Auteur: Yuna Asakura

Pairing: AiUno, UkiUno (bientôt...), un léger SoiUlqui.

Rating:K+

Résumé: SoiFon Unohana, 16 ans, vit, à Senbonzakura, depuis qu'elle est toute petite avec sa mère – Retsu, 36 ans, médecin de renom et directrice respectée de l'hôpital local – son petit frère – Toshiro, 15 ans, adolescent taciturne et adulé par ses camarades de classe – et sa petite sœur – Yachiru, 5 ans, concentré d'énergie et de joie adoptée 4 ans plus tôt.

La vie de SoiFon n'est pas triste, mais une chose lui manque pour parfaire son bonheur : Son père.

Lorsqu'un soir, elle rencontre par hasard, sur un quai de gare, un homme lui parlant de sa mère, tout commence…

Disclaimer: Tous les personnages appartiennent à Tite Kubo sauf Hisae Ukitake, Sae Aizen et quelques autres

NDA:L'avant-dernier avant le dernier (logique U.U)

J'ai galéré pour le finir .

Bonne lecture

Yuna


Chapitre 26 : H.'s Heart for H.'s Life

« Tu es sûre que ça ira Retsu ? S'enquit la chef du service pédiatrie. »

Elle venait de se retourner vers sa collègue alors qu'elle-même s'apprêtait à entrer dans une chambre. Elle lâcha la poignée, Retsu semblait ailleurs.

« Retsu ? L'appela Yuna en agitant sa main devant les yeux bleus.

-Hein ?! Oh, excuse-moi Yuna-San… Oui tout se passera bien, Szayel est un chirurgien de renom… répondit-elle.

-Je ne parlais pas de l'opération mais d'Ukitake-San. Je pense que, enfin… Regarde-le. »

Retsu se tourna vers les sièges qui bordaient le couloir. Juushiro était plus pâle que d'habitude, il fixait le mur en face de lui.

« Tu devrais rester avec lui… Il vient de faire un choix extrêmement difficile, il a besoin de ton soutient Retsu… »

Retsu ne dit rien, les yeux rivés sur Juushiro. Yuna pénétra dans la chambre, sans accorder un regard au patient, elle alla directement au moniteur et appuya sur plusieurs boutons. Pas une fois sa main ne trembla. Enfin elle se regarda vers le lit.

« Ukitake-San a fait le bon choix, ne lui en voulez pas… Hisae-Sama. »

Dans le couloir, Retsu venait de s'assoir à côté de Juushiro. Un silence désagréable régnait entre eux.

« Je suis désolée…Personne n'aurait pu le prévoir, elle semblait aller si bien… Et la décision que tu as prise est exemplaire. Hisa-

-Retsu, la coupa-t-il. Tu m'as déjà dit tout ça. Je sais que tu compatis – du moins je crois. Je sais que cette attaque n'était pas du tout prévisible au vu de la santé d'Hisae et que ma décision paraît étrange… Mais je pense qu'Hisae aurait été du même avis que moi : Byakuya ne mérite pas de perdre son épouse comme Hisana ne mérite pas de mourir.

-Pas plus que tu ne mérites de perdre ta tante ou qu'Hisae ne méritait pas de mourir…

-Je pense qu'Hisana a le droit de vivre encore un peu, déclara Juushiro sûr de lui et pensif à la fois. Moi j'ai fait mon temps, c'est ce qu'aurait dit Hisae.

-Comment le sais-tu ?

-Avant-hier, elle m'a dit qu'elle avait été heureuse… Son seul regret est qu'elle n'a jamais sentit son cœur battre pour quelqu'un. Elle savait qu'il se passerait quelque chose ! Et puis elle est partie se coucher. »

Le silence revint ; Retsu prit une des mains de Juushiro entre les siennes. Le cœur de l'homme accéléra la cadence.

« Je vais rester avec toi. »

Et elle le serra doucement dans ses bras. Des larmes silencieuses glissèrent sur les joues de Juushiro, ses sentiments formant un étrange pêle-mêle que dominaient la tristesse et l'amour. La tristesse, le décès d'Hisae. L'amour, l'étreinte de Retsu.

