Bonsoir a tous ! Voici le sixième chapitre, j'espère qu'il vous plaira.

Merci pour toutes vos reviews !


Chapitre VI : Mari et Père.

Le Maledictus s'endort en lui-même, lentement,

Ses dons ne sont qu'un profond délitement,

Mais ses dons dormant peuvent être usités.

Si une Susurrante s'assure de sa loyauté.

Ou si l'animal est déjà un siffleur né.

Car de la solitude, le désespoir éclot.

Et c'est là un bouton de rose et de maux,

À lâcher facilement sur ses rivaux.

Note au Don n. 13

Quand Eddy revint manger dans la Grande Salle, une semaine après le passage de Médusa, tous les regards étaient évidemment braqués sur lui. Il avait l'impression d'être un monstre de foire. Ses camarades d'Ilvermony n'avaient jamais été mis au courant de son secret. À leurs yeux il était Lee le garçon bizarre et violent incapable de jeter un sortilège. Voir son secret éventé au bout de deux mois à peine de cours était nouveau mais presque un soulagement. Il s'assit en bout de table en fixant ses pieds. Deux élèves de sixième année s'écartèrent de lui d'un air farouche. Il commença à manger silencieusement conscient des regards braqués sur sa nuque. Il sentit quelqu'un s'approcher de lui. C'était Salazar, son sempiternel carnet sous le bras. Dans un plissement de robe il s'assit à ses côtés.

—Tu as manqué énormément de cours, je t'aiderai à rattraper.

—M-merci.

Il ne savait pas trop quoi répondre alors il jeta des coups d'œil à la Grande Salle. Certains élèves étaient retournés à leur conversation, d'autres continuaient à l'observer d'un air anxieux. À la table des professeur McGonagall lui offrit un doux sourire tandis que le professeur Dumbledore lui servait un clin d'œil. Il l'avait invité à passer à son bureau ce soir pour discuter. Eddy songea que c'était quelque chose de nécessaire. En bout de tablée professorale, le professeur Jedusor avait toujours ce même masque charmeur, il crut un instant voir ses yeux rougeoyer alors qu'il retournait à son petit déjeuner.

Médusa aussi l'observait en discutant avec Bellatrix. Salazar suivit son regard et parut inquiet.

—Je suis désolé, tu m'avais dit de faire attention, j'ai baissé ma garde.

—C'est moi qui suis désolé que ma sœur ait utilisé son don sur toi. Ce n'est pas une expérience agréable.

—Ça c'est clair, souffla Kheiron. On peut s'asseoir ?

Il arrivait avec Gwendal d'un air mal assuré, son coquetier dans une main, son toast dans l'autre. Les deux garçons s'assirent près de Salazar qui eut l'air mal à l'aise. L'héritier de Serpentard replongea dans son petit déjeuner. Eddy se demanda si c'était de la curiosité malsaine qui avait amené ses deux camarades de dortoir à s'asseoir près de lui. Il fut méfiant.

—Khey a déjà été Médusé l'année dernière, dit Pettigrew en buvant son verre de jus de citrouille.

—Elle t'a forcé à dire quoi ?

Kheiron parut hésiter, puis songeant que le secret d'Eddy était bien pire que tout ce qu'il avait déjà avoué, il finit par dire du bout des lèvres :

—Je m'étais moqué de son ruban dans les cheveux… alors elle m'a forcé à dire que… ben que je suis homosexuel. Ça a fait le tour de l'école pendant deux jours puis ils sont passés à autre chose. Je ne le savais même pas vraiment moi même à l'époque, mais au moins maintenant les choses sont dites.

—Oh… Evora n'a pas dû bien le prendre, fit Eddy en cherchant du regard la petite Zabini de serdaigle à l'air teigneuse.

Elle était assise près de Xenophilius et Sybille et semblait en pleine conversation à son propos en leur jetant des coups d'œil farouches. Quand leurs regards se croisèrent, elle lui fit une grimace méprisante.

—Evora est ma fiancée, pas mon amoureuse, lâcha Shafiq dégoûté. Ce qu'on nous demande c'est de faire un enfant pour perpétuer notre nom, c'est tout. Elle aussi elle s'en moque.

Eddy songea qu'en effet vu sous cet angle les choses semblaient plus simples.

—Bref, ce qu'on voulait te dire, Lee, fit Gwendal d'une voix hésitante, c'est qu'on comprend plus ou moins ta situation.

—Mais que si t'oublie de prendre ta potion, je te botte le derrière, fit Kheiron d'un ton mi figue mi raisin.

