Notes : Cette fic est la suite de la précédente, "À la Baguette uranienne" (d'ailleurs, désolée, j'avais pas vu que ffnet m'avait foiré la mise en page pour cette fic, on voyait pas les parties vous avez dû avoir trop du mal à suivre). L'idée est de meuh leu, à qui je la dédie :).
Là où je ne suis pas contente de moi pour cette fic, c'est que j'ai glissé un (tout petit) peu de angst, sans même faire gaffe. Alors que s'il devait bien y avoir UNE fic 100 neuneu et sans angst DU TOUT, c'était celle-là ! Je ne peux pas m'en empêcher on dirait :(…
BABY-SITTING
« Tu n'étais pas obligé de préparer le repas, tu sais… dit Sirius.
– Tu voulais servir quoi à ton filleul, des pâtes ?
– Je sais cuisiner autre chose que des pâtes ! protesta Sirius.
– Comme…?
– Comme, euh, le riz, les œufs…
– Tu as réussi à faire cramer une omelette !
– Ce n'est arrivé qu'une fois ! Et puis ce n'était pas ma faute ! »
Severus ricana en arrêtant la cuisson de son rôti.
« Bon, c'est prêt. Il a intérêt à être à l'heure.
– Harry est toujours à l'heure, voyons. »
On sonna à la porte.
« Tu vois ! »
Quand Sirius serra Harry dans ses bras, Severus se détourna de la scène. Être témoin de ce type de démonstrations d'affection était au-dessus de ses forces.
« Bonjour monsieur, fit rapidement Harry en regardant à peine Severus.
– Hn. »
Pourquoi avait-il cuisiné pour ce morveux ? Sa seule vue lui coupait l'appétit ! Ils passèrent néanmoins à table. Pendant que Sirius discutait avec son filleul, Severus, tête sur son poing, mangeait en silence.
Toujours, il aurait ce gamin dans les pattes. Si seulement Voldemort avait pu le tuer. Il avait du mal à croire qu'il pourrait un jour vivre avec Sirius sans devoir penser à Harry. La proximité de ces deux-là était absurde. Ils n'étaient que filleul et parrain, et même pas croyants ! Bien sûr, Sirius avait été le gardien du secret, Sirius avait sauvé les Potter jusqu'à ce que Voldemort soit détruit, Sirius avait gardé Harry depuis qu'il était tout bébé…
Severus savait tout cela. Il était même très bien placé pour le savoir.
°o°o°
Sirius avait réussi à passer presque quatre minutes sans regarder par la fenêtre lorsque la sonnette retentit. Il bondit du canapé, fit une pause devant la porte pour se composer une attitude décontractée, et ouvrit avec un sourire charmeur. Sourire qui se changea aussitôt en expression contrariée.
« Madame McGonagall ?
– Je passe juste, comme convenu, m'assurer que tout va bien, dit le professeur en passant la porte.
– Tout va bien.
– C'est sûr ? Vous me paraissez tracassé, mon enfant.
– Non, non. J'espère que Harry ne va pas se réveiller, voilà tout.
– Mon pauvre, cela fait déjà trois mois que vous ne vivez plus qu'entre cette maison et le lieu de rendez-vous de l'Ordre. Cela doit vous manquer, de voir des gens.
– Ça va, assura Sirius, crispé.
– Voldemort sera arrêté, ne vous en faites pas. Bientôt, ce Secret n'aura plus lieu d'exister, et l'on n'aura plus besoin de vous protéger de la sorte.
– Oui.
– Si tout va bien, je vous laisse ?
– Voilà.
– Bonne soirée, mon cher Sirius.
– C'est cela. »
Frustré, Sirius claqua la porte derrière McGonagall.
Des pleurs démarrèrent dans la pièce d'à-côté.
« Oh pardon pardon pardon Harry je t'en prie rendors-toi… »
-o-
Severus se demandait s'il valait mieux entrer en embrassant directement Sirius, ou lui tendre d'abord le bouquet de fleurs, lorsque la porte s'ouvrit enfin. Il comprit vite, cependant, que ce ne serait probablement ni l'un ni l'autre.
« Bonsoir Severus.
– Tu as un… truc dans les bras.
