Chapitre 6
Les corps se délient, les esprits retrouvent le calme et les peaux frissonnent d'être encore immergées dans l'eau à présent trouble de luxure. Tom se détache doucement du beau brun qu'il tient contre lui depuis plusieurs minutes et sort de la bulle d'eau. Bill fait de même et remet son peignoir blanc. Le jongleur n'a rien pour s'essuyer alors il grelotte. Voyant cela, le brun lui ouvre les pans de son peignoir trop grand lui intimant de venir se coller à lui.
Peau contre peau, ils partagent leur chaleur entourés par la douceur de l'éponge blanche. Le nez de Tom est enfouit dans le cou de Bill et le caresse doucement tandis que ses bras entourent sa taille. Ils restent comme cela encore un peu se réchauffant mutuellement puis Tom se détache pour se rhabiller, il est soudain très gêné en voyant l'eau de la bulle encore mouvante. Bill le remarque.
« Oui, ben je vais devoir changer l'eau plus tôt que prévu, ça fait rien… »
« Désolé. » Murmure le dreadé relevant à peine les yeux vers Bill alors qu'il referme son pantalon.
« Ca n'est rien, ça valait le coup non ? » Sourit le brun caressant la joue de Tom.
« Oui. Je crois. »
Après cela, ils sortent de la camionnette refermant les portes derrière eux. Au dehors, plus aucun bruit ne se fait entendre. Tout le monde doit dormir paisiblement et il ne serait pas étonnant que quelqu'un les ait entendus batifoler pendant de longues minutes. Ils se regardent rougissants et continue de marcher sans savoir comment se dire au revoir.
« Je vais aller prendre une douche chaude dans une des douches au fond tu parc, et puis j'irai me coucher. » Finit par dire Bill en s'arrêtant.
« Oh euh…Okay. » Balbutie Tom déçu de devoir déjà quitter le brun. « Bonne nuit alors. »
Bill se rapproche et vole un baiser débordant de sentiments au dreadé immobile qui ferme les yeux et ne les rouvre que plusieurs secondes après alors que le brun s'est déjà éloigné de lui pour rejoindre les douches. Tom sent ses organes interne ses serrer. Il lui manque déjà.
Le brun se retourne une dernière fois pour sourire à son jongleur puis continue sa route vers le fond du parc tandis que le blond sent sa respiration s'accélérer.
C'est pire qu'un manque. Il est angoissé à l'idée de n'avoir été qu'un coup d'un soir et que dans quelques heures, lorsque le soleil sera de retour, il ne retrouve un statut de simple ami avec Bill. Il ne peut pas s'imaginer cela même si être en couple avec un homme lui fait également très peur. Il a du mal à s'y faire encore et se demande comment il va le vivre si réellement ils se mettent ensemble. Comment faire pour s'afficher au sein du cirque. Et son père ? Il n'a vraiment pas envie de le décevoir.
Tom sent sa gorge se nouer et il se met à courir prenant le même chemin que Bill. Il est déjà essoufflé et lorsqu'il aperçoit la lumière dans une des douches, ses jambes le propulsent encore plus vite. Il retire déjà son t-shirt qu'il laisse tomber au sol près de la douche et ouvre la porte à la volée. Il entre et referme derrière lui. Bill est debout devant lui nu sous l'eau chaude et il le regarde l'air ébahi.
Mais une seconde plus tard, Tom se retrouve plaqué contre un des murs de la douche une autre bouche collée à la sienne l'embrassant avec passion tandis que des mains tentent d'ouvrir son pantalon pour le lui retirer.
« Tu me manquais déjà trop…Je…J'ai… » Essaye de dire Tom se reculant un peu.
« Arrête de parler et retire moi ce pantalon, j'ai encore envie de toi. » Répond Bill d'une voix suave.
Tom fait alors ce que le brun lui demande et se retrouve rapidement nu collé contre le corps du brun. Ils s'embrassent, se caressent mais ne parlent plus. Ils profitent simplement de la présence de l'autre dans un acte charnel. Encore une fois, déjà. Ils ne peuvent plus se passer de l'autre, c'est affolant pour eux mais terriblement enivrant aussi.
Bill se frotte contre Tom, leurs sexes éveillés se touchent et se percutent. Ils gémissent tout doucement à l'oreille de l'autre rendant l'acte plus intime encore si c'est possible. Les doigts de Tom sont emmêlés dans les cheveux mouillés de Bill qui est plus attirant que jamais tandis que ce dernier serre la taille du blond enfonçant ses ongles à chaque frottement.
