Comme c'est le début de l'histoire, pour vous apâter, je vous mets dès ce soir les trois premiers chapitres... VOilà le deuxième...
CHAP II « Tout le monde en piste »
Inhabituellement, le corps n'avait pas été placé sur une table d'examen de la plateforme mais dans une salle d'autopsie, à l'abri des regards. Seule Cam s'activait sur la dépouille, ne sachant par où commencer.
- Je n'ai jamais vu ça de ma vie. Il a vraiment été pelé comme un lapin, dit-elle en me voyant arriver.
- La comparaison est bonne si on considère l'état de la peau, où plutôt son absence.
- Le travail a été effectué par quelqu'un qui n'a aucune pitié, rajouta-elle.
- Qu'est-ce qui vous permet d'affirmer ça ?
- L'afflux de sang dans les muscles démontre que la victime était encore en vie lorsqu'il lui a ôté son enveloppe corporelle.
- Bien. Il n'a pas fait de sentiments. Y a-t-il des éléments concernant les os dont je pourrai m'occuper ? dis-je, impatiente.
- Dès que j'aurai fini l'examen, je donnerai le corps à Clark pour qu'il le radiographie et le nettoie.
- Merci.
En me rendant sur la plateforme où Hodgins travaillait, Booth me rejoignit.
- Vous avancez avec l'écorché ?
- Cam a entamé l'examen du corps.
- Elle a le cœur bien accroché.
- Et toi, du nouveau ?
Lisant les notes du dossier : - L'entrepôt appartenait à un certain William Diccey, décédé il y a 3 ans. La vente s'est faite par une agence. Charly essaye de remonter la piste, mais je n'y crois pas trop. Et vous ?
- Pas d'empreinte sur la chaise, encore moins sur le scotch. Idem sur l'enveloppe et sur la lettre. Il faudra attendre la reconstruction faciale d'Angela. Ça peut prendre du temps.
Me tournant vers l'entomologiste : Hodgins, qu'as-tu trouvé ?
- J'ai relevé une sorte de résidu liquide sous les pieds de la chaise. C'est en cours d'analyse.
- Angela a analysé la lettre. Papier ordinaire, encre ordinaire. Chose curieuse : l'assassin a écrit en lettre majuscule et non cursive. Sinon, aucun élément probant.
- Chou blanc quoi, résuma Booth.
- Oui et tout le monde travaille sauf moi, dis-je énervée.
- Attends Bones, ce n'est que le début et on …
Je le coupai : - On n'a pas le temps, Booth. Ce n'est que le début d'une série !
- Attends, viens par là.
Il m'entraîna vers mon bureau. Fermant la porte il prit son temps pour me poser sa question.
- Est-ce que ça va Bones ?
- Oui tout va bien. Je suis juste inutile, dis-je énervée.
- Tu n'es pas inutile Bones. J'ai des questions à te poser.
- A moi ? Pourquoi ?
- Pourquoi ? Parce que ce meurtre t'est directement adressé. C'est la procédure. Je ne fais que la suivre, ok ?
Ses yeux plantés dans les miens, il attendait que je lui donne mon feu vert pour continuer. Je lui donnais en hochant la tête mais en gardant le visage fermé.
- Bien. Tu t'es sentie menacée ces derniers temps ?
- Je suis avec toi tous les jours Booth, je sais me défendre et même tuer s'il le faut, alors si tu as d'autres questions intelligentes comme celle là …
- Ok, prenant sur lui. Tu n'as pas reçu de lettres, de mails ou de coups de téléphone étranges ?
- Non.
- Pas de fan un peu trop pressant ?
- Non.
- On va placer ton téléphone et ton portable sur écoute le temps de l'enquête. Ainsi que celui du bureau. On va aussi faire surveiller Laurier, ton fan numéro 1.
- Bien, soupirai-je.
Mon regard était tombé sur le sol, démontrant mon impuissance sur le déroulement des événements. Booth s'approcha de moi et posa à nouveau ses mains sur mes épaules, seule façon de capter mon attention et de me forcer à le regarder dans les yeux. Mon regard fuyant finit par trouver le sien.
- Ne te sens pas responsable de ce qui arrive Bones. Tu n'y es pour rien. Ce malade t'a choisi et il va regretter d'avoir porté son dévolu sur toi. On l'arrêtera, je te le promets.
- Espérons qu'il tue un minimum de personne d'ici là.
Je lui lançai ma réplique avec toute l'ironie et l'ingratitude dont j'étais capable. Ce n'était en aucun cas sa faute mais il était là, comme toujours présent pour moi, débordant de compassion, avec son regard rassurant et toute sa patience. Tout dans son attitude provoquait chez moi un besoin de fuir et d'indépendance irrémédiables.
- Je suis là, ne t'inquiètes pas, me souffla-t-il doucement.
- A ça pour être là, tu es là. Et on se demande bien pourquoi !
- Pardon ? Laissant retomber ses bras le long de son corps. Levant les mains en signe d'incompréhension.
- Oui on se demande bien pourquoi tu perds ton temps avec moi alors qu'on a un serial killer en puissance dans la nature. Je vais très bien Booth. Je n'ai pas besoin de toi.
Mon ton sec ne pouvait que le vexer. Et c'est ce qui se passa.
- Bien Bones, très bien. Si tu n'es même pas capable d'accepter un soutien amical et professionnel, c'est très bien. Ne comptes plus sur moi dans ce cas. Je retourne à mon bureau TRAVAILLER.
- Très bien, tu te rendras enfin utile comme ça.
Serrant les mâchoires retenant des mots qu'il regretterait certainement plus tard, Booth partit en claquant la porte de mon bureau.
Moi, je m'affalais dans mon fauteuil, soufflant, épuisée comme après chacune de nos querelles.
Moins de 24h après le début de cette enquête, le tueur avait déjà réussi son premier coup : me mettre en froid avec Booth…
oOoOo
Alors verdict ...
