Titre : Dans le tourbillon de la vie et de la mort.13/14
Série : Journal de Ianto Jones – entrée 30
Perso : Ianto, Gwen
Résumé : C'était une belle journée de printemps qui s'annonçait, et Ianto Jones était loin de s'imaginer que c'était la première de sa dernière semaine sur Terre.
Rating : PG-13
Spoilers : Pour COE évidement mais aussi pour Les Enfants du Passé, chapitre 10 et bien sûr pour Une Rose pour Monsieur Jones…
Disclaimer : Bien sûr je me contente d'emprunter des personnages appartenant à la BBC et à RTD
Beta : Black59
Note de l'auteur : Cet épisode évoque la mort de Ianto, sortez les mouchoirs, mais se termine par l'amorce d'Une Rose pour Monsieur Jones, parce que mon but n'est pas de vous saper le moral !!! Contrairement à certain !
Certains indices et certaines réponses à d'autres mystères émaillent Les Années Tish, hantées parle souvenir omniprésent de Ianto.
Ianto avait ouvert un œil paresseux pour se retrouver face à face au regard facétieux de Jack :
« Tu fais quoi, là ? » Avait-il grommelé.
« Je prends soin de mon amant » Avait répondu Jack après avoir rendu sa liberté à l'objet du litige qui, animé d'une vie propre, protestait indépendamment de son propriétaire.
« Oh, c'était ça » Avait fait Ianto en invitant le capitaine à remonter au niveau de sa bouche.
« Des fois, je me demande si t'essayes pas juste de me faire mourir avant l'âge pour me piquer mon appart » Avait-il ajouté avant de faire sienne la bouche de Jack, tandis que sa main les empoignait tout deux en un gant de velours.
Jack était toujours partant, c'était parfois épuisant, mais en même temps Ianto Jones n'avait jamais imaginé qu'il ferait de vieux os.
La cohabitation avec Jack ne se passait finalement pas si mal. Il avait eu un peu de mal à s'habituer à cette invasion de son espace privé, mais Jack y mettait beaucoup de bonne volonté.
Il était finalement beaucoup moins bordélique que les autres locataires du QG, et puis, il lui faisait la cuisine, avait réparé tout ce qui était en attente depuis son emménagement, plus deux ou trois trucs qui n'avaient pas besoin de l'être, comme le câble, par exemple, auquel il n'était pas abonné, et le lave-linge qui s'était vu doté d'une fonction séchage !
Ce qui le faisait vraiment flipper, c'était quand il se levait la nuit, et que ne trouvant pas Jack à ses côtés, comme de bien entendu, il le retrouvait en train de faire le repassage en t-shirt et caleçon de nuit !
Jack lui avait expliqué que, ne dormant pas, il aimait autant occuper ses nuits à faire ce qui pouvait se mettre en travers de sa libido débordante quand Ianto était d'attaque !
Ce n'était pas idiot comme raisonnement, mais dieu seul savait pourquoi, Ianto trouvait ça très déstabilisant.
Ce jour là, le programme était simple : récupérer un "passager" à l'hôpital, puis retour au QG pour prendre Gwen et charger le matériel nécessaire et, enfin, direction le champ d'herbes folles qui avait pris la place de ce qui avait été autrefois son école !
Étrangement, à chaque fois qu'ils mettaient cette option là à leur programme, quelque chose leur tombait sur le coin du nez, et cette fois-ci n'avait pas fait exception puisque c'était ce lundi là que tous les enfants du monde s'étaient arrêtés en même temps !
C'est comme ça que Ianto Jones s'était retrouvé la nuit suivante à jouer les fugitifs dans les rues de Cardiff, il avait jeté son portable dès qu'il avait aperçu les hommes en noirs. A ce moment là, il était encore en état de choc et avait bien failli se faire descendre.
Il avait utilisé le peu d'argent liquide qu'il avait sur lui à essayer de contacter Gwen, elle était en vie, c'était déjà ça, puis, il avait appelé Henry :
« C'est moi, ne dites rien, j'appelle d'une cabine, mais il en reste tellement peu que je ne suis pas sûr qu'elles ne soient pas surveillées, quelqu'un à fait sauter le QG en utilisant Jack comme cheval de Troie. Pour autant que je sache, il est éparpillé au milieu des gravas, je ne comprends rien à ce qui se passe et j'ai des commandos au cul, faites attention à vous ! »
Si quelqu'un avait les moyens de démêler la situation c'était bien le vieux Lord, il connaissait toutes les huiles, les officielles et surtout les non-officielles…
Il avait essayé de joindre deux ou trois de ses anciens compagnons de l'Ombre, mais on lui avait fait comprendre qu'il était seul dans cette galère.
