Chapitre 4 :
Dehors le soleil est déjà rayonnant et les oiseaux s'occupent gaiement de réveiller les derniers flemmards comme Tom qui émerge à peine d'une nuit pénible. Il a beaucoup réfléchit, trop même et cela l'a empêché de s'endormir. Ce qu'il a vu la veille au soir revient dans ses pensées, il a l'impression de tout revivre et les réactions masculines matinales ne sont pas là pour l'aider. Il a déjà passé plus d'une heure la veille à se faire plaisir après être rentré dans sa caravane mais visiblement ça n'a pas suffit.
Tom ferme les yeux et s'étire comme il peut dans son lit étroit. Ses muscles se détendent et le sang lui monte à la tête le laissant calme et relaxé. Il ne lui faut pas plus de temps pour descendre sa main le long de son corps comme celle de Bill le faisait la veille. Il s'imagine être avec le brun et que ce soit lui qui le caresse de cette façon. Il pense que ce serait encore meilleur tant les mains de Bill doivent être douces.
Tous ses sens sont en éveil, il n'entend plus rien à part les gémissements de Bill résonnants encore dans sa tête. Il se souvient des cheveux brun pendant vers le bas encore humide et de ses lèvres entre-ouvertes. Il désir le corps de cet androgyne soudainement arrivé dans sa vie. Tout a été si brutal. A peine Tom avait-il croisé les yeux de Bill qu'un désir foudroyant l'avait fait trembler. Pourquoi cela n'était-il jamais arrivé avant avec un homme ? Peut être parce qu'il n'y a que lui qui puisse rendre le dreadé totalement fou. Peut être parce qu'il ressemble a une femme. Peut être…
En attendant, la main de Tom se presse dans son boxer bien trop serré mais ressort rapidement. Ca n'est pas assez original pour le blond alors que justement tout change dans sa vie ces derniers jours. Bill est original, son désir l'est tout autant pour lui.
Alors Tom se retourne dans son lit et place son oreiller sous son bassin imaginant le corps du brun juste sous lui, tremblant, brillant, affolant. Il se met à bouger frottant son bas ventre sur le coussin et sa respiration devient plus forte. Il est obligé de fermer les yeux perdu entre le sommeil toujours présent et le plaisir d'imaginer Bill et lui se faisant l'amour.
L'amour. Tom pense à l'amour avec Bill et pas seulement au sexe. Peut être est-ce inconcevable pour lui. Se donner au brun pour ensuite le laisser s'échapper et ne plus pouvoir le toucher ? Non, bien sûr que non. Tom se consume bien trop en pensant à lui et les couinements qui sortent de sa gorge à ce moment le prouvent plus encore.
Les doigts du blond s'enfoncent dans le matelas et il saisit le drap. Il le serre de toutes ses forces en murmurant le prénom de Bill contre le tissus d'un autre coussin qu'il vient placer sous sa tête. Il s'imagine dévorer le cou du brun et lui chuchoter qu'il a envie de lui, qu'il est dingue de lui, de son corps. Si seulement tout cela était vrai.
Tom sent le plaisir monter d'un cran et ses mouvements sont assez restreints alors il commence par se rasseoir pour retirer son boxer se retrouvant totalement nu et se rallonge sur l'oreiller. Il se soulève sur ses bras qui sont tendus, son dos est cambré et il se frotte plus vite et plus fort sur le tissu. Il soupire, il grogne de façon presque animale et penche la tête en arrière. Il transpire, il gémit un peu plus fort et parle comme si le brun était avec lui.
Son corps s'enfonce brutalement contre l'oreiller et le matelas puis il tombe sur ses avant bras, la tête penchée en avant, tombante. Son bassin accélère la cadence forcé par le plaisir qui le submerge et Tom ne contrôle plus rien. Il voit seulement l'image de Bill enfonçant sa massue dans son cul et sa main s'activant sur son sexe. Il voit plus encore le corps du brun se cambrer et tressauter. Il entend les gémissements de Bill laissant échapper le prénom du jongleur et pense encore au désir immense d'être à la place de l'objet brillant.
