Voilà le chapitre 17! j'espère qu'il vous plaira,je le trouve vraiment très amusant bonne lecture à tous!oh!comme je l'ai dit dans le précédent chapitre(en espérant que cette foi ci elle s'affiche), voilà mon adresse mail si vous avez des questions ou des remarques:(marie. Et si vous avez aimer ou au contraire si vous avez détester n'hésiter pas à laisser des reviews, c'est toujours utile et plaisant!(en plus je me sens très seule quand il y a pas de reviews...)
Et si par hasard une âme dévouée et qui aime l'orthographe passe par ici, qu'elle n'hésite pas,je suis à la recherche d'une correctrice!
Réponse aux Reviews:
-Cyrca: coucou! Ahh mais c'est un plaisir pour moi d'avoir le privilège de traduire cette fic, elle est extraordinaire!merci beaucoup pour ta review, ça me motive vraiment énormément! Ton simple 'merci' représente tellement... j'espère que la suite te plaira et que j'aurais la joie de lire une autre si gentille review! Bisous, et encore merci!
-Isabellelp: boonjour!! lool tu as fait comme moi quand j'ai découvert cette fic, j'ai tout lue d'une traite! ahhh c'est sur que Haldir est particulièrement. .que dire...ouhlala je ne trouve même pas d'adjectif approprié! Exceptionnel peut être? En tout cas si le début t'a plus tu va être époustouflée par les autres chapitres!Julie et Fianna on réussi un chef d'oeuvre d'imagination et de poésie... j'espère que ce chapitre te plaira, je me suis beaucoup amusée à le traduire!merci merci merci pour ta review, je suis tellement soulagée de voir que ma traduction plait un peu! bises, Lya
Chapitre 17
Elanor était étendue sur son lit, incapable de dormir, son esprit remplit des pensées et d'inquiétude à cause des paroles de Lurien et du seigneur Celeborn. Haldir allait partir à la frontière au matin, et elle ne lui avait toujours pas parlé du concours de tir à l'arc. Elle ne savait pas pourquoi. Elle releva les genoux et fixa le plafond voûté, essayant de prendre une décision. Sa conversation de la veille avec Lurien l'avait agité, faisant peser une pression sur ses épaules comme jamais auparavant. Elle continuait à se demander ce qu'Haldir en penserait, si il nierait que sa participation et ses actions se réfléchissaient sur lui. Devait-elles inscrire? Et que se passerait-il si elle le faisait?
Finalement, elle ne pût en supporter d'avantage. Repoussant les couvertures, elle se leva et arrangea sa chemise de nuit, s'assurant que le petit décolleté était solidement attaché. Si elle allait parler à Haldir, elle ne voulait pas le distraire avec sa tenue, ou lui faire croire qu'elle essayait!
Respirant profondément, elle avança à pas feutré jusqu'à la terrasse ou elle s'arrêta ; le plus doux des gémissements s'échappait du lit de camp d'Haldir. Inquiète, elle se rapprocha, mais vit immédiatement qu'il était profondément endormit et non en train de souffrir. Cela ne faisait aucun doute qu'il rêvait.
Elle s'accroupit près de lui, l'observant en se demandant si elle devait le réveiller, et stupéfaite qu'il n'ait pas déjà sentit sa présence et ne se soit pas réveiller. Sa couverture tombait à sa taille, et le regard d'Elanor se déplaça de sa poitrine nue jusqu'à ses bras fort, remplit d'admiration et de tendresse. Comme elle souhaitait pouvoir le toucher toute les fois qu'elle le voulait . . .
Il gémit de nouveau . . . puis poussa un profond soupir, et sa respiration devint soudain encore plus irrégulière. Elle fronça les sourcils, incapable de déterminer si le rêve était agréable ou non, incertaine de devoir le réveiller . . . mais c'était évident qu'il n'était pas à l'aise.
"Haldir," chuchota-t-elle, très doucement.
Ses yeux s'ouvrirent brusquement. "Elanor!" C'était presque un halètement, inégal dans sa cadence.
Elle toucha sa main, mais fut prise au dépourvue quand, saisissant fermement son bras il la rapprocha de lui. "Elanor," répéta-t-il en respirant profondément. A travers son épaisse et sombre chevelure, le regard d'Haldir croisa le sien.
Elle le regarda à son tour, son coeur battant soudainement plus vite.
Ses doigts glissèrent le long de son bras pour venir se serrer autour de son poignet, fermement sans pour autant lui faire mal, mais juste assez pour qu'elle puisse sentir sa vaste force. Ses yeux étaient plongés dans les siens, et pour la première fois elle vit leur lueur brûlante.
"J'aime ton nom," dit-il d'une voix rauque. "Elanor." Il le prononça d'une manière étrange, avec l'accent sur la deuxième syllabe, comme il avait cette nuit à Fondcombe. "Sensuel et passionné . . . comme le vent dans les arbres . . . ou une mer impétueuse durant une nuit d'orage. Ou un vin rouge, sombre, riche, fort et . . . désirable. Elanor d'Imladris." Il s'attarda sur les syllabes comme s'il leur faisait l'amour.
Elanor déglutit, stupéfiée par son comportement. "De quoi est-ce que tu rêvais?" parvint-elle à demander.
"Je rêvais de toi." Ses yeux caressèrent son visage, sa bouche se courbant en un sourire léger. "Hier tu m'a parlé de tes rêves. Raconte les moi."
"Tu es sûr que tu veux savoir?" demanda-t-elle, se sentant soudain étrangement timide. Rêver ou même penser à ça était une chose, mais en parler à haute voix en était une autre. "Ca risquerait de te mettre mal à l'aise."
Son visage se radoucit, le faisant paraître beaucoup moins exigent qu'un instant auparavant, puis sa bouche s'incurva en un sourire espiègle et légèrement ironique. "Je pourrais difficilement être plus mal à l'aise qu'en cette instant, Elanor." Il fit une pause. "Dis-moi. J'emmènerais ce souvenir avec moi en partant."
"Et tes rêves? Tu ne veux pas en parler?"
Il se décala légèrement, se redressant sur un coude, la tenant toujours fermement. Elle vit ses yeux se fixer sur ses lèvres, glissant rapidement un peu plus bas avant de revenir à son visage. "Si tu le souhaite. Je commence?"
"Oui," dit-elle doucement. "Toi d'abord."
Il sembla amusé par sa réticence. "J'aurais dû me réveiller plus tôt," murmura-t-il. "J'ai senti ta présence, mais le rêve était si attirant que je me suis attardé." Il s'arrêta, la respiration irrégulière. "Nous étions à l'étang, le même ou je t'ai emmené l'autre jour. Tu m'éclaboussais en riant . . . et tu portais cette robe blanche si incroyablement brillante, mais je pouvais voir à travers elle, en sachant d'une façon ou d'une autre que tu ne le savais pas. Tu tournais sur toi même et je pouvais voir chaque parcelle de toi, et je n'ai pas eu la force de cesser de regarder parce que tu étais tellement belle."
