Bon sang! Que de longueur! Tout ce temps où je vous ai fait patienter... Mille pardon! J'ai eu une semaine... Que dis-je un mois plus que charger. Comme certaines le savent je travaille dans le milieu vétérinaire et parfois nos bêtes à poil sont exigeantes. Et puis comment dire j'ai été soudain atteinte de la phobie de la feuille blanche... L'inspiration me manquait terriblement!

Cela dit pour me faire pardonner, voici le plus long de tous les chapitre! Et figurez vous que le 15 est en cours de rédaction, donc si tout se déroule comme je le souhaite, bientôt vous pourrez le lire! ;)

En tant que fan de Drago et Hermione je souhaite vous faire partager ceci (peut-être les avez vous déjà vu)
Non mais admirez cette classe!
http:// /xxxyyy/0/12/14/41/Photos_HQ/Affiche-officielle-Drago-Malefoy . jpg

Puis une superbe video:http://www . youtube . com/watch?v=iv2OM9vP8dw
(attention ai mis des espaces)

Ensuite un petit mot à l'intention de Lyly7 qui a accepté d'être ma Super Bêta, mais que je n'ai pas attendu pour ce chapitre. Toutes mes excuses à elle. Et s'il y a des fautes de frappe ne vous en prenez qu'à moi!

Un immense merci à mes revieweuses anonymes: Aurelle, Nini, Sarah...

Et à toutes mes fidèles: Elodu92, Lumbid, Stellmaria, Aaerynn, LilyIsabella, Hilaidora, G-Lifette

Et aux nouvelles: MlleGanou, pauline-helo, chaly83, JaneScrout, Syann, AidaF

Et pardon, pardon s'il y a des oublis!

MERCI


XIV.

Remus a posé ses mains à plats sur la table du Grand Salon, le regard dur, il observe le Trio d'Or avec désapprobation. Harry le fixe droit dans les yeux. Le bel éclat vert qui le faisait tant ressembler à sa mère a disparu. Il a le visage trop sévère pour un adolescent. Trop amer. Hermione a le regard déviant, elle est assise sur le rebord du fauteuil où a prit place son ami et ses jambes se balancent dans le vide, geste nerveux. Ron s'est installé loin d'eux, assis sur une chaise retournée, les mains nouées sur le dossier, la tête reposée contre elles, il fronce les sourcils, le regard dans le vide, l'esprit ailleurs. Remus se sent mal à l'aise face au tableau qu'ils lui offrent. Une aura a toujours enveloppé ces trois-là. Il l'a senti à plusieurs reprises. Lorsqu'ils avaient été séparés il avait perçu le changement d'atmosphère. Et aujourd'hui, le Square Grimmaurd entier était en proie à une grande agitation.

- Bon… Commence-t-il en s'éclaircissant la gorge bruyamment.

- Inutile de passer par quatre chemin, coupe Harry d'une voix grave. La question n'est-ce pas, est la suivante : pourquoi avons-nous ramené un Mangemort au QG ?

- C'est en effet la question que j'allais poser.

- Malefoy avait besoin d'aide. Il s'était mis en position délicate en aidant Hermione. Nous avons fait ce qu'il fallait pour ne pas qu'il sache où était localisé le QG.

- Tu as introduit le loup dans la bergerie, Harry.

- Remus, ce n'est qu'un louveteau.

Le garçon ricane. La sonorité a une note d'amertume, encore.

- Il faut apprendre à te méfier des apparences.

- Je sais. Les nuances de gris.

- Ecoute…

- Drago n'est pas de notre côté, coupe Hermione vissant enfin son regard dans celui du lycan.

Il esquisse un pas en arrière, quelque chose a changé, il ne saurait dire quoi.

- … Mais il ne fera rien tant qu'il est ici.

- Depuis quand avez-vous balancé vos vieilles rancœurs tous les deux ?

Il commence à perdre patience. Les deux piliers du groupe d'adolescents qui a rejoint l'Ordre, sont devenus complètements fous.

- Depuis quand Harry, ne détestes-tu plus Malefoy pour tout ce qu'il a fait ?

Le regard du garçon s'assombrit. Il sait à quoi fait révérence son Ancien Professeur.