Après quelques minutes à se fatiguer encore, des flashs blancs passent devant ses yeux et Tom appuie son visage dans le coussin sous sa tête laissant des soupirs bruyant sortir de sa gorge puis un cri grave qui s'étouffe dans la masse. Son corps tremble violemment plusieurs fois le soulevant carrément. Tom se recroqueville sur lui-même puis relâche son corps et ce, plusieurs fois. Ses genoux remontent sous lui se collant à son ventre et c'est posé sur ces derniers la tête contre le matelas qu'il reste quelques secondes tremblant. Sa main plonge sous son corps pour frotter encore son sexe chaud et humide prolongeant cette jouissance si puissante.
« Putain, putain, putain…Qu'est-ce que je viens de faire là ? » Chuchote Tom pour lui-même.
C'était si bon, comme si Bill était là. Comme s'il le touchait et pourtant il était seul. Il s'est senti décoller rien qu'en pensant à lui. Qu'est-ce que cela aurait été si le brun avait vraiment été là.
Tom se calme et se retourne pour s'allonger sur le lit après avoir retiré l'oreiller complètement sali. Il pourra changer la taie maintenant mais il ne regrette pas ce qu'il vient de faire. Il est attiré par Bill et c'est indéniable, il vient de vivre l'un des meilleurs orgasmes de sa vie. Il faut dire qu'il n'est pas spécialement actif sexuellement alors que nombreuses sont les filles de la troupe qui aimeraient bien passer par sa caravane. Seulement il lui arrive souvent de se satisfaire lui-même et cette fois-ci, avec les pensées qu'il a eues, il doit avouer que c'était même meilleur que toutes les relations qu'il a pu avoir avec des femmes.
C'est joli une femme, mais pas autant que Bill. C'est excitant aussi, mais pas autant que Bill et sa massue dans cet endroit si intime. Et dire qu'il devra de nouveau jongler avec cet objet. Le pourra-t-il simplement en restant concentré ?
[…]
Il est plus de midi et Tom a eu le temps de prendre une douche rafraîchissante dans une des cabines de douches dans le parc où le cirque est installé. Ce sont des cabines en plastiques qui on été mise en place spécialement pour le cirque, la ville est un peu plus grande et a pu mettre ce la en place, c'est bien agréable pour la troupe.
Le blond mange un sandwich dans sa caravane près du ventilateur et écoute la radio se tenant un minimum informé de ce qu'il se passe dans son pays. Après cela, il boit une gorgée d'eau et va pour sortir de la caravane. Il ouvre la porte et tombe nez à nez avec Bill qui tient la massue dans sa main.
Les deux jeunes hommes deviennent rouges et le brun tente d'articuler quelque chose sans grand succès :
« Euh, je…Je l'ai retrouvée hier soir mais…Enfin je voulais pas te déranger…Donc enfin voilà, elle est pas perdue… »
« Ben, euh, merci…Elle était où ? » Ajoute Tom avant de se gifler mentalement pour avoir posé cette question ô combien perverse.
« Glissée…Sous le…Elle avait glissé derrière le rideau. »
« Ouai, enfin c'est pas grave je l'ai retrouvée. » Achève Tom.
Et là, c'est le blanc, le vide intersidéral. Bill regarde sur le côté et Tom vers le sol alors qu'il surplombe le brun en haut des deux marches. La tension est présente et le dreadé se sent tout à coup honteux d'avoir observé Bill hier soir. Il n'aurait pas dû rester mais c'était plus fort que lui.
« Bon ben, tiens. Je vais pas la garder plus longtemps hein… » Dit Bill en tendant la massue au jongleur qui la prend.
Tom serre le manche dans sa main et son esprit tourne encore du côté pervers. Il secoue la tête et regarde la massue d'un air rêveur. Putain elle était à l'intérieur de lui et maintenant il l'a dans la main. C'est juste incroyablement gênant mais tout aussi excitant comme situation.
« Merci Bill. » Glisse simplement Tom en lui souriant timidement. « Ca va sinon ? » Tente le blond pour détendre l'atmosphère.
« Euh oui merci, un peu fatigué, je n'ai pas très bien dormi. Et toi ? »
« Bien merci…Je n'ai rien à faire cet après midi, tu veux qu'on le passe ensemble tranquillement ? » Demande le dreadé peu sûr de lui.
