Auteur : Julie et Fianna

Disclaimer : les personnages, cadres, lieux et langages utilisés pour ce travail sont la propriété de J.R.R. Tolkien, The Tolkien Estate et Tolkien Enterprises. Aucun profit monétaire n'est réalisé sur cette histoire et les lois du copyright ne sont violées en aucune manière.

Note des véritables auteurs : feed-back, reviews sont apprécié. Histoire traduite de l'Anglais par Ellimac pour le compte de, et avec l'accord des auteurs.

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Chapitre 12 :

« Elanor, pourquoi n'y a-t-il que trois places à table ? » Haldir se tenait dans l'arche de la porte de la cuisine, ses hautes et larges épaules l'emplissaient presque complètement.

Elanor remua la soupe d'Hisilome qui mijotait dans une marmite, essayant de ne pas paraître affecté par lui quand, en réalité, ses sens affûtés étaient harmonisés sur lui de façon nouvelle et perturbante. Dans peu de temps il partirait pour la frontière et elle commençait juste à réaliser comme il allait lui manquer.

« Je ne souhaite pas m'immiscer dans ta réunion avec tes frères, » dit-elle soigneusement.

Elle lança une poigné de persil dans la soupe et évita le regard contemplatif d'Haldir. Quelque chose avait changé entre eux depuis hier, quelque chose d'important qui restait non dit. Leur promenade du soir avait été plus silencieuse que d'habitude, et avait laissé Elanor hanté par des émotions confuses qui l'avait suivit durant toutes les longues heures sans sommeil de la nuit.

« Mes frères et moi avons été séparé pendant deux semaines, pas deux siècles, dit-il doucement. Et je souhaite que tu te joignes à nous. »

Il semblait attendre sa réponse, et bien qu'elle ne le regardait pas, elle pouvait sentir ses yeux sur son visage.

« Je vais certainement me joindre à vous si c'est ton souhait, » dit-elle d'une voix basse, et le regarda, consciente du jaillissement de joie dû au faite qu'il désir sa compagnie. Pourtant, elle pria pour qu'il n'y ai pas de difficulté. Comment allaient réagir ses frères en la découvrant partageant leur repas ? Penseraient-ils que c'était approprié ? La conversation serait-elle tendue ?

Il retourna dans la pièce de devant, et Elanor retira une autre assiette à soupe de l'armoire et la posait sur la table juste quand la porte du talan s'ouvrait et que Orophin et Rúmil entrait de manière bruyante, lui rappelant leur conduite à Rivendell. Se préparant mentalement, elle se tourna pour les accueillir et découvrit leur regard spéculatif déjà posé sur elle. Spécialement Rúmil, qui semblait la regarder avec une lueur dans les yeux qu'elle ne comprit pas. Mal à l'aise, elle se demanda s'il la trouvait amusante. Se rappelait-il le jour où elle avait faillit faire tomber l'arc d'Haldir ?

Si oui, il n'y fit pas référence, mais s'inclina simplement dans sa direction, et renifla l'air avec appréciation. « Je vois que tu cuisine ce soir Elanor. Ca sent trop bon pour être l'œuvre d'Haldir. »

Orophin sourit et ferma la porte. « En effet, ses dîners ont souvent un goût de cuir et d'acier. Nous venons ici à nos risques et périls. »

« Ne dit pas d'idioties, Orophin, dit-elle âprement, la cuisine d'Haldir est délicieuse. Et s'il vous plait, retirez vos bottes boueuses. Le sol vient d'être balayé. »

Elle vit Rúmil et Orophin échanger un regard rapide, mais tous deux firent ce qu'elle leur demanda tandis qu'Haldir regardait avec un humour apparent. En faite, son humeur avait semblé légère toute la journée, et que ce soit peut être dû au fait qu'il allait bientôt retourner à ses devoirs aux frontières nord avait traversé l'esprit d'Elanor. Avait-il tellement envie de la laisser ? Ou cela avait-il quelque chose à voir avec ce qui c'était produit entre eux hier ? Elle ne pouvait pas se décider.

Les frères s'assirent et commencèrent le dîner, Elanor servant la soupe et le pain fraîchement cuit pendant qu'Haldir versait du vin pour chacun. La lumière des bougies se reflétait dans le verre doré des assiettes et gobelets pendant qu'Orophin parlait du manque d'activité a la frontière et que Rúmil se penchait en arrière et faisait un sourire séduisant à Elanor. Oh la la, il doit sûrement se rappeler sa maladresse avec les armes d'Haldir ! C'était tout ce qu'elle pouvait faire pour rencontrer son regard sans rougir, mais elle réussit.

« La frontière est si calme que nous avons dû nous amuser avec des paris et des cartes, remarqua Orophin d'un ton léger. Rúmil me doit une semaine de lessive, et je dois poser les plumes sur une douzaine de nouvelles flèches pour lui. Je pense que je m'en tire le mieux dans l'affaire. »

« Vous jouez aux cartes à la frontière ? dit Elanor avec curiosité. Comment pouvez vous être de surveillance et jouer à des jeux ? »

Rúmil posa son gobelet sur la table, ses yeux bleu scintillant. « Nous ne nous tenons pas toute la journée et toute la nuit à surveiller, ma chère. Nombreuses sont les heures que nous avons à passer de telle manière. Même Haldir est connu pour jouer dans son … style peu aventureux. » Il lança à Haldir un regard espiègle.

« Rúmil est connu pour ses paris sauvages, dit Haldir avec une humeur égale. Qu'habituellement il perd ! Moi, d'un autre côté, habituellement je gagne. »

« Faux ! s'opposa Rúmil. Ma chance est très bonne des fois. »

Orophin ricana tout bas. « C'est pourquoi tu vas laver mes tuniques demain ! »

« Haldir est conservateur, se plaignit Rúmil. J'aime pousser mes limites. »

« Maintenant tu peux pousser mes vêtements dans de l'eau chaude, renvoya Orophin, et soit sûr que tu les nettoie aussi ! »

Haldir regarda l'un et l'autre et d'après la légère courbe de sa bouche, Elanor pouvait voir qu'il était amusé. Une affection évidente existait entre eux trois, et pendant un moment elle pensa à sa dernière rencontre avec Lana et sentit un remous de tristesse.

« Donc Elanor, je crois qu'Haldir a été un gentil elfe pendant que nous étions partit. » Rúmil s'appuya sur sa chaise, ses yeux glissant d'Elanor à Haldir de manière ouvertement curieuse. Elanor découvrit Orophin la fixant aussi, et commença à être agacée.

« Je n'ai pas à me plaindre, dit-elle brièvement. Quelqu'un re-veut de la soupe ? » Elle vit les lèvres d'Haldir se convulser, et le regarda, sachant un peu ce qui devait lui passer à l'esprit.

Personne n'en re-voulait, elle rassembla les assiettes et alla dans la cuisine. Elle pouvait entendre les trois frères parler calmement alors qu'elle commençait à laver la vaisselle, et réalisa bientôt que les cartes avaient été sortit et qu'ils jouaient. Etait-ce ainsi qu'Haldir se comportait quand devoir et obligation ne l'accablaient pas ? Ceci était une facette de lui qu'elle n'avait pas vue, la facette qui l'autorisait à rire et à plaisanter de manière presque insouciante. Elle pensa à aller les rejoindre, mais décida que non puisqu'ils étaient complètement prit par le jeu et l'ignoraient. A la place elle sortit sur la terrasse et contempla les étoiles pendant presque une heure jusqu'à ce que la curiosité l'emporte. Se demandant de quoi ils parlaient quand elle n'était pas là, elle décida de les écouter discrètement. Très silencieusement elle avança sur la pointe des pieds vers la cuisine.

« Je paris deux semaines de nettoyage de bottes, » entendit-elle Rúmil dire.

