Voilà mon chapitre VI
J'espère qu'il vous plaira autant que les autres
Je vous le dédis à VOUS mes fidèles reviewers.. C'est pour vous que j'écris!
Quel bonheur quand je lis vos reviews.
VI.
A présent elle en est certaine, elle hait Malefoy. Assurément, elle l'a toujours détesté, mais cela s'apparentait davantage à de l'indifférence. Aujourd'hui, il est présent dans son esprit. Elle le hait vraiment. Pour son sourire en coin, prétentieux, narquois, insipide. Pour sa démarche souple, féline à l'allure prédatrice. Pour ses yeux orages, qui changent de nuance au grès de ses humeurs. Humeurs, qui elles-mêmes changent constamment. Elle le hait surtout, parce qu'il lui a ouvert les yeux, parce qu'il a raison, sur toute la ligne. Poudlard a conditionné ses élèves… Jamais de toute sa vie d'élève brillante elle n'aurait cru un jour condamner ce que Dumbledore avait mis en pratique. Si vraiment il s'était repenti d'avoir eu un jour les idées qui l'animaient, lorsqu'il se trouvait avec Grindelwald, comment avait-il pu diriger une école, qui divisaient ses élèves de la sorte ?
Assise sur son lit, elle tripote nerveusement l'édredon rouge et or aveuglant, l'esprit rongé, tourbillonnant dans une sorte de sphère sans issue. Elle se lève s'approchant de la fenêtre de son dortoir, l'esprit comme embué, ses yeux parcourt le lac gelé de Poudlard et elle se demande si calmar géant est encore là ou si, comme elle le pense, il a fuit le château, sentant que la quiétude où il avait vécu était sur le point de disparaître. Elle voudrait tellement que tout cela cesse. La nuit, elle n'entend que le hurlement de cette petite fille qu'elle n'a pas pu sortir des cachots, elle ne voit que les visages tordus par la souffrance des premières années déjà martyrisés. Oui elle hait Malefoy, mais à présent elle hait bien plus encore Poudlard…
Son manuel de Potion fermement serré contre sa poitrine, Hermione passe la porte qui mène à la petite Salle où elle doit retrouver les Serpentards avec qui elle partage son devoir. Le cœur battant, car elle n'a aucune envie de revoir Malefoy et ses certitudes obtuses. Ils sont là, riant à une blague qu'eux seuls connaissent. Elle se fige sur le seuil, n'ayant guère l'habitude de voir un Serpentard rire aussi naturellement, alors deux… Le rire de Malefoy est étrangement cristallin, tellement différent de ce petit ricanement sournois qu'il a l'art d'exhiber. Elle n'ose entrer tant le spectacle qu'ils lui offrent est intriguant. Blaise pose sa main sur l'épaule de Malefoy, qui la lui retire avec un sourire, avant de lui coller une grande claque amicale sur son dos. Hermione se rapproche un peu, elle n'ose entrer avant qu'ils n'aient finis leurs démonstrations d'amitié, elle les préfère nettement arrogant, ceci est bien trop gênant. A son grand désarroi, sa robe de sorcier s'accroche à une estafilade du mur, déchirant un peu sa manche, provocant la raideur des Serpentards. Troublée, elle entre en les saluant d'un signe de tête sous le regard noir de Malefoy et amusé de Blaise Zabbini.
- Granger ! Te voilà enfin, clame ce dernier avec un immense sourire, nous pensions commencer sans toi !
Elle sourit avant de s'asseoir près d'eux, n'osant pas croiser le regard charbonneux de Malefoy. Avec des précautions infimes, elle dépose son Manuel de Potion au centre de la table avant de poser son regard interrogateur sur Blaise Zabbini.
- Que tu es négligée, Granger ! Grince la voix sinistre du jeune blond, qui désigne sa manche lacérée de son index.
- Je viens de déchirer ma robe ! S'indigne-t-elle
- Oui et bien, tu devrais réparer ça. A moins que tu n'aime errer en haillons, remarque pour une Sang de Bourbe…
- Ça suffit Malefoy !
Elle se redresse, pointant sa baguette, rageuse sur Malefoy qui a réagit aussi vite qu'elle.
- Ce n'est pas… Commence Blaise Zabbini en se levant à son tour les paumes levées.
- La ferme, Blaise, claque Malefoy sans perdre la jeune fille du regard.
- Ok, fait celui-ci en se rasseyant il sait que lorsque Malefoy adopte ce ton-là il vaut mieux le laisser régler ses comptes. Prévenez-moi juste, quand nous pourront étudier.
