Chap. XX : « En terrain connu »

- Tu pourrais m'expliquer s'il te plaît !

Booth et moi étions assis dans le SUV. Il conduisait à vive allure vers l'université George Washington.

- Hector était le nom du squelette sur lequel on travaillait en classe en fac. Une sorte de « John Doe » si tu veux. C'est Janier qui l'avait surnommé Hector. J'aurais du y penser plus tôt… En tout cas, Hector était dans un coin de notre salle de cours. Ça expliquerait les trous dans les os et l'âge de la victime, qui au final n'en est pas une.

- Donc, reprit Booth, quelqu'un de l'université t'envoie des morceaux de squelette comme souvenir de classe. C'est un malade! Et pourquoi ?
- Ça j'en sais rien.
- Mais tu sais qui c'est ? demanda Booth comme pour confirmer ce que j'avais crié au labo.
- Oui, je crois. Enfin j'ai une vague idée. Dis, la patrouille qui surveillait devant chez moi le soir de l'agression…
- Oui ?
- Elle n'a rien vu de spécial ?
- Non. Personne n'est entré, sauf une femme qui habite dans ton immeuble. Elle avait la clé. Une voisine sans doute…
- Non c'était lui, enfin elle.
- Comme ça elle ? Notre malade est une femme ? s'étonna Booth.
- Oui.

Ses yeux avaient quitté la route un instant pour se planter dans les miens. Il n'en croyait pas ses oreilles.

- Une femme, tu es sûre ?
- Oui Booth. On est parti du principe que notre meurtrier était un homme par assimilation. 99% des serial killers sont des hommes. Mais il reste ce 1%. On l'a totalement négligé.
- Mais les indices ?
- Justement. En enchaînant les meurtres à cette vitesse, elle nous a empêché de nous y attarder. Mais l'écriture sur la lettre : en majuscule, lettre bâton, donc aucune indication sur le sexe. Les meurtres perpétrés ne demandent pas une grande force physique non plus. Juste une mise en confiance pour les surprendre avec le curare.
- C'est pas faux.
- C'est lors de mon agression que j'ai commencé à avoir un doute. Son parfum était fruité. Il était habillé plutôt large par rapport à sa taille. Et puis sa voix m'est apparue comme trop douce… Ça m'avait intrigué.
- Pourquoi tu ne m'as rien dit ?

Je laissais la question en suspend, au vue des événements qui étaient survenus tout au long de cette affaire. Booth n'insista pas et prit sa radio.

- 22 705 à Central. Je demande des renforts à l'université George Washington. Soyez discrets. Possible prise d'otage. Je m'y rends avec un civil. Terminer.
- Bien reçu 22 705. On envoie les gars sur place.

- Tu crois que l'on va arriver à temps ?

Pour toute réponse, Booth enclencha la sirène. Son air grave ne me rassura pas. Le reste du trajet se fit en silence. Je ne pouvais m'empêcher de penser à Angela.

S'il lui arrivait quelque chose, je ne me le pardonnerai jamais.

oOo

Arrivés sur le campus principal, le soleil commençait sa descente vers les collines. Booth se gara dans le parking visiteurs. Il avait éteint la sirène bien avant pour ne pas nous faire repérer. Il vérifia le chargeur de son arme.

- Booth, je n'ai pas le mien.
- Tant mieux, tu éviteras de blesser quelqu'un comme ça.
- Booth !
- Tu n'en as pas besoin. Je suis là, d'accord.

Je me résignais.

- Le bâtiment d'anthropologie est sur la gauche. Suis moi.
- Hé pas question. Tu restes derrière moi.

Il m'avait retenu par le bras. Mon regard se posa sur sa main. Je voulus protester mais ni le ton qu'il avait employé ni son regard ne laissaient matière à discuter.

Nous traversâmes Ross Hall. Les locaux étaient vides. Rien d'étonnant, c'était les vacances d'été. Nos pas résonnaient légèrement dans les couloirs plongés dans l'obscurité. Nous rasions les murs.

- La salle de cours de Janier était juste après à droite, chuchotai-je à Booth.

Alors que nous redoublions de prudence en approchant du but, un son terriblement aigu nous fit sursauter. C'était un bruit métallique à la limite du supportable. Puis le silence revint.