Il libéra son poignet et plaça sa paume contre sa joue, frottant son pouce contre sa paumette tandis qu'il ajouta, avec sa célèbre franchise, "Je voyais incroyablement bien tes seins, le léger rebond qu'ils faisaient quand tu te déplaçais, et soudain la robe avait disparue. Tu m'a demandé de te faire l'amour, et alors tout a changé et nous étions dans un champ, remplis de fleur d'elanor dorée, mais les fleurs étaient si grande qu'elles nous cachaient du monde. Et la dernière chose dont je me souviens . . . " Il s'interrompit, l'évaluant comme pour savoir si il devait continuer . . . "la dernière chose dont je me souviens," répéta-t-il, "j'étais profondément en toi et j'écoutait tes gémissements." Il fit une pause. "C'était mon rêve, Elanor. Maintenant j'écoute le tien."
Elanor baissa les yeux, la respiration difficile. "Dans celui que j'ai fait la nuit dernière nous étions à Fondcombe," dit-elle à basse voix. "C'est peu un difficile à expliquer. Assez embarrassant, en fait."
"Ah, alors il doit être très intéressant en effet. Ne sois pas embarrassé, Elanor. Tu sais comme je suis attaché à toi. Dis-moi." Haldir approcha sa main de ses lèvres et baisa sa paume en un baiser si sensuel qu'elle frissonna.
Aidée par sa toute nouvelle audace, elle croisa son regard , et ce qu'elle y vit l'encouragea à dire, "Nous étions chez moi, dans ma chambre, et mes parents n'étaient pas la, comme maintenant. Tu étais attaché au lit, mais tu n'étais pas fâché contre moi . . .tu plaisantais et tu semblais aimer ça." Elle vit son sourcils se soulever, et sentit ses joues s'empourprées. "C'était un jeu," ajouta-t-elle. "Et je . . . hum . . . je t'embrassais."
"Où?" Il avait un léger sourire sur les lèvres, montrant qu'il appréciait particulièrement ce type d'échange.
"Sur les lèvres." Elle avala. "Pour commencer. Et puis . . . à d'autres endroits. Plus bas."
Elle le vit fermer les yeux pendant un instant. "Elanor, tu ferais mieux d'aller te recoucher avant que . . . "
Elle se pencha et l'embrassa sur la joue. "Tu m'a donné du plaisir une nuit. Ne veux tu pas que je fasse la même chose pour toi?" Elle entendit sa respiration sifflante et se sentit légèrement coupable, car elle ne désirait pas rendre les choses encore plus difficiles pour lui.
"Non," dit-il d'une voix irrégulière, "mais peut-être un baiser."
Elle ne pouvait dire si ce fut elle qui se rapprocha de lui ou bien lui qui la pris dans ses bras, mais ils furent soudain l'un contre l'autre, leurs lèvres scellées en une tendre mais passionnée exploration, remplie d'affection et de désir ardent. Respirant son parfum, Elanor se serra sans hésitation contre lui, appréciant le contact de sa bouche en feu avec la sienne, savourant la chaleur et la dureté de son corps ainsi que la force de son bras, toujours enroulé autour de sa taille. Etais-ce que un seul baiser ou plusieurs successif? Quoi que ce soit, elle essayait de lui donner quelque chose dont il se rappellerait et dont le souvenir le suivrait quand il partirait loin d'elle, à la frontière . . .
Quand il la relâcha enfin, il murmura, "J'ai fais un autre rêve, un rêve très beau. Un jour je te le raconterais."
"Dis le moi maintenant," dit-elle.
Il caressa ses cheveux. "Non, je le garde pour une autre fois. Peut-être que tu en auras d'autres également. Je ne vois pas de mal à les partagés puisque nous . . . sommes attachés l'un à l'autre. Mais laisse nous d'abord les savourer, un par un. Et maintenant," dit-il doucement, "va te recoucher. Tu me tente presque à la limite de ma résistance. Fais ce que je te dis s'il te plait."
Il fut un temps où Elanor aurait protestée, mais cette période était révolue. Avec un signe de la tête, elle prit sa main et l'a porta à ses lèvres, embrassant sa paume exactement comme il l'avait fait avec elle. "Dors bien, mon gardien," murmura-t-elle en se levant.
Ce n'est que lorsqu'elle fut de retour dans le grand lit, seule, qu'elle se rendit compte qu'elle avait oubliée de parler du concours de tir à l'arc. Ah tant pis. C'était la dernière chose à laquelle elle voulait penser en ce moment. Elle penserait à ça demain après qu'Haldir soit partit.
xxx
Rúmil était assis sur une branche devant son talan et regardait à travers une brèche dans les arbres l'endroit où il savait qu'elle marchait parfois la nuit quand elle ne dormais pas. Il savait qu'elle était soucieuse parfois, exactement comme lui même l'était, mais il ne savait pas pourquoi. Une fois, lors d'une nuit semblable à celle ci, il était allé la voir pour lui parler, mais elle n'avait pas apprécié sa présence et lui avait dit de partir, comme s'il était un enfant agaçant. Il se souvint qu'il avait été un peu blesser . . mais pour une raison étrange cela avait également intensifié son intérêt pour elle.
Cela n'avait absolument aucun sens.
Il la connaissait depuis des centaines d'années, il s'était parlés un nombre de fois incalculable. Il croyait vraiment qu'ils avaient toujours été amis. Et elle l'aimait, il le savait. Alors pourquoi ne pouvait-il pas la séduire comme il en avait séduit tant d'autres ? Elle semblait être la seule demoiselle non mariée de la Lórien qu'il ne pouvait pas avoir quand il le souhaitait. Par les Valar, c'était tellement frustrant!
Durant beaucoup d'années il ne lui avait jamais accordé beaucoup d'attention. Elle avait juste été une ellith de plus, une avec laquelle il flirtait. Il se souvint qu'elle aussi flirtait souvent avec lui . . . quand avait-elle arrêtée? Il ne s'en rappelait pas vraiment.
Elle n'était pas aussi belle que certaines des autres. Elle était jolie, naturellement, comme toutes les elfes. Mais certaines étaient plus jolies que d'autres. Certaines, comme Healea, les surpassait toutes par sa beauté d'une manière inexprimable. Mais il n'aimait pas trop Healea. La beauté ne fait pas tout, pensa-t-il en fronçant les sourcils.
Il soupira et s'étira contre la branche, souhaitant savoir quoi faire. Y avait-il une manière d'attirer son attention? Il pensa brièvement aller demander à Elanor d'être son émissaire, mais il écarta l'idée presque immédiatement. Elanor n'était pas aussi subtile qu'elle le pensait, et il ne voulait pas que qui que ce soit connaisse son secret pour l'instant. Il ne voulait vraiment pas être raillé par ses camarades surveillants alors que cette affaire était si importante pour lui.
Que voulait-il vraiment? C'était ça le problème. Depuis toujours il voulait être libre -libre d'être un surveillant de Lothlórien, de se battre, de boire, de faire la bringue, de faire l'amour, et surtout de rire, de plaisanter et de flirter. Il n'aimait pas se mêler aux mortels comme le faisait parfois Haldir. Il souhaitait rester ici, en Lórien, où il se sentait chez lui, pour la défendre de toute ses forces, avec tout son amour et son courage. Il savait qu'un jour il naviguerait à l'ouest, mais pas avant très longtemps. C'était son unique certitude.
