Bonjour tout le monde

Alors un grand merci à mes trois revieweuses :) Je vous annonce d'ors et déjà que cette fois c'est définitif cette fic comportera neuf chapitres. J'ai écrit les huit premiers et donc il ne me reste plus que l'épilogue. Ca fera donc de cette fic la première que j'aurais jamais fini ( un grand moment d'émotion xD ) , mais en attendant voici le troisième chapitre, j'espère que vous l'aimerez :D

CHAPITRE 3

Quand je suis arrivée en haut des marches il m'attendait. Non pas Peter, mais Rémus. Son uniforme était impeccablement ajusté quoique le bas de son pantalon commençait à présenter des traces d'usure. Il aurait suffi le recoudre un peu pour qu'il retrouve son apparence d'antan mais je me serais bien gardée d'en faire la remarque. A vrai dire en voyant le jeune homme en haut des marches j'ai failli faire demi tour. Oui je voulais parler à Peter mais me retrouver seule à seule avec son meilleur ami me terrifiait. Comprenons nous bien, Rémus n'a rien d'effrayant, je veux dire la plupart des personnes de Poudlard lui confieraient leurs vies sans hésiter. Mais moi dès que j'approche un garçon je ne peux m'empêcher de bégayer et rougir. Forcément je n'arrive pas à aligner plus de deux phrases et généralement ça finit en éclat de rire. Il fut un moment où de petits plaisantins s'amusaient à me taquiner de cette façon et à chaque fois je me retrouvais en pleurs dans mon lit.

Ils ont arrêté le jour où Ruby les a menacé, je ne sais pas ce qu'elle a leur dit et à vrai dire je n'ai même pas demandé. J'étais juste soulagée et je préférais ne même plus y penser. Au début avec Peter c'était exactement pareil. J'avais peur qu'il se moque de moi alors j'évitais le plus possible de parler, je pense même que pendant un moment il a du me croire muette. Mais maintenant que je le connais mieux, que je sais qu'il ne me fera aucun mal, les bégaiements ont cessé et je dirais même que je peux me montrer plus ou moins naturelle. Ce qui en soit n'est pas forcément une bonne chose pour la personne qui me fait face. Quoiqu'il en soit il est sûr et certain que je n'arriverais pas à parler à Rémus. Il va me trouver stupide, en parler aux autres et Peter aura tellement honte qu'il ne voudra plus jamais m'adresser la parole.

J'ai essayé de partir discrètement, après tout c'était une des rares choses pour laquelle j'étais douée, mais sans que je sache comment le préfet a remarqué ma présence. Il s'est approché de moi et comme une idiote je suis restée pétrifier. J'aurais eu le temps de partir, vraiment le temps mais mes jambes refusaient d'avancer. Instinctivement j'ai baissé les yeux, je ne pouvais pas l'affronter lui et son regard perçant. J'avais l'impression qu'il m'analysait, qu'il essayait de lire en moi mais il ne pouvait y parvenir alors je n'avais vraiment rien à craindre. J'étais sur la dernière marche des escaliers et bien entendu c'Est-ce moment là qu'a choisi un groupe de garçon pour passer et au passage me bousculer. Je n'ai pas vraiment eu le temps de comprendre ce qui se passait jusqu'à ce que je sente les bras du Gryffondor se refermaient autour de moi. J'ai du faire un bond d'au moins cinq mètres en arrière à son contact, et encore ça me semble peu.

- Vous ne pouvez pas faire attention ! Cria Rémus à l'attention du groupe qui déjà se trouvait en bas des marches

A peine eut il fini de les apostropher que les traits de son visage se sont adoucis. Détendu il était beaucoup plus beau mais quand il a tourné les yeux vers moi, et que fatalement il m'a surpris en train de le regarder, mon visage s'est empourpré. Je voulais disparaître sous terre et ne pas devoir l'affronter mais je savais que la réalité allait être tout autre. Dans mon bond en arrière je n'avais pas prévu de me retrouver coincée contre l'un des murs et encore moins que le jeune homme veuille m'adresser la parole. C'est vrai il devait avoir beaucoup mieux à faire, je ne sais pas converser avec d'autres filles plus intéressantes, lire un livre, ou tout simplement dormir.

