Auteur: Yuna Asakura
Pairing: AiUno, léger SoiUlqui et UkiUno.
Rating:K+
Résumé: SoiFon Unohana, 16 ans, vit, à Senbonzakura, depuis qu'elle est toute petite avec sa mère – Retsu, 36 ans, médecin de renom et directrice respectée de l'hôpital local – son petit frère – Toshiro, 15 ans, adolescent taciturne et adulé par ses camarades de classe – et sa petite sœur – Yachiru, 5 ans, concentré d'énergie et de joie adoptée 4 ans plus tôt.
La vie de SoiFon n'est pas triste, mais une chose lui manque pour parfaire son bonheur : Son père.
Lorsqu'un soir, elle rencontre par hasard, sur un quai de gare, un homme lui parlant de sa mère, tout commence…
Disclaimer: Tous les personnages appartiennent à Tite Kubo sauf Hisae Ukitake, Sae Aizen ainsi que quelques autres.
NDA: Mailys: Je dois te contredire, prénom d'Unohana est Retsu, tout comme le prénom d'Hisagi est Shuhei ou celui d'Hinamori est Momo et non le contraire.
Bonne lecture
Yuna
Chapitre 25 : Ribbon of Memories
Kiyone Kotetsu sortit précipitamment du salon blanc, le salon préférée d'Hisae Ukitake. Elle venait de déposer un plateau de thé sur la table devant Hisae. Elle était heureuse, Kahoku était sortie et Hisae l'avait autorisée à prendre son après-midi tout comme Sentaro.
« Kiyone ! L'appela ce dernier. Kiyone ! Dépêche-toi ! »
Elle jeta son tablier sur une chaise dans la cuisine et se précipita à la fenêtre. Sentaro l'attendait dehors à côté de sa vieille 205 décapotable et lui faisait de grands signes. Elle sourit puis ouvrit la fenêtre.
« J'arrive Sentaro, je prends juste de quoi manger.
-D'accord mais dépêche toi ! »
Kiyone rassembla deux trois choses dans un panier et le rejoignit. Alors que la voiture qui n'était plus toute jeune filait vers la campagne proche, Kiyone se demanda si elle avait bien fait d'épouser Sentaro, mais ils arrivèrent bientôt dans une clairière à l'orée d'un bois et il se précipita pour lui ouvrir la portière.
« Tu as vu c'est encore plus beau que la dernière fois, fit-elle.
-Non, c'est impossible puisque la dernière fois, c'était à notre mariage… et puis tout les endroits sont magnifiques lorsque j'y suis avec toi. »
Kiyone sourit et se dit que oui elle avait bien fait, mais quel beau parleur !
Hisae porta une nouvelle fois sa tasse à ses lèvres, les yeux dans le vague. L'ambiance n'était pas très festive.
« Je suis désolé de vous déranger, Hisae-san…
-Oh mais tu ne me dérange pas Toshiro, et arrête de me vouvoyer.
-Je pensais simplement que Rukia avait besoin de se changer les idées… »
Toshiro se tourna vers son amie, silencieuse les yeux plongés dans sa tasse comme si elle cherchait à s'y noyer.
« Ça sera pas assez profond Rukia… fit la doyenne de la pièce.
-hein ?! Pardon ?
-Si tu veux te noyer, ta tasse ne sera pas assez profonde…
-Oh…
-Tu me fais penser à mon frère quand maman est morte… Il était si jeune à l'époque, et si naïf. Ça c'est passé il y a maintenant plus de cinquante ans…
» J'avais presque 16 ans, Kei lui venait d'avoir 20 ans. Je me rappelle qu'il m'avait emmené en ville pour que j'achète des chocolats – la saint-valentin, que voulez-vous ! – et que toutes les jeunes filles le regardaient. C'est vrai qu'il était beau, il avait de beaux yeux bleus encore plus turquoise que les miens, des cheveux bruns, et puis, il était assez grand. Quand nous sommes rentrés, les domestiques paraissaient agités et notre gouvernant m'a dit :
« Je suis désolée les enfants… »
J'ai tout de suite compris, je suis allée jusqu'à la chambre devant laquelle tout le monde était rassemblé et je l'ai vu. Elle était allongée dans son lit, le médecin à son côté s'excusait auprès de mon père. Sa peau semblait diaphane, ses yeux clos et l'absence de couleurs sur ses joues ont confirmé ce que j'avais compris : elle était morte. La main de Kei s'est posée sur mon épaule, j'ai fondu en larmes dans ses bras. Et puis nous avons entendu Kyushiro qui nous appelait, il est arrivé devant nous. Il avait 10 ans et il souriait comme jamais plus je ne l'ai vu sourire.
« Qu'est-ce qui se passe ?
-Viens Kyu… a dit Kei.
-Qu'est-ce qui se passe ? A redemandé Kyushiro. Maman ne va pas bien ? Dis-moi Hisae ! »
Il m'a poussé, a couru vers maman puis il s'est retourné vers nous : il avait perdu son sourire.
« Elle est…partie ? »
Je ne sais pas combien de temps j'ai pleuré en le serrant dans mes bras… Par contre, je sais que depuis ce jour il n'a plus été que l'ombre de lui-même.
-C'est… c'est très triste Hisae-san, souffla Rukia.
