Alors tout d'abord un grand merci à mes trois revieweuses J'essaye de faire pour le mieux et donc les encouragements m'aident beaucoup :D

Je viens de finir d'écrire le chapitre 6 donc je peux déjà d'ors et vous dire avec certitude que cette fic devrait comporter neuf chapitres, dix maximum. Sur ce bonne lecture et à bientôt :)

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CHAPITRE 2

Cette salle commune c'est notre repère, ou plutôt devrais je dire l'un parmi tant d'autres. Quand j'étais encore jeune j'adorais qu'on se retrouve ici, tous près du feu. Lorsque je ne ressentais pas encore d'amertume je les admirais, j'étais avide de connaître chacune de leur nouvelle aventure. Je les suppliais même parfois de me prendre avec eux lors des farces qu'ils préparaient. Parfois ils acceptaient mais souvent ça se retournait contre moi. Les Serpentards s'en prennent toujours au plus faible et j'aurais du deviner que selon eux il s'agissait de moi. Je leur prouverais à eux aussi, ils s'inclineront devant moi, me respecteront, et seulement à ce moment là je serais satisfait. Comme à son habitude Rémus est plongé dans un livre écorné qui apparemment a du connaître des générations et des générations d'autres lecteurs. Sirius et James jouent à la bataille explosive alors que la plupart de la gente féminine les observe. Parfois il s'agit simplement de petites œillades discrètes mais souvent il s'agirait plutôt de lourds regards appuyés. Moi jamais personne ne me regarde de cette façon, personne ne cherche désespérément à attirer mon attention, mais un jour oui un jour ce sera mon tour.

Je pense à ma petite ingénue et mes sens s'éveillent doucement. Je l'imagine plonger dans la chaleur réconfortante de son lit, drapée dans le sentiment de sécurité qu'elle semble trouver dans sa chambre. Si seulement elle savait qu'il me suffirait de le vouloir pour la rejoindre. Qu'il me suffirait de le désirer instamment pour me retrouver dans son lit sans qu'elle ne s'en rende compte. Je pourrais remonter doucement le tissu de sa chemise de nuit et elle ne pourrait rien faire pour m'en empêcher. Ainsi offerte son corps brûlerait pour moi, s'impatienterait de mes caresses et ma soif de désir s'en trouverait apaisée pour un temps. En pensant à cette éventualité un sourire se forme sur mon visage très vite balayé par le souvenir qu'elle n'imagine pas un seul instant ma présence à ses côtés dans ce moment aussi intime. Elle me considère comme son meilleur ami, une personne de confiance mais un jour ou l'autre ses illusions de petite fille devront prendre fin. Je la ferais femme, je lui montrerais la dureté de ce monde et elle finira par me remercier. Sa douceur infinie se transformera en froideur et petit à petit elle finira par me ressembler, désillusionnée et pathétiquement irrécupérable. J'ai besoin de la posséder, de la détruire, j'ai besoin de la voir se consumer comme neige au soleil, j'ai besoin de la voir souffrir pour me sentir bien. Et cette pensée qui me submerge me fait perdre un peu plus pied dans les profondeurs de mon mal être.

- Hé Pet' Tu veux jouer avec nous ? Sirius est décidément trop mauvais

- Je te laisse gagner Cornedrue, histoire que tu ne perdes pas encore la face devant ta Lily

- Cherche toi des excuses, en attendant je mène 12 à 3, un score qui dit tout

- Qui dit surtout que tu ne sais pas compter. Ca fait 9 à 5

La voix chaude et rassurante de Rémus a raison de la petite dispute des deux garçons. Immédiatement ils se taisent comme apaisés et je les rejoins autour de la petite table basse qui retiendra mes premières confidences. Au début je ne dis rien, je suis la partie d'un œil distrait, perdant à chaque coup, provoquant l'hilarité de mes deux congénères. Je les mets en confiance, en position de supériorité avant de les amener sur le sujet qui m'intéresse. Ils ne se rendent compte de rien et leur crédulité me réconforte dans mon âme.

