Voilà le chapitre 12 !

Merci encore pour vos reviews ! Elles sont parfaites.

Suivant le conseil de ma chère Stellmaria je suis à la recherche d'une Bêta. Avis aux amatrices (ou amateurs s'il y en a )

RAS de plus alors : Bonne lecture !



XII.

Le souvenir du bonheur n'est plus du bonheur ; le souvenir de la douleur est de la douleur encore.

[George Gordon, Lord Byron]

Ses mains portent une bûche dans la cheminée, la pièce est beaucoup trop froide, trop impersonnelle. Le pas de la porte passé un mal être palpable se repend en elle. Son mal être. Elle a envie de fuir, de quitter cette pièce trop assombrie. Mais voilà, elle ne s'y résout pas. Son regard se pose sur sa silhouette voutée. Il est assis là depuis trois jours. Il n'a pas bougé, la tête entre les jambes, un bras qui repose mollement contre le dossier de la chaise. Sa position est restée la même. Avec un soupir et le sentiment d'être complètement inutile, elle ramasse le plaid qui traîne sur le canapé décharné de la petite chambre qu'il occupe afin de le recouvrir. C'est avec des gestes nerveux et actifs qu'elle le lui passe autour des épaules. Ses doigts tremblent un peu, elle rajuste un pan qui a glissé. Sa voix s'élève la faisant sursauter :

- Arrêtes ça, Ginny.

- Harry… Murmure-t-elle, la voix chevrotante.

- Je t'ai dit d'arrêter. Arrêtes avec ta pitié.

- Ma… ? Commence-t-elle abasourdie.

- Oui TA pitié. Tu es là depuis trois jours à tourner autour de moi, comme une abeille autour du miel. Tu as peur de quoi au juste ? Que je ne m'envole ? Mais ne t'inquiètes pas je vais rester ici. Bien sagement. Et tu sais pourquoi ?

Il se relève, passant une main agitée sur sa barbe naissante.

- Parce que personne ici ne va sauver Hermione!

- Ne hurle pas, s'il te plaît… Répond-elle un peu inquiète de ce brusque élan d'humeur de sa part. Lui qui n'a pas bougé depuis trois jours.

- Que je ne hurle pas ? Ginny ! J'étais là ! Tu comprends ? J'étais là ! Je les ai vu l'emmener et je les ai vu lui parler. Tu es restée là Ginny. Tu ne connais pas les Mangemorts, je les ai vu. Et combattu. Il n'y a rien de pire. On leur a apprit à haïr les Nés-Moldus, ils sont conditionnés pour ça ! Et tu sais pourquoi Hermione a été attrapé ? Tu le sais ?

Elle ne répond pas. Elle sait.

- Parce que dans cette salle, dans cette horrible salle, il y a avait des cageots. Des cageots remplis de Nés Moldus et de Moldus. Morts. Torturés. Elle a fait un pas en arrière. Parce que le spectacle était insoutenable. Un pas. C'est tout ! Qu'est-ce un pas dans une vie ?

- Rien, lui répond-elle, la gorge nouée.

- Exactement. Rien. Mais là ce minuscule pas. Ce rien a fait qu'elle s'est retrouvée dans les griffes des Mangemorts. Des êtres conditionnés pour haïr tout ce qu'elle représente. Et les Aurors, les magnifiques, les précieux… Ne bougent pas le petit doigt pour la sauver !

- Ce n'est pas si facile.

- Ca l'est ! On retourne en masse dans ce hangar, on fait le maximum de prisonniers possible, on les interroge, on les torture s'il le faut mais on finira bien par trouver.

- Ce n'est pas notre façon de procéder…

- Ca doit le devenir !

Il avance d'un pas, pointant un index furieux vers la jeune fille.

- Nous avons des adversaires, bien plus puissants que nous en face ! Et Hermione est leur prisonnière. Je ferais tout aussi bien de m'échanger contre elle…. Ajoute-il en se pinçant l'arrête du nez.

- C'est idiot ils vous tueront tous les deux.

- Que faire alors ?!

