Chapitre 22
Merveilleusement sereine, Elanor se prélassait dans le bain entre les cuisses d'Haldir, le dos reposant contre sa poitrine tandis que les bras d'Haldir encerclaient sa taille. Il avait fait exactement ce qu'il avait dit; il l'avait lavée avec un soin tout particulier, ses mains magiques prodiguant de délicate attentions sur chaque partie de son corps, bien qu'à la fin il ait passé bien plus de temps sur certaines parties que sur d'autres.
"Ce n'est pas juste," fit-elle d'un ton pensif.
"Qu'est ce qui n'est pas juste?" Haldir frotta sa mâchoire contre ses cheveux; elle entendait le sourire dans sa voix. Elanor tourna la tête de manière à voir le sourire qui naissait sur les lèvres d'Haldir. "Tu sais très bien de quoi je parle."
"En effet. Mais pourquoi ça t'inquiète?"
"Je ne suis pas inquiète. Je ne veux seulement pas être égoïste."
"Tu n'es pas égoïste. J'ai simplement besoin de plus de temps que toi pour récupérer, et je ne vois aucune raison de ne pas te donner du plaisir en attendant. J'aime te toucher." Il embrassa son cou. "Et j'aime t'entendre gémir."
"Mais je suis si gênée après" fit-elle en rougissant.
"Mais pas pendant." Il eu un rire léger et lui mordilla légèrement le lobe de l'oreille. "Je t'ai dit que je savais ce que je faisais."
Elanor frissonna. " Est-ce que tu te rend compte à quel point tu a l'air suffisant en disant ça? Mais cela ne change rien au fait que ça devrait être plus équilibré. Tu es sûr que ce n'est pas. . . ma faute? J'aimerais que tu me le dise si j'ai fais quelque chose de mal." Elle essaya d'adopter un ton dégagé.
Il laissa ses doigts vagabonder le long de sa clavicule. "Je sais parfaitement comment t'expliquer les choses, Elanor, Tu n'as rien fait de mal. Tant que tu ne plante pas tes dents sur moi, il y a peu de choses que je n'aimerai pas."
Cette remarque lui rappela une autre question, une qu'elle avait eu l'intention de lui poser. " A propos de ça, comment j'ai. . . Je veux dire, quand j'ai fait ce que j'ai fait, tu as eu l'air d'apprécier, mais tu m'a arrêté si soudainement, et j'ai pensé. . . " Elle se mordit les lèvres.
Haldir déposa un baiser léger sur sa joue. "Elanor, tu n'as rien fait de mal. Je t'ai arrêté parce que j'étais sur le point d'exploser et je voulais être à l'intérieur de toi quand ça arriverais."
"Alors ce que j'ai fait . . . c'était . . . satisfaisant?"
"C'était exquis." Son souffle chaud fit voler quelques mèches de ses cheveux. "Cependant, si ça peut te soulager, je serais ravi de te donner plus d'occasion de t'entraîner."
Elanor gloussa. "Je suppose que tu es sincère, sinon tu ne me laisserais pas faire. Rúmil m'a dit que tu – "elle s'interrompit, regrettant de ne pas avoir su tenir sa langue.
Haldir se décala légèrement, la tête penchée de manière à voir le visage d'Elanor. "Rúmil a dit que je . . . quoi?"
"C'est sans importance," répondit-elle. "Je pense qu'il est temps pour nous de nous sécher et d'aller prendre notre petit déjeuner. Ton estomac grogne." Elle essaya de se lever, mais son étreinte de fer l'en empêcha.
"Rúmil à dit que je quoi?" répéta t'il inexorablement.
Elle secoua la tête. "Je préfère que tu ne le sache pas."
"Elanor, Est-ce que Rúmil t'a dit quelque chose de mal ?"
"Bien sur que non. C'était particulièrement approprié . . . étant donné les circonstances." De nouveau, elle essaya de se lever, et de nouveau il ne le permit pas .
"Dis le moi." Sa voix était douce mais ferme. "Quelles circonstances?"
"Je ne te dirais rien tant que tu te comportera comme un tyran!" fit-elle durement.
"Je ne suis pas un tyran, Elanor. Je suis ton amant ainsi que ton gardien. Considérant ceci, je pense avoir le droit de savoir de quoi nous parlons. Est-ce que mon frère à essayé de te séduire?"
"Non!" Elanor se décala. "Rúmil ne ferait jamais ça. Il répondait seulement à mes questions. Il essayait, du moins. Je lui ai demandé quelque chose qui l'a embarrassé, c'est tout."
Le regard gris d'Haldir croisa le sien. "Que lui as tu demandé?" s'enquit-il, la voix plus douce que ce qu'elle avait prévue ou peut-être même mérité.
Elanor se recroquevilla légèrement. " Tu es vraiment obligé de le savoir?"
"Non, mais j'aimerais savoir. Cela doit-il nécessairement être un secret?"
"Je suppose que non," elle soupira, "Mais tu vas te moquer de moi."
"Je ne moquerais pas."
Elle inclina la tête de façon à ce que ses cheveux puissent cacher son visage. "je lui ai demandé comment faire pour satisfaire un mâle . . . Physiquement parlant." Elle se racla la gorge, et réalisa soudain qu'elle ferait mieux d'être plus précise. "Toi, en particulier . . . bien entendu."
Un long silence stupéfait salua ses paroles. Enfin, Haldir dit, "J'essaye d'imaginer." Un autre silence. " Qu'a t'il répondu?"
Elanor enfoui son visage dans ses mains, consciente que ses joues devaient être écarlates. "Il m'a dit qu'il n'avait aucune idée de ce tu aimais," fit-elle d'un voix étouffée. "Mais il a dit que la plupart des mâles apprécient . . . ce que j'ai fait. Et il a dit que je devrais faire attention avec mes dents. Et ensuite il a rougi."
"Rúmil a rougi?" La poitrine d'Haldir fut secouée d'un rire silencieux. "Qu'est ce que j'aurais donné pour voir ça. Elanor, je t'ai déjà dit que tu étais incorrigible, et je te le dis encore."
Elle écarta légèrement ses mains pour le regarder. "Tu vois, tu es en train de rire."
"Pas de toi," corrigea t'il. "Juste de l'idée de voir mon frère se trémousser de gêne tandis que mon Elanor pose des questions qu'elle aurait dû garder pour moi."
Elanor retira ses mains de devant son visage, frissonnant de plaisir en l'entendant diremon Elanor'." Très bien, je suppose que tu as raison. Maintenant je me sens idiote. Mais je. . . " Elle s'arrêta, n'osant pas en dire plus.
"Mais quoi, Elanor?" Bien que sa voix soit calme, elle entendit le fond d'acier de la question. Il voulait savoir pourquoi elle avait fait une telle chose et elle allait devoir admettre que c'était incongrue et scandaleux.
"C'est juste que je voulais réussir à te donner du plaisir," admit-elle dans un souffle. "Et j'avais si peur de ne pas réussir."
Ses yeux rencontrèrent les siens. "Et bien, tu as réussi." Plusieurs secondes s'écoulèrent, et alors il attrapa le savon et le lui tendit. "Laves-moi, Elanor."
C'était pratiquement un ordre, mais elle décida qu'elle n'avait aucune raison logique de protester. D'ailleurs pourquoi protester, quand c'était exactement ce qu'elle souhaitait?
Se tortillant de manière à lui faire face, elle enroula ses jambes autour des hanches d'Haldir et commença à savonner sa poitrine. Haldir serait toujours lui-même, légèrement arrogant, dominateur et parfois même autoritaire. Mais en réalité elle ne s'en préoccupait pas parce qu'il lui avait montré un tout autre côté de lui tout aussi réel, un côté tendre et aimant qui était, elle le savait, pour elle et pour elle seule.
"Est-ce que ceci plait à mon seigneur ?"s'enquit-elle, laissant sa main vagabonder sur son estomac.
Haldir ferma les yeux, un léger sourire aux lèvres. "Plus bas," fit-il. "Elleth effrontée."
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Nerwen bouillait toujours de rage, même si la force de sa fureur envers Rúmil commençait à diminuer. En son cœur, elle avait toujours cru qu'il ne lui causerait jamais intentionnellement de la peine, mais maintenant qu'il avait choisi de s'asseoir sur son toit pour chanter ses chansons paillardes, elle avait l'impression qu'il avait décidé de rendre public ce qui était si intime entre eux. Et cela l'affligeait profondément.
Et pourtant, elle s'était occupée de lui la nuit passée alors qu'il dormait. Elle lui avait retiré ses bottes et détaché sa tunique pour qu'il soit à l'aise puis elle avait posé une couverture sur lui. Et alors seulement elle s'était permise de lui caresser les cheveux, de faire glisser ses doigts dans leur douceur de soie répandue sur l'oreiller. Et pendant tout ce temps il avait dormi comme un enfant, inconscient de sa présence.
Et maintenant, dans la lumière grise de l'aube, elle était seule dans son talan, désespérée, souhaitant pouvoir faire quelque chose pour régler ce problème. La tentation d'aller le rejoindre encore une fois était presque insupportable; après tout, il faisait à peine jour et il ne le saurait jamais. Elle voulait juste s'assurer qu'il était toujours couvert et à l'aise. Et si par hasard il était réveillé, elle pourrait s'entretenir un peu avec lui, et si il dormait encore . . . elle se contenterait de le regarder, ce qu'elle ne se permettait pas souvent de faire.
