vrai que ça mérite d'être célébré une nouvelle pareille !

Bien qu'elle soit heureuse de les voir aussi enthousiastes, Hinata se sentit obligée de tempérer cet entrain.

_ Je serais ravie d'organiser ces réjouissances mais il y a quelques détails dont nous devons nous occuper au préalable.

Aussitôt, ils affichèrent des mines abattues. Gaara fut le seul à ne pas sembler affecté, mais une fois encore, il était connu pour son sérieux à tout épreuve. Et lui aussi devait être conscient qu'avant de penser à s'amuser, il fallait que la situation mérite intégralement d'être fêtée. Ils étaient enfin sur la même longueur d'onde, mais ce n'était pas le cas du monde extérieur à leur cercle.

_ Je suis d'accord. D'abord nous devons faire preuve de professionnalisme concernant la mission actuelle.

_ Ensuite il faudra parler aux membres du conseil en rentrant à Suna, poursuivit Hinata.

Un grognement sonore échappa de la gorge de Temari qui leva les yeux au ciel.

_ Urgh ces vieux abrutis… Depuis le début ils sont contre votre relation. Tout ça parce qu'ils veulent s'assurer le soutien financier des grandes familles du village.

_ Si c'est que ça, je peux en épouser une de ces grandes héritières moi, lança Kankurô avec une sorte de dédain amusé. Après tout je suis le grand frère du Kazekage, c'est pas mal comme position non ?

Un bref silence s'installa suite à cela, mais bien vite le rire cristallin de sa sœur lui coupa son effet.

_ Tu peux toujours essayer si tu veux, mais je suis pas sûre que tu y trouves ton compte.

_ Elles sont peut-être pas toutes aussi snob que Takako truc-là.

Hinata fut d'abord surprise d'entendre ce nom qu'elle avait oublié jusqu'ici, puis elle dissimula un faible rire en voyant que cette femme vis-à-vis de qui elle s'était sentie si inférieure, n'avait de toute évidence marquée aucun des frères Sabaku No.

_ Bref ! Je note qu'il nous faut gagner le soutien des vieux cons avant toute chose, quoi d'autre ?

Hinata et Gaara échangèrent un regard avant de répondre à la manieuse de vent. Le point suivant était pour le moins évident.

_ Ensuite il faudra retourner à Konoha pour informer mon père de la rupture de mes fiançailles.

Contrairement à l'ambiance joviale qui avait suivi la mention des membres du conseil, cette fois-ci les regards se firent plus sombres. Personne ici n'éprouvait ne serait-ce qu'une once de sympathie ou de respect pour le chef du clan Hyûga.

_ Est-ce que tu souhaites que je t'accompagne Hinata ?

La jeune femme observa le Kazekage avec étonnement. Ils n'avaient jamais réellement abordé ce sujet et elle était toujours partie du principe qu'elle rentrerait à Konoha sans escorte. Mais l'entendre proposer de venir avec elle, lui fit réaliser à quel point elle avait envie qu'il soit à ses côtés à cet instant. Pas pour la protéger de son père, mais au contraire pour qu'elle puisse lui montrer qu'elle était digne de l'estime qu'il avait pour elle. Que le moment venu, elle saurait se défendre et imposer sa décision.

_ Oui. J'aimerais que tu sois là, j'ai envie que tu sois témoin de la personne que je suis devenue grâce à toi, annonça-t-elle en lui prenant la main.

La détermination brûlait dans ses prunelles de nacre. Elle n'était plus la petite fille impressionnable, convaincue d'être une ratée et un poids mort pour les siens. Dans ce désert aride elle avait évolué, elle était devenue plus forte et la meilleure façon de le prouver était de tenir tête à l'homme qui lui avait toujours donné la sensation d'être une moins que rien.

Gaara serra sa main en retour et hocha de la tête.

_ Je suis persuadé que tu sauras parfaitement t'en sortir.

