Et voilà un autre chapitre.
Bon, je tiens à préciser, que celui là, je l'ai presque entièrement remanié, parce qu'il ne me plaisait pas du tout.
Le pire, c'est qu'il continue à ne pas me plaire. Il est plein de mièvreries, de chamallow, et je suis sûre qu'il y a plein de choses qui sont carrément impossible.
Mais bon, c'est une fic, alors on va dire que si, c'est possible.
Si il y a des infirmières, des docteurs (on peut rêver, n'est-ce pas ??) qui lisent ma fic, ne criez pas aux scandales, je vous en prie !!!
J'ai eu beau chercher sur le net, j'ai rien trouvé sur les brûlures, qui auraient pu faire en sorte que ça passe un peu mieux, alors j'ai fini par laisser tomber...
Bon, maintenant que j'ai essayé de me faire pardonner les invraisemblances, passons au RAR !
Merci pf59 ! Je savais bien que quelqu'un finirait par me dire qu'il y a un excès de NC dans cette fic ! Mais je ne t'en veux pas, chacun est libre de penser ce qu'il veut ! (il ne manquerait plus que ce ne soit plus le cas !!). En tout cas, merci de l'avoir lu quand même, et je peux t'assurer que moi, je vais très bien m'en sortir ! Quant à Alex, j'en suis pas aussi sûre...
Et ce n'est sans doute pas aujourd'hui que tu vas l'apprendre ! J'en ai pas fini avec elle. Héhéhé...
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Chapitre 12
-Alors ? Comment va t-elle ? Demanda John en entrant.
Carson leva les yeux de son ordinateur et regarda le militaire, puis Elisabeth.
-Alors ? Répéta t-il, comment elle va ?
Le docteur ne répondit pas et baissa les yeux. L'air inquiet qu'il affichait ne leur plaisait pas du tout.
Surtout à John, qui s'assit en face de lui. Elisabeth prit place à ses côtés et attendit.
-Et bien, je ne sais pas par où commencer…
-Par le début !
-Et bien franchement, elle va mal. Très mal. Enfin ses mains... les chairs ont été profondément brulées, et je ne sais pas comment elle a pu supporter ça, les muscles, les nerfs, tout a été touché. Et je ne sais pas si elle pourra s'en servir à nouveau...
Une bombe aurait explosé sous leurs nez, que ça ne leur aurait pas fait autant d'effet.
Il se passa quelques minutes avant qu'ils reprennent leurs esprits.
-Quoi ? Mais... comment elle va faire ? Je veux dire, comment... Commença John.
Elisabeth était restée bouche bée.
-Et une greffe de peau n'est pas possible ? Demanda t-elle enfin.
-Il faudrait des tissus compatibles. Et de toute façon, si jamais cela se fait, il faudra attendre un peu. Mais les nerfs, les muscles ne peuvent pas se régénérer comme ça... Pour l'instant, elle est sous morphine, je vais en profiter pour faire une analyse ADN, mais ça demandera du temps...
-Combien ?
-Trois semaines au moins. Le pire, c'est qu'il y a certainement des appareils qui pourraient nous aider à aller plus vite, mais comme je n'en ai jamais eu besoin, je ne sais pas du tout si c'est dans le domaine du possible, ou même si ils existent ! Tout ce que je peux faire, c'est la laisser sous calmant...
-Oui mais... Commença John.
-Il y a risque d'accoutumance, je sais. Mais c'est ça ou la laisser souffrir le martyr.
John ne voulait pas y croire. Alex allait mal, allait probablement rester handicapée à vie, et tout ça à cause de lui. Elisabeth le regarda. Il était accablé et ses mains tremblaient. Puis il se leva et sortit de la pièce.
-Colonel ? Où allez-vous ?
Il n'avait pas répondu. Elle se leva alors et le suivit. Pas loin. Il était debout, appuyé contre le mur et avait les yeux fermés.
-Sheppard…
Il tourna la tête et ce qu'elle vit lui brisa le cœur. Ils avaient les yeux pleins de larmes contenues.
-Je suis désolée John.
Il ne dit rien et partit, la laissant seule. Carson la rejoignit.
-Comment va t-il ?
-Mal, il va mal… vous saviez que lui et Alex…
-Oui, enfin je m'en doutais.
-Vous pouvez faire quelque chose pour elle ?
-J'espère juste que je ne serais pas obligée de l'amputer. Parce que je ne suis même pas sûr qu'une greffe puisse marcher. Les tissus sont tellement endommagés... en espérant qu'en plus, elle ne devienne pas dépendante de la morphine. Ce qui n'arrangerait pas son organisme.
Ils restèrent un instant sans bouger, puis Elisabeth se dirigea vers le lit ou reposait la jeune femme, qui était assommée par les calmants qu'elle recevait par perfusion.
-Elle a l'air si détendue, si paisible...
-Oui, la morphine fait son effet.
Juste à ce moment, Alex bougea légèrement et ouvrit les yeux.
-Salut... comment ça va ? Je ne vous ai pas fait trop peur ?
-Si, et je vous interdis de recommencer ! Dit Elisabeth avec un sourire plutôt crispé.
-Alors ? Comment vont mes mains ?
Elle leva alors les bras difficilement.
-Je vois que je les ai toujours... le docteur me les avez laissé, finalement ? Ça tombe bien, je voulais me gratter le nez… mais je pense que je vais devoir me servir de mes pieds ! S'exclama t-elle en souriant, heureusement que je suis restée souple... mais... où est le docteur ?
-A côté, je vais le chercher...
-Non, ce n'est pas la peine de le déranger, je lui ai suffisamment causé de soucis comme ça !
