Et voilà le dernier chapitre en date ! Je suis navrée d'avoir mis autant de temps ! J'ai un boulot monstre ces temps-ci. Mais le voilà, pour vous.
Merci encore ! Vos reviews m'émerveillent ! J'espère que vous me suivrez encore dans cette aventure, malgré mon grand retard !
Je voudrais faire des remerciements spéciaux à Stellmaria qui a cité ma Fic dans la sienne : Adolescences tardives ! Et ce n'est pas par obligation que je lui renvois l'ascenseur, en vor encourageant vivement à aller la lire. C'est un auteur de talent, qui nous propose un merveilleux post-Poudlard. Palpitant et savoureux à souhait.
Merci à toi ! Parce que comme je le disais c'est vraiment agréable d'être apprécié des auteurs qu'on admire ! Pour cela je te dédicace ce chapitre ! Rien que pour toi !
/ !\La fin du Chapitre peut choquer
XI.
Lorsque la très désagréable impression du transplanage se dissout, Hermione ne peut profiter d'un moment de relâchement, plusieurs personnes se précipitent vers Harry et elle-même. Elle ne distingue rien, trop de mains qui s'agitent autour d'elle, sur elle, trop de paroles, d'ombres et de bruit. Des bras la tirent mais elle se refuse à lâcher la main de son meilleur ami, elle la serre dans la sienne avec violence, sentant presque ses jointures craquer.
- De l'air, claque une voix autoritaire.
Un instant la masse de corps qui encerclent la jeune fille se dissipe, l'aidant à prendre conscience de la pièce dans laquelle elle se trouve. Le Grand Salon. Eclairé seulement par quelques bougies et rempli de papiers dont quelques feuilles volètent encore. Remus Lupin se tient droit devant elle, la mine sévère, semblant réprimander les quelques personnes qui s'affèrent autour des jeunes gens. Molly Weasley n'a pas retiré sa main de l'épaule d'Harry mais a mis un peu de distance entre eux. Arthur garde fière stature mais ne semble pas plus enclin à s'éloigner d'eux. Les jumeaux dont les os saillants montrent leur grande implication au sein de l'Ordre ont reculé lentement. Tonks s'est postée près d'Hermione sans pour autant s'éloigner vraiment.
- Laissez-les donc respirer, grince le lycan.
En cet instant la jeune fille a presque envie de fondre dans ses bras, tellement elle se sent reconnaissante de son attitude. Il esquisse un sourire en sa direction mais ses yeux brillants trahissent son désir d'en savoir un peu plus. Molly Weasley pince ses lèvres grasses en toisant Harry, et Hermione se doute alors qu'elle se retient de lui signaler à quel point il a maigri. Elle doit cependant se l'avouer, elle-même n'est pas loin de le remarquer, lorsqu'il revenait de chez les Dursley il était bien plus charnu que cela.
- Remus… Commence la matriarche de la famille Weasley avant que d'autres voix n'emportent la sienne, provocant un nouveau brouhaha agaçant.
Au creux de son épiderme délicat Hermione sent la main de son ami se perler d'une moiteur qu'elle ne peut expliquer, son regard chocolat glisse vers le visage de son ami qui fixe l'entrée du Grand Salon, les pupilles dilatées et le cœur battant un tel rythme que son tambourinement irrégulier flotte jusqu'à ses oreilles. Alors elle l'entend à son tour le pas léger presque aérien de Ginny Weasley, ses cheveux roux flamboyant elle avance vers lui, ses pas sont mesurés, ses yeux rivés au sol, dans le tumulte du Grand Salon Hermione a l'impression que ses deux amis sont au ralenti. La main d'Harry glisse involontairement de celle d'Hermione, comme si ses sens l'avaient abandonné, lâchement. Les yeux marines de la plus jeune des Weasley se vissent dans le vert électrique. Avant de les voir l'un en face de l'autre, les yeux dans les yeux, Hermione ignorait à quel point un regard pouvait tout dire. Remplacer les mots. Annihiler toutes paroles insipides. Ils ne détachent pas semblant absorber tout l'un de l'autre, ne voulant rien manquer. Mais la voix tonitruante de Remus Lupin s'élève une fois de plus rompant l'instant, ramenant les jeunes gens sur Terre, en Guerre.