Cela aurait pu sonner comme une menace mais Eddy pensa qu'il y avait peu de chance pour que son condisciple arrive à lui faire du mal. Kheiron avait un demi sourire aux lèvres, signe qu'il plaisantait. Avec un ricanement, Eddy leva les yeux au ciel. Il scella cette promesse d'un signe de main partagé avec ses camarades. Salazar eut un doux sourire en partageant son allégresse. Peut-être que la situation était moins pire qu'il n'y paraissait ?

—Dépêchez-vous les sangsues, on va être en retard en histoire de la magie, entendit-il Médusa claironner en passant près de leur quatuor avec ses amies.

Ils s'y rendirent. Durant le cours, Eddy sentait qu'il était le centre de l'attention de la classe. Le ronronnement de voix du professeur Binns n'était même pas en mesure de capter un peu l'attention des élèves qui ne cessaient de lui jeter des coups d'œil anxieux. Au moins avait-il encore quelques personnes acceptant de lui parler, songeait Eddy. Médusa avait promit d'empêcher les autres de lui chercher les moindres noises, alors quelque part et aussi étonnant que cela pouvait paraître, il lui faisait confiance. Il se retrouvait un peu dans la misère des deux Jedusor, et la jeune fille avait promit de lui apprendre à faire sa potion.

Le reste de la journée se passa dans la même ambiance bizarre. Tous les élèves lui adressaient un regard craintif comme s'il allait exploser d'un moment à l'autre mais ne lui adressaient pas la parole. Il se rendit le soir venu dans le bureau du directeur.

—Bertie Crochue, murmura-t-il devant la gargouille qui pivota.

Il pénétra dans le bureau. Dumbledore l'attendait tranquillement et lui proposa un siège. Ils se regardèrent en chien de faïence pendant un moment avant qu'il ne sente une petite patte griffue lui attraper le bas du pantalon.

—Charme, s'écria-t-il.

L'animal sauta sur ses genoux avec contentement. Eddy le caressa avec plaisir. Il l'avait empêché de rentrer dans la salle d'Astronomie comme Newt avant lui. C'était de la lâcheté sans doute, mais il avait éprouvé le besoin d'être seul. Il ne pouvait pas écouter son gardien, il était trop honteux. Comme à chaque fois qu'il dérapait avec son obscurial, il songea qu'il n'apportait que des soucis à son entourage. Andromeda avait essayé de le réconforter, mais il savait que c'était les troublantes paroles de Médusa qui l'avaient convaincu de descendre finalement de la tour.

—Ton familier se faisait beaucoup de soucis pour toi. Tout comme Newt et Tina. Tu as une pile considérable de lettres de leur part qui t'attendent dans ton dortoir, Eddy, dit son professeur.

—Pardon professeur, murmura-t-il. Je vous ai causé à tous beaucoup d'ennuis.

—Je ne te cache pas que le conseil d'administration de l'école n'a pas caché sa colère que je leur ai dissimulée ta condition. Mais Newt a su plaider ta cause auprès d'eux. Cela s'est joué à peu pour voter ma « démission ».

Dumbledore avait l'air tranquille.

—Je sais que c'est Mademoiselle Jedusor qui t'a forcé à révéler ton secret. Je ne t'en veux pas mon garçon. Tu n'aurais rien pu faire. C'est pour cette raison que je t'ai conseillé il y a quelques semaines de prendre tes distances avec les jumeaux et ton professeur de défense.

—Professeur… si Mr Jedusor est si dangereux, pourquoi l'avoir engagé dans l'école ?

Il songea au fait que Jedusor utilisait des impardonnables sur ses enfants, mais n'osa pas l'aborder avec son Directeur comme il n'avait pas osé en parler à Salazar.

—C'est mon prédécesseur le professeur Dippet qui l'a engagé il y a de cela dix ans avant de me léguer son poste.

Il darda vers un tableau un regard fatigué. Un petit professeur ridé comme un pruneau dormait piteusement dans son encadré.

—Mon estimé collègue, comme le sont encore bien d'autres sorciers malheureusement, a toujours été aveugle concernant Tom. Il y a dix ans ce dernier est revenu après des années d'absence à travailler dans l'ombre. Tom Jedusor a quitté cette école il y a vingt ans avec les meilleurs résultats qu'on eut vu depuis cinquante ans. Il est revenu mari et père, ayant étudié et enseigné dans de prestigieuses écoles de magie. Une situation familiale normale et innocente sous tout rapport. Cela a abusé Dippet qui lui a confié le poste de Défense Contre les Forces du Mal en dépit de mes mises en garde. Tom a depuis assuré avec une excellence toute particulière son rôle de professeur.