- Comment fait on pour séduire une fille ? Demandais je d'un ton apparemment badin en dévoilant un roi de cœur

- Par séduire t'entends faire passer à la casserole ? Répondit calmement Sirius nullement gêné

J'acquiesce et immédiatement je sens le regard noir de Rémus se posait sur moi. Il s'attendait sûrement à ce que je ne sois pas comme les autres mais je suis encore pire. S'il lisait dans mes pensées il serait horrifié mais heureusement une telle chose n'arrivera jamais.

- C'est une fille en particulier ou tu poses la question en général ? Poursuivit James sans s'arrêter de jouer

- C'est une fille particulière répondis je vaguement

- Elle est pucelle ?

- Sirius ! Gronda Rémus mécontent en refermant son bouquin

- Et bien quoi ? Ca a son importance. Alors ?

- Je pense que oui

Non j'étais sûr de moi, je le savais, et cette constatation ne faisait que renforcer le tumulte qui m'habitait. Elle était encore bloquée dans ses réflexions de prince charmant et je me réjouissais avec plaisir de pouvoir lui montrer ce qui l'attendait dans la vie réelle.

- Dans ce cas là il te faudra plus d'expériences, l'expérience d'une fille qui n'a pas froid aux yeux.

- Ruby Johnson souffla James en se rendant compte qu'il venait de perdre

Je comprenais à peine leur raisonnement quand le souvenir de cette fille me revint en mémoire. Tellement insolente et vulgaire que son souvenir était impérissable. Petite poupée qui avait déjà bien trop vécu pour son âge. Elle était l'antithèse totale de ma petite Jade et c'est la raison qui me fit approuver la façon de penser de Sirius et James. Il fallait que je m'enhardisse, que je prenne de l'assurance avant de m'attaquer à elle. Les autres avaient raison et pendant un instant je m'en voulus de ne pas avoir eu cette idée moi-même. Ils poursuivirent leur partie comme si de rien n'était alors que le regard de Rémus se faisait perçant. Il désapprouvait mon attitude mais il n'y pouvait rien. Ainsi quand il proposa une partie d'échec je ne trouva aucun prétexte à refuser. Dans ce domaine il était bien meilleur, quasiment imbattable mais tout était toujours possible, c'était-ce que j'avais appris au fil des ans.

- Tu l'aimes ? Demanda-t-il en déplaçant son fou

- Elle m'obsède répondis je sincèrement sans qu'il ne se doute à quel point ces mots pouvaient être véridiques

- Alors pourquoi coucher avec une autre ? Pourquoi ne pas le lui dire ?

- Je ne suis pas comme vous, je n'ai pas votre physique ni même votre charme. Si je ne prends pas de l'assurance qu'Est-ce qu'il me restera pour moi ?

- Tes amis Peter, tes amis

Comment fait il pour me faire douter à ce point à chaque instant ? Pendant un bref instant je me dégoûte d'avoir des pensées aussi malsaines envers cette si jolie jeune fille mais je n'y peux absolument rien, la folie me guette et mon cerveau se contente de cette brève excuse. J'observe Rémus et je décide de l'épargner. Il n'a rien à voir avec les deux autres, vraiment rien.

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J'ai toujours été impressionnée par la manière qu'ont mes camarades de dortoir de se faire remarquer auprès des autres. A leur passage le regard des garçons se fait plus intense, leurs têtes se baissent et généralement on peut les voir murmurer entre eux. Pourtant quand on les regarde attentivement on peut remarquer que cette attitude n'est pas du tout une marque de respect. Ces filles qui leur font perdre la tête ne les intéresse pas plus de quelques secondes. Leurs yeux évaluent leur corps sans se soucier du reste. Les murmures ne sont que réflexion blessantes, paris du jour alors pourquoi tout en sachant ça ces filles continuent de les provoquer ? Dans ce domaine l'une d'entre elle est bien en tête, loin du troupeau. Prise pour modèle par ses semblables, adulée de la gente masculine, elle est tout ce à quoi ils peuvent aspirer. Elle est aussi la preuve que tous les Poufsouffles ne sont pas de petits êtres méprisables et indignes d'intérêt. Ses cheveux bruns retombent en une cascade lisse le long de son dos. Ses yeux d'un bleu océan provoquent la stupéfaction de ceux qui s'y perde mais le plus impressionnant est sans contexte cette manière qu'elle a de se déplacer, de sourire, de parler. Tout en elle évoque sensualité et luxure. Elle en joue pour arriver à ces fins et jusqu'ici ça lui a toujours réussi. Ses lèvres sont recouvertes d'une épaisse couche de rouge à lèvre rouge vif. Sa marque de fabrique. Vulgaire au premier abord mais tellement plus complexe qu'elle n'y parait. Les apparences lui servent d'alliés, l'hypocrisie lui sert de rempart mais surtout le regard des hommes est pour elle comme une échappatoire salvatrice. Elle vit au travers des yeux des autres, ce qu'on pense d'elle n'est pas sa principale préoccupation parce que quoiqu'en dise, malgré tous ces chuchotements sur son passage, tout le monde rêve de passer la nuit avec elle.