- Ca suffit ! Hermione, Harry, ajoute-t-il d'une voix douce, montez vous lavez un instant, nous vous attendons ici.
- N'as-tu pas l'impression d'être vide ?
Hermione se tourne pour faire face à Harry, qui sort à son tour de la douche une serviette sur les épaules, son jean délavé à peine fermé. Ses mains ralentissent l'allure alors qu'elle sèche ses cheveux trempés qui dégoulinent sur son tee-shirt noir.
- Si. Acquiesce-t-elle.
Il vient s'asseoir sur le lit, à ses côtés, enfilant une paire de chaussette et ses chaussures usées par le voyage. Alors qu'elle a baissé le regard, troublée par ses paroles.
- Tu veux bien… ? Demande-t-il avec hésitation en lui tendant un pot d'onguent réparateur avant de se tourner dos à elle.
- Harry… Murmure-t-elle la gorge nouée en apercevant la monstrueuse entaille qui recouvre son dos.
- Ça va… Je ne sens plus rien maintenant. Répond-il un peu sèchement
- Comment … ? Commence-t-elle mais sa voix meurt dans sa gorge alors qu'elle sent le dos de son ami se contracter. Mais pour le moment…
- Un jour, Hermione, un jour j'arriverais à parler de tout cela, et sois sûre que ce sera à toi que je voudrais me confier.
La jeune fille n'ajoute rien, se contentant de finir d'appliquer précautionneusement la pommade sur le dos de son ami.
- Tu sais…
La voix du garçon est hésitante, mais d'une pression amicale sur l'épaule, la jeune fille l'encourage à se confier un peu.
- J'ai la sensation de revenir au point de départ, de ne plus rien faire, de ne plus avoir de but.
- Tu as un but Harry, coupe-t-elle.
- Tu ne comprends pas.
- Si, répond-elle. Tu avais la sensation d'avancer, ici tu ressens l'enfermement, tu as l'impression d'être redevenu un gamin.
Le garçon baisse la tête.
- Oui c'est ça.
Un instant ils se taisent, laissant le silence régner entre eux. Parfois bien plus réconfortant que les mots. Hermione repose alors le pot d'onguent, avant de donner à Harry son tee shirt.
- Il y a quelque chose d'étrange… Murmure Hermione
- Comment cela ?
- Ron n'est pas venu nous retrouver en bas. J'aurais cru qu'il viendrait maintenant mais… Où est-il ?
Le regard alarmé d'Harry ne la réconforte pas dans son angoisse.
- Il est parti.
Hermione n'a pas entendu la jeune Weasley avant d'entendre sa voix sur le pas de la porte. Elle ignore comment elle a pu revenir de Poudlard et n'en demande pas plus pour l'instant.
- Parti ? Répète-t-elle hébétée.
- Oui.
Ginny ne regarde que son amie, semblant fuir le regard scrutateur d'Harry.
- Il est devenu furieux, lors de ton départ, il s'est senti trahi.
La voix de Ginny recèle une colère mesurée qu'Hermione ressent comme un coup de poignard.
- Vous étiez trois et tu es partie sans lui. Ce n'est pas parce que tu ne l'aimes pas comme il t'aime que tu avais le droit de le laisser en arrière !
- Ginny… Commence Harry.
- Et toi où étais-tu ? Lance-t-elle croisant enfin son regard.
Les poings crispés elle le défie de lui répondre. Il ouvre la bouche, stupéfait de cet élan de colère qui lui est adressé.
- Je ne peux…
- Evidemment, tu ne peux pas répondre !
- Ginny… répète Hermione dans le but de l'apaiser.
- La ferme ! Crache-t-elle hors d'elle, ses joues entachées d'un rouge tumultueux.
Ils se figent.
- Vous étiez partis ! Mon frère est parti ! J'étais seule et qui s'en préoccupait, qui ?
