Chapitre 24 – Kate rencontre Bree
« Je vous propose la paix et une vie sereine,
je ne vous condamne pas à l'éternité » Bree Tanner, 2254, discours de l'exode, Oslo
Alice's POV :
J'avoue, j'ai fait un pari à propos de Bree. J'ai pris un gros risque, je l'admets.
Je n'aurais pas dû lui faire rencontrer Kate et risquer de tout gâcher.
Mais les visions de Bree ont continué à m'arriver qui confirmaient les anciennes. Sa présence auprès de nous était bien trop évidente dans toutes ces visions que rien de ce que je pourrais y faire ne pouvait les contredire. J'avais le champ libre. Je pouvais, avec Bree, faire ce que je voulais sans brouiller mes cartes mentales. C'était rare. Alors j'en ai profité.
Bree et Kate étaient destinées.
Rosalie en fut ravie et moi soulagée qu'elle le prenne bien ! Son intérêt pour la petite Bree avait de quoi nous étonner après tout. Même Emett devait être inquiet !
Elle apprit la nouvelle par la vision du mariage sous la neige, vision que je n'ai pas eu le courage de lui annoncer de vive voix. Elle l'a découvert en lisant mes cartes mentales sur le réseau.
- C'est pour cela que tu demandes à Kate de rester une semaine de plus ? me demande Rosalie.
- J'ai peur d'en faire plus et de modifier l'avenir… Ce qu'il faudrait, c'est qu'une certaine personne – qu'on pourrait appeler Mme R – fasse en sorte que Kate et Bree se rencontrent durant cette semaine. Si, par le plus grand des hasards, un certain monsieur E était dans les parages et nous parlait d'un amour naissant, ce ne serait pas pour me déplaire…
- Alice, tu es machiavélique. Tu me plais, répondit-elle avec un sourire jusqu'aux oreilles.
.
Bree's POV :
Mars ! Le mois qui se traîne … Refaire des affiches arrachées pour le club LGBT, recevoir tous ces ados enfermés dans leurs placards terrorisés à l'idée qu'on découvre qu'ils sont gays, les devoirs, les courses, le ménage, ma sœur, les horaires de nuit de maman, et ces tonnes de bouquins que Rosalie m'apporte mois après mois…
Encore trois mois avant les vacances.
Rosalie … Etrange Rosalie. Le personnage est aussi terrifiant que passionnant. Si différente ! Pour elle tout est simple, tout semble écrit d'avance. Et cette foi qu'elle a en moi ! J'aimerais en avoir le dixième.
Rosalie. Voilà une personne qui n'a pas peur des étiquettes. Ouvertement hétéro, elle se fiche éperdument de s'afficher avec moi, la responsable du club gay du lycée ! Il y a des homos qui marchent en dansant dans les couloirs et qui n'osent même pas rentrer dans le club de peur d'une étiquette alors que même leur démarche est un drapeau arc-en-ciel !
Rosalie qui me regarde avec admiration, moi, avec mes moyennes à 11/20 ! lol
Rosalie qui me regarde du haut de ses 1,7 m comme si j'étais la Reine d'Angleterre.
Moi ? avec mes 1,45 m et « mes cheveux qui sentent les pieds tellement t'es p'tite » comme dit ma sœur Abi.
Il y a quelque chose avec Rosalie que je ne cherche même plus à comprendre. Elle m'invite au resto et me regarde m'empiffrer derrière son sourire ravi alors qu'elle ne mange rien, pas même un cure-dent.
Elle me paie des fringues, elle passe des heures et des heures à m'annoter tous ces livres pour que je gagne du temps, elle me paie le permis de conduire !
Et en échange, tout ce qu'elle me demande, c'est de lire des bouquins et de lui en faire des résumés.
Je vais arriver en fac de socio et j'aurai tout lu. Je risque de m'ennuyer en études de genre.
Aujourd'hui, comme chaque lundi, elle va m'inviter au resto. Elle était si contente de voir que j'avais une pause de trois heures chaque lundi, je m'en souviens et cela me fait encore sourire des mois après. Automatiquement, à la sonnerie de 11h30, ce n'est pas vers la cantine que je me dirige mais vers le parking où je sais qu'elle m'attend déjà appuyée sur le pick-up.
- Salut Bree. Aujourd'hui, j'aimerais te faire rencontrer ma cousine Kate d'Alaska.
- Je peux manger à la cantine si tu veux ?
- Non, surtout pas ! Je pense que tu vas l'apprécier. Je voudrais avoir ton avis. Et puis ça te permettra de voir où je vis.
- J'ai le trac, Rosalie.