- Attendre…

- Non ! Non ! Je ne peux pas, je ne peux plus attendre. Ils vont la torturer, la violer peut-être. Qui sait dans quel état elle se trouve à présent… Elle est peut-être déjà…

Brutalement, Ginny attrape le visage du garçon entre ses mains le forçant à la regarder.

- Harry, ne dis pas ça… Elle est le moyen le plus sûre de t'attirer vers eux. Ils la garderont en vie sois, en sûr.

Il repousse ses mains, rageur.

- Je les tuerais Ginny, j'en tuerais le maximum avant d'y laisser ma vie. Et je te promets, que je m'occuperais personnellement de Malefoy !

- Drago Malefoy ? Demande la jeune fille surprise.

Mais elle n'obtient aucune réponse.

Pendant un instant le garçon fixe le sol, incapable de dire un mot de plus. Avant de glisser à nouveau un regard vers elle. Elle s'est figée, la bouche entrouverte, le regard porté vers un point derrière lui.

- J'ai entendu dire que tu étais de retour. J'ai voulu vérifier par moi-même.

Lentement, il se retourne vers la personne qui a prononcé ses paroles depuis le pas de la porte. Ronald Weasley.


Un coup puis deux. Déjà elle ne ressent plus la douleur. Deux mains puissantes la remettent sur ses pieds. Elle ouvre les yeux, Nott est face à elle. Le visage déformé par la fureur.

- Ecoute-moi Sale Sang de Bourbe, tu vas parler ou sinon…

La voix est erratique, la colère perce dans chacune de ses intonations.

- Tu…me tueras ? Répond-elle la voix hachée par la douleur.

Un coup de nouveau. Elle tombe, le fracas de ses os avec la dure rocaille résonnant sans peine au milieu du silence régnant de sa cellule. A genoux elle garde la tête baissée fixant les dalles sombres qui se tâchent de son sang, une main s'empare de ses cheveux, l'obligeant à relever la tête.

- Où est Potter, Sang de Bourbe, où est votre putain de QG ?

Sous le sang qui noie son visage pâle, les yeux brillants d'Hermione ressortent violement, irradiant presque tant la colère qu'ils dissimulent à l'air de vouloir exploser.

- Va te faire foutre, réprime-t-elle.

Il la repousse férocement, envoyant sa tête cogner contre le mur. Elle mord sa lèvre inférieure. Refuse de crier. De gémir. Les doigts fins et noueux se serrent contre son cou.

- Okay, on change de question. Où est Zabbini ?

- Je ne sais pas… Murmure-t-elle faiblement.

- Mauvaise réponse.

Contre sa peau nue et fragile l'étau se resserre bloquant la respiration dans sa gorge. Nott tord sa bouche en rictus méprisant, au même instant le verrou de la porte cliquette légèrement pour s'ouvrir. La pression diminue. Le Mangemorts s'éloigne d'elle. Une carrure massive passe la porte, qu'Hermione ne peine pas à reconnaître. Goyle. Il n'a pas un regard pour cette forme ramassée contre le mur qu'elle représente, ses yeux noirs injectés de sang toisent Nott, avec une interrogation muette.

- Va me chercher Heyte. Il arrivera sans doute à lui délier la langue. Et ramène aussi Malefoy ainsi que MacNair.

La jeune fille tique à l'entente du nom. Mais sa faiblesse l'empêche d'aller plus loin dans ses pensées. Elle a juste envie de s'enfoncer. Plus loin. Dans l'abîme profond.

- Ce n'est qu'un repos factice, Sang de Bourbe.

Depuis combien de temps la cuisine-t-il ? Une heure ? Un jour ? Elle a perdu toute notion du temps. Ses forces s'amenuisent à mesure que le temps coule avec une irrégularité indécente. Ses vêtements noirs partent en lambeaux, et elle peut à peine voir sa peau sous le sang séché qui la recouvre. Goyle est partit. Nott croise les bras, poignardant son corps d'un regard dégouté. Elle pense à Harry. C'était peut-être la dernière fois qu'elle le voyait. Au milieu de cette pièce qui puait la mort. Sa mort à elle. Des pas s'annoncent dans le couloir, les pas de ses bourreaux. Elle frissonne.

