Salut!
Voici le chapitre 22!
Merci les guests, j'adore vos petits messages. ça fait plaisir de voir que je ne suis pas toute seule ici :)
Merci Jennifer! Je suis ravie que cette histoire te plaise et que tu laisses une trace de ton passage à chaque fois, ça me touche beaucoup :)
Bonne lecture
A bientôt
¤o¤o¤
Chapitre 22
Crazy for you
Adele
¤ Bella ¤
Je suis dans un tramway en direction de chez Carmen.
J'ai un rancard avec Edward, un vrai, en bonne et due forme. J'ai cédé. Enfin, pas vraiment cédé, accepté plutôt.
Maintenant que j'ai commencé à me laisser aller dans notre relation, j'ai envie d'expérimenter toutes les facettes du couple. Évidemment, j'y vais petit à petit, je ne me suis pas métamorphosée pour autant, mais il me semble que diner avec son petit-copain est quelque chose de banal pour le commun des mortels. Alors je le tente et si ça ne me plait pas… eh bien nous verrons.
J'essaie de moins réfléchir, de moins penser à ce qui va ou ce qui pourrait arriver. Je n'aime toujours pas les surprises, c'est un fait, et je crois que je ne les aimerai jamais mais je me détends sur l'avenir. Quoiqu'il arrive je vais le gérer, comme je l'ai toujours fait.
Mon téléphone annonce un message.
« Tu me manques… J'ai envie de toi. »
Edward…
Je passe plus de temps chez lui. Toutes mes soirées et quasiment l'entièreté de mes week-ends.
Ça me va.
J'ai encore de temps en temps besoin de rentrer et de me réfugier chez moi. Il le comprend et ne force rien. Il me laisse libre de mes choix en me donnant son point de vue mais sans me culpabiliser ou m'influencer même s'il ne semble jamais se lasser de ma présence.
Plus je le côtoie et plus je m'aperçois qu'il est parfait pour moi.
Bon… presque parfait… mais je serais une vraie dinde de me plaindre de ses imperfections, et puis, elles ne me dérangent pas plus que ça. Nous sommes fondamentalement différents sur quelques points mais sans que nous ayons besoin d'en parler, nous nous ajustons et les choses roulent.
C'est naturel, évident.
Par exemple, il aime bien glander devant la télé. Ça m'horripile. Mais si je lui propose quelque chose à faire, il l'éteint et m'accompagne ou s'il voit que le son m'agace alors que je lis, il prend sa guitare ou se met au piano pour jouer, chose que j'adore. Il accepte que ma vie et mes affaires soient strictement ordonnées mais les siennes sont constamment en désordre. Je l'accepte tant qu'il ne les laisse pas trainer sous mon nez. Il est désordonné, toujours en retard, il oublie toujours quelque chose, perd ses clés... tout ce que je ne suis pas.
Ce ne sont que de petites choses, mais elles ne moisissent pas notre entente, j'ai même l'impression qu'elles renforcent nos liens. D'autant plus que nous avons beaucoup plus de points communs que de points de discordes.
Et l'un d'entre eux est le sexe.
Nous n'arrivons pas à nous tenir deux minutes l'un près de l'autre sans nous consommer et nous consumer. Nous avons expérimenté toutes les pièces et les recoins de la maison. Je crois que la salle de bains et plus particulièrement la douche ont la préférence d'Edward, moi j'adore le salon et son canapé.
Nous sommes constamment l'un sur l'autre ou l'un dans l'autre, excepté lorsqu'il s'agit de nourriture. Dans ces cas-là, on mange.
Quoique… Ça me rappelle cet épisode particulièrement érotique où il était question de fraises et de chantilly.
Putain ! Je ne dois pas penser à ça sans quoi je vais faire demi-tour.
Nous avons le même appétit insatiable l'un pour l'autre et ne pas le toucher m'est devenu difficile. Alors je ne m'en prive pas.
Il semble que plus nous nous découvrons, plus nous nous attirons, pour notre plus grand plaisir à tous les deux.
Je ne suis pas farouche et toutes ses idées lubriques me séduisent.
Il est un dominant. Il aime avoir le contrôle lors de nos rapports. Il aime guider, décider et il adore l'attitude docile que je consens à lui donner dans ces occasions.
Oui je consens, parce que moi aussi j'aime le contrôle, pour toute chose, mais avec Edward, je ne me sens pas abusée. En plus, il connait parfaitement les endroits de mon corps qui me font exploser. Il me rend dingue et je veux bien me perdre dans cette folie avec lui.
Aussi, il peut me laisser maitre du jeu et dans ces cas-là il semble prendre un plaisir qu'il n'avait jamais expérimenté avant moi. J'en ressens une sorte de fierté.
Là encore, nous nous entendons.
J'ai accepté la place qu'il me fait auprès de lui dans sa vie et… dans son placard.
Pour une meilleure organisation, je laisse quelques fringues disponibles chez lui et quelques affaires de toilettes. Peu, mais c'est énorme pour moi.
Deux tee-shirts, un short, un jean et deux soutien-gorge, ma brosse à dents et une brosse à cheveux et autant de culottes que possible.
Edward adore déchirer mes culottes, des accessoires totalement superflus d'après ses dires. J'aime trop ça pour l'en empêcher. J'aime trop sa fougue, l'étincelle lubrique de ses yeux juste avant qu'il ne le fasse et la lascivité qu'il dégage juste après.
Jamais je ne m'étais imaginée en couple, jamais je n'avais même émis la pensée que je puisse avoir un pied à terre chez un homme et l'apprécier.
La maison d'Edward est un peu la mienne, je m'y sens bien, comme en vacances. En tous cas, comme l'idée que je me fais des vacances puisque je n'en ai pour ainsi dire jamais pris.
La question du baiser hante un peu mes pensées. Le fait est que j'en ai envie, je crois… j'hésite toujours. Quand on attend trop longtemps pour faire quelque chose, il est parfois difficile de passer le cap. En plus, Edward ne semble plus pressé. Il semble s'être fait à l'idée que c'est un pas important et il ne le prend pas à la légère.
L'embrasser est le dernier rempart qui me « protège » d'Edward. J'ai la sensation qu'après ça, je ne pourrais plus me passer de lui, qu'il me deviendra indispensable. Dans un sens il l'est déjà, il a réussi haut la main les « épreuves » que je lui ai infligées, même si je ne l'ai pas fait sciemment. Mais quelque chose, ma folie, mon orgueil, mon désordre mental peut-être, m'empêche encore de me laisser aller à l'embrasser.
Quoi qu'il en soit, nous n'avons toujours pas passé cette étape, bien que sexuellement nous ayons dépassé bien des barrières.
Je suis donc en direction de chez Carmen pour lui emprunter une robe.
Edward a proposé de solliciter Rose ou Alice pour ce faire mais l'affaire est compliquée pour moi et je préférerais faire appel à une personne qui m'est intime.
D'autant plus que Carmen si elle est plus petite que moi est un peu plus en chair, de ce fait nous faisons la même taille.
Je connais ses goûts vestimentaires de pin-up et j'espère qu'elle aura dans sa garde-robe un vêtement qui me ressemble. Simple, juste simple.
J'arrive devant chez elle détendue, contente de la retrouver et sereine.
Je ne sais pas encore à quoi je m'expose.
¤ Edward ¤
Je suis comme un dingue et je tourne en rond dans cette maison vide sans que rien, ni la musique, ni la télé, ni le travail et encore moins le rangement ne parvienne à m'absorber.
Nous sommes jeudi, jour noir où Bella ne passera pas la nuit chez moi parce qu'elle doit se « préparer » pour notre rancard qu'elle a accepté au dernier moment. Enfin au dernier moment, tout de même 15 jours après que je lui ai proposé, soit hier soir, en murmurant un « d'accord » à peine audible, juste avant de sombrer dans le sommeil.