- Ca va tu ne t'es pas fait mal ? Me demanda-t-il gentiment

Je me contentais de secouer la tête en signe de négation et je trouvais déjà avoir fait un gros effort. En principe n'importe quel garçon normalement constitué aurait abandonné et serait parti vaquer à ses occupations mais lui il restait là, planté devant moi comme s'il attendait quelque chose. Bien entendu il m'aurait suffi de lui demander ce qu'il voulait mais les mots refuseraient de sortir je le savais d'avance alors à quoi bon m'imposer une humiliation aussi intense. J'aurais aussi pu le regarder pour essayer de deviner ses intentions mais je n'en avais pas le courage.

- Tu attends la même personne que hier ?

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Je n'étais pas sûre qu'elle vienne ce soir mais mon intuition a été la bonne. En me voyant elle a hésité mais en se faisant bousculer elle n'a plus vraiment eu le choix. J'ai voulu la rattraper mais elle s'est dégagée à une vitesse hallucinante. Sirius aurait ricané en voyant la rapidité dont elle a fait preuve mais ça m'a fait comprendre qu'elle devait vraiment être effrayée pour réagir de cette façon. Son parfum m'a envoûté aussi rapidement que la nuit dernière et sans savoir vraiment pourquoi j'ai eu envie de la connaître. L'ironie du sort c'est que la seule fille qui m'intéresse est aussi celle qui semble ne pas vouloir entretenir la moindre conversation avec moi. Elle joue nerveusement avec ses doigts et je peux entendre les battements de son cœur qui s'intensifient dans sa poitrine. J'essaie de la mettre en confiance mais on dirait bien que c'est peine perdue, elle se contente d'hocher la tête à chacune de mes questions faisant ainsi se balancer ses nattes au rythme de ses mouvements.

Je ne sais même pas quelle est la couleur de ses yeux, ni comment elle s'appelle, mais elle m'intrigue. Je me demande si la personne qu'elle attend est son petit ami, si c'est le cas il manque vraiment à tous ses devoirs. Deux rendez vous et deux absences, c'est inadmissible. Je me rends compte que son cœur se calme et je la surprends à me regarder. Ca n'a duré qu'un bref instant mais j'ai eu le temps de voir ses joues changer de couleur et par-dessus tout j'ai eu le temps de constater qu'elle possédait de magnifiques yeux verts. Pendant quelques minutes je laisse un silence s'installait, juste le temps que les battements de son cœur reprennent un rythme régulier.

- Je peux connaître ton prénom ?

- Pourquoi … tu … me … me … parles ?

Au moment même où elle prononce cette phrase elle lève les yeux vers moi et je vois qu'elle est réellement peinée. Elle se mord la lèvre inférieure ne se rendant probablement pas compte de l'effet que ça peut avoir sur la plupart des garçons.

- C'est pour te … moquer de moi ?

- Je n'ai pas de raisons de me moquer, je voulais juste savoir qui était cette fille prête à attendre deux nuits entières pour une seule et même personne

Elle se tait, baisse les yeux et je sais qu'elle ne me répondra pas. Pendant trois jours le même manège se reproduit mais de jour en jour je la sens plus confiante. Les battements de son cœur se stabilisent mais surtout elle n'impose plus une distance minimum de quelques mètres entre nous. Je ne sais pas qui elle attendait les premiers jours mais je me plais à croire que maintenant elle vient pour moi. Je sais que nous n'aurons pas de conversations passionnantes, ni même de conversations du tout alors j'ai pris sur moi de ramener un jeu d'échec. Je comptais lui expliquer toutes les règles mais il se trouve qu'elle savait déjà parfaitement jouer. Parfois j'entame de longs monologues, je sais qu'elle m'écoute mais elle ne semble toujours pas disposée à me répondre. Je ne sais pas si c'est le fait d'être distrait par ses yeux à chaque fois que j'ai la brève occasion de les entrapercevoir mais je n'ai pas réussi à gagner la moindre partie contre elle. Et puis un jour, entre le moment où elle avance sa dame et le moment où je me rends compte qu'elle vient de faire échec elle prend la parole.

- Jade

- Pardon ?

- Mon nom, enfin, je m'appelle Jade

- C'est un joli nom. Il te va bien.