- Mes jugements ne regardent que moi. N'oublies pas que j'étais là, sur la Tour d'Astronomie, je suis le seul à pouvoir juger ou non les actes qu'il a commis à ce moment là. Quant à mon affection pour lui, elle n'a guère changé depuis nos chamailleries d'écoliers.

- Vous n'avez qu'à considérer Malefoy comme un prisonnier. Renchérit Hermione.

- On ne traite pas ainsi les prisonniers. C'est eux qui viennent les chercher !

Hermione tremble à cette évocation, elle n'a pas renoncé à son droit de visite pour Blaise Zabbini.

- Bon sang ! Dites moi pourquoi. Donnez-moi, une raison de ne pas penser que vous avez simplement perdu les pédales.

- On a grandit, répond Hermione d'une voix assurée.

- On est sortis.

La voix d'Harry le cloue sur place, il y a tant de colère, de reproches contenus qu'il ne sait comment prendre cette affirmation. Ses yeux verts le poignardent.

- Vous êtes sortis, énonce Ron d'une voix monocorde, faisant sursauter Remus.

Son mutisme l'avait poussé à oublier sa présence.

- Qu'est-ce que cela fait de vous, des héros ? Vous vous sentez supérieurs à ceux qui sont restés ici ? A ceux que vous avez abandonnés ?

Hermione écarquille les yeux, alors que les deux garçons se sont levés comme un seul homme, se toisant férocement.

- Abandonnés ? On a fait ça pour vous protéger !

- Ah oui ? Pourtant je croyais que tu savais ce que ça faisait d'être laisser derrière. Pour la protection.

Hermione frissonne, elle se souvient de la colère d'Harry lorsqu'il avait découvert que ses deux meilleurs amis lui cachaient l'existence de l'Ordre pour son bien. Ses pieds la conduisent malgré elle, auprès de son ami.

- Ron, murmure-t-elle, essaie de nous comprendre.

- J'essaie Hermione.

Ses épaules touchent celle d'Harry, tellement elle s'en est rapprochée. Sa main se tend, un geste suppliant. Remus fait un pas en arrière, il se sent de trop soudainement. Comment la conversation a-t-elle pu dériver à ce point ?

- Souviens-toi, murmure-t-elle, on s'est toujours fait confiance.

Il hésite, regarde cette main tendue un moment.

- Fais-nous confiance, Ron. Encore une fois.

Il s'en empare avec lenteur, la main tremblante. Harry vient joindre la sienne, les empoignant solidement. Remus sent qu'il est tant de quitter la pièce. Visiblement le Square Grimmaurd va pouvoir reprendre vie, tranquillement.


Quatre jours. Trois heures. Vingt quatre minutes. C'est le temps qu'a passé Drago au Square Grimmaurd. Hermione compte les heures. La tension est palpable. Chacun est sur le point d'exploser. Elle a peur. D'avoir trop confiance. D'altérer son jugement.

A table le silence est pesant. Elle regarde son bol fumant. Seul le bruit des couverts et des mastications se font entendre et elle préfère s'y concentrer plutôt que de croiser les regards de ses comparses. Au départ, elle le pouvait. A présent, elle doute d'elle-même. Elle a peur de croiser dans les regards figés de désaccord, ses propres doutes. Harry est assis près d'elle. Elle sent ses mouvements souples et sa nonchalance apparente. S'en est déroutant, bien qu'au fond Hermione sait que c'est une simple façade. Ron est à sa gauche, et bien qu'il ai accepté la situation, la jeune fille a bien vu qu'il ne la comprenait pas. Il fait mine, participe à leur conversation, reste perpétuellement à leurs côtés. Comme avant. Mais tout a changé. Remus ne lui adresse plus la parole, ses intentions à son égards son devenues étonnement dures. Ginny et Anton feignent ne s'apercevoir de rien, ils ignorent cependant qu'elle intercepte le moindre de leurs regards en coin. Adressés à elle ou à Harry.

Et à chaque repas c'est le même silence. La même pression étouffante. D'un mouvement nerveux elle se lève. Portant son bol encore chaud sur le bord de l'évier avant de s'emparer du plateau repas posé sur celui ci.

- Où vas-tu Hermione ? Lui demande Remus d'une voix sardonique.

