Hello Everybody !!

Tout d'abord un grand merci pour nous avoir sauvé de la lapidation et comme promis, voici le chapitre 14 ! Ensuite, on vous remercie encore et encore pour toutes vos reviews, on en a eu pas loin de 60 pour le dernier chapitre, un truc de fou ^_^ !!

Visiblement, la pauvre dinde Jessica ne vous a pas laissé indifférents la dernière fois, et ben pour votre plus grand plaisir, elle va refaire son apparition en exclusivité !

Réponses à quelques reviews :

Elisabeth : Eh dis donc m'dame, tu as perdu tes codes ou quoi ??! Tu t'identifies plus quand tu laisses des reviews !! Comment on fait nous maintenant pour te répondre hein ?!

Elo : Tensions sexuelles ? OU CA ??!!!

SuperNana : Tu fais grève ?! On sait pas si tu serais très heureuse si nous aussi on s'y mettait !! ^^

tite-lilith : Tu peux pas t'imaginer dans quel état des reviews comme celle-là nous mettent ! Merci beaucoup beaucoup !

Bon allez, passons aux choses sérieuses maintenant, on espère que vous ne serez pas trop déçus(es), car vous nous avez mis une sacrée pression à vouloir lire le repas de Thanksgiving et ce chapitre s'est avéré plus difficile à écrire qu'on l'avait prévu.

(Une petite piqûre de rappel : tout l'univers de Twilight appartient à Mme Meyer, nous, on fait que s'amuser avec ses personnages et les rendre un peu plus fun…^^)

Enjoy !

Chapitre 14 : Le dindon de la farce

Tout était prêt.

Il ne me restait plus qu'à affronter Alice avant que mon père arrive.

POV Bella

Edward était resté avec moi dans la cuisine pour me tenir compagnie tandis que j'apportais les dernières touches aux différents plats. Les Cullen n'avaient pas eu peur et avaient prévu de la nourriture pour plus de neuf convives. Je trouvais dommage de voir autant de gaspillage. Je soupirai.

« Qu'y a-t-il ? » demanda Edward avec curiosité. Je tournai la tête vers lui et vis qu'il me regardait avec intensité. Le fait qu'il ne puisse pas lire mes pensées l'agaçait encore par moment.

« Rien…c'est juste que je trouve dommage de devoir jeter tout ça après » dis-je en faisant un signe de la main vers la table.

« Ne t'inquiète pas, Carlisle a prévu de donner le surplus à l'hôpital, ils s'organisent une soupe populaire pour Thanksgiving » répondit-il avec un sourire chaleureux. « Ah ! » ajouta-t-il soudainement.

« 'Ah' quoi Ed- »

« Isabella Marie Swan ! On avait un accord il me semble ? » me coupa Alice en entrant dans la cuisine. Elle se posta entre moi et Edward, tournant le dos à ce dernier et mis les mains sur ses hanches en signe d'impatience. Surprise par cette apparition, je jetai un coup d'œil vers Edward qui se tenait juste derrière elle. Il se retenait de rire et je plissai mes yeux pour lui faire comprendre qu'il n'avait pas intérêt à rire. Sans attendre une réponse, Alice me prit la main et m'entraina à sa suite, mais je ne lâchai des yeux Edward que lorsque je sortis de la cuisine.

« Bon, Bella, il va falloir que tu sois coopérative et disciplinée, car vu le temps que je dispose, je n'aurai pas le temps d'écouter tes lamentations. » me dit-elle alors qu'elle me tirait la main dans le couloir.

« Oh, c'est pourtant pas mon genre Alice ! » riai-je. Elle stoppa net et se retourna vers moi, je faillis lui rentrer dedans. Mon sourire retomba instantanément lorsque je vis son regard menaçant. Elle ne rigolait pas.

Ça allait être les trente minutes les plus longues de ma vie.

Quand j'entrai dans sa chambre, j'eus un hoquet de surprise. Non seulement, le canapé était jonché d'articles griffés en tout genre, mais Rosalie se tenait à coté, les bras croisés.