Si elle avait su lui tenir tête à lui, considérant la façon dont il s'était montré glacial au début de son arrivée à Suna, il n'y avait aucune raison qu'elle ne puisse en faire de même avec Hiashi. Certes, il restait son père, et la plus grande figure d'autorité qu'elle ait connu, mais aujourd'hui Hinata avait quelque chose de plus. Il fixa leurs mains entrelacées. Aujourd'hui elle avait choisi son destin d'elle-même et ça c'était quelque chose contre lequel cet homme ne pouvait pas lutter. Elle l'avait choisi lui, Sabaku No Gaara. Pas parce qu'il était le Kazekage et l'homme le plus puissant de son village, mais parce qu'elle avait trouvé le réconfort et la sécurité dans ses bras. Parce qu'elle avait trouvé un endroit où elle était entièrement acceptée et choyée. Elle avait trouvé une véritable famille.

_ Mais comme je souhaite faire les choses dans les règles, j'écrirais une demande officielle stipulant que je souhaiterais unir nos familles.

_ Oui bien sûr, cela va de soi, acquiesça-t-elle avec un sourire rieur.

Face à eux, Temari affichait une mine soucieuse.

_ Hinata… Tu es sûre que ça va aller ? Ce n'est pas que je ne t'estime pas à la hauteur de la tâche mais… Ton père a laissé une sacrée cicatrice dans ton estime de toi et là tu t'apprêtes à lui faire un putain d'affront en te rebellant comme ça. Il ne va sûrement pas se laisser faire.

La kunoichi de Konoha se crispa immédiatement face à ces paroles.

_ J'en suis consciente. Je sais que je risque de flancher à un moment ou à un autre. Il ne va pas me traiter avec délicatesse, il ne l'a jamais fait du reste. Mais si je veux revenir à Suna la tête haute, je ne dois pas attendre que quelqu'un d'autre prenne ma défense. Il faut que je l'affronte si je veux commencer un nouveau chapitre de ma vie sur de bonnes bases.

L'air maussade qu'elle avait eu au début de sa tirade s'atténua pour faire place à un sourire timide.

_ Et puis je sais que vous serez en train de m'attendre là-bas au palais. Et Gaara sera là pour me soutenir moralement, même s'il ne dira rien.

Elle se tourna alors vers le Kazekage avec une expression sérieuse.

_ J'insiste Gaara, peu importe ce que dira mon père, je t'interdis d'intervenir.

_ Je te promets que je te laisserai diriger cette conversation, acquiesça-t-il. Mais je ne peux pas garantir que je ne lui lancerai pas des regards assassins si jamais il s'en prend à toi.

Cette réponse eut le mérite de détendre l'atmosphère. Néanmoins, il restait un aspect de ces fiançailles qui n'avait pas encore été exploré.

_ Au fait, et concernant ton sceau de pureté Hinata, rappela subitement Kankurô.

Les regards se tournèrent alors vers lui. Gaara pour sa part tombait des nues. Un sceau de pureté ? Qu'est-ce que c'était que cette histoire ? Hinata n'en avait jamais fait mention. Alors comment diable son propre frère pouvait-il être au courant d'une chose pareille ? Temari hocha alors lentement de la tête, puis se tourna à nouveau vers la détentrice du byakugan.

_ C'est vrai ça, la dernière fois que nous sommes allés à Konoha, nous avons pu discuter avec Neji. C'est lui qui nous a dit pour ton sceau et surtout comment le briser.

La stupeur se lut sans peine sur le visage de sa cousine.

_ Ne… Neji-nii-san a fait ça ?

_ Une petite minute, intervint Gaara, qu'est-ce que c'est que ce sceau de pureté au juste ?

Cette question fit hausser un sourcil à sa sœur qui se rappela seulement à cet instant, qu'ils n'avaient jamais mis Gaara dans la confidence.

_ Eh bien…

_ Laisse Temari, la coupa Hinata doucement, c'est à moi de lui expliquer.

_ Si tu veux.

Elle se tourna pour s'asseoir face au ninja du sable et lui prit prudemment les mains.

_ Voilà Gaara, il faut que tu saches qu'en temps qu'héritière directe du clan, mon père m'a apposé un sceau dès ma naissance qui garantirait ma…

Elle fit une grimace puis poursuivit.

