Chapitre 3 :

Le spectacle est terminé, tous les spectateurs sont déjà repartis et les artistes regagnent leurs caravanes et autre habitations. Le chapiteau est fermé et les animaux remis dans de la paille fraîche. On les laisse s'abreuvoir et se reposer après cette soirée riche en émotion une nouvelle fois, surtout pour un certain dreadé qui est assis près de l'entrée du chapiteau et qui réfléchit.

A vrai dire il est encore tout fébrile, ses jambes ne le soutiennent pas et il est le seul à n'avoir pas encore rangé ses accessoires de spectacle. Il est encore en costume de scène noire et pailletée et sa gorge est sèche. Son cœur bat vraiment trop vite au souvenir de Bill dans sa bulle. Il était si beau et si sensuel. Si féminin et si masculin à la fois. Une créature mystique pense le blond. Il ne peut pas réellement exister n'est-ce pas ?

Tom essaye de déchiffrer sa réaction et tous les tremblements qu'a subit son corps. Il avait chaud et ses mains étaient moites. Bill bougeait et Tom ne le lâchait pas des yeux. Il doit bien y avoir quelque chose responsable de cela. Le désir de l'autre ? Plus ? Seulement de la curiosité ? Non ce serait mentir d'approuver cela. Le blond penche la tête en avant et laisse ses mains dessiner tout et n'importe quoi dans le sable. Il soupire.

« Humhum… » Toussote une voix au dessus du dreadé. « Je te dérange pas ? »

« Oh…Euh…Non…Je… » Bafouille le blond les joues rouges voyant qu'il s'agit du beau brun.

« Je peux rester avec toi ? Je ne connais pas grand monde ici encore alors comme j'ai vu que tu étais seul. Tu vas bien ? Tu as l'air pensif ? »

Durant le court monologue de Bill, le blond n'a fait que fuir son regard de peur de rougir plus fort encore. Il répond simplement :

« Oui, bien sûr mais attend on va aller s'asseoir devant ma caravane c'est plus confortable que le sable et moins crade. Oh et je vais bien ne t'en fais pas. »

« D'accord, je te suis. » Termine Bill en tendant une main à Tom pour l'aider à se relever.

Le blond hésite mais la saisit finalement laissant un frisson se propager dans tout son corps. Une fois relevé il lâche la main de Bill qui est pourtant si douce qu'il la voudrait encore sur lui, partout sur lui. Il est prit d'un violet vertige et perd l'équilibre brièvement en croisant le regard du brun qui se veut intense. Bill le rattrape par le bras l'empêchant de tomber.

« Tom, tu es sûr que ça va ? »

« Oui ne t'inquiète pas je suis juste un peu…fatigué. »

« Bon tu veux que je te laisse aller dormir alors ? » Dit le brun se reculant un peu.

« Non, non reste ! » Répond Tom plantant ses yeux dans ceux de Bill.

Encore un battement de cœur raté. Encore les mains moites et les jambes qui flageolent. Il pense qu'il devient fou. Bill est un garçon, mais Bill est tout simplement magnifique. Tom n'est pas sensé aimer les garçons, mais Tom tremble devant celui-ci.

Le blond respire alors profondément et commence à marcher vers sa caravane, Bill sur ses talons. Le brun voit bien que Tom se comporte bizarrement mais n'ajoute rien. Le blond veut bien de sa présence et c'est tout ce qui compte pour lui.

Pour tout dire, le fait que Bill donne son CV à Monsieur Kaulitz n'est pas un hasard. Il connaît cette troupe depuis plus de deux ans et les a déjà vu plusieurs fois avant cela et il a toujours été attiré par Tom. Il est sorti avec d'autres garçons mais souvent lorsqu'il est seul il pense à ce beau dreadé jongleur et ce, depuis tout ce temps. Tom n'est jamais sorti de ses souvenirs.