Lorsque je lui ai demandé de confirmer ce matin, elle m'a regardé avec une moue délicieuse mais qui ne me donnait pas la moindre information quant à sa réponse. C'est quand elle a éclaté de son rire à la fois moqueur et empli de malice que je l'ai poursuivie pour la condamner à une bataille de chatouilles en règle. J'ai gagné la partie quand j'ai fini par lui faire l'amour sur mon canapé, sa tête enfouie dans les coussins et ses fesses tapant contre mon bassin d'une façon torride.
En réalité, je ne sais pas vraiment si j'ai gagné, j'ai la réelle impression qu'elle gagne à tous les coups, sur tous les points, toujours. Mais je m'en fous, surtout si le lot est moi, nu, en elle.
Je dois arrêter de penser à ça… Je suis déjà dingue, je ne veux pas aller la chercher où qu'elle soit et la trainer de force dans mon lit. La forcer… ce ne serait pas possible dans tous les cas, autant oublier cette option.
J'ai préparé avec minutie notre rendez-vous. Je ne sais pas si c'est romantique. D'ailleurs c'est quoi le romantisme ? Montrer à sa nana qu'on veut lui faire plaisir, apercevoir cette étincelle irrésistible qui anime ses yeux quand elle est heureuse, la sentir se serrer contre moi ou prendre ma main pour me montrer qu'elle apprécie ? Très bien, alors oui, je suis indubitablement romantique parce que je veux tout ça avec elle.
Je veux la rendre heureuse.
Je ne veux pas la mettre mal à l'aise et j'ai saisi que ce rendez-vous arrangé où nous serons tous deux apprêtés, différents en un sens, l'incommode. Je sais qu'elle ne se force pas, pas son genre, mais je sais aussi qu'elle fait un effort pour me faire plaisir. Du moins c'est ce que j'en déduis parce que si Bella parle un peu plus, il est trop tôt pour qu'elle livre l'entièreté de ses pensées et la comprendre est toujours un peu compliqué. Mais je suis patient et je la laisse venir à moi à son rythme.
Elle a fait un grand pas lundi soir, inutile de lui en demander trop.
Elle ne m'a pas donné les détails de sa « préparation ». Alors je déduis, parce que je n'arrive pas à penser à autre chose.
Elle n'est pas chez Alice ou Rose, elle a refusé que je leur demande une robe pour elle. Cette fille n'a pas de robe… C'est incongru, c'est Bella.
Je pense qu'elle sera chez Sue ou Carmen. Connaissant un peu le style jean baskets de Sue, ma dernière hypothèse valable penche pour Carmen.
Carmen est une femme très… féminine. Elle est sexy, on ne peut pas le nier, même à son âge, peut-être quarante-cinq ans, c'est dur à dire. Elle a beaucoup de charme et ses coiffures travaillées, ses vêtements ajustés, ses chaussures hautes ajoutent encore une touche de séduction notable.
Je vois bien Bella dans une de ces robes genre années cinquante, plutôt moulante et surtout des escarpins.
C'est un peu comme un rêve et je suis comme un gosse au matin de Noël.
Putain ! J'arriverai jamais à dormir en pensant à ça !
Une douche froide et au lit.
¤ Bella ¤
Carmen m'accueille chaleureusement, comme d'habitude, mais avec une étincelle dans les yeux qui signifie qu'elle est en joie de me préparer pour mon premier rancard.
Elle connait l'affaire. Je lui ai raconté au téléphone.
Elle a toujours eu l'attitude bienveillante d'une mère, ou du moins de ce que j'en imagine, et m'aider dans cette tâche la rapproche encore un peu plus de ce statut. D'autant plus qu'elle le fait par amour, sans autre intérêt que de m'aider, pas par devoir.
Putain ! J'aime cette femme ! Même si je vais finir par la détester ce soir, mais ça je ne le sais pas encore.
Elle prend ma main et me dirige vers sa chambre. Elle est excitée comme une puce, comme une ado et son visage s'éclaire de cette lueur malicieuse qu'elle affiche couramment.
- Alors… J'ai préparé un assortiment de robes ! lance-t-elle guillerette.
Je refoule la grimace qui menace de poindre. La seule robe que j'ai portée est celle de plage. Je m'y sens bien puisqu'elle ne sert qu'à dissimuler mon maillot pour un temps court.
Une dizaine de robe sont étalées sur le lit. Les couleurs sont plutôt vives et les motifs particulièrement floraux. Elles sont belles, oui, mais a première vue aucune ne m'attire vraiment.
Elle sent ma contrariété et s'efforce de trouver une solution.
- Il faut les passer pour s'apercevoir de l'effet qu'elles auront sur toi.
- Toutes ?!
- Oui, toutes. Allez jeune fille, à poil !
Et merde ! Je ne vais pas pouvoir y couper, mais je vais choisir quand même.
- Attends Carmen. Tu sais que je ne suis pas habituée à… tout ça, j'agite mes mains au-dessus des habits. Je vais commencer par sélectionner un peu.
Je soulève les robes, Carmen m'aide. Les rouges et les oranges chatoyants me sautent aux yeux et me donnent la nausée.
- D'abord, je veux une couleur discrète.
- Bien, regarde celle-ci.
Elle est rouge avec quelques petites fleurs noires. Elle est magnifique mais… rouge.
Quelle est la définition de « discrète » pour Carmen ? C'est un mystère.
Elle voit que j'hésite. Je ne veux pas la contredire et je veux qu'on passe un bon moment mais je vais devoir prendre sur moi et faire un effort considérable.
De mauvaise grâce mais avec le sourire, je passe la robe rouge.
- Oh bon sang tu es splendide ! s'excite Carmen.
Elle est exactement à ma taille et c'est vrai que ma peau légèrement halée et mes cheveux bruns sont parfaitement assortis.
Mais même si elle est cintrée et dessine finement ma taille, elle est vraiment trop évasée. Je connais son style rock n'roll des années cinquante et je l'apprécie… sur elle. Là, c'est trop pour moi.
- Carmen, je ne vais pas à un festival de vieux rockeurs, je vais juste manger.
L'air de Carmen s'assombrit. J'ai prononcé le mot « vieux » et je sais qu'elle est vexée.
Aussitôt, je la prends dans mes bras et je l'étreins fortement parce que je ne sais pas comment m'excuser.
- Pardon Carmen. Je sais que tu te donnes beaucoup de mal pour moi mais… c'est pas mon style.
Elle me comprend et me pardonne dans la seconde.
- Il y a beaucoup de jeunes qui écoutent du rockabilly.
Elle a un ton de reproche que j'ai bien mérité. Alors je souris affectueusement et je me soumets, sans broncher cette fois, aux essayages.
Carmen a un œil expert et choisit des robes plus simples, même si elle n'en possède pas vraiment.
Au bout d'une heure, je suis rincée. Je tombe comme un crêpe sur le lit, mes yeux lourds et mon ventre vide, tandis que Carmen s'obstine toujours à rechercher dans son dressing une robe qu'elle n'a vraisemblablement pas.
Je suis toujours en sous-vêtements et pas du tout gênée. La pudeur ne fait pas partie de ma culture et encore moins en présence de Carmen.
Je consulte mon téléphone. Edward n'a pas laissé de message. J'ai envie de lui. Pas seulement sexuellement. J'ai envie qu'il soit là, avec moi, et pouvoir me caler dans ses bras.
Je soupire de dépit.
- Ça y est, je l'ai ! triomphe Carmen.
C'est au moins la huitième fois qu'elle me fait le coup alors je ne bouge pas, seuls mes yeux naviguent dans sa direction.
Il s'agit d'une robe fourreau, noire à larges bretelles, avec un décolleté accentué sans être vulgaire, et de ce que j'aperçois fendue à l'arrière.
Bordel ! Ça y est !
Je me relève rapidement. Je l'inspecte pour trouver la faille, mais tout y est.
