Bonjour à toustes !

Vous avez été nombreuxes à me laisser une review sur le dernier chapitre et j'ai été enchantée de lire tous vos mots, petits et grands. Merci ! Continuez à me laisser vos impressions, c'est un vrai bonheur !

Vous attendiez le retour à la Réserve ? Hé bien le voici !
Un peu d'action pour ce chapitre et tous les personnages sont là !

Bonne lecture !


Chapitre 35 — Le feu des dragons

Samedi 6 février 2021

— Si tout le monde est prêt, on va commencer, annonce Neville d'une voix forte.

L'assemblée composée des professeur·es, de l'infirmière, des concierges et veilleureuses de nuit, de la bibliothécaire et du garde-chasse se tait petit à petit. C'est un mauvais moment à passer, mais les réunions de fin de période sont inévitables et nécessaires au bon fonctionnement de l'école. Certain·es d'entre elleux assisteront aussi au conseil d'administration prévu dans l'après-midi.

— On va démarrer par un tour de table pour parler des élèves en difficulté et voir comment ils ont évolué depuis la dernière période.

Il en découle alors une heure de discussion à propos de la dizaine d'étudiant·es qui éprouvent des difficultés scolaires ou personnelles. Il y a toujours des jeunes qui ont du mal à suivre ou qui n'arrivent pas à sociabiliser. Il y a aussi les cas plus complexes, comme le harcèlement, peu présent, mais existant tout de même. Neville et Gemma gardent tout particulièrement un œil sur ces choses-là et poursuivent les efforts de l'ancienne direction. Neville avait d'ailleurs donné une grosse impulsion pour cela quand il avait été nommé directeur adjoint en deux mille quatorze.

Amélia Shelby rappelle aussi l'importance de décider de cours de prévention et d'éducation sexuelle pour les élèves. À sa demande et après validation du conseil d'administration de décembre, elle a pu profiter de quelques jours de formation dans un organisme moldu sur ce sujet et souhaite mettre en place un programme au plus tard en septembre. Neville approuve l'idée et la majorité des professeur·es est d'accord, même si leur aval n'est pas utile pour décider de ces choses-là. Pour une bonne ambiance d'équipe, Neville et Gemma veulent impliquer au maximum tout le personnel de Poudlard.

— J'aimerais aussi faire un point sur le nouveau fonctionnement des astreintes des directeurs de maisons. Vous le testez depuis cinq mois et nous sommes à mi-chemin de l'année scolaire. Qu'en pensez-vous ?

— C'est bien mieux qu'avant, commence Tomas, et la charge de travail est à peu près équivalente de mon côté. Et j'ai pu profiter beaucoup plus de mes soirées et de mes week-ends les autres semaines.

— C'est la première année que je suis directeur donc je ne peux pas comparer, mais pour l'instant on va dire que ça va, enchaîne Robert.

— Pareil que Tomas, pas plus de boulot pour moi et je suis surtout moins fatigué, confirme Harry.

Neville regarde ses directeurs de maisons un à un. Il attend la dernière réponse, mais le directeur de Serpentard semble absorbé dans les notes prises sur ses parchemins.

— Drago ?

— Ah oui, pardon Neville. C'est un système qui fonctionne beaucoup mieux, je ne comprends pas pourquoi on n'a jamais pensé à ce système de sonnerie auparavant ! Il faut croire qu'on aimait être corvéable à merci dans cette école… Je n'ai qu'un seul bémol à apporter, mais c'est d'ordre privé, donc on en parlera une autre fois.

Des toussotements s'élèvent autour de la table et Drago devine que plusieurs de ses collègues auraient des choses à dire si on leur en laissait l'occasion. Même si ce n'est pas officiel, iels savent toustes que Drago vit la majorité du temps dans la Tour Gryffondor maintenant et qu'il ne se déplace dans les sous-sols que pour ses astreintes. Et cela dérange les quelques homophobes de l'équipe enseignante et encadrante de Poudlard. Il refuse de leur laisser le plaisir de se sentir gêné et ne baisse pas le regard, même si c'est un effort incommensurable. Il a fait du chemin depuis la fois où ils ont annoncé leur relation et il est fier de lui. Il sent la main de Harry effleurer brièvement sa cuisse, cachée par la table, avant de se retirer et il est heureux d'avoir son soutien.

— Je vous remercie, reprend Neville. D'après les Préfets et les Préfètes, la sonnette fonctionne bien et ils sont tous assez contents de ça. Aucun d'eux n'a trouvé problématique de devoir s'adresser à un directeur d'une autre maison, donc c'est parfait. Je pense que nous poursuivrons sur cette méthode pour les années à venir, mais nous ferons un dernier point en fin d'année tout de même.

Il met le parchemin concernant les astreintes sous la pile de papier après avoir griffonné quelques mots dessus puis relit le prochain point de sa liste. Il soupire en silence, ça risque d'être difficile.