« Je vais suivre. » C'était Orophin.

Haldir rit. « Deux semaines ? J'en paris trois. » Elanor se tenait immobile et écoutait, puis sa bouche s'ouvrit d'outrage quand elle l'entendit ajouter, « Et je mets en jeu l'aide d'Elanor avec cette lessive. » Elle entendit Haldir se pencher en arrière, reconnaissant d'une manière ou d'une autre son mouvement.

Elle entendit ses frères glousser, et être en effervescence intérieurement. Haldir était-il sérieux ? Plus probablement il savait qu'elle était dans la cuisine et la taquinait. Elle n'avait pas été témoin de son humour depuis quelques jours, mais cela pouvait être quelque chose qu'il pouvait faire.

« Je me retire. » Elle entendit Orophin soupirer et abaisser ses cartes.

« Je vais ajouter une paire de nouvelles bottes à mon pari, » Dit Rúmil imprudemment.

« Je suis ça, établit Haldir, et je rejoins avec une semaine de cuisine d'Elanor. »

Elanor haleta, fâché mais néanmoins fasciné par cette facette d'Haldir. Elle n'avait pas bougé, restant où elle était, non vue et immobile ainsi ils ne sauraient pas qu'elle était là. Bien qu'elle suspectait qu'ils le sachent. Ils étaient des gardiens après tout, et ses déplacements furtifs n'étaient pas mieux que la moyenne.

« D'après sa soupe ce soir, je dirais que ton pari vaut d'être suivit. J'égale avec une douzaine de nouvelles flèches, avec leurs plumes ! »

Elle entendit les cartes tombées et le grognement de dégoût de Rúmil. « Par les boules de Morgoth, je ne sais pas comment ta chance tient, Haldir ! »

Haldir gloussa, et elle entendit le son du bois contre bois du raclement des chaises. « Je sais quand ma chance s'en va, et c'est quand je m'arrête. »

« Bonne nuit, Elanor ! » cria Orophin, rendant évidant qu'ils savaient qu'elle était dans la cuisine. « Merci ! Ta soupe était délicieuse ! »

« Délicieuse, » répéta Rúmil. « Fait de beaux rêves, Ellie ! Nous n'avons pas salit ton planché ! »

Avant qu'elle puisse bouger, la porte de devant s'ouvrit, leurs voix s'éteignirent alors qu'ils quittaient le talan et fermaient la porte. Mécontente, Elanor alla dans la pièce de devant et s'assit sur sa chaise, tapant du pied d'impatience. Un instant plus tard Haldir revint.

« Ah, te voilà, dit-il ! Où étais-tu ? »

« Tu sais parfaitement bien où j'étais, » dit-elle un peu froidement.

« Oui, admit-il, ses lèvres se courbant vaguement. Es-tu en colère contre moi ? Nous nous amusions un peu, c'est tout. »

« A mes frais, » ronchonna-t-elle, fulminant toujours un peu. Malgré son léger énervement elle ne pouvait pas le prendre à parti pour ce qu'il avait fait, parier ses services comme ça, pas quand il partait. Et elle devait avouer qu'elle aimait ce côté joueur.

Il approcha et lui prit ses mains, la tirant sur ses pieds. « Contrairement aux croyances génales Elanor, j'ai le sens de l'humour. » Il toucha son menton, le levant légèrement avec ses doigts alors qu'il la regardait. « Mais je ne voulais pas que ce soit à tes frais. Je voulais simplement te taquiner. Je savais que j'avais une main gagnante. » Ses yeux errèrent sur le visage d'Elanor comme pour mémoriser ses traits. « Il est temps pour moi d'y aller, » ajouta-t-il calmement.

La relâchant, il traversa la pièce et boucla la ceinture avec son épée pendant qu'elle le regardait avec un sentiment curieux et creux dans sa poitrine. Elle pelotonna ses doigts dans ses paumes, combattant une forte envie d'aller vers lui, de le prendre dans ses bras, de l'embrasser et d'emmêler ses doigts dans ses cheveux. Elle ne pouvait pas imaginer ce qu'il dirait si elle faisait une telle chose, mais elle savait très bien ce qu'il ferait. Il la repousserait gentiment mais fermement.

« Tu seras prudent, » dit-elle, d'un ton monocorde. Tu vas me manquer, voulait-elle ajouter, mais ne le fit pas. Elle s'était déjà assez jetée sur lui comme ça. Maintenant était venu le temps de la dignité et de la retenu.

Haldir glissa son carquois sur son dos et la regarda alors qu'il attachait la lanière. « Je suis toujours prudent. Et tu suivras ce que j'ai dit à propos du tir à l'arc. Souviens-toi que mes frères sont là pour toi, si tu as besoin d'eux. Ils seront tes tuteurs pendant que je serai partit. » Son regard se connecta au sien pendant un long moment, puis il marcha vers la porte et la regarda encore. « Je reviendrais dans deux ou trois semaines Elanor. Adieu. »

« Adieu Haldir, » dit-elle doucement.

Et la porte s'ouvrit et se ferma, et il était partit. Elanor se tint immobile, fixant l'endroit où il avait été. Ses bras s'enveloppèrent autour d'elle comme si elle avait froid. La pièce semblait si silencieuse maintenant, quand il y a un moment elle avait été pleine de vie et de bruits. Quelle puissante différence la présence d'Haldir faisait, pensa-t-elle avec émerveillement.

Elle ferma ses yeux, essayant d'analyser ce qu'elle ressentait. Etait-elle triste ? Déprimé ? Se sentait-elle seule ? Peut être devait-elle être transportée de joie par le faite qu'il ne soit plus là pour lui causer un tel trouble des sens, une telle confusion dans son esprit. Peut être avait-il raison, qu'ils avaient besoin de temps à part. Mais pourtant … son départ semblait abrupt et décourageant.

Mais à quoi s'attendait-elle ? Ou voulait ?

La porte se rouvrit soudainement. Haldir se tenant dans l'encadrement.

Surprise, Elanor se tendit. « As-tu oublié quelque chose ? »

Les yeux d'Haldir rencontrèrent les siens. « Oui. » Il sembla planer sur les bords de l'indécision, puis entra et ferma la porte. « Je n'ai pas exactement oublié, » ajouta-t-il, marchant vers elle.

Puis, avant qu'elle ne sache ce qu'il faisait les mains d'Haldir se posèrent sur la taille d'Elanor et il l'embrassa, complètement sur les lèvres, mais néanmoins si rapidement qu'elle n'eut pas le temps de lui répondre. Tout aussi rapidement, il se retira, mais pas avant qu'elle n'ai tendu la main et touché ses doigts, les pressant légèrement avant qu'ils ne s'esquivent.

Il étudia la figure d'Elanor, sa bouche se courbant en un petit et tendre sourire. « Prend soin de toi Elanor. » Il tendit la main et lissa quelques mèches de cheveux sur la joue d'Elanor, la chaleur de ses doigts laissant une trace de feu le long de la chaire d'Elanor.

Et pour la deuxième fois, il partit. Elanor se tint, paralysée, enracinée dans le sol en une pure et paradisiaque bénédiction. Une fois encore il l'avait fait. Il avait fait flotter son cœur, son pouls battait rapidement, et ses genoux faiblissaient comme s'ils n'avaient aucune substance ou force. Elle espérait seulement qu'elle lui faisait ressentir la même chose. Se rappelant ce qu'il lui avait révélé hier, elle décida qu'elle l'avait probablement fait … et fut remplit d'un tourbillon de pure satisfaction féminine à cette pensée.

