Je suis de retouuuur! Je vous ai manqué hein? Non? Alleeez.... non vraiment? Bon bah tant pis, j'vous donne le chapitre quand même, j'suis trop gentille...
Chapitre IV: Un choix
La réaction de Gaoh l'avait fixé sur ce qu'il devait désormais faire. L'entraînement sera la seule raison qui l'amènera à remettre les pieds dans cet hôtel, rien de plus. Pour le reste, il trouverait bien quelque chose à faire dans cette ville immense. Par exemple… Aller voir Bud. C'était une idée.
Ce fut en fin de soirée qu'il se dirigea vers l'hôtel de l'équipe Américaine, où il fut accueilli comme la veille par le brun.
« Hey ! Bah alors t'es revenu ? Qu'est-ce que tu viens faire ici ? Encore besoin d'un endroit pour dormir ? »
Entres autres, oui. Il ne voulait plus partager la chambre de son ex-amant, il voulait juste l'éviter le plus longtemps possible, faire taire cette petite voix dans un coin de sa tête qui lui soufflait qu'il céderait une fois de plus s'il restait avec le lineman.
Alors il devait se consoler autre part pour fermer son cœur au géant, définitivement, avant qu'il ne replonge.
La seule réponse qu'il put donner à Bud fut un baiser avide, encore plus entreprenant que la nuit d'avant.
« Et, oui, j'ai aussi besoin d'une chambre. »
Un petit sourire se dessina sur les lèvres de l'acteur, intrigué par la détermination du safety.
« Bon, eh bien… je suis encore seul, ça tombe plutôt bien. »
*****
L'américain était tombé de sommeil quelques minutes après l'acte, le nez enfoui entre ses omoplates, lui enserrant la taille. Marco chassa bien vite ces bras intrus et se leva, pour se passer de l'eau sur le visage dans la salle de bain adjacente. Non pas que ce contact soit désagréable, bien au contraire. Bud avait un peu de cette douceur qu'il n'avait jamais connu. Mais ça le perturbait d'avoir encore pensé à lui alors qu'il était dans les bras d'un autre.
Cette fois, il s'était retenu de prononcer son nom, bien que ça lui ait brûlé les lèvres.
Il agissait exactement comme Gaoh. Il en avait assez de souffrir, d'attendre, alors il fuyait, se réfugiait dans l'étreinte d'un autre, et peu importe qui. De la lâcheté pure.
Marco se passa une main sur le visage pour chasser l'eau et passa ses doigts sur les marques violacées ornant son cou. Ca avait rendu son ancien compagnon dingue, la veille.
Il se reprit immédiatement. Ne pas espérer, ne pas se faire ce genre de réflexions dignes d'une gamine attendant son prince charmant. Il ne pouvait pas être jaloux. Juste furieux que quelqu'un ai touché à sa propriété, plutôt. Il s'aspergea de nouveau la figure d'eau glacée en pestant contre lui-même.
Evidemment, il continuait à souhaiter que le lineman le regarde comme un être humain, voire comme un compagnon. C'était insupportable.
*****
Il était parti défier ce « Mister Don » sous prétexte qu'il voulait se mesurer au soi-disant plus fort lineman au monde. Foutaises. Il était juste dans une telle rage qu'il lui fallait quelqu'un pour la déverser. Et si ce type était vraiment aussi puissant qu'il le disait, ça lui permettrait de ne pas retenir ses coups.
Bon, il était au sol maintenant, mais au moins, il se sentait plus serein. Il avait ordonné qu'on ne le relève pas, assuré qu'il se débrouillerait seul, mais il lui fallait juste quelques instants de réflexion avant de se remettre debout. Les yeux rivés sur le ciel, il remit ses idées en place.
Marco lui…. manquait. Sans rire, l'absence de ce frêle métis à ses côtés commençait sérieusement à lui peser. Il avait quelque chose d'unique, qui lui faisait ressentir un je-ne-sais-quoi de plénitude. Quand le quaterback était avec lui, il se savait complet. Plus rien ne lui manquait.
Le problème maintenant était de lui faire comprendre sans passer pour une lavette.
*****
Marco réenfila sa veste pendant que l'Américain s'allumait une cigarette sur le balcon de la chambre. Il rejoignit son amant éphémère, juste pour lui souhaiter au revoir, par pure politesse, mais le brun lui attrapa le bras, sans même le regarder.
