Chapitre 12 : Bienvenue au neuvième cercle
Ce fut à peine si elle profita de la fin du match et encore moins de la victoire des bulls. Dans le taxi qui les ramenait à l'hôtel, dans un silence de plomb qui n'était brisé que par la radio, Hermione repensait en boucle à ce baiser.
Il l'avait embrassée, certes dans le cadre d'un jeu typique de ce genre de sport, mais tout de même ! Il aurait pu refuser de le faire, ce qui faisait aussi partie des moments drôles des kiss-cam, mais non, il l'avait embrassée, elle. Et quel baiser… d'une douceur incroyable et, bien que rapide, cela avait marqué la jeune femme de façon indélébile.
Une fois à l'hôtel, Hermione sortit un peu de sa torpeur. Elle regarda Rogue qui semblait légèrement crispé et elle se demanda si elle devait ou non briser le silence qui s'était installé. Devait-elle revenir sur ce qu'il s'était passé ou laisser ce geste au fin fond de sa mémoire comme étant un simple jeu sans importance ? Elle monta dans l'ascenseur avec lui et hélas d'autres personnes, ce qui la bloqua dans sa tentative de prise de parole… ce qui n'était pas pour la déranger finalement.
Oui après tout, qui sait quelles âneries elle pourrait dire si elle revenait sur ce qu'il s'était passé de toute façon ? Qu'elle avait aimé ce baiser alors qu'elle était censée le trouver juste drôle, tout au plus ?
Sans vraiment faire attention, ils arrivèrent déjà à la suite sans que rien ne soit dit. C'était mieux ainsi…
Elle retira sa veste et ses chaussures et voulut se diriger jusqu'au salon quand un bras lui barra le passage, passant devant son visage. Elle sursauta et se tourna face à Severus dont le regard était terriblement indéchiffrable. Il était si proche d'elle, ayant posé sa main contre le mur derrière elle pour l'arrêter dans son mouvement. Elle se colla dos contre la paroi et l'observa alors qu'il posa son autre main de l'autre côté de sa tête, la bloquant cette fois pour de bon. Pourtant, elle était loin d'avoir peur.
- Je ne supporte plus ce satané silence, marmonna-t-il. Si vous m'en voulez dites-le moi une bonne foi pour toute !
- Je ne vous en veux absolument pas, s'étonna la lionne. Pourquoi vous en voudrais-je ?
- Parce que je vous ai embrassé sans rien vous demander !
- Si cela m'avait dérangé, vous vous seriez pris une gifle, fit-elle remarquer
Bien loin de le calmer, Rogue sembla bouillir de l'intérieur alors qu'il resserra son poing gauche contre le mur :
- Pourquoi diable vous n'essayez même pas de vous débattre ou de fuir, grogna-t-il avec cet agacement qu'elle ne comprenait toujours pas.
- Pourquoi diable devrais-je le faire ? répondit-elle avec ce qui s'approchait elle aussi d'un état d'énervement intense.
Rogue se pencha vers elle et le cœur d'Hermione se mit à tambouriner. Peut-être qu'elle n'était pas en colère finalement, elle ne savait plus vraiment :
- Parce que je ne suis pas censé vous embrasser…
- Et moi je ne suis pas censée avoir envie que vous recommenciez…
À peine eut-elle fini sa phrase qu'il l'embrassa à nouveau. Au début, il fut tout aussi doux que lors du match, mais cette fois, le baiser prit très vite une tournure plus ardente. Hermione ferma les yeux et répondit avec passion aux lèvres de Rogue qui tenta, après un moment, de marmonner quelque chose du genre « on ne devrait pas faire ça ». Il avait raison, certes, mais quand elle voulut le lui dire, ses paroles se perdirent aussi dans la bouche du sorcier.