Qui ne connaît pas Ruby Johnson ? Cette Poufsouffle tellement exubérante qu'on s'est toujours demandé ce qu'elle faisait dans la maison des jaunes et noirs. Pour ma part la question que je me suis toujours posée c'est pourquoi elle m'avait prise comme confidente. C'est vrai entre elle et moi il y a comme un gouffre énorme. Elle ne se trouve pas dans mon dortoir, elle n'est même pas de mon année et surtout elle est exactement la personne que je ne serais jamais. Tout ce qui m'agace chez moi l'amuse. Mes attitudes enfantines la comble de joie et elle se plait à me raconter ses parties de débauche tout en sachant pertinemment que sauf miracle exceptionnelle jamais de telles choses ne m'arriveront. Ce soir elle me montre le porte jar telle qu'elle cache soigneusement sous sa petite jupe noire d'écolière. Elle me fait découvrir le petit tatouage en forme de cœur qui se trouve à quelques millimètres du bord de son collant en résille et je me demande comment elle trouve le courage d'être aussi provocante à longueur de journée. De sa démarche féline elle rejoint son placard avant d'en ressortir un ensemble de sous vêtements qui ferait rougir n'importe qui. Je baisse les yeux gênée alors qu'elle éclate de rire. Personne ne peut réellement se vanter de la voir aussi naturelle et je ne me rends pas réellement compte du privilège qu'elle m'accorde.

- C'est un cadeau de Sirius dit elle simplement en revenant s'asseoir à côté de moi

- Je croyais que toi et lui c'était fini répondis je d'une petite voix

Malgré toute la bonne volonté dont je pouvais faire preuve j'avais parfois du mal avec certaines de ses relations. Elle ne s'attachait à personne, ne voulait aimer personne mais pourtant elle revenait toujours vers lui. Certes il était beau, terriblement séduisant même, mais Sirius Black était surtout une personne blessante qui ne s'intéressait qu'au sexe. Combien de ses conquêtes revenaient larmoyantes de leur rendez vous ? Combien de filles avaient déjà pleuré par sa faute ? Trop pour les compter. A bien des égards il ressemblait à Ruby mais ils étaient tous deux trop fier, trop pathétiquement englué dans leur monde d'apparence pour se donner une véritable chance.

- Il veut que je lui rende un petit service déclara-t-elle son regard se perdant dans le vide

- Un service qui supposerait que tu portes ce genre de chose ? Mais qu'Est-ce qu'il veut que tu … Oh …

- Tu dois être choquée petite fille mais ne t'inquiètes pas je l'ai prévenu ce sera la seule et unique fois

- Pourquoi tu as accepté ? Demandais je timidement

- Il y a des choses que tu ne pourrais pas comprendre, des choses que je dois faire sans pouvoir te parler. Tu comprendras quand tu seras grande dit elle avec un petit sourire