Un mouvement au loin attira son attention, il se pencha en avant, écartant une petite branche gênante. Ah, elle était là. Il savait bien qu'il ne devait pas faire comme la dernière fois, quand elle lui avait dit de partir, c'est à dire sauter d'une branche en hauteur pour l'effrayer. Et le fait qu'il ait glissé un bras autour de sa taille en l'embrassant dans le cou n'avait pas arrangé la situation. Elle avait parut vraiment en colère contre lui.
Comme il l'avait fait tant de fois, il essaya d'analyser exactement ce qui l'attirait à ce point chez elle. Il aimait ses mouvements sûr, la manière dont elle bougeait la tête et les mains, sa façon de se concentrer sur ce qu'elle faisait avec toute son attention. Et il appréciait son sens de l'ironie, sans parler de son visage élégant. Mais il y avait autre chose.
Un incident lui revint en mémoire, bien qu'il s'était produit il y plus de soixante-trois
ans. C'était juste après qu'un de ses amis ait été tué durant une bataille. Il avait essayé de cacher sa peine et il n'avait pas très bien réussi. Les autres demoiselles étaient restées à l'écart, respectant son apparent désir de solitude. Il était allé dans le jardin de Galadriel et y était resté pendant des heures, regardant fixement les fleurs, se demandant pourquoi elles vivaient alors que son ami était mort. Et puis, tard dans la soirée, elle était venue et s'était assise près de lui, sans demander la permission, sans dire un mot, sans un bruit. Elle avait juste pris sa main et l'avait tenu pendant un long moment, jusqu'à ce qu'enfin les larmes aient coulées le long de ses joues et qu'il puisse pleurer. Il ne l'avait même pas regardée, il n'avait même pas remarqué sa présence, mais elle lui avait tenu la main et c'est tout ce qui comptait. Ils n'en avaient jamais reparlé, réalisa-t-il soudain. Il ne l'avait même jamais remercié.
Ce n'est pas étonnant qu'elle ne l'ai pas favorisé.
Il la regardait à présent, observant comme elle était assise, la tête inclinée, comme si elle priait ou qu'elle méditait sur d'importants sujets. Ce n'était pas le genre de Rúmil. Il n'était pas du tout comme elle. Elle lui avait dit une fois, il y a quelques années, qu'elle préférait qu'il soit sérieux, mais ce n'était pas quelque chose qu'il était décidé à faire. Il ne pourrait jamais être comme elle voulait qu'il soit . . . mais quoi qu'il en soit il était bien décider à la courtiser.
Haldir avait raison. Il ferait mieux de mettre au point une stratégie pour qu'elle le voit sous un autre jour. Il souhaitait tellement savoir quoi faire. Peut-être devrait-il lui demander de poser pour Gwyllion pour qu'il puisse avoir un portrait d'elle. Que penserait-elle de ça? Il devait y réfléchir.
En attendant, il était temps qu'il aille se coucher. Seul.
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"Je reviendrais dans trois ou quatre semaines comme la dernière fois," dit Haldir dans la matin, son ton vif et calme. Il se tenait devait elle, vêtu de son uniforme gris de surveillant, sa longue, lourde épée ceinte à sa taille ainsi que son carquois et son arc sur son épaule. Il semblait fort, dangereux, et parfaitement capable de traiter tous les défis et les problèmes qui pourraient surgir. "Adieu, Elanor."
Elanor inclina la tête. Elle voulait lui dire qu'elle souhaitait qu'il n'y aille pas, mais il devait sûrement le savoir alors le dire à haute voix serait inutile. Elle mit également de côté le problème du concours de tir à l'arc. Elle réalisa que parler de cela maintenant ne servirait qu'à gâcher l'instant; elle voulait que leur au revoir soit léger et insouciant de tel sorte qu'il puisse en garder un souvenir chaud et agréable. Ce serait son cadeau ; elle ne le l'accablerait pas de son inquiétude et de ses soucis.
À la différence de son précédent départ, il n'hésita pas, mais s'approcha doucement en prenant ses mains, ses yeux plantés dans les siens. Ses doigts serrèrent ceux d'Elanor, puis il la serra contre lui en l'embrassant chastement sur les lèvres.
"Rêve bien," dit-il d'un ton enjoué.
"Haldir," dit-elle, "c'était à peine un baiser. Ne peux tu pas faire mieux?"
Il leva la tête et la regarda, son nez noble levé avec une arrogance évidente. "Elanor, tu es incorrigible. Tu veux que je quitte Caras Galadhon avec des pensées de toi perturbant ma tranquillité?"
Grimaçant, Elanor libéra ses mains et glissa ses bras autour de son cou, levant les yeux vers lui. "Si tu parle de ce que je pense, ta tunique le cachera."
Elle le regarda tandis qu'il essayait d'avoir l'air sévère, mais la légère courbure de ses lèvres le trahissait; alors il laissa enfin échapper un petit rire en la serrant d'avantage contre lui. "Ca, ma douce pupille, ce n'est pas ce que je considère comme étant une remarque compatissante Après la nuit dernière, je pensais que tu aurais pitié de moi."
"Oh, j'ai beaucoup de pitié," taquina-t-elle, "mais tu ne me permet pas de la démontrer."
"Je suis trop clément avec toi, Elanor. Si tu étais l'un de mes surveillants, je ne tolérerais jamais une telle impertinence." En dépit de ses paroles, elle pouvait entendre l'amusement dans sa voix et elle savait qu'il appréciait un tel enjouement.
"Vraiment," dit-elle. "Que ferais tu?"
"Je t'affecterais au poste le plus isolé et la plus ennuyeux que je pourrais trouver, et je m'assurerais que tu y reste jusqu'à ce que tu ais appris la leçon."
"Alors je suis très heureuse de ne pas être l'un de tes surveillants. Je préfèrerais plutôt être . . . " Elle s'interrompit brusquement, se demandant si elle n'allait pas trop loin.
"Etre quoi?" dit-il, une lueur de défis dans les yeux.
Elle porta son regard sur ses lèvres. "Etre ton amoureuse," finit-elle, le coeur battant la chamade. "Ce qui serait beaucoup, beaucoup plus agréable."
Il se rapprocha, de sorte que ses lèvres aient effleurer celle d'Elanor. "Tu m'enchante, Elanor," murmura-t-il, "et c'est quelque chose que je n'ai jamais dit à quelqu'un d'autre avant toi." Puis il l'embrassa aussi entièrement et profondément qu'elle le souhaitait, l'étreignant tellement fermement contre lui qu'elle sentit rapidement l'inévitable réveil de son désir, serré contre son estomac. "Voila, je suppose que tu est fière de toi," murmura-t-il. "Le résultat de ce baiser est maintenant très clair." Il posa son front contre le sien, le souffle court.
"Peut-être que ça te satisfera de savoir que je ressens la même chose," dit-elle doucement.