- Je m'excuse dit elle doucement

- De m'avoir mis la plus belle raclée de toute ma vie aux échecs ? Tu es toute pardonnée répondis je souriant

- J'avais peur que tu … que tu te moques … parce que j'ai du mal à … enfin … je suis stupide avoue-t-elle attristée

- Quelqu'un qui est capable de gagner 5 partis successives d'échec n'est pas stupide

Le reste de la semaine se poursuit de la même façon si ce n'est le fait qu'elle prend la parole de temps à autre. Elle ne se confie pas, ne dit rien de personnel et je ne sais rien d'autre d'elle à part le fait qu'elle s'appelle Jade mais je sens qu'elle apprend à me faire confiance. Ses bégaiements timides se sont transformés en phrases construites et pleine de sens mais ces rougissements ne diminuent pas. Ca ne me dérange pas, ça la rend attendrissante mais elle ça semble la gêner considérablement. Elle n'aime pas que je la fixe trop longtemps ni même que je lui fasse des compliments, à chaque fois que ça arrive j'entends son cœur faire des bonds pharamineux dans sa poitrine mais surtout j'ai l'impression qu'elle ne me croit pas, jamais. Je ne sais pas qui elle attendait les deux premiers soirs, et je ne le saurais sans doute probablement jamais mais au fond de moi j'espère que ce n'est pas son petit ami. C'est stupide, je ne sais même pas pourquoi je m'attache autant à elle, elle est différente, si différente que ça ne l'en rend que plus intéressante.

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Je n'ai pas revu Peter et étrangement ça m'attriste beaucoup moins qu'avant. Peut être parce que Rémus est toujours là pour passer du temps avec moi. Au début j'étais intimidée en sa présence, mais qui ne le serait pas ? Il a de très beaux yeux, de très beaux cheveux, une très belle bouche et … enfin vous l'aurez compris je le trouve réellement très beau. Mais au-delà de ça, il est aussi très gentil et surtout très patient. Je suis sûre que parfois il doit avoir envie de partir, il doit sûrement s'ennuyer mais il ne dit jamais rien. Il se contente de me sourire chaleureusement et parfois j'en viens à me dire que peut être il ne me trouve pas si inintéressante que ça. Pourtant je n'oublie pas et je n'oublierais jamais qu'il a des tas et des tas d'autres filles à ses pieds, tellement qu'il aurait à peine à faire un geste pour avoir une petite amie. Je ne suis pas amoureuse parce que je sais que je n'ai aucune chance mais j'attends avec impatience que la journée se termine pour le retrouver. Ca peut se terminer du jour au lendemain, un jour il ne viendra plus mais ce n'est pas si grave. Je m'en remettrais, enfin je crois.

Le professeur Hagrid nous donne son cours et malgré le froid mordant de ce mois de novembre je me sens bien. J'aime qu'il nous explique ce qu'il connaît sur les différentes créatures et même si la plupart des autres le trouve incompétent moi c'est mon professeur préféré. Le silence se fait au moment où une licorne fait son apparition. Hagrid la gratifie d'une caresse et apparemment sans son intervention jamais nous n'aurions eu la chance d'en voir une. Nous sommes censé passer l'un après l'autre pour essayer de l'approcher mais je préfère passer mon tour. Elle ne se laisse caresser que par les êtres jugés pur alors quelle chance aurais-je ? Deux filles de Serdaigles réussissent à poser la main sur elle brièvement et Hagrid parait déçu. Je m'éloigne un peu du groupe, comme d'ordinaire d'ailleurs, quand quelques minutes plus tard je sens quelque chose me touchait le dos. Oh non va-t-en, arrête les autres vont finir par te remarquer. Ca ne manque pas, un sourire jusqu'aux oreilles Hagrid arrête son discours pour venir dans ma direction. Non non non il s'agit d'une erreur, cette licorne n'a pas du tout envie que je la touche et encore moins que je monte sur son dos. Comment ça sur son dos ? Sans me demander mon avis mon professeur me soulève pour me poser sur cette créature mythique.

Le reste de la classe tourne le regard vers moi et je suis sûre qu'ils sont en train de se demander qui je suis. Elle marche doucement mais je ne suis pas rassurée, monter sur une licorne ce n'est pas interdit par la loi ? En tout cas Hagrid ne semble pas vraiment s'en soucier à en juger par l'air béat qu'il vient de prendre. Le calme apparent de la scène se transforme soudain en tempête virulente quand deux garçons s'approchent sans vraiment se rendre compte de là où ils mettent les pieds. Ils s'amusent à se lancer un petit vif d'or, de dos celui aux cheveux mi long atterrit devant la licorne qui se cabre. Ca ne dure que quelques petites secondes, tellement rapidement que personne n'a rien pu faire pour empêcher ce qui vient de se passer. En voyant le garçon approchait, la licorne a pris peur et s'est enfui se libérant de tous les passagers indésirables, c'est-à-dire moi. J'ai atterri sur le dos et le temps de reprendre mon souffle le garçon à l'origine de toute cette agitation était penché au dessus de moi l'air inquiet. J'ai entendu les soupirs des autres filles et je me suis demandée qu'Est-ce qui leur prenait de glousser dans un moment pareil.