A croire qu'il le fait exprès. Non, c'est certain, il prend un malin plaisir à lui faire dire ce qu'elle ne souhaite pas. Elle s'empresse de lui adresser un regard glacial et répond d'une voix posée.

- Comme pour chaque repas, je vais nourrir notre…

Elle toussote, gênée.

- …prisonnier. Achève-t-elle dans un souffle.

- Tu n'as même pas mangé, claque-t-il accusateur.

La tablée s'est figée. Les regards glissent de l'un à l'autre sans saisir.

- Je n'ai pas faim.

- Oui, il est vrai qu'en ces temps de Guerre, l'appétit n'est pas de mise.

Il fait allusion au rationnement mis en place deux jours auparavant du fait de la rareté de certaines denrées.

- Je me sens incommodée, lance-t-elle en appuyant sur la dernière phrase dents serrées.

Remus hausse ses épaules avant de replonger sa cuillère dans son bol de soupe, bientôt rejoint par le reste des membres de l'Ordre restés quelques minutes perplexes. Hermione secoue la tête avant de se diriger vers l'étage à pas mesurés. Drago ne bouge pas de sa chambre. Il reste enfermé, et n'en devient que plus irritable. Elle est son seul lien avec l'extérieur lorsqu'elle lui apporte son repas.

Avec précaution elle dépose le plateau à terre, avant de sortir la baguette en bois de vigne. Noire au bout difforme. D'un mouvement de poignet elle la dirige vers la serrure qui clôt la chambre du « prisonnier ». Avec rapidité elle récupère le plateau à Terre avant de se faufiler dans la pièce et de renfermer la porte avec empressement.

Drago fait face à la fenêtre, mains liées derrière son dos.

- Pourquoi fais-tu encore cela, Granger ? Demande-t-il glacial.

- De quoi parles-tu ? Feint-elle en déposant le plateau sur la table ronde qui trône au centre de la pièce.

Il se tourne vers elle, la fusillant de ses orbes métalliques.

- Tu sais bien que je ne m'enfuirais pas, alors pourquoi continuer ce manège de rapidité en entrant ?

- Oh ça, fait-elle en balayant la question d'un revers de main, je le fais pour les autres.

Il fronce les sourcils, oubliant un instant sa colère. Elle relève le visage croisant son regard interrogateur et vient s'affaler sur le lit trop dur avec un soupir déchirant.

- Tu as la vie dure Granger ? Grince-t-il sarcastique. Tu n'es pas enfermé comme un lion en cage.

Ses sourcils s'arquent, alors qu'il ricane nerveusement.

- Etrange cette comparaison…

La jeune fille serre les dents, mécontente des reproches du garçon.

- Tu sais bien que tu es en sécurité ici…

- Parfois je me demande si je ne serais pas mieux dehors…

Il arbore ce regard dur, habituel qui le caractérise.

- Cours donc alors Malefoy ! S'emporte-t-elle. Tires-toi !

Elle se lève et en deux pas est face à lui, l'index pointé rageusement contre sa poitrine.

- Tu n'es qu'un égoïste ! Un foutu égoïste de Mangemort !

Il saisit son poignet dressé d'un geste de main. Un peu brusquement.

- Qu'est-ce que tu as, Granger ? Tu craques ? Etre au QG, dénuée de tout problèmes te fou la pression ?

- Que crois-tu ? Que j'ai la vie douce ? Parfois je préfèrerais être ici plutôt qu'en bas. Je t'ai ramené tu te souviens ? Penses-tu réellement que tous ont bien prit la nouvelle ? Que je suis adulée ? Chaque pas que je fais est surveillé Malefoy ! Chaque mot que je dis ! Je suis sûre qu'en cet instant chaque recoin est surveillé afin que je ne puisse pas te donner l'opportunité de t'enfuir.

Elle tourne le dos, les larmes aux yeux. Dégageant son poignet endolori.

- Je me demande pourquoi j'ai fait tout ça.

Son bras est saisi violement par la main de Drago qui la retourne face à lui. Un instant, un éclat de douleur passe dans ses iris aciers avant que ses lèvres ne s'abattent avec brutalité sur celles de la jeune fille. Celle-ci riposte, contre l'étreinte forcée de Malefoy, douloureuse. Avant de se laisser aller, lorsque cette dernière devient plus douce. Les lèvres du garçon se font caressantes, prudentes, il laisse sa main glisser dans la chevelure d'Hermione, l'autre s'agrippe à sa taille, la rapprochant de lui. Elle passe ses bras autour de son cou, entremêlant ses doigts dans ses cheveux décoiffés, se laissant happer par la sensation de cette étreinte interdite.