— Maintenant, il nous faut voter de nouveau quant à un aménagement suggéré l'été dernier par Edward. Nous n'étions pas encore au complet lors du premier vote et j'aimerais avoir votre avis afin d'aborder le sujet au conseil d'administration prévu cette après-midi.

Il boit un peu d'eau et s'éclaircit la gorge. Il voit Edward se trémousser sur son siège, impatient·e à l'idée que sa proposition soit de nouveau étudiée.

— Il s'agit de laisser les élèves changer de dortoir en fonction de leur sexe… non, de leur genre, commence-t-il en jetant un coup d'œil à Edward qui valide son choix de vocabulaire d'un léger signe de tête. Cela serait aussi possible pour ceux et celles qui préfèrent changer pour des raisons de confort personnel, sans avoir besoin de se justifier aucunement sur une éventuelle transidentité ou une non-binarité. Sachant que les nouvelles toilettes non genrées n'ont rencontré aucun souci, je pense que c'est encourageant pour aller plus loin.

Il relève la tête et déglutit, le silence plane dans la pièce et même les petits grattements habituels des plumes sur les parchemins ont cessé. Il avait anticipé que cela jetterait un froid parmi l'assistance et se doute que la majorité n'a rien compris de ce qu'il a dit. Lui-même a dû passer un certain nombre d'heures pour se renseigner sur ces sujets de genre et d'identité dont il n'avait même pas conscience. Il faudra qu'il pense à fournir des ressources à ses collègues pour les aider à comprendre.

— J'ai noté ici vos votes de la réunion de mi-août, mais vous avez le droit de changer d'avis si vous le souhaitez. Levez la main si vous êtes pour, s'il vous plaît.

Les mains se lèvent presque à l'identique de la fois précédente : la sienne, ainsi que Tomas, Harry, Drago, Edward, Gemma. Celle de Padma Patil, qui a rejoint l'équipe en tant que professeure de Sortilèges, s'y ajoute. Amélia Shelby, l'infirmière, semble avoir changé d'avis et sa main reste baissée. Neville grimace, cela donne un score nul et il y a autant de pour que de contre. Amélia commence à parler et lui fait relever les yeux du parchemin sur lequel il note les résultats.

— Neville, j'aimerais apporter une précision à mon vote. Je suis d'accord pour le changement des dortoirs si et seulement si nous avons un programme de prévention et d'éducation sexuelle avant la fin de l'année scolaire. Nous pourrons ainsi mieux préparer les élèves pour la rentrée de septembre et les nouveaux dortoirs.

— Je te remercie, Amélia, je le note. Nous allons tout faire pour, la santé de nos étudiants est en jeu. Je considère donc que la proposition est validée à la majorité, tout juste, et je vais en parler lors du conseil d'administration. Nous verrons ce qui se décidera à ce moment-là, mais rien n'est encore certain.

Edward a le sourire, ael espère que cela marchera. Et si ce n'est pas pour la prochaine rentrée, ael remettra le point à l'ordre du jour autant de fois que nécessaire jusqu'à ce que Neville fasse céder le conseil d'administration. Iels en ont parlé en privé, Neville se doute que ça ne pourra pas être installé d'ici septembre, les parents d'élèves seront trop effrayé·es, mais plus le sujet sera discuté et plus la proposition deviendra normale et acceptable à leurs yeux. Il faut être patient·e lorsque l'on veut que les gens évoluent.

— Nous en avons terminé pour les points que je voulais aborder. Avez-vous des remarques ou des demandes ?

— Est-ce qu'on peut refaire un match de Quidditch comme l'année dernière ? lance Harry sans même attendre qu'on lui laisse la parole.

— Si vous voulez, sourit Neville, mais vous gérez l'organisation et les problèmes qui peuvent en découler, je ne veux pas entendre parler.

— Je t'aiderai, Harry, intervient Gemma, j'ai bien l'intention qu'on prenne notre revanche cette année !

Harry la remercie d'un signe de tête et Neville signale la fin de la réunion. Personne ne s'attarde, la majorité d'entre elleux est maintenant en vacances pour une semaine. Drago, Harry, Robert, Gemma, Tomas et Neville restent pour le déjeuner et l'après-midi qui sera consacrée au conseil d'administration.

Robert Hilliard regrette d'avoir accepté le poste de directeur de Serdaigle et même son travail de professeur d'Histoire de la Magie commence à lui peser. Il n'a pas la moindre envie de continuer à fréquenter d'aussi près autant de personnes ayant des idées néfastes pour l'avenir de l'école et des sorcier·es de façon générale. Il est épouvanté des propositions de cet espèce d'hurluberlu aux cheveux bleus qu'est Edward Lupin et du soutien qu'il semble avoir parmi leurs collègues.

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Drago et Harry arrivent chez ce dernier en fin d'après-midi, éreintés par une journée de réunions. D'autant plus que le conseil d'administration s'est mal terminé, la proposition portée par Neville et soutenue par Harry, Drago, Tomas et Gemma n'a pas fait l'unanimité. Bien au contraire, les parents d'élèves se sont insurgé·es et la représentante du Ministère a failli s'étouffer d'indignation. Robert s'est fait un malin plaisir à se dresser contre la modification des dortoirs, s'élevant en garant de la morale et Harry n'a pas cessé de le fusiller des yeux, espérant le faire taire. Mais sans aucun résultat.