Fumseck -de la taille d'une petite poule depuis la dernière fois qu'Eddy l'avait vu- se posa sur l'épaule du Directeur et hulula d'un roucoulement doux. Le garçon trouva Dumbledore usé et fatigué.

—Il y a trois ans le professeur Beery, mon ancien Sous-Directeur et professeur de botanique a pris sa retraite. C'est le conseil d'administration de l'école qui a mit ensuite Tom au poste de Sous-Directeur. Le conseil est présidé par d'anciens camarades de classe de Tom, parmi eux les parents de tes condisciples, comme les Black, les Zabini ou les Lestrange. Je n'ai rien pu faire.

Eddy songea que le directeur avait de moins en moins d'influence dans l'école et que Jedusor comme une ombre tenait de plus en plus Poudlard sous sa coupe. Si un nouvel incident se passait, peut-être que Dumbledore serait vraiment obligé de démissionner. Eddy sentit la pression exercer un nœud coulant sur son cou. Charme miaula pour le rassurer.

—Tu n'as rien à craindre, Eddy. Je ne suis pas encore parti et je n'ai pas l'intention de partir tout de suite. J'ai besoin de savoir ce que le professeur Jedusor manigance. Salazar t'a montré ses pouvoirs je crois, cela a apaisé ton obscurus, n'est-ce pas ?

—O-oui, bafouilla le garçon trop surprit que le directeur soit au courant de ça pour répondre autre chose. Vous savez ce qu'il est ?

—Non, murmura Dumbledore avec lenteur. Hagrid m'a parlé de ce qu'il a vu. Je ne peux pas m'approcher trop longtemps de Salazar et Médusa sans que Tom ne le sache. Tu imagines bien, vu l'inimité que nous entretenons avec leur père que les jumeaux n'ont que peu confiance en moi.

Eddy hocha la tête, incertain, il lui semblait que son professeur ne disait pas tout.

—Ce que Salazar est semble être puissant. Mais le pouvoir de ton ami semble être à même de te maitriser. Maintenant que tout le monde est au courant de ta particularité, j'espérais de ta part une aide précieuse, Eddy. Tu as créé des liens avec Médusa et Salazar, mais plus encore piqué l'intérêt de Tom. Il va se rapprocher de toi, quoi qu'il te propose, s'il te plait viens m'en parler. Ensembles nous pouvons peut-être l'arrêter.

Eddy pensa que si son professeur lui demandait de l'aide c'était que la situation était vraiment grave. Le professeur Jedusor le terrorisait pourtant et il n'osa pas révéler à Dumbledore l'étrange phrase qu'il avait traduite durant le dîner de Slughorn. Il finit par acquiescer de la tête.

—Je n'en attendais pas moins de toi. Je pense maintenant que tu devrais aller retrouver ton dortoir. Une bonne nuit de sommeil dans un vrai lit te fera le plus grand bien. N'oublie pas de répondre aux Scamander, ils sont très inquiets pour toi.

.

.

.

Tom termina son cours dernier cours de la journée avec de pathétiques deuxièmes années. Ils avaient été incapables pour la plupart de réussir à invoquer un simple bouclier de protection durant leur cours de duel. Tom songeait que ces petites vermines n'iraient décidément pas bien loin. La petite Zabini lui tendit les copies de l'interrogation surprise qu'il leur avait donné après avoir constaté leur faibles progrès et se carapata.

Il ne jeta pas un regard aux copies qu'il jeta négligemment derrière lui. Ce soir il n'aurait pas besoin de se rendre au dîner, il avait à travailler, seul. Il commença à monter l'escalier reliant la classe à son bureau en mezzanine.

Alors qu'il allait franchir le seuil de son bureau, il eut cependant la désagréable surprise de voir Dumbledore à l'entrée de sa salle de classe. Le vieil homme paraissait serein, les mains croisées dans son dos tandis qu'il s'avançait d'une démarche tranquille après avoir fermé la porte derrière lui. Voilà plus de dix ans qu'il supportait le vieil homme à nouveau dix mois dans l'année.

Depuis son enfance Dumbledore ne lui avait jamais caché la méfiance qu'il ressentait à son égard et celle-ci n'avait nullement périclité, au contraire. Tom sentit la rage monter en son sein et il se composa une moue sereine :

—Professeur Dumbledore. Que puis-je faire pour vous ?