- Tu as peur ? Lui susurre Nott à l'oreille.

Elle visse sur lui un regard défiant. Et crache sur son visage trop présomptueux. Un coup violent lui est porté à la tête pour toute réponse, rouvrant la plaie à peine fermée de sa lèvre. La porte s'ouvre à nouveau, elle redresse la tête, alors que le Mangemort qui est face à elle, s'essuie rageusement le visage. Goyle et MacNair franchissent le seuil, d'un air nonchalant, comme si tout ceci n'était que banalité. Vient ensuite, un Mangemort frêle, brun aux yeux délavés et à l'aspect nerveux.

- Heyte, quel plaisir de te voir ! J'ai là ne prisonnière réticente. S'exclame Nott d'une voix faussement enjouée, qui donne à la jeune fille l'envie irréprécible de vomir.

Le dénommé Heyte retient un grognement, avant de franchir le seuil. Malefoy entre à son tour, elle sent son cœur s'emballer à sa simple vue et se met instinctivement à se haïr pour cette faiblesse. Son visage n'exprime qu'impassibilité alors qu'il ferme la porte derrière lui. Il n'a pas baissé les yeux. Il ne l'a même pas regardé. Sait-il qu'elle est là ? L'a-t-on informé avant qu'il ne pénètre dans la pièce ?

- Qu'est-ce qu'on…a ?

Sa voix mesurée et posée se fane lorsque ses yeux glissent sur elle. Sa mâchoire se contracte mais le masque froid qu'il arbore ne quitte pas son visage.

- Tu la reconnais ? Ricane Nott avec son ton mielleux à souhait.

Le regard de Malefoy n'est plus qu'un océan gris métallique de haine froide. Il toise le Mangemort comme prêt à lui bondir dessus.

- Elle est un peu amochée mais elle ne veut rien dire. J'ai amené Heyte pour lui tirer les vers du nez.

Drago coule un regard vers elle.

- Je m'en charge.

Nott sursaute. La voix est tellement menaçante que chaque Mangemort présent trésaille. Sauf Heyte.

- Mais Dray…

Son regard vient mordre le sien instantanément. Il s'approche d'un pas, collant presque son nez contre le sien.

- J'ai dit je m'en charge.

Nott recule d'un pas à son tour.

- C'est ma prisonnière… Bégaye-t-il peu sûr de lui.

- Je te conseille de ne pas t'aventurer sur ce terrain, Nott. Ça glisse…

Ce dernier adresse un signe de tête aux Mangemorts présents avant de franchir la porte. Il n'a plus rien à voir avec le Mangemort sûr de lui qu'il était quelques minutes plus tôt. MacNair ferme la marche. Il se tourne cependant vers le jeune homme qui se tient droit dans la pièce, poings serrés.

- Dray, fais gaffe, j'ai l'impression que TU te dirige sur un terrain glissant.

Ce dernier ne scille pas.

- Cette fille m'a mené la vie dure des années durant. C'est à moi de l'interroger.

- Sang de Bourbe.

- Quoi ? Demande Drago en arquant ses sourcils.

- Sang de Bourbe pas fille.

- Ouai.

MacNair plisse un instant les yeux et l'observe, scrutateur.

- Je t'ai vu grandir Dray. Je n'irais pas jusqu'à dire que je t'apprécie mais tu es dans mon cercles de proches. Je m'en voudrais de ne pas te mettre en garde.

- Bien que j'ignore de quoi tu parles. Walden, cette attention me va droit au cœur

Ironique. Ce dernier hoche la tête avant de quitter la pièce. Drago se tourne vers la jeune fille qui gît au sol, paupières closes. Il s'avance près d'elle et glisse une main derrière sa nuque pour la relever.

- Granger, murmure-t-il. Ouvre les yeux. Granger.

Ses paupières battent faiblement, derrière le brouillard elle distingue à peine son visage. Un mot cependant s'échappe de sa bouche pâteuse.