"Ça me satisfait," admit-il, "mais ça rend les choses encore plus difficile. Mais je suis fort et peux supporter ça." Cette affirmation semblait destiné d'avantage à lui qu'à elle. "Ça m'aide de savoir qu'un jour prochain nous serons en effet des amoureux."
Sur ces mots, Haldir l'embrassa sur le front et sortit. Elanor l'observa s'éloigner, ses lèvres toujours picotement et sensible. Un frisson d'excitation l'a parcourut tandis qu'elle se remémorait toute les choses qu'il lui avait dit, le compliment, la plaisanterie et la promesse de choses à venir.
Pourtant soudainement une nouvelle émotion s'insinua en elle, une qui n'avait pas été présente dans son coeur jusqu'à maintenant. L'appréhension. Et si elle le décevait ? Après tout, elle ne savait presque rien à propos des rapports sexuels. En réalité elle n'avait aucune idée de ce qu'il fallait faire, même si c'est elle qui avait proposé de le faire. Et si elle échouait le moment venu? Et si elle ne le satisfaisait pas du tout ?
A chaque fois elle avait été impudent avec lui, incroyablement impudent, bien plus impudent qu'elle ne l'avait jamais été avec qui que ce soit. Elle n'avait jamais réfléchie à ça, ni même cherché une explication à son comportement. Elle l'avait poussé à bout, et maintenant elle allait enfin avoir ce qu'elle désirait tant, un amant. Et pas simplement un amant, mais celui qu'elle cherchait, celui dont elle avait rêvée nuit après nuit durant des semaines et des mois. En fait, elle l'attendait depuis des années, bien qu'elle ne savait pas qui cela serait, ni à quoi il ressemblerait, ni comment et quand ils se rencontreraient. Mais son coeur aspirait à ça depuis si longtemps, quelqu'un à cajoler, à embrasser,à chérir, à aimer et avec qui plaisanter.
Mais maintenant qu'Haldir l'avait dit, qu'ils seraient amant, comme un fait incontestable, tout était différent. Elle se sentait particulièrement nerveuse, naïve, ignorante, et terriblement, terriblement inexpérimentée. Même ses rêves, aussi excitant qu'ils soient, restaient néanmoins très vagues. D'accord, Haldir savait qu'elle n'avait aucune réelle expérience, mais après la manière dont elle s'était comportée à l'étang, en le touchant de manière si audacieuse, il s'attendrait sûrement à ce qu'elle sache ce qu'elle faisait. Il s'attendrait à ce qu'elle lui donne autant plaisir qu'il lui en avait donnée, mais elle n'avait aucune idée de la manière de faire cela. Et quand il découvrirait qu'elle ne savait absolument pas quoi faire, il serait patient,compréhensif . . . et déçu. L'idée la angoissa. Pourquoi n'avait-elle pas pensée à ceci avant?
Elle avait besoin d'information. Elle devait savoir ce qu'elle était sensée faire, ce qu'elle était sensée savoir. Et surtout quoi faire quoi qu'il arrive. A qui devait elle demander ? A ses amies? Une possibilité, mais alors elle seraient toutes au courant de sa relation avec Haldir, et jusqu'ici elle avait caché ceci à tout le monde, excepté à Doria. Elles l'embarrasseraient avec leur plaisanterie, et sans aucun doute son secret serait dévoilé à tous. Doria garderait son secret, mais Doria hésitait à aborder de tels sujets, et Elanor ne voulait pas mettre mal à l'aise sa plus précieuse et plus proche amie. A qui d'autre pouvait-elle demander ? A qui pouvait-elle faire confiance ?
Un seul nom lui vint à l'esprit.
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Durant les jours qui suivirent, Rúmil continua à ruminer ses sombres pensées. Haldir l'avait laissé à la ville, avec de nouveau l'ordre de veiller sur Elanor, mais il ne savait pas si il en était heureux ou dépité. Orophin était rester aussi, bien que Rúmil ne savait pas si c'était dû à un élan de compassion de la part d'Haldir ou à son incapacité d'être en présence d'un Orophin qui souriait continuellement. Rúmil lui avait suggéré qu'un certain temps à la frontière serait bon pour Orophin, mais Haldir n'avait pas été d'accord.
"J'aurai besoin de lui bien assez tôt," avait dit Haldir. "Il peut rester avec Doria pour le moment. Il y en à d'autre qui peuvent prendre sa place."
"Mais ça serait bien qu'il soit séparé d'elle!"avait protesté Rúmil. "Par le Mordor, il s'habitue trop à la constante . . . euh. . . compagnie féminine." Il avait été sur le point de dire 'copulation constante', mais c'était un terme trop grossier pour parler de la douce Doria.
Haldir l'avait regardé ironiquement. "Jaloux?" s'était-il moqué.
Rúmil avait été forcé de le reconnaître, et il n'avait pas aimé ça parce qu'il n'avait jamais été jaloux d'Orophin auparavant, du moins pas depuis leur enfance. Il aimait Orophin et il voulait qu'il soit heureux, mais à chaque fois qu'il le voyait avec Doria, semblant en adoration l'un pour l'autre, il était agacé, frustré et surtout mélancolique.
Quant à l'objet de son affection, elle ne semblait même pas avoir remarquée ses changement d' humeur. Il lui avait parlé hier, il lui avait dit qu'elle était belle, mais elle avait simplement rit avant de s'éloigner. Ce n'était pas la réaction à laquelle il s'était attendu, et il s'était sentit complètement déboussolé. Comme il l'était depuis des années, réalisa-t-il. Quand avait-elle cessée de flirter avec lui ? Pourquoi avait-elle arrêtée? Qu'avait-il fait de mal?
Ce qui l'inquiéta vraiment fût l'idée qu'elle avait simplement dû mûrir d'une manière qu'il ne connaissait pas et qu'il ne connaîtrait jamais. Il n'aimait pas l'idée qu'elle puisse le considérer comme un enfant au lieu du guerrier habile et puissant qu'il était et qui pourrait lui donner un grand plaisir si elle le laissait faire. Pendant un instant, il souhaita qu'elle ait l'occasion de le voir durant une bataille, mais il mit rapidement cette idée de côté. Il ne voulait pas qu'elle voit ce genre d'horreur, ni qu'elle soit confrontée à une telle brutalité . . . bien que cela pourrait changer l'opinion qu'elle avait de lui . . . quoi qu'il en soit, cela le déprimait.
Les femmes! Il secoua la tête et soupira. Il devait rapidement trouver une solution. Il n'avait pas l'intention d'abandonner si facilement, ni vraiment aucune intention de vivre sans sexe pour le restant de ses jours! Cette seule perspective le rendait malade.
Ayant besoin d'un endroit tranquille pour penser, Rúmil se dirigea vers le jardin de Galadriel. Assez curieusement, c'était l'endroit ou il se sentait le plus proche de celle qu'il aimait corps et âme. Parfois il venait ici juste pour penser à son ami assassiné, Ainon. Il pensait à combien il lui manquait, et il pensait également aux jours ou il était en deuil quand elle était venue lui tenir la main. Il avait longtemps mit ceci de côté , mais pour une raison étrange il y pensait souvent depuis quelques temps, particulièrement quand il venait dans cet endroit précis du jardin ou tout avait commencé.