- Arrêtes… Murmure-t-elle en le repoussant légèrement.

Il obtempère, ne se reculant pas pour autant, ancrant son regard dans le sien.

- On… On ne peut pas.

Sa voix est éraillée.

- Reviens cette nuit… Répond-il

- Non…

- Reviens, arque-t-il

Elle desserre son étreinte se reculant de lui. Elle reprend ses esprits avant de passer la porte.

- Merci pour la soupe… Murmure-t-il lorsqu'elle a refermée la porte


- Il se passe quelque chose entre Hermione et Malefoy ?

- Ron, murmure Harry avec un soupir.

Ils se sont assis sur leurs lits respectifs, passant la main dans ses cheveux ébouriffés, Ron à l'air dévasté.

- Je me demande comment j'ai pu être aveugle à ce point.

- Ecoute, Ron…

- Non Harry, pour une fois ne joue pas ton rôle de meilleur ami apprit par cœur. Sois franc. C'est tout ce dont j'ai besoin.

Le garçon acquiesce lentement.

- Elle est tellement différente… Je veux dire c'est toujours notre Hermione mais elle a l'air tellement…

- Comme nous tous.

- Oui mais il y a lui. Elle est toujours ailleurs, c'est la première à sortir de table. Bêtement je souhaitais que ce soit tout sauf sa faute.

- On ne peut pas te le reprocher.

- Je suis un lâche Harry, continue-t-il ignorant les remarques de son ami.

- Ne dis pas ça…

- Je suis un lâche, je me suis enfui, je n'ai jamais osé dépasser le stade de notre amitié. Elle m'a tellement attendu. Et maintenant je l'ai perdu.

Un silence pesant s'installe.

- Dis quelque chose, Harry.

- Que puis-je dire, Ron ? Tu n'es pas un lâche c'est certain. Tu réagis à ta façon, ça ne fait pas de toi un lâche, tu as simplement peur de la vie, tu es de ceux qui aiment quand elle suit son cours lentement. Mais lorsqu'elle sort de son lit, tu paniques. C'est humain Ron. Quant à savoir si tu l'as perdu… Je l'ignore. C'est Hermione, une force de la Nature, je suis incapable de te dire ce que renferme son cœur…


Les yeux baissés, elle effleure sa joue, à l'endroit où Drago l'a touché, réprimant un frisson.

- Hermione.

Elle relève la tête si vivement qu'elle manque de se cogner à Remus, qui droit comme un i, lui fait face.

- Remus, lance-t-elle en s'époussetant légèrement

- Les garçons sont dans leur chambre. Ils vont y passer l'après midi.

- Bien, répond-elle sous son regard perçant.

Elle sent bien qu'il n'est pas venu pour lui dire ça.

- Hermione…

Elle serre les dents, elle ne veut pas entendre ce qu'il a à dire.

- Je te connais, tu es une sorcière intelligente…

- Où voulez-vous en venir ? Coupe-elle avec nervosité.

- Tu joues à un jeu dangereux.

- Quel jeu ?

Elle frissonne, il sait tout. Il a tout compris. D'un mouvement de tête il désigne la porte de la chambre d'où il l'a vu sortir.

- C'est un Mangemort. Les Mangemorts n'ont pas de scrupules

Elle fronce les sourcils.

- Je sais Remus, claque-t-elle

Elle s'adoucit.

- Je suis intelligente, ne l'oubliez pas.

Il esquisse un sourire.

- Oui je sais. Juste… Sois prudente. Ne laisse pas tes émotions prendre le dessus.

Sans attendre de réponse, il tourne les talons.