De la même façon qu'aux vacances d'automne, les enfants ont été amenés par Ron et Hermione qui les ont laissés sous la surveillance de James. Surveillance parfaitement inutile puisqu'il s'est enfermé dans sa chambre et qu'Albus et Scorpius se sont mis devant la télévision.

Le dîner se transforme en soirée pizzas et film moldu, et même James reste avec eux cette fois. Au moment d'aller se coucher, les adultes retiennent leurs enfants quelques minutes pour parler des vacances.

— On voudrait vous dire ce qu'on a prévu, surtout pour toi, James. Si tu ne veux pas nous accompagner, j'accepte de te laisser seul à la maison à condition que tu me promettes de ne pas trahir ma confiance.

— OK…

Harry fait signe à Drago de continuer. Ce dernier regarde les trois adolescents affalés sur le canapé et prend un ton détaché pour parler.

— Nous partons cinq jours à la Réserve.

— La Réserve ? Genre en Roumanie ? Chez Charlie ? s'étonne Albus.

— Tout à fait, confirme Harry en se forçant à ne pas rire devant l'air ébahi des trois garçons.

— Waouh ! Mais c'est mortel ! Je veux venir, Papa ! Impossible que je rate un truc pareil ! s'exclame James en se levant.

— Je croyais que tu trouvais chiant de rester avec nous ? le taquine Harry.

— Ouais, d'habitude, mais pas là. Là c'est cool, hein Albus ? C'est trop cool, on va voir des dragons !

Albus arbore un immense sourire tandis qu'il tape dans la main de son frère et Scorpius semble avoir été stupéfixé.

— Je n'arrive pas à le croire… murmure ce dernier.

— C'est une idée de Charlie, tu pourras le remercier quand on y sera, explique Harry. On part lundi matin, maintenant au dodo tous les trois !

James souhaite une bonne nuit à son père et à Drago, puis part en grommelant sur le choix de mot de Harry « Au dodo, il nous prend vraiment pour des gosses ». Albus enlace son père quelques instants et Scorpius fait de même avec le sien. Puis ils disparaissent dans la chambre d'Albus en discutant à voix basse, mais Harry ne s'y trompe pas, le ton est enthousiaste. Ils sont heureux et lui-même est ravi d'avoir accepté la proposition de Charlie, ils se feront des souvenirs inoubliables.

Drago et Harry se couchent rapidement après. Harry vient se blottir contre Drago, la tête dans le creux de son épaule, sa main posée sur son ventre qui se gonfle à chaque inspiration.

— T'as eu le temps de ranger tes affaires, au fait ? lui demande-t-il.

— Oui, pendant que tu commandais les pizzas et que tu choisissais le film avec les enfants. Tu sais… J'ai pensé à quelque chose.

— Quoi donc ?

— En fait… Comme je vis déjà dans ton appartement à Poudlard et que ça se passe bien… Enfin, peut-être que je pourrais faire pareil ici… Si tu es d'accord et si les enfants le sont aussi.

Harry relève la tête vers le haut pour regarder le visage de Drago, mais la position rend cela impossible, il ne distingue qu'un bout de sa mâchoire. Son cou tire atrocement ainsi, il abandonne sa tentative et revient se caler dans la position précédente.

— Tu es en train de me dire que tu veux emménager ici ? Avec nous ?

— C'est exactement ça, oui.

— C'est une excellente idée, Drago. J'y pense depuis un moment aussi, mais comme on est à Poudlard presque tout le temps j'ai repoussé le fait de t'en parler.

— Oh, ça me soulage de savoir que tu l'envisageais aussi. J'avoue que j'avais un peu peur de t'en parler, je rumine ça depuis quelque temps…

Harry caresse le ventre de Drago dans un geste tendre et réconfortant. Son amour pour lui flamboie dans son cœur qui semble s'embraser de joie. Rien ne lui fait plus plaisir de savoir que Drago veut vivre avec lui, pour de bon.

— N'aie pas peur de me dire ce que tu penses, mon cœur. Je t'aime.

— Moi aussi, je t'aime Harry. Mais arrête avec ça…

— C'est plus fort que moi, désolé...

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Mardi 9 février 2021

Harry est en pleine préparation pour leur randonnée et vérifie qu'ils n'ont rien oublié. C'est un vrai bazar dans le salon de la petite maison de Charlie. Le pauvre homme, habitué au calme et à la solitude, s'est retrouvé envahi par les Potter et les Malefoy. Les enfants ont dormi dans la chambre d'ami – James a accepté par miracle et sans râler un lit de camp que le dragonnier garde dans un placard – et Harry et Drago dans le canapé. Depuis vingt-quatre heures, tout est sens dessus dessous dans la maisonnette, mais cela ne perturbe pas Charlie outre mesure, il sait s'adapter et surtout il sait que c'est temporaire.