_ Qui garantirait ma pureté à mon futur époux. Une sorte de moyen de contraception visant à m'empêcher d'avoir des rapports intimes avec qui que ce soit avant le mariage. Pour que je reste… pure pour ma véritable union. Celle qui aiderait le clan à prospérer.

Pendant un long moment, Gaara resta sans voix. La frénésie de contrôle de Hiashi allait donc jusque-là ? Elle n'avait même pas la possibilité de fréquenter qui que ce soit ou d'être simplement libre de jouir de son propre corps comme elle l'entendait sans que son clan y trouve à redire ? Il repensa à la façon dont on avait scellé un démon en lui, sans lui laisser le moindre choix. Pourquoi les hauts dirigeants prenaient toujours ce genre de décisions radicales et vicieuses concernant de pauvres nourrissons sans défense ? Cela lui donnait la nausée.

_ Une fois pendant une mission dans une contrée lointaine, j'ai voulu tenter ma chance et le briser moi-même… J'ai ressenti une douleur insoutenable me lacérer le bas-ventre, j'ai bien failli m'entêter mais Kurenai-sensei était là et elle m'en a empêché. C'est un peu plus tard que j'ai découvert que si j'avais été jusqu'au bout, j'aurais sûrement pu briser ce sceau mais j'y aurais perdu ma capacité d'enfanter, expliqua-t-elle sombrement.

Un poids tomba sur l'estomac de Gaara en entendant cela. Ils étaient donc prêts à aller jusqu'à de telles extrémités pour la contraindre à rester leur parfaite petite poupée immaculée ?

_ Je suis désolé Hinata, j'ignorais que tu avais dû endurer tout cela.

Elle sourit douloureusement en réponse.

_ Tu n'as pas à t'excuser Gaara, aujourd'hui c'est grâce à toi que je trouve le courage de me battre contre ces règles absurdes.

_ Que faut-il faire alors ? Comment briser ce sceau sans te mettre en danger ?

Cela sembla être le signal pour Temari qui se leva et alla farfouiller dans son sac de voyage. Elle revint avec un parchemin scellé par le sceau des Hyûga.

_ Neji m'a donné ceci. Il m'a dit que si Hinata trouvait une personne de confiance avec qui l'ouvrir, je devrais le lui remettre. Alors tenez.

Elle le leur tendit et Hinata l'attrapa avec une main fébrile.

_ Neji-nii-san, murmura-t-elle avec émotion. Lui et mon père sont les seuls à pouvoir approcher ce rouleau. Si jamais nous venions à l'utiliser…

_ Tout le monde saurait que c'est Neji qui nous est venu en aide, compléta Gaara.

Il y eut une sorte de silence résigné. Puis lentement, le ninja du sable se tourna vers sa promise.

_ Hinata, je ne prétends pas connaître Neji aussi bien que toi. Mais je ne pense pas qu'il soit le genre de personne à agir sans considérer les risques et implications de ses actions. S'il a été chercher ce rouleau et qu'il l'a ensuite remis à Temari de sa propre volonté, c'est qu'il était prêt à assumer la réaction de ton père.

Malgré son expression affectée, la jeune femme acquiesça.

_ Tu as raison. Neji n'est pas du genre à agir sans être certain de ses décisions. Mais de vous donner ce rouleau comme ça, alors qu'à ce moment-là Gaara et moi n'étions pas encore en couple…

Elle fixa Temari et Kankurô toujours aussi stupéfaite.

_ J'ai laissé entendre que vous vous étiez rapprochés, expliqua la blonde, j'imagine qu'au fond de lui, il avait également envie de croire que tu avais la possibilité d'échapper à ta vie.

Les perles de nacre s'emplirent de larmes d'émotion et surtout de reconnaissance envers son cousin. Hinata serra le rouleau contre elle, et chacun comprenait à quel point ce simple objet revêtait désormais une signification particulière pour elle. Après avoir essuyé ses larmes, elle retrouva son sourire.