Elle a les poings liés, les yeux bandés et la seule chose qui lui empêche de retirer le foulard qui lui cache la vue, c'est la main d'Arthur Weasley appuyé sur son dos qui lui indique le chemin. Ses pieds glissent lentement l'empêchant de buter. Elle entend des pas lourds et des voix menaçantes. Elle les reconnaît sans peine. Ils sont trois peut-être quatre, et leur rire suffisant, lui donne des bouffées de colère. Elle se maîtrise, essayant de ne pas perdre de vue son but. Lorsque l'un d'eux défait son bandage avec brutalité, elle titube quelque peu laissant ses yeux s'habituer à la lumière ambiante. Arthur est toujours derrière elle, drapé de son éternel smoking marron clair qui lui donne un air fantaisiste, contrastant à merveille avec le décor environnant. Elle se trouve dans une grotte humide aux plafonds bas et d'une noirceur inquiétante. Quatre torches entourent une cellule fermée par une porte épaisse en bois de chêne, ornée de huit serrures, toutes de taille différente. Ils sont trois, deux ont une taille imposante, si bien qu'ils font concurrence à Hagrid. Leurs yeux sont si sombres, que l'on ressent à travers eux, la noirceur de leurs âmes. Le troisième a un aspect rachitique et nerveux, mais il n'en est pas moins effrayant.

Ravalant sa salive, elle avance d'un pas avant qu'une lourde main ne vienne s'abattre sur son épaule. L'un des deux grands s'avance vers elle paume tendue.

- Votre baguette.

Avec un grognement, elle dépose la baguette de Drago dans sa main et avance de nouveau. La pression de la main sur son épaule n'a pas changé. Elle relève les yeux, le plus petit, tend à présent sa main :

- Rien pour le prisonnier.

Avec un soupir las, elle répond :

- C'est seulement du pain !

- Rien pour le prisonnier, répète-t-il.

- Je suis sûre qu'il ne mange pas à sa faim.

- Hermione… Commence Arthur Weasley avec un regard peiné. Tu ne peux rien lui donner.

D'un geste furieux, elle sort de sa cape la petite miche de pain qu'elle a ramené, le fourrant rageusement dans sa main. Il s'apprête à dire quelque chose, mais un regard d'Arthur l'en dissuade.

- Vas-y Hermione,

L'un des grands sort de sa cape un trousseau de clés impressionnant et achève d'ouvrir toutes les serrures, avant de s'effacer pour la laisser passer. Alors qu'elle pénètre à l'intérieur la voix d'Arthur lui parvient étouffée.

- Sois prudente…

La pièce est encore plus sombre que la salle d'où elle vient. Plissant les yeux, elle peut enfin apercevoir, recroquevillée sur une banquette une silhouette carrée. Avec mille précautions, elle s'approche de lui et sa main se pose instinctivement sur son épaule. Elle le sent sursauter. Son visage s'incline vers elle. Il est émacié mais il ne semble pas être mal nourrit, sa couche est propre et malgré sa barbe naissante, il paraît avoir une hygiène correcte.

- Granger, salue-t-il d'une voix enrouée.

- Zabbini, répond-elle

Elle sort une seconde miche de pain de sa cape, qu'elle tend au garçon.

Il visse son regard dessus, un instant émerveillé puis s'en saisit avidement, plantant avec plaisir ses dents dedans. Il la remercie d'un signe de tête.

- Remercie Arthur Weasley, sans lui, ce morceau de pain serait entre leurs mains.

Il ne répond pas, se contentant de croquer le pain avec un plaisir non dissimulé.

- Savoures, le pain est une denrée rare.

Il relève la tête vers elle, ralentissant sa mastication.

- Pourquoi es-tu là ? Tu te délectes de mon emprisonnement ?

- Je te conseille de ne pas trop te plaindre, tu n'es pas si mal lotit.

- C'est certain, raille-t-il, quoi de mieux que d'être enfermé ici. Sans lumière et avec ces brutes ?

Il lance un regard vers la porte. Elle crispe les mâchoires, laissant ses souvenirs affluer.

- Tes copains sont beaucoup moins accueillants.

Elle dégage ses cheveux laissant apparaître la longue estafilade qui cicatrise à peine. Il baisse la tête.

- Ok, je suppose que je l'ai mérité. Alors que veux-tu savoir ?

- Rien, je venais simplement m'assurer que ça allait.

Il hausse les épaules

- Ils ne sont pas commodes, mais je pense que c'est mieux que d'être prisonnier dans l'autre camp. On est toujours mieux soigner chez les gentils.

Ironie.

- Tu es mieux ici que dehors. Portes toi bien Zabbini.

