Chapitre 6 : Le projet.
Cette nuit là, Harry fit un drôle de rêve.
En effet, il rêva qu'il se trouvait dans une pièce ressemblant étrangement au bureau du directeur de Poudlard, à l'époque où Dumbledore l'était encore.
Comme souvent à l'époque, il se retrouvait assis en face d'une chaise à haut dossier.
Seulement, à ces moments là, c'était Dumbledore en personne qui y été assis alors que dans son rêve, personne n'y était installé.
Soudain, il y eut une lumière blanche aveuglante partant de la chaise qui lui faisait face.
Harry fut obligé de fermer les yeux et lorsqu'il les rouvrit il fut stupéfait.
En effet, devant lui était apparut une sphère de lumière, qui flottait dans le bureau.
Il se frotta les yeux, même dans un rêve c'était étrange.
La douce lumière projetée par la sphère était réconfortante et douce, aussi Harry ne se sentit pas particulièrement menacé.
Soudain, sans crier gare, le brun se prit la tête entre les mains, en proie à un effroyable mal de tête.
Il n'arrivait même plus à réfléchir, il avait l'impression que l'on essayait de pénétrer son esprit de force.
Sous la douleur de plus en plus insupportable, Harry tomba à genou au sol.
Tout à coup, la douleur disparut aussi vite qu'elle était apparue.
Puis elle réapparut, encore plus forte. Sous l'intensité de la douleur, Harry s'évanouit sur le sol du bureau de son ancien mentor.
Des mains lui soulevèrent la tête. Il sentit la main de Ginny sur son front. Il ne savait pas comment il pouvait en être sur... Mais il savait que c'était elle.
Des voix. Oui, on l'appelait. Les voix se rapprochaient...
- « Harry, allez réveille-toi, s'il te plaît... »
- « Qu'est-ce qu'il lui est arrivé? »
- « On ferait mieux de l'emmener à l'infirmerie, ce serait plus prudent. »
Ginny, Ron et Hermione.
Doucement, il se concentra sur les voix de ses amis et ouvrit prudemment les yeux.
Il avait une fameuse migraine dont il ne connaissait pas l'origine. Curieusement, la première idée qui lui traversa l'esprit fut que tout ce passerait bien.
En effet une voix dans sa tête n'avait de cesse de le rassurer. Une mystérieuse voix qu'il n'avait jamais entendue, qui n'arrêtait pas de répéter 'Merci à vous et prenez soin les uns des autres'.
Un étrange visage hantait son esprit. Celui d'un vieil homme, barbu, arborant un franc sourire et portant une robe de sorcier blanche immaculée.
Harry secoua la tête et essaya tant bien que mal de reprendre ses esprits.
Les trois autres le fixaient, avec un visage très inquiet.
- « Ça va, Harry? Tu nous as fait peur... » Soupira Hermione.
- « Ce n'est rien. J'ai fais un drôle de rêve. » Lui répondit-il.
- « Un rêve ? Comme ceux que Voldemort t'envoyait ? »
- « Non, Ron. »
Harry leur raconta son rêve en n'omettant aucun détail.
Hermione était véritablement intriguée. La description, que leur avait faite Harry du vieil homme de son 'rêve', ne ressemblait à aucun personnage du monde sorcier, du moins à aucun qu'elle ne connaissait. Et cette histoire de rêve était étrange.
Quel genre de rêve vous fait-il mal durant votre sommeil et à votre réveil...?
Harry avait particulièrement bien décrit ce qu'il comparait à un essai de Légilimencie. Et on pouvait dire qu'il s'y connaissait en tentative d'infiltration de l'esprit, avec ce que Rogue lui avait fait subir durant leurs cours particuliers en cinquième année...
Cela intrigua Hermione mais ils préférèrent laisser cela de côté pour le moment.
Avec une certaine surprise, Harry se rendit compte qu'il faisait pratiquement déjà jour.
Aussi décidèrent-ils de se préparer pour la 'confrontation' avec leurs amis, famille et accessoirement membres de l'ordre du Phénix.
Peu après, ils étaient prêts à descendre.
Arrivés à la porte de la Grande Salle, ils croisèrent le professeur McGonagall et Andromeda Tonks qui allaient entrer. Elles remontaient des cachots pour Merlin seul sait quelle raison.
Elles les saluèrent rapidement. On pouvait lire sur le visage du professeur l'empressement qu'elle avait à savoir ce que cachaient ses quatre élèves. Expression bien dissimulée, mais visible tout de même.
Ils eurent la stupéfaction, en entrant dans la pièce, de voir tous ceux présents la veille ainsi que les autres jours.