_ Bien, je pense que ce n'est plus le moment de se préoccuper du sceau de pureté. Nous devons nous concentrer sur l'entrevue qui nous attend. Nous aurons amplement le temps de nous pencher sur ce parchemin durant notre trajet du retour.

Gaara se contenta de hocher de la tête. L'heure approchait. Le mieux serait de ranger leurs affaires, rendre les clefs des chambres et aller se poster devant l'auberge pour attendre l'émissaire du pays de Ki. Le seigneur leur avait fourni son signalement, il ne serait donc pas difficile à reconnaitre. A cette saison l'auberge n'était de toute façon pas très fréquentée.

_ Très bien, que tout le monde se prépare. Rendez-vous devant l'auberge dans un quart d'heure, décréta le Kazekage.

Ils se séparèrent et reprenant leurs apparences d'emprunt, ils se hâtèrent de récupérer leurs affaires pour se retrouver au point de rendez-vous. Pour la première fois depuis bien longtemps, Gaara ressentit une très faible montée d'adrénaline à l'idée de rencontrer leur contact. Il avait pris l'habitude de n'être guère plus qu'un gratte-papier ces dernières années. Alors être de nouveau en mission, et qui plus est sous couverture, cela lui rappelait de vieilles sensations oubliées. Son rôle de Kazekage lui convenait, mais il n'était pas mécontent de se retrouver à nouveau au cœur de l'action. Action diplomatique, mais action quand même.

Un bruissement derrière lui annonça l'arrivée de Temari et Kankurô.

_ Rien à l'horizon ?

Leur jeune frère secoua la tête.

_ Pas pour le moment.

Il consulta sa montre, normalement le rendez-vous devait avoir lieu d'ici une demi-heure.

_ Ce n'est pas une mauvaise chose cela dit, nous étions tellement préoccupés par les fiançailles que nous avons oubliés de mentionner les informations que certains villageois nous ont communiqués tout à l'heure.

Ils se rapprochèrent pour pouvoir parler à voix plus basse et s'assurèrent que personne ne pouvait les entendre aux alentours.

_ Il semblerait que des convois aient été attaqué dans les environs de la capitale.

Un bref silence fit suite à cette révélation, le temps que leurs coéquipiers l'intègrent à qu'ils savaient déjà.

_ Est-ce qu'on sait ce qu'ils transportaient ?

_ De toute évidence des parchemins de mauvaise qualité.

Aussitôt la stupeur apparue sur leurs visages.

_ De mauvaise qualité ? Pour le premier pays exportateur, vraiment ?

Gaara acquiesça l'air grave.

_ Ce ne sont que des ouï-dire pour l'instant, il faudra voir si notre informateur officiel peut le confirmer mais ça me semble effectivement être une bonne raison pour craindre un conflit d'envergure international.

_ Le seigneur ne peut pas être au courant, argua Kankurô, il ne ferait pas venir le Kazekage en personne s'il était responsable d'une telle fraude.

_ Je doute effectivement qu'il nous a fait mander pour admettre une faute et être jugé, approuva Temari. D'autant plus que nous n'avons jamais eu le moindre problème avec la qualité des parchemins d'aussi loin que je me souvienne.

Un silence de réflexion tomba sur le groupe. Puis au bout de quelques secondes, le visage d'Hinata s'éclaira.

_ Attendez, un détail me revient concernant l'origine de ces parchemins de mauvaise qualité. Le marchand nous a dit que le seigneur avait fait un partenariat avec une « grosse usine à quelques kilomètres de la capitale », serait-il possible que l'usine ait caché la vérité sur ses conditions de fabrication ou bien sur les matériaux utilisés ?

Aussitôt Gaara prit son menton dans sa main pour réfléchir à sa suggestion.

_ C'est fort possible, peut-être qu'il requiert notre aide pour mener l'enquête sur cet endroit et ses dirigeants ?

_ Je doute que ce soit uniquement pour ça, n'oublions pas que quelqu'un a ciblé les convois qui transportaient les parchemins. Et d'ailleurs, comment les attaquants ont-ils su qu'il s'agissait de parchemins, se demanda Kankurô. Sait-on seulement s'ils ont attaqué en connaissance de cause ou s'ils souhaitaient juste créer la panique ?