- C'était quoi ça ? fit Booth.
- Un larsen. Ça vient des haut-parleurs.

- Bonjour Docteur Brennan. Agent Booth.

Nous levâmes nos têtes instinctivement vers la voix. Elle provenait bien de la radio interne de l'université. C'était bien une voix de femme. Elle avait un ton presque ironique.

- Enfin. Je vous attendais.

- Où est le local radio ? me glissa Booth à l'oreille.
- A l'étage supérieur. Par là.

Je lui montrais les escaliers à droite du couloir. Nous montâmes alors que la voix résonnait toujours.

- Vous avez fini par comprendre. Vous avez mis le temps tout de même…

Arrivés sur la palier du deuxième étage, Booth vérifia si la voie était libre. Nous prîmes à gauche. Arrivés devant le local, nous encadrions la porte, dos au mur.

- A 3, me dit Booth.

J'hochais la tête.

- 1, 2, 3 !

Booth enfonça la porte, arme au poing. Personne. Le local était vide. Un rire strident se fit entendre dans les haut-parleurs.

- HAHAHAHAHA!!! Vous croyez vraiment me cueillir aussi facilement que ça avec toute la mise en scène que je vous ai réservé jusqu'à présent. Laissez-moi rire!!! HAHAHAHA

- MERDE! cria Booth.

Un téléphone portable était scotché au micro. Notre tueur était ailleurs. Booth frappa le mur. J'étais désemparée.

- Vous êtes vraiment des amateurs.

- On fait quoi maintenant ? lança Booth.
- J'en sais rien.

Ma gorge se noua. Angela !!! Plus nous passions de temps à la chercher, plus sa vie était en danger. Nous étions dans une impasse.

- Retournons dans la salle de Janier pour vérifier, fit Booth.

Nous redescendîmes avec la même prudence. Mes mains tremblaient et je commençais à avoir des sueurs froides. Devant moi, Booth épiait le moindre son, paré à toute éventualité.

Arrivés devant la salle de Janier, je retins mon souffle. Je sentais que nous allions y trouver quelque chose d'horrible.

- Tu es prête ? À 3.
- A 3, répétai-je pour me convaincre.

Je pris une grande inspiration.

Booth fit à nouveau le décompte et entra. Mon sang se glaça.

Sur la table d'examen de la salle de cours, un corps était allongé.

- Oh MON DIEU!!! ANGELA!! criai-je. ANGELA!!!!

Je me retournais et enfouis mon visage dans le torse de mon partenaire. Mes larmes coulaient en abondance.

- ANGELA !

J'était secouée de convulsions dues à mes pleurs.

Le corps était comme haché. Plus de vêtements, plus de visage, mais du sang.
Du sang et de la chair partout sur la table et sur le sol.
Un corps en bouillie.

Booth me serra. Je l'entendis déglutir. Sa main gauche caressait mon dos comme pour m'apaiser. Mais rien n'y faisait.

ANGELA !!!

Puis soudain son mouvement cessa.

- Bones, dit-il comme pour me réveiller. Bones regarde !

Je levais la tête vers lui. Avec sa lampe torche, il m'indiquait quelque chose. Ce qui avait du être la main gauche de la victime.

- Quoi ? fis-je, ne comprenant pas ce qu'il voulait.

- Regarde ! Ce n'est pas Angela !

L'espoir revint!! Pas Angela ? Comment cela est-il possible ?

- Quoi ?
- Regarde. Elle ne porte pas la bague d'Hodgins. Ce n'est pas Angela !

En effet, après leur rupture, Angela avait voulu rendre à Hodgins sa bague de fiançailles mais il avait refusé. Et Angela ne s'était pas résolue à l'enlever de son doigt. Elle avait donc continué de la porter, attestant des sentiments forts qui l'unissait à son ex fiancé.

Mon cœur bondit dans ma poitrine. Ce n'était pas Angela.

Angela est vivante !!!!

Sous le coup de l'émotion, je me jetais à nouveau dans les bras de Booth, comme pour le remercier de cette nouvelle.

- Viens, ne traînons pas ici. Il faut la retrouver, dit Booth.

Comme si tout devenait clair, une idée me vint à l'esprit.

- Suis moi, dis-je à Booth.


On approche du dénouement.... Si vous voulez savoir la suite, reviewer!!! lol