Deux pour le prix d'un ce soir....
Chap. XII : « le métronome de son coeur »
Une demi douzaine d'agents s'affairait dans mon appartement. Certains prenaient des photos, d'autres relevaient des empreintes. Moi, je restais prostrée dans le silence, assise dans un fauteuil. Je m'étais juste changée, mon pyjama servant de pièce à conviction.
Une demi heure après le départ de mon agresseur, personne n'avait réussi à me sortir de ma torpeur, jusqu'à l'arrivée de Booth. Je l'avais appelé dès que j'avais repris mes esprits. A moitié endormi, il m'avait dit qu'il serait bientôt chez moi.
Il arriva essoufflé d'avoir couru dans l'escalier.
- Bones ! Qu'est-ce qui s'est passé ?
Incapable de dire un mot, soulagée par sa seule présence, je me jetai dans ses bras, sans autres explications que mes larmes.
- Ça va aller, c'est fini, Bones, je suis là maintenant. Ça va aller.
- Il est venu ici, Booth, il m'a menacé, dis-je entre deux flots de larmes.
- Tu vas bien ? Tu n'es pas blessée ? demanda-t-il effrayé.
J'hochais la tête négativement. Il laissa échappé un soupir de soulagement. Serrée contre lui, mon visage enfoui dans son torse, je pouvais sentir son cœur battre anormalement vite.
Il avait eu peur pour moi.
- Ça va aller Bones, je suis là. C'est fini, répéta-t-il se voulant réconfortant.
A son contact, ma respiration se calma progressivement. Nous restâmes ainsi enlacés un long moment, hermétiques à tout ce qui se passait autour de nous. Jusqu'à ce qu'un agent de police nous interrompe.
- On a fini. On va vous laisser. Vous devrez passer au commissariat demain dans la journée pour déposer plainte.
- Attendez, sortant son insigne. FBI. Agent Spécial Seeley Booth. Emmenez tout ce que vous avez relevé à l'institut Jeffersonian. Ceci est une enquête fédérale en cours. S'adressant à moi : -Tu as appelé la police Bones ?
- L'alarme silencieuse a du se déclencher quand il est entré.
- OK. On s'en occupe maintenant.
Laissés seuls par la police, Booth me conduisit jusqu'au canapé et m'y fit asseoir.
- Je vais faire du café, dit-il.
Il était minuit passé et nous étions là, écoutant le silence de mon salon, notre tasse à la main. Personne ne prit la parole pendant un long moment. Mes genoux ramenés sur ma poitrine, je respirais l'odeur de mon café pour oublier celle de mon assaillant, fruitée, presque féminine.
Les images se bousculaient dans ma tête : le froid de la lame sur ma peau, sa main sur ma bouche, les mots qu'il avait prononcé… Un frisson me parcouru le corps. Booth, assis à mes côtés, le ressentit.
- N'y penses plus.
- Il avait une cagoule et des gants noirs. Il n'y aura pas d'empreinte, murmurai-je.
- N'en parlons pas ce soir. C'est du passé Bones.
- D'accord.
Me sentant tremblée, Booth passa son bras dans mon dos, sa main sur mon épaule gauche. Je me serrais à nouveau contre lui, sa chaleur m'apportant le réconfort nécessaire. J'écoutais les battements réguliers de son cœur. Ma respiration finit par en prendre le rythme.
« Reposes-toi. Je suis là. Tu ne crains rien. » furent les derniers mots que j'entendis avant de trouver le sommeil.
Trois quarts d'heure plus tard, j'ouvrai à nouveau les yeux. J'étais toujours sur mon canapé, blottie tout contre mon partenaire. Il avait tiré la couverture habituellement posée sur le dossier du divan, et m'avait recouverte. Relevant la tête, je trouvais son regard.
- Ça va ?
J'hochais la tête.
- Tu as dormi ?
- Non, mais toi tu devrais rejoindre ta chambre pour te reposer. Tu seras mieux installée qu'ici.
J'acquiesçais tout en me redressant, un peu gênée de notre proximité. Tout aussi embarrassé, désignant le canapé, Booth me rassura :
- Je vais rester ici, histoire de passer la nuit, s'il y a le moindre problème…
- Booth, … tu seras mieux dans la chambre d'ami.
Un ange passa.
Dans un sourire, nous nous séparâmes devant nos chambres respectives.