Cette idée continua à tourmenter Nerwen jusqu'à ce qu'elle finisse par céder et par se lever. Se traitant d'idiote, elle avança sur la pointe des pieds le long des chemins et des escaliers jusqu'à ce qu'elle soit arrivée devant la porte du talan de Rúmil et qu'elle se soit glissée doucement à l'intérieur. Au seuil de sa chambre, elle s'arrêta brusquement. Durant la nuit il s'était manifestement réveillé assez longtemps pour enlever chaque couche de sa tenue. Il était maintenant étendu sur le ventre, à peine couvert par la couverture. Il ne saurait jamais qu'elle l'avait vu comme ça, si beau, si éthéré et si. . . nu. Nerwen eu un frisson involontaire de plaisir et d'admiration. Combien de fois l'avait-elle imaginé ainsi?
Elle hésita entre partir sur le champ ou rester, mais il semblait évident qu'il était profondément endormi. Rassurée, elle s'approcha du lit à pas de loup et arrangea la couverture, la remontant délicatement sur lui tout en essayant de ne pas regarder son dos musclé, ses puissantes épaules et ses fesses minces. Elle s'assura qu'il était entièrement couvert, puis, sans réfléchir elle se pencha et déposa un doux baiser sur son front.
Mais à sa consternation, Rúmil se retourna et sourira d'un air endormi. "Qui est ce?" murmura t'il, son bras fort lové autour de sa taille. "Ce doit être Elbereth elle-même qui prend soin de moi avec tant de douceur." À l'étonnement de Nerwen, sa main descendit encore plus bas pour venir lui caresser les fesses.
"Comment oses-tu!" Nerwen le gifla.
Rúmil retira vivement sa main et la regarda d'un air stupéfait. "Nerwen!"
"Tu ne vas quand même pas oser prétendre que tu ne savais pas que c'était moi?" fit-elle d'un ton acide. "Tu espère vraiment me faire croire que tu oserais caresser le derrière de la Vala Elbereth?"
"Bien sur que non! Je savais que c'était toi, mais je n'étais pas sûr d'être réveillé. Je pensais que c'était un joli rêve."
Nerwen eu une moue dédaigneuse, très légèrement calmée. "Ce n'est en aucun cas une excuse, Rúmil. Je suis toujours très en colère contre toi."
Ne faisant aucun effort pour rester couvert, Rúmil étira les bras au dessus de sa tête, puis lia ses doigts derrière son cou. Ses yeux bleus la balayèrent, comme si il l'évaluait. "Je croyais que tu ne voulais plus me parler. Tu as changer d'avis?"
"Non, je ne te parle toujours pas ! Je suis seulement. . . " Elle se tut et se mordit les lèvres.
L'air déterminé, Rúmil commença à se redresser mais alors une expression étrange passa sur son visage et il se laissa tomber sur son oreiller en gémissant.
"Que les Valar me viennent en aide, je me sens si mal."
"Que ça te serve de leçon," fit Nerwen froidement. " As tu seulement conscience de ce que tu as fais hier soir?" Elle essaya de ne pas regarder sa poitrine nue.
"j'ai trop bu," fit-il succinctement.
"C'est le moins qu'on puisse dire," dit-elle d'un ton acerbe. "Je suppose que tu ne t'en souviens pas."
"Oh?" Le visage de Rúmil s'apaisa, ses yeux cherchant les siens. "Nerwen, est-ce que toi et moi. . .?"
"Non!" Nerwen s'éloigna brusquement de lui, les joues en feu. "Bien sur que non!" Elle s'interrompit. " Je ne pense pas à toi de cette façon." mentit-elle.
"Je vois." Sa voix était calme. "Comment me considère tu?"
"Je te considère comme un ami," répondit-elle. "Ou comme . . . un petit frère qui à besoin de conseil. Certainement pas comme un . . . amant potentiel. L'idée est absurde."
Rúmil jura dans sa barbe et se couvrit les yeux à l'aide de son bras.
Elle lui jeta un regard sévère. " Tu ne devrais pas dire de telles choses, surtout après ton comportement de la nuit passée. Je me demande même pourquoi je t'adresse encore la parole."
"Qu'est ce que j'ai fais?" demanda t'il faiblement. "Je ne me souviens de rien."
Pendant un court instant elle sentit une vague de remord la submerger, avant que sa colère ne refasse surface. " Si tu veux des détails je te suggère de les demander à tes frères. Il me suffit de dire que tu m'a humilié devant tout Caras Galadhon et que je ne suis pas prête de te pardonner." Au moment même ou ces mots sortirent de sa bouche elle les regretta. Elle n'était habituellement pas une elleth émotive, mais quand l'émotion la submergeait, c'était presque toujours incontrôlable. En cet instant elle avait l'impression que l'Anduin lui-même avait brisé ses remparts avant de venir punir et tourmenter son cœur blessé.
Il retira son bras de ses yeux et elle le vit la regarder avec un regard si vide d'émotion qu'elle comprit immédiatement la profonde douleur qu'il essayait de cacher. " Quoi que j'ai pu faire, Nerwen, j'en suis profondément désolé. Je ne t'obligerais plus à supporter ma présence. J'ai prévu d'aller à la frontière avec Haldir quand il repartira. Je ne sais pas combien de temps passera avant que nous nous revoyons, des mois ou peut-être plus. D'ici là j'espère que tu aura reconsidéré l'idée de me pardonner."
Nerwen lia ses mains ensemble afin de s'empêcher de les poser sur lui. "Peut-être." Elle se retourna et avança vers la porte, luttant contre le désir de se jeter dans ses bras, de tomber à genoux devant lui et de le supplier de lui pardonner d'être si cruelle avec lui, bien plus cruelle qu'il ne le méritait. Seule sa fierté l'en empêcha. Au lieu de ça, elle tourna la tête d'un air faussement négligent. "Fais attention à toi, Rúmil,"fit-elle, la vois aussi calme que possible.
"J'essayerais," dit-il froidement, "Mais je peux rien te promettre."
Au moment même où elle quitta son talan, elle fondit en larmes.
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"Alors, ou allons nous?" demanda Elanor tandis qu'elle enfilait sa robe.
"Tu pose sans arrêt des questions. Juste pour cette fois, ne voudrais tu pas avoir la surprise?" Haldir vérifia l'attache de ses guêtres et fit un rapide pas en avant, posant son pied nu sur les pantelettes d'Elanor juste au moment ou elle tendait la main pour les attraper. "Tu ne compte pas réellement porter ça, n'est-ce pas?"
Elle leva les yeux vers lui. "Mais si, j'aime ça. Pas toi?"
"Je les aime beaucoup quand elles sont par terre et non sur toi." fit-il doucement.
Elanor réprima un gloussement. "Beaucoup d'ellith en portent, Haldir."
"Et beaucoup n'en portent pas. Tu n'en portait pas durant ces dernières semaines, alors pourquoi commencer maintenant?"
"Tu marque un point, je suppose. Mais je les trouve confortables."
"Je les trouve incommodes," fit-il pince-sans-rire.
Elle lui jeta un sourire impertinent. "Peut-être que c'est une bonne chose. Je devrais arrêter de te faciliter les choses."
Il laissa échapper un rire. "Me faciliter les choses? Elanor, comment peux tu dire ça? Tu n'a jamais rendu les choses plus faciles pour moi. Maintenant sois une gentille petite elleth et vas nous préparer un panier pique-nique afin que nous puissions passer une journée paisible dans la forêt."
"Et si j'obéis," répliqua t'elle d'un ton tranchant, "Peut-être que sa seigneurie honorera sa gentille petite elleth avec d'avantage d'attentions?"
Il était sur le point de prendre une tunique propre dans son armoire, mais en entendant ceci il se figea et la regarda, les sourcils légèrement froncés. "Elanor, il y a un problème ? Pourquoi dis-tu ça? "
"C'est ce que tu viens de dire. Cela ressemblait à . . . tu m'as parlé comme si. . . " Elle s'interrompit en se mordant les lèvres, ne voulant pas gâcher l'instant. De toute façon, c'était une simple plaisanterie. "je suis désolée," ajouta t'elle, pleine de remord. "Tu m'as simplement rappelé. . . Ce qu'était ma vie d'avant. Avec ma famille et Lana. Pendant un moment je me suis sentie . . . utilisée. Ca me rend extrêmes sensible."
Avec une légère grimace, Haldir se rapprocha et glissa un bras autour de sa taille, le regard plongé dans le sien. "Pardonne-moi, Elanor. Je ne voulais pas t'offenser. Cela fait tellement longtemps que je n'ai pas courtisé une elleth que j'ai oublié comment faire."
"Haldir, tu me courtise?" Elle leva les yeux en direction de son pénétrant regard gris, le cœur battant soudainement la chamade.
Ses cils épais s'abaissèrent tandis qu'il réfléchissait à sa réponse. "Je crois que oui," fit-il alors. "Est-ce que ça t'inquiète ?"
"Pas du tout," répondit-elle, en souriant. "J'en suis honorée. Mais peut-être que je ne devrais pas te le dire parce que tu es déjà bien assez arrogant comme ça." Bien qu'elle l'avait dit en plaisantant, son léger soupir lui indiqua qu'il l'avait prise au sérieux.
"Elanor, je. . . " Il fit une pause, comme si il ne savait plus quoi dire. "Je n'ai pas voulu avoir l'air arrogant. Je vais essayer de faire mieux."
Elle l'étreignit. "Et moi aussi. Je vais essayer de ne pas me vexer et de ne pas être trop effrontée - "
"Oh, tu peux être aussi effrontée que tu veux," l'interrompit-il, un léger sourire courbant ses lèvres. "J'aime quand tu est audacieuse."
"Vraiment?" Elle papillonna des cils. "Alors cela ne te dérangerais pas si je te demandais de venir au lit avec moi tout de suite?"