—Il est bien des choses que tu pourrais faire Tom, mais pour moi, hélas, je crois que tu ne pourras rien faire.

Dumbledore observait la salle de classe, le globe en forme de lune au dessus de sa tête changea de couleur sous l'impulsion de Tom, donnant une lueur verdâtre à la pièce. Sous ce faisceau, la peau du vieillard avait l'air cadavérique. Cette image fut si parlante qu'il ne put retenir un sifflement de joie mauvaise en reprenant :

—Je n'aurai en ce cas pas beaucoup de temps à vous accorder. Du travail m'attend.

—Laisse le jeune Edward en paix, Tom. Je ne te le demanderai qu'une seule fois. Cet enfant a besoin de soin.

—Cet enfant mourra, répondit tranquillement Tom. Je n'ai à vrai dire pas grand intérêt de sa misérable vie. Il a cependant attaqué mon fils et ma fille, il est normal que j'essaie de le canaliser un peu.

—Un fils que tu méprises et une fille que tu utilises, rétorqua Dumbledore sur le même ton. Médusa te ressemble beaucoup au même âge, même s'il lui semble avoir encore la naïveté de croire que tu lui rendras son affection.

—Je vous interdis de parler de ma famille. Cela ne vous regarde pas. Votre position est menacée par l'obscurial que vous avez amené ici sur les recommandations de ce Scamander. Occupez-vous de lui, plutôt.

Chez n'importe qui d'autres, son ton tranchant et glacial aurait suffit à clore la conversation. Dumbledore semblait avoir cependant des choses à dire. Il vrilla Tom de ses yeux bleus. Les deux s'affrontèrent dans un duel d'occlumencie. Chacun semblait prêt à tirer sa baguette. Pourtant, lentement le vieil homme s'écarta.

—Ne reproduis pas les erreurs que d'autres ont commit avant toi, Tom. La famille est ce qu'il y a de plus puissant. Prend cela comme le conseil d'un vieil homme qui a connu situation similaire par le passé.

Tom ne put retenir une grimace. Une colère glacée et dangereuse monta en lui si brusquement qu'il aurait pu tuer Dumbledore dans l'instant. Il arriva à se calmer de justesse tandis que son ancien professeur de Métamorphose quittait la salle de classe.

—Effectivement, je pense bien que la famille est ce qu'il y a de plus puissant. Mais merci de cette mise en garde, Dumbledore.

Dumbledore soupira et disparut enfin en claquant la porte. Tom observa le battant avec l'envie brûlante d'y mettre le feu. Il siffla simplement en retournant à son bureau.

Quand il pénétra dans la pièce, Nagini l'attendait. Elle leva la tête et siffla de contentement.

Dois-je le tuer, Maître ? susurra-t-elle en parlant de Dumbledore.

Non, ma belle. Je m'en chargerai moi même. Je te laisserai son corps flasque si tu le souhaites.

Le serpent n'eut pas l'air ravi. Elle s'enroula autour de ses épaules alors qu'il s'asseyait à son bureau. Il ferma la fenêtre au bout de son office d'un geste négligeant de la main, et invoqua un parchemin pour terminer ses notes. Devant lui un petit grimoire rouge dont les auteurs étaient Newt Scamander et Popertina Goldstein-Scamander : Obscurial, comment guérir, étude de cas.

Cette thèse était sortie deux ans plus tôt en toute discrétion dans les facultés sorcières américaines. Il n'en avait jamais eut connaissance et n'en aurait jamais eut connaissance s'il n'avait pas rencontré le jeune Edward Lee. Ils avaient écrits une thèse sur le garçon ces imbéciles. Il remerciait quelque part ces deux idiots de Scamander d'avoir décortiqué consciencieusement chaque aspect de ce petit romani.

Il darda Nagini d'un regard. Celle-ci lui avait confié qu'elle était un Maledictus le jour où ils l'avaient rencontré Méroé et lui alors qu'ils quittaient l'Albanie. Celle-ci, coincée depuis des années à l'intérieur d'un serpent était devenue presque folle de solitude. Depuis elle était fidèle et dévouée à ses ordres. Elle écoutait pour lui tout ce qu'il se passait dans le château et que Médusa ne lui rapportait pas, silencieusement glissée à l'intérieur de la tuyauterie de l'école. Elle était là, discrète et invisible car il n'était pas encore l'heure de réveiller le Basilic. Non, l'heure du Basilic viendrait bientôt, dès que Dumbledore aurait quitté l'école.