Ils arrivent devant la caravane de Tom et s'assoient sur les petites marches en fer. Il fait sombre et l'atmosphère est tendue. Les deux jeunes hommes restent silencieux laissant l'humidité tomber sur leurs épaules en cette nuit d'été. Seuls quelques lampadaires laissent les visages se distinguer dans le noir.

« Tu est proches de tout le monde ici ? » Demande finalement Bill.

« Hum pas tout le monde. Disons qu'on se connaît tous assez bien mais je suis surtout proche de Georg et Gustav. Mon meilleur ami est parti a la fin de l'été dernier après avoir obtenu son bac par correspondance et je ne le vois pas souvent. Mais bientôt normalement il passe me voir. » Explique Tom en ouvrant sa chemise noire dévoilant son torse musclé.

« Oui je vois, il te manque sûrement alors. Il s'appelle comment ? »

« Jan. Il est tellement génial, je suis souvent triste de ne pas le voir aussi souvent qu'avant, ça a été une cassure de devoir le laisser partir loin. » Ajoute le blond la tête baissée.

« Je peux comprendre, j'ai moi-même laissé mes amis et ma famille pour poursuivre mon rêve. Le cirque c'est toute ma vie. » Raconte Bill.

« Moi aussi. C'est pourquoi je sais juste lire et écrire mais pas grand-chose d'autre. Si je perds le cirque, je perds tout je crois. »

Tom lève les yeux, les étoiles sont assez bien visibles malgré les lumières de la place. Le brun l'imite mais retombe bien vite sur le visage du blond si fin. Il le trouve si beau mais pour le moment il ne sait pas grand-chose de ce dreadé alors il se retient de faire quoique ce soit.

Tous les deux passent les deux heures suivantes à parler de leurs vies. Le cirque les lie, ils se comprennent. Finalement Tom oublie son malaise et se laisse aller. Il découvre Bill sous un autre jour. Il n'est plus seulement cette créature magnifique dans sa bulle d'eau mais aussi un être doté d'une douceur et d'une gentillesse évidente qui fait fondre le blond. Tom se sent amadoué par chaque geste de Bill, envouté par chaque mot et enivré par le parfum qui se dégage de sa peau.

[…]

Quelques jours sont passés et la troupe a encore changé d'endroit. Tom a pu voir son meilleur ami et l'a réconforté comme il pouvait. Tous les deux ont traîné entre les roulottes comme au bon vieux temps se remémorant toutes les bêtises qu'ils avaient pu faire laissant Monsieur Kaulitz en rage parfois. De bons souvenirs qui ont rendu Tom assez nostalgique et un peu triste.

Ce soir là le spectacle se passe une nouvelle fois à merveille. Ces derniers temps, depuis l'arrivée de Bill, les ventes de billets ont augmentées. Il semblerait que le bouche à oreille fonctionne et que le numéro du brun remporte un vif succès. C'est très bon pour le cirque et cela rend Monsieur Kaulitz encore plus fier de son cirque qui retrouve sa vigueur.

Tom termine son numéro et dépose ses accessoires un peu plus loin derrière le rideau de l'entrée des artistes. Il a besoin de se rafraîchir la soirée ayant été particulièrement chaude. Il se dirige alors vers sa caravane pour se passer de l'eau sur le visage.

Pendant ce temps là, deux numéros s'enchaînent dont celui de Bill. Le blond n'aura donc pas eu l'occasion de le voir nager dans sa bulle d'eau ce soir. Pourtant depuis quelques jours, Tom ne rate pour rien au monde le passage de Bill. Il aime tant le voir se mouvoir dans l'eau claire. Il aime observer son corps et ses cheveux filer dans l'eau sensuellement laissant son cœur accélérer le rythme à chaque seconde.

Le brun termine donc son numéro et sort du chapiteau repassant derrière le rideau pour attraper sa serviette de bain. Il se sèche en retournant vers son camping car pour se changer. Il remet une autre tenue pour le salue collectif final de toute la troupe et retourne derrière le rideau le spectacle touchant à sa fin. Il aperçoit Tom de loin et l'observe rire avec une des trapézistes. Son cœur se serre violemment à cette vue.