– Harry, Severus. Severus, Harry. »
Le bébé se mit à pleurer. Severus eut un mouvement de recul instinctif.
« Entre, soupira Sirius. Il va finir par se calmer. »
Severus s'exécuta, triturant les fleurs avec embarras. Voilà qu'il se sentait idiot.
« Allez, bébé Harry, on va faire dodo maintenant… »
Severus observa Sirius tandis qu'il faisait sautiller le gnome entre ses bras. Cela faisait un moment que Sirius ne travaillait plus à la Baguette Uranienne, et Severus avait encore du mal à s'habituer à le voir dans des tenues "normales". Aujourd'hui, il portait juste un jean et une chemise noire, mais ça lui allait rudement bien.
« Là. C'est bien. Dors. »
Sirius déposa le bébé dans son berceau et referma la porte le plus silencieusement possible.
« Voilà. Ça devrait aller, maintenant. Désolé.
– Ce n'est rien…
– Des fleurs ! s'exclama Sirius d'un air attendri. Merci. Tu sais que les roses noires sont le symbole d'un amour passionné ? »
Severus rosit et tendit son bouquet sans savoir où se mettre. Lui qui n'avait pas voulu prendre de roses rouges de peur de faire cliché… Sirius les emporta dans la cuisine pour les mettre dans un vase, puis il prit Severus par la main – frisson – pour l'entraîner sur le canapé du salon. Une fois assis, il tapota ses genoux de ses deux mains avec un petit rire.
« Excuse-moi, je suis un peu soucieux. James me tuerait s'il te savait ici.
– Non, je crois que ce serait plutôt moi qu'il tuerait.
– Hahaha, ouais. »
Sirius frottait maintenant nerveusement ses genoux.
« Mais ils sont sortis toute la soirée, n'est-ce pas ? s'assura Severus.
– Oh, oui, oui. Tête-à-tête en amoureux, ils en avaient besoin. Même s'ils sont déguisés et surveillés par la moitié de l'Ordre, ha…
– Toi, aussi, tu dois en avoir besoin.
– D'un tête-à-tête en amoureux ?
– Non ! Je voulais dire, d'avoir un peu de temps pour toi…
– Oh.
– Enfin, si, c'est exactement ce que je voulais dire.
– Oui ? »
Sirius allait finir par déchirer son jean s'il continuait de l'agripper de cette façon. Non que cela aurait déplu à Severus, mais il lui prit tout de même les mains gentiment.
« Ça fait… trois mois que nous ne pouvons pas nous voir seul à seul…
– C'est terrible, je sais, fit Sirius. Merci de te montrer aussi… patient.
– Ce n'est pas la question, dit Severus. Ce que je voulais dire, c'est que nous n'avons pas encore pu… Est-ce que je pourrais… »
Sirius serrait les mains de Severus avec force. Leurs lèvres s'approchaient dangereusement.
Le bébé hurla.
« C'est pas vrai ! s'écria Sirius. Mais qu'est-ce qu'il a, ce soir ?
– Je me le demande », fit sombrement Severus tandis que Sirius se précipitait dans la pièce d'à-côté.
Il fallut un bon quart d'heure à Sirius pour faire taire Harry. Severus feuilletait un exemplaire de La Gazette du Sorcier en bouillonnant intérieurement. Depuis que Sirius et lui avaient décidé de se voir, ils n'avaient même pas pu s'embrasser. Rien qu'en y pensant, Severus haïssait encore plus la famille Potter.
« Severus ? »
Sirius était revenu. Severus aurait aimé pouvoir attraper son poignet, le faire tomber sur le canapé et l'embrasser fougueusement. Mais il ne savait pas faire ces choses-là. S'il essayait, à coup sûr, il lui casserait le nez.
Sirius reprit place à côté de lui.
« Encore désolé.
– Ce n'est pas ta faute.
– J'ai pensé que la sortie de James et Lily serait une occasion rêvée… Harry ne se réveille pas aussi souvent, d'habitude.
– Sirius, si nous passons le peu de temps où Harry ne hurle pas à parler de Harry, nous n'allons pas en sortir.
– Tu as raison. »
Sirius inspira, puis expira.
« Tu veux boire quelque chose ?
– Euh… pourquoi pas…
– Bien, dit Sirius en se levant. Qu'est-ce que tu veux ?
