Merci pour vos reviews encourageantes :)
Je dois tout de même préciser que cette histoire ne suivra pas l'intrigue des Liaisons Dangereuses, il y a des fictions là-dessus mais j'ai plus d'imagination que ça. Ce livre constitue juste une de mes références, comme d'autres oeuvres qui seront évoquées au fil de l'histoire.
Ceci dit, bonne lecture !
(Point de vue : Draco Malfoy)
« Mon amour, je t'ai vu au beau milieu d'un rêve »
Oui, ce rêve est très beau......
Des draps de soie, juste deux corps.
Laisse-moi poser mes mains sur toi......
Le réveil sonna, ce qui me donna un des plus grands sentiments de frustration que j'aie jamais ressenti à ce jour. Il était si près.....sa peau avait l'air si douce, il était s bien dessiné, sa bouche entrouverte, les lèvres brillantes, les yeux doux et en même temps si torturés.....Si je peux éviter de donner trop de détails, sachez que ce rêve m'avait bien mis en situation, mais s'était arrêté trop tôt m'en sortir. La haine. La haine, c'est tout. Et le pire c'était que comme lorsqu'après un cauchemar on continue d'avoir des peurs irraisonnées, après un rêve.....de ce genre on est encore.....ému, dirais-je.
Oh et puis zut hein ; mon Harry onirique m'avait fait bander, et j'en étais encore tout retourné, même après.....après avoir réglé le problème moi-même. Je me demande si je devrais utiliser les mots consacrés pour parler de ça, ou si je choquerais. Au pire, je dois reconnaître que je m'en fous.
Résultat, je me levai avec dix bonnes minutes de retard, ce qui ajouté au fait que je pensais à ce à quoi je m'étais interdit de penser, me faisait démarrer la journée d'une bien mauvaise manière.
Croiser un être humain dans cet état l'aurait encore aggravé, coup de chance, j'étais le premier levé. Je me préparai tranquillement, et cette fois si je ne vous décris pas tout en détail, ce n'est pas pour ne pas heurter votre sensibilité, c'est pour ne pas ennuyer votre intellect. Je ne sais pas comment je peux penser à des choses comme ça si tôt le matin.
Les débuts de journée commençaient à se refroidir ; tant mieux, le froid rend les gens plus beaux, tout comme le chaud. C'est la tiédeur du printemps et l'humidité de l'automne qui sont désagréables. De toute manière, j'aime l'hiver et la peau blanche qu'il me donne. Quand on est blond très clair, être bronzé donne un coté un peu artificiel, passons.
Sur le chemin je retrouve par hasard Isabelle et Helena......tiens, je devais me rappeler de quelque chose à son propos.....ah oui ! Je l'ai choisie hier soir pour être mon petit jouet. Pardon, « petite amie ». La différence est minime, selon moi, mais paraît-il des gens font la distinction et se voilent la face.
Je pense les avoir séduites assez rapidement ; au sens social du terme bien sûr, je n'en suis pas encore là. J'adresse quand même de petites piques à Helena pour voir comment elle réagit.....elle a l'air gentiment coopérative ; je suis peut-être rendu plus loin que je ne l'avais pensé au départ.
Le fait de se retrouver tout les matins devant la grille semble être une habitude ; c'est important de noter tout les rituels qu'il peut y avoir dans cette classe, je dois faire oublier que je suis arrivé après coup. Charles et Luna sont en train de chantonner une chanson parfaitement niaise; je vous cite les paroles d'un haut niveau : « Nous ferons ce qui est interdit
Nous irons ensemble à la buvette,
Nous fumerons la pipe en cachette,
Nous nous gaverons de pâtisseries,
Mais qu'allons nous faire de tous ces plaisirs ?
Il y en a tant sur terre »*
Mon dieu, on dirait du Priscilla ! C'est pas l'envie qui me bourrer la gueule avec Luna ou de « fumer la pipe » avec Charles, mais c'est d'une mièvrerie à vomir. Une question s'imposait :
« Ils sont toujours comme ça ? Demandai-je tout bas à Isabelle.