_ Je crains que pour avoir la réponse à ces questions, il ne nous faille attendre de rencontrer ce fameux contact.

Tous se turent après la remarque de Temari. Cette affaire sortait de l'ordinaire. Mais ils devaient faire la lumière sur tout cela au plus vite, car les parchemins étaient l'affaire de tous les villages cachés. Sans eux, tous les ninjas et toutes les kunoichis en service courraient un danger. Heureusement, ils virent se profiler au loin une silhouette encapuchonnée qui semblait avancer dans leur direction. A mesure qu'elle approchait, ils purent commencer à discerner des éléments sur sa tenue qui leur permettaient de confirmer son identité. En outre, le blason du pays de Ki ornant sa ceinture ventrale.

_ Bien le bonjour étrangers, seriez-vous à la recherche d'une guide ?

Otant sa capuche, elle révéla un visage quelconque agrémenté d'une coupe de cheveux tout aussi passe-partout. L'idéal en somme pour quiconque veut se fondre dans la masse sans se faire repérer. Gaara s'approcha.

_ Je me prénomme Hiroki, mes compagnons et moi-même sommes effectivement en quête d'une personne pouvant nous mener jusqu'à la capitale.

Un sourire affable étira alors la bouche de la jeune femme qui s'inclina.

_ Considérez que vous l'avez trouvé. Avez-vous d'autres bagages à récupérer avant que nous ne prenions la route ?

_ Nous avons tout ce qu'il nous faut je vous remercie.

_ Bien dans ce cas suivez-moi.

Ils entamèrent leur marche en silence et ce ne fut que lorsqu'ils furent bien enfoncés dans la forêt et qu'ils s'assurèrent que personne ne les suivait, qu'ils purent enfin parler librement. Ils observèrent quelques instants de pause, le temps de refaire correctement les présentations.

_ Je vous remercie de vous être déplacé aussi rapidement Kazekage-dono. Je m'appelle Ayumi Ishibashi, c'est moi qui ai été chargé de vous escorter jusqu'au seigneur Masanori.

Elle s'inclina respectueusement face au plus haut gradé.

_ Enchanté Ishibashi-san, lui répondit-il. Je suis Gaara, voici ma sœur Temari, mon frère Kankurô et Hinata Hyûga envoyée de Konoha.

D'un geste circulaire, il désigna l'ensemble de son équipe qui s'inclina au fur et à mesure.

_ Devrions-nous conserver nos apparences d'emprunt jusqu'au palais ?

_ Ce serait préférable en effet. Le mot d'ordre pour cette mission est la discrétion, personne ne doit savoir que vous êtes ici. Aucun d'entre vous.

Ils échangèrent un regard et acquiescèrent.

_ Bien, si vous le voulez bien, afin d'optimiser notre temps de trajet je peux vous livrer les informations en marchant.

N'y voyant pas d'objection, Gaara hocha de la tête lui permettant de reprendre la parole. Après une dernière vérification de la part d'Hinata, qui s'assura que personne ne pourrait venir les déranger, ils reprirent la route.

_ Le seigneur Masanori est très inquiet, pour la première fois dans l'Histoire de la production de parchemins, nous frôlons la pénurie.

_ Une pénurie vous dites ? Demanda Temari avec stupeur.

Ce n'était pas à cela qu'ils s'attendaient vu les dires des villageois. Ayumi hocha de la tête d'un air grave.

_ Oui, l'usine avec laquelle nous travaillions a été attaqué et ses installations ont été sévèrement endommagées.

_ Quand cela a-t-il eu lieu ? L'interrogea Kankurô.

_ Il y a quelques mois. La production avançait toujours à un très bon rythme, mais soudainement les attaques ont commencé. Nous avons cru à un événement isolé, nous avons donc fourni des moyens aux dirigeants de l'usine pour leur permettre de la reconstruire, mais à chaque fois nous sommes victimes de sabotage.

_ Et… vous n'avez pas la moindre idée qui pourrait justifier de telles attaques ? S'enquit Hinata.