Il éclata d'un rire franc et lui assena une légère tape sur le derrière. "Ca ne me dérangerais pas, mais je serais obligé de dire non."
"Non?" Elle lui jeta un regard outragé. "Mais tu as dit -"
"J'ai d'autres projets." Il eu un sourire paresseux. "Mais ne t'inquiète pas, te faire l'amour à nouveau est toujours ma priorité absolue." Il se pencha en avant et l'embrassa. "Mais plus tard. Maintenant s'il te plait habille toi et occupe toi de ce pique-nique."
Elanor soupira. "Très bien, mon cher gardien. Je suppose que tu ne tiens pas à participer?"
"Pas vraiment. J'aimerais faire une sieste pendant ce temps là. Je te rappelle que je suis resté éveillé la moitié de la nuit."
"C'était entièrement de ta faute," fit-elle âprement. "Je n'ai aucune pitié à ton égard."
Il fronça les sourcils. "Même pas un peu ? Je souffrais, Elanor."
Elle se mit sur la pointe des pieds et embrassa son menton. " Pauvre Haldir, j'en ai le cœur brisé."
Il la regarda de haut, avec l'un de ses fameux regards dont il avait le secret. "Je l'espère bien." Mais soudain ses lèvres se contractèrent, gâchant l'effet. "Elanor?"
"Oui, Haldir?"
"Cesse de me regarder comme ça."
"Comment est-ce que je te regarde?" s'enquit-elle, essayant de ne pas glousser.
"Comme si tu appréciais de me voir souffrir et que tu en espérais encore d'avantage."
"Faux, cher gardien. Je désire tout à fait l'opposé . . . Tant que je ne suis pas trop las de mon travail à la cuisine, bien sur."
"Je crois que je vais t'aider à faire ce panier pique-nique après tout," fit-il subitement. "je pourrais toujours faire une sieste plus tard."
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Très lentement, Rúmil se redressa et bascula ses jambes sur le rebord du lit, se méprisant encore plus que le jour précédent. Il ne savait toujours pas ce qu'il avait fait pour bouleverser à ce point Nerwen, mais c'était évident qu'il avait fait quelque chose d'horrible. Il se gifla mentalement, essayant d'ignorer la douleur lancinante dans son crâne. À son âge, il était sensé savoir ce qui arrivait quand on buvait autant, mais la nuit passée il n'y avait même pas songé. Maintenant la situation était encore plus désespérée qu'avant, et la seule chose qu'il envisageait de faire à propos de ça était de disparaître de la cité, aussi longtemps que possible.
Ou en tout cas, suffisamment longtemps pour que Nerwen lui pardonne. Suffisamment longtemps pour qu'elle soit à nouveau capable de le regarder sans répugnance. Dans l'état actuel des choses, il lui faudrait des siècles avant qu'il puisse regagner sa confiance et son amitié. Des siècles de solitude, de frustration et de souffrance . . .
Une nausée soudaine le prit, le faisant vaciller. Il laissa tomber sa tête entre ses genoux, haletant, essayant de se convaincre que tout finissait toujours par s'arranger au bout du compte. Faiblement, il entendit des pas familiers parcourir son talan.
"On ne se sent pas très bien ce matin?" s'enquit une voix compatissante.
"Orophin," grinça Rúmil, " Qu'est-ce que j'ai fais au nom du Mordor?!"
Orophin se rapprocha et plaça sa main sur le front de Rúmil. "Tu as trop bu," fit-il d'un ton brusque. Pourtant il prit le temps jeter un sort de guérison qui fit disparaître une grande partie des nausées de Rúmil, lui permettant de se redresser et d'ouvrir les yeux.
"J'avais remarqué." Il eu un soupir désespéré.
Orophin s'installa près de lui. "Tu as l'air dévasté."
"C'est encore pire que ça."
Orophin secoua la tête, arborant un air supérieur et une agaçante bonne santé, comme si lui n'avait jamais fait d'excès durant sa vie. "Tu veux qu'on en parle?"
"Non."
"Tu dois en parler."
"Non, tu dois en parler. Dis-moi ce que j'ai fait."
Orophin s'exécuta.
La nausée de Rúmil remonta à la surface. "Quelles chansons est-ce que j'ai chanté?"
"Toutes tes favorites. Y compris celle avec les trois ellith coquines et l'elfe avec l'énorme- "
"Non." Rúmil mit sa tête entre ses mains. "Je n'aurais jamais chanter ça ici."
"Et pourtant tu l'a fais. Et tout le monde l'a entendu." Orophin fit une pause. " Y compris le Seigneur et la Dame."
Les doigts de Rúmil s'enfoncèrent dans son crâne presque douloureusement. "Si c'est vrai, alors la mort au combat est la seule façon de me racheter."
"Ca suffit," Fit Orophin avec une légère trace de colère dans la voix. "Je ne pense pas que c'est si grave que ça. Galadriel semblait se retenir de sourire alors que Celeborn souriait franchement en escortant sa dame vers leur talan."
"Peu importe," fit tristement Rúmil, "Nerwen a raison. Je suis déshonoré et indigne de respect."
"Nerwen a dit ça?" Orophin semblait choqué. Rúmil se remémora la scène, tentant d'être aussi précis que possible. "Non," admit-il finalement. "Mais elle le pensait, j'en suis convaincu."
"Alors c'est Nerwen qui hante tes pensées depuis tout ce temps," fit Orophin d'un air serein.
"Je n'ai jamais dis ça," bougonna Rúmil. "C'est juste une amie. Personne ne hante mes pensées."
"P'tit frère, tu m'as dis qu'il y avait quelqu'un que tu appréciais plus que les autres et la nuit dernière tu as grimpé sur le toit de Nerwen. J'ai vu le regard que tu avais en lui parlant. C'est clair pour moi que tu es amoureux d'elle à la folie."
Rúmil soupira lourdement et renonça à contester les paroles de son frère. "Tu parle d'un cadeau," grogna t'il. "Elle ne veut pas de moi. Elle me voit comme son petit frère alors que je suis bien plus âgé qu'elle." Cette seule pensée l'humiliait profondément.
"Elle t'a dit ça?" fit Orophin, incrédule. "Je n'arrive pas à y croire."
"Elle l'a dit. Il y a tout juste quelques minutes en fait."
Il sentit le regard d'Orophin le parcourir. "Nerwen est venue? Dans ton talan?"
"Oui." Rúmil releva la tête, une lueur de défi dans les yeux. "Qu'est-ce qu'il y a? Elle n'a rien fait de mal."
"Je n'ai pas dit ça. Mais j'espère juste que tu étais plus couvert que maintenant."
Rúmil baissa les yeux vers son corps nu. "Bien sur. Enfin, partiellement. En fait, je pense que c'est elle qui m'a ouvert en entrant. Mais je n'en suis pas certain. Qu'importe? Elle ne me voit pas comme un amant. Pour elle, je ne suis rien de plus qu'un enfant capricieux."
"Elle est juste fâchée en ce moment," fit Orophin. "Elle va se calmer. Comment pourrait-elle te considérer comme un enfant? Tu es un guerrier. Elle le sait."
"Peut-être." Rúmil haussa les épaules et chercha ses vêtements des yeux. "Mais ça ne changera rien au problème. Pour le moment je vais aller m'excuser tant que j'en ai le courage."
"T'excuser? Auprès de Nerwen?" Orophin fronça les sourcils.
"Auprès de Galadriel," fit Rúmil d'un ton résigné. "Ce peut-être ma seule occasion avant que je parte à la frontière."
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Orophin retourna brièvement à son talan pour parler à Doria avant de descendre vers le terrain de tir à l'arc pour se relaxer et s'entraîner. Il songea un moment à aller parler lui-même avec Nerwen, mais il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il pourrait lui dire et décida finalement qu'il ferait mieux de ne pas intervenir. Il ne savait pas très bien ou était le problème entre ces deux là, et il préférait ne pas agir sans connaître tout les détails de l'affaire.
Il eu le temps de tirer trois fois toutes les flèches de son carquois avant de se rendre compte que quelqu'un l'observait. Il jeta un coup d'œil par-dessus son épaule et vit Nerwen flâner entre deux arbres à l'autre bout du terrain. Il alla retirer ses flèches de la cible, puis continua à avancer jusqu'à ce qu'il soit arrivé à sa hauteur.
"Bonjour, Nerwen," fit-il. "Qu'est ce qui t'amène sur le terrain d'entraînement? Puis-je t'être utile d'une manière ou d'une autre ?"
Elle eu un sourire à la fois timide et gêné. "Bonjour, Orophin. Oui, je me demandais si tu pouvais m'accorder une faveur."
Orophin s'inclina légèrement. "Naturellement, si c'est en mon pouvoir." Il l'étudia avec curiosité. Il l'avait toujours considéré comme une gentille et aimable elleth mais depuis qu'il la soupçonnait d'avoir voler le cœur de son frère il l'a trouvait bien plus intéressante.
"C'est à propos de Rúmil," ajouta t'elle maladroitement. Elle replia ses mains devant elle et jeta un coup d'œil vers les autres personnes présentes, les yeux vagabondant d'elfe en l'elfe.
"Oui, c'est ce que je pensais," fit-il d'un ton sérieux. "Viens, allons nous asseoir là-bas, nous y serons plus tranquille." Il l'a conduisit au pied d'un mur éloigné, l'invitant à s'installer sur le banc de pierre. Des vignes surplombantes les dissimulaient à la vue des autres. "Alors ?" fit-il, arquant un sourcil.
Elle rougit soudainement, chose peu commune chez elle. "Je ne sais pas ce que Rúmil t'as dit . . . "
"Presque rien," fit-il sincèrement.