Je la passe délicatement, pour ne pas abimer cette perle si rare, celle que je n'attendais plus.
Il n'y a aucun doute. Elle est simple, longue juste au-dessus du genou. Le décolleté et la fente offrent le petit grain d'originalité qui fait d'elle une merveille. Et pour couronner le tout, elle me va très bien.
C'est elle. Enfin !
- Tu es… juste… parfaite, s'émeut Carmen.
Bon… ce n'est qu'une robe, on ne va pas en faire des caisses non plus. D'ailleurs maintenant que c'est fait, j'ai besoin de me nourrir.
- On va grignoter un bout ? je propose.
- Tu plaisantes ?!
Ses yeux sont écarquillés et son visage arbore un air de terreur.
- Heu… non… je meurs de faim…
C'est quoi son problème ?
- Il faut maintenant trouver les chaussures et les bijoux.
Je crois que les larmes me montent aux yeux tellement je suis dépitée. Si j'avais su qu'un rancard nécessitait de passer une nuit blanche à se faire torturer par Carmen, jamais je n'aurais accepté !
Elle sent que je n'en peux plus et elle a pitié de moi.
- Viens, on va se préparer quelque chose. Je te ferai les ongles et ensuite on repèrera des chaussures qui pourront t'aller.
Lorsqu'une pomme à la main, Carmen ouvre son placard à chaussures, ou devrais-je dire son « immense » placard à chaussures, je manque de tomber à la renverse.
Bordel ! Je dois absolument aller droit au but, sans quoi je vais croupir ici à faire la poupée pendant des heures.
Elle sort une paire rouge à paillettes et je ne peux pas cacher mon dégout.
- Noir ! je lance.
Elle grimace.
- Ta robe est noire, tu dois…
- Carmen ! je la coupe vivement. Des chaussures noires, c'est tout ce que je te demande. Simples et confortables.
Bon… pour le confort je ne trouverai rien ici. A vue d'œil ses chaussures font toutes dix centimètres de haut…
Elle se résigne et sort de jolis escarpins, très simples, en cuir plutôt brillant, sans fioritures, mais tout de même avec des talons vertigineux.
Je les passe et je me sens géante et complètement gauche.
Elle m'apprend à marcher.
Se hisser sur la pointe des pieds, donc avancer doucement, se tenir bien droite et jambes tendues parce qu'il n'y a rien de pire qu'une femme qui marche le bassin en avant et les genoux pliés avec des talons, et lever le menton parce que je suis une déesse dans cette tenue.
Je l'écoute et lui obéis en pensant que tout ceci est grotesque et qu'il est inutile de se compliquer la vie alors qu'elle peut être si simple.
Mais quand je me regarde dans le miroir, je dois dire que je suis soufflée. Je ne me reconnais pas et pourtant, c'est bien moi. J'ai l'air plus âgée, plus élégante, distinguée. J'ai l'impression de porter un déguisement et cette idée ne me dérange pas. Au contraire, je trouve assez grisant de se transformer à ce point tout en restant soi-même.
Même si je préfère passer inaperçue, j'ai l'habitude qu'on me remarque. Les tatouages sont monnaies courante à San Francisco mais ils attirent toujours l'attention. Et puis, je serai avec Edward, les gens n'auront d'yeux que pour lui.
Après m'avoir briefée sur la coiffure et le maquillage, Carmen me laisse enfin filer, non sans m'avoir embrassée bien fort et demandé une photo d'Edward et moi apprêtés.
Je ne lui promets rien.
Je m'endors à la fois épuisée et excitée par la soirée de demain. Je vais dans l'inconnu mais je n'ai pas peur, et puis, j'y vais avec Edward, je n'ai rien à craindre.
¤o¤
Il est 18h30 et je viens d'arriver chez moi. Edward doit passer me prendre vers 19h30, j'ai donc largement le temps.
Immédiatement je pense à Carmen. Ses questions de la veille restées sans réponse trottent dans mon esprit.
« Tu as pensé à la coiffure ? Et ton maquillage ? Pas trop de noir on va croire que tu vas à un enterrement. Et le sac à main ? Lequel tu vas porter ? »
Ok, j'ai peut-être pas autant de temps que prévu finalement.
Je file sous la douche. Je me sens enthousiaste et anxieuse, et un peu pommée aussi. Il me tarde d'être près d'Edward, d'évaluer sa réaction, de passer cette étape intimidante. Après ça, tout rentrera dans l'ordre et nous profiterons d'une bonne soirée. Sauf s'il décide de m'emmener dans un restaurant guindé, ou de sortir ce qu'on appelle « le grand jeu » avec bouquet de roses, champagne et violonistes.
Impossible !... Impossible ?... A vrai dire je n'en ai pas la moindre idée et y réfléchir ne fait que m'angoisser davantage.
Stop ! Je vais me calmer et je vais y arriver. J'ai subi bien pire jusqu'ici, ce n'est pas une robe, des talons et du maquillage qui vont m'intimider !
Sortie de la douche, je commence la torture capillaire. Carmen m'a prêtée son fer à lisser. Elle m'a expliquée en deux secondes (parce que je n'avais plus la patience d'écouter plus longtemps) comment s'en servir.
Je peux le faire, j'ai déjà trouvé le bouton « on ».
Ça fonctionne. Et même plutôt bien. C'est surement dû à la lotion que Carmen a passé dans mes cheveux hier soir. En dix minutes, mes cheveux sont raides comme des piquets.
Je les relève en une queue de cheval haute, sans les tirer pour ne pas me donner un air trop strict.
Je termine la panoplie avec un trait noir au-dessus de mes cils, un peu de mascara, un rien de rose à mes joues et le rouge à lèvres. Je me lâche sur le rouge. Après tout, déguisée pour déguisée, autant être… fatale.
C'est exactement l'effet que je veux avoir sur Edward ce soir. Je veux qu'il ne puisse pas retenir ses mains et pourquoi pas, qu'il m'emmène chez lui avant même d'avoir passé les portes du resto.
Non seulement j'éviterai la partie gnan gnan des chandelles, mais en plus, je n'aurais pas à souffrir des pieds. Parce que la pire chose dans l'histoire n'est pas la coiffure, la robe ou le maquillage, mais bien ces pompes dont la vision irrite déjà mes orteils.
Je jette un œil dans le miroir et je souris. J'aime bien Bella la fatale. Pour la première fois de ma vie, je me sens femme et, je dois bien l'admettre, séduisante.
La sonnette de l'appartement retentit alors que je viens de terminer.
Mon cœur accélère.
De quoi ai-je besoin ? Un sac ? Mon téléphone ? De nouvelles chaussures ? Un défibrillateur ?
Ok, je respire. Ce n'est qu'un stupide diner !
Je descends les escaliers, sans sac, sans téléphone, les escarpins à la main. Je les enfile devant le pallier.
Enfin, j'ouvre la porte et… je bloque.
Edward est là, appuyé contre l'aile de sa voiture, les mains dans les poches, il regarde rêveur en direction de ses chaussures.
Bordel !
Il porte un pantalon noir, une veste noire sur une chemise blanche très ajustée et une cravate fine, noire elle aussi, négligemment nouée. Il n'a pas de chaussures de ville mais je mettrais ma main à couper que ses vans noirs sont neufs.
Bon sang, il est juste… parfait. Et on est juste… tout à fait assortis.
Beaucoup de noir, c'est un fait, mais il est tellement élégant avec cette petite touche désordonnée qui lui donne cet air nonchalant et insoumis que j'aime tant.
Je serre les cuisses, traversée par un frisson affolant.
Cette cravate me tente. Elle m'appelle, me demande de la détacher et me donne un tas d'idées plus perverses les unes que les autres.
Il lève les yeux vers moi et sa mine se transforme. Ses paupières se soulèvent un peu plus, ses mains sortent de ses poches, son corps se détache de la voiture. Il avance d'un pas et se crispe.