Elle tourne les talons prête à repartir mais la voix tu garçon la retient.

- Pourquoi être venue ?

- Je te l'ai dit je…

- Non, coupe-t-il, je veux dire pourquoi m'avoir rendu visite, à moi ?

- Nous étions à l'école ensemble. Et puis j'ai horreur de l'injustice.

Il secoue la tête avec un sourire.

- Tu ne changeras jamais, Granger.

Puis après un moment de silence, il ajoute :

- Tu as des nouvelles de Drago ?

- Il est en sécurité. Pour le moment.

Il acquiesce se contentant de cette réponse.

- Ne lui dis pas que tu es venue.

Elle fronce les sourcils. Il hausse les épaules

- Une vielle habitude de Serpentard

- Au revoir Blaise, salue-t-elle avec un sourire

- Au revoir Hermione.


- Tu es venue…

La chaleur dans la pièce est étouffante. Hermione, d'un signe de tête, approuve lentement, ne sachant plus vraiment comment elle est arrivée là. Drago n'a rien perdu de sa puissante aura. Il fait preuve d'un calme olympien, mais dans ses prunelles argent danse une flamme de joie que la jeune fille ne peut ignorer. Elle sent ses joues se colorer et baisse les yeux.

- Nerveuse à l'idée de te retrouver avec le méchant Mangemort, alors que la maisonnée est endormie ?

Elle relève les yeux, le fusillant de son regard ambré.

- Ne m'énerve pas Malefoy, j'ai toujours ta baguette !

Le coin de ses lèvres s'étire découvrant un sourire amusé.

- Oui et la tienne est toujours sous la coupe des Mangemorts. Alors dis-moi, comment t'en sors-tu avec ma précieuse arme, dont tu m'as amputé ?

- Et bien, à chaque fois que je pense avoir compris son fonctionnement, elle m'échappe de nouveau.

Elle hésite un peu, honteuse de lui avouer cela :

- Elle est un peu comme toi.

Il s'approche d'elle et caresse lentement sa joue et même avec la chaleur régnante elle ne peut s'empêcher de frissonner.

- Granger, tu n'avais pas encore compris que les baguettes ressemblaient à leurs propriétaires et que c'était en cela qu'elles les choisissaient ?

Malgré l'intonation tendre qui perce dans la voix de Drago, Hermione ne peut s'empêcher de se sentir blessée par cette boutade.

- Je n'ai pas dérobé autant de baguettes que toi.

Son visage se fane, et l'acier de ses yeux prend une teinte plus sombre.

- Je ne suis pas un voleur, Granger.

- Non, c'est vrai. Toi, tu es un meurtrier.

Il tourne le dos, s'éloignant d'elle, portant son poing à sa bouche pour maîtriser sa colère. Malgré la fureur de la jeune fille, celle-ci ne peut que ressentir le vide que son absence lui procure.

Après un instant, il prend la parole d'une voix blanche :

- J'ai fait des choses horribles, dans ma vie, Granger. J'en regrette beaucoup, d'autres étaient justifiées. Mais si c'était à refaire, je le referais. Tu ne sais pas comment c'est là bas. Ton Ordre du Phoenix est tout beau, tout gentil, vous vous battez les uns pour les autres. Pour une cause qui vous unit, que vous pensez juste. Nous on ne se bat pour rien. Juste pour lui. Parce qu'on a été élevé ainsi. Peu importe nos croyances ou nos idéaux, on a simplement le droit de se la fermer et de suivre les ordres. C'est la jungle, le seul but étant de survivre.

Elle s'approche de lui à pas mesurés. Osant à peine respirer. Elle encense un geste pour le tourner vers elle mais il a été plus rapide. Arborant de nouveau cette distance qu'il met entre eux lorsqu'une émotion s'empare trop vivement de lui.

- Pourquoi es-tu venue ?

Combien de fois a-t-elle entendu cette phrase aujourd'hui ? Elle a l'impression de ne plus réfléchir par elle-même.

- Je ne sais pas, murmure-t-elle la voix éraillée.