-Il aime ça, vous savez. Ça lui permet de croire qu'il est utile dans la cité...
-Qui est utile ? Demanda justement le concerné en entrant.
-Vous ! S'exclama Alex. Alors ? J'en ai pour combien de temps ?
Elisabeth et Carson se regardèrent sans rien dire. Fallait-il lui dire maintenant, ou attendre un peu ? La décision n'était pas simple.
-Vous voulez que je vous laisse ? Demanda Elisabeth à Carson.
-Oui, je crois que c'est préférable...
Alex remarqua leur attitude gênée et a l'inquiéta un peu.
-Ne parlez pas comme si je n'étais pas là ! Mais qu'est-ce que j'ai ? C'est si grave que ça ? Pourtant, on se remet facilement d'une brûlure. Même si ça fait un mal de chien !
-Alex, le docteur va vous parler, alors je vous laisse...
Carson attendit qu'elle soit sortit de la pièce. Il prit une chaise et parla doucement.
-Voilà, ce n'est pas facile à dire…
-Et bien dites-le d'un coup ! Ça passera mieux, dit-elle d'une voix mal assurée malgré tout.
Elle écouta le docteur sans broncher, pendant qu'il lui annonçait la terrible nouvelle...
oOoOo
Il ne voulait pas lui faire voir sa peine. Elle aurait suffisamment peur comme ça, sans en plus, supporter la tête qu'il faisait. Il fallait qu'il fasse quelque chose, n'importe quoi qui pourrait lui changer les idées.
Teyla ou Ronon, peu importe, il fallait qu'il se défoule. Il descendit au gymnase. Mais il n'y avait personne. Il resta planté là, à côté de l'entrée.
-Sheppard ? Mais qu'est-ce que vous faites là, tout seul ?
-Je vous attendais justement. J'ai besoin de m'entraîner, ça vous dit ?
Il essayait de se montrer enjoué, mais il ne trompa pas le Satédien.
-Qu'est-ce qui se passe ?
-Rien, pourquoi ?
-Parce que vous n'êtes pas comme d'habitude...
-Juste un peu fatigué, peut-être...
Là, il ne mentait pas. La matinée qu'il avait passé avec Alex sur le continent avait été très mouvementée. Ajoutez à ça l'angoisse de la nouvelle qu'il venait d'apprendre et, effectivement il n'avait pas l'air d'être "comme d'habitude".
-Bon, c'est comme vous voulez. Mais à mon avis, il n'y a pas que ça...
-On peut changer de sujet ? Je n'ai pas très envie d'en parler pour l'instant.
Ronon le regarda sans broncher.
-D'accord. Répondit-il simplement.
Puis il alla chercher les bâtons, et ils commencèrent. John se déchaîna. Toute la rage qu'il pouvait avoir en lui sortit, et Ronon se rendit compte qu'il se passait quelque chose. Quelque chose de grave. Jamais le militaire n'avait réagi comme ça face à lui. Après quelques passes bien placées, il s'arrêta brusquement.
-Et bien quoi ! Vous en avez déjà assez ? Demanda John essoufflé.
-Moi non, mais vous oui. Je ne vous ai jamais vu comme ça. Qu'est-ce que vous avez ?
-Mais rien, je vous l'ai déjà dit !
-A d'autre ! Si vous ne voulez rien me dire, je comprendrais, mais ne faites pas l'imbécile. Il se passe quelque chose...
Sheppard jeta brutalement les bâtons part terre et marcha de long en large dans la salle. Ronon le regarda, les bras croisés, et attendit qu'il se décide à parler.
-C'est Alex...
-Alex ?
-Oui, le capitaine Legrand...
-Et ?
-Elle va mal...
Ronon était surpris. Pourquoi il avait dit "elle".
-Elle ?
-Oui, Alex est une femme, c'est le capitaine Alexandra Legrand.
-Je me disais bien qu'il y avait quelque chose qui clochait. Un homme ne se comporte pas de cette façon.
John le regarda, soupçonneux.
-Vous le saviez ?
-Non, j'avais juste quelques doutes à son sujet. Il était, ou plutôt, elle était trop efféminée, mais maintenant, je comprends pourquoi, et c'est normal puisque c'est une femme. Mais elle a bien cachée son jeu. Qui d'autre est au courant ?
-Elisabeth, Carson et vous maintenant.
-Pourquoi avez-vous dit qu'elle allait mal ?
-Elle a été gravement brûlée par un caillou que Rodney avait décidé d'étudier... Et qui lui a littéralement fondu la peau...
-Et McKay l'a laissé toucher à ça ?
-Oui, mais ça aurait dû être moi. C'est moi qui aurait dû être à sa place, pas elle... mais elle voulait tellement se rendre utile...
-Je ne vois pas pourquoi c'est de votre faute !
-Parce que je n'aurais pas dû la laisser faire, je n'aurais pas dû écouter Elisabeth ! J'aurais dû étrangler Rodney... Dit-il en serrant les poings.
Il tournait dans la pièce comme un lion en cage, puis, de rage, il donna un grand coup de poing dans le mur.
La douleur lui fit comme un électrochoc et il se calma. Il se massa la main doucement. Il venait de se casser quelques phalanges...
-Je crois que je vais être obligé d'aller voir Carson...
-Oui, je crois aussi. Vous voulez que je vous accompagne ?
-Non, j'ai besoin d'être un peu seul. Mais rassurez-vous, dit-il en le regardant droit dans les yeux, ça va un peu mieux maintenant. Merci Ronon.
-De rien...
oOoOo
-Carson, j'ai besoin de vos services.
-Colonel ? Qu'est-ce qui vous arrive ?
-Je crois que je me suis cassé des doigts...
-Et comment vous avez fait ?
