Chères revieweuses, je vous annonce que ceci est mon dernier chapitre... Snif... Mais voici un sondage pour vous:
- Voulez-vous une suite?
- Si oui, plutôt en nouvelle fic ou à la suite? (dites moi après l'avoir lu vous saurez pourquoi je pose cette question...)
Un énorme merci à toutes... cette fic et vos reviews m'ont permis d'évoluer... Vous êtes géniales
A plus dans la prochaine, je vous M
Dédicace à ma Beta, Lyly7
XVIII.
Un oiseau décrit un cercle parfait dans le ciel. Elle se demande comment il peut tenir en vol aussi longtemps. La gravité est tellement superflue, c'est étonnant de voir à quel point. Ses ailes plumées de bleu semblent se fondre à merveille avec le lieu où il évolue, en liberté. S'il pouvait en être ainsi de tout. Elle baisse les yeux vers la baguette de Drago dans sa main. Quelle ironie, se battre un jour aussi radieux.
- Tout va bien ? Demande une voix bienveillante.
- Oui, je te remercie Anton, répond-elle avec un sourire. Je suis juste un peu inquiète, je n'aime pas être séparée d'Harry et de Ron, surtout dans un moment comme celui-ci.
Il grince les dents.
- Ah le fameux Trio d'Or… Mais dis-moi, je me pose une question, résisterez-vous à toutes les épreuves ?
Elle hoche la tête fronçant les sourcils.
- Evidemment.
Elle pince les lèvres et malgré ses traits tirés et les quelques bleus qui lui recouvrent le visage, elle ressemble plus que jamais à la Miss-je-sais-tout de Poudlard. Anton ricane légèrement.
- Que pense Weasley de ton attachement au Mangemort ?
Son sourire ne quitte pas son visage provocant l'irritation d'Hermione.
- Qu'est-ce que tu cherches Anton ?
- Pourquoi dis-tu cela ?
- Allons, je vois comme tu es. Tu peux te montrer adorable et l'instant d'après tu fais des allusions narquoises.
Le garçon change son pied d'appui. Son sourire a disparu. Hermione plisse les yeux.
- Serais-tu…jaloux ? De l'amitié qui nous lie, Harry, Ron et moi ?
Ses joues se teintant de rouge, il s'apprête à répliquer. Mais un éclat vert attire l'attention de la jeune fille.
- C'est l'alerte, murmure-t-elle
Serrant davantage la baguette dans sa main, elle se met en marche dans les rues sombres de Londres.
Harry ose un regard vers son meilleur ami, il semble plus que nerveux.
- Ca va aller ? Demande-t-il inquiet
Le rouquin acquiesce avec lenteur, les yeux rivés sur la ville qui s'étend sous le soleil couchant.
- Ca fait longtemps que tu n'as pas parlé à Hermione.
Ron tourne enfin la tête vers son ami.
- Non, confirme-t-il d'une voix égale
- Ron, c'est enfantin, elle ne sait plus sur quel pied danser avec toi.
- Oui ! Parce qu'avec toi c'est facile, le bon, le gentil Harry qui accepte tout.
- Je n'accepte pas tout.
- Elle a couché avec Malefoy ! Et toi ça ne te fait ni chaud ni froid.
- C'est faux, seulement je n'ai aucune preuve et je lui fais confiance.
Ron se renfrogne.
- Ce n'est pas parce que c'est notre amie, que l'on doit tout cautionner.
- Oui ce n'est pas pour autant qu'on doit lui tourner le dos.
- Aurais-tu dis ça l'année dernière ?
- J'ai changé depuis…
- Oui et j'ignore si c'est une bonne chose…
C'est un regard en coin qui lui répond, Harry grimace légèrement. Mais entre temps, la nuit a déjà enveloppé la ville de Londres et une étincelle verte explose non loin de Big Ben. Le signal qu'ils attendaient, il se redresse, les Mangemorts ont commencé leur ascension dans la ville endormie.
