Note : Hey, merci pour vos reviews les gens ! Je craignais que tous les intéressés aient déjà lu les fics 30 Baisers . Heureuse de pouvoir encore les faire découvrir !

Cette fic étant dans le même style que la précédente, on peut aisément établir un lien entre les deux (bon, ok, j'ai un peu forcé le lien à l'aide de mon nouveau souffre-douleur en jupons). Quoi qu'il en soit, je la poste vite après la première parce qu'elle est courte et que j'ai envie . Je ferai attendre davantage pour les suivantes.

°

MY FUNNY VALENTINE

°

« Dis, Prongs, "tes yeux sont deux puits sans fond dans lesquels je voudrais me noyer", ça n'a pas une connotation un peu négative?

– C'est surtout positivement ridicule… Sirius?

– Oui, James, fit Sirius d'une voix suave.

– Tu peux m'expliquer pourquoi tu fais ça?

– Parce que demain c'est la Saint Valentin et que je refuse d'être seul pendant que toi, tu roucouleras avec Evans.

– Son prénom, c'est Lily.

– Si tu veux, monsieur le préfet-en-chef.

– Mais enfin, Padfoot - tu es GAY!»

Sirius eut un air étonné.

« Et alors?

– Tu ne vas pas sortir avec cette fille alors que tu es GAY!

– Pourquoi pas? Ça n'a rien d'incompatible!»

James grimaça.

« Tu es sûr? Sortir avec une fille alors qu'on n'aime pas les filles, ce n'est pas incompatible?

– Mais j'aime les filles! Il y en a des vraiment sympa…

– Ne joue pas sur les mots!

– Ce n'est pas comme si j'allais coucher avec, enfin… "Ta bouche est le fruit du péché que je voudrais dévorer" ou bien "le fruit défendu", à ton avis?

– Si tu parles de ma bouche, ni l'un ni l'autre.»

Sirius mâchonna sa plume en gloussant.

« Non, je laisse à Evans l'exclusivité pour ça.

– Ça ne te pose pas un petit problème de morale, cette histoire, Sirius?

– Hein? Non! Je te jure que je la traiterai en gentleman et que je lui offrirai les meilleurs baisers de sa vie.

– Et tu comptes la plaquer au bout de combien de temps?»

Sirius prit un air scandalisé.

« Ne sois pas si horrible, Prongs. On ne pense pas au moment où on va quitter quelqu'un avant même d'être sorti avec.

– C'est moi qui suis horrible?!»

Sirius posa sa plume de côté comme s'il n'avait rien entendu.

« C'est fini. Où est la lettre pour Snivellus, que je l'envoie en même temps?

– Ici… Je peux lire?

– Bien sûr», répondit Sirius d'un air réjoui.

James déplia le papier à l'odeur de lilas et se mit à lire, son sourire s'agrandissant au fur et à mesure de sa lecture.

« "J'aime voir les rayons du soleil se refléter dans la graisse de tes cheveux et projeter l'ombre gigantesque de ton nez sur le sol. J'aime voir le vent faire voler tes mèches rebelles en paquets rigides et l'entendre jouer des mélodies enchanteresses dans tes cavités nasales", cita-t-il. Padfoot, tu es un vrai poète.

– Merci, très cher. Tu veux que je t'aide à écrire la carte pour Lily?

– Mmh, non, merci…» rit James.

Sirius cacheta les lettres et chercha sa bouteille d'encre rose, pour varier un peu du mauve. Lorsqu'il eut mis la main dessus, il écrivit les deux noms soigneusement et confia les missives à son hibou rouge et jaune (qui, sans entrer dans les détails, n'était pas né avec ce plumage).

« Allez Salsifis, fais bien ton travail.»

° ° °

Assis devant son petit déjeuner, Sirius sautillait presque d'impatience en attendant le moment de l'arrivée du courrier. Il avait dans les yeux la lueur pétillante de celui qui a préparé un très bon coup (ou très mauvais, selon le point de vue duquel on se place).

La plupart des regards de la salle se levèrent immédiatement en entendant les familiers battements d'ailes, mais ils retombèrent bien vite dans leurs assiettes, soucieux de ne surtout pas donner l'impression qu'ils attendaient quelque chose comme une carte de Saint Valentin. Une rose rouge atterrit sur les genoux de Lily Evans et James se mit à rigoler bêtement et incontrolablement. Sirius lui donna un coup sur la tête distraitement, ne lui accordant pas plus d'attention qu'aux lettres qui tombaient devant lui. Son regard vagabondait inlassablement du bout de sa propre table à celle des Serpentard.