Chaque seconde apportait son lot de chaleur et de sensations agréables dans le ventre de la jeune femme qui, sans en rougir pour autant, savait que son désir prenait peu à peu le dessus sur sa logique. Elle en voulait plus, beaucoup plus, et elle comprit qu'elle n'était pas la seule quand elle sentit les mains de Rogue se poser sur ses hanches, avant qu'il ne les glisse lentement sous son tee-shirt. Les doigts du sorcier sur son corps étaient brûlants d'envie alors qu'ils grimpaient toujours plus, relevant son haut avec une lenteur terrible.
Lorsqu'il arriva au niveau de son soutien gorge, deux pouces taquins se permirent de passer par-dessus les bonnets pour titiller ce qui était en-dessous. Hermione poussa un très léger soupir de satisfaction alors que, non sans en être étonnée, ce simple contact fit réagir son entrejambe. Rogue dut s'en rendre compte car elle le sentit sourire sans lui relâcher les lèvres, avant d'entamer des mouvements délicats de va-et-vient avec ses pouces sur la partie de sa poitrine devenue plus sensible et dure sous ses attentions.
Quand il cessa ses mouvements si agréables, elle grogna son mécontentement. Ce fut bien pire encore quand il recula sa tête, délivrant à regret sa bouche. Elle en profita néanmoins pour reprendre son souffle, dont elle n'avait pas eu la sensation de manquer, tandis qu'il retirait déjà le tee-shirt de la lionne. Elle était maintenant en soutien-gorge et jean mais ne se sentit pas mal à l'aise pour autant, le regard du sorcier face à elle la scrutant avec tant de désir qu'elle se sentait, pour une fois, bien trop belle pour avoir honte de son corps.
Sans rien dire, et heureusement car Hermione n'avait pas envie d'entendre qu'ils faisaient une bêtise, il posa une main sur sa joue, la lui caressa avant de l'embrasser à nouveau. Elle referma les yeux et sentit cette même main glisser sur son cou… puis sur son épaule… puis sa clavicule… puis sa poitrine. Là, du bout des doigts, il attrapa le bonnet du sous vêtement et le fit descendre pour libérer le sein caché dessous pour mieux emprisonner le bout de celui-ci entre son pouce et son index, le stimulant délicatement en le faisant rouler. Une fois de plus, Hermione soupira de contentement mais là, profitant de l'espace laissé libre, Rogue glissa doucement sa langue dans sa bouche.
Les sensations qui l'assaillirent étaient intenses et la lionne ne sut plus si elle était debout ou non. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle se sentait plus femme que jamais et qu'elle aimait ça.
Il se recula de nouveau, avec lenteur, pour reprendre son souffle mais sans repartir à l'assaut de sa bouche ensuite. À la place, il déposa des baisers sur sa joue et prit le même chemin que sa main juste avant, avec ses lèvres. Quand il arriva à sa poitrine, et après l'avoir embrassée à quelques reprises, il joua avec sa langue contre celle-ci. Hermione se mordit la lèvre et passa une main dans les cheveux du sorcier qu'elle regarda s'amuser. C'était plus érotique que les rêves qu'elle avait déjà pu faire dans sa vie… et qu'est-ce que c'était bon !
Pour qu'il n'y ait pas de jaloux, Rogue s'occupa juste après de l'autre sein de la jeune femme avant de se redresser pour la regarder avec autant d'envie que de sérieux. Hermione ne voulait pas que cela s'arrête et posa une main sur le torse du sorcier face a elle :
- Allons dans votre chambre… dit-il plus comme une question que comme un ordre.
- Oui…
Elle allait s'y rendre mais il la prit dans les bras à la place. Hermione passa ses jambes autour de ses hanches et se laissa faire, non sans sourire alors qu'elle le dépassait pour une fois en taille. Il était moins impressionnant vu du dessus et avec malice, elle l'embrassa d'elle-même. Rogue marmonna sans rompre le baiser pour autant :
- Je ne peux pas avancer comme ça…
- Dommage, répondit-elle en le libérant.
- Ce n'est que pour quelques secondes !