Le rideau s'ouvre pour la dernière fois laissant tous les artistes entrer sur la piste rouge. Ils saluent le public qui applaudit et se lève même. C'est un triomphe et tout le monde à le sourire. Les yeux des enfants sont émerveillés et même les grands semblent émerveillés. Il n'y a pas d'âge pour cela. La magie opère toujours et déjà la troupe regagne l'arrière du rideau pour aller se reposer après cette longue journée.

Bill sort de scène avant Tom et rejoint précipitamment sa roulotte en serrant quelque chose contre son torse comme pour le cacher. Le blond le voit courir de dos et se demande ce qu'il peut bien lui prendre et tente de l'appeler mais se ravise le laissant fuir.

Tom retourne près du rideau pour prendre ses accessoires de jonglage et part vers sa caravane pour les ranger. Il les nettoie avec un chiffon doux et les range dans un petit coffre. C'est à ce moment là qu'il se rend compte qu'il lui manque un élément. Il retourne alors près du rideau rouge mais ne trouve rien. Il cherche sur la piste et autour au cas où l'objet serait tombé mais rien. Il pense alors à aller demander aux autres mais ce soir tout le monde semble s'être couché rapidement. Seule une roulotte reste faiblement éclairée à l'intérieure. Celle de Bill.

Tom avance en direction de cette roulotte et frappe timidement à la porte après avoir hésité pendant quelques secondes. Seulement personne ne répond et la porte est mal fermée. Il se laisse tenter et l'ouvre un tout petit peu pour voir si Bill dort ou non.

C'est là que son cœur rate un battement et qu'une bouffée de chaleur se répand en lui. Il vient d'avoir la vision la plus sexuelle qu'il ne lui ait jamais été donné de voir. Il tombe légèrement en avant et se rattrape à la paroi près de la porte mais ne part pas. Il ne peut pas.

Si Tom perd tout contrôle sur sa curiosité et ses réactions, c'est parce qu'il vient de surprendre Bill dans une situation autant alléchante qu'embarrassante. Sa peau est moite et sa respiration accélère de plus en plus. Son ventre se tord. Bill se caresse allongé sur sa banquette.

Le corps du brun est cambré, sa tête est en arrière et il ne porte plus rien. Sa peau est luisante et ses cheveux sont humides. Les yeux de Tom restent absorbés par la main de Bill s'activant sur son entre jambe tandis que l'autre caresse son torse, son ventre et ses cuisses. Le souffle du brun est erratique et celui de Tom se calque sur ce dernier.

Le dreadé sent bien que son corps réagit de plus en plus au spectacle qui s'offre à lui mais il ne fait rien. Il se contente d'observer, il veut voir jusqu'où Bill peut aller lorsqu'il se fait plaisir. Il veut le voir gémir, soupirer encore. Il veut voir sa peau frémir et le voir jouir.

Les doigts du brun passent par sa bouche, ils les humidifient de sa salive brulante et redescend sa main vers son intimité. Il laisse deux de ses doigts pénétrer son antre et soupire d'une façon si sensuelle que Tom croit défaillir.

Ses yeux ne se détachent pas du corps de Bill qui n'a pas remarqué le voyeur et le brun s'arrête soudain pour attraper quelque chose derrière lui qui n'est autre que la massue de jonglage que Tom cherche partout. Le cœur du blond s'arrête presque. Non il ne vient pas de penser à une chose au combien perverse que Bill pourrait faire avec cet objet. Et pourtant…

Le brun se retourne pour se mettre à genoux sur le canapé et prend un tube de lubrifiant posé non loin de lui. Tom ferme les yeux un instant, la respiration haletante et presque bruyante alors que Bill enduit largement le manche de la massue de produit glissant. Le blond soulève ses paupières découvrant à quelques mètres de lui ce jeune homme si parfait de dos et totalement nu.