- Là ils sont en forme, la plupart du temps ils racontent des trucs qu'ils sont seuls à comprendre, répondit-elle en souriant, je connais et Luna et Charles assez bien, voire très bien, assez pour savoir que ce sont vraiment des gens super mais.....quand ils sont ensemble, c'est pas la peine.
La cloche sonna, et le soupir général s'éleva. Ca allait être mon premier cours d'espagnol, et je n'avais pas entendu que des bonnes choses sur le professeur, mais je ne m'en faisais pas. Horreur, nous suivions le cours avec une classe de S. Attention, il y a de bonnes classes de S, mais là, c'était vraiment la pire. Une rangée interminable de cas sociaux s'étendait devant mes yeux, rattrapés cependant par quelques élèves au physique passable, plus un ou deux canons, conformément à la loi des probabilités.
Quand le professeur entra, comment dire. Tout mes clichés sur l'Espagne se trouvèrent balayés, avant de me rappeler que le prof était français et n'avait peut-être jamais mis les pieds en terre Hispanophone. Le moins que l'on pouvait dire, c'était qu'il ne se donnait guère la peine de s'adapter à la culture. Personnellement, j'avais en tête le cliché d'espagnols bronzés, cheveux toujours courts allez savoir pourquoi, des gens vifs, au sang chaud et aux couleurs vives. Mais le professeur Rogue, avec ses vêtements noirs, ses cheveux longs et -autant que j'en puisse juger- crades, et son teint blafard et maladif......le type même du prof de science aux allures de sadique qui effraie les secondes à leur arrivé au lycée.
« Buenos Dias »
Ça c'était du Buenos Dias dynamique. Mais plus désespérant encore fut celui que la classe répondit.
On me demanda de me présenter, ce que je fis en tentant de paraître assuré. Cela sembla plaire à mon interlocuteur aussi aimable et engageant qu'une porte de prison, et il me sembla qu'il notait une bonne apréciation. J'étais trop fort.
« Bon, et bien peut-être que Draco saura remonter le pitoyable niveau de la terminale L ; j'espère que vous saurez l'en remercier. Je rends les devoirs de ceux qui se sont donnés la peine de les faire sérieusement. Autrement dit, tout le monde sauf nos amis Laurel et Hardy »
Je me retournai pour savoir à qui cette blague complètement pourrie était destinée. Apparemment c'était Harry et Ron qui étaient visés ; un air de défi dans les yeux, ils étaient loin d'avoir l'air désolé.
(Plus tard, au CDI, toujours point de vue Draco)
« L'espagnol c'est pourtant pas difficile, déclarai-je à Hermione.
- Ron n'y met aucune bonne volonté, déclara-t-elle sans même lever les yeux des Pensées de Pascal, il n'aime pas ça et considère le professeur comme un raté qui passe toute sa frustration sur les élèves. En revanche Harry, ajouta-t-elle avec un soupir, Harry est un véritable bouc émissaire pour Rogue. C'est toujours à lui qu'il fait les commentaires les plus vexants, c'est toujours lui qui voit son devoir se perdre dans la nature, et recevoir un zéro. Tout le monde sait que c'est une situation injuste, mais Rogue a toujours réussi à s'en sortir.
- Mais pourquoi ?
- Oh, y'a pas mal de rumeurs là-dessus, poursuivit-elle, la plupart des gens disent que le prof et le père de Harry ne peuvent pas se voir en photo ; mais c'est peu probable, personne ne peut être assez rancunier pour ça. D'autres disent que Harry a été odieux l'année dernière, et que Rogue s'est promis de lui en faire baver, enfin bref, des trucs stupides."
Elle se replongea dans son livre, mettant fin à la discussion.