Avec le sourire lui aussi, il se hâta de se rendre dans la chambre de la lionne pour la déposer sur le lit king size, les jambes pendantes au bord. Rogue n'attendit pas pour déboutonner le jean de la jeune femme et le lui retira tout aussi vite, la laissant en sous-vêtements à moitié défaits sur le lit. Comme promis, il reprit le baiser mais aussi ses attentions, au plus grand plaisir d'Hermione qui sentit la main baladeuse du sorcier se placer entre ses jambes, par-dessus le tissu qui la couvrait encore.
Il ne lui fallut pas longtemps pour trouver le point sensible de la lionne qui grogna quand il fut stimulé. Il lui laissa tout loisir de soupirer en laissant sa bouche libre, l'observant seulement alors qu'elle prenait du plaisir sous ses caresses. C'était comme s'il connaissait déjà son corps mieux qu'elle et se contentait de presser et de tourner autour de son bouton de chair de la façon la plus délicieuse qui soit. Hermione le regardait faire tout en se concentrant pour ne pas faire trop de bruit alors que le plaisir l'envahissait déjà :
- Laisse-toi aller… lui dit-il d'une voix rauque.
Hermione ferma les yeux et essaya de se détendre comme il le lui demandait, rendant le plaisir plus brûlant encore :
- Oui, comme ça, l'encouragea-t-il.
L'orgasme arrivait, elle le savait, il était si proche qu'elle commençait déjà à se tendre :
- Tu es si belle Hermione…
L'entendre prononcer son prénom eut raison d'elle et une vague dévastatrice l'envahit pour de bon. Elle retint un cri mais soupira une fois le plus gros de sa torture sensuelle passée :
- Severus…
Pour seule réponse, il l'embrassa tendrement et elle l'agrippa par la nuque pour le tirer contre elle. Il se laissa faire et se retrouva au dessus, la surplombant en essayant de ne pas l'écraser. Elle voulut lui déboutonner sa chemise mais il l'en empêcha :
- Je… je préfèrerais… je préfère la garder sur moi ! bafouilla-t-il.
- D'accord, répondit-elle simplement.
Elle était surprise bien entendue, mais il semblait tellement gêné qu'elle ne voulut pas le braquer. Du coup, elle glissa ses mains plus bas mais, là encore, il la stoppa :
- Il y a un problème ? demanda-t-elle finalement.
En posant la question, la réponse lui arriva en pleine figure… bien sûr qu'il y avait un problème, même deux. Pourtant, il l'embrassa avec tendresse et dit :
- Ce n'est pas ce que tu crois…
- Tu ne sais pas ce que je crois, répondit-elle sur la défensive.
Dans d'autre circonstances, elle aurait aimé l'entendre la tutoyer et le faire en retour. Là pourtant, elle se contenta de détourner le regard en pensant à Cornaline, s'en voulant plus pour elle que pour Cormac… elle était donc horrible à ce point ?
- Je ne pense pas à elle ! Enfin, si, maintenant je le fais vu que je sais que tu penses à elle, s'expliqua-t-il non sans s'empresser d'ajouter. Je ne lis pas dans tes pensées, mais ça se voit !
- Tu t'en veux c'est ça ? demanda-t-elle en essayant elle-même de se sentir coupable.
- Je m'en veux depuis bien longtemps, avoua-t-il. Je la trompe depuis bien avant ce soir.
Hermione tourna la tête avec force face à cet aveu qui lui fit plus mal qu'une gifle. Pourtant, il continua comme si de rien n'était, posant même son front contre le sien :
- À partir du moment où tu es devenue ma première pensée du matin au réveil et ma dernière pensée du soir au coucher… depuis ce moment là je la trompe. Ça fait des semaines que ça dure… tu m'obsèdes, je me languis des moments passés avec toi, je fais tout pour avoir un temps juste avec toi. Et pourtant dieu sait à quel point ça me faisait mal !
- Pourquoi… marmonna-t-elle alors que sa colère laissait place à des larmes incontrôlables et silencieuses.
- Parce que, comment aurais-je pu penser que tu puisses accepter que je te touche comme je le fais maintenant ? dit-il en posant une main sur sa hanche nue. J'ai 20 ans de plus que toi, je suis une chauve-souris asociale, je suis loin d'être dans les standards de beauté … je suis l'inverse de Mclaggen en sorte…
- Et moi je ne suis l'inverse de Cornaline, fit-elle remarquer.