Tournant la tête vers la kunoichi, la jeune guide afficha un air affecté.

_ Nous soupçonnons un groupe de terroristes souhaitant créer une brèche dans le système du monde ninja.

A chacune de ses paroles, Gaara observait avec attention le langage corporel de leur accompagnatrice et ce qui lui paraissait évident, est qu'elle ne mentait pas. Il ne lui semblait pas non plus qu'elle fasse de la dissimulation d'informations. Peut-être ignorait-elle réellement la nature défectueuse des parchemins produits par cette usine. Ou alors peut-être que les racontars des villageois n'étaient rien d'autre que ça : des racontars. Pourtant cela venait apporter une raison à la destruction de cette usine. C'était compliqué, d'un côté la version d'Ishibashi-san tendait vers le complot contre les villages cachés, et celle des marchands montrait au contraire que ces attaquants étaient de leur côté.

_ Ishibashi-san, concernant cette usine, avez-vous toujours utilisé ses services ?

Surprise, l'interpellée haussa les sourcils.

_ Eh bien puisque vous le demandez, non, en vérité cela fait moins d'un an que notre pays se fournit chez eux.

_ Savez-vous qui votre seigneur employait avant cela ?

Cette fois-ci, elle fronça les sourcils avec une expression perplexe.

_ Seriez-vous en train d'insinuer que tout ceci serait en vérité une simple histoire de rivalité entre fabricants ?

Il n'y avait aucune animosité dans sa voix, plutôt de la confusion.

_ Je n'insinue rien du tout, je cherche simplement à avoir le plus d'informations possibles afin de voir la situation dans son ensemble, rétorqua Gaara.

_ Eh bien, si mes souvenirs sont exacts, reprit la jeune guide. Il me semble que nous avions l'habitude d'employer des producteurs locaux. Mais je doute qu'ils aient une puissance de feu suffisante pour s'en prendre à une usine d'une si grande envergure.

_ Des producteurs locaux ? Cela semble une bonne idée pour faire marcher l'économie interne du pays, pourquoi avoir arrêté ? Demanda Kankurô, intrigué.

_ Je l'ignore, il est vrai que nous n'avions jamais eu le moindre problème avec ce système du peu que je sais.

Voilà qui avait le mérite d'être intriguant. Gaara avait très envie d'en apprendre davantage sur ces anciens producteurs. Mais il lui paraissait évident que leur guide n'était pas qualifiée pour le renseigner sur le sujet. Le seigneur semblait avoir une version bien précise en tête et c'était la seule qu'elle était en mesure de leur expliquer.

_ Très bien. Y a-t-il autre chose ? Un détail dont nous devrions être au courant ?

_ Notre seigneur pense qu'il s'agit d'un pays voisin qui chercherait à déstabiliser notre économie en nous privant de notre source principale de revenus.

Le petit groupe échangea un regard avant de tourner à nouveau leur attention vers la guide.

_ Cela pourrait être une hypothèse en effet, conclut Temari.

_ Vous ne semblez pas convaincue, remarqua Ayumi.

_ Disons que tant que nous n'aurons pas mené une enquête plus approfondie, nous ne pouvons nous contenter d'une seule version des faits, expliqua la manieuse de vent.

Cela parut juste à son interlocutrice qui acquiesça.

_ Sommes-nous bientôt arrivées à votre capitale ? S'enquit Kankurô.

_ Nous en avons encore pour deux bonnes heures de marche.

_ Dans ce cas, pourriez-vous employer ce laps de temps à nous parler de votre pays ? Lui demanda poliment Gaara. Même des détails insignifiants peuvent nous être utiles. Plus nous en saurons sur l'endroit où enquêter, plus il nous sera facile de vous aider.

Ravie de sa suggestion, la jeune femme passa le reste du trajet à leur parler de la topographie, des habitants, elle mentionna avec admiration le travail dont avait fait preuve le régent quand le seigneur était tombé malade quelques mois auparavant.

_ Le seigneur Masanori est tombé malade ? Serait-ce à ce moment-là que les attaques ont commencé ? L'interrogea le Kazekage. Qui que soit vos assaillants, cela semblait un moment parfait pour s'en prendre à vous.