Alors sa dernière pièce avait été pour un voisin de Rhyanon, une espèce de brute qui le terrifiait lorsqu'il était enfant :
« John ? »
« C'est toi ? » Avait demandé l'homme sans préciser, puis il avait ajouté avec un brin d'admiration dans la voix :
« Tu sais qu'y a des types qui sont venus te chercher jusque dans le lit de ton beauf ? T'as tué le Premier Ministre ou quoi ? »
« Est-ce… »
« Ça va ! Y a pas eu de casse, t'as besoin de quelque chose, mec ? »
Ianto lui avait demandé de faire passer un message discret à sa sœur, et dire que ce type était peut-être celui qui lui avait piqué le 4x4 l'après midi même.
Que ces types aient pu remonter jusqu'à sa sœur lui flanquait la chair de poule, Ianto avait toujours fait ce qu'il fallait pour les tenir, elle et ses enfants, à l'écart de sa vie, d'un autre côté, s'ils connaissaient ce Ianto Jones là, ils ne savaient peut-être pas de quoi il était capable, qui il était vraiment et, avec un peu de chance, ça lui simplifierait la tâche pour retrouver ce qui restait de Jack…
Ianto avait fini par retrouver Jack et avec lui Rhys et Gwen, à partir de ce moment là, les événements s'étaient enchaînés à une vitesse effroyable, il avait eu l'impression d'être pris dans un torrent fou et avait perdu tout contrôle sur ce qui restait de sa vie.
Lorsqu'il avait passé ce dernier coup de fil à sa sœur afin de permettre à leurs adversaires de les localiser, il avait eu un mauvais pressentiment, mais il était resté concentré sur la tâche à accomplir, qui se résumait pour lui à être aux côtés de Jack dans ce qui n'était probablement qu'un baroud d'honneur organisé aux seules fins de reprendre la main.
Comme tout baroud qui se respecte, celui-là avait un côté suicidaire qui n'échappait pas à Ianto, mais il était prêt à suivre Jack jusqu'en enfer, même s'il savait pertinemment qu'il s'y retrouverait seul. L'enfer, s'il existait, n'était pas un endroit où Jack s'attarderait bien longtemps.
Ianto avait toujours pensé qu'il mourrait sur le terrain, un jour ou l'autre, mais il n'avait jamais imaginé être victime d'un ennemi invisible, un de ceux qui vous attaque de l'intérieur, un de ceux contre lesquels on ne peut se battre d'homme à homme, les yeux dans les yeux.
De rage, il avait vidé son chargeur sur la cage vitrée sans lui faire la moindre éraflure…
Mais le plus dur avait été d'entendre Jack implorer cette créature de l'épargner lui : les défenses de Jack s'étaient écroulées face à la terreur qui l'avait envahi à l'idée de perdre son amant…
Ça faisait longtemps que Ianto avait compris que Jack l'aimait.
Mais, Il n'avait cependant pas réalisé jusqu'à quel point, et cela l'avait terrifié plus que la mort elle-même : Jack allait rester seul une fois de plus, et qui maintenant allait s'occuper de lui, veiller sur lui ?
« Je t'aime » Avait-il murmuré d'une voix qui le trahissait, alors que Jack se cramponnait à lui avec la force du désespoir comme s'il espérait qu'il pourrait ainsi le retenir.
« Ianto, non… » Avait dit Jack comme si cet aveu, à lui seul, allait sceller son destin.
« Tu m'oublieras… »
« Non, jamais, pas la moindre chance… » Avait été les derniers mots qu'il avait entendu.
Il n'avait plus la force de lutter, et pourtant, il s'était surpris à espérer que Jack l'oublierait très vite, qu'il trouverait la force de se relever et de continuer le combat, de faire mordre la poussière à ces bâtards, qu'il sauverait les enfants.
Il y avait eu un long flottement, l'image de l'insectoïde qui l'avait agressé alors qu'il quittait le site de l'explosion le matin du deuxième jour était revenu s'imposer à son esprit : il avait complètement oublié d'en parler à Jack.
A suivre…