Bill se penche en avant et commence à enfoncer la massue dans son intimité humide. Tom se retient de respirer et sa main descend vers son entre jambe incroyablement excitée. Il effleure la bosse serrée dans son pantalon moulant noir et souffle tout l'air qu'il a gardé observant le manche de l'objet brillant entrer lentement en Bill.

Le blond ne réfléchit même plus à ce qu'il fait. Il n'a jamais été attiré comme cela par quelqu'un et ça l'effraie un peu mais pas assez pour l'obliger à partir d'ici. Il y a simplement ce désir grandissant au fond de ses entrailles et cette excitation qui ne cesse de faire surchauffer ses pensées. Plus rien n'a de sens et tout empire lorsque Bill commence à s'activer plus profondément dans son intimité. Un rythme s'installe, les gémissements s'intensifient et pour Tom c'est presque insoutenable, il a envie de se toucher mais s'il le fait il a peur de rater ne serait-ce qu'un infime geste du brun.

Bill augmente la cadence de ses vas et vient et n'y tenant plus il se remet sur le dos sans retirer la massue de son antre. Son autre main vient reprendre son sexe. Ses yeux son fermés et son corps est secoué de spasme. Tom voit le ventre du brun se contracter délicieusement mais ses yeux reviennent observer l'objet aussi dur que son sexe à l'instant même qui entre et sort de Bill. Si seulement il pouvait remplacer l'objet qui fait plaisir à ce bel androgyne en transe.

La main droit de Tom est toujours posée sur son entre jambe, il a mal mais ne fait rien. Il résiste et son ventre se tord plus fortement lorsque Bill se met à souffler plus fort avant de gémir. Tom se sent tomber, son cerveau ne répond plus et sa bouche est sèche à force de chercher l'air. Il s'appuie toujours de son autre main contre la paroi et tente de ne pas toucher la porte. Il doit rester cacher et ne pas se faire remarquer. Il peut fantasmer mais ne pas le faire savoir à moins que…

« Tommm… » Gémit le brun en rejetant la tête en arrière.

« Oui…Comme ça…Plus fort… » Ajoute-t-il en enfonçant la massue toujours plus profondément, toujours plus fortement.

« Oh mon Dieu. » Pense le blond à ce moment laissant sa main caresser son membre douloureux au travers de son pantalon.

« Hummm…Tom…Plus vite… »

La main de Bill accélère sur son sexe et l'autre enfonce encore la massue à une vitesse soutenue le faisant suer un peu plus. Il ne tiendra pas bien longtemps et Tom aperçoit l'orgasme du brun, il est là, si près… Il le sent arriver et il attend qu'il explose devant ses yeux au travers du corps dénudé.

Tom bouge à peine sa main sur son sexe encore enfermé et ses jambes se mettent à trembler plus fort. Bill ne retient plus le prénom du dreadé qui sort de sa gorge dans des sons affreusement excitant. La massue disparaît puis revient et à peine quelques mouvement plus tard, le corps longiligne et pâle se cambre violemment. Bill jouit, sous les yeux de Tom. Bill a la bouche ouverte et son cris est silencieux. Des grognements sortent encore de sa bouche en même temps qu'il se déverse dans sa main par à-coups. Bill respire fort, Bill ne contrôle plus rien et aussi, le blond le suit sans avoir rien fait. Son pantalon noir de jongleur est souillé.

Tom se réveille brusquement même si sa respiration est plus que saccadée. Il voit simplement Bill se relever après s'être lentement remit de son orgasme et nettoyer l'objet qu'il rendra certainement au blond comme si de rien n'était.

Le jongleur part en courant vers sa caravane et à peine est-il entré qu'il se précipite sur son lit de nouveau excité à la simple pensée de cette si belle créature se laissant emporter dans sa bulle de plaisir.