— Vous en êtes où de la préparation des sacs, Harry ? demande Charlie en entrant dans le salon.

— Les enfants ont presque fini, je vais aller les aider. Les sacs avec sortilèges d'extension sont utiles, mais je préfère qu'ils ne s'embarrassent pas de choses qui ne servent à rien, répond Harry en relevant les yeux de la liste que Charlie lui a donnée.

— Parfait. Les tenues vont à Albus et Scorpius ? On a peu de tenues de dragonnier adaptées aux ados, nos enfants ne vont pas sur le terrain habituellement.

— Elles sont justes, mais ça ira. James flotte un peu dans la tienne, mais c'est parce qu'il n'est pas très épais. Au fait, sais-tu où est Drago ?

— Il est au labo, j'en reviens à l'instant. Il essaye apparemment de renflouer tout le stock des potions d'urgences que nous utilisons ici.

Cela arrache un sourire à Harry qui comprend que Drago tente, à sa façon, de remercier Charlie de ses envois d'ingrédients. Et puis il fait des potions comme il respire, il aime tellement ça qu'il n'a pas dû se forcer pour s'enfermer là-bas. Ils sont arrivés depuis une journée et Drago a passé la majorité de son temps au laboratoire avec les potionnistes de la Réserve. Pendant ce temps, les trois jeunes ont été mis au courant de toutes les règles de sécurité en vigueur. Malgré des velléités de rébellion en temps habituel, même James a compris l'intérêt de les suivre à tout prix, au risque d'être renvoyé aussitôt au village et de tout rater.

Harry monte dans la chambre des enfants et s'arrête dans l'encadrement de la porte. Albus et Scorpius sont habillés de pieds en cap comme de vrais dragonniers. Ils ne l'ont pas vu, mais Harry a remarqué les joues rouges de son fils qui observe son meilleur ami.

— Ho, ben… Ça… heu… ça te va bien, Scorp', bafouille Albus.

— Merci… répond Scorpius en détournant le regard.

La gêne des deux garçons est étouffante et le cœur de Harry se serre de constater que son fils semble toujours épris de Scorpius. Il espère que les choses vont bientôt s'arranger pour lui.

Quand la journée s'achève, les trois adolescents sont si énervés qu'ils n'arrivent pas à s'endormir avant une heure avancée de la nuit. Harry et Drago les reprennent plusieurs fois avant de finir par les menacer de tout annuler s'ils n'arrêtent pas de bavasser. Et puis, enfin, tout le monde rejoint les bras de Morphée.

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Mercredi 10 février 2021

Ce matin, le réveil aux aurores tire du sommeil un groupe de sorciers fatigués, mais excités par ce qui les attend. Après un rapide petit déjeuner, les sacs à dos sont enfilés et ils sortent dans l'air froid de la Roumanie. Les lumières rasantes du petit jour en pleine montagne éclairent l'herbe qui brille de rosée. Harry, Drago, Charlie et James ont leurs balais à la main et les deux pères font monter Albus et Scorpius devant eux.

Charlie prend la tête et les guide pendant une grosse heure au-dessus des forêts de conifères et des pics montagneux jusqu'à une zone un peu dégagée. L'air est glacé et le vent les cingle de neige fondue, mais heureusement leurs tenues tiennent chaud. Ils atterrissent sur les cailloux recouverts de neige d'une grande clairière et rangent les balais.

— Pourquoi est-ce qu'on n'a pas pris de portoloin cette fois-ci ? demande Drago en retirant ses lunettes de vol.

— Nous ne rentrons pas à la Réserve ce soir, or nos portoloins pour les missions quotidiennes sont programmés pour un aller et un retour, en prendre un que pour l'aller c'est du gaspillage. Et je préfère avoir un autre moyen de nous déplacer avec les enfants. Venez par ici, je vais vous expliquer.

Charlie leur fait un signe de la main et tout le monde se rapproche de lui.

— Là-bas, à environ trente mètres, se trouve la zone des Cornelongues Roumains et des Dent-de-vipères du Pérou, deux espèces de dragons qui s'entendent assez pour cohabiter. Nous allons traverser une partie de la zone à pied aujourd'hui, avec d'autres dragonniers : Mila, Samuel et Arthur, vous les avez rencontrés hier. Nous sommes actuellement sous haute surveillance d'une femelle et de ses deux petits. Harry et Drago, ce sont ceux dont je vous ai envoyé les photos : Harriet et Draco. Je…

James explose de rire, coupant la parole à Charlie. Albus et Scorpius se regardent un instant avant de s'esclaffer à leur tour. Les adultes ont beau tenter de leur faire entendre raison, il leur faut cinq bonnes minutes pour apaiser leur fou rire.

— Harriet… Draco, oh merde… Je vais… pas… m'en remettre, hoquette James en se tenant le ventre, les larmes perlant à ses yeux.

— Ça va, James, on a compris, le rabroue Harry, pourtant amusé lui aussi.