Il ferma les yeux, et sentit soudainement que quelqu'un approchait. Un espoir fou l'envahit. Serai-ce elle? Pourrait-elle se rappeler pourquoi il était assis ici ? Il attendit sans faire un geste et sans un regard, son coeur battant rapidement, puis enfin une ombre s'arrêta devant lui et parla.
"Rúmil, je peux te parler?" C'était seulement Elanor.
Cachant sa profonde déception, il se tourna vers elle avec un sourire amical. "Bien sur, Ellie. Tu préfère t'asseoir ou bien marcher un peu?"
"Oh, oui marchons," dit-elle rapidement. Son air embarrassé attira l'attention de Rúmil. "C'est une si belle journée," ajouta-t-elle, avec un peu trop d'enthousiasme. Quelque chose dans sa voix le rendit soupçonneux. . . et gêné. Il aimait beaucoup Elanor, mais il connaissait également la faciliter qu'elle avait à s'attirer des ennuis. Il se demanda si elle avait fait quelque chose qu'elle n'aurait pas dû faire, comme s'être inscrite à ce maudit concours de tir à l'arc.
"En effet," dit-il, sautant sur ses pieds. "Tu as besoin d'aide concernant un problème?"
"Ce n'est pas exactement un problème," répondit-elle en évitant son regard. "Regarde, Rúmil, cette plante a un nouveau bourgeon. C'est beau n'est ce pas?"
Il se rapprocha d'elle pour admirer le rosier, observant la façon dont elle caressait la fleur avec la même délicatesse qu'il emploierait pour remettre un oisillon dans son nid. Touché, il observa son visage, étudiant ses traits. Il vit soudainement pourquoi elle pourrait convenir à Haldir comme aucune n'autre avant elle, bien qu'il ne puisse pas expliquer ceci d'une manière logique. Ses soupçons commencèrent à diminuer ; peut-être qu'elle voulait seulement être avec lui. Après tout, ils étaient devenus de bon amis.
Elle s'éclaircit la gorge, ses yeux fixées sur les fleurs à la manière d'une mère veillant sur ses enfants. "J'ai une question à te poser, Rúmil. Tu m'a toujours dit que si je voulais savoir quelque chose j'avais juste à te le demander."
"C'est vrai," répondit-il galamment en priant elle ne l'interroge pas encore une fois a propos du tir à l'arc. Elle semblait légèrement plus rouge que d'ordinaire, mais peut-être étais-ce juste à cause de la lumière.
Elle se pencha afin de sentir une rose, de sorte qu'il ne puisse voir que sa nuque. "J'espère que ma question ne t'embarrassera pas, mais . . . je voudrais que tu me dise deux ou trois choses sur les . . . hommes."
"Les hommes," répéta-t-il, soudainement inquiet. "Que veux tu savoir?"
Quand elle cacha une nouvelle fois son visage, il sut qu'il devait se préparer à ce qui allait suivre. "Rúmil, je voudrais que tu me parles des rapports sexuels."
Une fois le choc passé, Rúmil essaya de cacher sa gêne. "Ellie, euh . . .ce n'est pas quelque chose dont tu devrais parler avec tes amis? Tes amies femmes, je veux dire?"
Elle lui jeta un rapide coup d'oeil, ses joues beaucoup plus roses qu'un moment auparavant. "Je pourrais, mais elles voudraient sûrement savoir pourquoi je demande ça. Et puis je souhaite avoir des informations d'un point de vue masculin."
Rúmil hésita, cherchant désespérément une manière intelligente de finir cette discussion. "Si tu veux parler à un homme, je pense que tu devrais voir Haldir. Je veux dire, c'est ton gardien . . . " Sa voix se fana tandis qu'il essayait de ne pas imaginer ce qu'Haldir répondrait à une telle question.
"Haldir n'est pas ici pour me répondre," répondit-elle, "et de toute façon je ne veux pas lui demander."
"Oh," dit Rúmil d'une voix faible. "Heu . . . pourquoi?"
"Parce que je ne veux pas qu'il sache que je n'y connais rien." Elle se tourna vers lui, ses mains serrées, son regard portant cette trace d'obstination qu'il commençait à reconnaître. "Tu préfère peut-être que j'aille demander à Lurien?"
"Non!" s'écria Rúmil énergiquement. "Surtout pas ! N'y pense même pas!" Les rouages de son esprit commencèrent à tourner frénétiquement. Le sexe était l'un de ses sujets préférées ; il était très bon en pratique mais beaucoup moins en explication. Cependant, pour le bien d'Elanor, il savait qu'il devait dire autre chose. "Pourrais tu me dire clairement ce que tu veux savoir?" dit-il finalement, essayant de paraître plus assuré qu'il ne l'était réellement. Pour la première fois de sa vie, il eu la désagréable impression de savoir ce que cela faisait d'être père.
"Je sais les bases, évidement," dit-elle d'une voix un peu saccadée. "Mais je suis sûre que tu le sais déjà."
Il n'y avait aucune trace d'accusation dans sa voix, juste une charmant dignité qui poignarda son coeur en le remplissant de remords pour ce que lui et Orophin avaient fait à Fondcombe. Bien sur elle était en partie responsable, mais si ils avaient réalisé à quel point elle était innocente, ils n'auraient jamais enlevé les vêtements d'Haldir, et ne l'auraient peut-être même jamais attaché à son lit. Cependant, cela aurait également signifié qu'elle serait toujours là bas, et juste pour ça il ne regrettait rien du tout.
"Je veux savoir," continua-t-elle, visiblement mal à l'aise, "ce qui donne du plaisir . . . aux hommes. Ce que je dois faire. . . ou savoir si je veux . . . donnez du plaisir à. . . quelqu'un."
"Je présume que tu parle d'Haldir," dit Rúmil, avec toute la douceur et le tact qu'il possédait.
Elle inclina la tête, et lui jeta un rapide coup d'oeil, le visage cramoisie. "Rúmil, je ne veux pas . . . le décevoir." Les deux derniers mots furent presque chuchotés. "Tu peux me donner des informations?"
Rúmil respira profondément. "Ellie," dit-il maladroitement, "tu dois comprendre que je n'ai aucune idée de ce qui plait à Haldir. Il ne me parle pas de ça. Mais j'imagine que si vous devenez plus proche l'un de l'autre, il t'enseignera ses préférences."
Ses yeux bleus le fixèrent d'un air suppliant ; il put sentir à la fois son embarras et sa détermination à en savoir plus. "Mais il doit bien y avoir quelques généralités. Tu ne pourrais pas me donner quelques idées ou. . . des conseils? Je ne veux pas être trop ignorante quand . . . si. . . quand . . . ça arrivera. Je ne veux pas tout gâcher."