-Vous pouvez me soigner ça ? Demanda t-il sans répondre à la question du docteur.
Carson, n'était pas psychologue, mais il connaissait suffisamment le militaire pour se rendre compte qu'il ne devait pas insister.
-Bon, venez là, je vais faire une radio.
Il suivit Carson et posa sa main sur la table d'examen. Effectivement, il s'était cassé deux doigts de la main droite.
-Et bien, je ne sais pas comment vous vous y être pris, mais il va falloir que vous supportiez une attelle pendant au moins trois semaines.
-Carson... comment va-t-elle ?
Il s'y attendait. Il ne savait pas quand, mais il était sûr qu'il aurait fini par poser la question. Et pendant qu'il s'occupait de ses fractures, il répondit.
-Elle se repose. Ecoutez... je lui ai dit.
-Vous lui avez dit quoi ?
-Je lui ai appris son état et... elle l'a pris plutôt bien... même si je suis persuadé qu'elle fait semblant. En fait, elle doit être terrifiée. A sa place, je le serais...
-Je peux la voir ?
-Oui, il n'y a aucun problème.
Il se leva et s'approcha de la porte. Il avait la main devant l'ouverture, mais ne se décidait pas à l'ouvrir.
Courage John, soit fort. Pour elle... Se dit-il.
Il s'approcha du lit où elle se reposait, et posa sa main valide sur son bras en la caressant doucement de son pouce. Elle ouvrit les yeux, et son regard s'illumina en le voyant. Ses beaux yeux verts étaient quand même tristes.
-Bonjour...
-Bonjour colonel. Comment allez-vous ?
Il eut un rire nerveux.
-C'est à moi que vous demandez ça ? C'est vous qui êtes couchée sur un lit d'hôpital !
-Oui, mais...
Elle baissa les yeux et ils se fixèrent sur sa main.
-Vous avez fait quoi avec votre main ? Pourquoi elle est comme ça ? Vous avez eu le même problème que moi ? Dit-elle d'un ton affolé.
-Non, non, rassurez-vous, je vais bien, c'est juste que je... me suis cassé des doigts.
-Mais comment ?
-On parlera de ça un autre jour. Comment vous sentez-vous ?
-Ça peut aller ! Affirma t-elle. Carson m'a dit que je pouvais me lever.
-Mais vous êtes encore sous calmant et vous ne le savez peut-être pas, mais vous avez des réactions plutôt... bizarres, quand vous en prenez...
-Ah bon ? Et d'après vous, je suis bizarre en ce moment ?
-Non, c'est vrai, et ça c'est étrange...
-Non, ce n'est pas étrange, j'ai demandé au docteur d'arrêter la morphine. Vous avez raison, ça me rend bizarre, je l'ai appris ici d'ailleurs, ça me fait faire des choses... que je ne ferais jamais en temps normal.
Elle le fixa en disant sa phrase, puis esquissa un sourire.
-Il n'y a que depuis que je suis ici, qu'il m'arrive ce genre de truc. Avant, je n'avais jamais été malade, je n'avais jamais été blessée, et depuis un peu plus de deux mois, je me suis fait tirer dessus, j'ai été enlevée par des extra terrestres, j'ai été prisonnière à l'intérieur d'un de leur vaisseau, je casse tout un théâtre qui avait plusieurs milliers d'années, mais à part ça, il n'y a rien de spécial ! Continua t-elle.
-Vous ne souffrez pas trop ? Demanda t-il, amusé malgré lui par sa tirade.
-Non, c'est supportable... et de toute façon, je suis bien obligé de faire avec, si je ne veux pas rester shootée...
A ces mots, John sursauta légèrement, et elle le remarqua.
-Colonel, Carson me l'a annoncé. Et ne vous inquiétez pas, je vais bien. Enfin, si on peut dire. Je ne vais pas passer le temps à me lamenter sur mon sort. Ce qui est fait est fait. Et sachez que je ne regrette rien. Sauf peut-être de ne pas pouvoir flanquer une bonne raclée à Rodney, dit-elle en levant les mains.
Elles étaient entièrement bandées, et on ne distinguait plus ses doigts dans le pansement en forme de gant de boxe que lui avait fait le docteur.
-Je crois que je devrais me contenter de lui mettre mon pied aux fesses !
Il s'assit au bord du lit et se pencha sur elle.
-Vous êtes sûre de ne plus être sous l'effet de la morphine ?
-Oui, regardez, je n'ai plus de perfusion... pourquoi ?
-Parce que je veux être sûr que tu te rendes bien compte de ce que je vais faire... Murmura t-il alors.
-Et qu'est-ce que vous comptez faire...
Il se pencha encore et l'embrassa. Un baiser léger, plein de douceur, sur la bouche. Alex posa ses mains sur son torse pour le repousser, mais elle avait oublié ses blessures et se mit à gémir.
-S'il vous plait, colonel, pas ici. Il peut venir n'importe qui !
-Je m'en fiche... Murmura t-il en se penchant encore.
Et son baiser fut plus appuyé, plus profond. Alex ne put s'empêcher de répondre. Elle ouvrit la bouche, et leurs langues se rencontrèrent pour un ballet d'une sensualité qui les laissa tous les deux essoufflés, front contre front.
-Non... arrêtez !
-Et pourquoi ?
Elle souffla nerveusement.
-Et bien parce que... je ne peux pas vous repousser !
-Et bien tant mieux ! Enfin, pour moi... je vais pouvoir faire tout ce que je veux...
Elle éclata de rire.
-Oui, mais il va falloir qu'on attende un peu…
Il la regarda en fronçant les sourcils. Pourquoi attendre ? Elle leva les mains et fit un geste du menton pour montrer la sienne.