Hermione avance lentement. Anton sur ses talons, le souffle heurté, ses yeux cherchent le moindre mouvement. Mais les rues de Londres sont désertes. Pas un chat dehors, c'en est que plus angoissant. Soudain, une main s'abat sur son épaule, avec rapidité elle se retourne pointant sa baguette sur son assaillant.
- Bill, fait-elle d'une voix chevrotante, quelle frayeur tu m'as faite !
Il sourit et Hermione peut clairement distinguer les cicatrices de sa figure meurtrie.
- Tu ne pensais pas qu'on allait louper la fête !
Il jette une œillade derrière son épaule et la jeune fille aperçoit alors une dizaine de silhouette qui avancent dans l'ombre.
- Des amis de ma promo, fait-il avec un sourire en coin.
Elle hoche la tête.
- Harry m'avait parlé de renfort.
- Quel est le plan ?
- Les Mangemorts sont censés attaquer par le Sud, Lupin nous a envoyé un signal afin de trouver un moyen pour les encercler.
Il acquiesce, faisant signe aux autres, il s'élance derrière Hermione. Les rues sont toujours désertes. Ses pas la conduisent dans une rue étroite.
- C'est étrange… Ce silence. Murmure Anton.
Hermione écarquille les yeux, son cœur se met à battre la chamade. Violement elle se met à courir de toutes ses forces vers le lieu où elle a rendez-vous avec les autres afin de cerner les Mangemorts.
- Hermione ! Entend-elle Bill lui hurler.
Mais elle n'écoute pas. Elle ne pense qu'à une chose : retrouver ses amis. Elle arrive au centre de Londres. Rien ne bouge.
- Hermione… Vas-tu enfin consentir à me dire ce que…
- Baisse-toi ! Hurle-t-elle.
Un éclair rouge passe au dessus de la tête du Rouquin. Il se baisse rapidement, alors qu'Hermione a dressé sa baguette.
- Stop ! Crie une voix qu'elle ne connaît que trop bien.
Harry et Ron débouchent d'une ruelle, l'air plus que surpris. Leur troupe leur emboîte le pas. Décidés.
- Hermione… ? Où sont les Mangemorts ?
A cet instant la Troupe de Remus et celle de Kingsley arrivent à leur tour, l'air tout aussi déboussolé.
- Que se passe-t-il ?
- Ecoutez… Murmure Hermione.
Personne ne pipe mot. Le silence qui règne au cœur de la ville est terrifiant.
- C'est un piège, lance-t-elle.
- Que veux-tu dire ? Demande Bill.
- Les Mangemorts ne sont pas ici, énonce Remus gravement.
- Où alors ? Demande Ron
- A Poudlard évidement, grince Harry.
Un silence encore plus angoissant parcoure l'assemblée.
- Ce traitre de Rogue ! Grince Remus entre ses dents.
- Ils l'ont probablement berné lui aussi, répond Hermione.
Remus lui adresse un regard glacial.
- Kingsley, transplanez à Poudlard, si vous n'êtes pas revenus dans les dix minutes, nous vous rejoignons.
Le grand noir, hoche la tête, depuis peu ils écoutent Harry, le guide, l'élu. En un battement de cils, il a disparu, sa troupe à sa suite.
- Allons dans ce hagard, propose le garçon.
Le regard d'Hermione est vrillé sur la lune, presque ronde, presque…parfaite. Au loin les hurlements déchirent le silence de la nuit. Une auréole de buée se forme, là où la respiration cogne à la fenêtre. La main de son meilleur ami se pose sur son épaule.
- C'est l'heure, se contente-t-il de dire.
- Dans quel camp sera-t-il?
Le jeune homme hausse les épaules, incapable de lui répondre, ses traits sont las, fatigués et elle sait qu'il fait de son mieux pour porter sur ses frêles épaules tout le poids qu'on lui a imposé. Ses amis sont là bien évidement pour alléger quelque peu cette tâche. Si peu au fond… Le regard de la jeune sorcière se porte une dernière fois sur l'extérieur, une peur sourde s'empare d'elle lentement, insidieusement. Mais elle le sait, ce n'est pas la peur de mourir, c'est la peur de le perdre, de les perdre…
elle tourne une dernière fois son regard vers la lune et elle ne peut s'empêcher de penser à lui. Drago Malefoy. Il a chamboulé tellement de choses dans sa vie. Son cœur bat la chamade, alors qu'elle voit défiler dans son esprit les derniers événements qui les ont liés.