A travers la pièce, la plante d'elanor déployait les pétales de sa toute nouvelle fleur.

x

Orophin s'appuya contre une rambarde plusieurs niveaux plus bas, regardant Haldir marcher avec de grand pas rapide et gracieux dans les escaliers sinueux vers eux. « Regarde le, remarqua-t-il calmement. Il y a du printemps dans ses pas que je n'ai pas vu depuis des années. Qu'est-ce que tu penses qu'il a dit à Elanor quand il est revenu ? »

Rúmil appuya son coude sur la rambarde. « N'oublis pas de faire ma lessive ? »

Orophin lui lança un regard irrité. « Soit sérieux pendant un moment. »

« Sérieusement, bien je ne sais pas du tout. » Rúmil frotta son menton. « Peut être souhaitait-il s'excuser pour l'avoir taquiné comme il l'a fait, bien que notre frère s'excuse rarement pour quoique ce soit. Encore qu'il montre rarement son côté joueur à quelqu'un d'autre que nous. Et ça veut dire … quoi ? »

« Cela veut dire qu'il se sent bien avec elle, répliqua Orophin. Et cela veut dire qu'il a abaissé des barrières qu'il ne baisse que pour nous habituellement. Je pense que c'est un très bon signe. Et je pense qu'il a mit quelque titre sur elle qu'il ne réalise même pas. As-tu vu la manière dont elle le regarde ? Peut être n'a-t-il pas autant gâché les choses que nous le craignons. »

« Je me demande juste jusqu'où il a poussé son intérêt avec elle. » Le ton de Rúmil était devenu spéculatif.

« Cela ne nous concerne pas, » gronda Orophin, puis gâcha ce qu'il venait de dire en ajoutant, « pas aussi loin qu'il le voudrait, si j'en suis juge. Trop de tension entre eux. Pouvais-tu la sentir ? »

« Je l'ai sentit, admit Rúmil. Je n'étais pas sûr de ce que cela voulait dire, autre que l'évidence, bien sûr. »

« En effet. L'évidence. » Orophin soupira, pensant à Doria pendant un moment, et ressentit un serrement au niveau des reins. « Il la veut, ça c'est certain, mais tu devrais toujours planifier de la courtiser. Je sens que notre plan est bon. »

« Aussi longtemps que je ressors entier, » marmonna Rúmil.

Orophin lui donna un coup de coude. « Ne parle plus. » Il s'éloigna de la rambarde tandis qu'Haldir montait vers eux. « Bon voyage, frère. »

« J'aurais un mot avec vous concernant Elanor, » dit Haldir, s'arrêtant devant eux. « Gardé un œil sur elle pendant que je suis partit. Elle apprend le tir à l'arc et aura sans doute besoin d'assistance. Elle ne devra s'entraîner pas plus d'une heure pas jour jusqu'à ce que ses muscles deviennent plus forts. Je le lui ai dit. »

Rúmil sourit vivement. « Je serais heureux de l'aider. En faite, je pense garder un œil très proche d'elle. »

Haldir parut vouloir objecter, le regarda comme s'il avait bien voulu le faire, mais il ne fit qu'acquiescer rapidement. Il sembla se concerter lui-même un peu avant d'ajouter, avec une attitude mal à l'aise qui ne lui rassemblait pas, « Une chose que vous devez savoir … elle est une innocente et peu avoir besoin de plus de protection que vous ne l'anticiperiez. »

Rúmil souleva un sourcil. « Bien sûre qu'elle est une innocente. Elle est jeune. »

Haldir fronça légèrement des sourcils. « Non, je veux dire qu'elle est une Innocente, » Il donna au mot une signification accentuée, « et je souhaite que personne ne prenne avantage d'elle. Vous savez de qui je parle. »

« Oh, dit Rúmil dans un étonnement sans expression. Bien. Heu … comment le sais-tu ? »

« Tu parles de Lurien, » dit Orophin, lançant un regard de travers en direction Rúmil. « Ne t'inquiète pas Haldir. Nous ne permettrons pas qu'aucun mal arrive à Elanor. »

Haldir bougea son arc et s'éloigna. « Attendez-moi dans deux ou trois semaines. Envoyez un mot si quoi que ce soit se produit dont je devrais être au courant. » Il leur fit un petit signe de tête, et ils le regardèrent disparaître silencieusement dans les marches.

« Je me demande comment il l'a découvert, » persista Rúmil, sous sa barbe. « N'es-tu pas un peu curieux? »

Orophin soupira.

x

Elanor était allongée dans le grand lit, se sentant beaucoup plus seule que quand Haldir était là, dormant sur la terrasse. Pour se réconforter elle–même, elle revécue le souvenir du baiser d'adieu d'Haldir, ce qui, inévitablement, la conduisit à la rencontre plus intime du jour précédent. Une chaleur familière la traversa à ce souvenir, un feu qui picotait sa chair et la faisait gémir de désir pour lui. Ceci devint une telle torture qu'elle força ses pensées vers d'autres horizons, se remémorant comment il avait monté la garde pendant tout leur voyage en Lothlórien. Comment il l'avait porté hors du ruisseau, guérit sa cheville et lui avait donné sa cape. Et puis il avait combattu ces horribles créatures. Elle frissonna à ce souvenir. Elle avait eu raison sur lui ; il était dangereux de bien des manières. Plus que tout, pour son cœur.

Malheureusement, alors qu'elle tombait finalement dans un sommeil, elle rêva de gobelins, un cauchemar peu plaisant qui s'attarda dans son esprit pendant quelques minutes durant lesquels son cœur battait violement après qu'elle se soit réveillée, seule et terrifiée, à l'heure la plus noire de la nuit. Peu être était-il aussi bien qu'Haldir ne soit pas là, car s'il l'avait été, elle aurait été tentée d'aller le voir pour se réconforter. Finalement elle dormit une fois de plus.

Pendant les quelques jours suivants, la vie d'Elanor tomba dans une confortable routine. L'entraînement de tir à l'arc remplissait son désir d'activité physique, tandis que le jardinage nourrissait son besoin de paix intérieur et de connexion avec les choses vivantes. La plupart des jours, elle travaillait seule, mais des fois Doria et une autre amie venaient et discutaient avec elle. Elanor se demandait si Healea avait oublié son invitation à lui rendre visite. Pendant ce temps, Elanor faisait mieux connaissance avec de plus en plus de monde, y comprit les frères d'Haldir. Tous deux, Orophin et Rúmil étaient venu au terrain de tir pour la regarder s'entraîner, mais ils la rendaient si nerveuse que finalement elle leur demanda de s'en aller, expliquant qu'elle semblait faire mieux quand personne ne regardait. Ce fut la seule fois où elle toucha la cible.

Rúmil avait commencé à l'inviter pour des promenades le soir ; elle supposa qu'Haldir avait souhaité qu'il le fasse, bien qu'elle n'en soit pas sûre. Mais Rúmil ne semblait pas rechigner ; en effet, il paraissait apprécier sa compagnie, et l'avait amusé en racontant des histoires drôles de quand Orophin, Haldir et lui était jeune. Un sujet que Rúmil évitait, concernait Healea, et aucune autre elfe qu'Haldir n'ait courtisé. Elle se demandait si c'était délibéré.

Le soir de leur quatrième promenade, Rúmil dirigea leurs pas vers un petit jardin qu'elle n'avait pas encore visité. « Oh, c'est si joli ! » remarqua-t-elle, regardant autour avec enchantement.