- Tu n'as rien à craindre, Bree… Enfin, … je crois, dit-elle d'un ton lugubre.
- Tu ne me fais pas peur, lançai-je à demi rassurée.
- As-tu bien dis au revoir à ta famille en partant ce matin ? me dit-elle en me prenant par les épaules et en baissant doucement la tête vers mon cou.
- Mouais … maintenant que tu m'y fais penser, j'ai pas très faim aujourd'hui… rajoutai-je en rigolant.
- Allez, monte dans le corbillard !
Assise à ses côtés, je repensais, malgré les plaisanteries, à la sensation de ses deux mains sur mes épaules. Elles étaient bien froides.
La voiture sortait de Forks et Rosalie prit une route forestière sur la droite qui nous mena au milieu de la forêt sombre. Mes craintes montèrent d'un cran sur le trouillomètre.
Puis vint la maison Cullen. Encore un cran.
Lorsque j'ai vu la famille Cullen sur le perron qui m'attendait, mon trouillomètre affichait MAX.
Il est retombé à un lorsque j'ai vu Bella parmi eux.
C'est Jasper qui descendit les marches et vint ouvrir ma porte. Ce mec était si sympa ! J'eus envie de lui taper la bise tellement … tellement, … Je ne sais pas.
Tous les Cullen ont les mains froides et les yeux orange. Sauf Bella. Bella a bien les mains froides mais ses yeux sont toujours aussi bleus et verts mais il y a de l'orange aussi maintenant ! Elle est super canon. Encore plus qu'avant.
- Bree, laisse-moi te présenter Kate, notre cousine d'Alaska.
L'instant d'après, je me retrouve seule face à cette beauté blonde. Sa main dans la mienne, tous les autres ont disparus. Ça sent le traquenard à plein nez. La main est froide et son regard brûlant.
Le reste est un brouillard.
Ne me demandez pas ce que j'ai mangé chez les Cullen, je ne sais pas.
S'il pleuvait ou neigeait ? Je ne sais pas.
Ce que je n'oublierai jamais c'est que j'ai passé trois heures passionnantes avec un top model qui m'a vrillé le cerveau. Je m'écoutais d'une oreille distraite lui raconter ma vie. En fait, j'observais la délicatesse infinie de ses doigts si fins qu'ils semblaient transparents. Ses longs cheveux blonds, un blond très clair, faisaient comme un rideau à mes fantasmes adolescents les plus fous, ceux-là même que je n'osais m'avouer. Mais ce qui m'a fait rendre les armes, ce fut son rire et, plus encore, son regard enthousiaste lorsque nous tombions d'accord sur presque tout. Alléluia !
Des gens comme ça existent ?
Lorsque j'ai repris contact avec le sol, Rosalie se trouvait là, près de nous, dans la cuisine. Elle nous regardait d'un air songeur et elle semblait ravie et triste à la fois. Je crois qu'elle était émue.
- Ça va Rosalie ? lui demandai-je inquiète.
- Je suis si heureuse que vous vous entendiez bien.
- Mais Kate n'est ici que pour une semaine n'est-ce pas ? demandai-je en me tournant vers Kate.
- Une semaine ou cinq ans si tu veux, me répondit-elle.
- Je n'en revenais pas d'une telle proposition. Kate était prête à rester à Forks, pour moi ? pendant cinq ans ? Seule la dérision me venait à l'esprit.
- Si tu n'as rien de prévu pour les cinq années à venir… pourquoi pas ? dis-je d'un ton blasé. Mais, à y réfléchir à présent, je pense que mes yeux lançaient beaucoup trop d'étincelles pour tromper qui que ce soit.
C'est bon pour moi alors, me lança-t-elle, nous verrons bien au bout de la semaine, si tu me supportes encore ma jolie.
« Ma jolie. » Vous pensez comme je l'ai entendu celui-là. Il résonne encore dans ma tête. Jamais en rêve je n'avais vu une telle créature m'appeler « ma jolie ». Dopamine à fond, cerveau en extase, l'égo qui me pousse les cheveux de l'intérieur. A-t-elle bien compris que j'étais en charge du club LGBT du lycée ?
- Bree ? me dit Rosalie, tu viens de rater deux heures de cours mais veux-tu aussi rater ton cours de conduite ?
- 16 h ? Nooon ?
- Siiiii, et tu dois récupérer la petite Abi à 17h30.
- J'ai raté les cours ! Ma mère va me tuer !
- Mais non, tu es souffrante… Le bon Dr Cullen a téléphoné au lycée pour prévenir de ton absence cette semaine.
- Rosalie, tu es … géniale ! Géniale ! Une semaine ? Whoooaaaa !
