Note : Cette fanfiction ne tient pas compte des tome 5, 6 et 7.
Petite fic sans grandes conséquences, écrite en seulement deux jours, ce qui est mon record jusqu'ici! C'était mon plaisir personnel que de faire s'engueuler mes chouchous comme du poisson pourri, parce qu'ils sont tellement doués pour ça . Oh, et de me moquer de Harry, aussi! Harry, ce poireau o.

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L'ÂGE DE LA MATURITÉ

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C'était un samedi après-midi ensoleillé à l'école de Poudlard, et Harry Potter, Ron Weasley et Hermione Granger s'étaient réunis à la bibliothèque. Chacun, ayant conscience du climat britannique moyen, est en droit de se demander ce que des élèves faisaient à la bibliothèque au lieu de profiter du beau temps, alors qu'ils n'étaient ni gothiques, ni surchargés de travail, ni Severus Snape.

« Harry, que fait-on à la bibliothèque alors qu'on pourrait profiter du beau temps dehors ? demanda Ron.

– J'ai une grande nouvelle à vous annoncer, sourit Harry.

– Peut-être, mais je nous avais planifié un après-midi deux en un, fit remarquer Hermione. Bronzage pour la beauté extérieure, lecture pour la richesse intérieure…

– Mione, tu sais bien que j'ai une peau de roux! gémit Ron.

– Je sais surtout que c'est la partie "lecture" qui t'ennuie, Ron, ne trouve pas de fausses excuses.

– Mais pas du tout enfin, où vas-tu chercher des…

– Eh, s'il vous plaît! coupa Harry. C'est moi le héros, vous vous rappelez?»

Les deux autres se turent, et Harry croisa les mains sur la table avec contentement.

« Cette fois, c'est la bonne, déclara-t-il fièrement.

– Cool, dit Ron, sans voir de quoi il parlait. Alors Hermione, quand tu dis…

– Harry, fit Hermione d'un air préoccupé, est-ce que tu veux dire…?

– Oui, Hermione! J'ai trouvé la fille idéale pour Sirius!»

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Dans la salle des professeurs, les enseignants consciencieux travaillaient en dépit du beau temps. Quant aux autres, ils profitaient de l'espace spécial aux murs transparents pour papoter au soleil sans avoir à se mêler à la masse puérile de leurs élèves.

« Et là, tu sais ce que dit Helga? "Un Poufsouffle, tous pour un!"

– Ahahahaha!!»

Hum.

Il va sans dire que Severus Snape appartenait à la première catégorie. Une pile de devoirs corrigés d'un côté, une pile de devoirs à corriger de l'autre, il grattait frénétiquement le papier de sa plume, courbé sur sa table.

On lui demandait parfois pourquoi il venait travailler dans la sale des professeurs si c'était pour ne pas échanger un mot avec quiconque, mais lorsqu'il prenait la peine de répondre, c'était pour marmonner quelque chose au sujet de la saveur du café. Certains s'imaginaient que ce n'était qu'un prétexte maladroit pour assouvir son besoin inavoué de passer du temps en compagnie d'autres êtres humains (ha ha), mais la plupart savaient faire face à la réalité. Severus Snape était un grand amateur et un grand consommateur de café, et il se trouvait en effet que la machine à café de la salle des professeurs en proposait une variété et une qualité inégalées.

Severus allait d'ailleurs arriver à sa troisième pause-café de l'après-midi lorsque la porte de la salle s'ouvrit sur deux individus bruyants. Enfin, un, en particulier.

« Et vous vous souvenez, professeur, la fois où James et moi on avait réussi à déguiser une bombabouse en œuf de Pâques et qu'on l'avait offerte à Rusard?

– Désespérément bien, professeur Black, soupira Minerva McGonagall avec un petit sourire irrépressible.

– HUM HUM.»

Il y eut un blanc. Sirius foudroya du regard l'origine du raclement de gorge, mais celle-ci, Severus Snape bien entendu, regardait la copie devant lui en serrant bien fort sa tasse de café dans sa main.

« Sirius», dit Minerva.

Sirius captait parfaitement le message. Essayons d'éviter de casser des tasses aujourd'hui.

Un silence tendu était tombé sur la salle des professeurs. Sirius prit une chaise à l'autre bout de la table et posa un paquet de feuilles devant lui.

Comme les discussions reprenaient doucement, Severus haussa un sourcil.

« À qui as-tu volé ces devoirs, Black? À un professeur de maternelle qui voulait te permettre de t'entraîner?»