Il bouge à peine les lèvres mais je devine les mots « putain de bordel de… » la suite m'a échappé.
Je souris. C'est exactement la réaction que j'espérais.
Lorsque nos yeux se trouvent, nous sommes agités intérieurement et visiblement troublés, tous les deux au même niveau, intimidés et excités à la fois.
Après quelques secondes longues comme des heures, nous retrouvons la possession de nos membres et nous avançons l'un vers l'autre, toujours poussés par cette attirance inébranlable.
Nos mains se joignent et nos doigts s'enlacent.
Il embrasse le creux de mon cou et son odeur me transporte.
Je me suis trompée. C'est moi qui ne vais pas pouvoir attendre d'avoir diné avant de lui sauter dessus.
- J'ai failli ne pas te reconnaitre, sourit-il.
- J'ai failli ne pas me reconnaitre non plus, je réponds ravie de mon petit effet.
- Tu es stupéfiante.
- Et tu es… appétissant, dis-je en passant ma langue sur mes lèvres spontanément.
Il se tend, légèrement mais assez pour que je le remarque.
- Ne fais pas ça, dit-il sèchement.
Il est très sérieux. Ses yeux sont rivés sur ma bouche et je ne peux pas retenir mon sourire.
- Pourquoi ? je demande d'une voix trainante, une voix qui ne laisse aucun doute sur mes intentions indécentes.
- Juste… ne le fais pas.
Je tente de l'amadouer.
- Edward… il frissonne quand je murmure son prénom dans le creux de son oreille. Tu ne peux pas imaginer l'effet que cette cravate a sur moi.
Je tortille ladite cravate entre mes doigts pour appuyer mes propos. Il serre ma main restée dans la sienne plus fort.
- Et tu n'imagines pas ce que me fait cette queue de cheval.
Des images suggestives emplissent mon cerveau. Oh si ! J'imagine très bien !
Mine de rien, j'approche mon bassin du sien. L'air entre nous se charge d'électricité. Je le veux. Je le veux tellement…
- En plus ma culotte est si fine qu'elle se déchirera facilement, je minaude.
Mais alors, contre toute attente, il se redresse et sourit.
- J'ai quelque chose pour toi.
Et merde ! J'ai loupé mon coup.
Il prend un bouquet dans sa voiture et me le présente.
Je ris quand je m'aperçois qu'il s'agit de culottes, un bouquet de culottes de toutes les couleurs.
- Je ne sais pas si c'est romantique, mais c'est vrai que je commençais à en manquer, je ris.
Il sourit, ses yeux pétillent.
Je revois celui que j'ai rencontré il y a quelques semaines, celui dont je ne connaissais rien et qui m'intriguait autant qu'il m'agaçait, celui qui m'a charmée sans que je ne m'en aperçoive vraiment.
Il ouvre la portière et m'invite à entrer.
- Mademoiselle…
- Merci monsieur…
Il grimace.
- On va arrêter les « monsieur », j'ai l'impression d'être mon père.
- En même temps, ton invitation est terriblement dépassée. On ne fait plus ça aujourd'hui.
Il s'installe au volant.
- Ah bon ? Et on fait quoi si on n'invite pas une femme au restaurant ?
Euh…
Je suis vraiment mauvaise en ce qui concerne toutes les étapes de la séduction. Je n'en connais qu'une, le sexe…
- Eh bien…
Il me sert un sourire un rien suffisant qui me donne envie de lui coller une beigne. Je me ravise quand sa main remonte ma robe pour passer sur ma cuisse.
- On va essayer de rendre cette soirée intéressante, lance-t-il.
- Je suis certaine que tu vas y arriver.
Sur ce il démarre en trombe et sort de la ville.
La route fait des lacets mais la conduite d'Edward est souple.
Nous montons sur Twinpeaks boulevard. Je sais que là-haut, nous aurons un superbe point de vue sur la ville mais je n'y suis jamais allée.
J'habite ici depuis toujours mais j'ai parfois l'impression d'être une étrangère.
Comment ai-je pu passer à côté de tant de choses sans m'en apercevoir ? Comment ai-je pu me cantonner à mon job, ma petite vie étriquée et m'en satisfaire ?
Au moment où je sens ma poitrine m'oppresser, Edward prend ma main dans la sienne. Comme s'il sentait que j'en avais besoin, comme s'il lisait en moi sans le moindre problème.
Il me change, il m'aide à m'ouvrir et c'est une bonne chose.
¤ Edward ¤
J'emmène Bella sur le plus beau panorama de San Francisco. Le soleil est en train de se coucher sur la ville et je connais l'endroit idéal pour assister à ce spectacle tranquillement.
Oui c'est un peu cliché, peut-être même un peu attendu mais tant pis. Il semble que Bella n'ait aucune expérience en ce qui concerne les rendez-vous galants. J'espère la toucher.
Nous arrivons et elle saute de la voiture avant même que j'aie posé un pied à terre.
Elle approche du bord avec une démarche mal assurée, pas vraiment à l'aise dans ses chaussures hautes mais vraiment, vraiment stupéfiante.
Ses jambes sont interminables et plus encore sexy que d'habitude. Et ses fesses… Je ne peux pas nommer ce qu'il y a de plus parfait que la perfection.
Je la rejoins parce que son équilibre précaire m'effraie un peu, surtout près du précipice.
Ses poings sont serrés et elle sourit. Elle est même radieuse. Effectivement, mon idée la touche. J'ai l'impression qu'elle n'est jamais venue ici.
Son air ravi, presque enfantin, contraste fortement avec son allure de femme fatale.
Mes doigts glissent sur sa nuque, ses cheveux volettent et quelques mèches libérées par le vent fouettent son visage émerveillé. Elle est la plus parfaite des femmes avec qui j'aurais pu partager ce moment et cette idée me frappe. Elle atteint mon cerveau, mes bras, mes jambes, mon corps entier. Bella est précieuse, elle devient un élément essentiel de ma vie et je vais la choyer le plus possible pour encore apercevoir cette étincelle sur son visage.
Je l'enlace étroitement, son dos contre mon torse. Ses mains passent sur mes bras, sa tête se cale contre mon épaule, mes lèvres embrassent sa tempe et nous restons ainsi, serrés et heureux.
Je peux avancer avec certitude qu'elle est heureuse en ce moment précis, et je suis tellement foutrement heureux que mon cœur semble vouloir exploser dans ma poitrine.
Il commence à faire sombre alors je la délaisse et j'installe notre petit campement. J'étale une couverture épaisse au sol sur laquelle je pose au centre une lanterne de camping.
Bella ne bouge pas. Elle se tient au même endroit, ses bras enroulés autour de ses épaules même si elle n'a pas l'air d'avoir froid. Je la retourne doucement et lui propose de s'assoir.
Elle sourit quand elle aperçoit la mise en scène. Elle parait émue et je suis très fier de moi et encore une fois, foutument heureux. Elle en profite pour enlever ses chaussures. Je ne m'attendais pas à autre chose d'elle et je me console en pensant qu'elle les remettra plus tard.
J'attrape deux coupes dans le coffre de la voiture. Quand je lui tends la sienne, elle grimace un peu.
Elle s'attend à ce que je lui propose du champagne. Mais je ne suis pas allé aussi loin dans le cliché.
Je lui sers un jus de fraise et quand elle voit la couleur rouge emplir son verre elle rit de bon cœur. Parfait, elle est séduite par mon idée.
Je lève mon verre dans sa direction, elle fait de même.
- A la femme exceptionnelle avec qui j'ai la chance de partager ma soirée.
Ses yeux papillonnent et son regard se dérobe du mien. Il me semble que ses joues rosissent mais dans la faible lueur de la lanterne je ne suis pas sûr. Dans tous les cas, c'est foutrement sexy et attirant.
- A l'homme le plus obstiné et le plus charmant que je connaisse.