-Je crois que nous sommes un peu handicapés pour le moment.
-Mais j'ai une autre main... et elle n'est pas blessée celle là... Dit-il d'un air coquin.
Elle rougit sous l'allusion parfaitement claire, il ne la laisserait pas tranquille...
Et elle était émue. Il tenait à elle. Ou du moins, assez pour continuer à lui faire croire qu'il la désirait encore...
-Vous savez, vous n'êtes pas obligé de rester là.
Surpris par sa réflexion, il la regarda de travers.
-Vous ne voulez pas que je reste ?
-Si, mais ne vous sentez pas obligé...
-Je ne me sens pas du tout obligé. Si je suis là, c'est parce que je veux être à vos côtés ! Dit-il un peu en colère.
Mais qu'est-ce qu'elle croyait ? Qu'il était là par pitié ? Il se leva brusquement et sortit de la pièce, la laissant seule et abasourdie. Elle n'aurait jamais cru qu'il aurait réagi comme ça. Il lui en voulait ? A elle ?
C'était le monde à l'envers ! C'était en partie à cause de lui qu'elle était dans cet état là, et il était en colère parce qu'elle ne voulait pas de sa pitié ?
Il avait un sacré toupet celui là ! La prochaine fois qu'il viendrait lui rendre visite, elle lui dirait clairement sa façon de penser !
Et elle n'attendit pas longtemps, à peine sortit, il était déjà de retour. Elle allait lui dire ce qu'elle pensait de son comportement, dans des phrases bien senties, quand il s'approcha d'elle très vite. Il souleva le drap, et l'enveloppa dans un grand plaid qu'il avait ramené avec lui. Comme elle ne portait que la "blouse" de l'infirmerie, il craignait qu'elle n'attrape froid.
-Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce que vous faites ? Lâchez-moi !
Il ne répondit pas. Elle ne pouvait rien faire d'autre que de se laisser faire, car avec ses mains abimées, elle ne pouvait pas le repousser.
-Mais répondez, bon sang ! Colonel, lâchez-moi ! Carson ! Venez vite !
Carson était là, à l'entrée de la chambre, les bras croisés.
-Vous ne dites rien ? Vous le laissez faire ? Mais aidez-moi !
Elle était déjà dans les bras de John, qui attendait sagement qu'elle se calme.
-Vous avez fini ? Dit-il enfin. Parce que moi aussi, j'ai un problème de main, alors si vous pouviez arrêter de gigoter, ça m'arrangerait...
-Non, mais vous allez...
Il la fit taire d'un baiser, mais elle rejeta très vite la tête en arrière.
-Mais qu'est-ce qui vous prend ? Vous êtes malade ? Il y a du monde, je vous signale !
-Je vous ai déjà dit que je m'en fichais, et je n'ai pas changé d'avis depuis tout à l'heure !
-Docteur... Dit-elle d'un ton suppliant, vous le laissez faire ?
-Oui, il est plus grand et plus fort que moi, alors oui !
-Doc, vous n'êtes qu'une poule mouillée !!
John qui affichait un grand sourire avança vers la porte et s'arrêta devant Carson.
-Je vous la ramène ce soir !
-D'accord ! A ce soir colonel... Alex... Dit-il en lui souriant.
Et il retourna à son bureau.
-Docteur ! Je ne vous aime plus du tout ! S'écria Alex, toujours dans les bras de John.
-Je m'en remettrais ! Rétorqua t-il d'un air fataliste.
Son précieux fardeau dans les bras, John marcha résolument dans les couloirs, jusqu'à la porte de sa chambre. Là, il la posa doucement et resserra les pans de la couverture sur elle. Il n'avait pas peur, mais elle, oui. Elle regardait partout, il ne fallait pas qu'on les surprenne dans cette situation. Elle ne craignait plus rien, mais lui si. Elle fit un pas en arrière, quand un regard vert la cloua sur place.
-Si vous bougez, je vous attache !
Il avait l'air tellement sérieux, qu'elle resta sur place. Il n'était pas méchant, et elle savait se défendre. Enfin, non, pas en ce moment. Il ouvrit la porte et fit un pas vers elle.
-Nous ne sommes pas chez moi... Remarqua t-elle d'une petite voix.
-Je sais. Venez...
-Je ne peux pas, vous le savez...
Il s'approcha d'elle, qui recula d'autant, mais il fut plus rapide et la prit par la taille en jurant. Il avait oublié sa main blessée…
-Rentrez, s'il vous plait. A moins que vous préfériez que je vous ramène à l'infirmerie pour le reste de la journée ?
Elle ne prit pas le temps de réfléchir. Elle n'avait pas spécialement envie de rester dans un lit, seule, à l'infirmerie.
-A tout prendre, je préfère rentrer...
Elle passa la porte doucement. Comme elle n'était plus sous calmant, la douleur s'était réveillée, mais elle ne voulait rien laisser paraître. John la suivait de près, il avait remarqué qu'elle était devenue pâle et ça l'inquiéta.
-Ça va ?
Elle était debout, devant son lit et lui tournait le dos.
-Oui, ça peut aller... juste un peu fatiguée.
-Asseyez-vous, je reviens.
Elle regarda autour d'elle, sur la seule chaise où elle pouvait s'assoir, était posé un énorme livre. Elle s'en approcha.
-Guerre et paix. Je ne l'ai jamais lu, ni même vu le film.
-C'est pourtant une belle histoire, dit-il derrière elle. Tenez, buvez ça.
-Qu'est-ce que c'est ?
-Juste un verre d'eau, Carson a dit que vous ne deviez pas vous déshydrater.
-Racontez-moi !
