Bin alors, vous n'aimez plus ??? C'est pour ça que j'ai plus de reviews ??? snif snif

Chap. VIII : le repos du guerrier

Notre briefing fini, j'avais suivi Booth chez les parents de Tommy Vislo pour leur annoncer la perte de leur fils. Je détestais cette étape de l'enquête, souvent vide de sens et pourtant incontournable. A l'annonce de la mort de leur fils unique, les parents s'étaient effondrés en pleurs.

Face à cette douleur inégalable - la perte d'un enfant - je me sentais à nouveau impuissante et regardais Booth. Il serrait ses mains jusqu'à ce que les jointures de ses articulations deviennent blanches. J'étais sûre qu'il pensait à Parker et à sa réaction si on venait lui apprendre la nouvelle qu'il venait de donner à ce couple.

Cela expliquait toute sa délicatesse, toutes les précautions qu'il prenait en un moment pareil : ne pas dire bonjour en arrivant, ce n'en était pas un. Rester évasif sur l'état du corps, les détails n'apporteraient rien si ce n'est de la peine et des cauchemars. Rester à l'écoute des besoins de parents. Répondre aux questions en rassurant sur le fait que l'on ferait justice à leur fils mais sans jamais rien promettre. Leur laisser du temps aussi, des respirations nécessaires à l'assimilation de cette disparition.

J'admirais mon partenaire dans un moment pareil. Professionnel et humain à la fois. Ni trop, ni trop peu. Moi qui m'étais améliorée en trois ans de partenariat avec lui, j'étais encore loin de l'égaler.

Il dut sentir mon regard sur lui et me jeta un coup d'œil. Il était temps pour nous de partir, sans plus d'information sur notre victime qu'un parcours d'élève brillant et l'absence d'ennemi connu.

Descendant les quelques marches sur le perron, Booth s'adressa à moi.

- Il y a des jours où on ferait mieux de rester coucher.

J'acquiesçais. Ouvrant la porte passager du SUV, je lui proposais :

- Tu veux aller au Diner ? On ne peut plus rien faire aujourd'hui.

- Oui. Et demain est un autre jour, conclut-il.

- Bien sur que demain est un autre jour. On sera mercredi. Je ne vois pas le rapport ?

Assis derrière son volant, mettant le moteur en route, il sourit, presque attendri.

- C'est une expression Bones. « Demain est un autre jour ».

- Ah d'accord.


Assis à notre table habituelle au Royal Diner, nous finissions notre café. Une journée ordinaire, les crimes horribles mis à part…

- J'ai demandé une surveillance de ton appartement.

- Comment ça ?

- Une patrouille va rester postée en bas de chez toi jour et nuit.

- Booth… ce n'est pas nécessaire.

- C'est totalement nécessaire. Ce fou s'en prend à toi. Je ne sais pas encore pourquoi, mais c'est un fait.

- Booth…

- Écoutes, je ne te demande pas ton avis. J'imagine que tu ne veux pas que je reste scotché à toi jour et nuit, envahissant ton appartement, non ?

- Disons que la dernière fois, mon frigo en a fait les frais…

- Hé!! Je l'ai pris en pleine figure ton frigo je te le rappelle. Et ça m'a valu trois jours d'hosto après ma sortie pour TE sauver, me pointant du doigt pour accentuer ses propos.

Je souris. Lui aussi. C'était un de ces moments rares où, les yeux dans les yeux, on savait ce que l'autre pensait sans qu'un mot ne soit prononcé. Un de ces moments qui aurait pu durer éternellement...

Un de ces moments toujours interrompu par une cause extérieure. Cette fois, ce fut la serveuse.

- Encore du café ? demanda-t-elle.

- Non merci. Booth déclina aussi la proposition.

- Je vais te ramener chez toi.

Le moment de grâce était fini.