« En effet. Asseyons-nous sur ce banc là bas. Je veux te parler, Ellie. »

« Oh ? » Elle jeta un coup d'œil à Rúmil. « A propos de quelque chose en particulier ? »

« Oui, » admit-il, avec un de ses aimables sourires. « Mais assied-toi d'abord. Installe-toi confortablement. »

Elanor fit comme il le suggérait, arrangeant la jupe de sa rode et l'étudiant alors qu'il s'asseyait à côté d'elle. « Y a-t-il quelque chose qui cloche ? »

Rúmil tourna son corps pour lui faire face, ses yeux bleus narquois. « C'est ce que je veux te demander. Haldir nous a demandé, à Orophin et moi, de garder un œil sur toi. C'est ce que j'ai fait comme tu le sais. »

« Je sais et j'en suis reconnaissante, bien qu'il n'y en ait pas besoin. Je peux prendre soin de moi-même. »

« Peut être, mais je suis passé près de ton talan pendant la nuit, dit-il d'un ton prudent, et trois fois je t'ai entendu crier dans ton sommeil. »

Elanor regarda ailleurs, ne voulant pas lui dire comment elle s'était réveillée au son de sa propre voix beaucoup plus de fois. « J'ai juste eu quelques mauvais rêves, Rúmil. Ce n'est pas important. »

« Aimerais-tu en parler ? » Demanda-t-il, plus sérieusement que d'habitude.

« Je rêve seulement de gobelins. Je suis sûre que cela va s'arrêter bientôt. »

Il lui lança un regard pénétrant. « Si tu veux, je pourrais rester là-bas avec toi pendant une ou deux nuits. Sur la terrasse, bien sûr, » ajouta-t-il rapidement

« C'est gentil, mais ce n'est pas la peine, » dit-elle, embarrassée qu'il pense qu'elle avait besoin d'être dorlotée de telle manière. « C'est rien Rúmil. »

Il la regarda, ses yeux se rétrécissant comme pour la jauger, qui rappela soudainement Haldir à Elanor. C'était la première fois qu'elle notait une ressemblance entre eux.

« Très bien, mais tu me le diras si tu changes d'avis. »

« Tu parles comme Haldir maintenant, » Dit-elle en plaisantant un peu, et fut ravie de voir son sourire revenir. Les sourires de Rúmil étaient toujours beaux à voir.

« Assez de ça donc, » dit il de sa manière joyeuse plus habituelle. « Il est temps de retourner à l'affaire importante … de notre flirt. »

Elle rit. « Est-ce ce que nous faisions ? Je n'en avais pas conscience. »

« Ellie ! » Rúmil prétendit être choqué. « Ne peux-tu pas dire quand quelqu'un flirt avec toi ? »

Amusée, elle secoua la tête. « Quelques fois je peux, quelques fois je ne peux pas. » Elle arrêta, et dit, aussi désinvolte que possible, « Est-ce que Haldir a déjà flirté ? »

« Pas avec moi ! » répliqua Rúmil en plaisantant, avant d'ajouter, tandis qu'elle roulait des yeux, « Véritablement, il ne le fait pas, du moins pas à ma connaissance. » Il ouvrit la bouche comme pour dire quelque chose en plus, puis à la place, son regard se posa sur elle en une ouverte spéculation. « Pourquoi ? A-t-il flirté avec toi ? »

« Oh non ! dit rapidement Elanor. Non, bien sûr que non. Pas de la manière dont tu parles. » Quand Rúmil ne fit rien d'autre que la regarder, elle ajouta, « Je n'aurais pas dû te poser une telle question. Je suis désolée. »

Rúmil tendit sa main et attrapa la sienne, serrant légèrement ses doigts. « Ne t'excuse pas. Tu peux me demander ce que tu veux. Je ferais de mon mieux pour répondre. »

« Tu es gentil. » Elle hésita. « J'ai une autre question qui peut sembler bizarre. J'ai des amies a qui je peux demander, mais c'est une question à laquelle j'aimerais qu'un mâle réponde. »

« Qu'est ce ? » Rúmil se pencha en arrière, la regardant avec un sourire plutôt doux.

Elle fit passer son regard sur le bout de ses doigts. « Qu'est-ce que ça veut dire quand quelqu'un te fait un clin d'œil ? »

Rúmil lâcha un rapide rire. « Maintenant je sais que nous ne parlons pas d'Haldir ! Qui t'a fait un clin d'œil ? »

« Pourquoi dis-tu que ça n'aurais pas put être Haldir ? » s'opposa-t-elle.

Le sourire de Rúmil s'élargit. « Haldir t'a fait un clin d'œil ? Vraiment ? »

« Il y a deux ans, confessa-t-elle, quand nous nous sommes vus pour la première fois dans une cour de Rivendell. Il m'a fixé et je me suis éloignée de lui, mais je me suis retournée et … il a fait un clin d'œil. » A sa consternation elle rougit.

Rúmil parut stupéfié. « Il semble que je ne connais pas mon propre frère aussi bien que je le pensais. Il peut être audacieux, s'il le choisit, et son humour peut être tranchant, mais faire un clin d'œil ? » Sa voix s'effaça tandis qu'il considérait ça, puis son attention revint sur elle. « Ce que cela veut dire, dit-il brusquement, c'est qu'Haldir t'a regardé et a aimé ce qu'il a vu. J'ose dire qu'il t'aurait parlé s'il en avait eu la chance, il devait donc avoir quelques devoirs à remplir. »

Elanor acquiesça de la tête, un peu embarrassée d'avoir ramené ça. « Oui, il avait des devoirs à remplir, et je suppose que cela a un sens. Bien, ce n'est pas grave. C'est seulement que personne ne m'avait fait de clin d'œil avant . . . depuis . . .et j'étais curieuse. »

« Tu es une jolie elleth. Haldir n'est pas le seul à être attiré par toi. »

« Maintenant tu flirt, dit-elle. Même moi je peux le dire ! »

« Vrai, mais j'établis seulement un fait. Tu as beaucoup d'admirateur ici en Lórien, dont je fais parti. Puis-je voler un baiser ? » Ajouta-t-il avec un clin d'œil.

Elanor rit. « On ne demande pas la permission de voler Rúmil. Est-ce que personne ne te l'a dit ? Mais tu n'es pas sérieux. »

« Quelques fois je suis plus sérieux quand je plaisante. » Il la fixa, puis se leva sur ses pieds et lui tendit la main. « Viens, marchons. »

Elanor accepta sa main, et ils se promenèrent pendant plusieurs minutes le long d'un chemin sinueux qui les conduisit à travers plusieurs lits de fleurs brillamment colorées. « Rúmil, dit-elle après quelques instant de silence, il y a quelque chose d'important que je souhaite te dire. J'aurais dû le dire plutôt. »

« Et qu'est-ce que c'est ? » Rúmil parut amusé.

« A propos de ce qu'il s'est passé à Rivendell. . .Ce que nous avons fait à Haldir. J'ai parlé à Galadriel, et elle a dit que toi et Orophin n'en parleriez pas. Je n'ai entendu aucun murmure ici en Lórien donc je suppose que tout est bien. » Elle put sentir les yeux bleus de Rúmil sur elle alors qu'elle ajoutait maladroitement. « Je ne me soucie pas de moi, mais de ton frère … il ne méritait pas un tel traitement, et l'histoire peut lui faire du mal. Je ne souhaiterais pas qu'il souffre d'un manque de respect parmi son peuple. Ce que nous avons fait n'est pas bien du tout, et j'en ai profondément honte. »

Rúmil s'arrêta et amena les mains d'Elanor à ses lèvres, posant un baiser galant sur le dos de ses doigts. « N'est pas peur, petite sœur, dit-il facilement. C'est une histoire qui ne sera jamais racontée, mais je t'honore pour ton inquiétude. Le Seigneur Elrond s'est adressé à nous plus sévèrement à ce sujet, bien que ce ne soit pas nécessaire. » Sa bouche se courba en un sourire. « En temps qu'histoire non dite, cela nous donneras quelque chose à tenir au dessus de la tête d'Haldir pendant les années à venir, ce qui lui donne beaucoup de valeur. Et tu dois réaliser qu'une perte occasionnelle de sa dignité est la seule chose qui garde Haldir supportable ! Je suis sûr que l'expérience en entier a été très bénéfique pour lui. »

« Je sais que tu plaisantes, répliqua Elanor sérieusement. Vous êtes tous les trois fortunés et bénis de vous avoir. Et malgré tes blagues sur Haldir, je peux voir que tu es un frère bon et loyal pour lui. Et que tu te soucie de son bien être et de son bonheur. »

Rúmil resta silencieux, sa bouche toujours courbée avec bonne humeur. « Oui, je le suis, et il le sait. C'est pourquoi … » Il s'arrêta soudainement et sembla décidé à regarder un groupe de niphredil à proximité.