« J'ai demandé à Rose si elle pouvait nous aider, ça ira plus vite » dit-elle tout en s'affairant dans la pièce. Mon sang se glaça, je n'étais pas à l'aise avec elle, c'était le moins que je puisse dire, cependant son visage n'était pas hostile. En réfléchissant, je me rendis compte que depuis quelques temps, Rosalie était un peu moins antipathique avec moi, certes, elle était toujours aussi distante mais elle n'affichait plus cet air de dégout quand elle posait les yeux sur moi. Et voilà qu'aujourd'hui elle acceptait de faire quelque chose pour moi. Curieux.

« Bien. Bella on va commencer par le maquillage et la coiffure. Allez hop ! Dans la salle de bain ! » dit Alice en tapant dans ses mains. Je respirai un grand coup pour rassembler mon courage et m'engouffrai dans la pièce, priant pour qu'Alice n'en fasse pas trop.

Pendant un peu plus dix minutes, les deux vampiresses s'activèrent autour de moi avec une rapidité inhumaine, me donnant presque le tournis.

« Ça y est, je crois que c'est bon » dit Alice avec satisfaction. « Tu peux te regarder dans le miroir ». Je fermai les yeux et me tournai lentement sur moi-même pour faire face à la glace. Je n'osais pas ouvrir mes paupières par peur de découvrir quelque chose de déplaisant.

« N'aies pas peur Bella ». Avais-je rêvé ou était-ce Rosalie qui avait parlé ? « Tu ne vas pas hurler ». Non, c'était bien elle, et son sourire s'entendait dans ses paroles. Pour le coup, cela me décida à me regarder, et ce que je vis me réconforta. Elles avaient respecté mon classicisme légendaire, le maquillage qu'Alice était léger, elle avait souligné avec finesse mes yeux avec un fard foncé et avait appliqué un brillant à lèvres rosé. Quant à Rosalie, elle avait savamment assemblé la moitié supérieure de mes cheveux derrière ma tête à l'aide d'une épingle, laissant le reste de ma chevelure tomber dans mon dos.

« Bon allez, à l'essayage maintenant ! ». Le rythme d'Alice était militaire, je regrettais presque d'avoir imposé cette condition de temps. En pénétrant à nouveau dans sa chambre je croisai involontairement le regard de Rosalie qui esquissa un sourire d'excuse. Gênée, je détournai la tête vers l'étalage de tenue qui était sur le canapé.

« Alice, je sais que je ne dois pas me lamenter, mais est-ce que je n'avais pas dis que tu pouvais m'acheter une robe ?! » dis-je avec irritation en croisant mes bras.

« Ah…Tu as dis ça ? », dit-elle avec un air absent en se titillant l'oreille et fuyant mon regard.

« Oui Alice ! ». Je soufflai d'exaspération.

« Ecoute Bella, maintenant elles sont là, trop tard ! Alors tu vas les essayer ! ». Elle avait repris son ton autoritaire et menaçant. J'abdiquai. Je pris le première robe qu'elle me tendit et alla l'enfiler.

Après plusieurs essayages, Rosalie et Alice se mirent d'accord sur une petite robe noire classique à bretelles qui laissait le haut de mon buste dégagé. Visiblement je n'avais pas mon mot à dire, mais las des essayages, je leur fis confiance. Pour finir, Alice se baissa et attrapa une petite paire de ballerines au pied du canapé et me les donna, je lui fus reconnaissante pour ne pas avoir choisi des talons.

« Parfaite ! » s'écria-t-elle et tapant énergiquement dans ses mains. Je m'avançai devant le miroir et m'examinai en me tortillant pour me voir sous toutes les coutures. Je me sentais classe sans être trop guindée.

« Je dois dire que je ne suis pas déçue… » avouai-je timidement.

« Tu vois c'était pas si terrible ! »

Je m'apprêtais à quitter la pièce quand Alice m'en empêcha. « Non, Bella attends, on descend en même temps que toi ! Je veux voir la tête d'Edward quand il te verra… ». Hum…je n'avais pas pensé à ça, et je sentis l'excitation monter à l'idée de voir sa réaction.