Rúmil sentit une subite et inattendue vague d'approbation l'envahir. Cela faisait longtemps que quelqu'un s'était suffisamment intéressé à Haldir pour s'enquérir de ce qu'il aimait. Trop souvent, les femmes désiraient Haldir parce qu'il était le Surveillant de Mars et parce qu'il était beau, attirant et doué. Rúmil savait aussi que certaines d'entre elles considéraient l'arrogance d'Haldir comme un défis à relever. Elanor semblait être attachée à Haldir comme aucune autre avant elle, et il trouvait ça attachant et admirable.
Malheureusement, ce sujet de conversation était quelque chose que Rúmil avait désespérément essayé d'oublier ces derniers temps. Mais en dépit de ceci, il se composa une expression déterminée et dit, "Je pense que je peux te donner quelques indications, que . . . euh. . . selon moi la plupart des hommes trouvent . . . agréable." Il regarda autour de lui afin de s'assuré qu'ils ne seraient pas surpris. "Nous devrions peut être nous asseoir."
Elanor accepta, et ils cherchèrent un endroit confortable pour s'asseoir, la où Rúmil pouvait scruter dans toutes les direction afin être sûr que personne ne les espionnaient. Il déglutit, se demandant pourquoi c'était si difficile. Peut-être parce qu'il ne savait pas par où commencer.
"Tu sais ce qui ce passe quand un hommes devient excité, n'est ce pas? Je veux dire, tu a probablement vu . . . ce qui se passe, " ajouta-t-il en pensant à ce qui c'était passé à Imladris. Il croisa les doigts, car si elle disait non, cela serait gênant pour elle, ainsi que pour Haldir.
À son grand soulagement, Elanor acquiesça de nouveau.
"Bien,"dit-il en faisant une pause. Il posa ses mains sur ses cuisses, résistant à la tentation d'en essuyer la transpiration. "Eh bien . . . ahem." Il lui lança un regard rapide, et repris ses esprits. "Eh bien, tu dois savoir que. . . cette partie de nous . . . est très sensible . . . au contact . . . particulièrement quand elle est . . . au pleine action, si j'ose dire." Parler de ceci l'incita à vouloir se tortiller, et pas d'embarras.
"Je comprends," dit-elle, laissant un blanc dans la conversation pour qu'il poursuive.
"Et donc," dit-il rapidement, "cette partie aime être touchée. Frottée, " ajouta-t-il avec envie. "Et, hum, même . . . " Il hésita. Devait-il ou non dire ceci?
"Même?" dit-elle d'un ton pressant, les sourcils froncés.
"Euh, embrassée, si tu préfère. C'est une manière différente de lui faire l'amour . . .. Avec ta bouche, pour être clair. C'est. . . euh. . . différent."
Il respira profondément, observant son visage pour être sûr qu'elle comprenait le sens de sa phrase, et décida après quelques instant qu'elle avait effectivement compris. À son grand soulagement, elle ne semblait pas choquée ; pourtant il réalisa qu'il commençait à transpirer.
"Oh, je vois," dit-elle, après un longue silence. Elle observa son visage. "Rúmil, est-ce que c'est si difficile pour toi de m'en parler?"
Il lui fit ce qu'il considéra par la suite comme un sourire idiot. "Juste un peu," admit-il. "Je pense que tu aurais mieux fait de demander à tes amies. Je ne suis pas très doué pour parler de ça." Il avait presque failli ajouter qu'il était extrêmement doué pour le faire, mais il décida que ce n'était pas une chose appropriée à dire à Elanor. Il réalisa soudain que cette conversation était particulièrement déplacée, et qu'Haldir le tuerait si il en avait vent un jour.
Elanor soupira. "Je suppose que j'ai eu tort de te le demander, mais tu es l'un de mes plus proches amis en Lórien, et je pensait que ça ne te gênerai pas."
Rúmil pris sa main et la serra légèrement entre les siennes. "Ellie, je ne suis pas du tout gêné. Je suis désolé de ne pas avoir fait mieux. Et je suis profondément honoré que tu me fasse assez confiance pour me parler de ça."
"Tu es si bon avec moi," dit-elle humblement. "Je m'excuse de t'avoir embarrassé."
"Ce n'est pas grave. En fait je devrais te dire que . . ." Il fit une pause, hésitant, puis se jeta à l'eau. "La dernière chose dont je t'ai parlé . . . à propos des baisers . . . et de faire l'amour de cette manière . . . tu sais. . . "
"Oui?" dit-elle en lui jetant un rapide coup d'oeil.
"C'est extrêmement populaire. Haldir ne parle pas de ça, mais d'autres le font." Il sourit. "Je suis sûr que mon frère n'est pas différent de nous à cet égard, mais s'il te plait ne lui dis pas que j'ai dis ça. Je ne veux pas être envoyé à la frontière sans espoir de retour pour le siècle à venir."
Elanor sourit. "Je ne dirai pas un mot." Elle se pencha et l'embrassa sur la joue. "Merci, Rúmil. Si j'avais un frère, je voudrais qu'il soit comme toi."
Il se pencha et l'embrassa à son tour. "Fais attention avec tes dents," chuchota-t-il, puis à sa consternation, il se sentit rougir.
Elanor ris, et Rúmil également rit, ce qui la fit rire encore plus. Et ils rirent ensemble tellement longtemps et tellement fort que les larmes finirent à couler sur leur joues, alors , Rúmil glissa son bras autour des épaules d'Elanor en une étreinte affectueuse. Ce fut un moment qu'ils se rappelleraient éternellement, le début de leur vraie et éternelle amitié.
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Elanor avait passée tellement de temps à penser aux rapports sexuels qu'elle en avait presque oubliée le concours de tir à l'arc, mais le fait d'avoir aperçu par hasard le seigneur Celeborn le lendemain le lui remit en tête. Elle n'était même pas allée au terrain de tir à l'arc depuis Haldir était partit, en grande partie parce qu'elle voulait éviter de penser à tout ça. Et donc à la place du terrain de tir à l'arc, elle avait préférée aller au jardin de Dame Galadriel afin de s'occuper des fleurs, en pensant que leur énergie relaxante et bienfaisante convenait mieux à son humeur actuelle. Tout en réfléchissant, elle creusait doucement le sol, tout autour des racines d'une jeune et délicate fleur qu'elle avait l'intention de déplacer.
Devait-elle s'inscrire courageusement au concours et risquer un échec et une humiliation publique? Ou était-ce mieux de ne pas participer - le choix le plus lâche, mais qui l'épargnerait elle et Haldir, de l'embarras d'un échec assuré. Quel était le meilleur choix ?
Son esprit tournait en rond. Seigneur Celeborn lui avait suggéré de participer. Rúmil et Orophin lui avait dit non, Lurien avaient dit oui. Ce qu'elle faisait ce reflétait sur Haldir. Haldir devait sa position au Seigneur et à la Dame. Si leur respect pour Haldir diminuait, sa position pourrait-elle être en péril ou ses décisions remise en cause? Comment Galadriel et Celeborn réagiraient-ils ? C'était déjà assez humiliant qu'ils aient eu connaissance de sa conduite honteuse à Fondcombe. Si, depuis tout ce temps, Haldir n'avait pas réussit à lui apprendre à tirer correctement ou à faire preuve d'un minimum de courage, cela changerait-il leur opinion concernant sa capacité de meneur de troupe?
