(Point de Vue : Harry)
« Je ne sais pas vraiment ce que je suis censé penser. Ce nouveau, ce Draco....il me trouble. Pas comme les autres filles, ou les autres mecs avec qui j'ai pu être. Eux, j'étais attiré par eux par leur beauté, leur charme ou leur personnalité......pour Draco c'est différent. Au delà de sa beauté sculpturale, il y a autre chose. Comme une sorte de.....de magnétisme, qui m'attirerais vers lui comme un papillon vers une flamme. C'est justement ce point qui m'inquiète ; si je ne suis pas capable d'exprimer ce sentiment, je dois m'en méfier. Je ne saurais pas expliquer ce que j'ai vu dans ses yeux....même quand il sourit, ils sont glacés. J'ai l'impression d'avoir le vertige quand je pose mes yeux sur lui.
Tout en lui m'inspire le danger, la crainte, la répulsion. Et pourtant je le désire. Je le désire comme jamais je n'ai désiré. C'est un malaise à se frapper la tête contre les murs, et un délice qui donne envie de s'y abandonner. Jamais ô grand jamais e n'ai été à ce point renversé par qui que ce soit.
J'ai peur de lui, car je ne sais pas pourquoi j'en ai peur. C'est une répulsion qui s'ignore et qui ne cherche qu'à se comprendre. Le simple fait d'y penser me rend malade. Je ne sais pas ce que je suis censé faire..... »
C'est avec ces pensées en tête que je m'endormis. Quand je m'éveillai, rien n'avait changé. J'étais toujours torturé par la pensée de son visage. Se calmer. Respirer. Oublier.
Ca allait mieux. Le problème de mes matins, c'est qu'ils sont devenus tellement répétitifs que je n'ai même plus besoin de penser à ce que je fais. Du coup, rien ne put m'empêcher de penser à Draco. Je me dépêchai de prendre mon bus, dans lequel je comptais bien m'assoupir, pour avoir ne serait-ce que quinze minutes de repos. Bercé par les tremblements du moteur, mes yeux se fermèrent et enfin, le vide put se faire en moi.
Quand je les rouvris, le bus approchai du lycée, et bien qu'aller en cours signifiât « LE » voir, la somme d'inutilités qu'on nous y enseignait ferait au moins office de distraction.
Devant la grille, je retrouvai les autres. Un simple coup d'œil à Ron et à Hermione me fit comprendre qu'ils venaient de se disputer. Je proposai d'aller devant la salle, il faisait froid. Montant les escaliers, mon coeur battait fort : et si Draco attendait lui aussi devant la salle ? Vu l'humeur des deux autres, Draco allait-il me parler ? Je n'en revenais pas d'être embarrassé rien qu'à cette idée.
Où était le Harry d'avant son arrivée ? Où était le Harry sûr de lui, qui riait aux dispute de ses deux amis ? Je ne me reconnaissais plus. Draco était arrivé en fin de semaine dernière, et en si peu de temps il m'avait volé ma liberté. En a peine quelques jours, il avait volé au monde ses couleurs, son goût et son éclat. Quel humain pouvait faire ça ? Aucun, du moins c'est ce que je croyais. Était-il un démon ? Un vampire ? Le vampire semblait la meilleure comparaison. Le vampire inspire à la fois la peur et l'envie, le dégoût et le désir. C'est l'ultime représentant de l'horreur et de la luxure.
J'en avais mal au ventre. Mais celui-ci se calma quand je vis que le couloir était vide. Un répit, enfin. Je m'assis sur le carrelage, Ron à mes côtés tandis qu'Hermione s'adossait au radiateur d'en face. Je mis mes états d'âme de coté pour un moment, et leur demandai :
« Alors, c'est quoi le problème ?
Ils n'attendaient que ça.
« J'ai juste fait une blague innocente à propos du devoir qu'Hermione m'a prêté hier, et Mademoiselle-la-susceptible a commencé à s'énerver toute seule ! Clama Ron.
Ecoute, Ron, si tu n'es pas content des devoirs que je me tue à te préparer, moi je m'en fiche, répliqua Hermione de sa voix la plus hautaine, ça me fera du travail en moins, mais ne m'oblige pas à subir tes sarcasmes avant même que les cours aient commencé !
- Mais un peu d'humour, ma grande, ça ne fait jamais de mal !
-Quand je passe près d'une demi-heure de plus à veiller pour sauver ton dossier scolaire, si, c'est un peu lourd !"
Blah, blah, blah......Je vous passe la suite, mais ils continuèrent encore un peu, puis se calmèrent enfin. La routine, quoi.
Les autres commencèrent à arriver, mais toujours pas de trace de Malfoy. Je discutai un peu avec Isabelle et Helena, en les rassurant sur l'exposé qu'elles avaient à faire en philo. Tout allait bien se passer, leur assurai-je. Et j'en rajoutai un peu, en leur disant que même si leur exposé était mauvais, leurs charmes les sauveraient d'une mauvaise note.
En les voyant rire, j'eus l'impression de renouer quelque peu avec celui que je n'étais plus.