Il fallu peu de temps pour qu'Alice et Rosalie soient prêtes, beaucoup d'hommes rêveraient d'avoir des femmes aussi rapides pour se préparer. Une fois de plus, Alice attrapa ma main et m'entraina dans l'escalier. Même si je ne portais pas de talons, je descendis en regardant où je mettais mes pieds de peur de m'affaler de tout mon long sur le sol du salon et réduire à néant mon effet sur Edward. Il restait quelques marches quand Alice émit un « Tada ! » enthousiaste. Je levai la tête et trouvai Edward en face qui me détaillait de la tête aux pieds avec un regard surpris. Lorsqu'il croisa enfin mon regard, un large sourire vint éclairer son visage, et immédiatement il tendit la main pour me prendre dans ses bras. Lui aussi s'était changé, il arborait une chemise d'un gris profond qui contrastait avec la blancheur de peau et épousait merveilleusement bien la forme de son torse. A juger de la qualité du tissu de sa chemise et de son jean brut, Alice n'avait pu s'empêcher de dévaliser les boutiques de luxe une fois de plus.

« Bella, tu es…tu es vraiment très belle ce soir » finit-il par dire. Mais je pouvais voir dans son regard que j'étais bien plus que cela, ce qui me fit sourire, j'avais réussi à lui faire de l'effet et me sentais très fière.

« Vous n'êtes pas mal non plus Mr. Cullen » répondis-je en l'aguichant. Il se pencha pour m'embrasser mais je l'esquivai, il ne comprit pas et leva les sourcils en quête d'informations.

« Je me ferais trucider si tu avais le malheur de toucher à ça » chuchotai-je en pointant mes lèvres avec mon index. Il fit son habituel sourire en coin, et me fit un baiser sur la joue.

Soudain, je sentis Edward se raidir à coté de moi alors que nous nous dirigions vers le salon. « Il arrive » dit-il en tournant la tête vers moi, « j'entend sa voiture dans l'allée ». Mon cœur commença à s'emballer sous la panique. « Ne t'inquiète pas ça devrait bien se passer ». Je lui fis un regard qui voulait dire vraiment ? Ça te va bien de dire ça ! Il était tout aussi tendu que moi.

« Alice ! » il héla sa sœur qui était dans la cuisine sans me quitter des yeux. « Dis à Bella que tout se passera bien ! ».

« Ça dépend de ce que tu entends par 'se passera bien'… » ria-t-elle depuis la l'autre pièce. Edward ferma les yeux et souffla.

« Alice, tu sais très bien ce que je veux dire… » dit-il avec une voix agacée.

« Hum…ça, je le saurai quand il te verra et qu'il aura décidé de ton sort…».

Comme pour répondre à ses attentes, mon père sonna à la porte. Esmé nous fit signe d'approcher pour accueillir Charlie. Carlisle ouvrit la porte avec un sourire bienveillant comme à son habitude.

« Bonsoir Charlie ! » dit-il, puis d'un geste de la main, lui fit signe d'entrer. Voir la tête de mon père lorsqu'il découvrit les sept vampires alignés en face de lui me fit rire. Il n'était jamais à l'aise en société, mais là, s'il avait pu fondre sur place et s'éclipser ni vu, ni connu, il l'aurait fait.

« Euh…bonsoir Carlisle, Esmé ». Je vis ses yeux balayer l'assemblée, mais se contenta de faire des signes de tête. Pendant toute la semaine, je lui avais rappelé les prénoms des enfants Cullen, mais visiblement, le stress avait eu raison de mon travail. Lorsque ses yeux passèrent sur Edward, ce dernier lui dit un « bonsoir Charlie » avec assurance et sourire, tandis que mon père baissa les yeux et maugréa qu'un simple « Edward… ».

Il se tenait devant eux, pataud, entrain de jouer nerveusement avec la bouteille de vin qu'il tenait entre ses mains. Je dus réprimer un sourire en voyant qu'il s'était senti obligé d'apporter quelque chose, j'aurai du lui dire d'amener un cerf ou un grizzli.

« Je vais vous débarrasser Charlie, si vous me permettez » dit poliment Esmé. Ses yeux pétillaient de joie, elle adorait jouer les maitresses de maison.