Sirius se crispa légèrement. Personne ne peut imaginer les efforts qu'il faisait pour se contrôler.

« Contrairement à ce que tu as l'air d'insinuer, Snape, je donne des devoirs à mes élèves. Simplement, je leur concède le droit d'avoir une vie et ils sont facultatifs.

– Tu as dû garder ceux de toute l'année pour en avoir autant, dans ce cas, ricana Severus.

– Il se trouve que la majorité des élèves de cette école ont réellement envie de réussir leurs études.

– Pas de chance pour eux, ils t'ont pour professeur… mâchonna Severus dans sa barbe.

– Tu peux répéter ça distinctement?»

Severus lui retourna un rictus moqueur.

« Tu m'as entendu.

– Ah oui?

– Oh oui.»

Le professeur Chourave tapa dans ses mains avec un petit rire nerveux.

« BON, vous deux, si vous cessiez de vous chamailler, mmh?»

Elle récolta un double regard meurtrier de Sirius et Severus, mais le silence revint néanmoins.

° ° °

« Elle s'appelle Bertille… Elle est française, mais à part ça elle est parfaite! Belle, intelligente, divorcée…»

Ron et Hermione échangèrent un regard.

« Harry… commença Hermione. On doit te dire quelque chose.»

Elle se tourna vers Ron comme pour lui demander son aide, ce qui était vraiment très préoccupant.

« Attendez. Je sais ce que vous allez dire. Je devrais cesser de me mêler de la vie sentimentale de Sirius, il est assez grand pour se trouver quelqu'un tout seul, blablabla… Mais le fait est que depuis qu'il a retrouvé une vie normale, il est toujours resté célibataire, et s'il continue comme ça, il risque de finir comme… comme Snape!»

Ron et Hermione échangèrent de nouveau un regard.

« Justement… commença Ron.

– Harry. Ce que tu viens de dire, c'est très vrai, mais ce n'est pas ce dont nous voulons te parler.

– Oh, fit Harry. De quoi s'agit-il alors?»

Ron et Hermione échangèrent encore un regard.

« Vous pouvez arrêter de faire ça? s'agaça Harry.

– Ron, dit Hermione. C'est toi l'homme. Vas-y.

– Hein? Mais… euh… bon.» Il se tourna vers Harry, le regardant par en-dessous. « Il y a… comment dire… une rumeur… balbutia-t-il.

– Une rumeur?

– Oui, enfin une rumeur vérifiée, tout de même, précisa Hermione.

– Cette rumeur dit que Sirius… enfin, que Snape… enfin… Il semblerait que Sirius et Snape… comment dire…

– Oh, accouche, tu veux? s'énerva Hermione.

– J'essaie de le ménager!

– Bon, Harry. Sirius et Snape sont ensemble.»

° ° °

Severus souleva sa tasse du bout des doigts, la porta à ses lèvres et en tira une petite gorgée de café brûlant avec un long bruit d'aspiration. Ssssslllirrrp! Puis il reposa la tasse dans sa soucoupe, déglutit, resta une minute le nez en l'air, et recommença.

« Bon sang, Snape! explosa Sirius, à bout de nerfs. Tu ne pourrais pas arrêter de faire ça?

– De faire quoi?

– Ce bruit, là! Quand est-ce que tu auras fini ta fichue tasse de café?

– J'aime déguster, répliqua Severus en faisant claquer sa langue.

– Tu aimes surtout me pomper l'air!

– Oui, aussi, reconnut Severus. Je n'hésite jamais à allier les plaisirs…»

Sirius secoua la tête.

« Tu veux prouver quoi, exactement?

– Tu sais, Black, si tu me gâches mon café avec tes bavardages, je vais devoir en prendre un autre.

– C'est ça. Essaie un peu, pour voir.»

Le regard noir et le regard gris s'affrontèrent un long, long moment. Le duel aurait pu ne jamais prendre fin si un souaffle perdu n'avait pas percuté une fenêtre à l'extérieur, détournant l'attention des professeurs le temps d'une brève et salvatrice seconde.

Sirius retourna alors à la correction des devoirs de ses élèves et Severus revint à son café.

Ssssslllirrrp!

Sirius bondit littéralement de sa chaise, frappant des deux mains sur la table. Severus manqua d'en lâcher son café.

« Bon, d'accord! s'exclama Sirius. Tu veux ta raclée du jour, c'est ça?

– Black, honnêtement! Un comportement aussi puéril! s'offusqua Snape.

