PDV Taylor

Anna nous rejoint enfin dans le hall d'accueil de l'hôpital. Bien sur, elle a voulu rester auprès de Dick ! Cette fille est une vrai mère poule.

Quand je la vois arriver dans son jean moulant et sa chemise de flanelle verte, mon cœur se soulève comme à chaque fois. Dans le groupe, on est tous dingue d'elle et cette idiote ne se rend même pas compte à quel point elle peut être sexy !

Dick va bien, juste un petit malaise du au contre-coup. Mais le médecin préfère le garder en observation pour la nuit.

Elle ne nous en dit pas plus mais je sens qu'elle n'est pas bien. Il a dut se passer quelque chose qu'elle ne veut pas nous dire. Je n'insiste pas. Dans ces moments là, elle a l'air dangereuse, j'ai peur qu'elle morde.

Nous allons à l'accueil pour remplir la paperasse.

L'hôtesse est une petite brunette un peu boulotte. Bon ! Elle n'est pas aussi sexy que la blonde de Dick mais je m'en contenterai ! D'autant plus qu'elle reluque mes tatouages avec intérêt. Mmmm ! Je sens que ça va être facile.

Du coup ! J'engage la conversation. Elle rougit derechef. Vraiment facile ! Je commence déjà à m'imaginer la nuit que je vais passer. J'ai plein d'idées : ça va être chaud, très chaud ! Je lui demande si elle connaît un hôtel dans le coin où nous – le groupe sous-entend - pourrions passer la nuit. Elle vire carrément cramoisie mais me donne une adresse. L'allusion est passée et elle semble d'accord. Des idées plus précises me traversent la tête. Toi, ma petite, cette nuit, tu vas réveiller toute la ville.

Anna rend la paperasse dûment remplie. Elle se penche alors vers moi et me susurre :

-Il y a un lit vide à côté de Dick ! Tu donnes ton numéro de tel à cette fille ou tu lui demandes le sien et je te promets que je t'y envoie fissa.

Là-dessus, elle plonge ses yeux dans les miens. Elle a le même regard que tout à l'heure. Je frissonne : elle a vraiment quelque chose de dangereux.

Je baisse les yeux en signe de soumission. J'ai l'impression d'avoir six ans et d'être devant ma mère, une énorme connerie à me faire pardonner.

Adieu veau, vache, baise…

PDV Brandon

Je ne sais pas ce que Annabelle a bien pu dire à Taylor, mais il se tortille comme s'il avait un truc coincé dans le cul. J'espère que ce n'est pas un mot doux. Il est hors de question qu'il se tape la seule fille pour laquelle j'ai un peu de respect.

Pourtant je pensai qu'il voulait se faire l'hôtesse. Il avait commencé son plan de drague, comme à l'habitude, avec ses allusions aussi grosses qu'un éléphant. Et dire qu'il se croit subtil !

Mais non ! Il ne lui demande pas son numéro de téléphone… Peut-être qu'il reviendra plus tard ?

Nous sortons. Anna nous propose de prendre un café au bistrot-restaurant d'en face, histoire de nous poser un peu et de reprendre nos esprits. Cette fille, c'est une perle !

Quand elle est arrivée dans notre groupe il y a un peu plus d'un an, j'ai craint qu'elle soit un problème. Elle n'était pas comme les autres, elle n'était pas là pour la baise – d'ailleurs elle a été très claire dès le départ et les quelques claques qu'elle a assenées à Dick ont fini à poser les choses.

En fait, elle a été salutaire. Elle nous a appris à nous calmer, elle a fait de nous un vrai groupe de musique. Elle s'occupe de nous comme une vrai mère poule et en plus, elle compose et chante divinement. Dommage qu'elle n'est jamais voulue monter sur la scène, elle aurait fait un tabac.

Nous nous asseyons à une petite table. Le bistrot est modeste mais propre. La patronne vient nous demander ce qu'on veut. Nous commandons quatre cafés et des parts de gâteaux. A sa moue, je déduis qu'elle n'est pas super contente de nous voir ici.

Nous restons silencieux quelques instants. Taylor a toujours l'air aussi coincé. Je commence à croire qu'elle lui a passé un savon.

Un homme s'approche alors de nous. Il a la quarantaine bien tassé, une moustache ridicule qui lui barre le visage et des cheveux ondulés mal coiffés. Mes yeux se posent sur l'étoile qu'il arbore sur le côté gauche de sa poitrine : Aie ! Le shérif ! Il manquait plus que ça.

-Salut ! Je suis le shérif Swan. Vous êtes nouveau dans la région.

-Bonjour, Shérif, je suis Annabelle Doyle et voici Tylor, Brandon et Kyle. Nous ne comptions que traverser votre ville et puis notre copain a fait un malaise. Du coup, vous allez devoir nous supporter jusqu'à demain. A moins que le docteur Cullen ne veuille le garder plus longtemps.

Anna, elle a le chic pour se mettre les gens dans la poche. Elle a un aplomb quand elle parle, elle serait capable de faire croire n'importe quoi à n'importe qui. En plus, quand elle prend cette voix douce et chaude, elle est très sensuelle. Même le vieux shérif semble sous le charme.

-Le docteur Cullen est un bon médecin. Votre ami est entre de bonnes mains.

-Vous le connaissez ? renchérit-elle.

-La famille Cullen est installée à Forks depuis deux ans maintenant. C'est un chirurgien de premier ordre qui aurait pu travailler dans n'importe quel centre hospitalier d'une grande ville et se faire un fric fou. Mais sa femme et ses enfants préfèrent la randonnée et la tranquillité des petites bourgades comme la nôtre.

-Il a des enfants. Ils doivent être jeunes.

-Ils sont tous au lycée. En fait, il les a adoptés.

Mais pourquoi elle pose toutes ses questions sur ce docteur ? Elle a flashé sur lui ou quoi ? Je regarde mes copains. Ils ont l'air aussi perplexe que moi.

-Bien ! continue le shérif. Bonne chance pour votre copain et pas d'histoires, compris !

-Aucun souci, shérif, répond-elle très calmement. Nous récupérons notre copain et nous disparaissons.

Sur ce, il s'éloigne vers la propriétaire. Je suis sûr qu'il va la rassurer: c'est elle qui a du demander de nous interroger.

-Dis donc ! C'est l'inquisition ici ! m'exclame-je

-Tout le monde se connaît et j'imagine qu'ils ne voient pas souvent de gars tatoués jusqu'aux cous dans les parages, plaisante Annabelle. Ils veulent juste que tout reste comme d'habitude. Alors pas de bringue ici, Ok !

Elle lance un regard vers Taylor. Je comprends mieux pourquoi il a cet air de cocker mouillé. Pas touche à l'hôtesse. Je pouffe.