– Je viens avec toi. »
Il suivit Sirius dans la cuisine.
« Alors il y a, euh, du jus d'orange, du vin blanc… du lait maternel…
– Vin blanc, dit Severus derrière lui, près de son oreille.
– … Parfait. »
Il servit deux verres, en tendit un à Severus, et avala l'autre cul sec.
« Ça va ? s'inquiéta Severus.
– Ça va aller mieux dans une seconde. »
Sirius posa alors son verre, fit un pas vers Severus, et l'embrassa fougueusement. De surprise, Severus en lâcha son verre, qui alla s'écraser au sol avec fracas. Sirius ne rompit pas le baiser avant que les hurlements de Harry ne commencent à leur déchirer les tympans.
« P… Pardon, bégaya Severus. Je vais ramasser.
– C'est ma faute, je… Harry.
– Oui, vas-y. »
Severus pesta contre lui-même. Il venait de faire rater son tout premier baiser avec Sirius par sa maladresse. Même si, pour un baiser raté, ce n'avait pas été mal du tout. Rêveur, il se coupa sur un éclat de verre.
« Bordel !
– Pas de gros mots devant le bébé », fit Sirius d'un ton plaisantin.
Il était sur le seuil de la porte de la cuisine, le gnome dans les bras. Celui-ci, le visage rougi par les larmes, suçait maintenant son pouce contre la poitrine de Sirius. Severus ressentit une explicable pointe de jalousie.
« Il est trop énervé, dit Sirius. Je vais lui faire un petit câlin, j'espère que ça ira mieux ensuite.
– J'espère aussi…
– Tu t'es fait mal ? Oh, attends, il y a ce qu'il faut dans la salle de bain.
– Ça va…
– Accio boîte à pharmacie ! »
Sirius réussit l'exploit d'attraper la boîte ave un bébé dans les bras. Il tenta d'y trouver du désinfectant, mais il ne s'en sortait pas et Harry recommençait à s'agiter.
« Laisse-moi faire, dit Severus.
– Je suis vraiment désolé. Je n'aurais pas dû t'embrasser comme ça…
– Non, coupa Severus, c'était très bien. »
Sirius sourit. Harry lui attrapa le menton de sa petite main potelée avec un "wawabawa" possessif.
« Tu veux dormir ? » lui demanda Sirius.
Harry le regarda avec de grands yeux en mâchonnant sa main de ses gencives édentées.
« Il bave, remarqua Severus, dégoûté.
– C'est un bébé », répondit Sirius en haussant les épaules.
Severus finit de panser sa main avec un grognement. Sirius prit cette main et la porta à ses lèvres.
« Je suis à toi dans une minute », murmura-t-il.
Et il laissa un Severus tout fumant planté en plein milieu de la cuisine.
« Allez, Harry, cette fois, tu dors jusqu'à demain matin. »
Sirius referma la porte et rejoignit Severus dans la cuisine.
« J'ai déposé un charme de silence sur la porte, dit-il à Severus. Nous l'entendrons toujours, mais au moins nous devrions pouvoir casser tous les verres qu'on veut.
– Bien, approuva Severus, qui sirotait un nouveau verre de vin blanc, n'ayant pas pu goûter à l'autre.
– Ce qui ne veut pas dire que nous soyons obligés d'en casser, bien sûr.
– Non, non, bien sûr. »
Laissant de côté son verre vide, Severus s'approcha et, doucement, embrassa Sirius. Ce second baiser leur monta à la tête plus vite que le vin. Tournicotant un peu dans la pièce, ils se plaquèrent mutuellement et successivement contre le frigo, la table, le mur, le plan de travail, et Sirius devait maintenant s'appuyer sur les bords de l'évier de peur que ne le trahissent ses jambes flageolantes.
« Putain de bordel, lâcha Severus lorsque leurs lèvres se séparèrent enfin.
– Ou… Ouais, fit Sirius.
– Il ne va pas en falloir trop comme celui-là.
– Non ?
– Pas si nous devons nous en tenir aux baisers pour ce soir.
– Ah, oui. »
Sirius effectua un rapide calcul mental. Il était vingt-et-une heure trente, James et Lily ne rentreraient pas avant minuit…
Le ventre de Severus émit un gargouillement peu élégant.