Elle hocha légèrement la tête et baissa les yeux. " Il n'y à pas grand chose à dire en fait. Lui et moi sommes amis depuis très longtemps maintenant." Elle fit une pose et s'éclaircit la voix. "Mais récemment il s'est mit en tête l'idée que nous pourrions être plus que ça, mais c'est évident que ça ne marcherait jamais."
"Je ne suis pas sur de bien comprendre."
Nerwen tortilla ses doigts, visiblement mal à l'aise. "Je ne considère simplement pas Rúmil sous cet angle" murmura t'elle. "Il a du mal à l'accepter et ça me fait mal de le voir souffrir."
"De tels sentiments de ta part sont très nobles," fit Orophin, essayant de cacher la consternation qu'il ressentait au nom de son frère.
Elle secoua la tête et il fut surpris de voir qu'elle était au bord des larmes. "Non. Non, c'est faux. J'ai été cruelle avec lui. Plus cruelle que nécessaire, et . . . je ne comprends pas pourquoi."
Orophin resta silencieux pendant un moment. "En quoi puis-je t'aider Nerwen?"
Elle détourna le regard et passa sa main fine dans ses cheveux. "Rúmil a dit qu'il a l'intention de retourner à la frontière et . . . d'y rester un bon moment. Et je crains que mon rejet ne lui ait . . . mit en tête de se comporter de manière imprudente."
"Il a dit ça?" fit Orophin avec étonnement.
"Pas exactement. C'est simplement un sentiment que j'ai." Son regard croisa le sien. " Vas-tu lui parler Orophin ? Dis-lui que je m'inquiète pour lui et que . . . que. . . "
Orophin posa sa main sur la sienne. "Nerwen, tu es amoureuse de Rúmil?"
"Non!" Ses doigts se contractèrent sous ceux d'Orophin. "Je ne sais pas. Peut-être que je l'aime un peu. Mais ça ne serait pas une bonne chose que nous soyons ensemble. Il n'est pas ce que je cherche. Pour lui je ne suis rien de plus qu'un défis auquel il ne peut pas résister."
Orophin fronça les sourcils, notant la crispation de sa mâchoire. "Je pense que tu es injuste avec lui. Comment peux-tu savoir ce qu'il est ou ce qu'il n'est pas? Même moi je ne connais pas tout ce qu'il y a savoir à propos de mon frère. C'est un elfe compliqué. As-tu oublié à quel point il est vieux ? Réalises-tu le nombre d'événements dont il a été témoin, les nombreuses batailles qu'il a livré?" Il la vit déglutir avec difficulté, les yeux fixés sur le sol. "Rúmil a vu plus de mort et d'horreur que tu n'en verra jamais, Nerwen. Il a vu ses amis mourir dans ses bras. Tu te souviens d'Ainon?"
Elle lui jeta un rapide coup d'œil. "Oui, bien entendu."
"Il a eu beaucoup de mal à accepter sa mort. Ainsi qu'Haldir, évidement. Haldir se sent coupable pour chaque décès en Lórien, peu importe comment ou quand ça arrive. Mais Rúmil s'est senti coupable car il était tout proche d'Ainon et qu'il ne l'a pas sauvé. Il a beaucoup souffert, et il en souffre peut-être toujours. Je n'en sais pas plus, parce qu'il n'en parle jamais. Au lieu de ça, il rit, dit des plaisanteries paillardes, chante des chansons que tu trouves choquantes et fait l'amour aux belles demoiselles telles que toi. Si cela le discrédite à tes yeux j'en suis désolé."
"Oh, Orophin,"murmura-t-elle d'une voix brisée, "Je comprends ce que tu dis mais as-tu oublié que mon père était parmi ceux qui sont tombés? Beredain et moi pleurons toujours sa mort. Et notre mère, elle est partie à l'ouest, parce qu'elle ne pouvait pas supporter de rester en Lórien sans lui." Elle ferma les yeux et une larme roula le long de sa joue de porcelaine. "Perdre celui que vous aimez est déjà suffisamment terrible, mais au moins elle n'a jamais douté un seul instant de l'amour de notre père pour elle. Donner son cœur, et ne pas être sûre d'être aimer en retour . . . pour moi c'est encore pire."
Orophin secoua la tête, surpris par sa façon de penser. "Je n'ai pas oublié ton père, Nerwen. Je n'ai oublié aucune des personnes qui sont mortes durant mon existence, d'aussi loin que je me souvienne. Mais quel rapport avec Rúmil? Penses- tu qu'il ne pourrait pas t'aimer comme ton père aimait ta mère? Je te l'assure, tu as tort."
"Je suppose." Elle eu un soupir las.
"Quelle faveur veux-tu me demander? Comment pourrais-je t'aider?"
"J'aimerais que tu lui parles et que tu le raisonne. Dis lui que je m'inquiète et qu'il compte beaucoup pour moi. Je ne peux pas le lui dire moi-même pour l'instant. Dis-lui de revenir dès qu'il le pourra et qu'alors nous parlerons. Et dis-lui. . . de faire attention à lui."
Orophin acquiesa. "Je le lui dirai. Et je suis persuadé qu'un peu de temps séparé vous sera bénéfique à tout les deux. Je sais pas pourquoi vous êtes tout les deux si. . .en désaccord l'un avec l'autre."
"Si entêtés tu veux dire?" corrigea-t-elle, les yeux dans le vague. Elle sembla perdue dans ses pensées pendant un moment, avant de sourire, plutôt tristement. "Il m'a offert une petite sculpture. Il te l'a dit?"
"Il m'a dit que tu l'avais refusé."
"En effet. Ca me semblait logique de faire ça, mais pas pour lui. Il n'a pas compris."
"Rúmil ne prend pas au sérieux ses oeuvres," L'informa Orophin. "Il les jette un peu partout mais quand j'en trouve une je la garde. J'en ai une boîte entière caché hors de portée. Je les garde pour ses enfants. La sculpture qu'il t'a donnée, celle de la biche et de son faon, il l'a gardée parce qu'il l'aimait. Il a dit qu'elle était comme l'amour, fragile et délicate. L'amour vrai, a t'il dit, est comme le faon. D'abord il doit trébucher et chanceler, en essayant de rester droit sur des bases vacillantes, mais en suite il devient fort et agile, capable de sauter les plus grands obstacles avec grâce et beauté."
"Rúmil a dit ça?" Nerwen le regardait curieusement.
"Et bien, il était un peu ivre à ce moment là," admit Orophin, "Mais parfois c'est là qu'il dit les choses les plus proches de son cœur."
Le soupir de Nerwen fut éloquent, mais sa question suivante le prit au dépourvu. "Orophin, tu sais sculpter toi aussi?"
"Heu. . . J'ai sculpté, oui, mais je n'ai pas le talent de Rúmil." Orophin essaya de ne pas penser à tous ses efforts réduits en miette.
"Mais tu sais comment il faut faire?" Ses yeux bleus rencontrèrent les siens."Quels outils il faut employer, quel genre de bois?"
"Oui."
" Tu voudrais bien me l'enseigner? Je voudrais apprendre." Le rouge de ses joues s'intensifia. "J'ai pensé que peut-être. . . Je pourrais sculpter quelque chose pour Rúmil. Je pourrais le laisser dans son talan afin qu'à son retour . . . il le trouve et qu'il sache qu'il est pardonné."
"Ce serait avec plaisir. Nous pouvons commencer dès qu'il sera parti."
Nerwen inclina la tête et se mit avec élégance sur ses pieds alors qu'il faisait de même. " C'est parfait. Et tu n'oublieras pas de lui parler de . . . ce que j'ai dit?"
"Je n'oublierai pas." Il s'inclina. " Tout va bien se passer, Nerwen. Ne t'inquiète pas."
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Rúmil s'inclina devant Galadriel, ignorant la nausée persistante qui lui vrillait l'estomac. "Ma Dame," fit-il d'un ton résolu, "Je suis venu vous présenter mes excuses." Ils se tenaient au cœur du jardin de Galadriel ; ou plutôt il se tenait debout devant Galadriel qui était assise avec élégance, entourée de ce léger halo lumineux, ses yeux de saphir tournés vers son visage.
"Mon cher Rúmil, tu n'en as pas besoin." Elle le regardait avec cet air calme et pensif qui donnait toujours envie à Rúmil de se tortiller comme un enfant.
Rúmil ouvrit la bouche pour protester mais la referma aussitôt, ne voulant pas être en désaccord avec la Dame de la Lórien. Finalement il trouva un compromis en disant, "Je me serais sentis coupable de ne pas m'être excusé. Mon comportement était choquant. Je me suis couvert de honte ainsi que la si gentille elleth à qui appartient le toit sur lequel je me suis . . . assis." Le terme 'se vautrer' était probablement plus juste, mais il préférait ne pas l'employer; de plus Galadriel connaissait parfaitement l'ampleur de sa honte.
"Assis-toi, Rúmil." Madame tapota la surface du banc près d'elle.
Rúmil s'exécuta, s'asseyant timidement sur le bord de manière à lui faire face.
Elle ne semblait pas du tout pressée de parler jusqu'à ce qu'elle dise d'un ton pensif, "J'aimerais te parler de l'amour."
Rúmil déglutit et se prépara à écouter.
"Nous sommes tous sujets à la peur et à la culpabilité, Rúmil. Mais la peur n'est rien d'autre qu'un manque d'amour. Et la culpabilité seulement de la colère envers nous même."
Il resta silencieux, les yeux baissés.