- Tu peux te relever ? Me demanda-t-il gentiment

Me relever ? A vrai dire je n'y avais même pas pensé une seule seconde. J'essaie mais ma cheville me lance sans parler de la douleur fulgurante dans mon épaule droite. Je réussis quand même à m'asseoir me rendant compte que le garçon qui me fait face semble bien décidé à ne pas bouger tant que je n'aurais pas répondu. C'est seulement quand je lève à nouveau les yeux vers lui que je me rends compte de qui il s'agit. Ca aurait pu être n'importe qui, un parfait inconnu, mais non il a fallu précisément que ce soit Sirius Black. Soit le chouchou de ses dames, soit la seule personne avec qui il est impossible de rester discrète. Je risque d'entendre parler de cet incident pendant longtemps et rien que cette idée me laisse présager de longs moments de souffrance. Je suis sûre que certaines filles seraient même capable de dire que j'ai fait exprès de me retrouver sur son chemin pour pouvoir l'approcher. Vraiment n'importe quoi. En arrivant près de nous, Hagrid parait soucieux. Il semble s'interroger sur la marche à suivre et lorsque Sirius propose de m'accompagner à l'infirmerie cette idée semble l'enthousiasmer. Moi pas vraiment. D'un seul geste mon professeur me prend dans ses bras, un peu comme si j'étais une sorte de poids plume, avant de m'aider à me poser sur mes pieds.

Je manque de trébucher et bien entendu devinez par qui je suis rattrapée ? Un murmure plaintif s'échappe de l'assistance et je n'ose même pas me retourner pour affronter le regard haineux des filles. Sirius passe pour un héros, et moi pour une profiteuse. Je me dégage avant d'essayer d'avancer toute seule. Je boite, claudique, mais j'y arrive. J'ai au moins fait dix pas, et dans mon état je vous prie de croire que c'est une avancée spectaculaire, quand tranquillement Sirius se souvient qu'il est censé m'aider. Enfin j'aurais bien entendu préféré qu'il omette ce détail mais son ami semble le lui avoir rappelé. Apparemment il veut me soutenir en passant son bras sur ma taille mais il est absolument hors de question qu'un garçon comme lui me touche de cette façon, réflexion faite que n'importe quel garçon me touche de cette façon.

- Je peux y aller toute seule

Je ne sais pas si c'est l'énervement où le fait que je sache qu'une fois rentrée dans mon dortoir je devrais subir un sacré interrogatoire mais je n'ai pas bégayé, même pas ne serait ce qu'hésiter. Il semble surpris, et bien quoi ? Il n'est pas le fantasme ambulant de toutes les filles que je sache. Enfin je crois.

- Mon rôle est de t'amener à l'infirmerie, pour quel genre de personne passerais-je en laissant une pauvre petite fille toute seule dans l'immensité du parc dit il narquois

- La pauvre fille peut se débrouiller toute seule, elle n'a pas besoin de chevalier servant. Si tu allais plutôt voir si tu ne manques pas à quelqu'un d'autre.

- Je t'ai déjà fait quelque chose ? Me demanda-t-il interrogatif

- A moi non

Je suis une personne horrible, foncièrement mauvaise. De quel droit je lui parle de cette façon ? Peut être parce qu'il a fait souffrir Ruby. Je m'en veux d'avoir utiliser ce ton pour lui parler mais d'un autre côté je suis assez fière de moi. C'est vrai ça ne m'arrive pas souvent, ou plutôt devrais je dire jamais. Ca ne semble pas le déstabiliser bien au contraire. James rit de bon cœur alors que Sirius passe une main dans ses cheveux amusé.

- Je t'aime bien fillette

- Pour ce que j'en ai à faire

C'est mal, très mal. Mais il m'insupporte, il se sert des personnes comme des objets et vraiment je n'ai jamais compris les autres qui le considère comme un dieu vivant. La beauté ne donne pas tous les droits, et encore du point de vue de ce seul critère je trouve Rémus bien plus supérieur.