- Je l'aime, murmure-t-elle à son reflet dans la vitre.
- Je sais, répond Harry en lui pressant le bras.
Il fléchit les genoux. Prêt à atterrir avec brutalité. Mais c'est tout le contraire, l'herbe molletonneuse amortie sa chute. Jamais transpalanage n'aura eu aussi douillet atterrissage. Quelle ironie. Lorsqu'il se redresse, il sait qu'il a atterrit dans le Parc. Les tours du château sont en flamme, au dehors tout n'est que hurlements et suppliques. Il sort sa baguette, prêt à se battre. De sa vie, il n'a jamais été aussi prêt à mourir. Il pense à Ron et Hermione ses deux meilleurs amis, sa famille, sa seule famille. Il pense à Ginny, qui est restée au QG, qui doit lui en vouloir de la laisser à l'écart. Mais il sait qu'au moins elle ne mourra pas ce soir. Il pense à leur dernier baiser. A ce qu'aurait pu être leur vie ensemble… Une main se pose sur son épaule. Ron. Il secoue la tête, et fait front vers la bataille, sa troupe sur ses talons.
Hermione a atterrit avec violence sur le marbre froid de la cour du château. Anton a roulé non loin. Un frisson lui glace l'échine, tout n'est que sang et hurlements, les Mangemorts ont envahi Poudlard, avec avidité, ils tuent, pillent, violent. Elle pense à Neville et Luna. Elle espère qu'ils sont encore en vie. Elle pense à lui. Elle frissonne. Et s'élance, sa troupe à sa suite. Un hurlement déchire la nuit. Les loups garous. C'est la pleine lune. Son estomac se contracte. Remus.
- On se sépare ! crie-t-elle.
Elle avance vers le Parc baguette dressée devant elle. Une silhouette massive sort des fourrés, d'une rapidité monstrueuse. Avec horreur, elle aperçoit la bête énorme au pelage grisé se précipiter sur un membre de l'AD, un jeune garçon blond qu'elle estime très courageux. Ses yeux s'écarquillent lorsqu'elle le voit être percutée par la bête, les dents déchirant la peau pâle, la tachant d'un rouge écœurant. Elle ne réfléchit plus, elle est déjà près du monstre, dont les dents déchirent, mutilent, arrachent. Sa baguette se dresse devant elle, alors que le Loup Garou relève la tête vers elle. Ses yeux sont noirs. Elle est certaine qu'il ne s'agit pas de son ancien Professeur. « Regarde moi, pense-t-elle, regarde moi avant de mourir »
- Avada Kedavra.
L'éclair vert jaillit de sa baguette, touchant en pleine poitrine, l'animal qui s'affaisse, vaincu. Le monde se fige. Ses doigts retiennent encore sa baguette alors qu'elle s'effondre auprès du jeune homme qu'elle connaît. Elle a tué. Tué. Pour la première fois, elle a tué un Loup Garou. Un être humain comme Remus. Elle refoule ses larmes se concentrant sur sa tâche
- Irvin, tu m'entends ?
Le jeune homme ne répond pas.
- Ferula…
De larges bandages, s'enroulent autour du torse du garçon. Elle espère que ça tiendra. Précautionneuse, elle le soulève de Terre, mais se fige de terreur, Phils Down se tient droit devant elle, un rictus triomphant sur ses lèvres. Il pointe sa baguette.
- Avada Kedavra !