- Tu veux dire quand je serais devenu une autre personne ? Répondis je boudeuse

Elle ne me répondit pas parce qu'elle savait que j'avais vu juste. Je ne comprendrais sans doute jamais sa façon d'agir parce que de mon côté ça me paraissait totalement inconcevable. Elle acceptait de se laisser échanger, de passer pour marchandises entre les mains d'hommes qui ne voyaient qu'eux et ce que ça leur apporterait. Je n'étais que spectatrice silencieuse de ce spectacle grotesque mais ça ne m'empêchait pas de trouver ça tout à fait aberrant. Tout n'était que manipulation et faux semblants alors comment trouvait elle la force de continuer ? Elle me laissa seule quelques instants dans la chambre le temps de se changer et quand elle revint je n'eus que le loisir de constater qu'encore une fois elle allait faire parler d'elle. Sa robe rouge lui collait à la peau s'harmonisant parfaitement avec la couleur de ses lèvres. Ses cheveux bruns chatoyants étaient attachés laissant nue la peau de son cou ainsi offerte. Elle ne me paraissait pas belle, elle me paraissait irréelle. A côté d'elle n'importe laquelle d'entre nous aurait paru grotesque mais je ne la jalousais pas. Il fallait du cran pour assumer un tel physique et encore plus de courage pour en jouer. Sagement elle revint s'installer derrière moi tressant doucement mes cheveux encore humide de la douche que j'avais prise avant de venir. Ce soir j'avais rendez vous avec Peter près de la salle commune des Gryffondor. Le trajet était plus que long puisque ma salle commune à moi se trouvait au rez de chaussée. Mais je n'allais pas encore une fois paraître effrayée de devoir traverser le château seule. Les tableaux seraient là pour me guider, les torches m'éclaireraient alors je n'avais pas de raison d'avoir peur. Peter m'attendrait adossé contre le mur et à partir de ce moment là je n'aurais plus de raisons de me méfier.

Malheureusement ce n'est pas du tout ce qui se passa. Sur le trajet me menant chez les Gryffons les torches arrêtaient de fonctionner à partir du cinquième étage, soit me laissant deux étages à surmonter dans le noir le plus complet. J'hésitais, mon cœur s'affolait et j'avais peur de croiser quelqu'un. Pourtant je ne pouvais pas décevoir Peter, pas encore. Mes pieds glissaient sur la pierre froide et à plusieurs reprises je manquais de tomber dans les escaliers escarpés qui se présentaient à moi. Quand enfin j'atteignis le dernier étage mon soulagement fut de courte durée en me rendant compte que Peter ne s'y trouvait pas et que pire des personnes que je ne connaissais que de nom étaient en train de sortir de la salle commune des Gryffondors. Ils me prêtèrent attention quelques secondes avant de ricaner et de poursuivre leur chemin. Ce n'était pas le plus mal, je dirais même que ça me réjouissait pas mal d'être quasiment confondue avec le décor.

J'attendis là dix minutes, puis vingt jusqu'à me rendre compte qu'une heure venait de s'écouler. De l'air passait à travers la fenêtre me glaçant complètement mais Peter n'allait certainement pas tarder alors je pouvais bien attendre encore un peu. Mes cheveux étaient toujours humides me donnant l'impression de me refroidir encore un peu plus. La totalité de mes doigts devenaient rouges à force de rester immobiles mais je n'osais pas bouger. J'étais assise contre l'un des murs à l'abri des regards de ceux qui pouvaient venir des escaliers. Cette position me convenait parfaitement même si actuellement je commençais sérieusement à ressentir les effets du froid. Mes collants en laine ne suffisaient plus à me réchauffer et mon chemisier impeccablement boutonné me parut soudainement bien inutile. Je me demandais pourquoi Peter ne venait pas et au bout de quelques minutes de réflexion j'en vins à la réflexion que j'avais probablement fait quelque chose de mal. J'essayais de déterminer quelle était l'évènement qui avait pu le mettre en colère contre moi et je ne voyais vraiment rien. Peut être s'était il tout simplement lassé de nos rendez vous nocturne. Ce ne serait pas si étonnant après tout, il avait sûrement mieux à faire. Ou alors notre passage par la cabane hurlante ne l'avait pas contenté.