« Il ne fallait pas vous donnez la peine d'apporter une bouteille de vin Charlie, c'est trop aimable ! » dit Emmett en s'approchant de lui pour le décharger du cadeau.

« Oh…c'était le moins que je puisse faire… »

« Nan nan, je vous assure, fallait vraiment pas… » répondit Emmett dans une voix à peine audible pour un humain alors qu'il allait dans la cuisine.

« Bella tu es très belle ce soir, dis donc ! » me dit Charlie en posant les yeux sur moi. Il avait été tellement absorbé par les autres qu'il avait oublié ma présence ici. J'allais le remercier quand Alice me devança.

« N'est-ce pas ?! » s'écria-t-elle en le prenant par le bras et le guidant vers la salle à manger. Je soufflai discrètement puis Edward attrapa ma main pour suivre les autres.

Lorsque j'entrai, ce que je vis me laissa pantoise. Alice et Esmé n'y étaient pas allées de main morte. La pièce si sobre habituellement, était transformée. La table était revêtue d'une nappe blanche épaisse qui tombait jusqu'au sol, et formait de nombreux plis sur tous les pans. Dessus, le couvert avait été dressé de manière sophistiquée dans des tons noirs et blancs, et un chemin de table fait de faux diamants courait entre de discrets photophores. La blancheur des assiettes contrastait avec l'opacité totale des verres de couleur noire, et l'argenterie miroitait sous la lumière. Contre le mur du fond, le long buffet de bois noir était surmonté de trois vases blancs identiques en porcelaine, mais de différentes dimensions, disposés du plus grand au plus petit. Chaque vase était orné de quelques fleurs subtilement agencées pour donner un effet aéré, je crus reconnaitre des lys.

Une pression sur ma main me sortit de ma rêverie et me tournai vers Edward qui me sourit.

« Charlie, vous avez l'honneur d'inaugurer avec nous la salle à manger ! ». Je ne pris pas la peine de regarder la personne qui avait dit ça. Emmett forcément.

La soirée promettait d'être longue.

« Ah ? Vous avez fait des travaux ? » demanda Charlie par politesse. Mais Edward répondit avant Emmett qui était sur le point de répliquer.

« Oui, Esmé a refait entièrement la décoration ».

« C'est mon passe-temps préféré » dit Esmé en s'approchant au bout de la table. « Charlie, si vous voulez bien prendre place… » ajouta-t-elle en désignant la chaise qui se trouvait au bout de la grande table rectangulaire. Nous prîmes place à notre tour, je me plaçai à la droite de mon père, Edward à coté de moi et Esmé à coté de ce dernier. En face de moi, Alice siégeait entre mon père et Jasper. Emmett, quant à lui, se tenait de l'autre coté de Jasper, près de Rosalie. Enfin, Carlisle trônait au bout de la table, en face de Charlie, avec à sa droite Rosalie et à sa gauche, Esmé.

« Vous aimez la dinde Charlie ? » demanda Emmett à brûle pourpoint en dépliant sa serviette sur ses genoux avec un peu trop de manières à mon gout. Rosalie pouffa à coté de lui et Edward se raidit une fois de plus à coté de moi, il devait entendre ce que ces deux là avaient en tête.

« Euh oui… je ne suis pas difficile, j'aime tout. Et toi Emmett, tu aimes ? » le taquina-t-il. Mauvaise idée papa…pensai-je, laisse Emmett tranquille !

« Nan. » dit-il en prenant un air de dégout. « Je préfère les viandes rouges. Bien rouges. ». Il lui fit un grand sourire. Carlisle se racla la gorge et orienta la conversation sur l'accident de voiture de lundi dernier. Pendant plusieurs minutes l'atmosphère se détendit mais je voyais Edward jeter des petits coups d'œil à Emmett en signe d'avertissement.

Esmé se leva pour aller à la cuisine mais Edward la pris de cour.

« Attend maman, je vais y aller, ne te dérange pas » dit-il en se levant, puis lorsqu'il passa derrière Emmett, il rajouta « Emmett va m'aider à couper la dinde » avec un sourire feint. Celui-ci se leva à son tour et me fit un clin d'œil avant de suivre son frère.

