C'est moâââ !!!
Avec le chapitre troâââ !!!

Et j'espère que vous allez continuer à l'apprécier !

Alfaterre, je sais que tu vas la lire (enfin je pense...) et j'ai un peu peur de ta réaction...
S'il te plait, ne te fous pas de moi en lisant ce chapitre !! Je sais qu'il y a des trucs qui vont forcément te faire sauter au plafond, mais jamais j'aurais pu imaginer que quelqu'un travaillant pour l'armée allait la lire !!
Please... fait comme si j'avais pas écrit des trucs bêtes et stupides... steuplè steuplè steuplèèèèè !!!

Bon, et bien passons au rar...

Pf59 : Tu détestes cogiter ? Pourtant t'es bien partie !
Pour le côté Alexandre-Alexandra, J'avais pas pensé à ça ! Tu crois qu'il en pince pour les mecs ? Et que c'est ça qui le rendrait désagréable ? Ouais, peut-être...
Mais de toute façon, je t'en dirais pas plus, tu auras la réponse à toutes tes cogitations dans le chapitre qui suit...
C'est dingue, mais Alex, j'avais jamais pensé à le comparer à McKay pour le côté grognon, pour Ronon, je ne pense pas que qui que se soit puisse penser à le battre !
Tu penses qu'en plus, il a l'égo de McKay ? Nan, ça Rodney a déposé un brevet, et personne d'autre que lui peut l'avoir !!! XDééé !!!

Allez, c'est fini le blabla, enfin...
Bonne lecture !

oOoOooOoOooOoOooOoOooOoOooOoOo

Chapitre 3

Pendant ce temps, Carson avait pris en charge le capitaine. Il l'avait installé sur la table et lui faisait passer un scanner.

-Ne bougez pas… voilà, c'est fini. Vous pouvez vous lever !

-Et moi qui disais que je ne voulais pas tester vos instruments de tortures ! Ça fait à peine un jour, et je suis déjà là ! C'est bien ma veine !!

-Oui, mais apparemment ce n'est pas trop grave… ça alors !

Il leva la tête et regarda le capitaine d'un drôle d'air.

-Qu'est-ce qu'il y a ? C'est grave ? Pourtant je ne me sens pas trop mal…

Le docteur continuait de le fixer sans rien dire. Alex commençait à avoir peur.

-Alors ? Ne me dites pas que j'ai une méchante bébête qui me pousse dans le ventre ?

-Non, pas une méchante bébête, mais vous avez effectivement quelque chose qui cloche…

-Alors ça ! C'est vachement technique ! Ironisa Alex.

-Vous vous êtes moqué de nous ? Demanda alors Carson les bras croisés.

-Comment ça ? Non, bien sûr que non… à quel sujet d'abord... ?

-Votre situation…

-Et bien quoi ! Qu'est-ce qu'elle a, ma situation ?

-Capitaine Alex Legrand ?

-Oui, c'est bien moi, mais qu'est…

-Je suppose que vous êtes le capitaine Alexandra Legrand ! Et non Alexandre, vous êtes une femme !

oOoOo

Elisabeth était sur le chemin de l'infirmerie, et elle entra juste après que Carson ait découvert le pot aux roses.

Alex n'avait pas eu le temps de demander au docteur de garder le secret, et elle le regarda d'un air suppliant.

-Je ne peux pas… Commença t-il.

-Carson ? Vous ne pouvez pas quoi ?

Le docteur se retourna et regarda la dirigeante.

-Il venait juste de m'annoncer que je ne pouvais pas reprendre du service tout de suite ! S'exclama Alex précipitamment.

-C'est si grave que ça ? Interrogea Elisabeth.

-Non, mais…

Le regard que lui lança Alex à ce moment eu raison de lui.

-Non, effectivement, le capitaine ne pourra pas sortir avant au moins trois jours… je vais lui prescrire des antidouleurs, mais il faudra qu'il reste calme pendant ce temps là. Déclara t-il.

-Bon, et bien me voilà rassurée. Je retourne à mon bureau. Bonne nuit capitaine.

-Bonne nuit madame.

Elisabeth quitta la pièce, laissant seuls le docteur et son "patient".

-Alors ? Vous allez m'expliquer pourquoi ?

-Pourquoi quoi ?

-Ne faites pas l'idiote ! Pourquoi vous vous faites passer pour un homme ?

-Vous avez déjà essayé de vous faire accepter, sans qu'on vous traite à chaque fois de "femmellette" ?

-Non, je n'ai jamais voulu passer pour une femme !

-Très drôle docteur ! Et bien moi, j'ai été obligé de me faire passer pour un homme. Quand j'ai voulu passer les concours pour être pilote, on m'a clairement fait comprendre que je n'avais pas ce qu'il fallait pour y arriver. Ensuite, ce furent les brimades, les insultes, et j'en passe. J'ai fini par abandonner... mais quand j'ai remarqué que les hommes étaient plus sympas envers les jeunes recrues masculines que féminines, j'ai décidé de changer de sexe. Provisoirement bien sûr ! Et voilà où ça m'a mené, j'ai réussi là où ma condition de femme m'avait fait échouer.

-Mais les examens médicaux ?

-Je suis toujours passée au travers. Mon père est général et j'allais souvent dans son bureau à la maison. Quand il n'était pas là, j'en profitais pour "emprunter" des documents officiels à en-tête, des tampons et autres petits trucs qui pouvaient me servir.

-Votre père est général ? Et il ne s'est jamais douté de quoi que se soit ?

-Non, étant donné qu'il est dans la marine, et moi dans l'armée de l'air. Et nous n'avons jamais vraiment eu de bon rapport...

-Dites-moi... je ne suis pas un spécialiste, mais il y a un truc qui me chiffonne...

-Quoi donc ?

-La marine et l'armée de l'air n'ont pas les mêmes en-tête sur les papiers officiels, non ?

Alex baissa la tête en souriant.