Peut être qu'il attendait quelque chose de moi, je devrais demander à Ruby. Elle, elle saurait. Les larmes commençaient sérieusement à embrumer ma vue et je n'avais qu'une envie, retourner dans ma chambre. Quitter cet espace froid et sinistre pour me retrouver seule dans un endroit chaud et accueillant. Pourtant même ça je n'étais pas sûre de pouvoir y parvenir. Les torches devaient probablement toutes être éteinte à cette heure et si j'empruntais le chemin des escaliers autant dire que j'avais toute la chance de tomber lamentablement sans que personne ne s'en rende compte avant demain matin. Et encore je serais tellement honteuse que je n'oserais même pas demander d'aide. Peut être bien que Peter finira par arriver ou sinon il ne me reste plus qu'à attendre demain matin que les premiers rayons du soleil finissent par apparaître.

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Ma ronde de préfet touche à sa fin et ce n'est pas le plus mal. La pleine lune a eu lieu il y a quelques jours et je n'ai pas totalement récupéré. Je sais qu'en arrivant James et Sirius ne seront pas encore rentrés de leurs activités nocturnes mais à quoi bon m'évertuait à dire quelque chose puisque je sais que ça ne servira à rien. Ils ont leur tempérament, leur façon d'agir et tant qu'ils ne font pas trop de mal ça me va. Au moment où je finis de monter les marches menant au septième étage j'entends de petits bruits étouffés. Tellement faibles qu'il est fort probable que je n'aurais rien entendu sans mon ouïe plus développée que la moyenne. Mon attention est attirée vers le côté de la fenêtre où j'aperçois une ombre au sol. Je ne vois pas pourquoi un élève irait se terrer ici mais depuis que je suis préfet j'ai appris que les humains pouvaient avoir nombre de caractères étranges.

La jeune personne assise au sol parait tellement fragile que j'hésite sur la marche à suivre. Il ne s'agit certainement pas de la réprimander où de lui dire froidement de rentrer dans son dortoir, mon instinct me pousse à faire preuve de douceur alors je m'agenouille devant elle espérant provoquer une quelconque réaction. Au lieu de lever le regard vers moi elle reste immobile mais je crois percevoir que ses sanglots viennent de cesser. J'essaie de me montrer réconfortant en posant une main sur son épaule mais elle me repousse en se levant précipitamment me faisant par la même occasion manquer de tomber sur les fesses. J'aurais eu l'air malin tiens, elle debout, moi par terre. Je me redresse à mon tour lui bloquant le passage alors que visiblement elle cherche un moyen pour me fuir. Ais je l'air si repoussant ? Je veux bien être moins séduisant que Sirius ou même James mais quand même de là à vouloir partir en courant sans même m'accorder un regard. Je l'observe attentivement, ou plutôt j'observe ce qu'elle veut bien me montrer. L'uniforme stricte de Poudlard aux couleurs de Poufsouffle, deux tresses sages encadrant son visage, elle parait mignonne mais ce qui m'attire le plus c'est l'odeur qu'elle dégage. Ses cheveux ont un parfum, mélange de vanille et de jasmin, alors que je peux sentir sur sa peau la marque forte des fruits des bois. Il ne me semble pas que de connaissance une fille ait eu un parfum aussi enivrant.

- Je ne vais pas te mordre tu sais

Quoique dans d'autres circonstances … En temps de pleine lune … ou de semi pleine lune …Elle semble déterminée à ne pas me répondre et surtout à ne pas me regarder. Je ne peux certes pas la forcer mais j'ai besoin de savoir ce qu'elle fait ici. Peut être attend-elle quelqu'un, quoique le fait que je l'ai trouvé en train de pleurer me laisserait plutôt penser que personne n'est venu ou qu'elle vient d'apprendre une mauvaise nouvelle. Peut être vient elle de se disputer avec son petit ami ? Ce ne serait pas si extraordinaire et avec les sempiternelles crises d'hystérie de Lily au sujet de James je suis plutôt bien équipé pour la réconforter.