"L'amour est l'opposé de la peur, c'est ce qui nous maintient unis. Il peut paraître chimérique voir impossible à trouver ou même à accepter." Elle fit une pause, l'étudiant avec attention. "La peur peut être surmontée. La culpabilité se fane. Mais l'amour est aussi éternel que les elfes. C'est ce qui donne un sens à nos vies immortelles. Il est vivant et réel."
"Vivant, ma Dame?" Il fronça les sourcils, confus.
Galadriel posa sa main sur celle de Rúmil. "Quand l'un de nous meurt, notre amour pour cette personne demeure à jamais dans nos cœur. C'est son but. Il nous garde lié à l'être aimé pour l'éternité afin que personne ne soit jamais vraiment perdu. Tu ne dois pas craindre d'aimer, Rúmil, ni même de parler de l'amour que tu ressens."
Rúmil inclina la tête, essayant d'avoir l'air aussi serein que possible.
" L'amour ce n'est pas plaire à l'autre," ajouta-t-elle. "C'est permettre à l'autre d'être, et de l'accepter pour ce qu'il est. C'est aussi être là pour cette personne, année après l'année, siècle après siècle." Elle se pencha vers lui, son regard plongé dans le sien. "C'est la seule véritable expérience durable. Si l'on essaye de mesurer l'amour, il nous glissera entre les doigts. Il ne peut être ni compté, ni forcé. C'est plutôt le signe d'un accomplissement, un des plus grand et des plus noble. Tout est sujet au changement. Le monde autour de nous change. Nous, les elfes, changeons aussi . . . oh, pas tellement en surface, le vrai et profond changement est en nous. Le changement est notre éternel compagnon. Mais l'amour, Rúmil. . . l'amour est une constante."
Il considéra ceci. "Le ciel ne change pas," fit-il. " Les étoiles sont toujours là."
Galadriel soupira. "Oui, c'est vrai. Pourtant parfois je me demande si elles aussi, un jour, ne disparaîtront pas." Elle resta silencieuse pendant un moment. "Ce que j'ai appris, Rúmil, c'est qu'une partie de nous est toujours avec l'être aimé. Une partie de moi est avec ma fille aux Terres Immortelles. Je sens ce lien dans mon cœur et il me soulage." Lentement elle se leva, le regard emplit d'une infinie sagesse. "L'amour est toujours là, près de nous. C'est la Source. N'oublies pas, Rúmil, que le fleuve coule toujours, que nous y buvions ou pas."
Avec un doux sourire, elle s'éloigna, laissant Rúmil perdu dans ses pensées, se demandant quel message elle avait voulu lui transmettre. Ca lui donnerait matière à penser tandis qu'il serait à la frontière.
Il souhaitait simplement qu'elle ait dit tout cela à Nerwen.
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Haldir et Elanor parcouraient les bois en utilisant cette fois un chemin différent de celui de la veille. L'endroit ou ils se rendaient n'était pas aussi éloigné que le ninniach-loth, mais c'était tout de même à une certaine distance de la cité -assez loin pour leur offrir une intimité parfaite, comme avait dit Haldir.
Elanor était sur un petit nuage. Leur promenade était paisible, emplit de ce chaud et doux sentiment qui accompagnait les amants, avec pourtant une étincelle de désir sous-jacente. Haldir portait le panier pique-nique, et bien qu'il n'était pas aussi flirteur que le jour précédent, ses regards étaient chaud et sa main libre vagabondait souvent entre le bras et les hanches d'Elanor.
"Et voila," lança t'elle quand ils furent hors de vue de la cité, " Ainsi débute notre premiers jours en tant qu'amants. Ca peut te paraître idiot, mais c'est quelque chose de mémorable pour moi." Elle leva des yeux pleins d'espoir vers lui, cherchant un signe qui lui montrerait qu'il partageait ses sentiments.
Il glissa un bras autour de sa taille et brossa ses lèvres contre sa tempe. "C'est déjà un jour mémorable, Elanor. Et ce n'est pas idiot. Tu es sage de savoir savourer les moment heureux de ta vie. J'espère qu'ils seront innombrables."
"Je l'espère aussi," fit-elle d'un ton tranquille. "Je te souhaite la même chose."
Finalement ils arrivèrent jusqu'à un étang à l'eau cristalline, protégé par un cercle d'arbres majestueux et alimenté par un espiègle ruisseau qui parcourait les bois avant de rejoindre la Nimrodel. Haldir posa le panier pique-nique. "Attends moi ici," dit-il.
Elanor l'observa s'approcher d'un mallorn tout proche et, sans effort apparent, grimper dans ses branches avant de disparaître dans l'épais feuillage. Un moment plus tard deux couvertures tombèrent au sol, juste devant elle. "Elles ont faillit me tomber dessus!" lança t'elle en direction de l'arbre.
En réponse, une paire de serviette tomba à ses pieds. Un instant plus tard Haldir sauta au sol dans un bruit mat, tout près d'elle. "Des plaintes, déjà? J'avais pourtant fais attention." Sa bouche s'étira en un sourire paresseux. "Maintenant, vas-tu te décider à enlever cette robe ou vais-je devoir te l'arracher?"
"Et bien, c'est droit au but," remarqua t'elle."Devrais-je me laisser faire? Je me demande toujours si je ne devrais pas arrêter de te faciliter les choses. Tu es trop habitué à faire ce que tu veux. Que ce passera t'il si je résiste?"
Il ria et s'approcha d'elle d'un pas agile. "Tu veux jouer, Elanor ? Est-ce que tu veux que je te poursuive à travers les bois? Si oui, j'y suis tout à fait disposé, mais c'est encore une raison supplémentaire d'enlever ta jolie robe. Je ne voudrais pas qu'elle soit abîmée par les ronces et les branches."
Elanor essaya de paraître choquée, mais échoua en raison d'une envie irrépressible de glousser. "Je ne vais pas courir nue dans la forêt juste pour t'amuser, Haldir. Je ne suis pas si effrontée."
"Non?" Un sourire curieux naquit sur ses lèvres. "J'ai une meilleure idée. Es tu assez courageuse pour nager avec moi ? En cet saison l'eau est chaude, et particulièrement en Lórien ou nous sommes protégé par la puissance de Galadriel."
Elle vit une lueur brûlante dans les yeux d'Haldir et décida de le taquiner. " Et pour le pique-nique? Tu n'as pas faim?"
"J'ai très faim," fit-il en la collant contre lui. "Faim d' Elanor." Comme pour le prouver, il s'empara de ses lèvres en un baiser langoureux, la goûtant profondément tandis que ses mains glissaient sur sa robe jusqu'à sa taille. Ses paumes parcouraient son corps de bas en haut avant de revenir à ses hanches, ou il exerça une douce pression pour les coller encore plus contre les siennes. Quand enfin leurs bouches se séparèrent, il respira profondément et posa son front contre celui d'Elanor. "Alors, qu'en dis-tu Elanor?"
"Mmm, je dis que j'aime quand tu es comme ça,"murmura t'elle. "Cela me fait penser à la nuit ou tu avais trop bu et ou tu m'a porté sur tes épaules. Tu t'en souviens?"
"Évidemment que je m'en souviens. Je m'étais très mal comporté."
"Oh, ce n'était pas si grave. Tu étais juste un peu agressif, comme d'habitude."
"Agressif?" Il releva la tête et baissa les yeux vers elle, les sourcils. "Tu me trouve agressif?"
Elanor dû se mordre l'intérieur de la joue pour contenir son fou rire. "Juste un petit peu."
Les sourcils d'Haldir se froncèrent de plus belle. " Et bien, ça n'a pas l'air de te déranger plus que ça. Peut-être aimerais-tu que je jette sur mon épaule encore une fois?"
"Non! Je voudrais simplement que tu enlève tes vêtements!" Un léger rire lui échappa finalement. "Oh seigneur, je sais que j'ai l'air terriblement culottée, mais j'adorerais nager."
La bouche de Haldir s'étira en un sourire provocateur tandis qu'il retirait sa tunique. Elanor l'observa pendant un moment, admirant inconsciemment son physique avant de retirer délicatement sa robe. Elle se sentait toujours étrangement gênée à l'idée de faire ça devant lui, mais ce sentiment disparu à l'instant même ou il se tourna vers elle en lui tendant la main. "Viens," fit-il, le regard plongé dans celui d'Elanor.
Mains dans la main, ils entrèrent dans l'eau, le niveau de celle-ci atteignant rapidement leur taille, puis ils avancèrent encore jusqu'à avoir de l'eau jusqu'au cou. Elanor frissonna et aussitôt les bras d'Haldir l'entourèrent. "Froid?" murmura-t-il.
"Non, Il faut juste que je m'habitue." Elle enroula ses bras autour du cou d'Haldir et parcouru son visage du regard. "En fait, l'eau est très bonne." Elle enroula alors ses jambes autour de son torse, appréciant la sensation de sa peau contre la sienne. "Pas comme quand je suis tombée dans cette eau glaciale pendant que tu me regardais sans rien faire."
"Tu ne vas jamais oublier ça, n'est-ce pas?" s'enquit-il.
"Probablement pas." Elle brossa ses lèvres contre les siennes, puis se recula pour le regarder.
Le regard d'Haldir glissa de ses lèvres jusqu'à ses seins, alors il prit possession de sa bouche en un nouveau baiser langoureux, sa langue explorant et goûtant sa bouche avec passion tandis que ses mains parcouraient son corps au dessus en en dessous de l'eau. Elanor lui retourna ses caresses, laissant ses mains vagabonder sur ses épaules et le long de son cou musclé avant de se perdre dans ses longs cheveux de soie.