-oui… Pour tout vous dire, les enfants, ce n'est ni moi, ni Kyushiro ou encore mon père qui en a le plus souffert, non, c'est Kei. Il était mué dans son silence, il ne voulait plus manger et tout comme Kyu il ne souriait plus. Jusqu'au jour où il a rencontré cette fille : Kahoku Oshimura. Elle n'était aussi jolie que toutes celles qui lui tournaient autour, toutes ces filles qui lui faisaient les yeux doux, mais elle, elle semblait le comprendre. Il n'arrêtait pas de me répéter que toutes les beautés du monde ne valaient pas la tendresse que ses yeux d'acier lui administraient.
-On parle bien de Kahoku là, celle qui vient de m'accuser de profiter de votre sénilité pour venir ici ?!demanda Tohsiro en fronçant les sourcils.
-Oui… acquiesça Hisae. Elle a dit que j'étais sénile ?! Oh ! Espèce de sale petite… ! »
Elle ne savait pas exactement comment la qualifier, mais elle se promit d'avoir une petite conversation avec Kahoku, histoire de discuter de sa sénilité. Elle reprit une gorgée de thé, bientôt, il serait froid.
« Enfin, il l'a épousé. Le jour de leur mariage, il était radieux, elle aussi, tout le monde pensait que c'était le retour du bonheur dans la famille. Ça a duré assez longtemps tout de même, Kyushiro lui a eut droit à un mariage arrangé, c'était soit lui, soit moi, et il s'est dévoué… Il n'était pas mal tombé, la petite Kasumi s'était mise à l'aimer éperdument dès leur première rencontre, et je pense que même s'il n'en laissait rien paraître, c'était réciproque. Lorsque Juushiro est arrivé, la mort de ma mère n'était plus qu'un douloureux souvenir. Le pauvre a attrapé la tuberculose mais heureusement pour nous, elle a été prise en charge à temps. A mon avis, c'est grâce à la mère de Retsu qu'il a survécu, elle était toujours aux petits soins pour Juushiro, et, en même temps, elle arrivait à s'occuper de Retsu convenablement. Cette femme était merveilleuse !
-J'aurais aimé la connaître… fit Toshiro. Enfin, un peu plus longtemps que je ne l'ai connu. Je ne me souviens presque plus d'elle.
-C'était pour moi un modèle… Enfin… Les domestiques aimaient dire que nous étions dans l'âge d'or du clan Ukitake, ils avaient raison… Jusqu'à ce jour atroce où une nouvelle fois la mort a frappé notre famille…
» J'étais dans ce salon, je prenais le thé avec Kasumi et Juushiro. Tout à coup la porte s'est ouverte, Mme Unohana est entrée, paniquée, Retsu la suivait accrochée à sa jambe.
« Oh ! C'est affreux Hisae-Sama ! C'est affreux ! Kei-Sama et Kahoku-Dono… Ils…ils ont eut un accident ! C'est affreux !
-un accident ?! L'enfant va bien ? Et Kahoku-San ?! S'est exclamée Kasumi.»
Kasumi, étant elle-même mère, fut tout de suite préoccupée par la santé de sa belle-sœur et de son futur neveu (ou future nièce). Unohana nous a donc expliqué qu'elle ne savait pas grand-chose à part que Kei était dans un sale état…
-Il est mort n'est-ce pas ? dit Toshiro.
-Et Kahoku a perdu son enfant, non ? Compléta Rukia. »
Hisae hocha tristement la tête et finit son thé.
« Voilà comment Kahoku est devenue une personne détestable… Au départ, elle ne faisait que pleurer, mais peu à peu ses larmes se sont asséchés et ses yeux, taris. On ne l'a plus jamais vu sourire ! En même temps, je la plains, moi aussi ça m'a fait mal. Mais je sais que tous les ans à la même date, elle va, seule à l'endroit où elle et Kei se sont rencontrés... Les années ont passées, Juushiro, Retsu et Shunsui Kyoraku ont été élevés ensemble et j'ai vu naître les sentiments de Juushiro pour Retsu. Au bout d'un moment, elle a arrêté de venir ici, j'ignorais pourquoi. Donc, j'ai suivi Juushiro et j'ai découvert son secret. C'était vous : SoiFon et toi, Toshiro. J'ai promis à Juushiro de ne rien dire à Kyushiro, qui s'était extrêmement renfermé sur lui-même depuis la mort de notre père. Malgré ça…
-Kyushiro l'a découvert… et puis, il a menacé mon père de compromettre l'avenir de maman. Ensuite, il-commença Toshiro.
-Il m'a doucement empoisonné pour m'emmener loin de vous, finit Juushiro en entrant dans la pièce.
-La suite, vous la connaissez. Déclara Hisae, en essayant de fuir le regard de Juushiro.
-Maintenant, Rukia tu devrais aller retrouver Byakuya, il a besoin de ton soutien, comme Hisana. Avança Juushiro avec une dureté qui changeait de son habituel ton chaleureux. »
Il s'écarta de manière à laisser passer la jeune fille. Cette dernière salua ses compagnons de thé, mais au moment de franchir la porte elle se retourna vers la femme âgée.
« Dites, Hisae-san, pourquoi nous avoir raconté tout ça ? »
Les yeux turquoise d'Hisae brillaient d'une lueur énigmatique lorsqu'elle répondit :
« Je le sens : un fil a été filé et tiré depuis des années, et il va bientôt être sectionné. »