- Je te hais, Malefoy, avec tes histoires de Sang ! Tu n'es qu'un immonde petit véracrasse qui…
- Bloclang !
La voix d'Hermione se perd, alors que sa langue collée à son palais semble ne plus vouloir quitter sa place. Elle se met à gesticuler en tout sens, alors que Malefoy lui fait entendre ce rire qu'elle déteste tant. Il adresse un regard de fierté à son ami, qui lui répond par un sourire crispé, guère amusé de devoir supporter leurs chamailleries.
- Comment ? Ajoute-t-il, je n'entends pas… Sang de Bourbe.
Rapide, Hermione passe sa baguette dans sa main gauche avant de venir élever sa main près du visage de Malefoy, son geste est alors interrompue par une main blanche qui lui enserre le poignet avec violence.
- J'ai appris Granger, murmure-t-il, je ne répète jamais deux fois la même erreur.
Elle engendre un léger mouvement du poignet gauche, provocant l'effarement du jeune homme, un petit sourire victorieux sur les lèvres, qu'il se met immédiatement à détester.
- Granger ! Crie-t-il lorsqu'il s'aperçoit que ses jambes sont paralysées.
De sa main libre, l'autre étant toujours prisonnière de sa poigne, elle désigne sa bouche.
- Jamais ! Je préfère rester comme ça !
Elle lève les bras, et tente de se dégager de son emprise, en vain, sa poigne et bien trop puissante. Elle tente malgré cela de lui asséner des coups qui la libèrerait de cette emprise, mais il tient bon, la toisant de son regard flamboyant.
- Si j'y suis tu y restes ! Crache-t-il.
- Finite Incantatem !
Tous deux se tournent vers Blaise Zabbini dont la baguette est levée vers eux, les ayant libérés de leur sort. Le visage crispé celui-ci lâche d'une voix irritée :
- On peut travailler maintenant ?
- Je peux entrer ? Demande la voix de Ginny Weasley derrière la porte du dortoir.
- Bien entendu Ginny ! Lui répond Hermione
La jeune rousse entre dans le dortoir en observant son amie qui porte une jupe plissée noire, une chemise blanche entrouverte cachée par sa cravate Rouge et Or parfaitement nouée.
- Tout va bien ? Demande Hermione en avisant l'air triste de son amie.
- Oui, murmure-t-elle, c'est juste qu'il me manque.
- Oh, fait Hermione, la gorge soudainement asséchée. Moi aussi…
- J'ai l'impression que… Je suis un poids, j'ai l'impression que je suis la seule que ça affecte à ce point. Ou du moins la seule à m'apitoyer de la sorte ?
Hermione s'approche alors de son amie afin de lui prendre les mains.
- Tu n'es un fardeau pour personne, voyons Ginny. Et c'est normal que ça t'affecte plus que les autres, mais si cela peut te rassurer, l'absence d'Harry me pèse plus que mesure. Sans lui, j'ai du mal à prendre des décisions, du mal à me faire des opinions, j'ai sans cesse la même question qui me revient : Que penserait-il ? Que ferait-il ? J'ai toujours eu Harry près de moi, depuis que je suis une sorcière et évoluer sans lui revient un peu à marcher sur un pont invisible. J'avance mais je ne suis pas certaine de ce que je vois. J'ai moins confiance.
- Je suis désolée Hermione, murmure la jeune Weasley, je n'avais pas vu que cela t'affectait à ce point. Je savais qu'il était comme un frère pour toi, mais c'est plus que cela en fait, il est ton point d'ancrage.
Hermione hoche la tête, une larme perlant au coin des yeux. Ses mains lâchent sa jeune amie, pour venir la serrer contre elle.
- N'oublies pas Ginny, dès que tu te sens mal. Viens me voir.
Son amie vient hocher la tête contre son torse. Avant de se détacher d'elle et de la regarder, songeuse.
- Quelque chose te préoccupe, Hermione ?
- Non. Ce…
Elle hésite avant de lui déclarer :
- C'est que je pense beaucoup à Malefoy ces temps-ci.
La jeune rousse fronce les sourcils n'appréciant guère la phrase de son amie.
- Non, je… Il m'a dit des choses qui me font douter… De tout ce en quoi je crois.
- Qu'a-t-il dit ?
- Oh je… Je ne préfère pas en parler. Mais, je me sens tellement perdue. Et tout ça par sa faute. Si tu savais comme je le déteste.
Elle ne répond pas se contentant de poser sa main sur son épaule.