Un éclair le touche dans le dos, il s'effondre aux pieds de la jeune fille secoué de spasmes. Ses yeux glissent plus loin. Il est là. Elle n'a pas le temps de réagir qu'il l'a empoigné par les épaules l'entraînant dans le château. Elle n'a même plus peur qu'il la livre aux siens. Il est là. Il est vivant. Plus rien n'a jamais eu autant d'importance que cette vérité là. Ils s'enfoncent dans les couloirs sombres que les Mangemorts ont envahis. Aucun ne cille en voyant Drago Malefoy, traîner Hermione Granger sans aucun ménagement, l'air plus furieux que jamais. Rogue a bien fait son travail. Il ouvre une classe vide et la plaque contre le mur avec violence, plantant ses yeux aciers dans les siens. Son cœur se met à bondir, et si tout ce qu'ils avaient vécus n'était qu'une pure comédie, censée la rendre plus docile ? Et la capturer plus simplement. Elle serait un excellent moyen d'échange contre Harry.
- Qu'est-ce qui t'a pris, bordel ? Hurle-t-il
- Qu…quoi ? Murmure-t-elle tremblante
- On ne baisse JAMAIS sa garde sur un champ de bataille, Jamais !
Elle n'a jamais vu une telle fureur dans ses yeux, il est terrifiant.
- C'était… un membre de l'AD… Irvin…
- Tu ne peux pas sauver tout le monde Granger, il était déjà mort !
Elle fronce les sourcils.
- J'ai cru qu'il allait te tuer…
Sa voix se fait fébrile. Ses yeux étincellent, et Hermione baisse les siens, il serait bien trop aisé de s'y perdre.
- Tu as-tué ce garçon, Malefoy. C'était un sang pur comme toi et tu l'as tué. Dans quel camp es-tu ?
Il secoue la tête et vient poser une main tendre sur sa joue.
- Il n'y a pas de camp Granger, il n'y a plus de Sang, il y a juste toi et moi.
Il vient poser son front contre celui de la jeune fille. Elle respire son odeur, ancrant son nez dans sa poitrine.
- Tu es en sécurité ici.
Elle se redresse, alerte.
- Quoi ?
- Reste ici, personne ne viendra te chercher.
- C'est hors de question !
- Granger… Commence-t-il
- Je ne resterais pas en arrière ! Mes amis sont là bas.
- Tu pourrais te faire tuer.
- Je préfère mourir là bas, que vivre ici. Imaginer Harry, Ron… Toi… Ajoute-t-elle dans un sanglot.
Elle sent son regard intense la brûler.
- D'accord, murmure-t-il en caressant sa joue, je savais que tu n'accepterais pas. Tu es trop… Gryffondor.
Elle sourit, d'un vrai sourire.
- Sois prudente simplement.
- Après Drago… Murmure-t-elle d'une voix enrouée, quand tout sera fini, tu reviendras vers moi ?
Il dépose un baiser sur son front avant de la serrer contre lui.
- Naturellement.
Ses lèvres cherchent les siennes pour clore son engagement.
Ginny tourne en rond tel un lion en cage. Pour la première fois de sa vie, elle peut comprendre Malefoy. Elle hait Harry, presque autant qu'elle l'aime. Elle repense avec émoi à ses adieux.
- Ginny… Avait-il murmuré.
Elle l'avait regardé lourde de reproches.
- Je suis désolé.
Il avait glissé sa main contre sa nuque la rapprochant de lui, caressant ses lèvres des siennes.
- Je ne pourrais pas… Si tu es là sur le champ de bataille. Je n'arriverais jamais…
Il avait bégayé, et l'espace d'un instant, elle avait vu un petit garçon.
Elle s'était lovée contre lui. Et l'avait laissé pleurer contre elle.
- Merci, avait-il fait lorsqu'il eut reprit contenance.
Il l'avait embrassé de nouveau avant de lui souffler :
- Je reviendrais…
Sur le coup elle l'avait cru. A présent, elle n'est plus sûre de rien…
- Neville ! Hurle Harry en voyant l'énorme serpent se diriger sur lui. Son corps ondulant avec grâce.
Le garçonnet se retourne, terrorisé. Il ouvre la gueule, sa queue fendant l'air avec mépris.
- NON ! Hurle à nouveau Harry.
Mais Neville semble parfaitement savoir ce qu'il a à faire, soudainement il s'élance vers le château, provocant le grand reptile.