Il parsema alors ses joues, son front et sa gorge de baiser puis saisit le visage d'Elanor entre ses mains et lui donna un baiser plus doux qui freina le cours de leur ébat. En souriant, il caressa ses cheveux et la serra d'avantage contre lui, créant une légère ondulation dans l'eau. Ivre de bonheur, Elanor soupira et se lova contre lui, appréciant la sensation de sa dureté pressée contre elle et la douce pression de ses mains sur ses hanches. Au dessus d'eux des oiseaux chantaient et gazouillaient tandis que résonnait tout près le murmure de l'eau contre la roche. Elle ferma les yeux, la tête lovée sur l'épaule d'Haldir. Une telle paix émanait de ces lieux qu'elle aurait presque pu s'endormir. . .
Sans un mot d'avertissement, Haldir lâcha prise et disparu sous l'eau. Elanor cligna des yeux, surprise par la rapidité de son action, avant de pousser un petit cri en sentant ses mains sur ses jambes. La seconde suivante, elle fut soulevée par un puissant corps masculin et avant qu'elle puisse comprendre ce qui se passait elle se retrouva assise derrière sa tête, sur ses épaules, les talons contre le ventre d'Haldir. Des gouttelettes d'eau troublèrent la surface de l'étang tandis qu'elle essayait de maintenir son équilibre en s'agrippant aux cheveux d'Haldir.
"Pas les cheveux, Elanor." Il leva les bras et lui saisit les mains, exerçant une pression vers l'arrière qui la renvoya dans l'eau.
Elle remonta à la surface en toussant tandis qu'il lui tendit la main vers elle en souriant, les yeux brillant de malice. "Viens ici, que je puisse me faire pardonner ce tour."
Le regard menaçant elle l'éclaboussa et s'éloigna légèrement. "Oh, tu crois que je vais te récompenser pour m'avoir tremper?!" fit-elle d'un ton boudeur. "J'étais à moitié endormie!"
"Et maintenant tu es réveillée et prête à jouer."
"Je suis surtout toute mouillée!" Elle écarta une mèche de cheveux trempée de son visage.
"Mais c'est justement ce que j'espère, Elanor." Fit-il avec un sourire coquin. "J'ai d'ailleurs l'espoir de te garder comme ça le plus longtemps possible. Maintenant cesse de bouder et embrasse-moi." Il combla le vide entre eux et l'a serra contre lui de sorte que le satin chaud de son torse soit serré contre ses seins. "Embrasse-moi," répéta t'il d'une vois de velours.
"Je ne devrais vraiment pas te céder si facilement!" fit-elle avant de succomber et de glisser ses bras autour du cou d'Haldir. Sa langue caressa les lèvres d'Haldir qui ouvrit immédiatement la bouche, s'emparant des lèvres d'Elanor en un baiser passionné et affamé, la goûtant avec une tel ardeur que le corps d'Elanor fut parcouru de frissons, à la fois de désir et de plaisir. Puis, soudain, il s'arrêta à nouveau.
"Allonge toi et flotte," Fit-il en s'écartant légèrement.
"Tu veux que je flotte? " Répéta t'elle en le regardant avec étonnement. "Pourquoi?"
"Tu vas voir." Son sourire indiquait clairement qu'il avait quelque chose à l'esprit.
Elle réalisa d'ailleurs rapidement ce que c'était quand il se plaça entre ses jambes, plongea dans l'eau et posa les genoux d'Elanor sur ses épaules. "Détends toi Elanor. Essaye de rester à la surface." Ses mains balayèrent ses cuisses en un mouvement sensuel et apaisant. "Je te promets que je te repêcherais si tu coule."
"Très drôle. Haldir, attend un peu! Si tu à l'intention de faire ce que je pense que tu à l'intention de faire tu- "
"C'est exact. Maintenant fermes les yeux et laisses toi flotter. Je ne te laisserais pas te noyer."
Elanor se laissa flotter, les bras en croix, essayant de faire ce qu'il lui avait demandé. Cependant cette fois-ci il lui était très difficile de se détendre car il n'y avait aucun drap ou matelas auquel s'agripper tandis qu'Haldir lui faisait subir cette délicieuse torture, fruit de sa longue expérience. Un plaisir brûlant se propageait en elle, comme la fois passée des sensations indescriptibles la submergèrent tandis que sa respiration devenait de plus en plus irrégulière. Et soudain, à sa grande surprise, Haldir s'arrêta et se redressa, les pieds solidement plantés sur le fond de l'étang, la laissant haletante de frustration.
"Et maintenant?" demanda t'elle en remontant quelque peu vers la surface.
"Maintenant nous allons faire autre chose," fit-il d'une voix rauque. "Tu es trop loin de moi. Je voudrais que l'on danse ensemble cette fois."
Elle le regarda d'un air dubitatif avant de pousser un petit cri quand Haldir la prit dans ses bras et se dirigea vers un groupe de rochers tout proches. Avait-il vraiment l'intention de lui faire l'amour là? "Haldir, ça n'a vraiment pas l'air confortable," fit-elle avec conviction.
"En effet." Il s'arrêta devant un des rochers. "Celui-ci à l'air d'être à la bonne taille. Assis toi ici."
Elanor sentit alors ses fesses entrer en contact avec la surface lisse de la roche tandis qu'Haldir se pencha vers elle et lécha les gouttelettes d'eau qui sillonnaient de sa gorge jusqu'à la vallée de ses seins. Il posa alors ses mains sur les genoux d'Elanor. "Ouvres-toi pour moi, ma douce."
Sans hésitation elle écarta les jambes, lui permettant ainsi de se lover contre elle pour chercher l'entrée de son corps. Elanor posa ses mains sur les épaules d'Haldir alors qu 'il entrait en elle. Elle ferma les yeux et laissa sa tête retomber en arrière, impatiente de le sentir en elle à nouveau.
"Tu es si étroite," fit-il, la voix emplit de désir."Est-ce que je te fais mal? Dis-moi."
"Pas cette fois," souffla t'elle en s'agrippant encore davantage à lui. "Tout va bien. Ne t'arrête pas."
Il se retira alors en poussant un gémissement de pure satisfaction puis entra en elle une nouvelle fois, plus profondément. Il répéta cette opération trois fois, allant plus loin en elle a chaque fois, avant d'enfin entrer en elle complètement.
"Mission accomplie," fit-il. "Maintenant enroules tes jambes et tes bras autour de moi et essaye de tenir."
Elanor s'exécuta puis sentit qu'une paire de bras très forts la soulevait du rocher et la portait de nouveau vers la partie la plus profonde de l'étang. "Haldir, qu'est ce qu'on est en train de faire au juste?"
"Nous savourons l'instant. La jouissance est facile a atteindre, mais faire l'amour est un art. Tu te souviens quand je disais que je voulais jouer?" De nouveau ils étaient dans la partie la plus profonde de l'étang, où le niveau de l'eau atteignait presque la poitrine d'Haldir. "C'est ma définition de. . . l'unité, " ajouta t'il d'un ton provocateur.
"Seigneur," fit-elle faiblement. "Je pense que tu vas finir par me tuer."
Il ria doucement, son souffle caressant sa joue. "Recule toi un peu. Oui, comme ça." Il glissa une main entre eux et caressa son sein, frottant la pointe dressée de son mamelon avec son pouce en de petits cercles provocateurs. Puis il se pencha vers elle et suça son oreille du lobe jusqu'à la pointe si sensible. Il laissa alors sa langue vagabonder sensuellement le long de son oreille jusqu'à ce qu'elle s'accroche a lui, frissonnante et gémissante de désir.
La sensation de le sentir en elle combinée avec ce qu'il était en train de faire était presque suffisant pour lui faire perdre la tête. Presque mais pas tout à fait. Elle se tortilla désespérément contre lui, le cœur battant, les veines en feu.
Haldir lui fit un de ces sensuels petits sourires. "Ralentis, Elanor. Attends-moi, mon amour." Il leva la main et saisit le bras droit d'Elanor avant de le poser sur son torse. "Caresse moi ici."
Les minutes s'écoulèrent, sans qu'Elanor puisse dire combien. Son corps et son esprit n'étaient plus que plaisir et sensations enivrantes, submergés par des vagues de passions de plus en plus intenses jusqu'au moment ou ils atteignirent la berge ou une couverture les attendait, posée sur l'herbe. Haldir sortit de l'eau, portant toujours Elanor dans ses bras, sa poigne de fer maintenant leurs corps liés, mais tandis qu'il la couchait sur la couverture ils furent séparés et tombèrent côte à côte comme deux enfants trempés.
Immédiatement il reprit ses lèvres, prenant possession de sa bouche avec passion tandis que les gémissements qui s'échappait de sa gorge alimentait encore d'avantage le désir brûlant d'Elanor. Elle l'embrassa en retour avec ferveur, presque durement, et baissa la main pour le caresser, sans hésitation cette fois.
La bouche d'Haldir trouva sa gorge avant de glisser jusqu'à ses mamelons qu'il suça avec gourmandise l'un après l'autre tandis que ses doigts agiles glissèrent entre les cuisses d'Elanor pour la caresser et mesurer son excitation. Un instant plus tard son poids la pressa contre la couverture, l'entourant de sa si masculine et solide présence tandis qu'il entrait en elle vigoureusement et commençait à établir un rythme.
Cette fois ci il n'y avait aucune pause, aucune interruption. Le cœur d'Haldir battait contre le sien; tout comme elle il brûlait de désir mais il était pourtant bien déterminé à lui donner du plaisir. "Reste avec moi," gémit-il, le visage enfoui dans les cheveux d'Elanor. "Où es-tu?"