— Bon, je reprends, continue Charlie, imperturbable, je vais vous demander de nous obéir, quoi qu'il arrive. Cette zone est peu risquée, mais pas sans danger. Pas d'initiatives, pas de gestes brusques et l'on ne court sous aucun prétexte. La magie est strictement interdite, je vous le rappelle, d'autant plus que vous trois êtes toujours soumis aux restrictions de premier cycle. Vous devrez rester à proximité directe d'un adulte en permanence. En cas d'urgence et d'urgence uniquement, un adulte vous fera transplaner ici même, ça pourra être vos pères ou l'un des dragonniers. C'est bon ?

Le sérieux est revenu dans le groupe, mais tout le monde a le sourire. Charlie attend que chacun lui réponde un oui franc pour tourner les talons et commencer à marcher vers la zone abritée par un dôme de magie invisible. Au moment où ils passent à travers, la magie les chatouille un peu. Harry reconnaît la sensation pour l'avoir souvent vécue quand il était Auror.

Protégé par des tenues adaptées à l'hiver, doublées de fourrure naturelle, le groupe chemine dans l'épaisse poudreuse et rejoint les autres dragonnier·es qui les attendent. Iels enfilent ensuite des raquettes moldues, Charlie et Mila sortent les appareils de suivi GPS et tout le monde se met en route.

Le paysage est majestueux, la neige fraîche brille sous les rayons du soleil matinal, parsemée de traces de petits animaux. Les oiseaux pépient joyeusement, l'endroit est si sauvage que la faune n'y craint pas les êtres humains. Seuls les dragons chassent sur ces terres et ils sont bien plus terrifiants.

Les sorcier·es avancent péniblement, réchauffant leurs corps par leurs efforts pour marcher dans la neige épaisse. Les dragons semblent absents et les garçons commencent à fatiguer, ils se demandent ce qu'ils font ici. Les dragonnier·es s'arrêtent souvent pour observer des traces dans la poudreuse ou sur le tronc des arbres puisque les dragons aiment s'y gratter. Les heures passent et l'excitation du début s'est transformée en déception.

Iels font une pause pour le déjeuner dans une petite clairière, car les dragons préfèrent chasser dans les larges étendues qu'au milieu des arbres, leur corps est trop volumineux pour bien se déplacer en pleine forêt. Ils n'y font que le nid pour leurs œufs et leur progéniture.

Puisque les sorts de chaleur sont interdits, le repas est rapide : une fois assis et les mains à l'air libre pour tenir les sandwichs, le froid les gèlent jusqu'aux os. Albus s'empresse de remettre ses épais gants dès qu'il a terminé de manger et remonte son écharpe jusqu'au nez en soupirant dans la laine. Contrairement à son frère qui commence à pester à voix haute et Scorpius qui a un air déçu, Albus est content de la promenade, il a croisé de multiples espèces végétales qu'il n'avait jamais vues, il est ravi. S'il avait pu les prendre en photo ou les cueillir pour son herbier, cela aurait été encore mieux, mais ce n'est pas autorisé ici et il a oublié son appareil à Poudlard avant les vacances. Charlie l'a rassuré en lui affirmant que la plupart des plantes présentes dans cette zone se trouvent aussi dans des endroits en dehors des dômes et qu'il pourra en prélever des échantillons. Sans compter qu'Albus a eu Scorpius dans son champ de vision tout le long de la marche et qu'il n'a pu que constater à quel point sa tenue lui va bien. Même s'il ressent que ses sentiments s'estompent, la pointe de désir pour lui est toujours là. Il a hâte que ça lui passe définitivement.

Ce n'est qu'à la fin de la journée que le groupe s'arrête à la lisière d'une vaste plaine recouverte de neige dont des roches dépassent ici et là, battues par le vent polaire qui s'est levé dans l'après-midi. Les dragonnier·es leur demandent de s'accroupir et les invitent à regarder au loin, vers le ciel. Harry reconnaît l'endroit, iels étaient déjà venu·es dans ce coin au mois d'août quand iels cherchaient les œufs de la dragonne.

Scorpius scrute les cieux, immobile entre son père et Albus.

— Silence absolu, intime Mila de son accent chantant, non loin de lui. Regardez, là-bas !

Elle tend le bras un peu vers la droite, pointant le soleil qui rase les arbres de l'autre côté de la plaine. Des ombres bougent dans cette direction, Scorpius plisse les yeux et se raidit, impatient. Les formes grossissent vite et il distingue trois silhouettes ailées qui volent avec grâce.

La dragonne est énorme et ses cornes semblent démesurées, même de loin. Les deux dragonneaux sont presque aussi massifs qu'elle, mais leurs cornes sont petites, encore en croissance. Ils se posent tous les trois dans les cailloux en soulevant une gerbe de neige et le bruit sourd de leur atterrissage leur parvient presque aussitôt. Ils sont lourds. La dragonne bat des ailes deux fois avant de les replier dans son dos. Son corps massif semble puissant, la force brute émane de l'animal majestueux. Scorpius a attrapé la main d'Albus à travers son gant et il la serre de toutes ses forces, il a l'impression de vivre un rêve éveillé et a besoin d'un ancrage pour s'assurer que c'est bien la réalité.