Asa, Jioon et Videl passèrent à leur tour la porte de la chambre pour en ressortir quelques instants plus tard, poussant une civière sur laquelle reposait Hisae. Elles s'arrêtèrent près de Juushiro et Retsu.

« Sa main est encore chaude…constata Juushiro en l'effleurant doucement.

-C'est normal, c'est la mort encéphalique… »

Il reconnut le docteur Asakura qui malgré elle avait l'air morne.

« Mes condoléances, reprit-elle. C'était une femme remarquable, d'après ma mère.

-Merci… Au revoir Hisae… »

La voix de Juushiro mourut alors que le petit groupe disparaissait au coin du couloir.

Tout avait été décidé lorsqu'Hisae quittait peu à peu le monde des vivants. Hisana, à ce moment-là, se battait du mieux qu'elle pouvait contre sa fièvre qui augmentait. Elle le savait : si elle perdait espoir et faiblissait, son cœur lâcherait.

Szayel était venu trouver Retsu dans son bureau. Quand il était ressorti, elle le suivait le visage fermé. Elle devait convaincre Juushiro. S'il acceptait le cœur d'Hisae serait greffé à Hisana laquelle vivrait au prix de la vie de la plus âgée ; si, par contre, il refusait les deux femmes mourraient sûrement toutes les deux. Juushiro avait accepté, il possédait, en quelque sorte, le droit de vie ou de mort sur Hisana et il préféra lui laisser la vie ou plutôt celle de sa tante. Rukia et Byakuya l'avait tellement remercié qu'il en était resté muet pendant cinq bonnes minutes.

Et maintenant, alors que l'opération débutait, il était seul avec Retsu. Si quelqu'un en dehors de l'hôpital venait à savoir que c'était Szayel, un médecin rayé de l'ordre qui menait une opération chirurgicale lourde, elle serait rayée à son tour de l'ordre comme Ran'Tao, Yuna, Shinji et même Mayuri. Sans compter les infirmiers qui perdraient leurs travails parce qu'ils assistaient l'ex-chirurgien ainsi que le docteur Koichi qui s'occuperait de la seconde partie de l'intervention et de la préparation du cœur. Que ferait-elle si cela arrivait ? C'est tout ce qu'elle savait faire que ça… soigner les gens.

La chaleur des bras de Juushiro autour d'elle la calma.

Et pourquoi son cœur jouait-il les cabris contre ses côtes ?!

« Je t'aime, chuchota Juushiro dans le creux de son oreille. »

Les mots étaient sortis d'eux-mêmes. Une étrange chaleur emplit Retsu. Etrange, mais agréable. Pourtant, elle ignora ces mots.

« Tu voudrais allez voir les enfants ?demanda Retsu, mal à l'aise. Ils sont avec Rukia et Byakuya…

-Bien sur… »

Déception. Ils échangèrent des banalités en rejoignant Toshiro et les autres, bien que leurs mots sonnaient faux, ils le savaient tous les deux. Rukia remercia encore Juushiro, SoiFon serra timidement sa main alors que Toshiro lui lançait un faible sourire. Il ne vit pas Yachiru puisque l'enfant se trouvait chez elle avec Rangiku.

Les heures passèrent lentement, beaucoup trop lentement pour Byakuya. Ran'Tao passa voir Retsu car elle avait des papiers à lui faire signer, mais tous comprirent qu'elle n'approuvait pas cette opération. Surtout à cause de Szayel et elle ne se garda pas de le faire remarquer.

Au manoir Ukitake, un dangereux calme régnait. Tous les employés étaient réunis dans la cuisine, personne n'osait parler. Un hurlement à mi chemin entre un cri de rage et un sanglot brisa l'ambiance paisible mais lourde en tristesse. Le bruit venait d'une des chambres à l'étage, d'un individu que personne n'aurait soupçonné qu'elle puisse verser des larmes.