J'ai une petite mission à te confier ma belle, susurra-t-il en fourchelangue. Ensuite tu pourras retourner te reposer auprès de Méroé.

Elle leva la tête d'intérêt, son long corps glissant contre son cou. Il la caressa un instant d'un geste lent et nonchalant puis ouvrit le tiroir de son bureau. Un petit serpent noir couvert de tâches rosâtres ondula vers lui. Il était plus petit que sa main et ses grands yeux noirs attendaient sagement un ordre.

Va emmener ton nouveau camarade auprès de Médusa.

Il se tourna ensuite vers le petit serpent :

Quelque soit le nom qu'elle te donnera, c'est à mon appel que tu répondras. Rapporte moi tout ce qui est dit.

La petite créature opina, il la déposa au sol et elle suivit Nagini en serpentant vers une bouche d'évacuation.

Enfin assuré d'être seul, il ouvrit le livre des Scamander qu'il avait commandé auprès de ses fournisseurs personnels.

« Merci à A.P.W.B Dumbledore pour ses précieux conseils et sans qui ce livre n'aurait jamais été possible »

La dédicace le fit grimacer. Il tourna la page d'un coup sec et lut un passage plus intéressant.

«En 1959, à la poursuite d'un Vert Gallois au nord de Cardiff, nous avons trouvé E.

Le Vert Gallois devait être rapatrié dans une réserve en Roumanie, nous crûmes suivre sa piste alors qu'il s'agissait de tout autre chose. Ce fut en fait une explosion qui nous alerta alors que nous survolions la région. Nous nous posâmes non loin de là, prêts à appréhender le Vert Gallois afin de ne pas violer le Code de Restriction Magique, mais seul un grand brasier se présenta à nous.

Ce qui restait d'une caravane flambait avec en son centre une émanation magique très semblable à celle que nous avions croisé en 1927 à New York1. C'était un Obscurial.

1 voir : La poursuite du Kelpi, le Griffon et autres créatures, N. Scamander, 1938 »

Il prit des notes et lut une autre page :

« E. portait des traces de sévices, pesait dix kilos en dessous de la moyenne. Il ne se manifestait que rarement à l'état humain et nous ne pouvions pas communiquer avec lui par le langage, celui-ci parlant exclusivement le dialecte romani. Nous avons entrepris de communiquer avec lui comme on communique avec un enfant communément pour le calmer, par les contes et les berceuses- »

Oh pitié. Pouvait-on faire plus mièvre ? songea-t-il en repensant à l'air rêveur et niais de ce Newt Scamander. Il prit des notes et avança de quelques pages :

« E. était traumatisé, il est encore à l'heure où nous écrivons ces lignes, incapable de se souvenir de son passé. Des bribes ont pu lui revenir mais la majorité de ses souvenirs sont totalement effacés. E n'a aucune conscience de ce que furent ses sept premières années de vie. Afin de pouvoir le ramener à une forme humaine viable nous n'avons pas tenté de l'aider à se rappeler. Il était à cet instant urgent de lui fournir des soins, car l'obscurus menaçait de l'emporter. »

« Les larmes de phénix étant un des plus puissants antidotes et fortifiant au monde étaient la seule alternative alors que nous allions perdre E après trois ans de soins intensifs. Cela l'a stabilisé le temps que notre potion soit prête, l'Illuminial. »

Jedusor ferma le livre avec un sourire. Il était pressé d'être au lendemain.

.

.

Lorsque Lee arriva ce fut en évidemment en compagnie de Salazar. Ils s'assirent côte à côte sans un mot ni un regard pour lui. Sa fille se trouvait seule au bureau face au sien, le petit serpent discrètement enroulé autour du cou. Il rendit les copies que Eileen Prince avait corrigé pour lui comme elle le faisait si souvent.

Son ancienne condisciple de Poudlard était plus jeune que lui de seulement quelques années. Il ne lui avait jamais porté grande attention pendant qu'ils partageaient les bancs de l'école et les soirées de Slughorn où elle était conviée. Il savait que c'était une brillante sorcière, mais naïve et sotte. Au point d'épouser un moldu alors qu'elle obtenait juste son diplôme. Comme ce fut à prévoir le moldu s'était avéré violent et stupide. Elle avait dû l'occire pour pouvoir s'enfuir avec la sale engeance qu'elle avait créée, le petit Severus.