« Oui ça me ferait plaisir, d'ailleurs tu m'apprendrais quelques trucs de jonglage ? » Sourit le brun reprenant de l'assurance de son côté.
« Si tu veux. J'attache mes dreads et j'arrive. »
« Non…Oh euh…Je veux dire, tu…Tu es bien comme ça. » Interrompe Bill en bafouillant.
Tom se contente de sourire légèrement trouvant le brun vraiment adorable et prend son coffret d'accessoires de jonglage après avoir replacé la massue manquante à l'intérieur. Ils avancent ensuite côte à côte plus loin dans le parc jusque sous les hauts platanes qui les protègeront du soleil.
Le dreadé s'accroupit et dépose le coffret sur le sol. Le brun ne le quitte pas des yeux observant les muscles de ses bras travailler sous le poids de la boîte assez lourde. Il scrute aussi le profil de Tom parfait qu'il voudrait embrasser mais se reprend rapidement lorsque le jeune homme au sol relève les yeux vers lui.
« Tu veux commencer avec quoi ? » Demande Tom.
« C'est quoi le plus simple ? »
« En général il faut commencer avec des foulards, ça tombe lentement donc tu as le temps de les rattraper plus facilement. Je ne travaille pas avec pendant les représentations mais j'en ai toujours dans mon coffre. » Explique le blond.
« D'accord alors vas-y montre moi et j'essaye. »
Tom hoche la tête et se relève avec trois foulards dans les mains. Il exécute les premiers gestes lentement en expliquant rapidement à Bill comment il doit s'y prendre puis rattrape les trois morceaux de tissu légers. Il les tend au brun qui s'en saisit frôlant la main de Tom au passage qui baisse les yeux gêné par ce contact.
Bill commence à envoyer les foulards en l'air et tente de les rattraper en rythme tout en les lançant à tour de rôle sans grand succès. Au bout de deux foulards lâché il peine à savoir quand envoyer le dernier et manque de rattraper le premier. C'est assez catastrophique et Tom rit un peu devant la moue déçue de Bill.
« Tu y arriveras bien à force d'essayer. On ne peut pas tout réussir du premier coup. Attend on va faire quelque chose. » Explique le dreadé contournant le brun pour se mettre derrière lui.
Tom observe un instant les cheveux parfaitement lisse et long du brun avant de se rapprocher de son corps et de passer ses bras de chaque côté en dessous de ceux de Bill.
« Bon maintenant donne moi les foulards et regarde comment je fais, peut être qu'en le voyant dans le même sens que moi tu comprendras mieux. »
Bill hoche la tête chatouillant le nez de Tom avec ses cheveux parfumés et le dreadé commence à jongler habilement. Le brun suit ses mains avec attention et ses pensées dérivent lui aussi. Sentir Tom si proche de lui est un vrai supplice. Son cœur bat trop vite et il ne pense qu'à ces mains là posées sur son corps aussi douces que les foulards.
« Voilà, réessaye pour voir. » Dit Tom lui donnant les foulards et restant derrière lui.
Bill tente une nouvelle fois de jongler avec les foulards et réussit une première fois à tous les lancer mais la seconde fois l'un deux tombe trop bas et c'est Tom en se collant au dos de Bill qui le rattrape. Le contact du torse de Tom contre son dos électrifie le corps du brun qui oublie de rattraper les deux autres foulards les laissant s'échouer sur le sable chaud.
Tom ne se recule pas, au contraire il laisse son bras droit passer devant Bill et le rapprocher de lui. Sa main est posée juste sur le cœur battant du brun qui se sent gêné et en même temps affreusement bien. Tous les deux ferment les yeux et Tom ose passer son autre bras autour de Bill laissant ses doigts sur le ventre de celui-ci. Sa tête se pose contre le cou du brun et il respire profondément. Bill vient caresser les avant bras du dreadé doucement profitant de la douceur et de la chaleur de sa peau.
Personne ne parle, ils se fichent de tout à part de l'autre, les foulards s'envolent un peu avec le léger vent et les jeunes hommes ne voient pas le regard bienveillant du fondateur de ce cirque posé sur leurs corps enlacés dans une bulle de tendresse.