Elle tourne les talons, furieuse, laissant seuls les deux jeunes gens qui se regardent, désorientés.
- Où étiez-vous ?
La voix est dure, autoritaire. Les paumes apposées sur la table, Kingsley Shacklebolt toise avec une légère touche d'animosité les deux jeunes gens qui lui font face.
- Kingsley… Tente de l'apaiser Remus Lupin.
- Fermez-là, Lupin !
Le susnommé frémit légèrement. L'Auror n'a pas pour habitude de se montrer si grinçant.
- J'effectuais une mission pour Dumbledore, répond Harry pour la énième fois. Et Hermione est venue me retrouver.
- Quelle était cette mission ?
Remus Lupin étouffe un soupir de lassitude. Voilà près d'une heure que Shacklebolt interroge les deux jeunes gens, et les mêmes questions reviennent, incessantes.
- Je ne peux pas vous le dire.
Inflexible.
- Oui, je sais cela.
- Dans ce cas, pourquoi ne changez-vous pas les questions ?
- Potter, énonce-t-il d'une voix légèrement arrogante. Vous avez disparu pendant plusieurs mois. Vous, celui que le Seigneur des Ténèbres veut éliminer, plus que n'importe qui. Nous n'avions aucunes nouvelles, si ce n'est celles de votre survie, lorsque Miss Granger daignait nous les donner. Je pense que j'ai le droit à un peu plus de détails.
- Dumbledore m'avait confié une mission, cependant, pour ne pas qu'elle atteigne des oreilles indiscrètes, le moins de personnes possibles doivent être au courant.
- Vous pouvez me faire confiance, Potter. Répond l'Auror d'une voix plus calme.
- Je le sais Shacklebolt, mais je ne vais rien vous dire pour le moment. A vous de me faire confiance.
- J'essaie Potter, j'essaie.
- Professeur… Commence Hermione discrètement, alors qu'elle retient le lycan dans un couloir.
- Hermione, je t'ai déjà dit…
- Oui, coupe-t-elle, je sais, mais je crois que je ne m'y ferais jamais.
Il sourit. Elle aussi.
- Que voulais-tu me demander ?
- Et bien, dit-elle un peu gênée, Mr Weasley m'a parlé de cette…prison où vous enfermez les détenus de guerre.
Il fronce les sourcils essayant de comprendre où elle veut en venir.
- J'aimerais que vous m'autorisiez à venir rendre visite à prisonnier.
- Rendre visite ? Répète-t-il circonspect
- Oui, je souhaiterais voir Blaise Zabbini.
- Hermione, commence-t-il…
- Non, vous ne pourrez pas m'en dissuader. Je vous le demande. Comme une faveur.
Il la toise un instant, semblant réfléchir aux conséquences que cela impliquerait. Ses sourcils s'arquent à nouveau, avant que son visage ne se détende à nouveau.
- Je vais voir ce que je peux faire.
- Merci, fait-elle en inclinant la tête légèrement.
Elle tourne les talons avant d'être retenue par la main de Remus Lupin qui se pose sur son épaule. Il fixe sur elle un regard tendre :
- Tu es quelqu'un de très humain, Hermione.
- Humain ? Répète-t-elle cynique, pour moi ce mot ne veut plus rien dire…
- Ginny… Aborde Hermione en percevant la jeune fille penchée sur son verre de lait
- Qu'est-ce que tu veux ?
Son humeur n'a visiblement pas évoluée et ce n'est pas pour rassurer son amie.
- Je souhaitais m'excuser. Je ne voulais pas le laisser à l'écart, Ron. Mais tu sais j'ai fait cela uniquement pour le protéger.
- Oui bien sûr, avant de retrouver Harry.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? Fait-elle en pinçant les lèvres.
- Oh arrêtes de jouer les innocentes, claque la jeune rousse.
- Quoi ?
- Votre tableau était terriblement touchant, lorsque tu lui passais de la crème sur le dos.
Les yeux d'Hermione s'écarquillent violement, et sa respiration devient courte et hachée tant cette insinuation lui coupe le souffle.