Cette fois ses yeux lumineux sont dans les miens et putain, je crois que je suis en train de décoller, je ne touche plus terre.
Nous buvons une gorgée, tous deux un peu intimidés, en tous cas pour ma part.
- Edward… chuchote-t-elle. Ce rancard est juste… parfait. Je ne m'attendais pas du tout à ça et je t'avoue que j'avais un peu peur mais… tu t'en es très bien sorti. Tu t'en sors toujours très bien. Tu sais ce qui me fait craquer, tu sais comment me toucher. Je crois que personne d'autre au monde ne me connait comme toi et ne prend soin de moi de cette façon.
Elle est troublée et je me rapproche parce qu'à cet instant me tenir loin d'elle, même de quelques centimètres est difficile, voire impossible. J'ai besoin de la sentir pour éprouver plus avant ses dires.
Elle pose sa tête sur mon épaule et nos corps prennent place l'un contre l'autre d'une façon naturelle.
- Je n'avais pas prévu ton arrivée dans ma vie et je ne sais toujours pas comment tout ça va se passer, mais maintenant que tu es là, je voulais que tu saches que je suis très heureuse de te connaitre Edward Cullen. Je ne me suis jamais sentie aussi comblée, aussi vivante et c'est grâce à toi.
Elle n'ose pas me regarder et moi, j'ai perdu la capacité de bouger et de parler. Ma tête se bat contre mon corps mais là, je suis perdu.
Je sais combien il est difficile pour Bella de parler de ses sentiments et je sais ce qui lui en coûte. Je suis ému. J'essaie de ne pas trembler, de ne pas laisser l'émotion me gagner, de ne pas sauter de joie dans tous les sens. Je la serre très fort contre moi et elle s'agrippe à mes épaules.
Je décide de ne plus lutter et tant pis si je me tais. Elle me comprend, elle sait que je lui suis reconnaissant et que je suis touché par ses paroles.
Nous restons là un long moment.
Bella s'épanche un peu plus sur son enfance désastreuse.
Elle me raconte la déception qui s'est abattue sur elle quand les parents d'Emmett ont décidé de la placer. Elle s'y attendait pourtant, elle a même œuvré en ce sens en désobéissant, en leur tenant tête, en fuguant quelques fois.
Elle me parle de sa première année en foyer, de la façon dont Sue s'est tout de suite entichée d'elle et de combien elle s'est battue envers et contre elle pour lui prouver qu'elle avait la capacité de s'en sortir.
- Tu sais Bella, je commence.
Je ne veux pas faire mon psychiatre mais elle doit comprendre et je ne sais pas comment l'aborder autrement.
- Je ne connais personne qui ait vécu une enfance telle que la tienne, mais je sais que des enfants qui ne sont pas sollicités, qui ne parlent pas, qui bougent peu, ont beaucoup de mal à apprendre à parler, à se mouvoir. Certains n'y arrivent jamais vraiment. Je sais qu'il faut avoir une force et une détermination hors du commun pour y parvenir, et de la même façon, pour ne pas sombrer quand on a connu l'horreur avant de connaitre la vie telle qu'elle est pour la plupart d'entre nous.
- Je crois que je n'ai aucun mérite. J'ai juste rencontré les bonnes personnes au bon moment.
- Moi je suis persuadé au contraire que tout le mérite te revient, parce que les rencontres ne sont efficaces que si on a décidé de s'en sortir et qu'on trouve en soi la combativité pour le faire.
Je prends son visage en coupe un peu durement. Maintenant ça suffit. Elle doit arrêter de se voiler la face.
- Bella Swan, tu es une personne spectaculaire. N'en doute jamais.
Je mets toute la persuasion possible dans mes mots et toute l'affection, l'amour peut-être, dont je suis capable.
Ses yeux luisent, si je ne la connaissais pas aussi bien je pourrais croire qu'elle va pleurer.
Elle est plus magnifique que jamais et même si son rouge à lèvres semble me barrer la route, j'approche délicatement ma bouche de la sienne.
Ses paupières se soulèvent un peu plus mais je ne sens aucune réticence. Alors je ne m'arrête pas et aussi tendrement que je puisse le faire, je pose mes lèvres sur les siennes.
Je ne bouge pas, ni elle non plus. Nous restons un instant ainsi, sans amorcer aucun autre mouvement, nos lèvres s'effleurant à peine.
Mon cœur bondit et ma poitrine est saisie. Tout se mélange dans ma tête et il ne reste plus qu'elle et cette sensation plus grandiose et authentique que tout ce que je n'ai jamais connu.
Elle se recule et baisse la tête.
Elle n'est pas gênée ou outrée, juste troublée. Elle caresse ses lèvres du bout des doigts. J'imagine que la nouveauté engendre bien des sentiments dans son esprit.
Elle lève enfin les yeux vers moi. Je suis tendu, incapable de prévoir sa réaction.
Elle sourit. Un vrai sourire, franc et lumineux, que je lui rends au centuple.
Je m'arrête là, pour l'instant. Je ne veux en aucun cas forcer notre premier baiser. Celui-ci est déjà sublime. J'attendrai qu'elle décide. Je suis tout de même rempli d'espoir.
- La soirée commence à peine. Viens, je t'emmène diner.
- Quoi ? On va quand même diner ?
- Bien sûr !
Que croyait-elle ? Que nous en resterions là ?
- Dans un vrai restaurant ?
J'éclate de rire parce que sa mine est aussi incrédule que stupéfaite.
- Bien sûr !
Elle se lève sans enthousiasme. Elle ne prend pas la peine de remettre ses chaussures et entre dans la voiture.
Je récupère les affaires et je la rejoins.
Avant de mettre le contact, je laisse mes yeux naviguer sur son corps mis en valeur d'une façon différente dans sa robe.
Je caresse sa cuisse et remonte un peu plus haut sur sa peau, plus haut que la décence permet de le faire.
Elle force un peu le soupir qui échappe de ses lèvres pour me montrer qu'elle apprécie.
- Est-ce que je t'ai dit que cette robe te va à merveille ? je demande la voix rauque.
- Oui.
Sa voix sensuelle glisse dans un souffle et provoque une décharge au niveau de mon sexe.
Bordel de merde !
- Est-ce que je t'ai dit que ces chaussures te font des jambes de rêve et un cul de déesse ?
Elle soulève ses fesses pour forcer ma main à monter un peu plus, à se poser là où elle veut que je lui fasse du bien.
- Non, murmure-t-elle.
Elle ferme les yeux et passe ses mains au-dessus de sa tête. Elle me provoque. Elle me fait comprendre qu'elle est prête et que je peux faire ce que je veux d'elle.
J'imagine ses seins tendus, son sexe humide, son odeur…
Putain ! Je dois me reprendre sinon nous n'irons jamais diner.
Je serre sa cuisse plus que de raison. Je dois être fou ou complètement stupide mais je remets mes mains sur le volant en prenant une grande respiration et je fais vrombir le moteur pour regagner la ville.
Bella sourit avec malice. Elle n'en a pas fini avec moi et je ne suis pas sûr d'être assez fort pour l'en empêcher. D'ailleurs, ai-je vraiment envie de l'en empêcher ?
- Edward, miaule-t-elle. Tu me rends si chaude.
Elle s'étire largement en ouvrant ses jambes. Ses mains remontent sur l'intérieur de ses cuisses.
- Tu ne devrais pas faire ça. C'est dangereux. Je suis au volant.
Et c'est vrai. Elle me rend fou. Ses mains attirent mon regard sans que je ne puisse résister.
- Alors arrête-toi.
On y est. Voilà exactement ce qu'elle veut que je fasse, que je m'arrête, que j'arrache ses vêtements, que je la baise jusqu'à l'agonie et que nous annulions notre diner.
Aucune chance. Je serai fort.
- Tout ce que tu vas gagner, c'est tremper ta culotte bébé. Je ne cèderai pas.
Elle ricane.