- Neville !
Mais il est trop tard, le garçon a pénétré dans le château. Harry s'élance à sa suite. La nuit a enveloppé le château, il butte sur quelque chose, le propulsant face contre terre. Il réprime un frisson en apercevant le corps de son ancien Professeur de Potion. Puis il se relève, prêt à secourir Neville.
- Po…tter…
La voix le cloue sur place. Il se retourne vers le corps. Des filaments argentés sortent de ses tempes luisantes. Il s'approche à pas mesurés. D'une main tremblante il effleure la tête du Mangemort et se retrouve propulsé dans ses souvenirs…
- Mobiliarbus!
Avec stupéfaction, chaque élève toise Hermione qui à l'aide de sa baguette guide le gigantesque arbre, sa concentration ne faiblit pas lorsqu'elle le fait entrer dans le château faisant s'écrouler une partie de la Grande Salle, là où sont regroupés de nombreux Mangemorts. Elle renouvelle l'expérience, aussitôt Aurors et élèves viennent l'entourer, constituant sa défense. Les Mangemorts présents tentant de l'abattre, un rictus de terreur sur leurs lèvres.
- Potter… Glisse une voix en Fourchelang que seul Harry peut entendre.
Et il sait avec précision où il doit se rendre…
Le chaos. Si simple, si meurtrier. Les hurlements, le sang, les morts. Hermione ne distingue plus rien, elle ne sait plus à quoi elle obéit. Son instinct la guide, alors qu'elle vient d'anéantir une cinquantaine de Mangemorts. Elle n'a même pas le temps de chercher ses amis des yeux. Elle pare les coups, attaque, tombe, se relève. Le temps semble s'être accéléré. Son cœur se serre lorsqu'elle voit une silhouette blonde étendue. Elle pense bien avoir reconnu Luna. Mais elle n'est sûre de rien. Elle livre une lutte pour survivre. Sans merci. Une ombre attire son attention. Harry marche droit devant lui, comme indifférent au monde environnant.
- Harry ! Hurle-t-elle.
C'est lorsqu'elle le voit n'afficher aucune réaction à son appel en détresse qu'elle sait où il se rend.
Ses yeux en fentes sont braqués sur lui. La peur l'envahit. Mais pas une peur primaire, une peur enfouie. Il n'a pas peur pour lui, il pense aux autres. Il ne veut pas mourir. Mais sa peur va à ses amis. S'il meurt qu'adviendra-t-il. Tous les espoirs se portent sur lui.
- Potter…
Sa voix siffle. Il a un aplomb saisissant. Sa cape noire enveloppe sa silhouette rachitique à la perfection, contrastant avec la pâleur de sa peau marmoréenne. Soudain, ses yeux se révulsent. Harry recule d'un pas, l'incompréhension le submergeant, effrayé. Voldemort se redresse mais dans ses pupilles pourpres brillent un éclat de terreur. Alors il comprend le sacrifice de Neville alors que celui-ci conduisait le serpent Naggini sur le Basilic de Poudlard. Ses yeux se ferment un instant. Il serre sa main autour de sa baguette, les os de sa mâchoire roulant sous sa peau.
- Tom… Crache-t-il
Voldemort se redresse, comme brulé au fer chaud. Peu à peu les gens se sont rassemblés autour d'eux, figés par l'attente, la peur.
- Tu as perdu Potter…
Harry secoue la tête. Le Mage Noir se met à tourner autour de lui, comme un prédateur autour de sa proie, l'entraînant dans sa danse.
- Ton précieux Dumbledore n'est pas là pour te sauver aujourd'hui. Cet idiot penser être supérieur à moi et il est mort. Et tu vas bientôt le rejoindre…
Il rit, un rire de dément.
- Qui pensait vraiment qu'un gamin pouvait me tuer ?
- Vous ne comprenez pas, Tom.
- Tu oses ! Siffle-t-il
- Oui, répond Harry d'une voix étrangement calme. Dumbledore avait prémédité sa mort.
L'assemblée frissonne, des murmures se rependent tels une traînée de poudre.