Severus allait répondre mais se recula en constatant seulement maintenant qu'elle pleurait. Il s'empressa de passer sa main sur ses joues pour la réconforter :
- Tu es la sorcière la plus extraordinaire que je connaisse… après ma fille !
Hermione ne put retenir un semblant de rire entremêlé de sanglots, mais il était si adorable qu'elle voulait le croire impérativement :
- Tu es le sorcier le plus fantastique que je connaisse… après mon fils !
Puis après qu'il l'eut embrassé à nouveau avec douceur, elle posa sa main sur son torse :
- J'ai tout gâché hein ?
- Non, loin de là ! répliqua-t-il en secouant la tête exaspérée.
- Alors comment en est-on arrivé à cette situation ? ironisa-t-elle.
- Parce que tu as voulu retirer ma chemise alors que je n'aime pas mon physique ? proposa-t-il faussement réflexif avant de presque s'exclamer. Ah, non, je me rappelle…
Il regarda la jeune femme quasiment nue sous son propre corps habillé et répondit avec déception :
- C'est parce que nous n'avons pas de préservatif et donc, je préfère garder mon pantalon. Mais ne t'en fais pas, reprit-il comme une promesse, je peux encore te faire du bien tout en restant habillé !
- Oh… je n'avais pas pensé à ça…
Tomber malade ou pire, enceinte d'un autre homme, serait sûrement une idée bien plus terrible que de juste tromper son mari… non, vraiment, rien n'allait dans cette phrase, pourtant elle n'arrivait toujours pas à se sentir coupable. Severus ne semblait pas non plus se sentir si mal que ça, car il sourit et répliqua :
- J'ai dû être sacrément efficace pour que tu cesses de réfléchir ! se moqua-t-il. Alors qu'est-ce que ce sera la prochaine fois, quand j'utiliserai tout mon… potentiel !
- La prochaine fois ? répéta-t-elle en utilisant le même ton badin, qui te dis qu'il y aura une prochaine fois ?
- Oh, il n'y en aura pas ?
Il s'installa plus confortablement sur elle, la bloquant au passage au niveau des hanches, et lui attrapa les poignets avant de lui tendre les bras au dessus de sa tête. Il aurait pu être effrayant si son regard n'était pas aussi malicieux et lubrique :
- Alors il va falloir que je profite de toi autant que faire se peut, une bonne fois pour toute et de toutes les façons possibles et inimaginables !
- Sans préservatif ce serait irresponsable, argua-t-elle en souriant amusé en sachant qu'il s'agissait d'un jeu.
Severus se pencha sur elle et murmura :
- Il y a des tas de choses que je peux te faire sans risque, il suffit d'un peu d'imagination !
Hermione vira au rouge pivoine, elle en était certaine. Elle n'était pas prude, certes, mais ses pratiques restaient conventionnelles et imaginer autre chose la sortit de sa zone de confort, mais le sorcier reprit :
- Tu es déjà choquée ?
- Non, mentit la lionne.
- Vraiment ?
- Oui, grogna-t-elle.
- Alors je peux faire tout ce que je veux ? se moqua-t-il.
- Non !
- Alors dis-moi ce que tu aimerais que je te fasse, continua-t-il avec taquinerie.
N'était-ce pas une drôle de question à poser à une femme ? N'avait-il pas seulement à la toucher comme il l'avait déjà fait juste avant ?
- Je… eh bien… j'aimerai… je ne sais pas… choisis toi-même !
- Nous sommes deux dans ce lit, fit-il remarquer. Je ne suis pas le seul à décider.
C'était bien la première fois qu'on lui disait une chose pareille ! Certes il fallait être deux, mais les femmes n'avaient pas grand-chose à faire en règle générale !
- Hum… je sens que je vais devoir redevenir professeur…
En disant cela, la voix de Severus fut étonnamment plus grave et Hermione constata que cette idée semblait lui plaire. Pour tout avouer, cela lui plaisait à elle aussi.