« Tu n'as pas mangé ? s'étonna Sirius.
– J'avais… l'estomac un peu noué, avant de venir.
– Il faut manger ! Il doit bien y avoir de quoi…
– Ne t'en fais pas.
– Assieds-toi et laisse-moi faire », ordonna Sirius, qui venait de trouver des œufs dans le frigo.
Severus obéit.
Sirius était un incapable en cuisine. Il en savait juste assez pour ne pas mourir de faim, mais comme il n'avait jamais vécu seul, il s'était toujours arrangé pour se faire faire à manger par quelqu'un de plus doué que lui. Cependant, pour Severus, il tenait à faire un effort.
Au bout du troisième œuf qu'il cassait, Sirius parvint à ne faire tomber aucun morceau de coquille dans le plat. Il en ressentit une certaine fierté.
« Tu es sûr que tu sais ce que tu fais ? demanda Severus d'un air amusé.
– Mais oui, bien sûr ! Tout le monde sait faire une omelette, voyons. Haha.
– Tu ne sais pas cuisiner, n'est-ce pas ?
– Non, pas du tout. »
Severus se leva et commença à ouvrir les placards.
« Qu'est-ce que tu cherches ?
– De quoi agrémenter l'omelette.
– … Parce qu'on peut mettre des trucs dans une omelette ?! »
Quelques minutes plus tard, l'omelette était sur le feu et Sirius songeait à en profiter pour voler quelques baisers au cuisinier. Mais quelque part, derrière le doux ronflement de la gazinière, s'éleva un cri.
« Je vais l'étrangler, dit Severus. Attends-moi ici.
– Hey, non ! fit Sirius en le retenant par la manche.
– Je plaisante… Je vais juste le faire dormir. Ce n'est pas bon que tu le sortes toujours de son berceau, après il pleure rien que pour avoir des câlins.
– Et d'où te vient cette science des bébés ?
– C'est ce que je ferais si j'étais lui, sourit Severus. N'oublie pas d'arrêter le feu sous l'omelette. »
Et il quitta la pièce.
-o-
Inquiet, Sirius fit quelques pas sur place. Il avait confiance en Severus, il ne voulait surtout pas qu'il s'imagine le contraire, mais quant à le laisser s'occuper de Harry… Il n'avait pas d'expérience des bébés, pour ce que Sirius en savait. Il ne se vexerait certainement pas s'il venait juste jeter un œil…
D'un seul coup, les pleurs de Harry s'arrêtèrent. Sirius se précipita hors de la cuisine.
« Qu'est-ce que tu lui as fait ?! »
Severus, assis à côté du berceau, leva des yeux surpris. Les pleurs redémarrèrent.
« C'est malin, tu l'as réveillé !
– Euh… Pardon, je…
– Tu croyais que je l'avais vraiment étranglé, ou quoi ?
– N… Non, bien sûr, je…
– Je rêve. Tu l'as cru.
– … Non, pas ça… J'ai juste eu peur que tu n'aies usé d'une méthode un peu… Enfin, tu sais, les bébés, il suffit de les secouer pour causer des lésions cérébrales qui…
– Oui, eh bien, je ne l'ai pas touché, rassure-toi !
– Ah bon ? Mais comment tu as fait, alors ?
– Les berceuses, ça marche encore ! »
Harry, peu habitué à avoir de la concurrence en matière de cris, braillait de toute la force de ses petits poumons.
« Tu lui as chanté une berceuse ?!
– Oui, oh, je sais, ça correspond moins à l'image qu'on se fait d'un ancien Mangemort que l'étranglement ! s'empourpra Severus.
– Ce n'est pas ce que je voulais dire… Je croyais que tu détestais Harry.
– Tu n'imagines même pas à quel point ! Mais je voudrais passer un peu de temps tranquille avec son parrain, figure-toi ! »
Sirius était confus.
« Je suis…
– Minute. Tu ne sens pas une odeur bizarre ?
– Hein ? OH MERLIN l'omelette ! Je… Tu… Tu veux bien essayer de rendormir Harry pendant que je vais voir ? »
Le visage en colère de Severus s'adoucit.