Quelques instants plus tard, Penelope O'Brian et Severus Snape contemplaient avec stupéfaction leurs noms à l'encre rose sur des enveloppes parfumées. Sirius attendit les réactions avec un léger sourire d'autosatisfaction aux lèvres.

« Prongs! On se réveille!

– Mmh? Oui? Alors? s'enquit James, descendant de quelque nuage. Mais où est Snivelly?

– La table des Serpentards n'est pas de ce côté, James.

– Haha, oui, bien sûr.»

Les deux Gryffondors observèrent Snape attentivement, tandis qu'il ouvrait discrètement l'enveloppe sous la table. Ayant jeté au préalable quelques regards nerveux autour de lui, il lut, puis se mit à rougir imperceptiblement. Il serra les lèvres d'un air contrarié, mais ne jeta pas un regard dans la direction de Sirius. Il enfouit la lettre dans sa poche avec une certaine maladresse.

« Quoi, c'est tout? s'étonna James. Pas d'explosion de rage?

– Il a dû penser qu'il se rendrait ridicule? supposa Sirius.

– Mais c'est justement l'intérêt… grommela son ami, frustré. Et Penelope?

– Elle finit de lire sa deuxième carte… La prochaine, c'est la mienne!

– Alors tu as de la concurrence! Tu aurais peut-être dû choisir Snivellus finalement, il est plus disponible…

– Penelope me colle depuis des mois, avança Sirius, c'est déjà dans la poche! Sans compter que ma carte est la meilleure…»

Empreinte de la supériorité et de la confiance que confère un nombre respectable de cartes de Saint Valentin à côté de son assiette, Penelope souleva enfin sa lettre. Elle gloussa et chuchota à ses amies «C'est celle de Sirius!» et ses amies se mirent à glousser pareillement.

« Tu es sûr que tu veux sortir avec ça? Padfoot, ça me fait mal de le dire, mais tu mérites mieux.

– Quel misogyne tu fais, Prongs! Penelope est tout à fait charmante.

– Hm, si tu le dis…»

Mais tandis que la jeune fille lisait, son visage virait peu à peu au cramoisi.

« Qu'est-ce que tu as écrit dans cette lettre? s'inquiéta James.

– Tout est dans le même style que ce que je t'ai lu…

– Tu es sûr? Tu n'y as pas ajouté des trucs cochons?

– Non! fit Sirius d'un air dégoûté. Prongs, je suis GAY!

– Heureux que tu t'en rappelles de temps en temps.»

Penelope se leva brusquement de table, son point serré sur la lettre. D'un pas inélégant, elle fit le tour la table pour venir se poster derrière Sirius, qui se retourna vers elle avec un sourire charmeur.

« Oui, ma douce?

– Alors comme ça, j'ai un gros nez et les cheveux gras! s'écria-t-elle d'une voix perçante.

– Ah, tu trouves?»

Penelope attrapa vivement un verre de jus de citrouille et le renversa sur sa tête.

« JE ME LAVE LES CHEVEUX TOUS LES JOURS, ESPÈCE DE… ESPÈCE D'IMMONDE… TRUC!»

Et elle quitta la Grande Salle en courant.

Sirius essuya délicatement son visage dans sa serviette, sous le regard curieux des autres élèves.

« Padfoot…

– Oui, Prongs?

– Tu t'es trompé! Tu as inversé les deux lettres!

– Non, tu crois?»

Sirius ne cherchait pas réellement à être sarcastique, simplement, se trouver recouvert de jus de citrouille a de quoi amoindrir la patience de tout un chacun.

James cramponna son bras d'un air paniqué.

« Padfoot, ça veut dire que tu as envoyé une vraie lettre d'amour à Snivellus!»

Les deux amis se regardèrent, puis tournèrent d'ensemble la tête vers la table des Serpentards.

« Il n'est plus là!» couina James.

Puis il surprit le regard hautement suspicieux que leur lançait Lily et décida raisonnablement de se calmer.

« Sirius, qu'est-ce que tu vas faire?» demanda-t-il en envoyant un sourire crispé à sa dulcinée.

Sirius chassa une mèche de cheveux collante de son nez d'un geste rigide et déglutit.

« Je crois… Je crois qu'il ne me reste plus qu'à aller prendre une douche.»