-Quoi ?
-L'histoire ! Racontez-moi !
John leva la main, le présenta devant la bouche d'Alex, qui but un peu, pendant qu'il commençait à raconter.
-Je n'en suis qu'au début. Pour l'instant, il ne se passe pas grand-chose... juste des histoires d'amour entre de belles jeunes femmes riches et des hommes qui veulent devenir des héros en faisant la guerre contre Napoléon. C'était un de vos dirigeants, non ?
-Oui, si on veut... je ne suis pas sûre de moi, mais je crois qu'il s'est proclamé empereur lui-même !
Elle vacilla et ferma les yeux un instant.
-Alex ? Asseyez-vous ! Dit-il en s'approchant d'elle.
-Non, ça va aller...
-S'il vous plait, ne m'obligez pas à être méchant...
-Méchant ? Vous ? Ce n'est pas possible, vous êtes le plus gentil de tous les militaires que je connais !
-Merci, mais ça ne change rien. Allez vous asseoir ! C'est un ordre.
-Oui, mon colonel. Vous avez raison...
-J'ai toujours raison...
Elle leva ses mains et montra le livre d'un geste du menton.
-Vous pouvez l'enlever ? J'ai l'impression d'avoir des moufles...
Il rit à sa remarque. Même gravement blessée, elle continuait à faire de l'humour. Elle avait vraiment un moral d'acier. Il ne pensait pas qu'à sa place, il serait capable d'en faire autant. Et rien que pour ça, il l'admira davantage. Il enleva le livre, mais avant qu'elle prenne place, il déplaça la chaise et la mit à côté de son lit.
-Non, je vais la prendre. Asseyez-vous sur le lit.
-Non, je ne peux pas...
-Et pourquoi ?
-Mais parce que... euh, c'est votre lit et...
-Et vous avez peur de vous asseoir dessus ?
-Non, vous avez raison, c'est idiot.
Elle se baissa et s'assit au bord, sur le bout des fesses, gênée.
-Vous êtes bien ? Demanda t-il ironiquement.
-Oui, ça va. Merci.
-Et bien moi, je ne crois pas...
Il se pencha sur elle, et malgré la douleur de ses doigts cassés, il l'a prit par la taille, la releva et l'installa plus confortablement.
-Bon, c'est mieux comme ça. Qu'est-ce que vous voulez faire ? Dit-il en prenant place sur la chaise, à ses côtés.
-Je ne sais pas. Vous avez quelque chose en tête ?
Il la regarda en souriant. Oui, il avait effectivement quelque chose en tête...
Mais elle ne serait sans doute pas d'accord, et surtout, pas très en forme pour ça...
-Je ne peux pas tourner les pages d'un livre, mais vous n'avez rien sur ordinateur ?
-Si ! S'exclama t-il en se relevant, je vais chercher ça.
Pendant qu'il s'occupait de satisfaire son envie, elle se cala contre l'oreiller en gigotant sur son derrière. Puis elle ferma les yeux. Elle était bien. Handicapée et un peu souffrante, mais elle se consolait en se disant que ça aurait pu être pire...
Et l'homme qu'elle aimait était aux petits soins pour elle. Que pouvait-elle demander de plus ?
... Juste de nouvelles mains ?
-Tenez, voilà. Qu'est-ce que vous voulez faire avec ?
-Il y a de quoi lire ? En français, de préférence, j'aurais peut-être du mal à me concentrer pour lire en anglais...
-Je pense qu'il doit y avoir un traducteur intégré, mais je ne suis pas très calé en informatique, c'est plutôt le truc de Rodney.
-Il n'y a qu'à faire une recherche de logiciel et on verra...
Il s'installa sur le lit, à côté d'elle, et suivit les instructions qu'elle lui donnait. Au bout de quelques minutes seulement, ils trouvèrent, et Alex pu lire tranquillement. John s'était relevé et s'occupait de nettoyer des clubs de golf qu'il avait ramené. Il ne désespérait pas qu'un jour, il trouverait quelqu'un avec qui il pourrait jouer. Il entendit soudain un bruit sourd. Il se tourna vers Alex, et vit l'ordinateur par terre. Sa tête penchait sur le côté, et ses yeux étaient clos. Il eut très peur qui lui soit arrivée malheur et posa sa main sur son bras. Elle bougea légèrement en gémissant. Il respira un grand coup, elle s'endormait, tout simplement.
Alors, le plus doucement possible, il l'a coucha et resta assis près d'elle. L'ordinateur était encore au sol.
Il le prit et allait le poser sur la table de chevet, quand il eut une idée lumineuse...
Pourquoi je n'y ai pas pensé plus tôt ? Se dit-il.
Il tapotait sur le clavier, quand Alex ouvrit les yeux.
-Je suis fatiguée, je peux rester ? Murmura t-elle.
-Bien sûr, reposez-vous. Je reste à vos côtés.
-J'ai un peu froid... venez là...
John déglutit un peu. La tentation de se retrouver au lit avec elle était grande, mais quand même...
-Je ne pense pas que se soit une bonne idée, je risque de vous faire mal... Réussit-il à dire d'une voix rauque.
-S'il vous plait... je promets de ne pas vous sauter dessus... Murmura Alex en fermant les yeux.
-Moi, je ne promets rien... Rétorqua t-il en souriant.
-Ma vertu ne craint plus rien, vous savez... allez, ne vous faites pas prier...
Il posa alors le portable et s'allongea en prenant soin de ne pas la toucher. Elle se mit sur le côté en faisant une grimace de douleur.
A cause de ses mains...
John n'arriverait sans doute jamais à se faire à l'idée qu'elle ne puisse plus jamais s'en servir...