« Pourquoi quoi ? » Répéta Elanor. Elle arqua un sourcil interrogateur, mais Rúmil ne fit que sourire, d'un sourire plutôt paresseux et changea de sujet.

x

Orophin faisait les cent pas dans son talan, l'indécision le déchirant presque en deux. Il était revenu à la cité, décidé à commencer à courtiser Doria, mais chaque fois qu'il la voyait, il y avait trop de personne autour pour lui dire ce qu'il souhaitait lui dire. Et quand il était raisonnablement sûr qu'elle serait seule, il était si tard qu'il sentait que ce n'était pas une heure appropriée pour lui faire une visite.

Le premier jour où il était revenu à la cité, il était parti chez le bijoutier et avait commandé un bijou, une fine chaîne portant une délicate amulette ayant la forme d'un petit papillon. Il l'avait imaginé lui-même et en était très fier. Maintenant tout ce qu'il avait à faire était de décider comment le lui donner. Et quand. Et que dire.

Maintenant qu'il l'avait, il semblait pourtant être un cadeau audacieux vu qu'il avait à peine parlé à Doria depuis si longtemps. Il était bien conscient de ce que cela laissait paraître, et il le regrettait. Il ne savait pas pourquoi il devenait muet en sa présence quand il n'était comme ça avec personne d'autre. Au moins il pouvait se réconforter en se disant qu'elle n'avait pas d'amant en ce moment, car il s'était renseigné discrètement. C'était une fine corde à laquelle s'accrocher, mais c'était quelque chose.

Et s'il le laissait simplement sur le pas de sa porte ? Il pouvait la laisser se demander qui était son admirateur pendant quelques jours avant de se révéler. S'il la voyait le porter, alors au moins il saurait qu'elle aimait le collier, et si oui, elle devrait favoriser celui qui le lui avait donné.

Il secoua sa tête à sa propre conduite. Quand il faisait face à une horde d'Orcs chargeant il n'était pas effrayé, pourtant la perspective de courtiser une jeune elfe célibataire, d'être amoureux de cette elfe, découvrait une terreur dans son cœur comme il n'en avait jamais connue.

Parce qu'au fond, Orophin était un romantique. Et si l'objet de son affection le rejetait, il craignait beaucoup qu'il ne puisse jamais guérir.

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Elanor enfonça ses doigts dans la terre, près, mais pas trop, des racines d'une délicate jeune plante qui avait décidé de commencer sa vie à la mauvaise place. Elle n'avait jamais considéré aucune plante comme une mauvaise herbe ; comme toute créature vivante, il y avait une place pour tous, soit dans une différente partie du jardin ou soit autre part. Nombreuse furent les fois où elle avait porté de telles plantes hors de la cité, uniquement pour les replanter hors des portes de la cité. Les sentinelles aux portes étaient habituées à ses va et vient, et elle recevait souvent des sourires et des signes de tête comme salutation de leurs part.

Cette petite plante était une petite herbe connue, et pouvait être bougée dans la section du jardin de Galadriel où d'autres herbes poussaient. Elle la posa à côté, le long de plusieurs autres, et frotta ses doigts sur sa blouse de jardinage. Elle l'avait créé à partir d'une tunique irréparable d'Haldir, une qui portait toujours légèrement son odeur, et elle s'arrêtait souvent dans son travail pour amener le tissu plus près, juste pour se le rappeler. Cela lui apportait du réconfort, et aidait à bannir le souvenir des rêves inquiétants qui continuait à hanter son repos.

Intérieurement elle savait qu'elle jouait avec le feu ; il était probable qu'elle ne le reverrait jamais une fois l'année achevée. Il était attiré par elle, mais possédait un contrôle qu'elle n'avait pas, et semblait capable de lui résister assez facilement. Néanmoins elle n'avait pas la force de volonté de résister à l'attraction qu'elle ressentait pour lui. Elle avait vécut pendant trop longtemps sans cette sorte de stimulation, et maintenant qu'elle la ressentait, elle comprenait ses attirances. D'autres elfes avaient parlé de leurs amants, mais Elanor n'avait jamais eu envie d'en avoir un elle-même.

Maintenant oui, plus que passionnément. Pourtant de tous les elfes à choisir, Haldir de Lórien était le seul elfe qu'elle ne semblait pas pouvoir avoir, excepté ceux qui étaient lié à leurs compagnes, bien sûr. Et sa peur secrète était qu'elle ne désirerait jamais un autre, et qu'elle se languirait de lui … pour toujours. Une pensée abaissante !

Une ombre tomba sur le sol devant elle. « Bonne après midi Elanor. J'espérais te trouver ici. »

Elanor leva son regard. « Bonjour Lurien. » Elle n'était pas surprise par l'apparition du Sentinelle, car elle l'avait vu plusieurs fois ces derniers jours, et il l'avait toujours salué, bien que la présence des frères d'Haldir paraissait être assez pour le dissuader d'approcher. Aucun des deux frères n'était dans les alentour en ce moment, bien qu'elle ai parlé avec Rúmil juste avant d'entrer dans le jardin.

« Puis-je me joindre à toi ? » Sans attendre sa réponse, Lurien s'assit à côté d'elle sur l'herbe et étendit ses longues jambes, croisant les chevilles. La lumière du soleil luisait sur ses longs cheveux dorés et se reflétait sur la peau sans défaut de ses joues. Le bleu de ses yeux semblait accentué. « Comment vas-tu ces jours-ci ? T'es-tu habituée à la vie en Lothlórien ? »

Cela semblait un sujet de conversation assez sûr, donc Elanor répondit, et ils parlèrent pendant quelques minutes des différences entre Rivendell et Lórien. Elanor se sentit bientôt assez relaxée pour continuer son travail tandis que Lurien s'étendait sur le côté dans l'herbe, sa tête supportée par sa main alors qu'il la regardait.

« Je t'ai vu pratiquer le tir à l'arc l'autre jour, dit-il soudainement. Tu y arrives mieux quand tu penses que personne ne te regarde. »

Elanor sourit. « Oui, et je ne sais pas pourquoi. »

« Tu t'inquiètes trop de ce que les autres pensent de toi, dit-il avec perspicacité. C'est parce que tu es jeune. Quand tu atteindras mon âge, tu n'éprouveras pas la même chose. Ce que les autres pensent m'indiffère complètement. »

« Tu dois te soucier de ce que Galadriel pense de toi, commenta-t-elle. Et Doria. Et d'autres personnes aussi. Tarwë par exemple. » Elle tourna son regard dans sa direction à temps pour voir son expression s'altérer subtilement à la mention du mon de Tarwë.

« Bien sûr que je me soucie de ce que pense la Dame. Elle a ma plus grande dévotion. C'est pourquoi je suis devenu Sentinelle. Protéger Galadriel est le plus grand honneur auquel un elfe peut aspirer. » Une note de révérence était entrée dans sa voix, donnant à Lurien une note de sincérité dont elle ne pouvait pas douter. Cela au moins, lui prouva qu'il avait quelques sentiments convenables.

« Personne d'autre ? » riposta-t-elle, essuyant ses mains sur sa blouse.