- Je peux tremper ma culotte beau gosse, j'en ai une tonne pour me changer.
Bordel ! Quel con ! J'avais oublié ça !
- D'ailleurs, tu m'as tellement allumée que je vais le faire tout de suite.
Elle se tortille pour attraper son bouquet.
Il y en a de toutes sortes, de toutes les formes et de toutes les couleurs.
Elle prend un malin plaisir à les sortir une à une, à les ausculter, à me demander quel effet ferait telle ou telle culotte sur elle.
Je ne bronche pas, ou très peu. Je me focalise sur la route alors que mon sexe me crie d'envoyer bouler ce stupide repas et de l'emmener chez moi.
Finalement, elle opte pour un string minuscule, le contraire m'aurait étonné. Elle n'en porte jamais mais ce soir, elle a un défi à relever.
Avec une langueur insupportable, elle relève sa robe au-dessus de ses fesses. Elle fait glisser le dessous très doucement.
Oh putain de bordel de merde !
J'en appelle à mes supers pouvoirs, à la force et à tout ce à quoi je peux me raccrocher pour ne pas décoller mes yeux de la route.
Elle passe le string en se déhanchant plus que de raison et enfin, enfin, elle rabaisse sa maudite robe.
Putain ! Elle porte un string et je suis comme un débile à faire l'ignorant. Est-ce que je suis à ce point borné pour ne pas changer d'idée ? Il faut croire que oui…
Elle soupire.
- Cette ficelle entre dans mes fesses… je crois que je n'ai pas fini d'être excitée ce soir.
Heureusement nous arrivons. La tension dans la voiture est palpable et la seule raison pour laquelle je n'ai pas ouvert la capote pour la dissiper est pour éviter qu'elle n'ait froid.
Je descends à la vitesse de l'éclair et pour une fois, je peux ouvrir sa porte et lui proposer ma main pour l'aider à sortir de l'habitacle.
Nous avons quelques mètres à faire avant d'arriver et je garde sa main dans la mienne. Elle la serre d'autant plus qu'elle l'aide à se soutenir, déséquilibrée par ses escarpins.
- J'espère que tu te rends compte à quel point je me sacrifie pour te faire plaisir, dit-elle.
- Tu te sacrifies ?
- Bon… je sacrifie mes pieds, c'est déjà beaucoup.
- Oui je m'en rends compte bébé. Et je suis l'homme le plus chanceux et le plus fier que porte cette Terre en ce moment. Je veux que tout le monde voie à quel point tu es belle et désirable et à quel point je suis un putain de veinard d'être à tes côtés.
Une fois de plus, elle prend cette attitude délicieuse. Ses yeux se détournent, elle rougit un peu et moi… moi je craque complètement pour cette femme.
Nous entrons dans le restaurant que j'ai choisi. Il est simple, il n'y a que quelques tables. La lumière est tamisée, la musique feutrée.
La serveuse nous conduit à une table d'angle. J'avais demandé un coin tranquille et je ne suis pas déçu.
Bella s'installe et observe chaque détail du lieu.
Des reproductions d'œuvres d'art ornent les murs, de tous les styles, toutes les époques. Bella contemple. Elle aime et je suis aux anges de ne pas m'être trompé.
- Cet endroit est magnifique, murmure-t-elle.
- En plus la cuisine est délicieuse, le chef a un potager dans le coin dont il se sert pour préparer ses plats, je souris.
Bella mange bio, je me devais de trouver un établissement à la hauteur de ses goûts.
Elle baisse la tête, elle cherche ses mots.
- Tu es… unique. J'avais peur que tu m'emmènes dans un resto guindé, avec chandelles et musiciens mais encore une fois, je me suis trompée. Tu me connais.
- Jamais je ne t'aurais emmené dans ce genre d'endroit. Déjà ce n'est pas mon style et surtout ce n'est pas le tien. Je voulais trouver quelque chose qui nous ressemble, je voulais qu'on passe un moment dont nous nous rappellerions longtemps.
Son visage se voile. Je sais qu'elle n'est pas à l'aise avec l'idée de durée mais c'est ma façon de lui faire comprendre qu'elle n'a pas à avoir peur. J'aime être avec elle, auprès d'elle, et je veux que ça dure le plus longtemps possible.
- Merci, chuchote-t-elle.
- Merci à toi de me permettre de te faire plaisir. Je ne demande rien d'autre…
Nos doigts s'enlacent. Notre émotion est prégnante et je pense que nous sommes beaux tous les deux, ce soir, à cette table.
¤ Bella ¤
La serveuse vient prendre nos commandes et ne lâche pas Edward des yeux. Celui-ci ne le remarque pas. Il ne cesse de me toucher et ne voit que moi. Mon cœur se soulève. Je n'ai pas de nausées, au contraire, je plane littéralement.
Nous buvons un verre de vin blanc qu'Edward m'a fortement conseillé. Comme je n'ai pas l'habitude de l'alcool, je commence déjà à être gaie quand je vois une silhouette dans l'entrée que je reconnais parfaitement.
Je redresse la tête pour en avoir le cœur net. Alors, je suis sûre qu'il s'agit d'Emmett, suivi à mon grand étonnement de Rosalie.
Ils sont en tenue de sport et parlent avec la serveuse.
Je me lève pour me montrer et agite le bras.
- Emmett !
Je ne crie pas mais je parle assez fort et tous les clients se retournent sur moi. J'entends le rire d'Edward, pas gêné une seconde par mon comportement. Par contre Emmett est embarrassé. Au lieu de venir vers nous comme je m'y attendais, il pose sa main sur ses yeux et se retourne vers Rosalie.
Je souris et agite mon bras pour lui signifier de nous rejoindre quand elle m'aperçoit.
Elle ne semble pas plus ravie qu'Emmett de me voir là et je me demande bien ce que j'ai pu leur faire pour provoquer cette réaction.
- Qu'est-ce qu'ils ont ? je demande à Edward.
Celui-ci s'amuse beaucoup de mon attitude et de la leur.
- Ils n'ont pas envie d'être vus ensemble.
- Mais pourquoi ?
- Officiellement, Rosalie trouve qu'Emmett est un ringard et Emmett que Rosalie est une bourgeoise coincée.
Edward lève ses sourcils et j'atterris enfin. Il a raison, ils ne se supportent pas. Que font-ils donc ensemble ?
Nous n'allons pas tarder à le savoir.
Ils avancent d'un pas trainant vers nous.
- Hey ! Salut ! Qu'est-ce que vous faites là ? je demande.
Moi je suis très enthousiaste. Le verre de vin n'y est certainement pas pour rien.
- En fait…
Emmett se frotte la nuque, Rosalie tente de se cacher derrière lui. C'est étrange, ça ne leur ressemble pas. Emmett n'est jamais gêné, devant moi il n'a rien à cacher, et Rosalie n'est pas ce genre de femme à se dérober, trop fière et combative.
- On s'est croisé par hasard au club de boxe. Comme on était affamé, j'ai proposé à Rose de manger un morceau ensemble.
Oh putain ! Est-ce qu'il rougit ? Emmett a bien rougi ?!
Je me tourne vers Edward. Ses yeux pétillent de malice et son sourire n'a pas de fin.
- Mangez avec nous ! propose Edward.
Ils se regardent. Je ne vois pas l'expression d'Emmett mais Rosalie est mal à l'aise.
- On pensait prendre quelque chose à emporter… En plus on est en tenue de sport…
- Oh… Si vous voulez être tranquille, je comprends, pas de soucis.
Edward le nargue ouvertement. Il sent que Rosalie et Emmett sont dans l'embarras de se retrouver face à nous alors qu'ils auraient préféré que leur petite sortie reste secrète.
De mon côté, je ne vois pas pourquoi ils veulent garder le silence. Puis je me rappelle que moi-même je ne voulais pas avouer que je fréquentais Edward au début.
- Non on ne veut pas particulièrement rester seul, on va manger avec vous, abdique Emmett.