- Severus Rogue la tué.
- Oui, fait Harry, mais parce qu'il le lui avait demandé.
Voldemort trésaille, mais se reprend bien vite.
- Et alors ? Quand bien même, qu'est-ce que ça change ?
- Tout ça change tout… L'amour…
le Mage Noir ricane.
- L'amour encore… Penses-tu que l'amour te sauvera aujourd'hui ?
- Non, je ne pense pas qu'il me sauvera, je pense qu'il vous anéantira. Severus Rogue a tué Dumbledore car celui-ci était mourant. Il le lui avait demandé, et Rogue l'a fait pour me protéger.
- Tu mens ! Rogue te haïssait.
- Oui, mais il aimait ma mère. Et vous, vous avez ignoré cela, vous ignoriez à quel point l'amour peut être fort.
- Ce n'était qu'un béguin de collégiens.
- C'est ce que vous pensiez. Et c'est là votre faille. Rogue n'est pas le seul à avoir aimé une Sang de Bourbe, et ces alliances peuvent faire pencher la balance. Rogue nous a prévenus de l'attaque de ce soir. Rogue m'a sauvé et m'a aidé à détruire vos Horcruxes.
- Que… !
La haine de Voldemort est palpable.
- Sans lui, je n'aurais eu aucune chance de vous tuer.
- Ferme la Potter, assez !
Il brandit sa baguette, prêt à frapper.
- Avada Kedavra ! Lancent-ils d'une même voix
Son regard est aveuglé par une lumière blanche extrêmement lumineuse. Il a l'impression de flotter d'être plongé dans un lac de coton. Il tend les mains, ses parents sont face à lui, l'accueillant d'un sourire bienveillant. Il sait qu'il est mort. Que plus jamais il ne reverra les vivants.
Elle l'a perdu. Il est mort. Harry. Il l'a quittée. Il l'a sauvée. Il les a tous sauvé. Son regard se porte au loin. Elle ne peut bouger. Son esprit trop engourdi.
- Hermione… Murmure Harry et elle pense avoir rêvé.
Elle se tourne vers lui, il semble avoir prit 100 ans, mais il a l'air serein. L'air est saturé de hurlements, de déchirements, mais aussi de cris de joie. De bonheur. Elle le serre dans ses bras violement, embrassant sa joue, le griffant presque.
- Tu es vivant, murmure-t-elle entre ses larmes.
Elle reste un instant contre lui. Puis se met à chercher du regard une silhouette, un reflet blond. Harry sent son amie se figer lorsqu'elle l'aperçoit, il desserre son étreinte et murmure à son oreille.
- Vas-y…
Elle s'écarte de lui, le regardant dans les yeux.
- Merci… Murmure-t-elle.
Elle hésite, mais pas longtemps. Son corps rencontre le sien rudement. Elle se serre contre lui, plus que jamais soulagée de le voir en vie. Il embrasse son oreille avant de murmurer tout contre.
- Je dois partir.
- Non… Tu avais dit…
- Je ne peux faire autrement.
D'un geste il les désigne. Ils sont entrain d'arrêter les Mangemorts. Le sort anti-transpalanage de Dumbledore s'est réinitialisé.
- Tu ne peux pas être arrêté ! Sanglote-t-elle. Je ne les laisserais pas faire.
Elle sort sa baguette. Prête à se battre une nouvelle fois. Il pose une main sur son bras.
- Tu ne pourras rien faire.
Il effleure ses doigts, son bras, chaque parcelle de sa peau, ne voulant jamais oublier son contact. Elle vient nicher son nez dans la nuque du jeune homme. Les larmes sont revenues, elles ne veulent plus s'arrêter, se déversant avec violence sur ses joues.
- Je serais là, quand tu sortiras.
Elle aperçoit son regard se voiler. Elle n'avait plus vu cette distance en lui depuis si longtemps… Il s'écarte.
- Je ne veux pas que tu sois là.
- Co…Comment ? Fait-elle en bafouillant, troublée par ses paroles.