- Tu… Harry et moi ?
- Oui ! Et je suis sûre que Ron est parvenu à la même conclusion.
- Attends, Ginny, fait-elle lentement, tentant de tout assimiler. Harry et moi ? Sérieusement ? Tu es folle ! Définitivement. Tu as réellement cru… ?
Ses mots se font hacher, à tel point que Ginny se met à douter elle-même de sa propre persuasion.
- Ginny, tu le sais, pourtant, j'aime Harry ! Tellement que je donnerais ma vie pour lui. Mais bon sang pas comme ça ! Il est un frère pour moi. Nous ne partageons pas le même sang mais c'est tout comme. C'est un frère Ginny. Et pour lui c'est pareil. Enfin tu n'as pas pu ne pas remarquer le regard qu'il t'a lancé !
La jeune rousse affaisse ses épaules, attrapant le rebord de la table, tangente soudainement.
- Hermione…
- Ça va, Ginny.
Lentement, elle vient s'asseoir près de son amie. Attrapant ses mains dans les siennes.
- Tu es rentrée. Affirme-t-elle et Ginny hoche la tête. Comment ?
- Maman m'a fait revenir. Papa est venu me chercher. Je lui en veux tu sais, à ma mère . Je lui en veux vraiment. Luna et Neville sont seuls à présent.
- Penses-tu qu'ils pourront lutter ?
- Je l'espère Hermione. Honnêtement.
- Je peux entrer ?
- Evidemment, répond Hermione en apercevant Harry par l'entrebâillement de la porte de sa chambre.
- Tout va bien ? Demande-t-il
- Oui, je vais bien. Et toi Harry ?
Il hausse les épaules.
- Tu devrais lui parler.
- A qui ?
- A Ginny, Harry, tu dois lui parler.
Il ne répond rien, se contentant de lever les yeux vers le plafond de la chambre vert anis. Echo parfait à son regard.
- Tu m'as manqué Harry, Ron me manque aujourd'hui. Quoiqu'on fasse, il en manquera toujours un de nous trois.
- Ne dis pas ça, Hermione. Nous serons réunis.
- J'ai peur qu'il ne m'en veuille vraiment.
Harry passe un bras autour de ses épaules. Réconfortant. Fraternel.
- C'est toujours ainsi non ? Vous vous disputez et puis… ?
- C'est plus grave aujourd'hui. Je m'inquiète pour lui. Cela ne finira donc jamais ?
- J'espère que si. Mais au moins nous ne resterons pas à tourner en rond ici. Shacklebolt veut nous voir, il a une mission pour nous.
- Ne sois donc pas si inquiète, murmure Harry à sa meilleure amie.
Celle-ci serre davantage le bois rassurant de sa baguette.
- Comment peux-tu me dire ça ! Nous allons pénétrer dans une fosse à Mangemorts !
Harry esquisse un sourire.
- Nous avons la cape d'invisibilité. A croire que Dumbledore avait prévu de dire cela à Shacklebolt avant de mourir, afin de nous aider. Tu sais ce qu'il m'a dit ?
La jeune fille secoue la tête.
- Il m'a affirmé qu'il n'existait qu'une seule cape comme celle-ci.
- Une seule mais… ?
- Dumbledore le lui aurait affirmé. Toutes les autres ne sont que des copies à effets limitées.
- Je ferais des recherches là-dessus.
Harry esquisse un sourire bref.
- Je commençais à croire que ton côté studieux n'allait jamais réapparaître.
Souriant à son tour, elle le bouscule légèrement, faisant mine d'être vexée par cette boutade innocente. Avant de reprendre son sérieux.
- A propos de Dumbledore Harry…
- Qui y a-t-il ?
- C'est quelque chose que Dean a dit…
Il fronce les sourcils, lui adressant un signe de tête afin de l'encourager à poursuivre.
- Il a dit que Dumbledore continuait d'exercer une force sur Poudlard qu'il avait prit toutes les dispositions. Il a ajouté « A croire qu'il savait qu'il allait mourir ».