Les yeux mi-clos, la respiration régulière, Hermione sent ses pas la conduire malgré elle jusqu'au Parc du château. Cette étreinte qui enserre son cœur ne la lâche plus désormais. Elle aborde les couloirs déserts, puis tombe sur Théodore Nott, encore, dont les pieds brutaux frappent sans remord aucun, le petit corps frêles d'un élève de première année. Hermione, révoltée, attrape sans réfléchir le manche de bois rassurant de sa baguette magique. Mais alors que toutes ses pensées l'avaient abandonné, elle avise, au con d'un couloir, Carrow Sœur qui regarde son élève martyriser, un sourire niai sur les lèvres. Hermione relâche sa main, le cœur torturé, se maudissant de ne pas oser leur lancer un sortilège impardonnable. Mais c'est ainsi, pas vrai, la Guerre ? Si l'on veut rester sur le coup, on doit s'obliger à ne pas prendre part à tous les conflits aussi injustes, cruels et écœurants soient-ils. Elle s'en va fermant les yeux, peinant à ne pas jurer contre toute cette mascarade. Au risque de perdre la face, on fait les choses en secret, on tue, on pille, mais dans l'ombre afin de laisser croire à la tranquillité. Elle a reçu un message de l'Ordre ce matin. Remus lui disait qu'ils avaient perdu encore deux membres. L'un deux, Artie Mitch avait à peine vingt ans. Il avait été tellement supplicié qu'ils ont mis près de deux heures à l'identifier, des brûlures recouvraient les quatre vingt pour cent de son corps, le reste ressemblait plus à de la viande hachée qu'à de la peau humaine. Et eux ils étaient là, à l'Ecole, dans la précieuse Poudlard, a suivre leurs cours comme si de rien n'était, à continuer leurs vies tranquilles, oubliant pour peu, ce qu'ils faisaient là. Ils sont en Guerre, une guerre qui se profile, dont on ne voit encore que la partie émergée, Harry est parti, seul, pauvre petit soldat, enfant solitaire, jeté malgré lui au cœur de l'affrontement et eux, eux sont à Poudlard. Où il ne se passe pas e quart des meurtres d'au dehors. Parce que ce ne sont que des enfants, des nouvelles recrues de l'Ordre, ils en sont toujours au même point. Enfermés, en sécurité. Elle a les mains qui tremblent et une brusque envie de vomir, de se sentir aussi inutile, elle aurait dû partir avec lui, vraiment elle aurait dû… Malgré ce qu'il en disait, maintenant elle est là ne sachant trop quoi faire. Les larmes lui montent, formant une boule oppressante dans sa gorge. Il fait nuit, mais elle s'en fiche, elle ne sait plus où elle en est. Et si elle rencontre un Mangemort elle le tuera.
- Nox ! Murmure-t-elle pour éteindre sa baguette, alors qu'elle débouche sur les couloirs les plus surveillés de l'école.
- Ce n'est pas très prudent de se balader seule, dans les couloirs à cette heure, murmure une voix qu'elle ne connaît que trop bien.
- Lumos… Murmure-t-elle pour lui faire face.
Il est seul.
- Malefoy. Que fais-tu là ?
- Je pourrais te poser la même question, Granger, fait-il en se rapprochant d'elle.
- Je n'ai pas envie de me bagarrer maintenant, Malefoy, laisse moi.
Il ne répond pas, se contentant de l'observer, d'un regard indéchiffrable.
- Laisse-moi, murmure-t-elle sentant les larmes proches.
- Non, claque-t-il comme un ordre.
Elle gémit, comment peut-il être si cruel, la regarder souffrir. Mais alors, elle ne peut plus lutter, plus se contenir, elle ne veut plus garder cette souffrance intérieure. Elle pleure. S'adossant contre le mur. Elle aperçoit qu'il a levé le bras et lentement, son pouce vient cueillir ses larmes au coin de son œil, ses yeux bleus orage l'observant avec intensité. Elle se contracte, imperceptiblement n'osant prononcer aucune paroles de peur de briser se moment si tranquille, si juste, si éphémère qui comme un nuage de fumée s'évapore.
- Cesses donc de t'apitoyer, Granger.
Et ses talons claquent alors qu'il s'éloigne du couloir à grands pas. Elle reste là, figée, surprise, hébétée.
Elle a les jambes repliées, son menton repose nonchalamment dessus, alors que ses bras les enserrent à s'en faire mal. Il entre, l'avisant près de l'âtre de la cheminée.
- Ginny ?