Elle s'agrippa à lui avec frénésie, ses mains parcourant son dos. "Presque . . . non, ça commence. . . "
Il augmenta encore la force de ses poussées, allant et venant en elle avec fièvre tandis qu'elle s'arquait contre lui, suivant instinctivement le mouvement sensuel de ses hanches. Soudain, une image apparue dans son esprit et elle vit des nuages dorés illuminés par un brillant coucher de soleil au moment même ou elle entendit Haldir gémir et qu'une explosion de plaisir brûlant se déversait en elle, par vague successive, traversant son corps tel une avalanche. Puis quelque chose d'autre apparu, quelque chose au delà des mots, une touche légère et chatoyante de sensation; chaude, apaisante, délicate. . . Et totalement nouvelle.
Après cela ils restèrent étendus tranquillement, écoutant le bruissement doux des feuilles mêlé aux chants des oiseaux.
Enfin Elanor brisa le silence. "Cette fois était différente. Qu'est-ce que tu as fait?"
Haldir leva la tête, son visage portant une expression douce mais curieusement énigmatique. "Tu as sentis mon fëa. Nos fëar se sont touchés brièvement."
Surprise, Elanor remit en place quelques mèches de cheveux humides derrière l'oreille d'Haldir. "Comment est-ce arrivé?"
"C'est arrivé parce que j'ai choisi de le faire se produire. Je ne l'avais jamais fait auparavant. Je ne savais pas ce que ça allait faire."
Elle n'osa pas lui demander pourquoi il l'avait fait. Peut-être ne le savait-il pas lui même. Peut-être était-ce simplement l'occasion de faire une nouvelle expérience et que ça ne signifiait rien pour lui. Mais alors pourquoi l'avait-il fait avec elle et pas avec une autre?
"Ca a ajouté quelque chose de très agréable," fit-elle d'une voix douce.
"Oui, c'est vrai ," approuva t'il. "Tu as froid?"
"Pas avec toi sur moi." Elle eu un sourire provocant tandis qu'elle liait ses chevilles plus fermement contre son dos. "Je ne suis pas sûre du tout que je vais accepter de te libérer. Je vais sans doute vouloir te garder comme ça. Tu seras mon prisonnier. Qu'en dis-tu?"
"C'est une proposition intéressante." Il releva la tête, feignant de la prendre au sérieux. "Les possibilités sont époustouflantes, mais les obstacles aussi. Tu ferais un beau matelas, mais en matière de cible se serait un désastre."
"Ca dépend quel genre de cible tu as à l'esprit," répondit-elle.
Haldir gloussa et roula sur le côté, la forçant à dégager ses jambes. "Ah, c'est mieux comme ça," dit-il en la regardant avec une lueur taquine dans les yeux. "La fois prochaine tu pourras me chevaucher."
"Te chevaucher?" Elle fronça les sourcils non sans admirer la manière adorable avec laquelle l'eau coulait sur ces longs cils. "Comme un cheval?"
"Pas tout à fait," fit-il pince-sans-rire. " Sauf si le cheval est allongé sur le dos. Parfois c'est bien de ne pas être trop littéral, Elanor."
Elanor gloussa. "Tu as faim maintenant?"
"Faim de nourriture, tu veux dire ? La réponse est oui. Alors si tu veux bien avoir l'obligeance de me laisser me relever. . . "
Elanor brisa leur étreinte et attrapa le panier pique-nique, le plaçant à porté de main d'Haldir. "Tu as apporté beaucoup de provisions, tu ne trouves pas?" fit-elle en farfouillant à l'intérieur.
Il tendit la main vers une serviette de bain et entreprit de se sécher le torse et le visage avec. "Suffisamment pour tenir jusqu'à demain."
Elle leva les yeux vers lui, surprise. "Jusqu'à demain ? Nous passons la nuit ici?"
Haldir approuva d'un signe de tête et fit un geste vers la cime de l'arbre. "J'ai construit un flet là-haut. Il y a une malle dans laquelle j'ai entreposé un certains nombres de choses- couvertures, fourrures et quelques provisions. Nous y serons parfaitement à l'aise pour nous reposer et admirer les étoiles. Ce soir c'est la pleine lune."
"Oh." Elanor le regarda. "Alors c'est donc ici que tu emmènes toutes tes ellith." Elle essaya de ne pas avoir l'air contrariée par cette perspective, en vain.
"Toutes mes ellith ? Tu dis ça comme si il y en avait des centaines."
Elanor détourna le regard; essayant de cacher le fait qu'elle se sentait déçue qu'il n'ait pas nié son affirmation. "Tu en veux un?" fit-elle en lui tendant un muffin.
Il saisit alors son menton, la forçant à le regarder dans les. "Elanor, ceci est un endroit ou je viens pour être seul, pour penser ou pour rêver. Et aussi, trop souvent, pour tenter de trouver une solution aux problèmes que je rencontre. Je n'ai jamais emmené quelqu'un d'autre ici, ni même mentionné son existence avant. Il n'y a que mes frères qui savent où je vais quand je disparais de temps à autres."
"Haldir, je suis désolée. Je me suis encore comporté de manière puérile. Je crois que j'essaye de compenser."
Il reposa le muffin qu'elle tenait encore dans la main sur le côté. " De compenser? Que veux-tu dire par là? " Il lia ses mains à celles d'Elanor.
Elle haussa légèrement les épaules, admirant la forme de ses belles mains; même les ongles étaient parfaits. "Ce que je veux dire c'est que. . . J'ai toujours eu l'habitude de tout garder en moi et de ne jamais dire ce que je pensais vraiment. Maintenant j'ai basculé dans l'excès inverse, en faisant et en disant des choses qu'il m'arrive de regretter. Je suppose que je finirais bien par trouver le juste équilibre."
Sans le regarder, elle savait qu'il souriait. "Elanor, je ne sais pas quoi dire à part que j'ai moi aussi mes propres défauts. Mais je me dit que le fait que nous soyons ensemble prouve bien que quelque soit nos défauts ils ne sont rien en comparaison avec ce que nous aimons l'un chez l'autre."
Elle étreignit ses mains encore d'avantage et leva les yeux vers lui. " Ce sont des paroles sages."
"Oh, merci Elanor." Il semblait étonné et heureux de sa réponse. "Et si nous mangions maintenant? Et après, j'aimerais vraiment faire un petit somme. Chaque partie de moi, "Ajouta t'il les yeux brillant.
Elanor sourira sereinement et refusa de mordre à l'hameçon.
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Orophin étira ses longues jambes, confortablement installé sur un banc garni de coussin dans un coin de sa terrasse, entouré d'un certain nombre de plantes en pot. Doria était assise près de lui, un livre de poésie sur les genoux. "Donc tu penses que ton frère est amoureux de Nerwen?" demanda-t-elle. "C'est la raison des événements de la nuit dernière?"
"Et bien c'est ce que je pense, bien que je ne l'ai pas dit à Nerwen. C'est à Rúmil de décider si il juge bon de le lui dire ou pas. Je l'ai accusé d'être amoureux et il n'a pas nié. Pourtant je sais pas si c'est un amour durable, ou simplement une passion passagère née de son désir pour elle."
"Pauvre Nerwen," fit Doria en soupirant. "N'y a t'il rien que nous puissions faire pour les aider?"
"Pourquoi ne dis-tu pas aussi pauvre Rúmil'?" fit Orophin. "C'est bien lui qui souffre. Elle se sent seulement coupable d'en être la cause."
Doria se tourna vers lui. "Seulement? Es-tu en train de dire que Nerwen souffre moins que Rúmil?"
"Évidemment. C'est elle qui le rejette, pas le contraire."
"Ca ne veut rien dire," fit Doria. "Tu m'as ignoré aussi n'est-ce pas? Souviens-toi comme tu as souffert, ou du moins comme tu as prétendu souffrir."
Orophin gloussa. " Bien sur que j'ai souffert. Mais c'était différent."
"Je ne vois vraiment pas pourquoi tu ris," protesta Doria d'une voix peinée. "En fait, je pense que tu es un peu dur."
"Dur?" Orophin se redressa et la regarda. "Le fait que je pense qu'ils doivent se débrouiller tout seuls ne me rend pas dur!"
Doria posa sa main sur la sienne. "Je suis désolé, Orophin. Je n'aurais pas dû dire ça. Tu n'es pas quelqu'un de dur."
Orophin se détendit. "Non, en effet. J'ai seulement émis quelques réserves au sujet de Nerwen. Je ne pense pas qu'elle apprécie mon frère comme elle le devrait. C'est une gentille elleth que j'ai toujours apprécié, mais elle est si différente de Rúmil sur tellement de points! Je ne vois pas ce qu'ils ont en commun."
"Le fait que tu ne le vois pas ne signifie pas qu'il n'y a rien."
"C'est vrai." Orophin considéra ceci pendant un moment. "De toute façon, j'ai accepté de lui apprendre à sculpter. Elle souhaite faire quelque chose pour Rúmil afin qu'il sache qu'elle lui a pardonné."
"Vraiment?" Doria eu un sourire. "OH, c'est si mignon."
Orophin lui jeta un regard amusé. "Si tu veux, je peux te dire ce que je trouve encore plus mignon."
Les yeux bleus de Doria rencontrèrent les siens, emplit d'une franche curiosité. "Dis-moi."
Orophin glissa un bras autour de sa taille. "Toi, mon amour."
Doria gloussa et posa son livre. "Orophin, c'est toi le plus mignon. Tu me dis toujours des choses si belles! Je t'aime tellement!"
Reconnaissant le ton encourageant dans la voix de Doria, Orophin l'a souleva, la posa sur ses genoux et l'embrassa dans le cou. "Je suis beaucoup de choses, mon amour, mais certainement pas 'mignon'. Promets-moi de ne jamais dire ça quand mes frères sont dans les parages."