Evidemment, il accepte pour ne pas éveiller les soupçons d'une possible relation entre eux.
Le silence et le malaise s'étendent à notre table.
La serveuse vient prendre la commande d'Emmett et Rose mais n'arrive pas à détendre l'atmosphère.
Rose et Emmett sont assis le plus loin possible l'un de l'autre et n'osent même pas se regarder. Rose a les mains jointes sous son menton, Emmett ne sait pas quoi faire de son corps. Il gigote, ne tient pas en place.
C'est lui qui brise la glace.
- Alors et vous ? Qu'est-ce que vous faites là ?
- Je sors Bella, raille Edward. On profite de notre premier vrai rancard.
Toute la tablée rit un peu mais pas pour les mêmes raisons. Edward et moi n'arrivons pas à contenir notre joie, Rose et Emmett ne contiennent pas leur nervosité.
- On peut dire que vous ne faites pas les choses dans l'ordre, se moque Rose.
- Un ordre ? Quel ordre ? Le tien ? Se rencontrer, attendre pour sortir, attendre un temps défini pour baiser, se marier, avoir des enfants ? C'est ça ton ordre ? demande Emmett un rien agressif.
Rosalie le toise. Elle est perturbée mais se ressaisit dans la seconde, comme elle le fait toujours.
- Ce n'est pas « mon » ordre, c'est comme ça que les choses « normales » se passent.
- La normalité n'existe pas. Ce qui me semble normal sera tout à fait différent pour toi.
- Oui mais il y a bien des règles établies et immuables.
- Des règles ? C'est quoi cette connerie ? Cite m'en une.
- On ne touche pas une fille qui n'a pas envie de l'être.
Rosalie nous laisse tous bouche bée. J'ai du mal à comprendre l'échange qui vient de se produire. Ils étaient ensemble, pourtant quand on les entend discuter on dirait qu'ils ne se supportent pas.
Emmett reste sans voix, comme moi, Edward se tend. Je suis persuadée qu'il sait quelque chose au sujet de Rose que nous ne savons pas.
- Je suis certain qu'Emmett ne parlait pas de ce genre de chose, dit Edward avec douceur.
Elle le regarde avant de répondre.
- Il ne sait pas de quoi il parle, tranche-t-elle sèchement. Excusez-moi…
Sur ce elle se lève et file aux toilettes.
Sans réfléchir, je la suis. Son comportement est trop étrange. Elle n'avait aucune raison de rebondir ainsi. Même si la réflexion d'Emmett était sèche, elle était plutôt anodine.
J'entre. Elle est penchée au-dessus des lavabos, elle asperge son visage d'eau.
- Hey Rose, dis-je doucement. Tu vas bien ?
Elle agrippe le rebord du lavabo. Ses yeux sont rouges, elle pleure. Je suis stupéfaite de la voir pleurer. Je pensais qu'elle était un peu comme moi, dure et solide. Mais elle semble avoir ses faiblesses.
- Excuse-moi Bella, j'arrive dans une seconde.
- Tu es sûre ? Tout va bien ?
- C'est Emmett ! explose-t-elle. Il a le don de m'énerver pour de petites choses sans importance. Je ne sais même pas pourquoi j'ai accepté de l'accompagner ce soir.
C'est drôle de voir comme elle se confesse facilement. Peut-être parce qu'elle en a gros sur le cœur, peut-être aussi parce que je ne m'attends pas à ce qu'elle le fasse. Je ne la presse pas et c'est d'autant plus facile pour elle.
- C'est la première fois que vous vous retrouvez ?
Je ne sais pas pourquoi, j'en doute.
- Non…
- Alors c'est qu'il te plait. Si j'ai appris quelque chose avec Edward c'est bien ça. Au début, il m'agaçait parce que je ne voulais pas ressentir ce que sa présence me renvoyait. J'ai d'abord essayé de le repousser de toutes mes forces, mais ça n'a servi à rien.
Rosalie baisse la tête. Je sens que mon discours fait mouche dans son esprit.
- Rose… depuis combien de temps n'es-tu pas sortie avec quelqu'un ?
Elle répond sans me regarder.
- Depuis mon divorce.
- Tu es divorcée ?
C'est la dernière chose que j'aurais pu imaginer la concernant.
Elle hoche la tête sans changer de position.
Je n'ose pas poser plus de question. Je ne suis pas douée pour consoler les gens. J'attends simplement qu'elle se calme.
- Il était plus âgé que moi, mais j'étais folle de lui et il me le rendait bien. Nous avons fait un grand et merveilleux mariage, un mariage de conte de fée. Et puis il a changé. Il est devenu violent… à tous les niveaux…
A tous les niveaux ? Est-ce que ça signifie qu'il était violent sexuellement ? C'est comme ça que je le comprends.
- Il m'a fallu deux ans pour m'apercevoir qu'il ne changerait pas et qu'il allait me tuer si je le laissais faire.
Effectivement, Rosalie est forte, bien plus que la plupart des femmes. Ce qu'elle a vécu est intolérable.
- Emmett n'est pas comme ça Rose. Emmett est incapable de faire du mal à qui que ce soit. Tu le sais, tu le sens, tu peux avoir confiance en lui. Je ne connais personne d'aussi intègre et affectueux que lui.
- J'ai tellement peur Bella.
Ce disant elle m'étreint fortement. J'ai un mouvement de recul que je rattrape bien vite en posant ma main dans ses cheveux.
Elle respire profondément, elle se calme et je ne bouge pas.
- Les choses ne se répètent pas toujours. On a tous droit à une autre chance, on a tous droit au bonheur. Ecoute ton cœur, il ne te ment pas.
Elle acquiesce contre mon épaule. J'attends patiemment qu'elle reprenne ses esprits.
- Tu te sens prête ? On peut y aller ? je demande quand j'entends ses sanglots se taire.
Elle sourit et je sais qu'elle va mieux.
- Attends ! Bella…
Elle saisit ma main et m'observe.
- Tu es vraiment bandante dans cette tenue !
J'éclate de rire. Rosalie est bel et bien de retour.
Nous reprenons place auprès des gars plus légères. Eux par contre paraissent un peu tendus. Je prends la main d'Edward pour lui signifier que tout va bien. Il me dévisage et même s'il ne parle pas, j'entends distinctement un « tu es merveilleuse ».
Tout pétille à l'intérieur et je crois que mon sourire ne cache rien de mon excitation.
- Je suis désolé Rose. Je ne voulais pas dire ça…
Emmett est penaud et attendrissant.
Rosalie prend un instant, comme pour peser le pour et le contre et finalement, elle pose délicatement, parce que Rose a toujours des gestes délicats, sa main sur celle d'Emmett.
- Je me suis emportée. Je sais que tu ne voulais pas dire ça.
Ils se sourient et semblent oublier que nous sommes là.
J'en profite pour me défaire de mes chaussures, discrètement, sous la table, et faire du pied à Edward. Il se déplace un peu plus vers moi et embrasse ma main.
Après ça, le diner se déroule dans la joie et la bonne humeur. Emmett fait toujours ses blagues graveleuses mais pour une fois Rose ne le reprend pas et rit de bon cœur.
A la fin du repas, nous partons chacun de notre côté en nous promettant de nous retrouver pour diner ensemble très vite.
Lorsque je me retourne pour les voir s'éloigner, Rosalie est accrochée au bras d'Emmett, celui-ci serré contre elle et ils rient. Leur histoire s'annonce belle et une bouffée d'amour emplie ma poitrine.
- Tu es une entremetteuse, raille Edward.
- Franchement, je crois que je suis douée. Tu crois que je pourrais créer une agence de rencontres ?
- Pourquoi pas, rit-il. Mais je crois que ta vraie vocation c'est le tatouage.
- Tu as raison, je suis faite pour ça. D'ailleurs, quand est-ce que tu repasses sous mes aiguilles ? Je ne peux pas laisser mon chef d'œuvre inachevé.
