Auteur: Yuna Asakura
Pairing: AiUno, léger SoiUlqui et UkiUno.
Rating:K+
Résumé: SoiFon Unohana, 16 ans, vit, à Senbonzakura, depuis qu'elle est toute petite avec sa mère – Retsu, 36 ans, médecin de renom et directrice respectée de l'hôpital local – son petit frère – Toshiro, 15 ans, adolescent taciturne et adulé par ses camarades de classe – et sa petite sœur – Yachiru, 5 ans, concentré d'énergie et de joie adoptée 4 ans plus tôt.
La vie de SoiFon n'est pas triste, mais une chose lui manque pour parfaire son bonheur : Son père.
Lorsqu'un soir, elle rencontre par hasard, sur un quai de gare, un homme lui parlant de sa mère, tout commence…
Disclaimer: Tous les personnages appartiennent à Tite Kubo sauf Hisae Ukitake, Sae Aizen ainsi que quelques autres.
NDA: Oh oh!
C'est la fin de cette fiction, merci de l'avoir suivie jusqu'au bout!
Bonne lecture
Yuna
Chapitre 27 : Saishi
Il pleuvait lorsque Juushiro Ukitake jeta une poignée de terre sur le cercueil de sa tante. Il pleuvait lorsque s'avancèrent les membres de sa famille, les Kuchiki, les Kyoraku, les Shihōin et autres nobles, se fut ensuite les autres, ceux qui veulent se faire bien voir, ceux qui compatissent vraiment et ceux qui sont là par hasard, tous, un par un, s'avancèrent pour lui faire part de leurs condoléances. Il pleuvait lorsque la main de Retsu Unohana entra en contact avec la sienne. Il leva ses yeux chocolat pour observer le visage pâle de Retsu.
« Mes condoléances…murmura-t-elle sans oser le regarder dans les yeux. »
Sans doute se sentait-elle coupable.
Au fond des orbes bleus Juushiro réussit tout de même à discerner de la tristesse et de la tendresse aussi. Le cœur de l'homme fit un bond dans sa poitrine.
« Merci, répondit-il. Merci Retsu… »
Il aurait voulu garder sa main dans la sienne, serrer cette femme contre lui et la garder avec lui pour l'éternité. Il se perdit dans sa contemplation.
« Je vais y aller Juushiro… SoiFon et Toshiro passeront te voir bientôt. »
Soudain les paroles de sa tante lui revinrent à l'esprit.
« Ne la laisse jamais, au grand jamais partir si tu l'aimes »
Il tira la brune plus près de lui comme pour la mettre à l'abri sous son parapluie et dit très vite :
« Retsu, retrouve-moi à l'endroit où nous nous allions après les cours, ce soir dix-neuf heures.
-cent mètre avant le Minazuki, cent après le Sogyo no Kotowari, récita la brune avec incrédulité.
-oui, cent mètre avant le Minazuki, cent après le Sogyo no Kotowari. Répéta Juushiro. Tu viendras ? »
Retsu dégagea doucement sa main comme pour conserver la chaleur de la main de Juushiro dans la sienne puis elle s'éloigna. Il soupira, certain qu'elle ne viendrait pas jusqu'à ce qu'il voit un carré de tissu tomber sur le sol. Il se précipita sur le mouchoir et en huma discrètement le parfum...oui, elle viendrait.
La pluie continuait à tomber, le cœur de Retsu continuait lui à battre la chamade. Quand elle fermait les yeux, elle pouvait presque sentir l'étreinte de la main de Juushiro sur la sienne. Elle posa ladite main sur son cœur, pour le calmer ou peut-être pour rapprocher Juushiro de son cœur. Si elle avait cru à ce que lui avait dit Shunsui, Hisae serait toujours en vie. « Et nous serions heureux… ensemble, comme une vraie famille. Songea-t-elle en passant la porte de sa maison. »
Elle s'en voulait, elle l'avait rendu triste. Elle l'avait rejeté alors qu'elle l'aimait et lui il avait continué à l'aimer en retour.
« Qu'est-ce que j'ai été idiote…
-Bonsoir Unohana-san.
-Oh ! Bonsoir Rangiku-san, comment allez-vous ?
-ça va… et vous ?
-Je vais… bien. »
Un silence s'installa entre les deux femmes.
« Je ne vais pas vous déranger plus longtemps, déclara précipitamment la plus jeune.
-Voyons Rangiku-san, vous ne me dérangez pas ! Et il pleut des cordes dehors ! Attendez que la pluie se calme.
-Mais…
-Pas de mais, je ne tiens pas à vous voir arriver demain à mon bureau avec un rhume ou même une pneumonie ! Je me sentirai coupable de ne pas vous avoir obligée à rester ici. En plus je repars dans deux heures. »
Retsu fit un sourire encourageant à Rangiku ce qui acheva de la convaincre.