Quelques minutes plus tard, les garçons revinrent avec les plats. Edward posa la purée de patates douces et les petits pois, tandis qu'Emmett mis la dinde au centre la table. Lorsque je vis 'Jessica', je ne pus m'empêcher de lever les yeux vers lui. C'était un carnage. La volaille n'était pas simplement découpée, elle avait été écrasée, lacérée de toutes parts, la pauvre bête était en charpie.

« Dites donc les garçons, vous nous aviez pas dit que c'était du hachis Parmentier prévu ce soir ! Je crois pas que Jessica aurait apprécié votre traitement de faveur ! » lança Alice en se retenant de rire, ce qui mit fin au silence qui s'était instauré avec l'arrivée de la dinde.

« C'est pas de notre faute si elle s'est montrée retorse » répliqua Emmett en regardant son frère. Ce dernier leva les yeux au ciel puis alla chercher le reste des plats avant de reprendre sa place. Il était clair que c'était Emmett qui était l'auteur du massacre. Je roulais mes yeux vers mon père pour voir sa réaction. Il avait toujours les yeux rivés sur le plat mais par politesse ne dit rien.

« Tu sais Emmett, tu aurais pu me demander pour que je t'aide à la couper… » dis-je doucement pour ne pas le vexer.

« Bella, aucune dinde ne m'a résisté, et c'est pas elle qui allait commencer ! » répondit-il en pointant son couteau sur la volaille. Sa réplique eut le don de détendre à nouveau l'atmosphère et les plats commencèrent à passer de mains en mains. Je les voyais se servir prenant un peu de tout, affichant un sourire poli à chaque fois que l'un d'autre eux donnait le plat à l'autre. La pièce de théâtre allait prendre une tournure plus dramatique.

Edward m'avait dit dans l'après-midi d'essayer de ma relaxer pendant le diner et d'agir comme s'il s'agissait d'un repas 'normal', autrement dit, de ne pas rester les regarder ostensiblement pour ne pas éveiller les soupçons envers Charlie. Plus facile à dire qu'à faire, j'étais curieuse de voir comment ils allaient s'y prendre.

« Voulez-vous du vin Charlie ? » demanda avec politesse Carlisle.

« Ne vous dérangez surtout pas, je prendrai la même chose que vous »

« Nous, on aime le vin rouge chef Swan. » continua Emmett sans laisser le temps à Carlisle de répondre, tout en mettant une grosse cuillère de purée dans son assiette.

« Euh oui ça m'ira très bien ». Charlie détourna son regard, gêné par la façon dont Emmett avait appuyé le mot 'rouge'.

Apparemment Emmett avait décidé de faire des siennes ce soir et il savait que personne n'oserait le reprendre de peur d'attirer encore plus l'attention.

Lorsque tout le monde commença à piocher dans son assiette, je ne pu me retenir de regarder du coin de l'œil mon voisin pour voir comment il s'en sortait. Je faillis m'étouffer avec ma dinde lorsque je découvris leur manège. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, mais là c'était vraiment trop… 'artisanal'. Dans les plis de la lourde nappe était cachée une fente située en face de chaque vampire. Derrière cette fente, un petit sac étanche, identique aux sacs congélations, était suspendu sous la table, ainsi, ils n'avaient qu'tirer discrètement la poche sur leurs genoux et faire glisser les aliments de leurs assiettes. Ils profitaient que Charlie ait la tête baissée pour donner des coups de fourchette, mais leur rapidité était tellement extrême que moi-même j'avais du mal à voir ce qu'ils faisaient. Dès que mon père discutait, ils faisaient semblant de mâcher, coupaient la viande dans leurs assiettes ou encore mettaient leurs verres à leurs bouches. Maintenant je comprenais mieux l'utilité des verres opaques, ce n'était pas simplement par pure décoration, Charlie ne pouvait pas voir si le niveau de liquide baissait.

Au milieu du repas, Charlie se leva pour aller aux toilettes, les Cullen en profitèrent pour prendre leurs verres et aller les vider.

« Pourquoi vous faîtes ça ? » demandai-je incrédule.