-Je suis peut-être une fille, mais je vis avec mon temps ! L'informatique peut faire des miracles, de nos jours... un bon logiciel, un tour sur internet pour le logo et voilà, le tour est joué !

-Mais il n'a jamais eu de soupçons ?

-Non, jusqu'à présent, tout s'est toujours bien passé. Et de toute façon, mon père ne s'est jamais vraiment occupé de moi, d'ailleurs il ne le sait pas...

-Il ne sait pas quoi ?

-Que je suis capitaine dans l'armée. Pour lui, une femme doit rester à la maison. Je n'étais pas d'accord, alors je suis partie. J'ai falsifié des documents, j'ai triché et voilà ! Mais je vous en pris, ne dites rien à personne ! Au début, c'est vrai que je ne voulais pas venir ici, mais je trouve cet endroit super, et maintenant, je suis contente d'avoir été choisie !

-Je ne vous garantis rien, je n'ai jamais menti au colonel, et j'aurais du mal à le faire ! Même si je vous trouve plutôt convaincante !

-Merci docteur, j'essaierais de ne jamais avoir besoin de vos services de nouveau ! Dit-elle en se levant avec une grimace.

-Ne faites pas d'efforts, votre plaie risquerait de se rouvrir et de s'infecter.

-Ne vous inquiétez pas, je suis une grande fille et je sais prendre soin de moi, je vais dans mes quartiers pour me coucher.

-Promis ?

-Oui, c'est promis !

Et elle sortit sous le regard affectueux du docteur.

-Et bien, en voilà une qui ne manque pas de crans ! Dit-il tout haut alors qu'elle avait disparu de sa vue.

Il retourna à sa paperasse en se demandant si il avait pris la bonne décision. Si jamais Elisabeth ou Sheppard découvrait ça, ils allaient sûrement l'écharper ! Mais en même temps, il comprenait sa façon d'agir. L'armée, malgré le fait qu'elle accepte les femmes, n'était pas aussi tendre que ça. Les hommes étaient toujours mieux considérés qu'elles.

-Bon, je n'ai plus qu'à faire attention à ce que je vais dire ! Mais pourquoi il ne m'arrive que des trucs bizarres ? Se plaignit-il.

oOoOo

Alex se déplaçait doucement dans les couloirs. Elle ne voulait croiser personne, et en plus sa blessure commençait à la faire souffrir. Comme elle avait refusé les cachets que voulait lui donner le docteur, elle commençait sérieusement à avoir mal. Elle s'appuyait contre le mur et marchait en soufflant, quand une douleur plus violente la fit s'arrêter. Evidement, c'est à ce moment là qu'elle croisa le colonel.

-Bah voyons, c'est toujours quand on veut voir personne qu'il y a quelqu'un qui se pointe ! Murmura t-elle.

Alors elle prit sur elle et se redressa.

-Capitaine ! Je ne m'attendais pas à vous voir là ! Qu'a dit le docteur ?

-Je vais bien, mais il ne faut pas que je fasse d'effort pendant trois jours ! Dit-elle en espérant qu'il ne remarque rien.

Elle ne se sentait pas vraiment bien. Sheppard la fixait. Décidément, ces français étaient bizarres, pourquoi disait-il qu'il allait bien, alors que ce n'était clairement pas le cas ? Il la trouvait pâle et essoufflé.

-Vous êtes sûr ?

-Oui, tout à fait… bon, je vous laisse, je vais me reposer… bonne nuit mon colonel.

-Bonne nuit capitaine…

Il s'éloigna, les mains dans les poches, puis s'arrêta et se retourna. Alex marchait difficilement et avait le bras droit serré contre elle. Elle luttait pour ne pas tomber. Mais la douleur devenait pénible et elle gémit.

Sheppard se précipita et l'empêcha de s'écrouler en la retenant, puis il appuya sur son oreillette.

-Carson, ici Sheppard, rejoignez-moi vite dans le couloir près des quartiers de Caldwell. Le capitaine se sent mal.

Il la força à s'appuyer contre le mur et l'aida à rester debout en attendant la venue du docteur.

-Vous êtes ridicule ! Pourquoi me dire que ça va, alors que c'est faux ! Regardez-moi ! Dit-il en colère.

Il ne supportait pas de voir qu'un membre de son équipe, même si s'était dans le cadre d'un échange qu'il n'avait pas demandé, lui mente comme ça.

Alex leva la tête et le regarda. Sheppard fut troublé. Dans ses yeux, il voyait de la peur mais aussi quelque chose d'autre. Mais il ne sût pas dire quoi.

Bon sang, il a fallu que ça tombe sur moi ! Pourquoi est-il aussi soucieux des autres ! En plus il est pas mal. Et zut ! C'est un américain et moi une française, ça va rien donner de bon, cette histoire…

Elle baissa les yeux et le repoussa doucement, en espérant qu'il ne soit pas aperçu de son trouble.

-C'est bon, vous pouvez me lâcher, c'était juste une douleur, mais elle est passée.

-Alors ? Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda Carson qui arriva à ce moment.

Sheppard recula vite. Sa propre réaction face au capitaine l'avait étonné.

Qu'est-ce qui lui était passé par la tête ?

Il avait été troublé. Troublé par le capitaine. Un homme ! Il se secoua. Il devait vraiment être fatigué...

-Le capitaine a eu un malaise, réussit-il à dire. Vous avez besoin de moi ? Demanda t-il en espérant très fort que la réponse soit négative.

-Non, ça va aller, répondit Carson, je vais me débrouiller avec... lui. Venez, dit-il à Alex, on y retourne, je vais vous garder cette nuit en observation.

-C'est pas de refus, j'ai un peu mal...

En fait, elle avait très mal, mais ne voulait pas que le colonel se rende compte de quoi que se soit.

Le pauvre, s'il savait, pensa Carson en souriant… Ce serait ma fête ! Se dit-il l'instant d'après.

-Bon à demain ! Bonne nuit Carson, et vous aussi capitaine.