— Merlin, Al'… murmure Scorpius d'un ton émerveillé.

Un cri strident s'élève soudain et tous les invités de Charlie sursautent, surpris et apeurés. James lâche même un petit glapissement vite étouffé par la main d'Arthur, le dragonnier accroupi à ses côtés. Le cœur battant, le jeune homme voit la dragonne tourner sa grosse tête pleine de cornes dans leur direction et il est certain qu'elle l'a entendu alors qu'ils sont à environ trois cents mètres. La main d'Arthur se resserre ensuite autour de son bras et James le voit sortir sa baguette de sa poche, prêt à s'en servir. Un coup d'œil à droite et à gauche lui apprend que tous les adultes ont fait de même, sur le qui-vive. Les paumes moites, la respiration saccadée, James attend. Il soupire de soulagement quand la femelle semble décider que rien n'est intéressant de leur côté.

Elle fait quelques pas dans la neige, ses petits dans son sillage, en direction de l'orée de la forêt tout à fait à l'est de la clairière avant de s'arrêter. Elle ouvre sa gueule et un grondement sourd qui fait presque trembler le sol s'en élève. Les basses se répercutent dans les os de Harry et des autres humains qui attendent toujours, immobiles. Puis une immense gerbe de feu s'extrait de sa gueule. La dragonne dirige les flammes vers la terre et bouge la tête de gauche à droite tout en avançant, pour faire fondre la neige jusqu'à la lisière des arbres, dégageant le passage pour ses dragonneaux. Puis elle referme sa gueule, trottine et disparait sous les frondaisons, ses petits derrière elle.

Drago a déjà observé cette même femelle il y a moins d'un an, alors qu'elle couvait ses œufs, mais il n'était pas prêt à ce qu'il a vu aujourd'hui, il en a encore les jambes qui tremblent. Il se relève sur le signe de Mila et recule à pas lents et silencieux tout en serrant les dents tandis que le sang circule douloureusement dans ses cuisses. Iels sont restés si longtemps en position accroupis qu'il est ankylosé et les sensations lui rappellent d'autres types d'activités. Il jette un regard à Harry en se demandant s'il pense à la même chose que lui. En tout cas, il a sur le visage une grimace identique à celle que lui-même doit arborer et Drago se retient de rire.

Après quelques dizaines de mètres pour s'enfoncer dans la forêt en direction de l'est, les dragonnier·es se rassemblent et se mettent à échanger entre elleux. Samuel sort un enregistreur moldu et iels consignent toutes leurs remarques sur ce qu'iels ont observé. Puis le groupe se sépare : Mila, Samuel et Arthur saluent les invités de Charlie puis disparaissent après avoir activé leur portoloin.

— On pourra discuter au chalet, explique Charlie à voix basse après avoir retrouvé les Malefoy et les Potter. On y va en balais, il n'y en a que pour trente minutes, je pense. Les dragons rentrent généralement à leurs nids avant le coucher du soleil donc on devrait être tranquilles, mais restez sur vos gardes, d'accord ?

Ils enfourchent alors les balais et s'envolent dans le ciel qui se pare des lumières orangées du soir. Le crépuscule tombe vite et la pénombre augmente de minute en minute. Heureusement, Charlie sait où ils vont et sa boussole de balai l'aide à s'orienter dans ses étendues sans aucun repère. La barrière magique est franchie peu de temps avant d'arriver à destination. Tout le monde met pied à terre avec soulagement devant la grande cabane utilisée par les dragonnier·es qui dorment parfois dans la montagne. Il ne faut que quelques instants pour que le froid et austère refuge devienne réconfortant : le temps d'allumer les poêles dans les deux pièces principales et les lanternes à huiles un peu partout, ainsi que quelques sortilèges pour dépoussiérer.

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La nuit est tombée depuis longtemps et les trois adolescents sont endormis depuis un moment dans la seule chambre de cette cabane. Ils étaient épuisés par leur réveil matinal, la longue marche dans la neige toute la journée et les émotions d'avoir observé les dragons. Scorpius a été intarissable tout le repas – cuisiné à la moldue sur le poêle à bois – les yeux brillants d'extase d'avoir réalisé son rêve depuis toujours : voir des dragons en chair et en os. James a été presque aussi bavard, rebondissant à toutes les remarques du garçon, partageant avec lui un point commun pour la première fois.

Drago s'est senti rassuré de constater qu'ils peuvent finalement s'entendre alors qu'il avait l'impression que la communication était difficile depuis les vacances d'automne. James aime bien Scorpius, il ne l'a jamais caché, mais il n'était que peu inclus dans les conversations des deux meilleurs amis. Pour une fois les choses se sont inversées et Albus est resté plus en retrait, mais son regard était amusé de les voir discuter ainsi.

— Est-ce que ça n'est pas dangereux que les dragons soufflent le feu pour faire fondre la neige à quelques mètres de la forêt ? a demandé Scorpius à Charlie juste avant d'aller au lit.