- « On n'attendait plus que vous quatre, ça tombe bien. » Lança Bill, assis entre sa femme qui discutait avec Luna et son frère George, perdu dans ses pensées.
Toutes les discussions se stoppèrent et Harry s'assit à côté de Neville, à une des quatre chaises restées inoccupées.
Ses amis le suivirent et, lorsque Ron s'assit à coté de sa sœur, il put sentir le regard flamboyant que leur lançait leur mère. Il se sentait un minimum misérable de leur avoir caché tout ça.
Mais il se convainquit que ça avait été le mieux à faire. S'ils n'avaient pas retrouvé la pierre, sa famille ne s'en serait pas facilement remise.
Il s'excusa du regard en espérant que sa mère les comprendrait une fois qu'ils auraient finis.
Harry posa le précieux coffret devant lui, sur la table, et immédiatement tous les regards se focalisèrent dessus.
Leurs mines craintives quant à ce qui pouvait se trouver dans cette boîte finirent de décider Harry à prendre la parole.
*Quel genre d'horreur pouvait bien se trouver là-dedans... Après les Horcruxes... Peut-être un oublié ? Voldemort en avait bien créé plus que de raison, alors un de plus, un de moins...*
Les interrogations de Neville furent interrompues au moment où Harry se leva.
Le silence régnait dans la Salle, autrefois si bruyante de conversations d'élèves jeunes et insouciants...
- « Bon, on ne va pas vous faire attendre plus longtemps... Je pense que ça suffit. Les plans préparés derrière le dos de quelqu'un ne me sont que trop familiers. » Harry ne souhaitait pas les faire angoisser davantage.
Il attrapa le coffret et retira ce qu'il contenait. Il déposa ensuite l'objet au centre de la table, pour que tout le monde le voie.
Certains visages paraissaient rassurés, quant à d'autres ils ne le semblaient nullement par l'aspect inoffensif de la pierre.
- « Qu'est-ce que c'est, au juste? » Osa demander Charlie, en fixant tour à tour les quatre amis.
Ron se leva à son tour et annonça avec un sérieux qui ne lui ressemblait pas :
- « Ce n'est ni plus ni moins que le moyen de faire revenir Fred et les autres... »
Toute la table écarquilla les yeux à cette phrase. Ou plutôt à ce qu'elle signifiait. Angelina Johnson ne put retenir un hoquet de stupeur.
L'expression du visage de Ron finit de les convaincre qu'ils n'étaient ni fous ni atteints de troubles mentaux quelconques.
Les larmes se mirent à couler sur le visage de Mrs Weasley, qui se leva et vint serrer son plus jeune fils dans ses bras.
Après quelques secondes, elle le relâcha et le regarda droit dans les yeux. Elle voulait lui faire comprendre tout l'amour qu'elle éprouvait pour sa famille, et à quel point les mots qu'il venait de prononcer était magique.
Puis elle retourna s'asseoir, comme elle s'était levée.
- « C'est impossible... » Commença George, abattu.
- « Vous vous souvenez de la pierre de Résurrection ? » Leur demanda Hermione.
- « Bien sur. Celle du conte. Celle qui aurait le pouvoir de ramener les morts à la vie... » Répondit Kingsley avec conviction.
- « Exactement. Reprit Hermione. Et bien pour tout vous dire, c'est celle-ci. »
Cette constatation laissa la table perplexe. Aussi Ginny décida d'intervenir à son tour. Elle se leva.
- « Elle a fonctionné avec moi. »
Tout le monde se retourna vers elle.
- « Je l'ai eue en main et elle a fait apparaître Fred et Tonks pour moi. »
Andromeda eut un sursaut. Venait-elle bien d'entendre cette jeune fille leur dire qu'elle avait parlé à Dora ? C'était impossible... Dora était... Elle était morte voyons...
Voyant les regards sceptiques qu'ils leur lançaient, elle continua. Sûre de son coup.
- « George. Fred m'a demandé de te rappeler ce qui est caché derrière le 'mur secret' dans votre chambre au Terrier. Je n'ai pas compris mais il a dit que toi tu comprendrais. »
- « C'est... impossible... Fred est mort ! Comment t'es au courant de ça ?! » Criait George.
- « George... » Sa mère tenta de le calmer.
- « Il m'a aussi assuré qu'il continuerait de nous surveiller. Il a même ajouté 'Pour que vous ne fassiez pas trop de bêtises, Harry et toi, et c'est valable pour Ronnie et Hermione aussi, d'ailleurs!' »
Quelques rires discrets retentirent. Mrs Weasley et Angelina riaient et pleuraient en même temps. George ne bougeait plus et gardait la tête baissée sur ses genoux.