C'était lourd sa manière de faire comprendre aux autres qu'elle avait mieux à faire. Je me détournai et parcourut les allées du CDI au hasard. Au rayon théâtre il n'y avait rien que je n'aie déjà lu, Huis Clos, les Mouches, le Mariage de Figaro, Phèdre, Andromaque, que des classiques et rien qui sortît de l'ordinaire. Les sections poésie et d'histoire des arts ne m'intéressaient guère, et le reste des allées ne concernaient que des livres scientifiques, dont seule une infime partie était vouée à la psychologie. C'est donc parmi les roman que je cherchai mon bonheur. J'hésitai entre un livre de Moravia et l'unique ouvrage de Choderlos de Laclos qui était au programme de cette année. Pourtant, je revint à ma table avec le roman qui suivait Les Liaisons Dangereuses, à savoir la Princesse de Clèves.
Je l'ouvris au hasard, et tombai sur une page de pure rhétorique amoureuse, que je savourai en souriant.
Ce fut le moment que choisi Luna pour nous rejoindre. Elle sortit ses cours de géographie, mais y renonça très vite : à sa décharge la géo est cent fois lauréate de la matière la plus ennuyeuse du système scolaire ; son regard s'attarda sur les murs, les fenêtres, les arbres qu'on y voyait, le ciel, un oiseau qui passait par là, le vol d'une mouche, la table, par terre, mon sac, mon corps, mon visage, et enfin mon livre.
« Oh, s'exclama-t-elle, mon bouquin préféré ! »
Décidément, j'arrivais à séduire les gens sans même le faire exprès. Comme quoi on aurait tort de résister à un don du ciel, quand il s'exprime de manière si charmante.
« C'est plutôt agréable à lire, fis-je d'un ton détaché, mais c'est surtout intéressant de lire un auteur précieux, qui considère l'amour platonique comme le seul qui compte. Si quelqu'un voulait écrire ça aujourd'hui, la Princesse de Chartres se taperait gentiment M. de Clèves, puis M. de Nemours, puis le duc de Guise, sans se soucier de rien ni de personne.
- Tu exagères, rit Luna, il y a encore des filles romantiques qui seraient prêtes à agir de la même façon que la Princesse.
- Je ne pense pas, continuai-je, assuré, de tout temps les hommes ont toujours été cent fois plus romantiques que les femmes, et aujourd'hui nous avons atteint un sommet.
Hermione commença alors à s'intéresser au débat, et répondit enlevant les yeux :
« C'est faux, je n'ai jamais rencontré de garçon romantique, pourtant des filles qui croyaient au prince Charmant, là j'en ai vu des dizaines.
Je m'apprêtai à répliquer, mais ce fut le moment que choisit Charles pour nous rejoindre.
« Ron est en train de désespérer, Hermione, lui lança-t-il
- Il peut, il va rater son année, trancha-t-elle, le ton méprisant.
- Sérieusement, il a besoin de toi, ça on le sait tous, toi en particulier, mais tu le connais assez pour être consciente qu'il aura du mal à le reconnaître.
- C'est son problème, trancha la jeune fille. Il a intérêt à savoir ce qu'il veut.
Charles fit une moue mi-contrariée, mi-désolée.
- Écoute, c'est dans son intérêt que je dis ça. Tu n'as peut-être pas grand-chose à y gagner, mais tu n'as rien à y perdre, insista-t-il.
- Si, mon amour-propre", du même ton sentencieux que précédemment.
Cette fois, le garçon n'insista pas, et se tourna vers Luna avec qui il commença à parler de tout et de rien (surtout de rien à mon sens).
Je repensai à ce que je venais d'entendre, et par la même je savourai la foule d'information qu'une banale conversation offrait. Je venais à la fois d'en apprendre énormément sur Hermione, sur Ron, et sur Charles.
J'allais devoir changer mes plans. Helena m'attendrait sûrement, j'avais des jeux plus subtils avant de me reposer dans ses bras.
*Faudra que je pense à prévoir des récompenses pour ceux qui reconnaissent les paroles des chansons que je cite, si ça devient récurrent xD