— Les Cornelongues Roumains sont les seuls à le faire, ils ont toujours vécu ici et sont habitués. Cela va te paraître étonnant mais il n'y a que très rarement des incendies provoqués par les dragons. Les autres espèces se sont adaptées, mais ne soufflent le feu qu'en plaine. D'ailleurs, la zone des Cornelongues est de loin la plus boisée de toutes.

Les trois adultes boivent maintenant une tisane avant d'aller se coucher, les visages sont fatigués, les corps sont las, mais l'émerveillement persiste. Ils n'ont pas besoin de parler pour partager leurs sentiments sur cette fin de journée, cela semble évident.

Charlie se lève, le dos un peu raide, et dépose dans l'évier les trois tasses qu'il nettoie d'un coup de baguette avant de se tourner vers Harry et Drago qui s'étirent.

— On va transformer cette chaise-là en lit de camp, ça sera parfait pour moi, explique-t-il en la montrant du doigt, vous n'avez qu'à déplier ce canapé pour vous deux. Le confort est sommaire, mais ça ira pour une nuit.

— T'es sûr ? Je veux dire, un sortilège de ce genre qui doit durer plus de quatre heures, ça demande pas mal de ressources…

— T'inquiète pas, Harry, ça ira très bien.

Harry le regarde, dubitatif, transformer la chaise en un lit rudimentaire. Charlie n'a jamais été exceptionnel en métamorphose et Harry craint que ça finisse mal, mais il sait qu'il ne pourra pas faire beaucoup mieux et Drago non plus. Il n'y a plus qu'à espérer que le charme tienne toute la nuit.

Les invités de Charlie ont découvert avec surprise et circonspection l'aspect très sommaire de ce logement de survie : une pièce de vie avec coin cuisine, une table, des chaises et quelques tabourets, un canapé vieux et usé ; une petite salle d'eau avec toilettes et lavabo ; une chambre avec deux lits pouvant contenir deux personnes chacun en se serrant un peu. Le dragonnier a expliqué que les chalets comme celui-ci sont utilisés en cas d'urgence ou pour des missions de plusieurs jours sur une même zone, cela permet d'éviter les aller-retour coûteux en portoloins. Bien que la Réserve ait son atelier pour les fabriquer, cela n'est pas gratuit. Les adultes ont préféré laisser la chambre aux adolescents et Charlie se retrouve donc sans literie, mais il n'est pas inquiet le moins du monde. Rien ne semble atteindre Charlie dans son optimisme sans bornes.

Après un rapide tour dans la salle d'eau spartiate, Harry et Drago se couchent dans les draps un peu rêches, mais propres, l'un contre l'autre. La nuit dans la montagne roumaine est silencieuse, le crépitement du bois dans le poêle et les grincements du lit de camp bercent les trois hommes qui finissent par s'endormir.

Charlie se réveille brutalement quelques heures plus tard en tombant par terre, une douleur lancinante lui vrille la tête, l'épaule et la cheville gauches. Un bruit sourd fait sursauter Harry qui sort des brumes du sommeil.

— Qu'ess qui s'passe ? marmonne-t-il en s'asseyant.

— Sainte Morgane… Aïe ! Merde… Saleté de chaise !

Il fait entièrement noir dans le chalet, Harry attrape sa baguette qu'il avait glissée sous son oreiller. Il incante un Lumos informulé et une lueur bleutée éclaire aussitôt autour de lui, il se tourne pour chercher Charlie du regard, mais ne le voit pas où il devrait être. Drago grogne et se retourne de l'autre côté, encore endormi.

Harry se lève et fait le tour du canapé, il trouve bientôt Charlie allongé de tout son long sur le parquet froid, emmêlé dans ses couvertures. Le lit de camp est de nouveau une chaise qui est tombée sur son dossier un peu plus loin. Harry s'incline vers Charlie et approche sa baguette pour l'éclairer.

— Ça va ? chuchote-t-il.

— Ça pourrait aller mieux, je me suis fait mal.

— Montre-moi.

Charlie s'assied en grimaçant et pointe de sa main droite le côté gauche de sa tête. Harry se penche au plus près, il n'a pas mis ses lunettes et ne voit pas grand-chose.

— Je peux toucher ?

— Doucement, s'il te plaît, j'ai vraiment mal.

Harry passe sa main avec délicatesse dans les cheveux courts de Charlie, les parcourant du bout des doigts pour chercher une bosse ou une blessure.

— C'est gonflé, là, mais ça saigne pas. Episkey !

Charlie grommelle, mais la douleur de sa tête reflue un peu. Harry l'aide à se lever, Charlie étouffe un cri quand il l'attrape par le bras, et le force à s'asseoir au bord du canapé déplié, du côté où il dormait. Il remet ses lunettes et le regarde avec un air inquiet.

— Où as-tu mal encore ?

— Je pense que mon épaule gauche est démise, elle est fragile depuis quelques années et se barre au moindre choc. Et ma cheville gauche brûle, elle s'est cognée sur un pied de la chaise je crois.