Elles éclatent de rire en m'aidant à remettre ma parka, ce genre de parka rembourrée mais cintrée et dont les manches se tor… bon, peu importe ! Je cours à la voiture et c'est Kate qui me raccompagne.
Je me retrouve dans le pick-up avec Kate et mon cerveau tourne à toute vitesse. Je repasse le film de cet après-midi. Chaque sourire, chaque mouvement. Je me rassure en disant que je n'ai pas fait de faux-pas. Et Bing ! Je réalise que je n'ai même pas remercié la mère de Rosalie pour l'accueil et le repas !
- Kate !? Je n'ai pas remercié Esmée !
- Tu le feras la prochaine fois.
- Mais quand vais-je te revoir ?
- Demain ? me dit-elle laconiquement.
- Ok demain. Quelle heure ?
- Choisis. Je te ferai visiter ma chambre qui est l'ancienne chambre d'Alice.
- Ta chambre ? disons … 00 :01 tout à l'heure alors ?
- Si tu veux, je t'attendrai lance-t-elle en riant.
- Je ne vais quand même pas réveiller tout le monde !
- Tu ne réveillerais personne tu sais. On ne dort pas.
Ils ne dorment pas.
Ils sont froids et riches.
Leurs yeux sont orange.
Ils ne mangent jamais.
…
Mais je suis si heureuse !
- 8h ? … que je puisse déposer Abi à l'école ?
- 8h devant chez toi.
Je chassai toutes ces pensées pour me concentrer sur ma leçon de conduite. J'aurai toute la nuit pour repenser à mon après-midi avec Kate, les yeux de Kate, ses mains, … Concentrée !
Abi était d'humeur maussade ce soir. Je portais son cartable qui pesait le poids d'un âne mort et nous attaquions le petit kilomètre qui nous séparait de la maison.
- Qu'est-ce qui va pas Abi ? lui dis-je sans la regarder.
- Papa me manque.
- Il nous manque à toutes.
Elle devait avoir cinq ans à la mort de papa.
A cinq ans on peut déjà se fabriquer des souvenirs durables.
- Qu'est-ce que tu te rappelles à propos de lui ?
- J'ai du mal à me rappeler son visage Bree ! Je l'oublie.
Elle était au bord des larmes. Bravo Bree, championne !
- On regardera les photos à la maison. Raconte-moi un souvenir de lui.
- Au dernier Noël quand il m'a prise dans ses bras et qu'il a dit que c'était moi son cadeau de Noël ! Il avait tant de barbe qu'on aurait dit le père Noël mais en plus jeune.
- Et moi je me souviens de ta naissance. A la clinique il était si fier de te tenir dans ses gros bras. Tu te souviens de ses bras ?
- Plus gros que ma tête.
- De loin !
De souvenir en souvenir, nous sommes arrivées à la maison. J'ai retrouvé les photos de famille et je l'ai installée sur la table de la cuisine pendant que je préparais le repas du soir.
Le lendemain matin, Abi était heureuse que je puisse l'emmener à l'école. Elle me présenta ses amies et je la laissais en bonne compagnie. C'était la première fois que je pouvais ainsi l'emmener à l'école, la voir évoluer parmi ses amies et que j'avais un peu de temps à lui accorder. La vie et les obligations nous volent les bons moments. C'est grâce aux Cullen que j'avais ce petit répit d'une semaine, que je passais mon permis et surtout, que j'avais des perspectives. Rosalie m'inspirait et je voyais dans ses yeux toute l'admiration qu'elle me portait. Toute cette famille m'accueillait les bras ouverts.
Je ne connaissais pas l'avenir que préparait pour moi Rosalie mais il était évident qu'elle y travaillait. Tout cela était encore bien flou dans ma tête mais j'en prenais conscience ce matin. Je savais que le moment d'un choix se profilait à l'horizon.
J'avais hâte de retrouver Kate. En cela, je connaissais déjà ma réponse. Ce genre de réponse qui s'impose tellement comme une évidence qu'on oublie la question.
Je suis arrivée pile à l'heure. Kate m'attendait, appuyée sur le gros capot du pick-up. Son sourire éblouissant effaçait toute la grisaille du quartier. Elle dénotait dans ce décor.
A ma grande surprise, elle m'ouvrit les bras et je ne me fis pas prier. Le contact froid et dur me surpris. Jusque-là je n'avais touché que sa main, sa main qui maintenant était dans mes cheveux. Je respirais son odeur étrange et envoûtante. Je m'efforçais de cacher ma peur.
- Bien dormi ? me demanda-t-elle sans relâcher l'étreinte.