Bien sûr je mets beaucoup de dérision dans mes propos, même si, je dois l'avouer, son tatouage est magnifique et j'en suis très fière.
- Le plus vite possible. Tu as un créneau pour moi la semaine prochaine ?
- J'ai un créneau pour toi quand tu veux beau gosse.
Je lui lance un clin d'œil. Son regard noircit, il semble qu'il va me sauter dessus dans la seconde.
- Aguicheuse !
- Et même plus…
Il accélère le pas, nous trainant, moi et mon rire, derrière lui.
Dans la voiture, Edward n'a plus de réserve. Il s'est retenu toute la soirée, bien trop longtemps et il n'en est plus capable.
- Je voudrais rentrer chez moi ce soir, je minaude.
Je le taquine. Je n'ai aucune envie de rentrer chez moi. Je le veux… vite… fort… tout de suite.
- Hors de question Bella.
Son ton autoritaire m'allume et fait éclater une étincelle juste au niveau de mon intimité.
- Relève ta robe, ordonne-t-il.
J'obéis mais lentement, juste pour le torturer un peu plus.
Il pose sa main entre mes jambes.
- Bella… Tu es déjà humide… Putain !
- Je suis prête pour toi.
J'écarte mes cuisses pour lui prouver mes dires. Il avance un doigt mais a visiblement décidé de me torturer.
- Plus loin Edward.
Il sort son doigt et le porte à ses lèvres.
- Bientôt bébé… Très bientôt…
Effectivement nous arrivons déjà devant chez lui. Aussitôt la voiture garée, il saisit ma main pour m'emmener à l'intérieur et plus précisément dans la chambre.
Je fais voler mes chaussures et entreprend de défaire ma robe.
- Attends !
Je m'arrête, interpelée par l'urgence de sa voix. Il récupère les escarpins et s'agenouille devant moi.
- Ne les enlève pas, dit-il plus doux.
Je ne savais pas que me voir en talons hauts excitait Edward. Maintenant que je le sais, je compte bien le rendre dingue. Il m'aide à les chausser.
Sa bouche embrasse mes jambes et remonte lentement entre mes cuisses. Ses mains passent sous ma robe pour empoigner mes fesses.
- J'adore ce string.
Je note pour plus tard : comment rendre Edward fou de désir ? Porter un string et des chaussures hautes. Facile…
Sa bouche trouve mon string et à mon grand étonnement, au lieu de le déchirer comme il aime tant le faire, il le déplace, assez pour mettre à nu mon entre jambe et l'embrasser.
Il est doux, tendre, pas du tout pressé comme je le supposais.
Je suis incandescente et déjà au bord de la jouissance.
- Edward…
Ma voix s'éraille.
- Je vais…
Il me délaisse immédiatement. Je grogne de frustration. Il dépose un léger baiser sur mon pubis.
- Pas tout de suite, annonce-t-il.
Je tire ses cheveux pour le forcer à finir ce qu'il a si bien commencé mais il n'y a rien à faire. Il ricane un peu, se lève et se place dans mon dos. Il empoigne ma queue de cheval et tire ma tête en arrière.
Je râle de plaisir.
- J'ai dit, pas tout de suite, dit-il en tirant un peu plus fort.
Mon corps s'électrise.
Il baisse la fermeture éclair de ma robe qui glisse jusqu'à mes pieds. Un frisson me parcourt.
Il masse mon sein et embrasse mon cou. Je soulève les bras et mes mains se perdent dans ses cheveux.
Sa main descend sur mon ventre et entre dans ce ridiculement petit string.
- Tu es si chaude.
- Oui… je te veux…
- Tu me veux là.
Son doigt pénètre en moi et je décolle.
- Oui…
- Comme ça…
Il ajoute un doigt plus rudement.
- Oui !
Alors il les retire mais c'est plus que ce que je peux supporter.
Je me retourne et défait brusquement sa cravate et sa chemise, un ou deux boutons volent au passage.
J'embrasse son cou, je le mords tout en déboutonnant son pantalon.
Il grogne et saisit mes poignets pour m'immobiliser.
- C'est moi qui décide.
- Tu peux toujours essayer, je riposte.
Je me défais de sa prise et empoigne son sexe sous son boxer sans ménagement. Il se tend, ne respire plus, ne bouge plus.
- Bella, grince-t-il.
Je souris.
Mais alors que je ne m'y attendais pas, il arrache mon soutien-gorge et vient lécher, sucer mes seins.
Oh putain, il est tellement doué qu'il pourrait me faire jouir juste avec sa bouche sur mes seins.
Il prend mes épaules et me pousse sur le lit. Il n'est pas doux, même un peu brutal mais qu'est-ce que j'aime ça. Sa jambe passe entre les miennes pour les écarter un maximum.
Comme par magie, la cravate apparait dans sa main et un sourire affamé, carnassier apparait sur ses lèvres.
Je suis brulante, je me consume. Je ne crois pas que plaisir puisse être plus puissant que celui qu'il me donne, mais je veux bien essayer quand même.
- Edward…
J'approche mes lèvres des siennes sans les toucher, juste pour qu'il sente mon souffle se mélanger au sien.
- Attache-moi.
Mes yeux sont dans les siens et l'expression perverse de son visage me saisit.
Sans attendre, il attrape mes poignets et les noue entre eux. Une fois immobilisée, il se met à genoux devant moi et me contemple. Il ne me regarde pas, ne m'observe pas, il me contemple et sa dévotion me fait presque mal aux tripes tellement elle est intense.
- Edward ! J'en peux plus !
Je ne peux pas soutenir plus son regard. Je ne sais pourquoi j'ai l'impression que je ne le mérite pas.
Sa bouche part à l'assaut de ma peau, de chaque parcelle de ma peau. Quand il atteint mon sexe, je crie, je veux plus, il doit me délivrer.
Mais Edward a d'autres plans et soumise comme je le suis, je n'ai aucun moyen de l'en dissuader.
Il remonte sauvagement et d'un coup de rein sec s'enfonce enfin en moi. Je geins comme une détraquée, incapable de me retenir.
Il ouvre mes jambes jusqu'à me faire presque mal, il me culbute sans ménagement et c'est foutrement bon, foutrement meilleur que ce que je n'ai jamais connu.
- Je vais venir ! gémit-il. Jouis bébé ! Jouis avec moi !
Et parce que j'ai décidé d'être sa proie, parce qu'à ce moment précis lui refuser quoi que ce soit m'est impossible, je jouis, fort et longtemps. Je jouis comme jamais je n'ai joui, ni avec lui ni avec un autre. Je sors de mon corps et je vais planer dans un océan d'étoiles frétillantes pour finir vaincue et apaisée sur des nuages moelleux et confortables.
Quand j'ouvre enfin les yeux, nous reprenons toujours nos souffles. Je suis délicieusement coincée sous le poids d'Edward, ses bras autour de moi me serrant comme un étau, son souffle rapide dans mon cou.
- Bella… ma Bella… tu es… tu m'as…
Je n'ai pas besoin de plus de précisions pour comprendre à quel point ça a été bon pour lui aussi.
Ensuite nous nous levons, tous deux lourds et ensommeillés.
Sous la douche Edward n'est que douceur, il est savoureux. Nous nous donnons du plaisir avec nos bouches. Il jouit sur ma langue et moi un peu plus tard sur la sienne.
La volupté qu'il dégage est insensée. Je ne crois pas pouvoir jamais me passer de ce plaisir, de lui.
Quand repus, nous nous effondrons dans le lit, nous nous calons l'un contre l'un, nous mélangeons nos jambes, nos bras, apaisés et heureux.
Mais avant que le sommeil ne nous cueille, Edward va une fois de plus me surprendre, son souffle chaud s'abattant sur ma joue quand il chuchote.
- Bella… ma Bella… je t'aime…