- Drago…

Sans en attendre davantage il glisse son autre bras sous ses genoux la soulevant de Terre avant de sortir de la cellule lugubre. Priant pour la première fois de sa vie afin qu'ils ne rencontrent personne.


Un instant Harry hésite entre l'envie vorace de se ruer sur son ami pour lui envoyer son poing dans la figure et celle le prendre dans ses bras tant il lui a manqué. Il reste figé. La mâchoire décrochée, les bras ballants. La voix de Ginny le ramène lentement à la raison.

- Ron ?!

Elle interroge. Elle reproche. Elle est soulagée. Et furieuse. Extrêmement furieuse.

Il hésite sur le pas de la porte, ses mains fragiles tripotent nerveusement le col de sa chemise. Il a bonne mine. Trop bonne mine. Elle approche furibonde. Dans ses iris danse une flamme dangereuse. Un poing se serre. Et vient cogner l'épaule de son frère. Il ne réagit pas, déplaçant son corps mollement sous l'assaut. Un deuxième coup lui est porté. Plus fort que le précédent, puis un second, un troisième, un quatrième. Toujours plus rapide. Elle vient marteler son torse de petits coups piqués et nerveux. Brutalement, il s'empare de ses épaules vissant ses yeux dans les siens.

- Ginny.

Elle pleure. Nerveusement. Il enroule ses bras autour de son corps, et la laisse pleurer doucement contre lui. Son regard franchit les épaules de sa sœur pour venir s'ancrer dans celui de son ami. Il n'a pas quitté sa place initiale. Il le scrute, le visage impassible. Il ferme ses paupières, avant de contracter la mâchoire dont les os roulent mécaniquement sous la peau. Ginny a senti son frère se tendre, elle s'écarte, préférant le laisser seul avec Harry.

- Alors elle t'a finalement retrouvé ? Fait le jeune rouquin d'un air évasif.

- Oui elle m'a retrouvé, répond Harry

Ses mains se posent sur le dossier d'une chaise à proximité. Il inspire un grand coup. Par le nez. Il va avoir besoin de courage.

- Où étais-tu, Ron ?

- Je n'étais pas loin, argue-t-il avec un sourire.

Un sourcil levé Harry le toise, l'air presque arrogant.

- Au Terrier. Je suis resté un peu avec mes parents.

- Ils n'ont rien dit.

- Je le leur avais demandé.

- Bien entendu.

Le visage d'Harry se fend d'un sourire sardonique.

- Où est Hermione ?

Qui se fane aussitôt.

- Tes parents ne t'en ont pas informé ? Crache-t-il, amer.

Ron se fige, l'attitude agressive de son ami y est pour beaucoup. Il n'a jamais lu ça dans son visage. Tant de haine, tant de souffrance.

- Où est-elle Harry ?

Il baisse les yeux. Ses mains se serrent contre le bois doux de la chaise. Ses jointures blanchissent.

- Les Mangemorts l'ont emmené.

Le teint habituellement rougeâtre de Ron prend alors un aspect plus pâle que jamais.

- Je te demande pardon ?

- Ne m'oblige pas à répéter, Ron.

- Tu me balances ça : Les Mangemorts l'ont emmené. Et tu es là tranquillement dans cette chambre !

- Tu crois que j'ai le choix ? Que c'est par gaité de cœur que je reste là à tourner en rond ? Ils ne me laissent pas sortir Ron ! Ils ont peur que je foire tout !

- Allons-y !

- Quoi ?

- Partons, toi, moi et les quelques autres qui voudront se joindre à nous.

- Ils ne nous laisseront pas décamper, tu ne comprends pas ? Ils savent que je suis prêt à tout pour sortir de cette fichue baraque ! Ils surveillent tout !

- Nous trouverons un moyen Harry. Il le faut.


Les couloirs sombres sont le reflet exact des méandres de son esprit. Ses pas se font légers presque aériens. Il sait qu'il est fou. Que s'il on le trouve il va se faire planter. Il ose un regard vers le corps mutilé de la jeune fille dont le poing serré est accroché à sa veste. Mais ça en vaut la peine.

