Chapitre 25 : dernière danse

Mozart jeta un coup d'œil autour de lui avant de pencher la tête vers son interlocuteur.
- Monsieur, souffla-t-il sur le ton de la confidence, parlez vous d'un complot visant à écarter l'empereur, ou à le faire mourir ?
Archibald le regarda fixement.
- Je n'ai pas encore décidé. Ce qui importe, c'est que le trône me revienne. Mais je peux compter sur votre discrétion Mozart, n'est ce pas ? Vous n'en parlerez pas ? Nous sommes amis et alliés ?
Wolfgang lui adressa un sourire charmant.
- Je promets que je ne dirai rien à personne.
Le comte lui rendit son sourire.
- Après tout, ce ne sera pas nécessaire, ajouta le musicien.
Le rideau dans le fond de la pièce s'écarta, laissant apparaître Salieri et Joseph II, ce dernier fixait Archibald d'un air furieux.
- Traître !
Le noble démasqué fut tant surpris qu'il ne remarqua pas la porte du bureau s'ouvrir sur deux gardes, et Rosenberg. L'intendant jeta un regard méprisant au criminel.
- Emmenez le, messieurs, dit-il avec un ton hautain.
Archibald protesta, mais rien ne put empêcher les soldats de l'emmener. Rosenberg tourna alors son attention vers le jeune musicien rebelle.
- Cela m'écorche de le reconnaître, mais je vous remercie, monsieur Mozart, pour ce service rendu à la couronne. Il faut croire que vous avez certaines qualités.
Et il repartit, accompagné de l'empereur, pour gérer la suite de cette affaire. Salieri, resté aux côtés de son cadet, regardait les hommes sortir du bureau. Wolfgang avait les yeux brillants. Tous deux fixèrent la porte close.
- Je rêve, ou est ce que Rosenberg vient de vous complimenter ? murmura l'italien.
- Rien que pour ça, ça valait le coup, affirma l'autre avec satisfaction. Avez vous vu à quel point ça lui a coûté de me remercier ?
- Il était absolument tendu.
- Un jour, quelqu'un devra ben se dévouer pour lui retirer le balai qu'il a dans son derrière de coincé.
Ils tournèrent leurs têtes et échangèrent un regard amusé. Wolfgang saisit les hanches de son amant et il le poussa contre son bureau.
- Que diriez vous de fêter cela ?
La respiration de Salieri accéléra, et ses joues prirent de la couleur.
- Avec plaisir…
Mozart l'embrassa avec passion, et rapidement, ses mains vinrent défaire les vêtements de son aîné pour les lui retirer. Le corps dénudé de l'italien lui procura comme d'habitude une vague d'excitation hors norme, il était si beau, si bien bâti, si majestueux dans sa débauche, et lui ne pouvait se lasser de le dévorer des yeux. Il commença à l'embrasser avec ardeur, le faisant gémir, tout le long du torse, pour finalement lécher son sexe, puis l'intérieur de ses cuisses jusqu'à son intérieur, où il glissa un doigt. Salieri étouffa un gémissement.
- Vous… Vous semblez… bien pressé…
- Pardonnez moi maestro, mais vous voir ainsi me fait toujours beaucoup d'effet, et j'ai vraiment hâte d'être en vous…
En répondant, il avait continué les mouvements de doigts pour le préparer, et Antonio se cambra.
- Aaaah, gémit-il, haletant, d'a…d'accord… moi aussi… s'il vous plaît dépêchez vous….
Mozart eut un léger rire à sa réaction, et il retira sa main pour abaisser son pantalon, dévoilant son pénis lui aussi bien éveillé, ce qu'il devait à son amant. Il écarta davantage les cuisses de celui ci, et combla la distance entre leurs corps, le prenant avec vigueur, le faisant crier. Pour plus de discrétion, l'autrichien s'empara de ses lèvres afin de le museler.


Mozart entra dans le salon de Salieri, où celui ci était installé dans un canapé à lire. L'italien était rentré chez lui dans la soirée, et son cadet l'avait rejoint après être allé rendre visite à Constance, notamment pour lui rendre sa robe. Il se dirigea vers la fenêtre et l'ouvrit, laissant une musique extérieure s'engouffrer à travers les rideaux.
- Qu'est ce que vous faîtes ?
- Il y a un orchestre improvisé dans votre rue maestro, et j'attendais une occasion comme celle ci depuis longtemps.
Salieri fronça les sourcils, sans comprendre, et le silence se combla par la douce musique qui entrait par la fenêtre.
- Quelle occasion, Wolfgang ?
Wolfgang s'approcha de lui, lui retira son livre, et lui prit la main pour le faire se lever. Puis, tout en la gardant dans la sienne, il posa la second sur la taille de son aîné.
- Je repense souvent à cette fois où nous avons dansé tous les deux, je rêvais de pouvoir le refaire, mais où vous seriez vous même, et pas déguisé.
Salieri rougit.
- Moi aussi j'ai beaucoup aimé cette fois… avoua-t-il en détournant les yeux. Malgré le corset…
Mozart rit doucement, et il commença à guider l'autre dans une danse au milieu de salon, tous deux emportés par la musique, et à l'abri des regards du monde. Pendant de longues minutes, ils ne dirent pas un mot, savourant cet instant si doux, si complice, puis Salieri murmura.
- Wolfgang, merci pour tout. Vous m'avez apporté tant… Je… je vous sui très reconnaissant. Je… je vous aime…
Mozart le regarda, il l'avait laissé terminé sa prise de parole, et posait sur lui un regard transi d'amour.
- Je vous en prie Antonio, vous n'avez pas à être reconnaissant. Je vous soutiens parce que je vous aime. Et je suis ravi que ce soit réciproque… Soyons heureux, qu'en dites vous ?
- Oui, souffla le maître de la chapelle, soyons heureux.
Et ils continuèrent à danser jusqu'à ce que la musique cesse dans la nuit.


Et voilà, c'est la fin, merci d'avoir lu ! J'espère que ça vous a plu :D