Ça lui fit vraiment mal. Il se sentait tellement coupable.
Puis la fatigue l'emporta aussi et oubliant ses bonnes résolutions, il se rapprocha d'elle. Elle recula et se colla à lui, il passa son bras sur sa taille et déposa un baiser dans son cou. Elle répondit en gémissant doucement, alors il ferma les yeux, et lentement, glissa dans le sommeil...
oOoOo
Elisabeth était dans son bureau en train de lire le dernier rapport qu'elle venait tout juste de finir. Les nouvelles qu'elle y annonçait n'étaient pas bonnes, mais il fallait le faire. Elle espérait seulement que le haut commandement ne lui en tiendrait pas rigueur. Mais si il le fallait elle assumerait seule. Le colonel Sheppard avait trop de soucis en tête. Et même elle jamais elle n'aurait encouragé ce genre de chose auparavant, elle voulait qu'il reste le plus possible avec la jeune française. Après tout, la jeune militaire n'avait rien demandé, et c'était un peu de sa faute à elle aussi, si elle en était là...
Si elle n'avait pas insisté pour qu'elle se serve de son gène...
Se serait sans doute le chef militaire de la cité d'Atlantis, qui n'aurait plus l'usage de ses mains.
Et Elisabeth soupira.
L'un ou l'autre, de toute façon, c'était une situation qui aurait été tout autant dramatique...
Elle demanda à Chuck d'ouvrir une voie de communication avec le SGC et envoya son rapport par ordinateur interposé, puis se décida à aller voir Carson.
-Carson, vous êtes là ?
-Oui, où voulez-vous que je sois ?
-C'est vrai, dit-elle en souriant, comment va-t-elle ?
-Je pense qu'elle va mieux...
-Vous pensez ?
-Oui, car elle n'est pas là.
-Mais où...
-Avec le colonel Sheppard... il m'a dit qu'il la ramènerait ce soir.
-Oh ! Je vois... bon, je n'ai plus qu'à attendre qu'ils reviennent ce soir !
-Je vous donne de ses nouvelles dès qu'elle est là.
-D'accord !
Elisabeth sortie, Carson se renversa sur le dossier de son fauteuil. Il était fatigué. Pas physiquement, mais moralement. Il en avait marre d'avoir à supporter ce genre de problème. Il n'y en avait pas souvent, mais à chaque fois, c'était une véritable torture. Les blessures, il connaissait. Il était docteur, et n'avait malheureusement pas le pouvoir de faire des miracles. Mais là, c'était pire. Il s'agissait d'une toute jeune femme qui n'avait pas encore vécu la moitié de sa vie, et qui allait bientôt se retrouver avec deux mains en moins...
Tout ça, parce qu'elle avait eu le malheur d'avoir été choisie pour aller sur une cité légendaire.
-Mais pourquoi fallait-il que ça arrive ? Et d'abord, où sont-ils ?
Il regarda l'heure et constata qu'il était tard. Huit heures. Sheppard lui avait dit qu'il la ramènerait ce soir. Dans ce cas, ils devraient déjà être là. Il appuya sur son oreillette.
-Colonel ? Où êtes-vous ?
Il attendit un peu, et renouvela son appel. Sans plus de succès.
-Dr Weir, ici Carson. Vous avez vu le colonel ? Essaya t-il alors.
// Non, pourquoi ? Il n'est pas revenu vous voir ? //
-Non, et Alex non plus d'ailleurs.
// Savez-vous où ils peuvent se trouver ? //
-Je n'en suis pas sûr, mais je crois bien que oui...
// Bon, faites ce que vous jugez bon de faire. //
-D'accord.
Il sortit de l'infirmerie et prit la direction de la chambre d'Alex.
C'était le seul endroit où le militaire aurait pu l'emmener pour qu'elle y soit au calme. Arrivé devant la porte, il l'appela plusieurs fois. Personne ne répondait, alors il ouvrit la porte et entra.
-Alex ? Colonel ? Vous êtes là ?
Il fit le tour de la pièce, mais il n'y avait personne. Il ne restait plus qu'à essayer les quartiers du colonel.
Leurs chambres n'étaient pas très éloignées l'une de l'autre et il fut rapidement devant. Il frappa, appela et là aussi, n'eut aucune réponse, alors il entra. Ils étaient là, endormis sagement dans les bras l'un de l'autre. Carson s'approcha sans faire de bruit. Il ne voulait pas les déranger, mais il fallait qu'il s'occupe des mains de la jeune femme. Alors, il fit le tour du lit et l'appela doucement.
-Alex, réveillez-vous...
Elle bougea un peu, mais se fut John qui se réveilla.
-Carson ? Mais qu'est-ce que vous faites là ? Murmura t-il.
-Vous m'aviez dit que vous la ramèneriez ce soir. Il faut que je change ses pansements...
-Désolé docteur, elle était fatiguée et elle avait froid...
-Ne vous excusez pas. Mais il faut vraiment que je m'occupe de ses mains...
John essaya de se dégager d'Alex, qui grogna et se colla plus encore contre lui.
-Je vous laisse. Préparez vous et amenez-la moi dès que possible... Dit alors Carson en se redressant.
-Ok. Si j'arrive à me lever...
Le docteur sourit et marcha vers la sortie. Devant la porte, il se retourna.
-Faites attention à vous, colonel...
-Pourquoi dites-vous ça ?
-Ne vous attachez pas trop à elle...
John le regarda et dit tristement.
-C'est trop tard docteur...
-Le pire, c'est que je m'en doutais, même si j'espérais le contraire... je suis désolé colonel, vraiment désolé...
-Moi aussi, Carson, moi aussi.