- C'est absurde.
- Probablement, mais je ne sais pas j'ai une étrange impression, comme si tout ceci n'était pas anodin. Comme si… Et bien comme s'il savait vraiment qu'il allait mourir.
- Hermione…
- Je sais ce que tu penses Harry. Rogue l'a tué et il nous a tous trahi, mais… Penses-y d'accord, je te demande simplement de mettre cette information de côté dans ton esprit. Ne l'absout pas totalement.
- Très bien.
Dans un geste identique ils passent alors, leurs capes sur leurs épaules. L'esprit porté vers leur mission. Ils descendent les marches qui mènent à l'entrée du Square Grimmaurd. Remus Lupin et Kingsley Shacklebolt les attendent sur le pas, l'air nerveux.
- Et bien, clame Harry, vous avez l'air bien plus angoissés que nous.
- Potter, ce n'est pas le moment de faire de l'humour.
- C'est exactement le moment, Shacklebolt, répond-il sur le même ton.
Celui-ci passe d'un pied sur l'autre, n'aimant guère l'attitude de ce jeune garçon, pas plus que sa manière de s'adresser à lui. Remus quant à lui, étouffe un sourire jubilatoire. Kingsley Shacklebolt a beau être un excellent Auror, il n'est pas mauvais que sa façade soigneusement étudiée perde de sa belle assurance quelques fois.
- Allons-y, fait Hermione l'air bien plus sûre d'elle-même à présent.
- Soyez prudents, murmure Remus plus pâle qu'à l'accoutumée.
La pleine lune est proche, lui donnant un aspect encore plus maladif. Ils les accompagnent sur le pas de la porte, fermant doucement la porte après leur sortie.
- Tu lui as parlé ? Demande Hermione.
Cette fois Harry ne lui demande pas de qui elle parle, il le sait très bien.
- Quand nous rentrerons.
- Et si nous ne rentrons pas ?
- Nous rentrerons…
Plongée dans ses papiers, Ginny Weasley tente d'oublier le fait qu'elle est à nouveau seule. Mais les larmes salées qui glissent sur ses joues déjà humides ne l'aide en rien. Elle déteste Harry Potter. Elle attendait des paroles, un au revoir, un adieu. Comme lorsque le héro part en guerre. Mais rien… Après tout il l'a quitté. Elle doit s'y faire. Elle abat violement son poing à terre, de rage, de frustration. Avant qu'une ligne minuscule vienne attirer son regard, de part sa proximité avec la goutte de sang qui s'est écrasée sur le papier, venant de sa main abimée. Enfin, elle tient quelque chose pour l'Ordre.
La peur sous sa forme la plus brute. Animale, primaire. Lentement, alors qu'elle essaie de calmer cette peur, de la faire taire, sa respiration se fait plus heurtée, ses mains deviennent moites. Dans ses oreilles, elle entend un bruit sourd, répétitif, elle cherche sa source avant de se rendre compte, qu'en fait c'est son cœur, qui martèle sa poitrine, refluant le sang contre sa tempe, déjà perlée de sueur. Harry effleure sa main de la sienne, essayant de lui apporter son soutien, mais déjà elle reprend sa respiration, secoue ses cheveux en arrière, lui prouvant qu'elle est prête. Serrés l'un contre l'autre sous la cape, ils attendent, anxieux, qu'une porte s'ouvre, afin de se faufiler à l'intérieur.
Voilà plus de trois mois que Kingsley et Remus filent certains Mangemorts et selon leurs sources il y a quelque chose à cette adresse, dans et entrepôt désaffecté. Ils ignorent quoi cependant et pour eux, la cape est un moyen inespéré de le savoir.
Avec un frémissement Hermione aperçoit la haute stature de Théodore Nott se diriger vers eux, et bien qu'elle soit à l'abri sous sa cape, elle ne peut s'empêcher de serrer sa baguette contre elle, à l'idée de le voir ainsi, avancer droit vers elle. La porte s'ouvre. Occasion. Harry la bloque avec son pied, et dans un geste synchrone qu'ils ont répété souvent, ils pénètrent dans la salle. Noire. Si noire, qu'il leur faut un moment pour s'habituer à cet éclairage. La pièce ne contient que des bougies, et des cageots entreposés.
