Un lemon, un lemon! -Ouii je vous en ai fait un, z'êtes content(e)s, hein? :p Bah j'allais pas vous laisser juste supposer ce qui se passerait après le chapitre précédent, mmh? Franchement, c'pas mon genre.
Enjoy!
Chapitre III: Quelqu'un
Un baiser chaud, presque doux. Mais sans sentiments. Ils devaient sûrement penser à la même chose : faire disparaître une pulsion, sans conséquence.
Le métis dormait en général juste en boxer et son hôte lui attaqua donc le torse sans préavis, mordillant sa peau pâle. Une marque rouge s'imprimait à chaque fois que Bud refermait ses mâchoires sur son épiderme blanc, et il se surprit à gémir doucement, fermant les yeux, glissant une main dans ces courts cheveux noirs. Il voulait juste goûter à un peu de tendresse pour une fois. Une trace écarlate apparut sur son cou après le passage des lèvres de son partenaires, et il se sentit diablement à l'étroit, en bas.
L'américain glissait ses mains un peu partout, découvrant ce corps exotique, aux saveurs encore inconnues. Marco se cambrait en soupirant sous ses caresses, comme si chaque partie de son être était sensible au plaisir. Et c'était sûrement le cas.
Il le sentait parfois réagir comme par réflexe, plus que par réponse à une vraie sensation. Bah, ce n'était pas le moment de se poser des questions sur son actuel amant. Juste une aventure et ils n'en parleraient plus. De toutes façons, après le match ils ne se reverraient plus alors…
Il lui vola un ardent baiser, emprisonnant l'entrejambe du safety d'une main, à travers le tissu tendu à craquer. Celui-ci lui répondit par un petit glapissement, et enroula ses bras autour du cou de l'acteur. Il surprit deux yeux bleu glacier le transpercer dans la nuit, comme une demande muette. Bud eut un instant d'hésitation, trop long pour Marco, qui le retourna sur le dos, se retrouvant à califourchon sur lui.
Il avait besoin d'un minimum de contrôle ce soir, qu'il n'avait jamais eu avec Gaoh. Il jura intérieurement. Avait-il besoin de penser à ce sale type à un moment pareil ? Chassant ses idées noires, il défit le bas de pyjama du receveur, libérant l'objet de ses convoitises, qu'il titilla un bon moment du bout de la langue, avant de le prendre franchement en bouche.
Il entendit Bud gémir sans retenue. Du genre expansif hein ? Bah… Gaoh l'avait toujours félicité pour ses « talents » oraux. Il accéléra la cadence pour se défaire encore une fois de ce genre de pensées et il sentit une main se crisper dans ses cheveux châtains. Il relâcha son amant avant de se replacer au-dessus de lui, l'invitant du regard.
L'acteur ne se le fit pas répéter deux fois. Attrapant son amant d'un soir par les hanches, il le força à le chevaucher, avec une certaine lenteur. Il n'était pas du genre à aimer faire mal. La salive de Marco lui permit de s'introduire plus facilement, et le métis émit un râle rauque avant d'amorcer ses mouvements langoureux.
L'Américain rejeta sa tête en arrière, crispant ses doigts sur les hanches de son partenaire, accompagnant ses va-et-vient par l'ondulation de son propre bassin. Il enviait celui qui lui avait appris à agir ainsi. Il avait dû réellement s'éclater.
Arc-bouté en appui sur le torse large de Bud, le semi-italien s'accorda un nouveau cri, quand son compagnon d'une nuit se déversa en lui dans un gémissement étouffé. Il l'imita quelques secondes après, sur un dernier coup de rein, les yeux fermés. Sa voix cassée par l'orgasme s'échappa d'elle-même d'entre ses lèvres.
« Gaoh… »
Il sentit Bud se pétrifier un peu, avant de rire franchement, sans être pour autant être moqueur.
« On dirait bien que ce n'était pas moi dont tu avais envie, pas vrai ? »
Il baissa ses yeux céruléens, honteux, en haussant les épaules en guise d'excuse.
« C'est pas grave. J'espère que ça t'a plu au moins. »
Un sourire étincelant de la part de l'américain et Marco se recoucha sur le flanc après un vague « oui, bien sûr ».
C'était limpide. Même si le brun était un amant doué, il manquait quelque chose… Il ressentait tellement plus avec le lineman… Le fait qu'il en soit dingue était peut-être à inclure dans l'équation. Un bras lui entoura la taille, et le souffle de Bud lui chatouilla le cou.
« C'est pas grave, tu le retrouveras, va. »
Le métis sourit tristement. C'était gentil, d'accord, mais tout à fait à côté de la plaque.
Pour éviter de réfléchir d'avantage, il profita de l'intense envie de dormir que lui avait procuré l'extase pour sombrer dans les bras de Morphée.
*****
L'acteur l'avait chaleureusement ramené à la sortie de l'hôtel, après lui avoir promis de le retrouver sur le terrain.
« Et si jamais tu te sens toujours seul… » avait-il ajouté.
Il était rentré en début d'après-midi rejoindre ses coéquipiers, et Hiruma l'avait proprement incendié. Mais il redoutait surtout le soir, où il réintégrerait sa chambre – et donc celle de Gaoh.
« T'as dormi où alors, finalement ? Les rues sont confortables ? l'avait nargué le lineman.
- Un type très sympathique m'a offert une chambre, lui avait alors répondu du tac-au-tac le safety, avec le plus grand naturel.
- Comment ça ?
- Lui aussi avait besoin d'un peu de chaleur alors… il m'a invité.
- J'espère au moins que c'était un bon coup, s'était moqué Gaoh.
- Très. »
Le géant se raidit. Il ne pensait pas sincèrement que le métis lui répondrait ça, s'attendant logiquement à ce qu'il démente. Mais il ne s'était absolument pas démonté, et ne semblait pas mentir.
Il le plaqua contre un mur, l'encadrant de ses deux larges bras.
« Tu t'es éclaté au moins ?!
- Beaucoup. Pour la première fois depuis des mois je n'ai même pas souffert.
- Déconne pas, t'adores ça ! Ose dire le contraire !
- Tu ne connais que cette façon de faire. C'est chiant, Gaoh. »
Marco étouffa rapidement sous ce baiser brutal, seule réponse qu'il eut, coincé entre ce corps massif et le mur de leur chambre. Il se débattit comme un beau diable alors que sa chemise céda sous la poigne du lineman, désormais déchirée en deux. Les traces laissées la nuit dernière lui confirmèrent que le métis n'avait pas joué la comédie. Il avait réellement été voir ailleurs. Lui aussi.
Il réussit enfin à dégager ses lèvres, utilisant ses dernières réserves d'oxygène pour hurler :
« Tu vois ?! Tu ne sais faire que ça ! Prendre de force, et c'est tout ! Et quand tu ne peux pas tu vas voir ailleurs ? Tu n'es qu'un sale lâche ! »
Gaoh resta interloqué un moment, avant de relâcher son quaterback et de sortir de la chambre, l'esprit confus.
Depuis quand un jouet lui imposait-il sa volonté ? Il secoua la tête, perdu. Qu'était vraiment devenu Marco ? Un simple objet ? Ou quelque chose d'autre, capable de le faire plier, de contester ses ordres et ses envies ?
Alors il repensa à son aventure avec Kisaragi. Sans saveur, vide, creuse.
C'était ça. Marco était devenu plus qu'un jouet.
Il était devenu, à ses yeux, quelqu'un.