° ° °

Tout le long du chemin jusqu'à la tour Gryffondor, Sirius s'attendit à voir Snape surgir de derrière chaque colonne, à chaque coude du couloir, en haut de chaque escalier. Vraiment, toute cette histoire n'était pas très bonne pour sa tension.

Finalement, arrivé devant le tableau de la Grosse Dame, il tira la conclusion que le Serpentard avait plutôt dû rentrer dans son dortoir pour brûler la lettre et jouer avec une poupée vaudou à son effigie.

« Vos cheveux sont sales, remarqua la Grosse Dame d'un œil critique.

– Je sais, grogna Sirius.

– Ça vous fait ressembler à ce jeune homme…

– Quel jeune homme?

– Celui qui se tient dans votre dos, pardi!»

Un battement de cœur raté plus tard, Sirius fit volte-face et dut retenir un cri de surprise en trouvant Snape juste derrière lui. Le Serpentard esquissa un rictus devant sa mine effarée.

« Black», fit-il en guise d'introduction.

Il tira aussitôt la lettre de Sirius de sa poche.

« "Tes yeux sont deux puits sans fond dans lesquels j'aimerais me noyer", lut-il d'un ton monocorde. Dois-je en déduire que tu as réellement des intentions suicidaires?

– Euh… en fait… non, dit Sirius en se raclant la gorge.

– Dans ce cas pourquoi m'as-tu envoyé cette lettre? demanda Severus en plissant les yeux, tout près de son visage.

– Mmh… Parce que c'est la Saint Valentin demain?

– "La senteur de ta peau m'enivre plus sûrement que la liqueur des dieux" - ton style est un peu chargé, non?

– Eh bien, c'est ce qui le rend si génial. Je crois.

– Et dans "Ta bouche est le fruit du péché que je voudrais dévorer", c'est le péché ou bien ma bouche que tu veux dévorer, au juste?

– Je… J'aimais bien l'ambiguïté…» murmura Sirius en approchant ses lèvres de celles du Serpentard.

Mais celui-ci se détourna et continua à lire des extraits de la lettre à voix haute.

« "Un sourire de toi est un second soleil dans mon ciel" - Merlin, mais où est-ce que tu vas pêcher des atrocités pareilles?

– Je suis un poète dans l'âme!

– Je vois cela… "Ô mon Severus, tel une poupée russe, tu recèles de nouvelles épaisseurs chaque fois qu'on croit avoir ouvert ton cœur"… Tu baisses, dans les vers.

– Je sais, les rimes c'est pas mon truc.»

Severus lui jeta un regard en biais.

« Hum… Pourquoi as-tu envoyé une carte de Saint Valentin à cette… fille?

– Penelope? Hahaha… C'était juste de quoi avoir la paix avec son harcèlement…

– Je ne veux même pas savoir ce que tu lui as écrit. "Sois mon Valentin dans l'instant, et donne ton accord en m'embrassant" - je ne peux pas croire que tu m'aies vraiment envoyé ça.»

Sirius l'attrapa par les hanches pour le faire venir contre lui.

« Je t'aime, Severus.

– Ce n'est pas une excuse! rosit le Serpentard. En plus, tu me tends un piège méprisable…

– Ah oui?

– Refuser d'être ton stupide Valentin implique de ne pas t'embrasser jusqu'à demain

Sirius sourit d'un air malicieux.

« Je savais que tu serais un peu réticent à l'idée.

– Quelle assurance, venant d'un type qui se parfume au jus de citrouille.»

Sirius vint frotter son nez contre le sien avec un petit rire.

« Tu crois que je ne tiendrais pas, hein? grommela Severus.

– Sois mon Valentin.

– Sûrement pas», décréta-t-il d'un ton sans appel.

Et il tira Sirius par le col pour lui intimer ce qui ressemblait pourtant beaucoup à un baiser, peut-être bien un baiser gourmand, voire même un baiser impétueux et passionné, en tout cas, un baiser à l'étrange goût de citrouille…

«Tu seras mon Valentin. C'est ça ou je rentre chez ma mère.»

Sirius eut un sourire, qui se dissipa instantanément lorsqu'il entendit un bruit de chute.

« Oh, non, pas encore.»

Penelope venait de perdre connaissance en haut de l'escalier.

Severus soupira.

« C'est ton tour de lui faire un sort d'Oubliette.

– Ouais, je sais.»