- Je veux bien que… que tu me donnes une bonne leçon, bafouilla-t-elle alors qu'elle aurait aimé paraître sûre d'elle.
Le sorcier ferma les yeux un instant, l'air une nouvelle fois tendu mais pas comme à leur arrivée dans la suite. Il semblait se concentrer :
- Ça va ? s'inquiéta-t-elle.
- Oui…
- Tu es sûr ?
- Oui, dit-il en rouvrant les yeux. J'essaie juste de ne pas me soulager dans mon pantalon comme un adolescent !
- Pourquoi ? s'étonna-t-elle.
Était-ce si terrible que ça que de jouir dans son sous-vêtement ? Cela venait bien de lui arriver à elle !
- Je ne suis pas une femme, fit-il remarquer avant de s'expliquer, si je jouis comme ça, je n'ai pas d'autres essais avant plusieurs heures et ce serait dommage pour moi !
Des heures c'était peut-être un peu exagéré non ? Cormac y arrivait en quelques dizaines de minutes tout au plus. Severus dut comprendre à quoi elle pensait car il s'agaça un tantinet :
- J'ai plus de 50 ans, je ne suis pas un sextoy qui fonctionne à pile et qu'on allume en appuyant juste sur un bouton !
- Je n'ai rien dit, fit-elle remarquer en gardant son calme.
Note pour plus tard : ne pas parler de son âge à Severus ! Hermione sourit, qu'est-ce qu'elle aimait penser à lui par son prénom…
- Tu te moques de moi maintenant ? s'énerva-t-il un peu plus en la relâchant.
Il avait peut-être la cinquantaine mais réagissait souvent comme un adolescent.
- Non, répondit-elle en gardant son sourire et son calme. Mais je sais ce que je veux vraiment maintenant !
Severus la regarda avec méfiance et il avait peut-être raison :
- Je veux te faire jouir et que tu en profites pleinement !
Il ne trouva rien à redire sur ce coup là et la lionne s'en réjouit dès lors. Elle n'était pas douée pour beaucoup de choses, mais si elle devait participer, elle savait ce qu'elle pouvait faire ! Elle le fit s'allonger à son tour et il se laissa étonnement faire, sûrement plus par choc que par envie. Elle se redressa ensuite sur ses genoux, sur le matelas et posa sa main contre l'entrejambe du sorcier. Il était à l'étroit et elle put sentir la forme dure qui formait pour l'instant une bosse dans son pantalon.
Après avoir déboutonné le dernier rempart, elle baissa le boxer de Severus et vit se tendre face à elle son membre engorgé. Il avait peut-être la cinquantaine mais n'avait rien à envier à un jeune étalon, mais elle garda ses remarques pour elle. Doucement, elle l'attrapa à pleine main et sentit le sorcier se crisper dès son premier aller-retour sur sa longueur. Oui, ça, elle savait le faire ! C'était la première chose qu'elle avait apprise à faire d'ailleurs, et Severus ne semblait pas s'en plaindre alors qu'elle s'attarda un peu sur le bout sensible de son membre.
- Oh bon sang, soupira-t-il d'aise.
Comme quoi, elle avait de bons restes ! Elle accéléra le rythme au fur et à mesure que les complaintes de Severus se faisaient plus sonores. Il baissa la tête pour la voir s'occuper de lui et se mordit la lèvre inférieure tout en essayant de garder le contrôle :
- Mets… mets le dans ta bouche… s'il te plaît !
Hermione le regarda puis regarda le membre qu'elle stimulait… comment pouvait-elle mettre ça dans sa bouche ? Elle se pencha au dessus de lui quand-même, hésitante, essayant d'ouvrir la bouche le plus possible. À peine sa langue toucha-t-elle le bout sensible de Severus qu'elle sentit la jouissance de celui-ci.
…
- Je suis désolée…
- Je t'ai déjà dit que ce n'était pas grave !