« Je me soucie de ce que tu penses, » répondit-il avec des yeux luisant. « Je t'aime bien, Elanor. »

Elanor grogna presque. « Allez, Lurien, tu ne me dupes pas. Tu ne me connais pas. Tu me regardes et vois quelqu'un que tu n'as pas conquis c'est tout. »

La belle bouche de Lurien se tordit en un petit sourire. « Tu es délicieusement franche. J'aime ça chez un jeune elfe. Trop jouent avec les mots, ne disant jamais ce qu'ils veulent dire. »

« Je pensais que tu aimais les jeux, » dit-elle en essayant de reprendre le contrôle de la conversation. « Peux-tu me passer cette truelle s'il te plait ? »

Lurien fit ce qu'elle demanda, son regard se posa sur elle comme un chasseur devait regarder sa prochaine victime. « Alors qu'ai-je fait pour te donner cette impression ? » Son regard était à la fois chaud et froid, une contradiction charismatique qui taquinait son intelligence et ses sens. Elle vit pourquoi certaines personnes pouvaient le trouver fascinant ; il était sophistiqué et élégant aussi bien que joueur et plein d'esprit. Néanmoins il semblait aussi avoir une qualité sombre et un peu cachée qui envoya un frisson le long de sa colonne vertébrale.

Elanor enfonça la truelle dans la terre, la tournant pendant qu'elle considérait sa réponse. Elle avait commencée à noter une différence en elle-même dernièrement ; elle ne disait plus la première chose qui lui venait à l'esprit, du moins plus aussi souvent. Elle lança un coup d'œil à Lurien, décidant que son seul recours raisonnable était d'être franche et que chaque tentative d'égaler son esprit serait futile.

« Quel est ce pouvoir que tu as ? demanda-t-elle. Est-ce un sort ? »

« "Quel pouvoir ? » dit-il en mâchant un brin d'herbe. Son regard revint sur elle sans ciller, son expression neutre.

Elle déplaça son regard loin de lui. « Tu as très bien compris de quoi je parle. On m'a mis en garde contre toi, et je l'ai sentit moi-même. Et je vais te dire tout de suite, quoique tu fasses, je ne l'aime pas du tout. »

« Mais je ne fais rien ma chère. Du moins pas intentionnellement. Quoique tu ais entendu, c'est une exagération ou le produit de personne prenant leur rêves pour des réalités. »

« Je ne te crois pas Lurien, dit-elle fermement. Et je ne t'autoriserais pas à utiliser ton pouvoir sur moi, alors n'essaye pas. Ma volonté est aussi forte que la tienne. Plus forte même. »

Lurien ne bougea pas, mais quelque chose brilla dans ses yeux. « Vraiment, Elanor ? » dit-il très doucement et gentiment. « Comment le sais-tu ? Chaque fois que nous nous rencontrons, tu t'enfuis loin de moi avant que nous puissions le découvrir. »

Son défi s'accrocha dans l'air entre eux comme un nuage peint avec toutes les peurs et doutes qu'elle ai jamais possédé.

Aiguillonné, elle leva sa tête et prit une profonde inspiration, se tourna délibérément et fixa directement ses yeux saphir. « Je ne m'enfui pas maintenant, » répondit-elle.

Elle put le sentir immédiatement, l'implacable attraction sexuelle, l'appelle de la mer pour venir se noyer dans ses profondeurs, l'impulsion inexorable d'abandonner toute raison et de sauter sans penser du haut de la plus grande falaise, insouciante aux rochers coupant en bas. La truelle tomba de ses doigts immobiles, un grand frisson courut en elle alors qu'elle se battait pour résister. Désespérément, elle chercha des armes avec lesquelles elle pourrait se défendre contre le pouvoir séducteur de l'assaut de Lurien. Comme dans un rêve, elle vit Lurien s'approcher, sa main se tendit pour se poser sur sa joue. « Elanor », sembla-t-il murmurer bien que ses lèvres n'aient pas bougé. Tu es belle, désirable, et chérie . . . précieuse au-delà de toute mesure. . .laisse moi t'aimer comme tu mérite d'être aimeé . . .

Les mots de velours résonnèrent comme de distantes cloches à l'intérieur de sa tête. Des émotions, de fortes émotions, déferlèrent en elle avec une force contre laquelle elle n'était pas préparée ; néanmoins elles n'étaient pas sans forme ou non réelles, mais fondées sur une réalité hors de la situation présente, ne s'enchevêtrant pas avec Lurien, mais avec Haldir. Dans une pure panique, elle créa une image pour elle même ; la magnificence d'Haldir, son visage fier et ses yeux sages, gris, apparaissant dans son esprit, pourtant le pouvoir de Lurien glissa au travers du marteau de sa volonté.

Elanor . . . douce, charmante Elanor.

Le visage de Lurien s'approcha, son regard insondable la retenant aussi efficacement qu'un nœud d'hithlain. Elle pouvait sentir la chaleur de ses doigts caresser sa joue, explorant le contour de ses lèvres, mais elle ne semblait pas pouvoir bouger. En une dernière tentative de le combattre, elle conjura images d'Haldir après images d'Haldir, ses baisers, ses sourires, et même ses froncements de sourcils. La dernière image fut le souvenir de ces moments où elle avait été seule avec lui dans sa chambre à Rivendell. Son corps puissant, la soie de ses cheveux, l'intensité pressante de son regard, l'audace de son touché, le chemin que sa magnifique bouche avait tracée le long de ses clavicules et vers le bas sur sa poitrine. . .le souvenir fondant était si vif, si incroyablement puissant . . . qu'il effaça sans effort tout ce que Lurien avait amené dans son être. La magie de Lurien éclata comme une bulle de savon prise dans un vent fort.

Elle repoussa la main de Lurien loin de son visage. « Tu vois ! » le défia-t-elle, sa respiration inégale mais sa voix ferme maintenant. « Tu n'as aucun pouvoir sur moi, Lurien, Donc tu ferais bien d'arrêter d'essayer. Et par la même occasion, tu es assis sur une plante et elle est extrêmement agacée contre toi! »

Paraissant plutôt perplexe, Lurien la fixa, puis commença à rire. Il s'assit dans une position plus haute, un sourire malicieux sur les lèvres. « Que veux-tu que je te dise Elanor? Rejettes-tu mon offre d'amitié? »

« Ce n'était pas un offre d'amitié, » dit-elle indigné. « Tu essayais de me séduire, ici en plein jour ! »

Il ne le dénia pas. « Je t'aurais emmené dans un endroit plus privée, corrigea-t-il avec un haussement. Une de ces petites allées sombres aurait fait l'affaire. »

« Donc tu l'admet! » Elanor le regarda avec étonnement. « Tu es effronté! »

« Compliment, » accorda-t-il avec une étincelle dans les yeux. « Mais j'espère que l'on peut toujours être amis. »

« Je ne pense pas, Lurien. Je ne te crois pas. »

« Je vais faire un marché avec toi, Elanor, » dit-il d'un ton paresseux.

« Quel genre de marché? » demanda-t-elle avec suspicion.

Les yeux de Lurien brillaient toujours. « Je ne répèterais pas ce que je viens de faire si tu m'autorise à t'assister au tir à l'arc. »

« Je n'ai pas besoin d'aide. Haldir m'a montré ce que je dois faire, et ses frères m'ont aussi offert leur assistance. L'entraînement est ce dont j'ai besoin. » Elle vit le regard immobile sur le visage de Lurien, et réalisa que sa brusquerie l'avait offensé. Elle détestait blesser les émotions des gens, même de Lurien. « Que pourrais-tu faire qu'ils ne peuvent pas? » ajouta-t-elle.