- Trop seule, répondis-je en souriant.
- Tu vas halluciner quand tu vas voir « ma » chambre de princesse, me dit-elle sans relever ma plaisanterie.
- Si c'était la chambre d'Alice, où dort-elle maintenant ?
- Elle s'est fait construire un chalet pour accueillir Bella.
- Wow ! Madame !
- C'est un petit paradis ce chalet, tu verras.
Une fois dans la voiture, je me préparais un tas de phrases banales pour cacher ma panique. Je venais de me taper un hug en pleine rue avec une créature au sang froid. Les voisins n'avaient pas dû en rater une miette. Je respirais profondément par le nez en essayant de ne pas faire de bruit.
- Kate, parle-moi de Rosalie.
- Que veux-tu savoir ?
- Des fois, j'ai l'impression qu'elle me considère comme sa fille.
- Oui, tu as raison. Je pense que Rosalie t'a choisie et qu'elle te voit comme sa fille en effet.
- Et pourquoi moi ?
- Hehe… Tu comprendras qu'avec les Cullen, il ne faut pas se poser de question sur leurs intentions. Ces gens savent beaucoup de choses sur l'avenir. Si elle t'a choisie et si elle nous a fait nous rencontrer, c'est parce que c'était écrit.
- Mais je n'ai rien d'exceptionnel. Vous êtes tous des top-modèles et je suis quelconque.
- Il paraît que tu sais parler aux foules et que tu as à cœur de défendre les droits des femmes.
- Parler aux foules ? moi ?
- Tu sauras, c'est écrit.
- Ils ont dû se tromper de personne…
- Les Cullen ne se trompent pas.
Après un moment, elle rajouta :
- Au début, lorsque j'ai rencontré Alice, j'étais déroutée comme toi. Cela m'a pris des années avant d'accepter ses visions de l'avenir. Surtout qu'on ne se voit que quinze jours par an. Mais tu vas la voir beaucoup plus souvent alors tu t'y feras plus vite que moi.
- Alice ?
- Oui, c'est elle qui voit l'avenir. Tu sais, hier quand elle m'a dit qu'il fallait que je reste une semaine de plus pour rencontrer une fille hors du commun, je ne me suis même pas posé de question. C'était écrit. Inutile de savoir si c'est bien ou mal, c'est écrit.
- Et la fille hors du commun c'est moi ?!
- C'est toi.
On arrivait à la maison Cullen. Je n'avais rien vu du trajet tant la conversation m'avait aspirée.
- Bree, tu as faim.
- Ben, non pas trop.
- Si si, tu as très faim car Esmée a fait des pancakes pour toi et, comme elle n'a pas l'habitude de cuisiner, elle en a fait pour trente !
- Ah oui … Ok, je meurs de faim alors. Et bien-sûr, tu ne vas pas m'aider ?
- Non, me dit-elle en riant.
Après quatre pancakes je remerciai Esmée pour hier et pour aujourd'hui. J'emporterai le reste pour Abi et maman. Je venais de prendre un kilo et il me faudrait un mois pour le perdre. Le piège avec les pancakes, c'est que c'est délicieux. On en mange trop. Et quand on fait passer le tout avec un bol de cacao, on sait pertinemment qu'on va le payer. Les pancakes gonflent dans l'estomac et on se retrouve enceinte de 6 mois. J'avais des images de vergetures dans la tête en suivant Kate dans l'escalier, c'est dire !
Kate ne m'avait pas menti. La chambre d'Alice était un conte de fée moderne. Cette « chambre » faisait environ la moitié de notre maison. C'était juste incroyable. Je n'accordais généralement pas beaucoup d'importance à ces choses-là mais c'était parce que je n'avais vu ça que dans des films. Etre en face, le voir vraiment, est une toute autre histoire.
- Kate, pourquoi dépenser autant pour une simple chambre ?
- L'argent ne compte pas pour nous.
- Mais on ne fait qu'y dormir !
- Nous ne dormons pas.
- Jamais ?
- Jamais.
- Ah … dans ce cas, je comprends mieux.
Je n'osais pas toucher le lit de satin blanc. Trop peur de le salir. La baignoire me faisait de l'œil et je refusais farouchement de la regarder. Le dressing, plus grand que notre chambre, était un truc que je ne comprenais pas. Ne contenant que les quelques affaires de Kate, il me semblait surdimensionné.
On se réfugia donc sur le canapé rose vif et, comme je crevais de trouille à côté de Kate, j'enchaînai sur un sujet long pour gagner du temps :
- Parle-moi de toi Kate.