Harry s'accroupit et relève la jambe gauche de Charlie par le mollet, le côté de la cheville est éraflée et saigne un peu, rien de grave. Il lance de nouveau le sort de soin des blessures légères et passe ses doigts sur la peau pour vérifier que c'est bien refermé. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eu besoin de donner des premiers soins de ce type, pas depuis la fin de sa carrière d'Auror et depuis que ses enfants ont assez grandi pour cesser de tomber en permanence.

— Je ne sais pas réduire une épaule luxée, il va falloir retourner au village, s'excuse Harry en relevant la tête vers Charlie.

— Je sais comment faire, c'est vraiment pas compliqué, mais vous devez vous y mettre à deux.

— C'est pas sérieux, Charlie ! Et si on aggravait les choses ? Il faut rentrer.

— Je ne peux pas voler dans cet état et ce n'est pas une situation d'urgence qui nécessite qu'on transplane. Réveille Drago, je vais vous expliquer.

— Je suis réveillé, vous faites autant de bruit qu'un troupeau d'hippogriffes… grommelle Drago en s'asseyant.

Harry lui raconte ce qui est arrivé et Charlie explique la méthode pour remettre son épaule en place : c'est moldu, mais efficace. Drago et Harry aident le dragonnier à retirer son haut en tirant le plus doucement possible pour ne pas le faire souffrir au moment de passer l'épaule, puis respectent ses instructions à la lettre. L'un tire le bras, l'autre sur un drap passé autour de sa poitrine. Ça ne dure pas longtemps, mais la douleur est intense et Charlie se mord les lèvres pour ne pas crier. Son épaule reprend sa place d'un seul coup et la douleur s'apaise. Suivant encore une fois les consignes de Charlie, Harry immobilise son bras avec des bandages.

— Vous pouvez vous recoucher, merci beaucoup. Je vais finir la nuit assis par là, dit-il en montrant le coin de la pièce.

Harry et Drago échangent un regard et pensent à la même chose en même temps.

— Si on a pu s'asseoir tous les trois sur ce canapé tout à l'heure, on peut bien y dormir aussi.

— Non, non, Harry, je ne veux pas vous déranger.

— Tiens, voilà le Gryffondor buté qui apparaît… ironise Drago. Jusqu'à maintenant je trouvais bizarre que tu aies été réparti dans cette maison à Poudlard, excepté pour ton amour du danger de côtoyer les dragons. Je comprends mieux ce que me disait Harry sur ton obstination. On va se serrer de notre côté, viens donc.

— Mais…

— Pas de mais, Charlie ! Cesse de faire l'enfant et couche-toi là ! s'énerve Harry.

Charlie abdique et s'allonge sur le dos avec précaution, du côté que Drago occupait juste avant. Ce dernier se glisse au milieu du lit et Harry reprend sa place puis rabat les couvertures sur eux trois. Ils frissonnent un long moment, ils ne se sont même pas rendu compte à quel point il fait frais dans cette pièce une fois le poêle éteint. Drago se blottit dans le dos de Harry, laissant le plus d'espace possible à Charlie, mais le bras de ce dernier frôle son dos et la chaleur de sa peau irradie à travers le t-shirt de Drago.

Confortablement installé et bien au chaud, Harry se rendort le premier.

Drago met un peu plus de temps à retrouver le sommeil, inquiet pour le lendemain. Ils doivent se rendre en balais dans une autre zone, celle où cohabitent quelques Verts Gallois et Suédois à museau court pour surveiller un dragon souffrant. Il se demande si Charlie sera capable de voler et effectuer sa mission, il n'oublie pas qu'il travaille et qu'eux seuls sont en vacances. Il imagine la déception des enfants et de Scorpius en particulier s'ils doivent annuler et rentrer au village, mais la santé de Charlie est plus importante. Malgré tout il sombre de nouveau dans le sommeil au bout d'un certain temps.

Charlie est le dernier à se rendormir, la douleur persistante à sa tête et dans son épaule le gêne. Il inspire et expire lentement et tente d'oublier son inconfort ainsi que la présence de Drago tout proche de lui qui le trouble. La respiration des deux autres hommes, lourde et profonde, finit cependant par le bercer.


Un petit mot concernant la réunion organisée par Neville en début de chapitre. Je tiens à souligner que l'idée de réorganisations des dortoirs que Neville et Teddy veulent mettre en place ne fonctionnerait que dans un monde idéal sans les LGBT+phobies, le sexisme et le patriarcat que nous connaissons dans le monde réel. C'est une belle utopie qui existera peut-être un jour dans le monde que j'ai écris, même si cela prend du temps.

Et sinon, cette petite visite chez les dragons, qu'en avez-vous pensé ? Impressionnant ?
Et Charlie ce boulet qui arrive à se blesser en dormant ?
Dites moi tout !

On se retrouve dans deux semaines, le 26 mai 2023 avec le chapitre 36 : « Échanges épistolaires ».

En attendant, portez vous bien !