Il sourit bienveillant, ses prunelles semblent en fusion et l'attirent à lui. Elle enroule ses bras autour de son cou avant de déposer ses lèvres contre les siennes, son cœur battant la chamade. Il répond avidement, à ce baiser, esquissant un rire qui vient se perdre dans la bouche de jeune fille, surprit de l'élan qui l'a emporté. Il glisse sa main au creux de ses reins, plaquant l'autre contre sa nuque. Glissant ses doigts dans sa chevelure, il caresse ses boucles avec douceur, provocant une embardée dans le cœur de la jeune fille. Son sang bouillonne contre sa peau la brûlant de l'intérieur.

- Drago, murmure-t-elle en le repoussant sans pour autant s'éloigner de lui.

Il la fait taire d'un baiser s'attaquant aux boutons de son chemisier blanc. Elle se laisse faire se rapprochant de lui, alors que les gestes deviennent plus fiévreux, plus précipités.

Ses pupilles illuminées d'un éclat de désir, il la fait basculer sur le lit.


Le bras d'Harry pend mollement le long du lit. Ses paupières sont closes et sa respiration régulière. Ron assis sur le même matelas s'est assoupi, la pile de papiers amoncelés sur son ventre se soulevant au rythme de son souffle. Soudain, les faisant sursauter tour à tour, une sonnerie stridente retentit dans tout le Square Grimmaurd. Harry est le premier à être sur ses deux jambes, l'esprit hagard, il passe une main dans ses cheveux broussailleux.

- C'est le signal Ron ! Lance-t-il alors que son ami met plus de temps à émerger.

Ce dernier se relève faisant voler les feuillets que Ginny avait trié, et qu'ils ont étudié toute la journée et une bonne partie de la nuit. Avec rapidité, ils se mettent à courir vers l'étage inférieur, ressentant le chaos du QG de l'Ordre.


Au départ elle croit avoir rêvé, mais lorsqu'elle ouvre les yeux le signal retentit toujours, puissant, strident se répercutant contre les murs de Square Grimmaurd. Avec empressement, malgré la pointe de regret qui se fait sentir lorsqu'elle se détache du corps chaud de Drago, collé au sien, elle sort du lit.

- Qu'est-ce que c'est ? Demande ce dernier, redressé sur son coude, alerte.

- Le signal, répond-elle devant ses yeux affolés.

Elle enfile à la hâte un jean et un pull.

- Nous l'avons mis en place, il est basé sur le même système que les alarmes Moldues. J'en ai eu l'idée.

Elle redresse la tête fièrement.

- Nous l'activons lorsqu'il y a… Lorsque que quelque chose de grave se produit.

Elle déglutit. Drago s'est assis dans le lit, la tête penchée, entre ses bras musclés.

- Il faut que je descende, je… te tiendrais informé de ce qu'il se passe.

Elle ajoute devant son regard perdu.

- Je te le promets.

Son visage se détend imperceptiblement. Il grimace.

- Je n'aime pas rester en arrière.

- Je sais… murmure-t-elle en s'approchant de la porte. Je suis désolée.

A son tour elle s'élance dans le couloir.


- Qu'est-ce qui se passe ? Lance-t-elle hors d'haleine avant même de mettre un pied dans le Grand Salon.

Sur le seuil, elle reste figée, frappée d'effroi. Cinq des Membres de l'Ordre ont pointé leurs baguettes sur un Severus Rogue poussiéreux.

- Que… Bégaye-t-elle les yeux écarquillés.

Les baguettes de Remus, Tonks, Arthur, Kingsley et Anton ne bougent pas, aucun ne cille à son entrée. Remus n'est qu'un masque dur de haine froide. Harry et Ron restent à l'écart, mains sur leurs baguettes respectives. Molly a passé un bras protecteur autour de Ginny.

- Que fais-tu ici ? Grogne Remus d'une voix animale.

La jeune fille sent aisément que la plaine lune est proche.

- Je viens simplement chercher mon filleul.

Puis glissant un regard sur chacun, il ajoute :

- Votre pull est à l'envers, Miss Granger.

Elle frémit devant son petit sourire mesquin mais ne répond pas.

- Drago est en sécurité maintenant, il peut revenir avec moi.

- Pas question ! Rugit Lupin.

Rogue en profite pour visser son regard dans celui d'Harry.

- Tout a marché.

Puis après un temps d'attente, il ajoute s'adressant à l'Assemblée :

- Le Seigneur des Ténèbres a prévu une attaque de Londres.

Toutes les personnes présentes frémissent d'instinct.