"Oh, je ne suis pas sûre de pouvoir te promettre ça." En souriant, elle se lova contre lui, laissant ses doigts se perdre dans les longs cheveux argentés d'Orophin. " Que se passera t'il si j'oublie et que ça m'échappe?"
Orophin fit semblant de la prendre au sérieux. "Tu oublies comme je te connais bien, mon amour. Je vois ce qui se cache derrière tout ça. Tu veux garder ça comme une épée au dessus de ma tête."
"C'est faux!" s'écria t'elle, l'air indignée avant de voir le sourire espiègle qui naissait sur le visage d'Orophin. "Oh, tu te moques de moi! Tu n'es qu'une canaille, Orophin!"
Il raffermit sa prise autour de sa taille et laissa sa main vagabonder sur ses hanches. "Et j'ai l'intention de me comporter comme tel d'ici peu, juste pour te convaincre que je ne suis vraiment pas mignon."
Doria soupira de contentement. "Je ne sais vraiment pas pourquoi je supporte tes plaisanteries."
"Parce que tu m'aimes vraiment," fit Orophin d'une voix douce. "Et parce que tu sais que je t'aime sincèrement aussi."
"Oh, Orophin, tu es si . . . si. . . " Doria semblait chercher un qualificatif qui pourrait lui plaire.
"Bon au lit?" suggéra Orophin.
Doria gloussa. "En effet, oui."
"Merci," répondit-il, prenant un air modeste. "Mais c'est comme pour tout dans la vie, ce qui compte c'est l'entraînement."
" C'est une affirmation ou une suggestion?" S'enquit Doria le regard brillant.
"Les deux," fit Orophin, tandis que sa bouche couvrait celle de Doria.
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Elanor regardait Haldir dormir, à peine capable de détacher son regard de lui. Il était si beau et si paisible, si parfait en fait. Le simple fait d'être avec lui était comme un rêve devenu réalité pour Elanor d'Imladris. Elle se sourit à elle même, restant silencieuse et immobile pour ne pas le réveiller, mais son repos fut de courte durée et avant qu'elle le réalise il l'embrassait à nouveau. Cette fois ci ils firent l'amour avec lenteur et tendresse, avec une pointe de taquinerie et d'affection qui remplit son cœur de joie. Après, ils restèrent étendu dans les bras l'un de l'autre, écoutant en silence le doux murmure des bois tandis que le jour déclinait et que l'obscurité s'installait.
Enfin Elanor brisa le silence. "Alors comment allons nous grimper là haut? Ou plutôt comment vais-je grimper là haut? " Elle scruta les feuilles au dessus de leur tête, cherchant sans succès à distinguer le flet dont il avait parlé.
"Tu vas escalader," répondit Haldir, "Ou je peux te porter sur mon dos. C'est ton choix, Elanor."
"Aucune de tes propositions ne me tente trop," fit-elle en soupirant. "Je me débrouille mieux les escaliers."
"Je suis désolé, mais il n'y a pas escalier. Cependant, j'ai installé une échelle en hithlain avec laquelle tu devrais pouvoir te débrouiller.
"Pas sans mes vêtements. Oh, arrête de rire! Ce n'est pas si simple!"
Finalement, elle grimpa sur l'échelle avec Haldir derrière elle qui l'encourageait entre deux gloussements. Une fois sur le flet, Elanor s'effondra au sol tandis qu'Haldir s'accroupissait derrière elle, une main sur la hanche d'Elanor. "Ce n'était pas si dur finalement, n'est-ce pas?" fit-il en la regardant intensément comme pour jauger sa réaction.
"Oh non, c'était merveilleux" fit-elle avec ironie. "J'espère que la descente sera plus facile."
Haldir secoua la tête d'un air faussement exaspéré. "Elanor, il devient évident que je vais devoir te donner des leçons d'escalade. Tu vas devoir apprendre si tu veux continuer à vivre en Lothlórien."
Elanor lui jeta un regard en biais. "Est-ce que ça veut dire que tu veux que je reste?"
Haldir ébouriffa les cheveux d'Elanor, qu'elle venait juste de repeigner quelques secondes avant. "Évidemment. Attend ici le temps que j'aille chercher nos affaires." Il disparut du flet et Elanor regarda autour d'elle.
Le flet n'était pas grand, mais semblait solide. Un coffre était posé dans un coin, appuyé contre l'imposant tronc du mallorn, et bien que la majeure partie du flet était à ciel ouvert, l'un des coins était protégé par un auvent qui devait, pensa t'elle, servir de protection contre les intempéries. Ca ne serait pas nécessaire ce soir cependant, puisque le temps était clair et paisible et qu'une douce et parfumée brise d'été faisait bruisser les feuilles d'or. Elle frissonna légèrement, non pas à cause du froid mais parce qu'elle commençait à réaliser ce qui se passait. Où était passé la sage et timide Elanor? Qui était cette nouvelle et passionnée Elanor flirtait, plaisantait et faisait l'amour avec Haldir de Lórien? Et qu'arriverait-il ensuite?
C'est sur cette pensée qu'Haldir réapparut, portant le panier pique-nique et les couvertures. "Et voilà. Il y a une grande couverture dans ce coffre. Avec celles-ci en plus, nous devrions être à l'aise. Ca ne sera peut-être pas assez confortable pour ton derrière délicat, mais il devra s'y faire."
"Ca va être parfait," fit-elle en souriant.
Et ça l'était. Rapidement ils s'installèrent, à peu près de la même façon que durant cette nuit ou ils avaient partagés la cape d'Haldir durant leur départ de Fondcombe. Et juste comme il l'avait fait cette nuit là, Haldir enroula un bras autour de la taille d'Elanor et lova une main contre son sein.
Elanor tourna la tête, essayant de voir son visage. "Haldir, tu te souviens de cette nuit ou nous avons partagé ta cape?"
"Je m'en rappelle, Elanor. Il faisait froid."
"Nous étions à peu près dans la même position."
"Sauf que nous étions entièrement vêtus," précisa t'il. "Je préfère comme ça."
Elanor sourira. "Oui, mais je me demandais si. . . Tu sais pourquoi je t'ai frappé ce matin là?"
"J'en ai une petite idée," répondit-il en enfouissant son visage dans les cheveux d'Elanor.
"Vraiment?" Elle se retourna de trois-quarts afin de mieux le voir. "Non, tu ne peux pas le savoir."
"N'était-ce pas en rapport avec l'endroit ou j'avais posé ma main?" Ses yeux étaient fermés, mais elle pouvait voir très clairement qu'il souriait.
"Tu le savais? Haldir, je n'arrive pas à croire que tu ais pu être si . . . si. . . "
"Elanor, tu étais habillée. Ce n'est pas si grave, si? Il faisait froid. J'ai trouvé que c'était une manière pratique de me réchauffer les mains."
"Une manière pratique?" répéta Elanor. "C'est ça que tu appelle 'pratique' ?"
"Ca m'avait parut pratique sur le moment," répondit-il. "Allez, arrêtes de bouder. J'aimerais chanter pour toi maintenant, à moins que tu en décide autrement."
"Oh oui, chante s'il te plait! J'adorerais ça." Elanor se lova contre lui, les jambes enroulées autour de celles d'Haldir.
C'est ainsi qu'Haldir chanta pour elle tandis que, une à une, les étoiles apparaissaient, scintillant au dessus d'eux comme autant de diamants éparpillés sur un fond de velours noir. La chanson qu'il avait choisie illustrait le plus vieux de tous les contes, le conte de la Création qui avait traversé les âges, à travers les antiques et précieux textes. Elle racontait l'histoire d'Eru, l'Unique, et de ses enfants, les Ainur, et comment, ensemble, ils avaient créé la Grande Musique à la naissance du monde, longtemps avant l'éveil des premiers nés, les Elfes.
Des larmes montèrent aux yeux d'Elanor tandis qu'elle était étendue dans les bras d'Haldir, écoutant les paroles enivrantes qu'il chantait de sa voix si profonde. Elle essaya d'imaginer une musique assez puissante pour réussir à créer un monde mais c'était inimaginable et bien au delà de sa compréhension.
Quand Haldir eu finit, elle pris sa main et la porta à ses lèvres pour y déposer un baiser. "Merci," chuchota t'elle. "C'était merveilleux. Je me souviendrais de ce moment pour toujours."
"Je te remercie, Elanor." La voix d'Haldir sembla très tendre à ses oreilles.
A suivre . . .
Note de la traductrice/infâme traîtresse qui ne tient pas ses promesses:
évite les jets de pierres/flèches/nains des lecteurs
Je suis vraiment, vraiment, vraiment désolée/navrée/honteuse/impardonnable de vous avoir fait attendre si longtemps avant d'avoir traduit ce chapitre!!! Je sais que certains parmis vous ne lisent pas l'anglais et ne peuvent donc pas aller lire les autres chapitres en version originale donc j'ose à peine imaginer l'état de frustration et d'agacement dans lequel vous devez être…. Je tiens à m'excuser sincèrement pour l'attente car même si celle-ci est due a un certains nombres de soucis d'ordre privé je me sens coupable de ne pas avoir passé au dessus pour vous traduire ce chapitre.
J'espère néanmoins que vous avez apprécié ce chapitre! Pour ma part je le trouve trop mignon… (ils sont pas choux comme tout Doria et Orophin? hihi)
Encore toutes mes excuses, je vous promet solennellement qu'un tel retard dans la publication ne se reproduira plus.
Encore un mot pour remercier tout les gentils reviewers, vos messages sont tellement gratifiants!! Merci notamment à Lalolie, j'espère que ce chapitre a été à la hauteur!!