-Bonne nuit mon colonel.

-Bonsoir Sheppard !

Sheppard partit très vite, sous le regard amusé mais quand même une peu inquiet de Carson.

-Allez, je vous emmène, dit le docteur en soutenant légèrement Alex.

oOoOo

Arrivés à l'infirmerie, Carson lui parla un peu brutalement.

-Mais qu'est-ce que vous avez fait ?

-Mais rien ! J'ai eu mal et comme par hasard, il était dans le couloir ! Croyez-moi, je me serais bien passée de le croiser !

-Je vous crois, mais ne me mettez plus dans cette position !

-Bien docteur...

-Allez, allongez-vous là. Je vais regarder votre blessure.

Il souleva le maillot d'Alex et regarda de plus près. La plaie n'était pas très importante, mais elle s'était remise à saigner. Carson la nettoya et mit un pansement dessus.

-Voilà, maintenant, je vais vous faire une piqûre de...

-Non ! Pas de piqûre !

-Mais ce n'est qu'un...

-J'ai dit non !

-Capitaine Alexandra Legrand, j'insiste. Et si vous ne me laissez pas faire, j'appelle Sheppard !

-Vous me menacez ?

-Oui ! Répondit Carson avec aplomb.

-Bon, c'est d'accord... Soupira t-elle.

-Vous savez que vous vous ressemblez beaucoup ?

-Qui ça ?

-Vous et Sheppard ! Mis à part que vous êtes une femme et lui un homme !

-Et en quoi on se ressemble ?

-Vous avez tous les deux le gène des anciens, chose très rare, et vous détestez tous les deux les piqûres ! Vous êtes aussi réfractaires aux ordres l'un que l'autre, et avez le même sale caractère !

Alex se mit à rire de bon cœur et Carson en fit autant.

-Bon, donnez-moi votre bras, dit-il après un instant.

-Qu'est-ce que c'est ?

-Un produit qui soulagera la douleur et vous fera dormir.

-Dormir ? Vous m'avez injecté un sédatif ?

-Non, juste un calmant. Mais comme vous avez l'air épuisé, ça vous fera certainement cet effet là. Allez, couchez-vous, je n'ai pas envie de vous porter pour vous mettre au lit ! Même si ça ne doit pas être si désagréable que ça !

Alex se coucha. La douleur avait presque totalement disparue et elle avait les paupières lourdes.

-C'est vraiment efficace votre truc ! Faudra me donner la marque... Réussit-elle quand même à dire.

Et elle s'endormit. Carson remonta la couverture sur elle, éteignit la lumière et ferma la porte. Il retourna dans son bureau en soupirant.

-Et bien, voilà une journée comme je m'en passerais bien...

oOoOo

Sheppard était partit précipitamment, car ce qu'il avait ressenti en tenant le français, l'avait plus que troublé. Mais il ne savait pas comment définir ce qu'il lui avait pris. Son apparence efféminée lui avait joué un bien vilain tour ! Il retourna dans ses quartiers, se déshabilla et se coucha. Il s'endormit très vite...

oOoOo

-Docteur ? Docteur, vous êtes là ?

-J'arrive ! Dit celui-ci en entrant, alors, qu'est-ce qu'il y a ?

-Rien !

-Rien ? Alors pourquoi vous m'avez appelé ?

-Justement parce qu'il n'y a rien ou presque! Regardez !

Alex avait soulevé son t-shirt et détaché le pansement. Effectivement, la plaie avait presque totalement disparue !

-Ah bah ça alors ! Je peux ? Demanda Carson en s'approchant.

-Oui, regardez... touchez ! Et je n'ai même plus mal ! C'est formidable votre piqûre, docteur, c'est comme si j'étais neuve !

-En effet, et pourtant, je ne vous ai donné qu'un calmant. J'avoue que là, je suis dépassé... mais qu'est-ce que vous faites ?

-Je me lève !

-Mais non ! Il n'en est pas question !

-Et pourquoi ? Je n'ai mal nulle part, alors je ne vois pas pourquoi je devrais rester au lit !

-Parce que c'est le docteur qui décide ! Dit une voix.

-Sheppard ! S'exclama Carson en se retournant, vous tombez à pic, ce jeune homme ne veut pas rester allongé...

-Mais vous avez pu constater par vous-même que je vais beaucoup mieux ! Regardez, dit Alex en remontant légèrement son maillot et en passant une main sur son côté, ça ne se voit presque plus !

John ne remarqua qu'une chose. Le morceau de peau dénudée du jeune homme, enfin de celui qu'il prenait encore pour un homme. Il releva très vite les yeux et le fixa. Il n'aurait pas dû...

Les yeux vert du français le fixaient aussi. Mais Alex détourna son regard très vite.

-Alors ? Je peux sortir ? Demanda t-elle un peu brusquement. J'aimerais autant éviter de passer ma journée ici !

-Carson ? Vous en pensez quoi ? Demanda Sheppard, après s'être giflé mentalement.

-J'en pense pas grand chose... et pour l'instant, je n'ai aucune explication. Mais étant donné qu'il va bien, je ne vois pas pourquoi il devrait rester ici !

-Chouette ! Dit Alex en sautant en bas du lit. On y va ?

-Hein ? Où ça ? Demanda John.

-J'en sais rien ! Où voulez-vous aller ?

-Peut-être aller prendre un petit déjeuner ?

-Oui, vous avez raison ! Je rêve d'un bol de café, merci docteur, à la prochaine ! S'exclama t-elle en marchant d'un bon pas.

Mais arrivée devant la porte, elle se retourna brusquement.

-Mais je suis dingue ! Pourquoi j'ai dit ça ! Dit-elle en regardant le colonel.

-Peut-être parce que vous êtes dingue justement...

-Merci ! C'est très gentil de votre part ! Mais je ne m'attendais pas vraiment à autre chose de la part des gens les plus frappés de la planète ! Et je ne parle pas de celle-ci ! Dit-elle en français, exprès pour le faire enrager.