- Oui enfin, je suis désolée quand-même…
- Mais arrête de t'excuser, c'est moi aussi, j'aurais dû m'assurer que tu savais…
- Je sais faire, se défendit-elle. Je n'ai juste pas l'habitude…
Elle s'était déjà excusée des dizaines de fois mais s'en voulait toujours autant. Ils avaient eu le temps de prendre chacun une douche et de se rhabiller mais sa honte était toujours palpable malgré la gentillesse dont il faisait preuve.
- J'ai pu le constater, soupira-t-il, mais ça va, tu ne m'as pas circoncis non plus ! NON, sérieusement, si tu t'excuses encore, je sors !
Note pour plus tard numéro deux : ne pas fermer sa mâchoire sous la surprise du nirvana de Severus. Mais elle ne l'avait pas vu venir aussi, il semblait si serein encore quelques secondes avant d'atteindre le septième ciel ! Enfin, vu son regard noir, il était temps qu'elle arrête de s'excuser. Il sembla content et demanda alors :
- Je vais commander à manger, j'ai étrangement de nouveau faim. Tu veux quelque chose ?
- Oui, j'ai un peu faim moi aussi.
- Qu'est-ce qui te fait envie ? Du salé ou du sucré ?
- N'importe tant que c'est comestible.
- Une saucisse alors peut-être ?
- Severus je t'ai déjà dit que j'étais…
Elle se stoppa à temps et ne tomba pas dans le piège du sorcier qui eut un sourire moqueur :
- Bien rattrapé Granger.
- Granger… vraiment ?
- Oui, vraiment, tu t'appelles Granger, dit-il en prenant un air inquiet. Où alors je me suis trompé de dentistes à l'époque et je t'ai ramené des inconnus !
- Tu sais très bien ce que je veux dire !
- Oui, je sais, concéda-t-il en souriant, fier de lui.
Puis, il ajouta avec plus de sérieux :
- J'aime bien ton nom… et ça me rappelle que tu as préféré le garder plutôt que de prendre celui de ton mari.
Il n'en dit pas plus et se dépêcha d'aller commander plutôt que de voir le regard étonné qu'elle devait arborer. Pourquoi avait-il dit ça ? Pour se moquer ou au contraire pour dire qu'il était jaloux ? Ou pire… pour rappeler à la jeune femme qu'elle était une mauvaise épouse ?
Oui… elle l'était, elle en était certaine maintenant, elle n'avait pas besoin qu'on le lui dise !
Quand Severus revint, il s'installa à ce qui faisait office de bureau dans la pièce et sortit un dossier du tiroir. Hermione ne savait même pas qu'il y avait des documents là dedans :
- Qu'est-ce que c'est ?
- Les factures, les papiers importants et autres documents que je consigne pour mon travail, dit-il en mettant à l'intérieur les tickets du match qu'il avait gardé.
- Ton patron à besoin des places du match qu'il t'a lui-même donné ?
- On ne sait jamais, les comptables et autres secrétaires se débrouilleront à faire le tri.
- Tu es un directeur adorable, s'amusa-t-elle.
- Si jamais un jour tu veux un poste de secrétaire, je te montrerai que je peux être sympathique.
- Quand je serai ministre ce sera toi mon secrétaire, rétorqua la lionne en lui tirant la langue.
- Tu me paieras des billets pour des matchs de basket ?
- Peut-être, si tu tries bien les papiers.
- Je sais en faire des bateaux, des fleurs et autres animaux, ça compte ?
- Hum… je pense que oui. Je pourrais tous les garder précieusement comme ça.
- Aux côtés de ta rose en serviette de table ?
- Auprès de moi oui.
Cette réponse sembla le satisfaire, mais cela ne l'empêcha pas de refuser le poste avec un commentaire acerbe.
…
Le lendemain matin, ou plutôt le matin même, Hermione se réveilla difficilement. Elle avait l'impression d'avoir fait un cauchemar, sans pour autant se rappeler de ce dernier. Elle essaya un instant de s'en souvenir mais abandonna vite alors qu'elle essaya de se frotter les yeux, sans succès. Sa main était coincée entre un corps chaud et un bout de tissu aussi doux que de la soie. Quand elle ouvrit les yeux, elle comprit.
