Ah, ça faisait longtemps que j'avais rien publié pour eux.

Alors pour clore ces drabbles et embrayer sur quelque chose de plus suivi (toujours ici, hein), je mets ici une sorte de "préambule" à tout ça, comment ça a commencé, si vous préférez ^^
Avec le point de vue de... eeeeh oui, Maria *fuit les fans qui vont lui taper dessus*

Enfin bref bonne lecture :x


Mascarade

Bien sûr, tout le lycée avait les yeux braqués sur lui.
Bien sûr, il était considéré comme le meilleur de Hakushuu dans tous les domaines.
Et bien sûr, il se devait de faire honneur à la réputation qu'on lui octroyait.

Aussi avait-il jeté son dévolu sur la fille la plus futée et aussi la plus jolie de dernière année, histoire d'asseoir définitivement sa suprématie.
Mais aussi pour masquer les preuves.

Maria avait été dupe un temps, mais pas plus de deux ou trois mois. Elle avait beau être séduisante, dotée d'un fort caractère et d'une qualité de manager exceptionnelle, elle avait aussi LE critère qui faisait que Marco ne la regarderait jamais plus que comme une grande sœur.
C'était une femme.

Oui, le bel Italien préférait fréquenter des hommes. D'ailleurs, à leur âge, elle s'était souvent demandé pourquoi il n'avait jamais proposé d'aller plus loin qu'un baiser. Et ce n'était pas à elle de le réclamer.
Mais le jour où elle était entrée dans le sauna pour passer après ces bourrins de joueurs, elle s'était brusquement raidie devant cette scène qui lui avait paru si… irréelle à ce moment là.
Kisaragi confortablement installé sur les genoux de Marco, perdus dans un baiser haletant, les mains du capitaine sur les reins du blond. Ca lui avait coupé les jambes.

Bon, elle s'en était vite remise, l'amour n'était pas encore présent entre eux pour qu'elle soit vraiment blessée. Mais c'était surtout son orgueil et son amour-propre qui en avait pris un coup.
La brune ne s'était d'ailleurs contentée que d'un raclement de gorge sonore, et le métis s'était relevé brusquement, chassant de ce fait brutalement le receveur qui se rétablit tant bien que mal. Il avait voulu s'excuser mais Maria avait levé une main pour couper cours à ces épanchements inutiles. Elle avait le mérite de comprendre vite. Lutter était ridicule, il avait des préférences arrêtées, voilà tout.

Mais elle était restée près de lui, sans rancune, pour garder sauve son image de semi-italien au charme ravageur. Et puis qui viendrait gonfler une équipe de football américain, un sport de mâles, de vrais, autour d'un capitaine qui préférait des pectoraux bien dessinés à une poitrine généreuse ?
Alors elle couvrait ses aventures sans rien dire. De toutes manières, quand il en larguait un, un autre se précipitait au portillon. Mais malgré tout, il était prudent. Rien n'était ébruité, personne ne parlait de ses « tendances ». Et puis il restait fidèle au blondin de l'équipe, véritable adulateur de Marco. C'était encore le plus facile et le plus discret.

Et puis était venu ce jour fatidique, où le quaterback avait rencontré Gaoh. Une véritable révélation.

Ce corps immense et puissant, ces bras solides et destructeurs, mais surtout ce regard, yeux d'or pur, sauvages, qui l'avaient noyé dès la première rencontre. Ce sourire conquérant avait atteint tout son être, bien plus qu'il n'avait bien voulu l'avouer, au départ.
Maria sut alors qu'elle n'avait plus à endosser ce rôle presque dégradant pour une jeune femme telle qu'elle. Laissant son capitaine se débrouiller avec le nouvel objet de ses désirs, elle savait aussi qu'à présent, il n'irait pas voir ailleurs, et que Kisaragi ne lui servirait plus.
Plus besoin de jouer la comédie.
Le problème maintenant c'était de faire en sorte que personne ne sache que le lineman aussi avait quelques préférences pour le sang Italien.

La façon dont ils se regardaient de loin lui semblait parfois trop évidente pour que quelqu'un passe à côté, et ça lui filait les jetons, honnêtement. Marco avait fait bien trop d'efforts pour que personne n'en sache rien, et il se laissait bêtement entraîner par ses émotions naissantes.

Alors elle avait agi. C'était lâche, bas, tout ce qu'on voulait, mais elle avait appelé certains joueurs pour les faire sortir du vestiaire, en avait gardé d'autres sur le terrain, et avait attendu que les autres partent d'eux-mêmes, moins lents et moins désireux de rester dans les locaux que le métis et le géant.
Elle s'était assuré que personne ne s'en approche ensuite. Elle savait très bien comment ça allait tourner.

La survie de la réputation de Marco restait la seule chose qui lui importait étrangement.
Non. Totalement faux.
Seul son capitaine lui-même avait de la valeur à ses yeux. Et elle ferait tout pour qu'il ne soit jamais blessé ou bafoué. Pressant une main sur sa poitrine, elle se mordit la lèvre en percevant un gémissement de l'italien de l'autre côté de la porte, étouffé par la cloison de métal contre laquelle elle était adossée.

Elle possédait LE critère qui faisait qu'elle ne serait jamais dans son cœur comme il l'était dans le sien.


Nan, désolée, j'ai pas réussi à la détester totalement... un peu de compassion pour elle allez \o/ ... non?