– Tu l'auras cherché, Snape!

– Parle un peu moins et agit plus», le provoqua Severus en brandissant sa baguette.

Dans le même temps, Sirius avait également sorti la sienne, et ils se retrouvèrent face à face en position de duel.

° ° °

Harry cligna des yeux.

« Ensemble? Tu veux dire, dans la même pièce?

– Non, Harry. Ensemble, comme…» Elle chercha un exemple simple, à sa portée. « Comme Ron et moi.»

Harry prit un air étonné, se frotta l'œil, et soupira.

« Qui a réussi à vous faire avaler une stupidité pareille?

– Eh bien…

– Les jumeaux? Neville? Non, je sais : Luna!

– En fait… C'est Sirius lui-même.»

Harry ne changea pas d'expression, resta immobile quelques secondes, puis dit :

« Sirius a fait courir une rumeur absurde sur son propre compte?

– Non… En fait la rumeur existait déjà, mais nous n'en croyions pas un mot, expliqua Hermione. Puis il y a eu ce jour où j'ai emmené Ron voir le professeur Snape parce qu'il lui avait mis un zéro sous prétexte que je lui aurais fait son devoir…

– Ce qui était le cas, fit remarquer Harry.

– C'est sans importance! rosit Hermione. Toujours est-il que là…

– Nous avons vu Sirius sortir des appartements de Snape.»

Harry haussa les épaules.

« Et alors, ça ne prouve rien!

– C'était le matin, Harry! Et Sirius est sorti comme un voleur! Et lorsqu'il nous a vus, il nous a salués comme si de rien n'était!»

Harry secoua la tête.

« Vous déraillez. Puisque c'est ça, on va lui demander, à Sirius, je suis sûr qu'il trouvera ça très drôle.»

Harry sortit la carte du Maraudeur et la déplia sur la table.

« Bon, où peut-il être…

– Avec Snape, observa Hermione d'un air supérieur.

– Et plein d'autres professeurs, ce qui est normal dans la salle des professeurs! Allez, on y va.»

° ° °

Minerva McGonagall n'aimait pas voir les jeunes se taper dessus. Après tout, elle n'avait pas eu la chance de garder contact avec ses anciens camarades sur lesquels elle aimait tant taper autrefois. Minerva la Terreur, l'appelait-on alors…

« Messieurs! gronda-t-elle. Dois-je vous rappeler que vous êtes professeurs? C'est à croire que vous n'avez pas changé depuis l'époque où vous étiez mes élèves!

– Tu as entendu, Black? Quel bel exemple! Tu fais décidément un bien piètre professeur…

– Ha! Tu es juste jaloux parce que MES élèves m'aiment, MOI.

– Peuh! Je n'ai que faire de l'affection de ces vermisseaux!

– Tu dis ça, mais il n'empêche que ça te mine, hein? Que je sois populaire… comme au bon vieux temps!

– Je n'ai que faire de ces considérations ridicules! J'ai su acquérir le respect de mon entourage, moi! Parce que je sais me comporter en adulte!

– Tu insinues quoi, que je ne me conduis pas en adulte?

– Bravo! C'est que tu deviendrais perspicace…

– Savoir s'amuser n'est pas de l'infantilisme, ou bien tu aurais toujours été adulte!

– C'est peut-être bien le cas! En tout cas moi je n'ai pas eu mon développement intellectuel bloqué à l'âge de vingt ans!

– Salopard, j'aurais préféré devenir comme toi plutôt que d'aller à Azkaban et tu le sais!

– Parlons-en, tiens, d'Azkaban! Un professeur évadé de prison, c'est du joli!

– J'étais innocent! J'ai été officiellement blanchi! Tout le monde ne peut pas en dire autant!

– Moi je n'ai jamais été inculpé, crétin!

– Et c'est bien surprenant pour un agent double!

– J'étais de VOTRE côté!

– Oui, surtout quand tu suçais les orteils de Voldemort!

– Ne sois pas jaloux, Black.»

Pendant ce temps, les autres professeurs, conscients du danger imminent, se glissaient discrètement en direction de la sortie et Minerva tentait toujours d'en placer une.

« Messieurs…

– MOI au moins je ne pue pas le chien mouillé!

– S'il vous plaît…

– Ah bon? Alors c'est ton eau de toilette?

– Grandissons un peu…»

Jusqu'au moment où elle se demanda pourquoi elle perdait son temps avec ces deux abrutis.

« Bon, débrouillez-vous.

– QU'EST-CE QUE T'AS DIT SUR MA MÈRE?!»