Elle se souvint s'être endormie avec Severus après avoir parlé de longues heures avec lui dans la nuit. Elle avait sa tête au creux de son épaule, contre son torse, et sa main était sous sa chemise de pyjama. Elle ne bougea pas l'espace d'un instant, se concentrant sur la respiration régulière et calme du sorcier. Il sentait bon le gel douche mais elle regretta néanmoins l'odeur de tabac froid qui planait toujours légèrement en fond. Enfin, ce n'était pas grave, il restait très confortable même s'il était un peu trop sec et pas assez molletonné.
Elle glissa doucement sa main contre le torse de Severus, se demandant pourquoi il avait dit avoir honte de son physique la veille au soir. Il semblait bien bâti, il n'avait pas de pack de six mais n'avait pas non plus un ventre à bières. Il n'avait pas de pectoraux très développés mais n'avait clairement pas non plus une poitrine de femme. Il n'avait pas de poils en revanche, mais son torse piquait légèrement, signe que monsieur prenait le temps de se raser. C'était surprenant pour quelqu'un qui ne voulait pas se montrer sans chemise… à moins que cela ne soit pas pour une raison esthétique qu'il faisait cela. Peut-être que cela avait un lien avec cette drôle de boursouflure qu'elle sentit non loin de son cœur et qui semblait remonter de façon anarchique…
Il lui fallut quelques secondes pour comprendre qu'il s'agissait de cicatrices. Elle avait remonté sa main jusqu'à sa clavicule et se doutait que cela grimpait encore plus haut… jusqu'à sa gorge. Elle avait tendance à oublier dans quel état elle l'avait laissé dans la cabane hurlante ce soir là… ce soir où il lui avait été impossible de le laisser se vider de son sang. Il avait été déchiqueté par un serpent, elle l'avait aidé au mieux, mais c'était normal qu'il lui reste des marques de ce passé là. Était-ce d'ailleurs pour cela qu'il avait une barbe de plusieurs jours ?
Retenant un sanglot en revoyant la scène horrifique devant ses yeux, elle remit sa main sur le ventre de Severus et se serra contre lui :
- Je vais bien aujourd'hui…
Hermione sursauta en l'entendant. Il avait murmuré plus que parlé, mais elle avait bien entendu.
- Je suis en vie grâce à toi.
- Et nous le sommes tous grâce à toi…
- C'était le but de mon sacrifice.
- Tu n'avais pas à mourir.
- J'en avais envie…
Hermione voulu redresser sa tête mais il la serra contre lui pour l'empêcher de bouger.
- Je t'en ai voulu de m'avoir sauvé, avoua-t-il doucement. J'avais tout prévu… j'allais pouvoir m'éteindre et oublier la mort de Lily et d'Albus après avoir sauvé ceux qui pouvaient encore l'être. Au lieu de ça, je me suis réveillé en enfer. J'étais à Sainte-Mangouste, j'agonisais, je n'avais connu de telles douleurs qu'après avoir perdu ceux que je voulais oublier. J'étais dans un purgatoire horrible, condamné à avoir mal…
La lionne était figée, jamais elle ne s'était imaginée ça…
- C'est mon ami Christian qui m'a pris en charge, il a tout fait pour me faire survivre là où les autres voulaient me laisser mourir. J'étais un traître même auprès de ceux qui devaient s'occuper de moi. Cornaline et lui se sont relayés pour ne jamais que je reste seul avec les soignants, dit-il en soufflant d'ironie par le nez. Pourtant, ils savaient que j'aurais préféré que quelqu'un mette fin à mon agonie.
- Tu étais innocent et…
- Pour la majorité des gens, je restais un traître. En tout cas je l'ai été jusqu'à ce que Minerva et Kingsley ne mettent les choses au clair grâce à toi et Potter. Enfin, je restais un traître à mes propres yeux… et j'avais ce que je méritais ! Si j'étais encore en vie c'était que le destin voulait que je paie pour mes erreurs passées, non ?