Elle était ensuite venue le voir, amère et pleine de ressentiment contre les non-magiciens, espérant contre sa soumission les petites faveurs qu'il offrait en son temps à Poudlard. À savoir réparer les sottises des autres. Il l'avait fait, avait fait disparaître le corps et toutes les preuves, à savoir témoins et innocents dans ce que les moldus appelèrent une fuite de gaz. Il n'avait eut aucun mal à la faire rentrer comme suppléante dans l'école. Elle était depuis sa loyale sujette.

Bellatrix Black à sa gauche mirait sa note d'un air ravi, il songea que bientôt elle serait aussi une loyale sujette. Elle avait dans le regard cette souffrance qu'il se délectait de voir grandir et asservir, un peu comme le petit obscurial qui attendait confusément que son devoir arrive. Tom le laisserait languir encore un peu.

Il commença sa leçon d'une voix lente. Il détestait foncièrement enseigner. Non, ce qui l'intéressait c'était repérer les talents, les faiblesses et les blessures chez tous ces jeunes esprits. Il pouvait s'en servir à loisir et les prendre sous son aile. Il n'avait qu'à prononcer quelques paroles et ils étaient à lui. Depuis des années ses serviteurs de plus en plus nombreux attendaient et ils n'auraient plus à attendre longtemps. Il remarqua Salazar griffonnant négligemment dans son carnet. D'un mouvement de doigt sec il fit venir à lui le cahier. Salazar le regarda de nouveau sans expression comme il l'avait toujours fait. Depuis son enfance il ainsi, silencieux à le regarder impassible avec ses grands yeux bleus. Il ne le méprisait que plus.

—Mr Jedusor, retenue en ma compagnie lundi soir.

Il jeta le carnet sur son bureau et retourna à sa leçon. Salazar avait replongé le nez dans ses notes et Tom se demanda à quoi il pensait à cet instant. Depuis qu'il était enfant lire l'esprit de son fils était impossible. Salazar avait toujours su instinctivement se défendre face à lui, renforçant son mépris. La cloche ne tarda pas à sonner. Les élèves –enfin-, commencèrent à s'en aller.

—Mr Lee, j'aimerais vous voir un instant.

Le petit rouquin eut un soupir. Salazar ne bougeait pas, contrairement à Médusa qui le tira violemment par le bras, il fut emporté par le flot d'élèves. Il ferma la porte d'un coup de baguette, pendant que le garçon attendait en regardant ses pieds péniblement plantés sur le sol.

Tom lui tendit sa feuille de contrôle. Un piètre Décevant s'étalait sur le parchemin que Prince avait corrigé. Lee eut une grimace piteuse.

—Ça n'avance pas du tout, Mr Lee… les examens finaux sont pour le mois prochain et vous n'avez absolument pas le niveau pour passer à l'année supérieure.

Lee le savait très bien à en voir son air misérable.

—Bien. Je vais travailler d'avantage dans ce cas, répondit le garçon d'une voix faussement polie. Puis-je partir ?

—Dans le registre de Poudlard avez-vous pu trouver réponse à vos questionnements ?

—Non. Grâce à Médusa avez-vous pu trouver réponse aux vôtres de questionnements ? réattaqua aussi sec le petit rouquin basané.

Tom ne put empêcher la commissure de ses lèvres de se soulever. Il sortit l'étude des Scamander de son bureau et la montra au garçon :

—En m'aidant de ceci, j'ai pu obtenir quelques réponses, il est vrai.

Le garçon n'eut pas l'air surprit. Il était au courant que cette étude existait.

—Pourquoi avoir accepté de participer à ça ?

—Pour aider ceux après moi, d'ici qu'on trouve une solution pour eux, répondit Lee d'une voix faiblarde comme s'il allait se mettre à pleurer.

—Vous vous envisagez déjà mort ? comprit Tom en ne pouvant cacher son dégoût.

—Qu'est-ce que je peux attendre d'autre ? L'Illuminial bloque mes pouvoirs à l'intérieur de moi tandis que l'Obscurus me ronge ! Je me soigne juste pour tenter d'avoir une vie à peu près normale le temps qu'il me reste. Maintenant, je dois aller en cours.

—Est-ce que vous désirez mourir, Mr Lee ? demanda Tom quand le garçon essaya de se détourner.

—B-b-ien sûr que non.

—Dans ce cas pourquoi ne pas se battre pour votre vie ? Vous en avez les capacités. Il vous suffit juste pour ça… de vous souvenir qui vous êtes. Je peux vous y aider. Votre puissance peut être canalisée, vos tuteurs n'utilisent pas les bonnes méthodes tout simplement. Il ne faut pas calmer le monstre en vous en attendant qu'il vous tue. Il vous faut l'affronter.