La sonnerie retentit, et le calme relatif dont nous avions profité disparut. Les autres élèves, dont l'âge semblait varier de douze à trente-deux ans, commencèrent à affluer, et le couloir devint vite une marée humaine.
Et pourtant, nulle trace de Draco. Le professeur Lupin arriva, l'air encore plus fatigué que d'habitude, et leur ouvrit la porte.
« Excusez-moi, leur annonça-t-il, j'ai passé une mauvaise nuit qui aurait failli m'empêcher de tenir le cours. Cependant, puisqu'aujourd'hui c'est le jour de l'exposé, et que dans l'idéal je ne suis pas censé intervenir, nous y voilà. »
Il commença à faire l'appel : Bosquier, Granger, Lovegood, Menorca.....Malfoy ?
Malfoy était absent. Mais étant nouveau, le professeur supposa qu'il s'était perdu dans les couloirs, et demanda donc à quelqu'un d'aller le chercher. Je priai, mais non, apparemment c'était le rôle du délégué que j'étais d'aller sauver les blonds perdus dans les couloirs pour les ramener aux prix de mille dangers jusqu'à la salle de philo. Je sortis en soupirant, et commenca à monter et descendre les escaliers en long en large en en travers. Ce n'est qu'un étage plus haut que je le trouvai, en train de parler avec un surveillant. Ils ne m'avaient pas vu, et je m'approchai d'eux sans faire trop de bruit.....Ils ne parlaient pas beaucoup, et avaient plutôt l'air de se dévisager, de se jauger l'un-l'autre. Quand ils tournèrent en même temps leurs visages vers moi, je me sentis chanceler. Je réussis pourtant à parler, d'un ton plus ou moins assuré :
« Ah, tu es là Draco ! Le prof de philo m'a envoyé te chercher.
- Ah, répondit-il simplement. Je me disais bien que j'avais du me tromper de salle..... »
Puis, se tournant vers le surveillant, il annonça :
« Bon, j'ai légèrement cours, là, si tu veux bien »
Le pion ne répondit pas , se contentant de hocher la tête. Celui-là ne parlait jamais beaucoup. En y repensant, avant que Malfoy n'arrive, c'était ce pion qui selon moi avait le regard le plus pénétrant et inquiétant que j'aie jamais rencontré. Les voir ensemble, surtout qu'ils semblaient se connaître, était particulièrement perturbant.
Je le raccompagnai à la salle, et m'apprêtai à entrer à mon tour, quand le surveillant m'appela de loin. Il nous avais suivi, entra dans la salle et s'adressa au prof de philo :
« Excusez-moi, Harry doit passer à la Vie Scolaire immédiatement »
A peine ce dernier eut-il le temps d'acquiescer, je me retrouvai dans le couloir, contre le mur, avec le surveillant qui me regardais étrangement.
« Que penses-tu de Draco, Harry ? Demanda-t-il brusquement.
Sa question me déstabilisa. Que répondre ? Un mensonge, bien sûr, mais lequel ?
« Eh ben.....il a l'air....plutôt sympa, hésitai-je, avant de me reprendre. Mais personne ne le connaît encore, il n'est là que depuis quelques jours. »
L'expression de mon vis-à-vis était étrange. Plus étrange encore furent les paroles qu'il prononça, et dont j'allais me souvenir longtemps après.
« Écoute, Harry. Ne me pose pas de questions, et surtout ne t'en pose pas à toi-même. Je ne te conseille pas de rester éloigné de Draco Malfoy, non, je te le demande. Si j'avais une quelconque autorité sur toi hors du système scolaire, je te l'ordonnerai, mais malheureusement je n'en ai pas. Cependant, ne l'approche pas, ne devient pas son ami, ne rigole même pas à ses blagues. Draco est une araignée, un aimant, un gouffre. Il s'immisce dans ta vie et la détruit peu à peu. Crois-moi, reste sur tes gardes, ne cède à rien qui vienne de lui. »
Je le regardai sans comprendre.
« Pourquoi me dites-vous tout ça ? Demandai-je
- Parce que j'ai vu tes yeux quand ils se sont posé sur lui. A la seconde ou il t'a regardé, tu as laissé échapper mille détails qui me font craindre le pire. Alors garde en tête ce que je t'ai dit. »
Sur le point de s'en aller, il ajouta :
« Au fait, tu es en série littéraire, non ? Alors je te laisse réfléchir : combien de malheurs la Présidente de Tourvel aurait-elle pu éviter en écoutant Mme de Volange ? »
Sur ces mots, il disparut.
J'étais abasourdi par ce que je venais d'entendre. Ce qu'il m'avais dit était réellement flippant. Même si tout son discours confirmai les impressions que j'avais eu de Draco, quelque chose ne collait pas. Comment ce simple surveillant, dont je ne connaissais même pas le nom, pouvait-il en savoir autant sur Draco ? D'où le connaissait-il ? Je n'y comprenais rien, si ce n'était que mes impressions étaient confirmées par la comparaison avec Tourvel et Volange : Draco était un séducteur pervers et sans aucune morale. Conclusion : Draco était le Diable.
Mais le Diable avait-il jamais été aussi beau ?