-Je déteste quand vous faites ça ! Répliqua John.

-Quand je fais quoi ?

-Quand vous parlez français, je ne comprends pas ce que vous dites, et ça m'agace un peu !

-Je pourrais vous donner des cours particuliers si vous voulez !

A ces mots, John s'arrêta brusquement, et Alex lui rentra dedans.

-Mais pourquoi vous vous arrêtez comme ça !

Carson, les bras croisés, regardait le numéro que les deux militaires donnaient juste devant lui.

Puis, il ne put se retenir plus longtemps et éclata de rire. C'était vraiment trop drôle !

Sheppard se tourna vers lui, l'air fâché.

-On peut savoir ce qui vous fait rire Beckett ? Lui demanda t-il.

-Oui, c'est vous deux ! Franchement vous êtes trop drôle, on dirait un numéro de comique !

-Ah oui ? Je vous promets que je vous ferais payer ça Carson ! Dit-il en le regardant de travers.

-Tant pis, j'assume ! Répondit le docteur en retournant à son bureau, toujours en riant.

Alex sortit et devança John. Elle n'avait pas fait cinq mètres qu'elle s'arrêta. Elle se retourna lentement et vit le colonel, nonchalamment appuyé sur le mur, les bras croisés.

-Et vous allez où comme ça ? Demanda t-il.

-Je vais manger, vous me l'avez proposé tout à l'heure, alors je croyais que...

-Oui, je vous l'ai proposé, effectivement, dit-il en marchant vers elle, les mains dans les poches, mais allez-y ! Continua t-il en sortant une main de sa poche et en levant le bras, je vous suis !

-C'est que...

-Que quoi ? Demanda ironiquement John.

-Et bien... je ne sais pas où c'est... Murmura Alex.

-Pardon ? Je n'ai pas compris... Continua le colonel sur le même ton, vous avez dit quoi ?

-J'ai dit que je ne savais pas où c'était ! Voilà, vous êtes content j'espère ! S'exclama t-elle plus fort.

-Oui, très content ! Dit John en repartant, bon j'ai faim, on y va ! Continua t-il à dire en marchant.

Alex n'eut d'autre choix que de le suivre. Ils firent le trajet jusqu'à la cantine en silence. Sheppard se servit un plateau et alla s'asseoir avec ses amis, sur la terrasse. Alex prit juste un café et s'appuya sur la rambarde, loin de tout le monde. Le spectacle de l'océan à plusieurs dizaines de mètres au-dessous, était fascinant. Fascinant et magnifique.

-Alors ? Comment allez-vous ce matin ?

-Dr Weir ? Je vais bien, je vais même très bien. Je n'ai pratiquement plus aucune trace de ma blessure et j'ai bien dormi. Même si c'était à l'infirmerie !

-Vous avez passé la nuit à l'infirmerie ? Mais je croyais que...

-Oui, peu de temps après votre visite, je suis sortie, mais la plaie s'était rouverte, et je me suis sentie mal. Le colonel qui passait par-là a appelé le docteur qui m'a fait une piqûre et il m'a obligé à dormir là bas. Mais je ne regrette rien, je me sens en pleine forme !

-Votre blessure a presque disparue ? J'ai du mal à le croire !

-Et bien, si ça n'avait pas été moi, je ne l'aurais pas cru non plus ! Mais demandez au docteur et il pourra vous le confirmer ! Je suis de nouveau apte.

-C'est ce que je vois, mais je vais quand même demander à Carson... Dit Elisabeth dubitative.

-Faites donc ça... Murmura Alex en français.

-Quoi ? Qu'avez-vous dit ?

-J'ai dit que vous pouviez et puisque le colonel était là, vous pouvez aussi lui demander ! Répondit Alex un peu énervée. Maintenant, si vous voulez bien, je vais essayer de faire connaissance avec d'autres personnes. Dit-elle un peu plus doucement.

-Oui, bien sûr... allez-y...

Alex se dirigea alors vers l'intérieur de la salle et regarda autour d'elle. Puis, voyant qu'elle aurait quand même du mal à s'intégrer, elle sortit. Elle ne savait pas ce qu'elle allait faire, mais il fallait qu'elle s'occupe.

oOoOo

Elisabeth se demanda ce qu'elle avait bien pu dire pour le mettre en colère. Mais elle y renonça très vite. Si ce jeune français avait un sale caractère, Sheppard saurait le mettre au pas ! Il avait beau être décontracté et s'entendre parfaitement avec tout le monde, il n'en aimait pas moins le respect. Alors elle se dirigea donc vers la table, où l'équipe de Sheppard était assise.

-Alors ? Que vous a dit Alexandre Legrand, il va conquérir une autre planète ? Dit Rodney, très fier de sa blague.

Blague qui tomba complètement à plat...

-Parce que vous trouvez ça drôle McKay ? Dit Sheppard affalé, les coudes sur la table et une tasse de café à la main.

-Euh... non en fait. Alors, on peut quand même savoir ?

-Et bien, il m'a dit que Carson l'avait déclaré apte, étant donné qu'il n'a plus aucune marque. Et aussi que vous pouviez confirmer, car vous étiez là aussi, finit-elle en regardant John.

Sheppard se redressa lentement, sans répondre. Il repensait à la façon dont il avait réagi quand le capitaine avait soulevé son maillot.

-Alors ? Redemanda Elisabeth.

-Alors quoi ? Hein ? Euh... oui, c'est vrai, j'y étais. Et oui, il n'y avait presque plus aucune trace. D'ailleurs j'aimerais bien savoir comment ça se fait !

-J'avoue que moi aussi. Dit Elisabeth. Il a peut-être quelque chose d'autre qui fait qu'il guérit plus vite !

-Ouais, ça m'intéresserait assez de comprendre... mais où est-il donc ?

-Je n'en sais rien, répondit Elisabeth en parcourant la salle du regard, il m'a dit qu'il voulait aller faire connaissance avec d'autres personnes, mais je ne le vois nulle part...