- T'es siphonné Dray ! Qu'est-ce que tu fous ?

Merde.

Il fait volte face se retrouve face à un garçon menu, aux yeux sombres. Sa carrure le fait légèrement penser à un rat. Flint. Marcus. Son ancien capitaine.

- Je transfère la prisonnière de Nott.

- Où ?

- Comment où ?

- Où la transfères-tu ?

- Secret Défense.

- Secret Défense tu te fiche de moi, Dray ? Qu'est-ce que tu fous avec cette prisonnière dans tes bras qui s'accroche à toi comme un noyé à sa bouée ?

Il ne répond pas. Se contentant de pincer les lèvres.

- Donne la moi, reprend Flint en s'approchant d'Hermione et tentant de la dégager des bras de Drago.

La prise se fait plus serrée.

- Donne la moi, Dray, je la ramène dans sa cellule. Je ne dirais rien.

Il enroule ses mains autour du corps de la jeune fille mais le garçon qui la tient refuse de la laisser.

- Lâche la, Flint.

Lentement l'ancien capitaine de Quiditch s'éloigne des deux silhouettes entrelacées. Avec des gestes précautionneux, il se tourne. Porte sa main à sa baguette, avant de que Drago n'est eu le temps de dégainer.

- Stupéfix !

Le corps de Marcus Flint s'écroule avec fracas alors que Drago se tourne vers Hermione, dont la main est serrée contre sa baguette.

- Je… Murmure-t-elle.

Ses yeux se ferment alors que ses forces l'abandonnent doucement. Sans plus attendre il reprend sa baguette des mains menues de la jeune fille avant de la pointer vers le corps étendu à ses pieds.

- Oubliettes !

Il va avoir des problèmes.


Le réseau souterrain. Une idée de génie. Une idée de Ron. Ils avancent, doigts serrés sur leur baguette. Quatre, ils sont à peine quatre. C'est une mission suicidaire. Harry ouvre la marche aux côtés de Ron, qui le seconde comme toujours. Ginny suit, ils refusent de la laisser à l'arrière ou à n'importe quelle extrémité, il laisse ce privilège à Anton pour qui l'idée est grotesque. Comme chercher une aiguille dans une botte de foin.

- Les Serpentards étaient dans les cachots à Poudlard. Leurs couloirs étaient l'exact reflet de ses égouts, répond Harry. C'est presque logique après tout.

- Et si ça ne l'était pas justement ? Réplique Anton. Si au contraire ça pouvait être bien trop évident ?

- Ca ne l'est pas forcément, répond Ginny, qui penserait à chercher sous terre ? Mais si cela peut vous aider. J'ai trié des archives pour le compte de l'Ordre durant l'absence d'Harry, Ron et Hermione. Et j'ai découvert que les égouts n'étaient pas seulement le refuge des rats… On a découvert des traces de soufre sur les parois du métro londonien. Et de nombreux câbles ont été retrouvés sectionné. Bien entendu pour les Moldus, c'est resté inexpliqué mais le département des créatures magiques pensent à…

- Des dragons ? Complète Ron, sous terre ? C'est impossible !

- Pas si impossible que cela, rappelles toi ce que nous a raconté un jour Charlie lors d'un retour de Roumanie… Les dragons sont des animaux extrêmement adaptables et rustiques, ils ont réussis à survivre à l'ère préhistorique et à l'ère glaciaire. Ils ont aussi survécus à la menace humaine, pour des animaux de cette taille cela souligne qu'ils sont extraordinairement rusés. J'en ai informé l'Ordre, il me semblait que c'était important de savoir qu'ils étaient sans doute dans le camp de Vous-Savez-Qui. Mais s'ils sont dans les égouts…

- Cela nous donne une nouvelle preuve sur l'implantation du QG de… Vous savez ! Conclue Harry en hochant la tête. Soyez prudents. Ne quittez pas votre baguette et si vous entendez le moindre bruit éteignez-la de suite…