La guide secoua pourtant la tête.

_ Oh non vous n'y êtes pas, c'est arrivé il y a moins d'un an, les attaques sont bien plus récentes.

Un détail dans sa phrase fit écho avec quelque chose qu'elle avait dit plus tôt. Heureusement pour lui, Gaara avait toujours été peu expressif. Ainsi, quand il se rappela qu'elle avait mentionné le partenariat avec l'usine dans les mêmes termes, un voile de suspicion recouvra ses yeux. Ce n'était peut-être qu'une coïncidence. Peut-être qu'il cherchait des conjonctures là où il n'y en avait pas. Mais ça pouvait aussi être une piste.

_ Je vois, moi-même cela m'en coûte de devoir déléguer les affaires de mon village à mes subordonnés. Je suis soulagé de savoir que votre seigneur a une personne de confiance pour l'épauler.

_ Notre régent est une personne admirable ! C'est lui qui a suggéré le premier d'apporter notre aide à la reconstruction de l'usine !

_ Vraiment ? Quelle aurait été l'autre option ?

_ Eh bien, se fournir ailleurs en attendant que l'assurance évalue les dégâts et puisse jouer son rôle.

Voyant l'adoration dans ses yeux lorsqu'elle parlait de cet homme, Gaara décida de ne pas pousser davantage son interrogatoire. Néanmoins l'empressement du régent à vouloir outrepasser l'assurance pour être certain de s'allier à nouveau à l'usine, plutôt que de trouver une solution de repli qui ne nécessiterait pas une interruption dans la production de parchemins… C'était étrange. Plus qu'étrange, c'était même peu avisé. Pour un régent s'occupant d'un territoire dont la survie dépendait du commerce de parchemin, pousser le seigneur à privilégier un contrat avec une entreprise en difficulté de la sorte… C'était soit une grande preuve d'altruisme, soit…

A nouveau, les paroles du commerçant lui revinrent à l'esprit. Si cette usine produisait vraiment des parchemins de qualité douteuse, et que le régent était au courant, il ne ferait pas tout ce qui était en son pouvoir pour la maintenir à flot. Sauf si… Sauf si c'était un traitre, ou bien un opportuniste avec un intérêt financier.

Mais là encore, ce n'étaient que des théories basées sur des paroles dont il n'avait pas encore pu s'assurer de la véracité. Gaara décida que la première chose à faire, était de contrôler la qualité des parchemins. Si cette usine mettait en danger l'ensemble du monde ninja, il était de son devoir en tant que Kazekage de s'assurer qu'elle ne soit pas remise en fonction. Du moins, pas tant que ses produits n'étaient certifiés conformes. En revanche, s'il s'agissait effectivement de produits utilisables, et que le but visé était bien la pénurie, il ferait en sorte d'apporter l'aide nécessaire pour que l'exportation de parchemins puissent se poursuivre sans encombre. Et la première chose à faire selon lui, était de prendre contact avec les producteurs locaux.

Plus il y réfléchissait, moins il comprenait pourquoi délaisser des contrats qui semblaient apporter un équilibre au pays. Le système des parchemins existait depuis le début de la création du monde ninja, et rien ne l'avait jamais menacé jusque-là. Mais une fois encore, Gaara n'avait pas la certitude que la décision venait du régent. Le seigneur avait pu rencontrer les dirigeants de l'usine avant ou après sa maladie. Mais pourquoi donc délaisser les producteurs au profit d'une seule entreprise ? Cela restait un mystère.

Heureusement pour le cerveau fumant du ninja du sable, les remparts de la capitale étaient enfin en vue. Bientôt, il aurait l'occasion de s'entretenir avec le seigneur afin de découvrir la vérité derrière toute cette affaire.

A suivre, dans le prochain chapitre :

« Quel dommage, dans d'autres circonstances, Gaara aurait adoré y emmener Hinata. Il lui semblait qu'un rendez-vous éducatif serait quelque chose qui pourrait lui plaire. »