-Je serais assez pour lui donner une oreillette, ça nous éviterait de nous servir des intercoms de la cité, quand on le cherche. Fit remarquer John.

-Je suis pour ! S'exclama Elisabeth, en attendant, il faudrait le trouver...

Sheppard recula sa chaise, prit appui sur ses bras et se leva en poussant un énorme soupir.

-Bon, je vais à la chasse ! Si je le trouve, je vous appelle !

John passa d'abord par le hangar à jumper, puis par l'infirmerie, où Carson, lui dit qu'il n'était pas là, ce à quoi le militaire répondit qu'il le savait puisqu'ils étaient partis ensemble à la cantine, mais que depuis, il l'avait perdu ! Il continua dans les couloirs jusqu'à ce qu'il entende du bruit dans le gymnase. Il ouvrit la porte et stoppa net. Alex était là, avec deux autres personnes qu'il reconnu comme faisant partit de l'équipe du major Lorne. Ils se battaient. Tous. Mais tous contre lui. Sheppard allait s'interposer quand il y renonça pour se mettre sur le côté. Le capitaine ne l'avait pas vu, et il en profita pour le regarder se battre.

Il parait que tu es doué en sport de combat ? Et bien, vas-y ! Fait donc voir ce dont tu es capable ! Se dit-il.

Et en effet, il vit. Legrand était de taille moyenne, environ 1m70 mais ne pesait guère plus de 60 kilos, et pourtant, il était en train de battre à plate couture, les deux hommes baraqués qui étaient devant lui. En fait, sa taille et son poids devait être un atout, car il se déplaçait très vite et de plus, il était très souple ! Il venait de faire un mouvement avec sa jambe qui avait "atterri" sur l'épaule de son adversaire, le renversa et le retourna comme une crêpe ! Puis, il se baissa très vite et bondit sur l'autre, lui tordant le bras et lui faisant plier les genoux. Sheppard était impressionné. Jamais il n'avait vu ça. Ronon était très fort, mais là, le rapport de force était inégal, et la souplesse du français avait fait toute la différence.

Il entra en frappant dans ses mains.

-Bravo, c'était vraiment très fort. Je dois dire que vous m'impressionnez !

Il regarda les deux militaires se relever, se mettre au garde à vous devant lui, qui leur répondit très vite, puis ceux-ci laissèrent leur chef se défendre seul. Ils avaient eu leur dose !

-Vous voulez vous battre mon colonel ?

-Non merci ! Pas après ce que je viens de voir !

-Seriez-vous peureux ?

-Non, juste prudent. Je tiens à rester entier !

-Je crois plutôt que vous êtes une poule mouillée, colonel ! Rétorqua Alex en français.

-Je n'ai pas compris un traître mot de ce que vous venez de dire, mais vu le ton, je suppose que ce n'était pas un compliment !!

-En effet... Murmura t-elle très bas ! Bon, je vais me doucher, avec votre permission bien sûr... Continua t-elle plus fort.

Sheppard resta stoïque malgré la pensée pas très catholique qui venait à l'instant de lui traverser l'esprit.

Il venait de s'imaginer avec "lui" sous la douche...

-Oui, vous l'avez bien sûr ! On se retrouve dans une heure ?

-Où ça ?

-En salle de réunion, on voudrait discuter avec vous de certaines choses...

-Lesquelles ? Demanda Alex inquiète.

-Le Dr Weir vous en dira plus à la réunion ! A tout à l'heure !

Et il sortit précipitamment sous le regard appréciateur d'Alex. Elle le trouvait plutôt bel homme. Même s'il était américain. Elle n'avait jamais vraiment apprécié ces gens là, les trouvant suffisant, imbue de leur personne et le fait qu'ils se croient supérieurs aux autres, l'avait toujours mise en rogne. Et il était colonel en plus !

Elle qui n'avait pas pu grimper les échelons, à cause de la promesse qu'elle avait faite à son petit frère, le regrettait un peu maintenant.

Quoi que non. De toute façon, elle n'était sur cette planète que pour un temps donné, alors le fait d'être un peu plus gradée n'aurait rien changé ! Elle n'aurait jamais pu être au même niveau que lui...

Elle ramassa ses affaires et prit la direction des quartiers qui lui avait été affecté. Elle se déshabilla rapidement, enleva la bande qui lui comprimait la poitrine et respira à fond plusieurs fois de suite. A chaque fois, ça lui procurait la même sensation. Un plaisir intense. Respirer librement ne lui était accordé d'habitude que le soir, depuis près de dix ans maintenant. Dix ans qu'elle se faisait passer pour un homme.

Au début, ça ne lui avait pas posé trop de problème. Mais ce n'était plus le cas à présent. Elle était une jeune femme, et il lui arrivait d'avoir envie de sortir avec des hommes. Mais elle se l'était toujours refusé. Elle était respectée en temps que capitaine et personne ne s'était jamais moquée d'elle. Moqué du capitaine Alexandre Legrand, c'est vrai, pas d'Alexandra. Et ça, elle ne devait jamais l'oublier...

La douche la lava de toute sa fatigue et de ses mensonges. Même si elle en avait pris l'habitude...

oOoOo

John prit la direction du bureau d'Elisabeth, les mains dans les poches en se demandant s'il n'avait pas "chopé" une cochonnerie galactique qui lui détraquait la tête. Qu'est-ce qui pouvait bien lui prendre, pour qu'il se mette à penser qu'il aimerait bien prendre une douche avec lui ? Jusqu'à présent, il n'avait jamais pensé aux hommes autrement que devant un match de foot à la télé, et avec une bière dans la main. En pote quoi ! Il grimpa les marches et entra dans le bureau de la dirigeante.

-Je l'ai trouvé ! Lança t-il.

Phrase qui fit sursauter Elisabeth, qui ne l'avait pas entendu rentrer.

-Sheppard ! Ne recommencez pas ! Vous avez failli me faire mourir de peur !