Elanor fronça les sourcils à cette pensée. Elle ne le se pardonnerait jamais si Haldir perdait le respect de son seigneur et de sa Dame à cause de quelque chose qu'elle avait faite. Seigneur Celeborn avait suggéré qu'elle participe au concours, c'était ceci qu'elle devait garder en tête. Il avait certainement dû en discuter avec Galadriel . . . mais n'était-elle pas trop vaniteuse se penser qu'elle pouvait être un sujet de conversation entre le couple royal? D'autre part, elle faisait confiance à Lurien, et elle croyait ce qu'il lui avait dit. Ses actes et ses décisions se sont reflétaient sur Haldir. Alors que devait-elle faire? Le choix semblait impossible - entre faire preuve d'un manque de courage ou d'un manque de compétence, lequel était le moins décevant?
"Elanor," dit une douce voix masculine, "toujours en train de travailler au jardin. Tu es aussi attentive avec ces fleurs que tu es négligente au sujet du tir à l'arc."
"Cela fait seulement deux jours, Lurien," répondit-elle, sans lui prêter attention. "Je vais retourner m'entraîner."
Elle sentit qu'il s'asseyait derrière elle, à sa gauche. "Je l'espère bien," dit-il, "après tout les effort que tu as fait, et tout le progrès accompli."
Elle lui jeta un coup d'oeil, notant la sincérité apparente de son expression. "Tu es sérieux ? Tu pense réellement que j'ai fais des progrès?"
"Le progrès n'est pas quelque chose de régulier," dit-il. "On fais un pas en avant, et puis un en arrière, puis on avance une fois de plus. Tu as fais ça plusieurs fois. Pourtant globalement, oui, j'estime que tu as fais des progrès." Il se rapprocha d'elle et plaça sa main sur la sienne, mais cependant pas assez longtemps pour qu'elle puisse avoir une bonne raison de faire une quelconque objection.
"Et si je m'inscris et que je me couvre de ridicule? Que ce passera t'il après?"
Il eu un sourire énigmatique. "En effet, que ce passera t'il après? Pourra tu en supporter les conséquences ? Et Haldir, pourra t'il ?"
"Même si je participais au concours, il ne le verrait pas," répliqua-t-elle, éludant volontairement le vrai sens de la question. "Il est à la frontière pour un mois. Tu es certainement au courant."
"Tu ne lui a pas demander son avis?" demanda Lurien, les sourcils froncés. "Il ne t'a pas conseiller d'une manière ou d'une autre?"
"Je pense que c'est une décision que je dois prendre seule," dit-elle sèchement. Elle n'aimait pas discuter d'Haldir avec Lurien ; étrangement, elle ressentait ça comme une trahison.
"Peut être, mais n'oublie pas qu'un manque de courage de ta part se reflètera également sur lui."
"Ainsi qu'un manque de compétence," précisa-t-elle, "comme tu me l'a si gentiment précisé."
Il ne répondit pas immédiatement, et quand il reprit enfin la parole , il semblait amusé. "Tu es en colère contre moi, Elanor?"
"Non!" s'écria t'elle avant de soupirer. "Je suis désolée, je n'ai pas l'habitude me comporter comme ça. Je suis seulement un peu perdue."
"Alors je vais te laisser réfléchir," répondit Lurien. "Je t'attend tout à l'heure sur le terrain de tir à l'arc. Nous reprenons tes leçons aujourd'hui."
En sursautant, Elanor le regarda. Elle l'avait presque oublié.
"Nous avons conclu un marché," lui rappela t'il les yeux brillant. "Je m'attends à ce que tu honore ta part du contrat, tout comme j'honore la mienne."
"Je veux en finir avec ce marché," dit-elle.
"Mais pas moi."
Elle le regarda, notant la manière dont ses yeux bleus fixaient les siens presque sans effort. "Pourquoi, Lurien?"
"Parce que je veux t'aider, Elanor. Est ce que je n'ai pas rendu ceci très clair?"
"Peut-être pourrions nous conclure une nouvelle affaire," suggéra-t-elle d'un ton plein d'espoir.
"Idée intéressante." Il arqua l'un de ses sourcils parfait. "A quoi pense tu?"
Elle baissa les yeux. Evidemment, elle n'y avait pas pensée avant ; elle n'avait d'ailleurs pas pensée à lui non plus. "Et bien . . . "
"J'y penserais," dit-il doucement, "mais jusqu'à ce que nous fassions un nouvel arrangement, l'ancien reste en place. Je n'aimerais pas avoir à penser que ta parole ne vaut rien. Cela ne serait pas bon pour ton image . . .ni pour celle de ton gardien."
"Très bien," dit-elle brusquement, "je te rejoindrais sur le terrain de tir à l'arc plus tard, exactement comme avant."
Avec une grâce exquise, il se leva, la dominant de toute sa hauteur tandis qu'il la regardait. Comme d'habitude, il était extraordinairement beau, si viril et redoutable. "Excellente décision, Elanor. A plus tard dans ce cas."
Frissonnant légèrement, Elanor le suivit du regard tandis qu'il contournait un massif de fleur jusqu'à ce qu'il disparaisse. Elle ne lui faisait soudainement plus autant confiance qu'avant.
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Le soir même, Elanor se reposait sur une chaise, les mains jointes sur ses genoux, remarquant à peine la brise qui soufflait à travers les fenêtres ouvertes et qui faisait bruisser les feuilles tout en portant ce doux parfum qui semblait si spécifique à la Lórien. Au lieu de cela, elle fixait ses doigts, ses pensées tourbillonnaient. Elle n'avait toujours pas pris de décision à propos du concours. La seule chose qu'elle savait c'est qu'elle avait fait une grande erreur en n'en parlant pas avec Haldir. C'était idiot. Très idiot.
Il était la seule personne dont elle aurait du demander l'avis avant de prendre la décision finale. Elle savait très bien qu'il s'attendait à ce qu'elle lui dise ces choses la, et qu'il désapprouverait qu'elle ne l'ait pas fait quand il le découvrirait. Car elle n'avait aucun doute la dessus, d'une manière ou d'une autre, il le découvrirait.
L'après-midi avait été un désastre. Elle avait pris son arc et son carquois et était allée au terrain de tir à l'arc ou Lurien l'attendait déjà comme prévu. Quelques instants plus tard, Rúmil était apparut, et une fois de plus tout était allé de travers. Elle avait essayé de les oubliés et de se concentrer, en pensant à sa position, à la façon dont elle devait tenir l'arc, au placement de ses pieds. Elle avait même imaginée qu'Haldir était à côté d'elle, et cela avait semblé fonctionner, parce que sa toute première flèche avait frappé la cible. Mais Lurien s'était sentit obliger de la complimenter, et cela l'avait distraite, alors Rúmil avait dit à Lurien de cesser de la distraire, et enfin ils s'étaient tout les deux éloignés et avaient eu une conversation à voix basse absolument pas amicale qu'elle avait essayé d'ignorer de toute ses forces. Mais elle n'avait pas réussit à toucher la cible de nouveau.