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C'est comme une lente et douce agonie. Je sombre de plus en plus profondément tout en sachant que je n'ai aucune chance de revenir un jour de ce gouffre sans fond. Sirius avait raison, j'avais besoin d'expérience, celle d'une fille aussi libérée que Ruby. La première fois elle n'a rien dit, elle s'est contenté de lancer des sourires arrogants en m'observant. Ce fut assez rapide, une étreinte aussi fugace que passionnée. Ses sous vêtements étaient tellement osés qu'en y repensant les souvenirs de cette nuit se font plus intense, plus réel dans mon esprit. Elle s'amusait à jouer avec moi, chacune de ses caresses étaient un test, chacune des positions expérimentées étaient censés me montrer à quel point elle m'était supérieure. Pendant toute la semaine nous nous sommes vus et à la fin oui le dimanche soir je lui ai réellement montrer de quoi j'étais capable. Mes doigts se sont resserrés autour de son joli cou et l'idée que j'avais toute puissance sur elle m'a réellement grisé. Pour la première fois depuis qu'elle me connaissait je lui ai fait peur et je l'ai senti infiniment plus respectueuse qu'avant.

Néanmoins elle commence à me lasser. Ce n'est qu'un jouet de passage. Elle est aussi belle que superficielle et l'image de ma petite Jade m'a souvent traversé. Pour mener mon projet à bien j'ai du la délaisser mais je sais qu'elle me pardonnera, elle pardonne toujours de toute manière. J'attends dans le couloir de la bibliothèque qu'elle se décide à passer, il faut que je la vois, que je sente son odeur près de moi, que je puisse toucher ses cheveux dorés. Il me la faut et je l'aurais. Je sens mon sang pulser dans mon cerveau au moment où je vois sa silhouette juvénile s'avançait vers moi et plus rien d'autre n'a d'importance. Ses ballerines semblent flotter sur la pierre mais je remarque qu'en ce mercredi elle a attaché ses cheveux en une tresse unique. C'est la première fois depuis six ans qu'elle porte une autre coiffure et ça m'intrigue. Certes ça ne représente pas un réel changement mais connaissant Jade quelque chose a du se passer. Une fois arrivé à ma hauteur elle s'arrête mais ne dit rien. Pas un mot. Elle ne manifeste pas son enthousiasme de me retrouver, elle n'esquisse pas un sourire, elle se contente de me regarder dans le silence le plus total.

- Je suis désolé pour la semaine dernière

- Je t'ai attendu, toute la nuit.

Sa voix est froide, dénuée de toute sympathie. Je ne la reconnais pas, je m'attendais à ce qu'elle me tombe dans les bras, à ce qu'elle s'interroge sur elle-même mais apparemment ce n'est pas le cas. Je n'ai pas réfléchi au meilleur moyen de me faire pardonner puisque je ne pensais pas que ce serait nécessaire. Au moment où je commence à m'inquiéter elle souffle avant de me déposer un baiser sur la joue.

- Au fond ce n'est pas si grave Peter.

- Alors tu me pardonnes ?

- Oui

Une douce chaleur m'envahit, elle n'a pas changé et c'est pour ça que mon désir envers elle est si fort. Sans pouvoir me contrôler je la prends dans mes bras et je la sens se raidir. Elle n'a jamais beaucoup aimé les contacts physiques et cette fois là ne fait pas exception à la règle. Pourtant quand je finis par relâcher ma prise elle me souris gentiment. Elle est si adorable ainsi. Quelques mèches folles encadrant son visage, des yeux verts où viennent briller quelques étincelles mais surtout cette expression sur son visage, elle n'est que pure gentillesse et compréhension. Comment dans ce cas puis je avoir envie de lui faire du mal ? Peut être parce que je suis réellement un monstre.

- Peter je peux te dire un secret ? Me demanda-t-elle timidement

- Bien entendu je t'écoute

Elle me fait confiance, elle me prend pour son confident. Toutes ces choses qu'elle me dit elle ne se rend pas compte à quel point elles me sont utiles. Je l'incite à continuer voyant l'air hésitant qu'elle vient de prendre. Que pourrait-elle avoir à me dire de si important ? Que je lui ai manqué ? Oui certainement mais quoi d'autre ? Et au moment où j'entends le son de sa voix mon monde s'effondre.

- Je suis amoureuse