-Désolé, je ne recommencerais plus. C'est promis ! Dit-il en s'asseyant sur le coin du bureau.

-Vous avez trouvé quoi au fait ?

-Le petit français, il était dans le gymnase, et effectivement, il est aussi très doué au combat. Si ça continue, je vais finir par me sentir vieux.

-Mais non Sheppard, vous n'êtes pas vieux, vous êtes juste un petit peu plus âgé ! S'esclaffa t-elle.

-Merci !

-Merci ? Mais de quoi ?

-De ne pas m'avoir traité de vieillard !

-Non, ça je ne crois pas qu'on puisse vous traiter de vieillard !

-Mais ça arrivera bien un jour ! Dit une voix derrière le colonel. Bonjour Dr Weir, colonel... je suis venue pour la réunion, mais je ne sais pas si c'est dans la même pièce que celle où je suis allée l'autre jour...

-Oui, c'est bien là.

-Alors j'y vais...

-On vous accompagne, dit Elisabeth en se levant.

Ils traversèrent tous les trois l'espace qui séparait le bureau d'Elisabeth de la salle de commande puis continuèrent vers la salle de réunion. Les autres membres de l'équipe y étaient déjà, et attendaient sagement, assis à leur place.

-Bon, on ne va pas attendre plus longtemps puisque tout le monde est là ! Alors voilà. Etant donné ce qui s'est passé ce matin, Sheppard et moi pensons qu'il serait plus pratique que vous ayez une oreillette.

-Une quoi ?

-Une oreillette ! C'est un petit appareil qui se met dans l'oreille et qui permet de... Commença Rodney.

-Merci Dr McKay, je sais ce qu'est une oreillette mais je n'étais pas sûre d'avoir bien compris le mot, c'est tout !

-Ah bon, mais pourtant, vous parlez plutôt bien notre langue et vous n'avez pas eu de problème pour nous comprendre jusqu'à présent.

-C'est vrai, et je trouve que j'ai moins de mal à vous comprendre que le colonel, vous articulez mieux...

-C'est peut-être parce que nous ne sommes pas du même pays !

-Ah bon ? Vous êtes d'où ?

-Je suis Canadien ! Déclara fièrement Rodney.

Alex se pencha légèrement en avant et dit d'un air moqueur.

-Je suis désolée pour vous ! Personne n'est parfait...

John toussa pour essayer de masquer l'éclat de rire qu'il n'avait pas pu retenir. Quant à Elisabeth, elle se pinça les lèvres en baissant la tête elle aussi.

-Et bien, allez-y ! Moquez-vous de moi !

Cela faisait déjà deux fois qu'on se moquait de lui de cette façon. Il n'avait pas oublié que le général O'Neill lui avait ait aussi cette réflexion...

-Excusez-moi... je ne voulais pas vous insulter ! S'excusa Alex, j'ai toujours voulu aller visiter votre pays et faire du scooter des neiges ! Voir les ours blancs et les chutes du Niagara bien sûr ! Mais... vous ne parlez pas français vous ? Je croyais que les Canadiens le parlaient !

-Oui, peut-être, mais pas moi, malheureusement !

-Et pourquoi malheureusement ?

-Parce que ça m'aurait peut-être permis de comprendre ce que vous dites plus facilement !

-Mais c'est très gentil ça ! Dit alors Sheppard d'un ton ironique.

-Pas grave ! Répondit Alex, ça ne me pose pas de problème, les neurones, plus ça fonctionne, mieux ça se porte !

-Ça alors, je suis d'accord ! Dit Rodney.

-Le contraire m'aurait étonné ! Répliqua John. Bon, si on a rien d'autre à dire, qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ?

-Peut-être que vous pourriez donner des cours de pilotage au capitaine ? Proposa Elisabeth.

-C'est une bonne idée ça ! Je suis d'accord ! Répondit Alex.

-Ola ola, pourquoi lui ? Il débarque et il a déjà le droit de piloter ? Et d'abord est-ce que Carson lui a fait une injection ? Se plaignit Rodney.

-Non, il n'en a pas besoin ! Dit John en souriant.

-Ce n'est pas parce qu'il est pilote dans l'armée de l'air française qu'il peut faire voler un jumper !

-Non. C'est juste qu'il a le gène.

-Ah vous voyez ! Piloter un avion et un jumper c'est pas... quoi ? Il a le gène ? S'exclama le scientifique.

-Oui.

-Alors ça, ça m'intéresse...

-Je peux savoir en quoi ça vous intéresse ? S'étonna Alex.

-Je suis vraiment désolé Rodney, mais on doit partir, capitaine ? On y va pour une première leçon ?

-Oui mon colonel, je vous suis !

Et ils sortirent très vite en laissant les autres.

oOoOo

-Pourquoi vous avez fait ça ? Demanda Alex quand ils furent dehors.

-Pourquoi j'ai fait quoi ?

-Partir aussi vite, et qu'est-ce qui peut intéresser le Dr McKay chez moi ?

-Le fait que vous ayez le gène, capitaine, juste pour ça, vous risquez peut-être de le regretter !

-Arrêtez ! Dit Alex énervée.

Sheppard stoppa et la regarda.

-Que j'arrête quoi ?

-De m'appeler toujours par mon grade. Vous ne le faites avec personne d'autre que moi ! Je suis sûre que vous devez même réussir à appeler le lieutenant Ford par son prénom, et moi, c'est toujours capitaine !

-D'accord, comment voulez-vous que je vous appelle ?

-Je ne sais pas moi, à vous de voir ! Legrand ou Alex, comme vous voulez !

-Bon, alors, Legrand, dit-il en appuyant bien sur le nom, vous allez regretter que Rodney sache que vous possédez le gène, parce que comme nous ne sommes que deux à l'avoir naturellement, ah non, j'oubliais Carson, mais lui il ne le contrôle pas bien… vous allez être son nouvel animal de laboratoire !

-Comment ça ?