Qu'allait-elle faire au sujet de Lurien?
Un léger coup à la porte la sortie de ses pensées ; elle alla ouvrit la porte et vit Doria sur le seuil, un grand, heureux sourire sur le visage. Elanor l'a invitée à entrer, soulagée qu'Orophin ne soit pas avec elle, bien qu'elle se sente coupable de cette pensée.
"Orophin se repose," expliqua Doria, en rougissant violemment.
Elanor décida de ne pas lui demander pourquoi Orophin avait besoin de repos si tôt dans la soirée. "Je suis heureuse de te voir," dit-elle alors. "Tu dois être contente qu'il ne soit pas retourné à la frontière avec Haldir."
"Oh, oui tellement! Mais quand il partira, je serai forte, naturellement." Elle fit une petite pirouette autour dans la salle. "Ellie, j'ai un secret à te confier, c'est pour ça que je suis ici. Tu es la seule à qui je le dirai jusqu'à ce que je me décide." Elle s'arrêta devant Elanor et sourit. "Orophin m'a demandé de me lier avec lui."
Elanor sursauta. "Oh Doria ! C'est une merveilleuse nouvelle!"
"Ce n'est pas une décision facile à prendre, mais je pense réellement que je vais lui dire oui. Je n'imagine pas aimer quelqu'un d'autre comme j'aime Orophin. J'ai l'impression de voler à chaque fois que je suis avec lui ! Je n'ai jamais ressenti ceci avec qui que ce soit. Et puis je le connais depuis toujours, je sais ce qu'est un elfe véritablement bon ."
Elanor se pencha et embrassa Doria. "Je suis si heureuse pour toi," dit-elle sincèrement. "Vraiment, vraiment heureuse."
Elles discutèrent ensuite pendant un moment à propos du sérieux de la décision, et puis à propos d'Orophin et à quel point il était merveilleux, plein de bon sens et si splendide, mais ensuite Doria changea de sujet, en disant, "Lurien m'a dit que tu pourrais peut être participer au concours de tir à l'arc, mais Orophin pense que tu ne le fera sans doute pas. Tu as pris une décision?"
Elanor secoua la tête. "J'essaye toujours de me décider."
Doria inclina la tête d'un geste plein de compréhension. "J'aimerais pouvoir t'aider à prendre une décision, mais je ne peux pas. Si tu décide de participer, soit juste sûre de rester dans la catégorie débutant. De cette façon, tu ne devra pas affronter Healea."
"Vraiment? Healea est donc un archer si redoutable?" Elanor ne put résister à poser la question.
"C'est la championne en titre depuis au moins les soixante-quinze dernières années," répondit sérieusement Doria. "Elle est très, très bonne. Haldir était son instructeur." Elanor essaya de cacher sa consternation, mais Doria du le voir car elle ajouta rapidement, "Je suis sûr que tu pourra devenir aussi compétente. Cela prendra simplement un moment. Healea n'a pas toujours été aussi habile avec un arc que maintenant."
Le coeur d'Elanor se serra tandis qu'elle digérait cette information. "Je vois," dit-elle.
"Ne me laisse pas t'influencer. Si tu souhaite participer, alors n'hésite pas! Je viendrais te voir. Orophin et moi seront la pour t'encourager."
Elanor étudia le charmant visage de Doria, l'intensité et le soucis sincère dans ses yeux bleus. "C'est très gentil de ta part," dit-elle avec un sourire forcé.
Doria émit un drôle de petit grognement. "Ce n'est pas gentil. C'est ce que les amis font. Je m'attend à ce que tu fasse la même chose pour moi . . . sauf que je n'ai jamais appris à tirer. Je t'admire tellement pour ce que tu fais. Est-ce que je te l'ai déjà dit? C'est tellement impressionnant que tu ai appris si vite. Et je suis si fière que mon frère ait participé."
Elanor n'eut pas le coeur de lui dire que Lurien n'avait pas été d'un grand secours. La conversation se recentra de nouveau sur Doria et sur son bonheur récemment découvert et surtout à son potentiel mariage avec Orophin, enfin, Doria prit congé.
Seule une fois de plus, Elanor sortit sur la terrasse et s'assit parmi les fleurs, cherchant leur aide afin de se reconstituer un état d'harmonie intérieure. Peu par peu, elle se sentit apaisée de nouveau, et avec cette paix vint la capacité de penser plus clairement. Qu'est ce qui était pire ? Etre une lâche ou être incompétente?
La réponse était évidente. Être un lâche était un manque de caractère au contraire de l'incompétence, et même si les deux étaient importants, le caractère importait bien davantage que la compétence. En outre, elle se rappelait clairement qu'Haldir avait dit qu'il admirait son courage. Qu'avait-il dit exactement? 'Tu as beaucoup de qualité admirable digne de respect.'
Et la première qu'il avait citée était le courage.
Elle ne pouvait pas risquer de détruire cela. Elle ne pouvait pas prendre le risque qu'il change l'opinion qu'il avait d'elle, qu'il la respecte moins. Il était si important qu'il ait une bonne opinion d'elle, sinon comment pourrait elle espérer qu'il apprenne à l'aimer ? Elle mit de côté son inquiétude concernant le fait qu'une mauvaise performance le mettrait en fâcheuse posture. Elle ferait simplement de son mieux. Au moins elle savait qu'il ne serait pas là pour voir son échec, et cela la réconfortait.
La décision prise, elle quitta le talan et sortit dans la nuit, descendant les nombreuses marches, déterminée à inscrire immédiatement son nom sur le parchemin avant qu'elle ne perde son sang froid. Elle le ferait. Elle participerait au concours.
Elle se répéta ceci à plusieurs reprises tandis qu'elle marchait.
Elle réussit à atteindre la hutte de tir à l'arc sans se faire remarquer, hormis quelques sentinelles qu'elle avait croisé. Entrant, elle jeta un coup d'oeil dans la hutte obscure, cherchant l'encre et la plume, puis elle les aperçut sur une petite table dans un coin, presque cachées dans l'obscurité. Elle les prit, et alla une fois de plus regarder la liste des noms. Il y avait seulement une seule colonne, et non deux, mais elle remarqua la légende au dessus, expliquant comment indiquer la catégorie choisie. Il semblait en avoir seulement deux, débutant et expert, mais elle ne vit aucun autre participant dans la catégorie débutant. Elle ne pouvait tout de même pas être la seule?
Hésitante, elle se mordit la lèvre, puis mit de côté ses craintes et plongea la plume dans l'encre. D'une main légèrement tremblante, elle inscrit son nom, ajoutant le mot 'débutant' à côté pour être sûre qu'il ne puisse avoir aucune erreur.
Réprimant un soupir, elle reposa l'encre et la plume sur la table, et fixa une nouvelle fois la liste, le coeur battant.
Elle l'avait fait. Elle avait trouvé le courage.
Alors pourquoi se sentait-elle soudain si effrayée?
A suivre...