Elle redresse la tête, comme si elle sortait d'un songe. Ses pupilles marines viennent toiser son ami et un pli soucieux se peint sur son front.
- Tu vas bien Neville ?
Il étouffe un soupir, avant de glisser ses doigts dans sa chevelure dorée d'un geste nerveux. Il s'enfonce près d'elle dans le canapé décharné de leur Salle Commune.
- Rita Skeeter est surement dans le camp du Lord.
- Comment ?
Il ricane avant de partir dans un rire de dément. Lui faisant mal aux côtes. Ginny ne dit rien, se contentant de l'observer, un sourcil relevé. Il se calme, reprenant lentement contenance.
- Je me fais du souci pour toi.
- Il ne faut pas, Ginny. Dans cette Guerre c'est chacun pour soi pas vrai ? Fais-toi plutôt du souci pour toi.
Elle secoue la tête, navrée de cette réponse qu'il s'est entêté à lui donner. Ce n'est pas chacun pour soi. Ça ne le sera jamais, pas dans leur camp en tout cas.
- Rita Skeeter alors ?
- Tu as vu ce qu'elle a écrit sur Le Sage Dumbledore ? C'était sans conteste pour nous égarer. Ne l'aurait-elle fait si elle avait été de notre côté. Il n'est plus là pour se défendre à présent. Les Mangemorts ont le Lord, nous qu'avons-nous? Harry Potter ? Un gamin de notre âge ! Nous n'avons plus de guide.
- Nous sommes notre propre guide Neville. Nous n'avons besoin ni de dieux ni de maître pour avancer. Nous sommes une coalition. Nous nous battons contre eux.
- Nous allons nous faire massacrer.
- Oh, Ron je ne t'avais pas entendu arriver.
Le garçon, s'adosse contre la lourde porte de bois de la Salle de Métamorphose alors qu'Hermione rassemble ses affaires. Son regard la gêne un peu, il est différent de l'accoutumé.
- Tu es prête ?
- Bien sûr.
Elle agrippe ses livres contre elle avant de le suivre dans les couloirs du château. Froids, humides, sinistres. Ses pas craquent à chaque fois qu'elle avance. Il est trop vieux ce château, bien trop vieux. Elle pénètre dans la Salle sur Demande, Ron sur ses talons. Ils sont tous là, déjà là. Droits comme des « i ».
- Bien aujourd'hui j'ai quelque chose à vous apprendre. Avant les Sorts Informulés.
Elle ne passe pas par quatre chemins. Elle est là pour apprendre et non pas pour faire la conversation.
- Détourner l'attention. Gardez cela à l'esprit toujours. Vous êtes droitier. Il faudra apprendre à lancer des sorts de la main gauche.
- Mais… Commence une fillette aux cheveux noirs corbeaux.
Le regard froid que lui envoie Hermione la dissuade d'en dire davantage. C'est une gamine. Quatrième année. Comment en est-on arrivé là ?
- Il n'y aucun « mais » qui tienne. Vous devez l'apprendre. Surprendre c'est sur cela que se basent nos espoirs.
Elle les place alors par duo pour qu'ils s'entraînent. Attrapant un poignet par là. Déplaçant l'alignement d'un corps par ci. Inclinant un visage. Lançant un sort contre un garçon bien trop sûr de lui. Son front se perle de sueur. Elle les fait s'entraîner encore une heure, deux, trois. Ils n'en peuvent plus. La supplient.
- Encore une heure. Vous devez avoir appris aujourd'hui. Voldemort ne vous laissera pas de répit.
Elle ignore les gémissements qui se propagent à l'entente du nom. Elle n'a pas le temps de les faire souffler. La Guerre les rattrapera inexorablement. Demain elle sera peut-être aux portes du château. Ce sont des gamins, mais elle doit leur apprendre à se défendre. Ils ont le droit d'apprendre. Elle continue une heure encore, avant de les laisser regagner leurs dortoirs.
- Vous avez bien travaillé.
Elle ajoute cela car elle sait, elle sait qu'un peu d'encouragement est bénéfique. Elle leur adresse un regard chaleureux, avant de les laisser quitter la Salle avec Ginny, Neville, Luna et Anton comme escorte. Ron reste, il s'approche d'elle alors qu'elle enfile son long manteau noir. Elle se sent rougir, lorsque ses doigts ferment la rapproche de lui, elle ferme les yeux, posant sa tête sur son épaule, savourant le plaisir d'être avec lui. Ses mains caressent ses cheveux, assez délicatement pour qu'elle se sente gênée. Ses yeux chocolat se lèvent pour tomber dans deux abîmes marine, fiévreux. Il incline légèrement la tête afin de reprendre ce qu'il avait commencé quelques jours auparavant.