-McKay est toujours à la recherche de personnes possédant le gène pour essayer de faire fonctionner les appareils d'Atlantis. La génothérapie, c'est bien, mais quand on n'est pas obligé de se concentrer pour y arriver, c'est mieux.

-Alors je suis désolée pour vous !

-Pourquoi ?

-Parce que je ne serais pas toujours là pour prendre votre place auprès de lui, alors si je peux me permettre un conseil, profitez-en bien !

Entre temps, ils étaient arrivés dans le hangar. John ouvrit la porte arrière d'un jumper, et marcha vers le poste de pilotage. Il s'assit, puis se leva et dit.

-Non, c'est à vous. Prenez place.

Alex prit donc la place et attendit que John s'assoit à ses cotés.

-Bon, vous posez vos mains là et... mais qu'avez-vous fait ?

Le jumper avait bougé et s'était légèrement soulevé du sol.

-Mais rien du tout ! Je me demandais juste comment faire pour qu'il vole !

-Et bien, apparemment, vous êtes plus doué que moi !

Le jumper avait décollé et se présentait maintenant au-dessous du dôme.

-Bon, et bien on y va ! La base, ici jumper 1, vous pouvez nous laisser sortir, s'il vous plait ?

Alex le regarda de travers, il s'adressait de cette façon au responsable ? Même elle, n'aurait pas osé ! Mais elle n'était que capitaine. Finalement, monter en grade facilitait les choses... Quand elle retournera sur Terre, il faudra qu'elle parle avec son petit frère...

// Jumper 1, vous pouvez y aller. Bonne promenade colonel. //

-Merci Elisabeth. A tout à l'heure ! Bon, pour la sortie, je vais faire la manœuvre, après je vous laisse le volant !

-D'accord, ça marche pour moi !

Le jumper s'éleva dans les airs et sortit rapidement.

-On va où ?

-Ça vous dirait de faire un tour sur le continent ?

-Quel continent ? Il y a de la terre dans le coin ?

Elle n'avait réussi qu'à voir de l'eau depuis qu'ils étaient en vol.

-Oui, allez, c'est à vous !

-Chouette, accrochez-vous !

En fait, il ne s'accrocha pas. Le vol fut d'une fluidité qui le rassura et l'impressionna.

-Vous êtes vraiment très doué Legrand. Vous pouvez faire autre chose ?

-Comme ça ?

Elle pensa très fort aux loopings qu'elle faisait à bord de son avion de chasse et le jumper fit ce qu'elle voulait. Tout en souplesse, tout en douceur. Puis elle grimpa à la verticale.

-Waouhhh, c'est génial ! Cria t-elle.

John se cramponnait comme il pouvait. Comme ce n'était pas lui qui pilotait, il ne pouvait pas anticiper les mouvements qu'elle faisait faire au jumper, et il n'avait pas l'habitude.

-Vous vous amusez bien ? Lui demanda t-il ironiquement.

-Ah ça oui alors ! C'est tout simplement génial ! En plus, on ne ressent rien, pas de différence de pression, pas de G, rien de rien, mais comment ça se fait ?

-Et bien, c'est parce qu'il y a un... ooohhh…

-Désolée… j'aurais peut-être dû vous prévenir... Dit-elle un peu embarrassée.

Elle avait changé de cap, stabilisé l'appareil à l'horizontal quelques secondes et d'un coup, l'avait fait replonger vers la planète. John surpris, s'était retrouvé plaqué contre la console. Il se redressa en poussant sur ses mains.

-Mais qu'est-ce que je vous ai fait ? Gémit-il en la regardant en biais.

-Mais rien du tout, pourquoi ? Alors ? Comment ça se fait qu'on ne ressente rien ? Insista t-elle.

-C'est dingue, on dirait un gamin devant un nouveau jouet le jour de Noël ! Tout ce qui vous importe, c'est de savoir ça ?

-Non, mais ça m'intéresse c'est tout ! Comment allez-vous sinon ?

Sheppard se mit à rire. Legrand avait un humour décapant. Il se fichait comme de sa première chemise de l'autorité et le fait qu'il soit dans une autre galaxie ne le perturbait pas tant que ça.

-Je vais bien, merci. Et j'allais vous dire qu'il y a un stabilisateur d'inertie, c'est pour ça, qu'on ne ressent rien.

-Ah oui ? Faudrait en faire profiter tous les engins volant, ça éviterait à beaucoup de personne d'avoir le mal de l'air à bord des avions !

-Ce qui n'est pas votre cas, on dirait !

-Euh… non, c'est plutôt bien pour un pilote, vous ne trouvez pas ? Ne pas avoir à nettoyer au karcher l'intérieur d'un cockpit après chaque sortie, doit faire plaisir aux personnes de l'entretien ! Et j'aime bien faire plaisir aux gens !

-Ah oui ? Répondit Sheppard ironiquement.

Alex ne répondit pas, trop étonnée d'avoir aperçu la terre ferme au loin.

-C'est ça que vous appelez le continent ? Mais c'est immense !

-Oui, continuez un peu, et vous allez vous poser… là ! Dit-il en voyant qu'ils n'étaient pas très loin du village.

Elle fit une manœuvre impeccable et posa le jumper tout en douceur.

-Veuillez attendre l'arrêt complet du véhicule avant de détacher vos ceintures ! Annonça t-elle, d'une voix enjouée.

Puis elle se leva, mais en même temps que John, et ils se percutèrent.

-Décidément, ce n'est pas mon jour !

-Ni le mien ! Grogna t-il en se frottant l'épaule. Bon, on descend !

Il ouvrit la porte, et ils sortirent tranquillement. Alex regardait partout autour d'elle.

-C'est étrange, on dirait presque la Terre… il y a la même météo que chez nous ? Demanda t-elle.

-Oui, à quelque chose près. La plupart du temps, il fait bon, mais nous pouvons avoir des orages assez violent, comme des tempêtes tropicales !

-Ah ! Et ça fait des dégâts ?