Le docteur ouvrit la porte, les laissant seuls. John retira son bras de sous la tête d'Alex, et se redressa. Il posa un regard plein de tendresse sur la jeune femme et souffla doucement sur sa joue.
-Debout la marmotte... on se réveille...
-Mmm, j'ai pas envie... je suis bien, là...
-Je sais, mais il faut aller voir le docteur.
-Pourquoi ? Vous êtes malade ?
-Non, mais vous devez aller faire changer vos pansements. Allez... debout.
-Vous êtes un fichu rabat-joie, mon colonel...
Elle se tourna vers lui, et le regarda. Il avait la tête posée sur sa main valide et son regard... Elle lui sourit et redressa le buste, ainsi elle avait la tête à sa hauteur, et les yeux dans les siens, lui dit en français.
-Je crois bien que je suis raide dingue, complètement et irrémédiablement amoureuse de vous...
-Moi aussi... Répondit-il en souriant.
Elle sursauta.
-Vous avez compris ce que j'ai dit ?
-Oui, enfin je crois...
-Oh mon dieu... mais... comment ? Demanda t-elle paniquée.
-L'ordinateur.
Elle le regarda, interrogative.
-Le traducteur, continua t-il. Si j'avais réfléchi un peu, je m'en serais servi avant !
-Alors... vous savez... vous avez traduit, et vous savez... ?
-Oui, je sais. Mais on discutera de ça plus tard, pour l'instant, je vous emmène à l'infirmerie.
-Bien chef, je me lève.
Elle se tourna en oubliant qu'elle avait les mains blessées. Alors, quand elle les posa sur le lit pour se lever, elle poussa un cri de douleur et tomba en avant. John eut juste le temps de la rattraper, avant qu'elle atterrisse sur le sol. Et la serra contre lui.
-Si vous vouliez rester dans mes bras, fallait le dire... Dit-il taquin, la bouche dans son cou.
-Moi je le voulais, mais pas vous ! Répondit-elle en renversant la tête en arrière.
Puis elle la tourna légèrement et sa bouche se retrouva à quelques centimètres de celle de John.
Centimètres qu'il combla en se penchant, lentement, pour lui laisser le temps de dire non...
Un mot qu'elle n'avait aucune envie de prononcer. Elle entrouvrit les lèvres et il comprit le message.
Ils s'embrassèrent doucement, tendrement.
-Il faut y aller maintenant... Murmura John contre sa bouche.
-Vous êtes vraiment un rabat-joie, mon colonel...
-Je sais, vous l'avez déjà dit ! Allez !
Il se leva enfin, et l'aida à faire de même. Puis il lui remit le plaid avec laquelle il l'avait couverte.
-Non, j'aimerais m'habiller avec autre chose que ça ! Vous n'avez pas des vêtements à me prêter ?
-Si, mais ils ne seront pas à votre taille, et se sont des vêtements d'hommes...
-Je me suis habillée en homme pendant dix ans, rappelez-vous !
-Comme vous voulez !
Il se dirigea vers un placard et en sortit un pantalon et un t-shirt, puis les tendit à Alex.
-Voilà !
-Tournez-vous, s'il vous plait... le temps que je me change.
-Alex, je vous ai déjà vu... et plusieurs fois...
Elle rougit, et baissa la tête.
-Oui, mais tournez-vous quand même !
Il poussa un énorme soupir et obéit.
-C'est bon, vous pouvez y aller, je ne regarde pas !
Elle enfila le pantalon comme elle put, mais les boutons lui posèrent un problème. Et le t-shirt aussi. Elle avait besoin d'aide. Et la seule personne à qui elle pouvait le demander, et bien....
-Euh... j'ai besoin de votre aide...
-Ah oui ? Et pourquoi faire ?
-Je ne peux pas m'habiller seule... vous pouvez m'aider ?
Il se tourna lentement en disant.
-Je savais bien que vous aviez besoin de m... Commença t-il.
Mais il ne termina pas sa phrase, et resta bouche bée. Elle était debout, devant lui, en sous-vêtements.
Le pantalon, qu'elle n'avait pas attaché, était retombé sur ses chevilles. Et comme elle avait réussi à enlever la blouse de l'infirmerie, elle se retrouvait donc en petite tenue devant lui. Et ceux qu'elle avait sur elle, étaient plutôt affriolant dans le genre. Elle avait dû se changer en rentrant après leur virée sur le continent, car elle n'était pas habillée comme ça, ce matin. Parce qu'il l'aurait remarqué, sans aucun doute. La dentelle noire, agrémentée de petits nœuds rouges sur le côté, était tout simplement sublime sur elle.
-Cessez de me regarder comme ça. Ça me gêne...
Il ferma la bouche en entendant sa réflexion, secoua la tête et s'approcha d'elle.
-Alors ? Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?
-M'aidez à attacher les boutons et... enfiler votre maillot... Murmura t-elle en baissant la tête.
-D'accord... Dit-il d'une voix rauque.
Il se baissa, attrapa le pantalon et le boutonna. Puis il prit le t-shirt.
-Levez les bras, et mettez les mains devant vous...
Elle s'exécuta, et il passa délicatement les manches en prenant soin de ne pas toucher ses mains. Mais arrivé à la moitié de ses bras, il s'arrêta et la colla à lui. Sans attendre, il prit sa tête entre ses mains et l'embrassa. Un long baiser, qui les fit gémir l'un comme l'autre…
-J'ai envie de toi, Alex. Si tu pouvais savoir à quel point j'ai envie de toi...
-Colonel, il ne faut pas...
-Arrête de m'appeler comme ça, je m'appelle John ! Coupa t-il.
-John, il ne faut pas...
-Et pourquoi ?