- Ron, non, je…
Il fronce les sourcils surpris, interrompant son mouvement.
- Je croyais que tu le voulais.
- Oui, je le voulais mais avant, quand…
- Quand quoi, Hermione ?
La jeune fille tremble sous la question voilée d'une menace, d'un défi de lui répondre. Elle aurait voulu être comme lui, le vouloir pour une vie entière, seulement elle n'est pas sûre, pas sûre de ses sentiments.
- Je ne sais pas, c'est trop tôt.
- Six ans, Hermione. Cela ne t'a pas laissé le temps de réfléchir ?
Elle baisse les yeux, sous le regard blessé du jeune homme.
- Pardonne-moi Ron…
- Va-t-en…
- Ron… Murmure-t-elle les larmes aux yeux.
Son regard la dissuade d'en dire davantage. Elle ferme les gros boutons qui lui restaient, avant d'emprunter la porte, le laissant là face au grand miroir, la tête entre les mains. Elle s'en veut, elle s'en veut tellement que s'en est douloureux. Tout ce poids qui s'accumule lui donne une étrange nausée. L'impression de se retrouver dans un bateau branlant, qui manque chaque seconde de sombrer dans les profondeurs marines.
- Oh Granger ! L'interpelle une voix.
- Quand vais-je cesser de te croiser dans les couloirs la nuit, Malefoy ?
Il se fend d'un sourire en coin, qui lui donne aussitôt l'envie de le gifler.
- Je te sens agressive Granger, quelque chose ne va pas ?
- Dégage. Je te hais.
Il s'approche d'elle. Gardant ses bras croisés sur sa poitrine.
- Pas autant que je te hais, fait-il en approchant d'elle prenant son menton en coupe entre deux de ses doigts, lui déclenchant une série de frissons, qu'elle aurait bien aimé réfuter. Il lance, peu amène, en relâchant son visage.
- Skeeter est dans les Rangs du Lord, ajoute-t-il en riant.
- Pourquoi tu te marres ? Crache-t-elle
- C'est étrange comme un stupide bouquin peut créer la dispersion et la décadence dans vos rangs.
- Que…
Sa voix se bloque dans sa gorge.
- Qu'est-ce que tu raconte, Malefoy ? Je te prie de cesser tes inepties, il n'y a aucune décadence dans nos rangs. Pas plus que de dispersion !
- Ah non ? Susurre-t-il d'une voix suave. Et ce Londubat alors qui ne sait plus où il en est ? Et toi ? T'es-tu seulement regarder ses derniers jours, avec ton regard hagard et tes mains qui tremblent. Tu doutes.
Elle écarquille les yeux. Ainsi donc il a remarqué. S'il a pu, qui d'autres encore a pu apercevoir le doute sur leur visages épuisés. D'une voix douce, elle murmure, avant de planter son regard doux dans le sien :
- Ne t'arrive-t'il jamais de douter ?
Elle le voit hésiter, comme si on le forcer à dire des choses qu'il n'avait aucune envie de révéler. Ses traits se tordent en une grimace confuse.
- Constamment, Granger.
Sa voix glaciale la fait frissonner. Elle baisse les yeux, confuse.
- Regarde-moi… Murmure-t-il à son tour.
Elle relève les yeux, accrochant son regard fonte d'un acier brillant et d'un océan capricieux. Il n'a aucune trace d'animosité en lui. Et elle croit se perdre rien qu'en le dévisageant. Ses yeux s'agrandissent, alors qu'elle a envie de dire quelque chose, elle ne le fait pas, laissant leurs regards se fondre l'un dans l'autre. Cette quiétude irréelle est un instant bouleversée par l'un des deux parchemins dans sa poche qui trésaille. Lui intimant de le lire. Tournant le dos à son interlocuteur, elle déplait le morceau de papier déchiré par endroit qu'elle garde dans sa poche depuis plusieurs mois. Il ne lit même pas par-dessus son épaule, se contentant de cogner sa nuque de son souffle léger, la troublant. Avant qu'elle n'oublie jusqu'à sa présence, tous ses livres de cours s'abattant avec fracas sur le sol poussiéreux. Elle reconnu l'écriture fine et penchée de Remus. Noire. Comme la Nouvelle qui lui apporte.
Le Ministère est entre leurs mains. La Guerre est déclarée.
Alors? hihi
Ca y est me voilà avec mon Ministère!
Je prévois un chapitre 7 Explosif!