« Ce que je peux faire, répondit-il, c'est t'aider avec ton habilité à bien faire devant d'autres personnes. Ta confiance en toi a besoin d'être améliorée ma jolie. Quand tu pointes ta flèche, tu as besoin de croire que tu es le meilleur archer de tout Lothlórien. Tu as besoin de croire que tout le monde autour de toi te respecte avec crainte, et qu'ils envient tous tes capacités. »

Elanor le regarda douteusement. « Lurien, cela sonne faux pour moi. »

Il gloussa. « Au contraire Elanor, une telle stratégie te serviras, je te le promet. Le pouvoir de l'esprit est fort. Souhaites-tu t'améliorer ou non ? »

« Bien sûr que je le veux, mais . . . »

« Peut être souhaites-tu impressionner Haldir quand il reviendra, » ajouta Lurien timidement.

Elanor y pensa. En vérité, c'était exactement ce qu'elle désirait. Elle voulait voir de l'admiration dans les yeux d'Haldir, et l'entendre dire comme elle avait extrêmement bien fait, comme il était fier d'elle. Elle avait pensé a ça seulement dans un futile rêve éveillé, mais peu être était-ce atteignable ?

« A ton prochain entraînement, continua Lurien, je serais là. Tu verras Elanor. La confiance en soi est plus que la moitié de la bataille. Une fois que tu crois être supérieur, tu deviens supérieur. Ce que tu crois devient manifeste. »

Elanor considéra cela pendant un moment, mais ne vit aucune menace. Quel mal cela pouvait faire d'essayer ? « Très bien Lurien, j'accepte ton offre à condition que tu tiennes ta part du marché. Plus de tour d'esprit avec moi. »

« Ce que je fais n'est ni un tour ni un sort, murmura-t-il, mais je suis incapable de l'expliquer d'une manière que tu comprendrais. C'est simplement une part de moi, comme mes mains et mes pieds. »

« Quoique ce soit, tu ne l'utiliseras plus sur moi, » dit-elle fermement.

« D'accord, » dit-il langoureusement.

« Jure le, » insista-t-elle. « Jure le sur l'honneur de Galadriel. »

Lurien soupira. « Très bien, sur l'honneur de Galadriel, je le jure. Maintenant me crois-tu Elanor ? »

« Oui Lurien, je te crois, » répliqua Elanor.

« Bien, » dit-il, avec un autre de ses énigmatique sourire.

Plus tard ce même jour, Elanor se tenait sur un haut flet de la cité, regardant aux alentours. Ce point avantageux, au centre de la citée, ses élégants bancs courbés, et ses pots de fleurs en faisait un point de rassemblement populaire, et était devenu un des endroits préférés d'Elanor. Elle était seule en ce moment, se sentant agréablement las après ses travaux. Elle avait retourné dans sa tête sa conversation avec Lurien, et ressentait seulement un petit malaise. Devait-elle en parler avec Rúmil ?

« Elanor ! »

Elanor se retourna pour voir Doria se dépêcher vers elle dans les plus proches escaliers. Quand Doria fut près d'elle, ses yeux scintillèrent. « J'ai essayé de te trouver ! Regarde ! » Elle tendit sa main, paume vers le haut, dévoilant un charmant bijou en forme de papillon sur une chaîne. « Je l'ai trouvé enroulé dans un bout de parchemin sur le pas de ma porte. Mon nom était écrit sur le parchemin ! »

Elanor l'examina. « C'est charmant, Doria. De qui ça vient ? »

« Justement, je ne sais pas ! » Doria paraissait contente et déconcertée en même temps.

« Ne peux-tu pas deviner ? Est-ce que quelqu'un a fait plus attention à toi dernièrement ? » Elanor n'osa pas vraiment mentionner Orophin. Cela semblait être comme si ce n'était pas de lui.

Doria secoua la tête. « Pas plus que d'habitude. Je suppose que ce doit être un des elfes qui flirt avec moi, mais je ne peux pas deviner lequel. Ce serait trop a espérer que cela vienne de … celui pour lequel je me soucie le plus. »

« Orophin, » établit doucement Elanor.

Doria eu un vague sourire. « Je sais que je suis idiote d'espérer. Il ne m'a pas parlé depuis si longtemps. Je dois avoir dit ou fait quelque chose pour l'offenser, mais je ne sais pas ce que cela pourrait être. Je me suis creusée le cerveau pour ça ! Et maintenant quelqu'un m'a donné ce charmant cadeau, et si je le porte … j'ai peur qu'Orophin le voit … et pense que je suis prise quand je ne le suis pas. »

« Souhaites-tu que je le lui demande ? » offrit Elanor.

« Oh non ! S'il te plait, s'il te plait ne le fait pas ! Je ne le supporterais pas. »

« Qui que ce soit qui t'ai donné ce collier, il doit être attaché à toi, dit doucement Elanor. Peu être était-ce Orophin. Si oui, il se révèlera lui même à temps. Entre temps pourquoi ne le portes-tu pas ? Là, laisse moi t'aider à le mettre ; »

Doria acquiesça, et Elanor boucla le fermoir, puis se recula pour admirer l'effet. « Cela te vas très bien, » remarqua-t-elle. En effet, Doria était toujours comme un papillon gracieux à la manière dont elle voltigeait.

Elle s'assirent ensemble et regardèrent silencieusement la citée. Finalement Doria parla. « Haldir te manque ? »

« Oui. » Elanor n'hésita pas à dire à Doria la vérité. Elle était la seule amie à qui elle avait confié son estime grandissante pour le Gardien de la Marche, bien qu'elle n'ait pas mentionné les détails intimes. « J'ai eu d'horribles cauchemars depuis qu'il est parti. Gobelins, » ajouta-t-elle avec un frisson. « En as-tu déjà vu un ? »

Doria secoua la tête. « Je n'ai jamais quitté Lothlórien. » Elle lâcha un petit sourire. « Penses-tu qu'il se soucie un peu de toi ? »

Elanor hésita. « Peu être un peu, mais à quel point je ne sais pas. » Ce n'était pas quelque chose dont-elle souhaitait discuter, elle changea donc de sujet, parlant à Doria de la partie de carte où Haldir avait parié ses services avec ses frères. Après coup, cela semblait drôle. « Mais il ne faisait que me taquiner, ajouta-t-elle avec un petit sourire. Tout ce temps, il savait que j'étais dans la cuisine. »

Doria acquiesça de la tête. « Quand même, c'était très vilain de sa part. » Elle sourit soudainement. « J'ai une idée pour que tu puisse le punir. »

« Oh non ! » dit immédiatement Elanor, pensant à la dernière fois qu'elle avait essayé de punir Haldir. « Je ne pense pas que ce soit sage. »

« Allez, c'est seulement un petit quelque chose. Quoiqu'il ce soit passé à Rivendell ne le laisse pas détruire ton sens du divertissement. »

« Qu'est-ce que tu as en tête ? » demanda Elanor, curieuse malgré ses réserves.

Se penchant plus près, Doria murmura son idée à Elanor et toutes deux pouffèrent bientôt hystériquement. « Tu vois ? » haleta Doria, sa main pressée sur sa poitrine. « Il ne pourras pas être en colère contre toi pour ça. Je lui ai même dit une fois qu'il avait une grosse tête, et il a rit. Et tu dois admettre que ce sera très amusant ! »

« Oui en effet, » convint Elanor, ses lèvres se convulsant à l'image venant à son esprit.

x

Loin au nord, Haldir se tenait seul sur un flet, parcourant la missive que Rúmil avait envoyé via pigeon voyageur. Ses frères gardaient un œil sur Elanor et elle allait bien, excepté un ou deux mauvais rêves. Rúmil laissait entendre qu'il prenait personnellement grand soin d'elle, mais Haldir sut lire entre les lignes et sut que c'était plus de la taquinerie que du sérieux. Si Rúmil la gardait occupé et l'amusait, cela allait pour Haldir. Tout de même, il y avait une chance pour qu'Elanor tombe amoureuse de Rúmil … Haldir fronça les sourcils à cette pensée. Il ne voulait pas qu'Elanor soit blessée, ni qu'elle tombe amoureuse de quelqu'un d'autre que lui. Mais il y avait peu de chose qu'il pouvait faire si elle tombait amoureuse de quelqu'un d'autre.