« Tu sais ce qu'on dit. Une fois c'est un accident, deux fois c'est une coïncidence… trois fois c'est une relation.
- Je sais, oui.
- Alors fais attention à ce que tu choisis, c'est clair ? »
Le métis acquiesça et s'en fut, rejoignant son équipe pour l'entraînement quotidien. Mais les mots de Bud tournaient dans son esprit, et il posa ses yeux sur le gigantesque lineman lorsqu'il se retrouva sur le terrain. Serait-ce seulement une bonne idée de vouloir tenter un nouveau départ ?
Et le fait que Gaoh ne lui adresse pas un mot et lui tourne résolument le dos pendant toute la journée ne faisait que rendre son choix plus difficile.
Il revenait pour l'équipe et rien d'autre. Sans quoi il serait resté cette nuit. Quand il avait poussé la porte qu'il occupait désormais seul, il avait surpris le safety en train de remballer ses affaires et de fermer rageusement sa valise.
« Cette fois tu te tires pour de bon, alors. »
Pas une once de tristesse dans la voix rauque du lineman. Juste une simple constatation. Le métis serra les dents et referma brutalement la fermeture à glissière de son sac.
« Et alors ? Qu'est-ce que ça peut te faire ? Tu pourras te taper Kisaragi la conscience tranquille comme ça. Enfin, si tu as une conscience, bien entendu.
- Marco… »
L'interpelé se retourna vers son ancien compagnon, qui soupira.
« Je ne crois pas être le seul fautif dans cette histoire. Et puis de toutes façons ne me regarde pas comme si tu attendais que je te retienne, cracha-t-il. Toi tu as l'air d'avoir trouvé quelqu'un d'autre avec qui tu t'éclates non ? Alors pourquoi tu m'emmerdes à me faire des reproches ? »
Le safety hoqueta sous le choc. Donc il considérait qu'il n'avait pas fait de réelles erreurs ? Que c'était lui qui avait dérapé ?!
« Ca c'est la meilleure ! Tu t'envoies en l'air avec le premier gosse venu et c'est moi le fautif ?
- Tu as fais exactement la même chose que moi. »
Le grondement sourd de Gaoh lui coupa les jambes. Oui. Il avait réagi exactement pareil. Indéniablement. Vengeance ou pas, peu importait.
Il était allé voir ailleurs.
Comme pour se convaincre lui-même, il argumenta :
« Lui au moins ne me force pas quand je dis non. Lui ne me traite pas comme un objet sans envies ni volonté.
- Et ? Il n'empêche que ce n'est pas ça qui te fais réagir comme tu le fais, pas vrai ? »
Gaoh savait, depuis toujours, qu'il l'aimait. Oui, malgré la douceur et les attentions de Bud, ce n'était pas lui qui avait fait chavirer son cœur. Mais peut-être qu'il n'était pas trop tard pour tout recommencer avec un autre. Peut-être… peut-être…
Le géant s'approcha de lui, attrapant son sac pour lui tendre.
« Décide-toi. Et vite. »
Ce regard qu'il avait enduré tant de fois… Un regard dur et inflexible, qui ordonnait. Cette fois l'ordre était de faire un choix. Et il ne savait pas.
Il scruta le visage du géant, en quête d'une réponse implicite, un subtil changement d'expression qui l'aurait aidé à trancher.
Gaoh attendait depuis de trop longues secondes à son goût. Il ne voulait pas le laisser partir, mais il n'avait plus envie de jouer. Le soumettre, le forcer, ça n'avait plus d'intérêt. S'il voulait regagner Marco, il fallait qu'il revienne de son propre chef.
Il aurait voulu lui dire quelque chose qui le déciderait plus vite, une promesse ou quelque chose du genre, qui ne lui aurait pas ressemblé certes, mais qui aurait fixé son compagnon.
Mais non, il a fallu que ce soient ces mots là qui s'échappent de ses lèvres.
« De toutes façons si tu t'en vas je trouverais bien autre chose pour te remplacer. »
Et le métis avait écarquillé les yeux, pris son sac et claqué la porte.
Je sens comme des ondes négatives... Oui Gaoh est maladroit (ou crétin c'est à voir) parfois, mais bon, il se rattrapera peut-être... ou pas?