Cela trouva écho chez le garçon qui releva la tête. Enfin il put commencer à lire les premiers sentiments de Lee. Il était à la fois méfiant et confus. Tom sentit qu'il inspirait au gosse une terreur profonde mais aussi un certain intérêt.

—Vous êtes un concentré de magie noire malgré vous. Vous ne pouvez être traité que par de la magie noire, et pas par des berceuses et autres sornettes. Vous savez, nous nous nous ressemblons plus que vous ne le pensez. J'étais moi même orphelin et perdu comme vous l'êtes aujourd'hui. Un peu moins explosif peut être, mais je reconnais chez vous des traits que j'eus jadis. Vous pouvez être tellement meilleur que cela, Mr Lee.

Ça y était, il commençait lentement à le cueillir. Désormais ils étaient face à face, le gamin le regardait avec de grands yeux perdus.

—Vous êtes clairement un expert dans le domaine de la magie noire, parvint à rétorquer le garçon, acerbe.

—La magie noire n'est ni bonne ni mauvaise, et vous en êtes un concentré. Êtes-vous bon ou mauvais Edward Lee ? C'est à cette philosophique question que nous souhaitons répondre vous et moi. Souvenez-vous de qui vous êtes, et nous approcherons peut-être de la réponse. Je me propose d'utiliser la légilimancie, il me semble que Médusa vous en a fait une démonstration un peu déformée.

—Je ne veux pas que vous rentriez dans ma tête !

—Préférez-vous que ce soit Dumbledore, Mr Lee ? Pourquoi n'a-t-il jamais proposé cette alternative pour vous rendre la mémoire ? Je sais que vous comptez lui raconter notre entrevue une fois celle-ci terminée, mais pourquoi cet homme qui connaît la magie noire mieux que personne ne l'utilise pas pour vous aider ? Oui, Dumbledore pratique les arts sombres, je vous conseille sérieusement de faire des recherches sur Grindelwald.

Elle était là, cette étincelle paniquée entre espoir et désespoir. Le bon moment pour mettre un point final à son discours :

—Il ne vous reste que peu de temps à vivre Mr Lee. Vous devez réussir à retrouver votre famille et à vaincre l'obscurus en vous avant le temps imparti. Je vous conseille de réfléchir…vite.

Quand il vit le regard de Lee, il sentit qu'il avait accroché son hameçon venimeux à l'intérieur de lui. Edward Lee se détourna et partit sans un mot, Tom le regarda faire, serein. Il n'avait plus qu'à attendre que le poison face son effet sur le poisson qu'il avait ferré.

Il termina sa journée de cours dans le même état d'esprit détendu. Le soir venu, il transplana chez lui une fois en dehors de Poudlard.

Le Prieuré Salazar. Il s'étendait sur deux étages au milieu des marécages comme une chapelle gracieuse. Son illustre ancêtre avait été recueilli par des prieurs après que ses parents aient été massacrés pour sorcellerie par ses mêmes sauveurs. Salazar Serpentard avait eut semblait-il un humour des plus piquants pour revenir établir sa lignée dans le lieu même où il avait été maltraité. Grâce au Codex de Serpentard il avait pu retrouver vingt ans auparavant la demeure que les siens avaient depuis longtemps délaissé.

Il pénétra dans la cour carrée de pierre grise. Nagini prenait un bain de lune accrochée à une gargouille en forme de basilic. Quand elle l'aperçut, elle étendit ses longs anneaux, eut un petit sifflement de joie puis commença à onduler pour le rejoindre.

Tom se dirigea vers le fond de la cour carrée et traversa une alcôve de pierre sans prêter d'avantage attention à sa servante qu'il planta là. Il marcha le long du marais jouxtant sa demeure pour arriver au niveau de l'enclot des sombrals. Si le troupeau d'une douzaine de longues créatures squelettiques était bien là à l'observer de leurs yeux laiteux, il cherchait une autre personne.

—Montre-toi, siffla-t-il.

Lentement, des ténèbres d'un bosquet, sa Sangsombre d'épouse apparut. Elle n'était pas aussi misérable que le jour de leur rencontre. Habillée d'une longue robe noire, ses longs cheveux coulant autour de son visage aux traits saillant, elle était même d'une sorte de charme dangereux et glacial. Elle lui sourit.

Comment se portent les jumeaux ? siffla-t-elle.

Elle s'avançait lentement en lui dardant un regard tranquille pour caresser un sombral qui s'apaisa au contact de sa main. Les sombrals aimaient son obscurité et son calme naturel.