« Enfin Bella, je te croyais plus perspicace ! Ton père ne va pas trouver bizarre si on ne se ressert pas ? » dit Alice. Pas faux.

Charlie revint et la comédie reprit tout comme les conversations. Emmett se faisait un plaisir de resservir mon père en vin, qui d'ailleurs se sentait de plus en plus à l'aise sous les vapeurs d'alcool. Il allait devoir me laisser exceptionnellement conduire sa voiture pour rentrer.

«Ils sont bons tes petits pois maman, je vais en rependre un peu, tiens ! ». Emmett, encore et toujours. « Tiens Jasper, je sais que t'aimes ça aussi » et il lui mit une grosse cuillère dans son assiette.

« C'est trop aimable Emmett » répondis Jasper entre ses dents.

Soudain je sentis Edward se tendre comme un arc à coté de moi, puis un léger sifflement s'échappa de ses lèvres. Oh non, dites-moi que j'ai rêvé ! pensais-je. Visiblement, le gai luron de la famille Cullen s'ennuyait un peu trop et avait décidé de pimenter sa soirée sous le nez de mon père sans que celui-ci s'en aperçoive. Avec des yeux écarquillés, je le vis prendre des petits pois avec sa cuillère, viser et les catapulter derrière Edward et moi. Je n'avais pas besoin de me retourner pour savoir s'ils avaient bien atterri dans les vases, avec son agilité et sa rapidité, il était évident qu'il avait réussi. Edward bouillait à coté de moi, mais Charlie n'avait rien vu. Encouragé, Emmett continua sans prêter attention au regard furibond d'Esmé. Après quelques lancés, il donna un coup de coude à Jasper pour l'inciter à faire pareil. Je fus abasourdie lorsque Jasper décida d'en faire autant après avoir donné un rapide coup d'œil à Charlie puis à Alice. Cette dernière leva les yeux au ciel, résignée. Quant à moi je ne savais pas si je devais rire ou pas. Voir Jasper et Emmett se lancer dans un concours de lancé de petits pois en cachette était un spectacle à part entière, même Carlisle avait du mal à ne pas rire. De temps en temps je pouvais voir Emmett tirer le bout de sa langue et fermer un œil quand il essayait de viser le plus petit des vases. Rosalie à coté, ne perdait pas une miette, et à défaut de compter les points (aucun d'entre eux ne loupait son coup), elle donnait des notes de style allant de 1 à 5 en levant discrètement les doigts de sa main. Quand je regardais Edward, ses yeux faisait sans cesse le chemin entre Charlie, Alice et les garçons, sur le qui vive.

Pour le détendre un peu, Emmett jugea qu'il serait bon de pousser la provocation encore plus loin et fit exprès de lancer un petit pois directement sur Edward qui vint s'écraser lamentablement en plein milieu de son front. Tout le monde autour de la table retint sa respiration attendant la réaction d'Edward. Après avoir vérifié que mon père continuait de saucer tranquillement son assiette, je regardai Edward. Il avait déjà essuyé son front mais ses yeux restaient exorbités et sa mâchoire bloquée. Puis sans quitter le regard de son frère, il fit glisser son pouce sur son cou en signe de futures représailles. Le sourire d'Emmett s'élargit encore plus, mais il finit néanmoins par arrêter son petit jeu, il connaissait les limites.

Finalement, je comprenais pourquoi Edward était si anxieux pour ce diner et les craintes qu'il avait concernant le comportement de sa famille. Cependant, je devais reconnaitre que les âneries d'Emmett m'avaient amusé, et puis il était impossible de se fâcher avec quelqu'un comme lui.

Le diner se termina dans une relative tranquillité, seul Charlie et Emmett reprirent de la tarte à la citrouille à la fin du repas (Emmett se faisait un devoir de prouver à mon père qu'il était un gros mangeur car comme il le disait en tapant sur son torse, 'il fallait bien nourrir son homme'). Les deux hommes parlèrent sport pendant un moment puis Charlie lui demanda quelle était son équipe préférée de baseball.