- Je te fais peur ? Excuse moi je ne me suis même pas présenté, Rémus Lupin. Tu veux que je te raccompagne jusqu'à ta salle commune ? Poufsouffle si je ne me trompe demandais-je en regardant le blason qui ornait sa poitrine

- Je … Je préfère … attendre … ici me répondit elle tremblante

Je ne sais pas si sa voix est si basse à cause de la peur ou du froid ambiant. Elle parait gelée au vue de la légère fumée qui s'est échappée de ses lèvres en prononçant ces quelques mots mais apparemment elle n'a pas l'intention de faire quoique ce soit pour remédier à cette situation. Celui qu'elle attend doit vraiment être spécial pour qu'elle risque l'hypothermie de cette façon. Mais petit ami ou non je me fais un devoir de la raccompagner et ce sens du dévouement n'est pas du tout dû au fait que j'ai envie de sentir son odeur encore un peu avant d'aller dormir.

- Mais il fait très froid ici, et puis le couvre feu est déjà passé. Je pense que celui que tu attends comprendra si tu rentres. Tu ne veux vraiment pas que je te raccompagne ? Demandais-je rassurant

- Je ne peux pas rentrer me dit elle tout bas

- Bon très bien, je reste aussi dans ce cas. Quel homme serais-je de laisser une jeune fille seule dans un couloir désert

Elle ne me répond pas, peut être parce qu'elle ne sait pas quoi dire pour me convaincre de rentrer. De toute façon je suppose qu'elle ne va pas tarder à changer d'avis. Qui serait assez fou pour passer une nuit dans les couloirs de Poudlard à attendre quelqu'un ? Si j'avais su je me serais probablement abstenu d'avoir une telle pensée. Dans le silence le plus complet elle est restée à mes côtés à attendre. Attendre. Encore attendre. Mes membres commençaient sérieusement à s'engourdir et sans que je sache comment je me suis endormie dans ce couloir vide. Si mes amis m'avaient trouvé là ils auraient probablement bien rigolés, j'aurais entendu parler de cette histoire pendant des années mais heureusement pour moi ce sont les rayons du soleil qui filtraient à travers la fenêtre qui m'ont éveillé. Bien entendu j'étais seul, aucune trace de la demoiselle. Seul son parfum continuait à flotter dans les airs pour me prouver que je n'avais pas rêvé. Ca et la cape qu'elle avait posé sur mon corps avant de partir probablement. Je ne connaissais ni son nom, ni son âge, ni même les raisons qui l'ont poussé à attendre ainsi mais j'avais envie de la revoir. Peut être juste pour avoir l'occasion de voir enfin son visage.

Je le connaissais. De nom, de réputation. Rémus est l'un des meilleurs amis de Peter et malgré ça je ne lui avais jamais adressé la parole. Qu'Est-ce qu'un garçon aussi gentil et populaire que Rémus pourrait bien faire avec une fille aussi insipide que moi ? Rien que le fait qu'il m'adresse la parole défit la chronique, je ne mérite pas son attention ni même sa conversation alors pourquoi l'aurais je laisser perdre son temps. Je ne veux pas provoquer la pitié alors je suis restée muette. Il était fatigué ça se sentait mais il ne s'est pas plaint. Il a fini par s'asseoir à côté de moi et je l'ai vu sombrer peu à peu dans un sommeil profond. J'ai vérifié qu'il respirait toujours en voyant que le froid se faisait plus mordant mais ça ne semblait pas l'atteindre. Peter n'est jamais venu mais peut être qu'il s'est endormi sans le vouloir ou qu'il avait quelque chose de plus important à faire.

Bien sûr que j'étais triste, ce serait mentir que de dire que ça ne m'a pas brisé le cœur. Il savait parfaitement que j'avais peur de me retrouver toute seule dans le noir et pourtant il ne m'a même pas prévenu qu'il ne viendrait pas. Je ne sais même pas quand je le reverrais peut être que je devrais revenir ce soir pour l'attendre, peut être qu'il s'est tout simplement trompé de jour. Ou peut être bien même que c'est moi qui ait mal compris. Oui je reviendrais ce soir mais cette fois je penserais à prendre une cape plus chaude. De toute façon j'y serais bien contrainte puisque j'ai laissé ma seconde cape à Rémus. C'est ma faute s'il s'est endormi dans le couloir alors je pouvais bien lui laisser ce morceau de tissu.