-Il faut que j'aille me faire soigner, dit-elle en levant les mains. Et puis, on n'est pas très... en forme pour... ça... ni vous, ni moi.
-D'accord, j'attendrais que tu ailles mieux...
Il s'arrêta brusquement, en se rendant compte de ce qu'il venait de dire.
-Enfin...
-Ne vous inquiétez pas et continuez de vous comporter normalement. C'est la seule chose que je vous demande. Et oui, nous attendrons d'aller mieux avant de... euh...
Elle se mit à rougir violement. Lui, souriait jusqu'aux oreilles.
-Bon, puisse qu'on est d'accord, on verra plus tard. Pour l'instant, direction l'infirmerie...
oOoOo
-Me voilà docteur. Je suis prête pour... changer de gant ! Dit Alex en levant les mains.
-Je vous attends dehors... Commença John.
-Vous pouvez rester, ça ne me dérange pas. Au contraire...
-Euh, je ne sais pas... Dit celui-ci en regardant Carson.
-Restez, s'il vous plait. Je n'ai pas très envie d'être seule...
-Je suis là, moi ! Répondit le docteur un peu vexé.
-Vous m'avez comprise doc, ce n'est pas contre vous. Vous savez ce que je ressens pour vous mais...
-Comment ça, ce que vous ressentez pour lui ? S'exclama John.
-A quand même ! Il en faut du temps pour que vous réagissiez ! Vous restez alors ?
-Oui, je ne vais tout de même pas vous laissez avec ce bourreau des cœurs !!
Carson et Alex se regardèrent et éclatèrent de rire. Le militaire était jaloux du docteur !
-Arrêtez de rire, tous les deux. Ce n'est pas drôle du tout ! Dit-il en croisant les bras.
-Si, c'est très drôle ! Surtout quand on voit la tête que vous faites ! Rétorqua Carson, bon, ce n'est pas le tout, mais il faut que je m'occupe de vos mains, continua t-il en se tournant vers Alex, grimpez là dessus et laissez-moi faire.
Elle prit place sur le lit, avec l'aide de John et tendit les mains. Carson enleva les pansements délicatement.
-Voilà c'est fait. Est-ce que ça vous fait mal ?
-Non, c'est étrange, mais je n'ai pas mal... pourtant, c'est vraiment moche à voir...
En effet, ses mains, dont la peau avait été arrachée, étaient à vif, rouge et sanguinolente. Une horreur...
Le docteur allait commencer à nettoyer, quand il demanda.
-Vous voulez que je vous injecte un calmant ?
-Non, allez-y, si ça fait trop mal, je vous le dirais...
Il passa donc la compresse sur les plaies. Alex avait fermé les yeux, et respirait profondément. Elle ne broncha pas, tout le temps qu'il passa à nettoyer.
-Ça y est, j'ai fini. Et ce n'est pas trop mal...
-C'est vrai ? Demanda t-elle en ouvrant les yeux, je n'ai rien senti ! C'est génial !
Puis, après un temps de réflexion, elle ajouta.
- Non, finalement, ce n'est pas si génial que ça. Si je n'ai rien ressenti... bref, là, je suis mal ! Enfin, pas plus qu'avant... alors, j'ai droit aux poupées ou pas ?
John et Carson se regardèrent. Des poupées ? Elle jouait encore à la poupée à son âge ?
-Docteur ? Alors ?
-Des... poupées ? Demanda alors Carson.
-Oui, pour mes mains ! Dit-elle d'un ton ironique, comme si elle s'adressait à des attardés mentaux.
Mais comme ils ne réagissaient toujours pas, elle insista.
-Des poupées... des pansements, quoi ! En forme de poupées ! Oh, laissez tomber ! Ce n'est pas grave !
Ils poussèrent tous les deux un soupir de soulagement. Non, elle ne jouait plus à la poupée, ce devait une expression française...
Encore une... Enfin, c'est ce qu'ils se disaient...
-Non, répondit Carson, je ne pense pas vous remettre un pansement. Sauf si vous avez l'intention de faire quelque chose qui pourrait les salir.
-Non, la seule chose dont j'ai envie, c'est de prendre une douche !
-Et bien justement, ça fait partit des choses dont vous devez vous protéger ! Venez, je vais mettre une pommade, ça les protègera de l'eau.
-Ouais, ça va être très pratique pour me laver... vous n'avez pas des gants de caoutchouc ?
-Non, pas pour ça !
-Bon, et bien, adieu la douche !
Elle sauta en bas de la table et dit en regardant les deux hommes en face d'elle.
-J'ai faim ! Vous m'accompagnez ?
-Merci, mais non. Je reste là. Je suis de garde ce soir !
-Moi, je vais avec vous, lui répondit John.
-Et bien, c'est partit ! A table !
Et elle sortit sans attendre.
-Ses mains vont mieux ? Demanda enfin John à Carson.
-Oui, et ça m'étonne. Elles devraient être complètement raides, car la plaie est assez importante, mais là, ce n'est pas le cas. Le gène est peut-être responsable de ça aussi !
-Si c'est vrai, c'est plutôt bien, non ?
-Oui, c'est plutôt bien ! Bon, allez la rejoindre, je ne voudrais pas qu'elle se perde !
John le regarda un peu de travers. Il avait bien remarqué la petite pointe de sarcasme, dans la voix du docteur.
-Ouais, c'est ça... mais merci pour elle.
-De rien, colonel. Bonne soirée...
oOoOo
A suivre...
oOoOo
Et voilà...
Alors ?
Verdict ? Pas trop déçu ?
**Ticoeur qui se ronge ses beaux ongles fraîchement vernis...**
Au fait, merci de me lire...
Et bon week-end !!
A plus !!