- Pourquoi on te croirait ? Crache le lycan, plus furieux que jamais.

Mais quelques regards se sont déjà tournés vers Harry, dont l'expression reste impénétrable.

- Ron va chercher Malefoy.


Ron Weasley ouvre la porte à la volée, sa baguette dressée en avant. Malefoy, enfile un tee shirt noir, il ne sursaute pas à son entrée, se contentant de poursuivre ses occupations.

- Weasley, grince-t-il mauvais.

- Active Malefoy, ta garde est avancée.

- Quoi ?

Ron ouvre la bouche pour répliquer, mais son regard est attiré par un vêtement posé sur le rebord de la chaise. Un chemisier blanc en flanelle, qu'il reconnaîtrait entre mille.
Bouillonnant de rage il se jette sur le Serpentard l'envoyant valser d'un coup de poing hargneux.

- Debout maintenant Malefoy, fait-il en pointant sa baguette vers son visage.

- Tu vas payer pour ça, Weasley, fait-il en se relevant avec difficulté, essuyant du dos de sa main le sang qui coule au coin de sa bouche.

- Toi, tu paieras pour avoir touché Hermione.

Malefoy lui lance alors un regard surprit teinté de mépris.


Elle a les yeux rivés sur lui. Il reste étonnement calme malgré la situation. La manche relevée, on peut nettement distinguer la marque des ténèbres, noire sur son avant bras veineux. Ses cheveux noirs sont si lisses qui lui font penser à un rideau de pluie. Lorsque Ron franchit la porte suivit de Malefoy, elle ne peut empêcher ses yeux de glisser sur lui, sursautant en voyant sa lèvre tuméfiée. Elle adresse un regard courroucé à Ron mais il ne la regarde pas, ses prunelles fixant le vide.

- Severus… Grince Malefoy. Content de te revoir vivant.

Sa voix bien que grimaçante, reste magique, et la jeune fille sent un frisson brûler son échine. Elle secoue la tête afin de se reprendre. Elle avise le regard de Ron posé sur elle affichant unrictus de dégoût. Son cœur rate un battement.
Harry prend les devants ignorant le regard narquois de son Ancien Professeur.

- Malefoy tu pars. Mais de la même façon que tu es venu. C'est ma condition.

- Harry… commence Remus.

- C'est ma responsabilité Remus. Claque-t-il

- Je suis d'accord, affirme Kingsley qui jusque là s'est contenté de suivre la conversation.

Arthur hoche vivement la tête.

- Je préfère voir un Mangemort loin du QG

- Avez-vous tous perdu la raison ? S'exclame Remus, d'une voix contrite. Qu'est-ce qui vous prend de relâcher deux Mangemorts ainsi ? Vous l'avez probablement oublié mais l'un deux à tuer Dumbledore.

- C'est toi qui as tout oublié. Ne te souviens tu pas des paroles de Dumbledore lors de la dernière Réunion de l'Ordre.

- « Quoi qu'il se passe, faîtes confiance à Harry. » Complète Arthur d'une voix grave en hochant la tête.

Hermione lance une œillade à son meilleur ami qui regarde les membres de l'Ordre d'un air hébété. Remus abdique abaissant sa baguette. Rogue affiche un petit air satisfait. Dumbledore avait-il vraiment tout prévu ? Certainement pas cet enchevêtrement de sentiments. L'amour que Rogue portait et porte sans doute encore à Lily, Drago et puis sa relation avec Harry. Tout ceci conduit à une confiance absolue de son meilleur ami, le poussant à croire celui qu'il pense coupable du meurtre de Dumbledore. Elle secoue la tête ressentant une gratitude sans borne à l'adresse du jeune homme.
Avec lenteur Malefoy se rapproche de Rogue et elle sent son cœur battre la chamade. Les choses sont allées tellement vite. Demain ce sera la guerre, et la dernière chose qu'elle verra de lui, après cette nuit là c'est son image auprès de Rogue, prêt à repartir servir le Seigneur des Ténèbres.
Harry, dresse sa baguette vers Malefoy qui peu à peu perd la vue. Accrochant les yeux dorés de la jeune fille, il lui offre son dernier regard. Bientôt l'acier ne devient plus que brume…


Alors... Vous aimez toujours? :$