Oui, Kahoku Ukitake pleurait frappant dans sa montagne d'oreillers. La seule présence d'Hisae aurait suffis à la calmer mais celle-ci n'était plus de ce monde maintenant. Elle poussa un autre cri de rage, puis elle rejoignit sa salle d'eau. Appuyée sur le lavabo, elle reprit son souffle observant son reflet. Si des cheveux gris n'étaient pas dispersés ça et là, striant sa chevelure corbeau, et si de petites rides fines comme les traits maladroits d'un dessin au crayon ne venaient pas entacher les tracés de son visage, elle-même aurait pu croire qu'elle avait remonté le temps et que Kei venait juste de perdre la vie. Ses parents, Kei, maintenant Hisae ; Allaient-ils tous l'abandonner ? Elle l'avait compris après la mort de Kei, elle mourrait seule. Mais aujourd'hui, les choses lui parurent différentes, et si elle redevenait –quel était le mot déjà ? Ah oui… – gentille, comme avant. Peut-être qu'elle se sentirait moins frustrée en voyant les familles heureuses. C'est pourquoi, elle est descendue et a ouvert la porte de la cuisine.

Les domestiques se sont tournés vers elle.

« Kotsubaki-San préparez la voiture je vous prie, Kiyone apportez-moi ma veste, ordonna-t-elle.

-mais… où voulez-vous aller ?

-à l'hôpital. Allez, on se dépêche ! »

Kiyone sembla lui sourire et elle s'exécuta. Bien sur, Juushiro fut surpris de la voir arriver toute retournée. Ses larmes avaient encore coulé durant le voyage et lorsqu'elle avait paniqué en se retrouvant devant la chambre vide d'Hisae.

« Elle semblait…perdue, lâcha Ran'Tao qui l'accompagnait. »

Immédiatement, Byakuya se précipita sur Ran'Tao pour savoir comment se passait l'opération. Elle répondit, dédaigneusement qu'elle n'en savait rien. Retsu baissa les yeux pour ne pas avoir à affronter le regard de Ran'Tao qui se dépêcha de quitter cette partie du couloir.

Ce n'est que vers minuit et demi, qu'un Hirako Shinji en pleine forme vint réveiller Retsu qui s'était endormie après que Juushiro soit parti avec sa tante et les enfants. Le blond traînait dans l'hôpital malgré qu'il soit en congé maladie et avait été dépêché par Yuna pour qu'il prévienne Retsu à la fin de l'opération.

« Hé, Retsu-Chan !

-Hein ?! Hirako-san qu'est-ce que vous faites ici ? Quelle heure est-il ?!

-Doucement Retsu-Chan ! Il est minuit et demi. L'opération vient de se terminer… »

En entendant ces mots, Byakuya, suivit de près par Rukia, bondit sur ses pieds.

« Et apparemment tout c'est passé correctement, Continua Shinji. Il faut que je retourne auprès de mon bourreau…

-Ton bou… Je vois…

-Pouvons-nous voir Hisana ?!demanda Byakuya en attrapant soudainement Retsu.

-Oui, mais pourriez-vous arrêter de me secouer, s'il vous plait ?

-Excusez-moi Unohana-san. »

Le jour se levait doucement sur Senbonzakura. Retsu était épuisée et ne cessait de penser à Juushiro et à son étreinte réconfortante ainsi qu'à ses mots.

Hisana dormait profondément tandis que Byakuya la couvait amoureusement du regard. Rukia somnolait dans un fauteuil non loin de lui.

Les paupièresde l'épouse Kuchiki papillonnèrent pour s'habituer à la lumière naissante, elle reconnut Byakuya à son chevet et plus loin, Rukia qui lui souriait. Dehors un papillon bleu se posa sur le rebord de sa fenêtre.

« Bya…Byakuya-Sama…articula-t-elle difficilement.

-Bonjour Hisana. Comment vous sentez-vous ?

-J'aimerais encore dormir…

-Et bien, faite ma bien-aimée… Je resterai avec vous.

-Merci Byakuya-Sama… »

Son nouveau cœur battait tranquillement dans sa poitrine, autrefois si souvent meurtrie par sa maladie. L'insecte s'envola, ses yeux se fermèrent à nouveau, les lèvres de Byakuya se déposèrent sur son front et elle murmura :

« Merci… Hisae-san. »