« Les Mariners évidement ! » répondit-il comme si la question ne se posait même pas. Charlie pouffa. « Pas vous ? »

« Si bien sûr ! Mais moi je suis d'ici. Tu aurais pu très bien supporter une autre équipe que celle de Seattle ! ».

Je suivais la conversation de loin lorsque je vis le visage d'Alice s'éclairer.

« Super idée Emmett ! » dit-elle.

« Quoi ? ». A ça tête je vis qu'il avait envie de dire qu'est-ce que t'as vu encore ? mais il se retint devant le regard interloqué de mon père.

« Les Mariners jouent à domicile samedi soir, non ? » demanda-t-elle

« Oui, et contre les Arizona Diamondbacks…beau match en perspective » dit Charlie. « D'ailleurs Bella, je vais chez Harry ce soir là…ça ne t'ennuie pas ? »

« Bien sûr que non ça ne l'ennuie pas, car elle va venir avec nous assister au match ! » répondit avant moi Alice en tapant frénétiquement dans ses mains. « Oh et puis t'en qu'à faire, pourquoi on n'irait pas passer le weekend à Seattle ? Match samedi soir et tourisme dimanche ? Tu verras ça va être génial ! ». Je ne savais pas si par 'tourisme' et 'génial' Alice entendait 'shopping', mais je devais avouer que l'idée était séduisante, je n'avais pas bougé de Forks depuis l'incident à Phoenix et changer d'air ne pouvait que faire du bien. Je tournai la tête vers mon père et lui fit un regard suppliant. Il ne trouva rien à redire et se contenta de hausser les épaules en signe d'impuissance.

« Papa, maman, vous venez avec nous ? » demanda Edward.

« Non, désolé. J'ai cette soirée organisée par le Comité de chirurgie cardiaque de l'état du Washington, et Esmé m'accompagne. Mais amusez-vous bien. »

Charlie se réajusta sur sa chaise et fronça les sourcils, je savais qu'il était contrarié à l'idée de voir sa fille partir en vadrouille avec les enfants Cullen sans parents pour nous surveiller, mais il ne pouvait plus revenir sur sa parole.

Finalement, la soirée toucha à sa fin et après avoir discuté quelques temps dans le salon, il fut l'heure de rentrer. Charlie remercia Carlisle et Esmé et dit au revoir à tout le monde. Puis il s'approcha d'Edward et lui dit 'bonne nuit' avant d'ajouter « n'hésite pas à passer à la maison…on pourra regarder un match à la TV…enfin…si tu veux… ». C'était la manière à Charlie de s'excuser, certes maladroite, mais à voir le visage d'Edward, c'était comme si ce dernier avait gagné le gros lot.

« Merci Charlie, ce sera avec beaucoup de plaisir ! » lui dit-il. Puis une fois mon père sorti de la maison, Edward m'embrassa et me souffla « à tout à l'heure » dans l'oreille.

« Merci pour cette soirée » dis-je à tout le monde et rajoutai à l'attention d'Emmett « merci pour tout » en insistant bien sur le dernier mot pour marquer l'ironie dans mes paroles.

« De rien Bella, ce fut avec plaisir ! » m'imita-t-il, mais lui contrairement à moi, pensait chaque mot.

« On se voit demain Alice. »

« Oui ! Il faut absolument qu'on discute des préparatifs demain midi à la cantine. Tu vas voir on va bien s'amuser ce weekend !!! Ça va être fantastique!!!». Pire qu'une pile électrique, on aurait pu éclairer tout Forks si on l'avait branché au secteur tellement elle était excitée.

Mais je devais avouer que j'étais toute aussi impatiente qu'elle.


Bon, bon, bon. Voilà à quoi ressemble un repas de Thanksgiving chez les Cullen selon nous…Est-ce qu'Emmett a été à la hauteur de vos espérances ?

On sait que le système qu'ils ont pour cacher leur nourriture c'est pas très glam' et un peu beaucoup tiré par les cheveux, mais bon, on fait avec les moyens du bord !

Enfin, comme vous avez pu le remarquer, on va continuer sur notre lancée sur un ton léger. On commencé à écrire le prochain chapitre donc il ne devrait pas trop se faire attendre.