° ° °

Comme Harry, Ron et Hermione arrivaient dans le couloir, ils furent surpris de voir une file indienne de professeurs munis pour la plupart de lunettes de soleil s'échapper de leur salle attitrée les mains sur la tête. De la porte ouverte s'échappaient des bordées d'injures et les lumières colorées de sortilèges.

Ils abordèrent McGonagall.

« Professeur? Que se passe-t-il?

– Snape et Black s'arrachent les yeux. Encore. Je crois qu'il n'y aura jamais moyen de faire rester ces deux-là tranquilles dans une même pièce.»

Le trio jeta un œil prudent à l'intérieur. Les deux professeurs s'envoyaient et paraient les coups à une vitesse phénoménale.

« PRENDS ÇA!

– HA! TU RATERAIS UN DRAGON DANS UN COULOIR!»

Harry tourna vers ses deux amis un petit sourire supérieur.

« Ça c'est de la relation de couple, se moqua-t-il.

– C'est vrai qu'on ne dirait pas le grand amour… admit Ron.

– Pourtant, j'aurais juré… balbutia Hermione.

– Allez, c'est pas grave. Vous avez failli me faire peur, vous savez…

– C'est clair que l'idée était un peu révoltante, gloussa Ron.

– Ron! fit Hermione en lui donnant un coup de coude.

– Bon, ben moi je vais réserver le restaurant pour Sirius et Bertille demain.»

Ils refermèrent la porte alors que Sirius et Severus, s'étant mutuellement désarmés et se trouvant à court de tasses à café à se balancer, en venaient aux mains.

° ° °

« J'ai toujours été plus fort que toi sur le plan physique, Snape, je ne sais pas ce que tu espérais!» dit Sirius, triomphant, un bras contre la gorge de Severus qu'il avait plaqué contre un mur.

Severus émit un petit gargouillis et Sirius jugea plus prudent de relâcher légèrement sa prise.

« Ce que tu peux m'énerver! ragea Severus.

– Ce que tu peux m'exciter…» répondit Sirius en souriant.

Les yeux de Severus s'agrandirent comme il sentait une main s'aventurer sous sa robe.

« Black… Dis à tes mains de calmer leur enthousiasme.

– C'est toi qui a commencé à me chercher! Qu'est-ce que tu peux être chiant quand tu t'y mets!

– Je t'ai déjà dit que je ne voulais pas te voir quand j'essaie de travailler, et pourtant tu viens toujours me déranger!

– Je ne t'ai même pas adressé la parole!

– Ta présence suffit à me déconcentrer!

– Oh, mais c'est que ça ressemble à une déclaration, ça…»

Sirius ignora le regard noir du Maître de Potions et prit ses lèvres sans lui demander la permission. Le baiser, toutefois, devint assez vite un peu trop passionné.

« Black - Black - BLACK!»

Au moment où Sirius allait s'attaquer à la fermeture de son pantalon, Severus se dégagea brusquement et l'immobilisa à son tour contre le mur.

« Qu'est-ce que tu fous bordel?

– Ça me semble plutôt évident…

– Nous sommes dans la salle des professeurs!

– Et alors?

C'est un lieu public!

– Oui, je sais…» sourit Sirius.

Severus hésita.

« Tu es cinglé.

– On ne peut pas passer douze ans à Azkaban et en sortir indemne!

– Conduisons-nous un peu adultes!

– C'est exactement ce que je te propose…»

Severus, qui après tout n'était qu'un homme, n'hésita pas davantage.

° ° °

Sirius sortit de la salle de bain privée des professeurs d'un pas léger.

« Ah, tiens, Sirius, tu tombes bien! Il faut que je te fasse rencontrer une fille extra. Elle s'appelle Bertille et…

– Écoute Harry, si tu veux bien nous en parlerons un peu plus tard, d'accord?

– Ah, euh, bon, d'accord…

– Voilà.»

Sirius lui tapota la joue et s'en fut à grands pas dans le couloir. Harry s'étonna de le voir si pressé.

Quelques secondes plus tard, Severus sortit à son tour de la salle de bain. Il se figea en voyant Harry, sa main droite suspendue sur le dernier bouton de sa robe qu'il était en train de rattacher.

Un ange passa.

Puis Severus repartit dans la direction opposée à celle de Sirius, sans même ouvrir la bouche pour retirer des points à Gryffondor.

Harry eut tout à coup le sentiment confus que quelque chose lui échappait dans cette histoire.