- Qu'est-ce qu'on a ? fait Nott à leur droite.
- Une famille de Trois. Mère et deux enfants.
Hermione se tourne vers la source de la voix. Quatre hommes se tiennent droits face à leur interlocuteur. Parmis eux, la jeune fille reconnaît Phils Down le Serpentard qui travaillait avec Ron en Potion, Rozier, le Mangemort qui se trouvait ce soir là, au Département des Mystères. Et deux autres à la carrure imposante dont elle ignore les noms.
- J'ai appris que Potter était de retour, grince la voix de l'un d'eux.
Hermione attrape la main de son ami nerveusement.
- Oui, Malefoy nous l'a signalé, répond Nott.
Le cœur de la jeune fille s'emballe, et elle n'ose un regard vers Harry, son regard perçant, la vrillant déjà suffisamment.
- Tu veux voir la Marchandise ? Fait Down avec un sourire radieux.
Nott acquiesce, avec un rire sardonique. Down adresse un signe de tête à Rozier, alors que celui-ci ramasse un tisonnier près d'une grande cheminée et entreprend d'ouvrir un cageot qui se trouve seul au centre de la pièce.
- Parfait ! Fait Nott les yeux pétillants.
Adressant un regard à Harry, Hermione avance ses côtés vers le cageot. A proximité elle ose un regard à l'intérieur de celui-ci. Alors ses entrailles se nouent, et une envie de vomir violente lui prend l'estomac. Une femme d'âge mure ainsi que ses deux enfants sont au fond du cageot, morts. Etouffés sans aucun doute par le manque d'air. Leur peau est d'un aspect bleutée, leurs yeux révulsés et une odeur de chair en putréfaction commence à s'élever dans la pièce. Elle recule sous le choc, croisant le regard d'Harry écarquillé avant de le voir disparaître sous la cape d'invisibilité.
- Qu'est-ce que… Fait la Voix de Rozier.
Se rendant compte de son erreur elle tente de saisir sa baguette. Mais une main s'empare de ses cheveux la tirant violement vers l'arrière. Une autre lui arrache sa baguette des mains.
- Granger ? Fait Nott.
- La copine de Potter ? Répond Rozier l'air intéressé, qui la maintient toujours contre lui.
- Elle-même, sourit-il narquois, comment es-tu arrivée là ?
Il plante son regard sournois marron dans le sien. Cruauté et servitude y règnent.
- Tu crois vraiment que je vais te répondre ? Grince-t-elle.
Une main violente vient s'abattre sur sa tempe. Lui arrachant un cri de douleur lorsque sa tête bascule, la main de Rozier toujours accrochée à sa chevelure. Lorsqu'elle se redresse c'est pour cracher à la figure du garçon dont la main se lève à nouveau.
- Arrêtes, l'interrompt Phils. Ramenons la. Nous allons pouvoir l'interroger.
Il sourit, carnassier, la toisant avec dégoût.
- Vous n'êtes que des êtres abjects ! Tuez-moi maintenant, je ne vous direz rien !
- Allons, allons… Tu seras sans doute beaucoup plus coopérative après, ajoute l'un des deux Mangemorts dont elle ignore l'identité, avant de lui caresser la mâchoire, un sourire sardonique plaqué sur les lèvres. Elle détourne sa tête violement, ses yeux bouillonnants de rage.
Harry assiste la scène, impuissant, avant de la voir incliner la tête. « Fuis » Articule-t-elle en sa direction sans prononcer un mot. Tentant de reprendre raison, il combat l'envie irréprécible de lui venir en aide, sachant pertinemment qu'ils se feraient tuer tous les deux. N'ayant pas la force de transplaner loin d'elle, il se fait spectateur de son enlèvement, ses dernières paroles résonnant incessamment dans sa tête comme une pulsation de douleur : « Et si nous ne rentrons pas ? ».
Alors ?