Ils se portent bien. Médusa te salue. Suis moi, rentrons.

Un rayon de lune passa près d'elle et son ombre ondula légèrement alors qu'elle le suivait vers son bureau. Les elfes avaient préparé le diner.

En quel honneur dinons-nous ensembles ce soir, cher cousin ? demanda Méroé toujours en fourchelangue en s'attablant face à lui.

Elle éteignit une bougie trop proche de son visage et porta sa fourchette à sa bouche. Ses grands yeux aussi sombres que des caveaux luisaient de curiosités. Ils ne partageaient que peu de temps ensembles, voire quasiment jamais. Chacun vivant à côté de l'autre, faisant chambre à part pratiquement constamment. Ils n'avaient pas besoin l'un de l'autre et c'était presqu'une marque d'affection de leur part que de se voir peu pour que ces moments où ils se côtoyaient aient une quelconque saveur.

Tom aurait cru que la mâter pour servir ses desseins aurait été plus dur. Mais il s'était rendu compte au bout de quelques jours en compagnie de sa cousine éloignée qu'elle était un peu plus intéressante que prévu. Après avoir sondé ses souvenirs et ses pensées, il avait réalisé qu'elle était comme lui.

Elle avait vécu dans la misère et le dénuement, consciente de sa précieuse ascendance sans pouvoir rien y faire, martyrisée par sa génitrice et par les moldus. Elle n'avait pas regretté longtemps la mort de sa mère. Et si Tom savait qu'elle ne lui avait pas pardonné son meurtre, elle trouvait beaucoup plus judicieux de suivre son plan. Ils étaient les deux derniers d'une lignée de talents, sang de leur sang dilué par un moldu pour Tom et par un sorcier romani albanais pour sa cracmolle de cousine. Ils avaient une lignée et une puissance à rebâtir.

Il n'avait jamais confié à sa femme les dernières paroles de sa mère alors qu'il la poignardait. Il avait espéré une prédiction, mais la formulation était encore incomplète. Lee était au courant, mais le garçon était déjà sous son emprise, il le sentait.

Médusa et Salazar se sont fait un nouveau petit camarade, susurra finalement Tom en tendant à la femme l'étude des Scamander. Je te demande de suivre les auteurs de ce livre. Cela te demandera d'être plusieurs jours hors du prieuré. Tu devras être leur ombre, Méroé. Je veux tout savoir d'eux.

Les suivre y compris en plein soleil, siffla la femme.

—Tu auras tes potions fortifiantes, maintenant tais-toi. Lis ce livre et nous en reparlerons demain matin.

Elle finit par acquiescer roidement en jouant avec son verre de vin. Entre ses doigts le liquide parut être noir d'encre. Ils finirent de manger. Elle prit le manuscrit et disparut en éteignant une bougie derrière elle.

Tom songea que sa partenaire d'affaire aurait besoin d'un nombre considérable de fortifiant pour tenir, cuisant au soleil sous l'ombre des Scamander.

Il avait encore à travailler ce soir, mais il se leva cependant tranquillement. Nagini entra en poussant la lourde porte en chêne et siffla :

Médusa a adoré Écho. Elle vous en remercie, Maitre.

Écho. Médusa avait à sa manière le sens de l'humour piquant propre à leur sang, songea-t-il dans un sourire. Sans doute savait-elle très bien qu'il l'espionnait ainsi. Sa fille était à sa façon une de ses réussites, froide, parfois cruelle mais surtout manipulable. Il la rendrait implacable. Elle compenserait Salazar en cruauté et en sadisme.

Nagini alla ensuite se lover dans l'âtre vide de la cheminée heureuse d'avoir effectué sa mission. Dumbledore avait raison, la famille était une chose importante, même si Tom n'en avait jamais eut avant. Il darda un regard sur le Codex de Serpentard posé sur son trépied en forme de et d'une main il fit venir à lui les ingrédients pour une potion fortifiante.

Son chaudron s'alluma derrière lui d'une teinte verdâtre. Il frappa dans ses mains, satisfait. Dumbledore n'avait obtenu que du sursis, cette école serait bientôt à lui comme elle aurait dû l'être légitimement. Il n'était pas pressé.

Comme l'avait dit sa belle-mère avant qu'il ne l'assassine, parfois pour certains le plus sage ce n'est pas d'avancer, c'est de rester bien en place.


J'espère que ce petit chapitre vous aura plu. On se retrouve bientôt pour le suivant, qui s'appellera Edward Daniel Lee. Merci pour vos lectures, commentaires et mise en follow/favoris !