Il plia la lettre et la rangea, tournant calmement son regard vers la plaine au delà de la ligne des arbres. Quelques jours plutôt, un petit groupe d'Orcs était apparu et ils s'en étaient vite chargés ; autre que ça, cela avait été tranquille. Et cela voulait dire qu'Haldir n'avait rien d'autre à faire que de penser à Elanor.

Bien qu'il réussissait à maintenir un calme extérieur, ses lèvres se rétrécirent de dégoût pour lui même face à son incapacité à contrôler ses pensées capricieuses. Nature, c'était tout ce que c'était, comme il l'avait dit à Rivendell. Néanmoins la nature ne l'avait jamais saisit à la gorge d'une telle façon. Sa bouche se courba d'ironie. Non, ce n'était pas la gorge, mais une autre partie de lui que la nature tourmentait. Chaque pensée d'elle, chaque souvenir de son visage et de ses yeux, de sa voix et de son sourire, de ses longs cheveux sombres et de son doux corps de femme amenait cette implacable rage brûlante en lui.

Il mourrait d'envie pour elle d'une manière dont il n'avait jamais eu envie de personne, et le temps passé séparément avait renforcé cette envie plutôt que de l'atténuer. Avec les jours qui passait, tout ce à quoi il pouvait penser était son désir pour elle, comme il désirait la prendre dans ses bras et lui donner du plaisir au delà de ses rêve les plus fous. Et quand il se reposait – ou essayait – il passait des heures à bouger inconfortablement, vibrant d'un besoin chaud, dure et non partagé, imaginant ce qu'il ne devrait pas imaginer pour la paix de son esprit.

Pour ce distraire, il avait passé beaucoup de temps à méditer le sens des paroles de la Dame disant que ce n'était pas l'action mais l'intention qui définissait l'honneur. Il n'était pas sûr d'être d'accord et cela le perturbait. Il n'avait jamais été en désaccord avec Galadriel avant ; c'était impensable. Et si quelqu'un avait l'intention de faire du bien et échouait dans sa tentative, et qu'un grand mal en ressortait ? Il avait toujours cru que les résultats étaient aussi importants que les actions. Que disait la Dame ? Quelqu'un base une action sur l'expérience et la sagesse, et s'il choisi mal, alors il devra sûrement être tenu pour responsable. Mais peu être que ce n'était pas ce qu'elle essayait de dire.

Haldir secoua la tête avec incertitude. Si l'intention est noble et le résulta ignoble, l'interprète de l'action devait-il être tenu pour responsable ou coupable ? Plus il considérait cela, plus il raisonnait en boucle, une expérience modeste pour une de ses années. Il avait dit une fois qu'une personne ne pouvait jamais trop penser, mais peu être avait-il tord. Ses lèvres se convulsèrent à cette idée. Qu'est-ce que ces frères ne donneraient pas pour l'entendre admettre cela !

Ses pensés retournèrent vers Elanor. Cela lui faisait plaisir de l'imaginer au terrain de tir à l'arc, portant le carquois qu'il avait fait pour elle, sa bouche figée de détermination alors qu'elle visait la cible avec la flèche. Il avait reconnu son regard d'intense concentration ; il l'avait souvent vu sur le visage de ceux qui, par la suite, étaient devenus les meilleurs archers. Il pensa à la manière dont elle s'était entraînée, avec une telle assiduité, au point de se faire mal. Il avait rarement vu une élève si avide, néanmoins il réalisa que son manque de confiance en elle et sa nervosité rendait difficile pour elle de se concentrer quand d'autres regardaient. Elle irait au delà de ça avec le temps. Une fois qu'elle se sentirait plus à l'aise avec les mouvements, la posture, et les yeux qui la regardaient. Il comprenait son envie d'exceller, car il avait été pareil autrefois.

Il changea de position et regarda loin devant, conscient qu'à presque tout les moments de chaque jour, Elanor réclamait une partie de son attention. Toujours au bord de son esprit, planait les pensées de l'achèvement pour lequel il se languissait. Toujours flottant dans sa tête, les mots qu'il souhaitait lui dire et qu'il ne pouvait pas dire, du moins pas tant qu'elle était sa pupille. Il devra attendre un an. Et qu'est-ce qu'une année ? Rien du tout pour un elfe. Une simple goutte d'eau dans un océan de temps.

Néanmoins il n'avait jamais été si impatient, pas même quand il était un jeune elfe attendant quelque plaisir spécial. C'était absurde !

Pourtant, depuis un millénaire il avait voulu trouver quelqu'un qui le fasse se sentir ainsi, et c'était enfin arrivé. Peu être n'était-ce pas si extraordinaire qu'il soit impatient. C'était une impatience qu'il aurait à restreindre.

(à suivre)

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Note de la traductrice : coucou tout le monde. Je suis terriblement désolé pour mon retard, mais vous savez ce que c'est, le retour des vacances, un peu de mal à ce remettre dans le bain. Mais c'est bon, normalement j'ai retrouvé mon rythme, il ne serras peu être pas aussi rapide qu'avant, mais je peux vous assurer que je vais faire de mon mieux. Sinon, mes vacances en Ecosse on été géniale. Avec mes parents on a fait quelques belle ballades, et dans les bois écossais on ce serrait cru en Lórein, c'était trop beau, j'aurais pas été surprise si j'avais vue Haldir sortir de nul part. Mais non, rien de fabuleux n'est arrivé. OUIN ! Mais c'était quand même de belles vacances.

Bisous a tous et à toutes

Maintenant place aux réponses aux review :

Demoness lange : Trucider Haldir, là c'est un peu beaucoup, même si je sais que tu ne le pense pas vraiment, mais il faut dire que des fois il est un peu lent, ou alors trop gentleman. C'est vrai que c'est agaçant des fois. Mais bon on ne peut pas le changer, et on l'aime comme ça, pas vrai.

Marine : Merci pour ton petit mon d'encouragement ça fait toujours plaisir, et mes examens se sont pas trop mal passé, mais il faut que j'attende encore plus d'un mois pour avoir les résultats. Fait chier.

Zillah666 : C'est vrai tu as raison cette histoire est absolument fabuleuse, comme tout celle écrite par Julie ou Fianna les deux auteurs de le fic.

Bee orchid : Merci pour ton petit mot, même si ça ne parait pas être beaucoup cela me motive énormément de savoir que vous voulez la suite de cette histoire.

Faerie : ah Faerie, merci encore pour ta correction je sais pas ce que je ferrais sans toi, en faite si, il y aurais plein de faute d'orthographe dans cette histoire, comme avant. Merci encore pour ton aide grandement apprécier, et ne rougis pas, c'est pas la peine, tu mérite bien ces remerciements.

Linoubell : Content de voir que de nouvelle personne lise la fic et que ce ne sont pas seulement les inconditionnelle qui continue de la lire. Alors bienvenue à toi, et j'espère que chaque chapitre rempliras tes attentes.

Karmilla : Et oui, je sais les fics sur Haldir ne sont malheureusement que trop rare (mais les filles si vous avez des idées n'hésitez surtout pas). En tout cas je suis bien décidée a finir de traduire cette fic, qui compte maintenant 28 chapitre et qui n'est toujours pas finit, mais on en vois le bout. Cela va peu être me prendre plus d'un an pour tout finir, mais je vous livrerais tout. Et c'est un bon moyen pour ne pas perdre mon anglais.

Mimis : Désolé de t'avoir fait attendre, tu n'es pas trop déçue au moins, et j'espère que tu t'es régalée avec ce nouveau chapitre.