« Bien sûr, vas-y. »
-o-
Severus resta à chantonner, trop préoccupé pour se sentir stupide, cette fois. À quoi s'attendait-il ? On n'obtient pas sa rédemption aussi facilement. Il aurait dû se douter qu'en l'invitant sous le toit des Potter, Sirius n'aurait pas l'esprit tranquille.
Il regarda le gnome qui cessait peu à peu de pleurer, un mélange de dégoût et d'incompréhension sur le visage. Comment un petit être à peine humain pouvait-il causer autant de tracas à son entourage ? Une chose était sûre : ce genre de tracas, Severus s'en passait fort bien, et ce serait probablement la seule fois de sa vie qu'il bercerait un enfant. Il n'était pas sûr que Sirius puisse s'en passer, lui, par contre.
Merlin, est-ce que c'était le genre de pensées à avoir lors d'un premier rendez-vous ?
L'enfant assoupi, Severus sortit, ferma la porte et retourna dans la cuisine avec un peu d'appréhension. Sirius était manifestement en train de préparer une omelette avec beaucoup de concentration. Une poêle remplie de traces noires traînait dans l'évier.
« Tu as laissé cramer mon omelette ? fit-il, essayant de paraître détendu par ce faux reproche.
– Je t'en refais une ! dit Sirius d'un ton empressé. Exactement comme tu l'as faite tout à l'heure ! Elle sera parfaite ! »
Severus sentit monter une brusque bouffée de joie. Résolument tourné vers la gazinière, Sirius se mordillait les lèvres. Sirius s'en voulait. Sirius essayait de se faire pardonner.
Il l'enlaça par derrière, plongeant son visage dans son cou.
« Eh…!
– Merci.
– De… De rien… Ce n'est qu'une omelette.
– Ce n'est pas qu'une omelette.
– Ah, cette recette porte un nom spécial…?
– Je t'aime…
– C'est… C'est un joli nom pour une omelette… »
Severus resserra son étreinte et embrassa la nuque de Sirius. Sirius tourna la tête pour lui offrir ses lèvres, qu'il prit sans hésiter. Une omelette rivaliserait difficilement avec ça. Il y eut un moment sans paroles, sans bébé, sans rien de trop ou de moins.
« Ta je t'aime est prête. »
°o°o°
« Severus ?
– Moui ? fit l'intéressé, qui faisait rêveusement des brochettes de petits pois avec les dents de sa fourchette.
– À quoi tu penses ? demanda Sirius, d'une voix fleurie de jeune mariée qui ne lui ressemblait guère.
– À rien, je vous écoutais.
– En chantonnant une berceuse ?! »
Le visage de Severus s'allongea.
« Pourquoi j'ai l'impression de connaître cette chanson ? s'étonna Harry.
– Euh, je ne sais pas, fit Sirius. Ta mère devait te la chanter quand tu étais petit.
– Non, ce n'est pas ça qu'elle chantait, assura Harry. Et puis, c'est comme si… je me souvenais de cette voix…
– Severus ? fit Sirius un peu trop fort. Tu veux te resservir ?
– Oui, merci.
– Mais je vous jure ! C'est bizarre, non ?
– Très bizarre, dit Sirius. Je ne vois pas comment tu aurais pu entendre cette chanson, haha.
– Impossible, confirma Severus.
– Je suppose que ce n'est qu'une impression de déjà-vu, conclut Harry, troublé.
– Voilà, très bien. »
Sirius et Severus échangèrent un regard. Ils eurent un rire nerveux.
« Sirius, n'y va pas.
– Va lui chanter un truc, alors !
– Ce n'est encore pas une solution, je ne serai pas toujours là.
– Qu'est-ce que tu veux que je fasse, que je le laisse hurler ?
– Oui. Il doit apprendre à se calmer tout seul.
– Mais ça me rend dingue de l'entendre pleurer comme ça sans rien faire !
– Nous ne sommes pas obligés de ne rien faire, si c'est ça le problème…
– Tu… Je… Ce ne serait pas…
– Pas quoi ?
– James et Lily…
– Mmh ?
– Si tu crois que m'embrasser comme ça va m'empêcher de m'inquiéter pour mon filleul…
– Eh bien…?
– Tu sais, Severus, si tu rendormais Harry, nous pourrions visiter ma chambre, ensuite.
– … »