- Lorsque je sortirais. Je veux que tu sois chez toi avec ton mari et tes enfants. Je ne veux plus te revoir, jamais.
Elle ouvre la bouche pour répliquer.
- Je ne sortirais peut-être pas.
- Ne dis pas ça…
Sa voix est tellement entrecoupée de sanglots, qu'elle a un instant peur de ne pouvoir exprimer sa pensée.
- Hermione…
Elle frissonne c'est la première fois qu'elle entend son prénom de sa bouche. La sensation est bien trop douloureuse.
- Je suis un Mangemort tu te souviens ? La Guerre est terminée, je dois payer pour mes crimes. Tu es une héroïne, nos chemins ne peuvent plus se croiser.
- Non…
- Weasley fera un bon père, et un bon mari.
- Que dis-tu ? Tu perds la raison…
- Promets-moi Hermione, que tu ne viendras pas.
- Je… Je ne peux pas, murmure-t-elle.
- Promets-moi, fait-il plus durement.
Elle secoue la tête, elle n'imagine pas l'effacer de sa vie. Il effleure son poing serré et elle trésaille.
- Je t'aime plus que de raison, lui énonce-t-il le regard froid.
Elle relève ses grands yeux chocolat vers lui, son visage est inondé de larmes.
- Je t'aime…
- Alors promets.
- Drago…
- Promets.
- Je promets. Fait-elle à contrecœur sentant ses entrailles se nouer.
Il attrape une de ses mèches de cheveux qui volètent près de lui, et la porte à son nez. Elle ose à peine respirer.
- Je ne veux jamais oublier, murmure-t-il en reculant de plusieurs pas.
- Drago… Bredouille-t-elle.
Elle le voit dresser les poings devant lui, elle les voit s'en saisir avidement pour y mettre des liens.
- Drago ! Fait-elle plus fort en avançant d'un pas.
Une poigne de fer s'empare d'elle. Mais elle tente d'avancer vers lui. Encore. La poigne est plus forte.
- Drago !
Elle le voit sourire vers elle, de ce sourire tendre qui vient fleurir ses lèvres lorsqu'il la regarde. Elle les voit le tirer en arrière pour l'arracher à sa vue.
- Non ! Non ! Drago !
Elle sait qu'elle ne va plus le voir. Elle ne veut pas, elle refuse. Elle les voit disparaître dans une fumée blanche, ne laissant derrière eux qu'un décor funeste.
- Drago ! Hurle-t-elle démente. DRAGO !
- Hermione, tente de l'apaiser une voix familière.
Elle reste là, agenouillée labourant le sol de ses ongles usés.
- Viens Hermione… Murmure la voix de Harry tout contre son oreille.
Il tente de la relever, mais elle se débat furieusement.
- Non !
Elle ne veut pas quitter cet endroit, elle ne veut pas croire, qu'il n'est plus là. Qu'il ne va pas revenir. Jamais. La douleur enfle en elle. Elle se sent broyée, une partie de son cœur lui a été arraché. Se recroquevillant sur elle-même, Hermione continue de hurler. Elle s'allonge dans la terre qui devient boue, ses larmes se mélange à la pluie qui achève de la débarrasser du sang séché qui lui colle à la peau. Harry ne dit pas un mot. Il s'allonge près d'elle passant un bras protecteur autour de sa taille. Elle n'en fini pas de pleurer. Jusqu'à ce que sa rage ne se transforme en une plainte déchirante et qu'elle ne répète inlassablement son prénom. Combien de temps s'est-il écoulé ? Une heure ? Une journée ? Elle est toujours au sol refusant de bouger. La boue s'insinuant partout sur elle.
- Va t-en Harry… Parvient-elle à murmurer d'une voix étranglée.
- Non.
- Je ne suis pas prête à me relever.
- Tant pis.
Elle sent alors une silhouette avancer vers eux. Ron vient s'allonger à côté d'elle à son tour. Il attrape sa main et sans dire un mot il reste près d'elle. Dans les bras de ses meilleurs amis, Hermione sent qu'un jour, elle aura peut-être la force de se relever.