- Le destin ce n'est que le hasard…
Rogue ricana alors même que la lionne n'avait pas voulu être drôle en le citant. Puis il reprit en lui caressant l'épaule :
- Mon hasard a fini par avoir un autre nom : Granger ! Quand Minerva m'a expliqué que c'était toi qui m'avais sauvé… je t'ai haï de tout mon être… et en plus tu voulais venir me rendre visite ! Tu comprendras sans peine pourquoi j'ai refusé. Si j'étais en enfer alors, tu étais le diable en personne.
Fallait-il qu'elle s'énerve ou bien qu'elle se taise pour savoir où il voulait en venir ? Elle opta pour la seconde option, bien que garder le silence n'était pas son fort.
- Puis, avec le temps, les douleurs ont étonnement fini par diminuer… les gens ont cessé de me juger… mes peurs se sont dissipées et un jour, j'ai fini par guérir. Cornaline était là à chacune de ses étapes, comme elle l'avait été à une époque lointaine et j'avais l'impression que, même si cela allait être difficile… que j'allais avoir le droit de vivre pour moi. Mais pour ça, je ne voulais plus être reconnaissant envers personne et pourtant, je l'étais envers la célèbre Hermione Granger !
En disant cela, il lui caressa cette fois les cheveux. Il avait desserré son étreinte maintenant qu'il savait qu'elle ne bougerait pas.
- J'avais appris que tu avais fait partir tes parents car Voldemort m'avait demandé de te surveiller. Le hasard fait bien les choses parfois. Je savais que tu aurais du mal à les retrouver, tu es si douée qu'il était certain que tes parents, t'ayant complément oubliée, seraient partis loin.
- Et comment tu les as retrouvés alors que même moi je n'y arrivais pas ?
- Cornaline est… disons qu'elle a un don pour retrouver les gens, même ceux qui ne veulent pas l'être !
- C'est elle qui…
- Elle m'a donné l'adresse puis j'ai ensuite pu les retrouver sur place… et tu connais la suite.
- Tu m'as rendu ma vie après que j'ai sauvé la tienne, tout ça pour ne plus rien me devoir ?
- Pour vivre libre oui.
- Oui enfin tu devais un service à Cornaline du coup, et même à ce fameux Christian.
- Chris est mon meilleur ami, je ne lui dois jamais rien et inversement. Nous avons cessé de faire les comptes depuis bien trop longtemps. Quant à Cornaline, elle me devait elle-même un service, elle a payé sa dette grâce à cette adresse !
- Oh… et pourquoi elle te dev…
- Je serais obligé de te tuer si je te le disais.
Sans savoir s'il plaisantait ou non, il continua :
- Tout ça pour dire… eh bien… merci je crois…
- Tu crois ?
Cette fois elle se redressa comme elle put et le regarda :
- Je suppose oui… je t'en veux toujours un peu de m'avoir mordu hier ! plaisanta-t-il.
- Quoi ? Mais tu m'as dit que…
Il la fit taire d'un simple baiser… elle s'était fait avoir ! Mais elle ne lui en voulut pas longtemps car, juste après, il lui rendit la parole. Enfin, d'une certaine manière, car il se contenta de la faire « crier » avec brio.
Peut-être que Severus avait eu raison sur certains points, elle était probablement le diable en personne pour ne pas s'inquiéter un peu plus des conséquences de ses actes. Elle ne l'avait pas fait à l'époque où elle prit la décision de le sauver… mais elle ne le faisait pas vraiment plus aujourd'hui en prenant celle de faire comme si elle n'avait pas de famille en Angleterre. En tout cas pour l'instant, mais est-ce que cela allait durer bien longtemps ?
OoOoOoOoOoOoOoO
Note :
J'espère que ce chapitre vous aura plu et que trois chapitres n'aura pas été de trop en une semaine ;)
Merci pour votre soutien, vos retours et vos lectures, comme toujours.
A bientôt ^^