- « C'était bien eux. Tonks m'a demandé de vous dire à quel point elle vous aimait et vous remerciait pour tout ce que vous aviez fait pour elle... Elle vous a laissé une lettre. » Continua Ginny en s'adressant à la mère de Tonks.
Celle-ci fixa enfin la jeune femme et cette dernière put voir son immense tristesse. Tristesse qu'elle savait très bien camouflée derrière un masque. Une partie de ce qu'il lui restait de son éducation chez les Black.
- « Elle a dit d'aller dans sa chambre et de regarder sous le lit, dans sa boîte à souvenirs. »
Une larme perla sur la joue d'Andromeda qu'elle essuya bien vite.
- « Oui, c'était la boîte où étant petite elle mettait toutes les choses qui comptaient pour elle. »
Andromeda et Molly échangèrent un regard. Elles rêvaient toutes deux de retrouver leur enfant. Et à en juger par ce que la fille de Molly venait de dire, elle avait vraiment 'vu' Dora et son frère.
Tous les autres restaient silencieux, ne croyant pas au sujet de la discussion qui était en train d'avoir lieu. C'était purement inimaginable... Les Moldus et leurs miracles n'étaient peut-être pas si fous d'y croire, après tout.
- « Dis. Demanda George, craintivement en relevant la tête. C'est pas une blague, hein? »
Il avait l'air d'un petit garçon perdu en posant cette question, pourtant au centre du débat.
Harry fixa George à son tour.
- « Non, ce n'est pas une blague George. C'est pour la récupérer qu'on était parti hier, dans la forêt. » Dit-il en désignant la pierre.
- « Où vous l'aviez faite tomber, Harry, n'est-ce pas? »
- « En effet, professeur McGonagall. »
Celle-ci hocha la tête.
- « Que comptez-vous faire, maintenant que vous l'avez? » Continua-t-elle.
- « L'utiliser bien sur, quelle question! » Répondit aussitôt George, ses yeux brillant d'une farouche détermination.
Les quatre se jetèrent un coup d'œil rapide. Harry put voir qu'Hermione le fixait d'un œil noir. Il se souvint qu'elle lui avait demandé de refréner leur enthousiasme, si jamais la pierre ne fonctionnait pas comme ils l'espéraient tous.
- « Bien sur, sinon pourquoi serions-nous allé la rechercher là où je l'avais laissée. »
George fit un petit sourire à Harry, rassuré de ces intentions, et le Survivant put voir que les yeux de George avaient retrouvé ce petit éclat qu'ils avaient perdu à la mort de Fred.
- « Simplement, il faudrait que vous compreniez que cela peut ne pas marcher... »
Un silence s'abattit. Ça y était il l'avait dit... Cette phrase leur faisait peut-être du mal, mais il le fallait...
Voyant que personne ne réagissait, Hermione se leva à son tour. Elle voulait rajouter son grain à l'édifice. Même si c'était une atroce nouvelle.
- « Ce que Harry veut vous faire comprendre, c'est qu'il est possible que la pierre ne ramène personne... Nous n'en savons rien et nous ne pouvons tester ses effets. Mais rien ne nous coûte d'essayer. Simplement, nous ne voulons pas vous donner de faux espoirs... » Sa voix s'éteignit.
Qu'elle détestait annoncer de si mauvaises nouvelles, surtout à des personnes aussi proches d'elle que l'étaient les Weasley.
Elle n'oublierait jamais le marécage qui avait encombré les couloirs de Poudlard, ou les pastilles de Gerbe, et les nougats Néansang qu'ils développaient à l'école. Et leur amour pour la liberté, lorsqu'ils avaient participé illégalement à Potterveille pendant la guerre. Les jumeaux avaient toujours le sourire, même dans les périodes les plus sombres. C'était ce qui faisait d'eux des êtres si exceptionnels...
- « Comme tout le monde est concerné, je propose de voter, qu'en dîtes-vous ? » Demanda Harry.
Des regards furent échangés. Tous acquiescèrent, l'air grave.
- « Bien. Alors, que ceux qui sont Pour utiliser la pierre lève la main… »
Le temps suspendit sa course dans l'attente du verdict.
Il semblait même que dans la Grande Salle plus personne ne bougeait, ni n'osait simplement respirer.
Plusieurs vies se jouaient en ce moment même...
Pas seulement celles des défunts...
Les vivants aussi laissaient le destin jouer avec leurs vies.