Elle ouvre les yeux aveuglée par la lumière du petit matin. Elle se redresse lentement, tous ses muscles ankylosés la faisant souffrir atrocement. En premier lieu, elle préfère prendre conscience de l'endroit où elle se trouve, le trop grand confort étant presque douloureux parce qu'irréel. Autour d'elle une immense chambre, le lit où elle se trouve dépassant lui-même les normes, d'un blanc éclatant des rideaux au dessus de lit en passant par la table en marbre blanc au centre de la pièce. Elle se frotte les yeux. Un instant elle pense être morte mais le lancement qu'elle ressent au niveau de sa jambe gauche la dissuade rapidement. Dépliant les draps elle constate les nombreuses ecchymoses qui recouvrent son corps affaibli. Un coup retentit à la porte la tirant de sa contemplation, son cœur fait un bond. Elle n'ose répondre, elle ignore même où elle se trouve.

- Granger, c'est moi. Je peux entrer ?

Elle soupire de soulagement mais son cœur ne peut reprendre un rythme normal après avoir entendu cette voix là.

- Oui, répond-elle assez fort, elle l'espère, pour qu'il entende.

D'une démarche toujours aussi assurée malgré les circonstances il franchit le seuil pour venir prendre place directement à ses côtés. Sa main s'empare de la sienne, et elle est bien trop étourdie pour la retirer.

- Tu vas bien ? Demande-t-il

- Aussi bien que possible, répond-elle durement en reprenant ses esprits ainsi que sa main.

Il fronce les sourcils. L'orage n'est pas loin.

- Quoi ?

La jeune fille se sent bouillir. Comment peut-il garder ce calme. Comment peut-il… ? Elle le gifle avec tant de violence que sa tête se balance sur le côté.

- Tu leur as dit ! Pour Harry ! Espèce de…

- De Mangemort ? Cingle-t-il en redressant la tête, ses yeux brillants d'un éclat féroce.

Elle pince les lèvres retenant se colère.

- J'aimerais te tuer. Crache-t-elle.

- Ce ne sera pas nécessaire, répond-il avec un regard étrange, j'ai signé mon arrêt de mort en te sortant des cachots.

Elle redresse la tête, pour le regarder dans les yeux, l'orage est loin à présent, il règne un calme tranquille d'après tempête, reposant.

- Où sommes-nous ? Répond-elle la gorge nouée.

- Chez moi. Au Manoir.

Elle glisse un regard vers lui, interrogateur.

- Nous sommes en sécurité pour l'instant.

Lentement elle attrape la main qu'elle a lâché quelque seconde auparavant.

- Tu n'es qu'une gamine, Granger.

Elle fronce les sourcils avant de retirer sa main qu'il retient, un sourire carnassier se formant sur ses lèvres. Lentement, il approche des siennes et s'en empare avec avidité. Elle répond au baiser, désespérément. De façon brutale leurs corps se retrouvent enchevêtrés dans les draps en soie, elle passe la main dans ses cheveux et s'y agrippe fermement, il glisse la sienne contre sa cuisse. Elle a mal, elle est bien, elle se sent vivante, elle va mourir. Les lèvres s'entrechoquent, les dents se cognent. Les cœurs battent à l'unisson. Un tourbillon de sentiments contradictoires s'empare d'eux, mais le plus puissant de tous, les empêche de s'arrêter. La passion les emprisonne, les exalte, les éloignent du monde auquel ils sont rattachés.

- Drago !

Ils se séparent rapidement, alertes. Les coups redoublent contre la porte verrouillée de la chambre. Hermione a reconnu la voix de son ancien Professeur de Potion. Elle se tasse contre le mur, le regard affolé.

- Drago, je sais que tu es là avec elle ! Ouvre cette porte ou je te jure de tout faire sauter !

La main de la jeune fille se porte contre sa bouche que les baisers de Drago a fait saigner de nouveau. Il se tient droit, le regard dur, hésitant. Il approche d'elle, embrasse son front et déboutonne sa chemise afin de la lui passer sur les épaules, elle est preque nue. Le regard brillant, elle le laisse faire. C'est bientôt la fin


Mmmmm?