« Bon, comme vous voudrez, bredouilla la jeune femme. Merci beaucoup.
-Ne me remerciez pas. C'est mon devoir en temps que médecin de protéger mes concitoyens.»
Apparemment, Rangiku trouva cette tirade amusante car elle éclata de rire. Retsu, elle, ne put s'empêcher de laisser échapper un petit rire amusée.
Le débit de la pluie n'avait pas faibli mais au contraire c'était amplifié. Mais ce n'est pas ça qui empêcha Retsu de sortir et de prendre sa voiture pour rouler jusqu'au point de rendez-vous.
Précautionneusement, elle ouvrit son parapluie avant de descendre de voiture. Ses jambes tremblaient et ça n'avait rien à voir avec le froid. Elle se sentait comme une adolescente fuguant pour retrouver son petit-ami dans un endroit seulement connu d'eux.
Elle s'avança jusqu'au vieux banc qu'elle, Juushiro et Shunsui partageaient avant de rentrer chez eux. Rien n'avait changé, comme il y a quatorze ans, le vieil arbre millénaire s'élevait au dessus d'elle. Dans ce quartier de la ville, les maisons étaient plutôt vieilles et par conséquent leurs habitants l'étaient aussi. Le Sogyo no Kotowari semblait asséché…
« Retsu ! L'appela Juushiro. »
Il courut jusqu'à elle pour s'abriter sous son parapluie.
« Tu aurais dû prendre un parapluie Juushiro, tu risque d'être malade, le sermonna-t-elle gentiment.
-Et alors, tu seras là pour prendre soin de moi non ? »
Retsu rougit et baissa la tête.
« Pourquoi, voulais-tu me voir, ici ?demanda-t-elle au bout d'un moment.
-pour m'excuser… m'excuser de vous avoir abandonné il y a qua-
-je t'ai déjà pardonné pour ça… et après tout, ce n'était à cause de toi. Ce serait plutôt à moi de m'excuser de ne pas t'avoir cru, d'avoir voulu te rendre jaloux… Je croyais aimer Sōsuke, mais je sais maintenant que c'était cette haine amoureuse que j'éprouve pour toi qui m'a poussé à y croire.
-Retsu… tu sais je ne pourrais jamais t'en vouloir pour ça… parce que… »
Il posa sa main sur celle de Retsu qui tenait le parapluie, lui glissant deux fleurs entrelacées dans la main.
«Campanule, c'est la première fleur que tu m'as offert. Camélia : vous êtes la plus belle et je suis fière de vous aimer ou je vous aimerai toujours, que dois-je comprendre exactement ? S'enquit-elle un peu déboussolée.
-Depuis toutes ces années je n'ai jamais cessé de t'aimer, et jamais je ne cesserai de le faire. Et je vais faire ce que j'aurai dû faire il y a longtemps. »
Il plongea son autre main dans sa poche et en ressortit une petite boîte.
« Unohana Retsu, seriez-vous prête à m'accueillir à nouveau dans votre vie pour le restant de vos jours ?
-Tu…tu n'étais pas obligé… je veux dire…
-Retsu, c'est ce que j'aurai fait à la fin de nos études. T'épouser. Alors ? »
Il ouvrit l'écrin, à l'intérieur un petit anneau en or blanc serti d'une rangée de diamants et surmonté d'une améthyste.
« Si tu dis non, je serai obligé de l'offrir à Kahoku pour son anniversaire… et je n'ai pas tellement envie d'offrir une bague de fiançailles à une femme qui m'a toujours dit que tu n'étais qu'une futur esclave de notre famille et pas une amie… Même si elle semble avoir changé...»
Retsu s'approcha doucement de Juushiro, se haussa sur la pointe des pieds pour déposer ses lèvres sur les siennes.
« Oui, murmura-t-elle. »
Il pleuvait lorsque l'anneau fut glissé sur le doigt de Retsu. Il pleuvait lorsque leurs lèvres se rejoignirent une nouvelle fois. Leur étreinte dura plus longtemps que la précédente. Heureux de se retrouver, ils ne sentirent pas le parapluie qui s'échappa et s'envola.
Il continua de voler, voler, voler jusqu'à la source de du Sogyo no Kotowari, celle-ci bouchée depuis des années par un vieux rondin de bois recommença à couler. Le Sogyo no Kotowari vint se jeter dans le Saishi, deux cent mètres avant le Minazuki, sept cent avant le Suzumebachi, neuf cent avant le Hyorinmaru et près d'un kilomètre cinq avant le Kusajishi, redonnant au Saishi sa réputation de plus beau fleuve de la région.
Le parapluie quand à lui continua son voyage japonais et nul ne sait si il vole encore, mais tout comme la colombe qui revint à Noé portant une branche d'olivier certains affirment avoir vu un parapluie, portant un camélia et une campanule à son manche, voler dans le ciel le jour du mariage d'Ukitake Juushiro et d'Unohana Retsu.