-Bien sûr ! Vous n'en avez jamais vu ?

-Non, en France, nous n'avons pas ce genre de phénomène, sauf dans les îles des caraïbes.

-Vous avez de la chance alors ! Nous, aux Etats-Unis, nous avons droit aux cyclones aussi.

-Ouais, j'ai vu à la télé ce que ça peut provoquer comme dommage, c'est terrible ! Alors c'est là qu'habite le peuple de Teyla ?

-Oui, ils sont venus s'installer ici, après l'attaque des Wraiths sur Athos…

-Mais pourquoi ont-ils quitté leur planète ?

-Parce que notre visite les a réveillés…

-Comment ça réveillés ?

John était assez embêté car c'était en partie de sa faute, et il n'avait pas très envie de le dire au français. Mais il devait assumer, alors il s'expliqua.

-Mes hommes et moi, on a été capturés par les Wraiths et emmenés à bord d'un vaisseau ruche. J'ai tué la gardienne et ça a réveillé tous les autres. Pour se venger, ils ont attaqué Athos, et pour faire court, nous avons ramené Teyla et ses amis sur Atlantis.

Alex s'était bien rendue compte qu'il y avait autre chose, mais apparemment il n'avait pas envie d'en parler, alors elle essaya de prendre sur elle et ne posa pas plus de questions. Elle continua à marcher en silence à ses côtés jusqu'à ce qu'ils arrivent près de la place du village. Toutes les personnes présentes regardèrent avec attention le nouveau venu et lui dirent tous bonjour avec entrain.

-Ils sont très accueillants, dites donc !

-Oui, c'est vrai ! Venez, je vais vous faire voir quelque chose.

Il venait de penser à ce qu'il était venu demander au vieil homme, la dernière fois qu'il était allé sur le continent avec Teyla. Peut-être que l'Athosien avait eu le temps de s'occuper de sa "demande particulière", et il voulait voir ce que ça donnait. Il avança donc et retrouva l'homme devant sa tente.

-Bonjour, dit le colonel en baissant la tête.

-Bonjour colonel, monsieur, dit-il en s'adressant à Alex.

-Bonjour, monsieur.

-Appelez-moi Aldan, je vous prie.

-Moi, c'est Alex.

-Avez-vous eu le temps de faire... ce dont on avait parlé ? Demanda John tout bas.

-Oui, entrez, vous allez me dire ce que vous en pensez !

Ils entrèrent derrière lui dans sa tente, et Aldan sortit une bouteille d'un meuble, prit un verre et en versa un peu pour le donner au militaire. Celui-ci le prit, le leva devant ses yeux et trempa prudemment ses lèvres dedans.

-Ce n'est pas définitif, le prévint le vieil homme, ce n'est pas encore assez macéré, mais ça vous donne un aperçu assez proche de ce que ça va être dans quelques jours !

Sheppard claqua sa langue sur son palais d'un air satisfait.

-Et bien, ça ne ressemble pas à ce que je m'attendais. Mais c'est encore mieux ! Je reviendrais plus tard pour prendre livraison.

-D'accord ! Vous en voulez combien ?

-Euh… à peu près une dizaine de litres, c'est possible ?

-Oui, sans aucun problème.

-Bon, on vous laisse, à plus tard alors !

-Au revoir colonel, Alex…

-Au revoir Aldan.

Ils prirent la direction du jumper et grimpèrent dedans.

-Je peux ? Demanda Alex en s'asseyant aux commandes.

-Oui, allez-y !

Le jumper prit de l'altitude, et fila vers la cité. Alex était détendue, la visite sur le continent lui avait beaucoup plu et elle avait trouvé le peuple de Teyla très gentil.

-On peut savoir ce qu'il y avait dans le verre ?

-Non ! Vous le saurez plus tard…

-D'accord... Soupira Alex, je suppose que ça doit être un secret…

-Oui !

Arrivé au-dessus du dôme, Sheppard demanda l'autorisation d'entrer et la manœuvre d'approche se fit sans encombre. Mis à part que le système automatique du jumper surprit Alex.

-Hey, je ne contrôle plus rien, c'est normal ?

-Oui, c'est le "pilote automatique" qui prend le relais !

-Mais je lui ai rien demandé pourtant !

-Et non, c'est un inconvénient ! Soupira le colonel, on ne fait pas toujours ce que l'on veut !

Le jumper se posa tout seul, et ils sortirent.

-Bon, qu'est-ce qu'on fait ? Demanda Alex.

-Vous, je sais pas, moi je vais voir mes hommes !

-Bon, d'accord à ce soir à la cantine !

oOoOo

Il avait besoin de voir ses troupes, de voir d'autres gens. Il passa du temps avec eux, à discuter de tout et de rien, puis voyant qu'il était tard, prit la direction du bureau d'Elisabeth.

-Alors ? Comment s'est passé cette première leçon ?

-Bien. Très bien, même si ça me dépasse. Il ne connaît rien à la technologie des anciens mais se comporte comme s'il avait vécu avec toute sa vie ! Il est plus doué que moi... Dit-il d'air boudeur.

-Je pense que s'est dû à son jeune âge. Regardez autour de vous ! Tous les jeunes techniciens de la base sont tombés dedans dès leur enfance, ils comprennent beaucoup plus vite que nous !

-Eh oui ! Quoi qu'il en soit, il pilote très bien. Je pense qu'on peut le laisser voler seul, enfin je veux dire, sans que je sois toujours à ses côtés !

-J'avais compris. Il est hors de question qu'il s'aventure tout seul hors d'Atlantis !

-Bon, je vais manger, vous venez ?

-Non, j'ai encore du travail et…

-Vous devriez lever le pied et venir avec moi. Allez, ne vous faites pas prier… Dit-il avec son fameux sourire.

-D'accord, soupira t-elle, vous avez gagné, j'arrive !

oOoOo

A suivre...

oOoOo

Merci de me lire, et bonne fin de soirée !!
A+