Je partageai aussitôt mon cerveau en trois parties : une pour écouter Kate et mémoriser, une partie pour calmer ma peur, et une partie pour deviner la courbe de ses seins. Eh oui, on ne se refait pas.
Ainsi donc, la beauté nordique habitait la région du mont Dénali en Alaska. Une région froide et déserte, loin de la civilisation. Sa maison était souvent presqu'entièrement cachée sous la neige et elle passait ses journées et ses nuits à traquer, à lire et à jouer avec ses sœurs.
- Pourquoi aller vivre là-bas ?
- Les nuits sont plus longues.
- Et ?
- On n'aime pas trop le soleil.
- Mais il doit faire si froid !
- Tu as remarqué qu'on ne craignait pas le froid, non ?
- Oui, vous êtes froids
- As-tu peur de moi Bree ?
- Oui, mais j'essaie de me calmer en posant des questions. Je pense que plus je te connaîtrais et moins j'aurais peur.
- Tu as raison.
- Quel âge as-tu ?
- Tu ne vas pas hurler ?
- Je vais essayer.
- 385 ans
…
J'avais déjà ma réponse drôle en tête mais je n'avais pas la force de parler. Il me fallait respirer profondément pour retrouver mon calme. Pas simple. La chose en face de moi, à portée de crocs, avait connu la ruée vers l'or, la guerre de sécession, l'industrialisation et les deux guerres mondiales. J'avais la tête qui tournait.
- Tu fais plus, arrivai-je à prononcer presque normalement.
- C'est l'odeur de la crypte qui fait ça, me dit-elle amusée.
- Tu vas me mordre ?
- Tu as dit pas avant tes 21 ans.
- Ah … d'où les cinq ans ?
- Oui
- Et si je change d'avis ?
- Si tu changeais d'avis, je respecterais ton choix.
- Merci.
- Mais tu ne changeras pas d'avis. Tu seras une des nôtres Bree, c'est écrit. Et il paraît que tu as un brillant avenir.
- Une des vôtres ?
- Oui, tu seras un vampire Bree. Et tu vivras des milliers d'années. Tu dirigeras le monde avec Bella et moi avec Alice.
- Et tu vivras avec moi pendant tout ce temps ?
- Oui Bree.
- Je signe où ?
- Là, répondit-elle en me montrant ses lèvres du bout de son index.
Pour assigner trois tâches distinctes à votre cerveau, toujours classer par ordre inverse d'importance car c'est toujours la troisième partie qui finit par prendre le dessus sur les deux autres.
.
Edward's POV :
Je confirme : Bree est folle de Kate.
Elle ne semble pas vraiment perturbée par le fait que Kate soit un vampire. Ceci est dû au fait qu'elle maîtrise parfaitement ses émotions et que son cerveau est purement analytique. Son esprit est pur, au sens où il n'est pas perturbé par des pensées discursives. Pour cela, elle a développé un fonctionnement multitâche° qui relègue ces pensées parasites sur un autre niveau. Le champ de représentation mentale est vaste, ce qui donne une capacité de réflexion approfondie. Bree est donc, avec ou sans nous, appelée à un avenir brillant. Du moins, elle en a les capacités.
J'émets quelques réserves cependant quant au manque d'estime de soi qu'elle éprouve. Elle s'obstine à ne pas croire en ses capacités. Je pense qu'il faudrait lui en apporter la preuve par un test cognitif multitâches. Il serait intéressant d'utiliser les capacités de Jasper à ce sujet.
Quant à Kate, elle est émue par la « gamine » mais se range surtout du côté des visions d'Alice. Elle sait qu'elle va vivre des milliers d'années auprès de Bree et que, forcément, elles s'aimeront passionnément. Elle ne pense pas en être amoureuse aujourd'hui mais elle sent déjà que le sentiment fait son chemin dans son esprit. Elle est juste déstabilisée par leur différence d'âge.
Donc la conclusion de mon rapport est : « validé »
°Nota : Rosalie et Bella ont remarqué en Bree une capacité hors du commun à communiquer et à persuader. Je l'analyse autrement : La pensée analytique de Bree fait que ses concepts sont clairs. Elle trouve donc toujours les mots pour convaincre, non pas par volonté de convaincre – ce qui relèverait d'un talent d'auteure/d'actrice - mais du fait de ses concepts purs. Bree n'essaie pas de convaincre, elle dit les mots justes.
Une étude de l'université de l'Utah (psychonomic bulletin and review) énonce que 2,5 % de la population est multitâche. Cela ne les rend pas plus intelligents (mêmes résultats aux tests) mais plus endurants.
L'intelligence de Bree est donc dans son vocabulaire. En cela, je rejoins l'analyse de Rosalie.