Ils sont passionnés par l'autre, présents seulement pour l'autre et ne savent plus vraiment où ils sont. Ca n'est pas grand-chose, ils se frottent simplement l'un à l'autre leurs membres se serrant entre leurs ventres mais le plaisir monte rapidement. Ils s'embrassent à de multiples reprises trouvant au travers des échanges une autre attache. Non l'autre ne partira pas. Pas maintenant, c'est impossible.
Bill laisse sa bouche dévorer le cou de Tom et lui laisse plusieurs marques. Les mains de Tom descendent plus bas sur les reins du brun puis sur ses fesses qu'il caresse tendrement. Tout devient plus doux et plus sentimental. Le côté bestial s'échappe et chacun s'écarte un peu pour prendre le sexe de l'autre dans sa main. Ils se masturbent mutuellement dans de lentes caresses tout en s'embrassant. Ils gémissent, se montrent à quel point ils ont besoin du contact de l'autre et bientôt leurs jambes se mettent à trembloter. Ils ont du mal à tenir debout alors Tom se laisse glisser contre le mur entraînant Bill avec lui. Ils se retrouvent accroupis et accélèrent le rythme des vas et vient appliqués par leurs mains. L'eau de la douche les réchauffe un peu plus et la buée rend la chose étouffante embrumant leurs esprits.
« Je ne vais plus pouvoir me passer de toi Tomi… » Souffle Bill entre deux gémissements.
« Moi plus… » Répond Tom.
« Non moi… »
« Non moi… » Insiste le dreadé.
« Non moi plus… » Ajoute encore le brun avant de faire glisser Tom sur le côté.
Le blond s'allonge sur le sol de la grande cabine de douche prévue pour les personnes à mobilité réduite et laisse Bill le recouvrir de son corps. Ils reprennent les vas et vient en se frottant l'un à l'autre. Le brun se soulève même de plusieurs centimètres pour aller frapper le sexe de Tom avec son bassin à plusieurs reprises qui voit trouble et se retient de gémir trop fort.
« Tu vois…Han…Moi je suis accro plus que toi… » Réitère le brun fixant Tom dans les yeux.
« C'est impossible…C'est moi je te dis tu me rends fou…Complètement taré…Han mon Dieu plus fort… »
« Non moi tu me rends plus dingue que toi…Je…Oh… » Bill se cambre un peu et tremble de tout son corps. « C'est moi Tom, moi le plus dingue, moi le plus… »
« Ta gueule je t'aime ! » Coupe le dreadé voyant que le brun est tout proche de l'orgasme et le retourne de façon à se retrouver sur lui.
« Encore…Dis le encore…Oh, Ahh… » Souffle Bill.
« Je t'aime… »
Bill relève sa tête pour embrasser Tom qui accélère encore les mouvements de hanches contre le sexe du brun. Leurs respirations deviennent presque trop rapides et bruyantes et témoignent de leur orgasme puissant et presque simultané lorsqu'elle se coupe puis repart dans des grognements insensés.
Leurs corps tremblent sans qu'ils puissent les contrôler et alors qu'ils retombent l'un sur l'autre sur le sol de la douche qui coule toujours, Bill enfouit son visage dans le cou de Tom avant de chuchoter à son oreille, taquin :
« Mais moi je t'aime plus que toi tu m'aimes… »
Tom laisse échapper un rictus de bonheur. Ils ont l'air de deux gamins à se tenir tête depuis tout à l'heure et finalement il laisse un sourire niai imprimer sur son visage. Il lui a dit, c'est sortit tout seul et ça a fait exploser son cœur augmentant son plaisir d'avoir pu se libérer d'un poids. Oui il l'aime, terriblement et finalement il se l'est avoué en même temps qu'il l'a confié au joli brun allongé sous lui trempé d'eau et de sueur.
Ils se calment laissant les mains donner quelques caresses aériennes à leurs corps encore frémissants et se relèvent pour se laver. Ils se massent le dos chacun leur tour puis se rince avant de ressortir de la cabine habillé pour Tom –bien que son pantalon soit trempé- et en peignoir pour Bill.
Le brun éteint la lumière de la douche et rejoint Tom à l'extérieur. Il est déjà presque quatre heures du matin et le blond ne sait pas s'il peut demander à Bill de venir dormir avec lui. Ils sont face à face près de la douche et ne savent pas quoi se dire maintenant qu'ils sont retombés de leur nuage.
Bill avance un peu et soupir en regardant le ciel étoilé. Tom fait de même et se place à côté de lui laissant timidement sa main saisir celle du brun. Ils sourient pour eux même et Bill entrelace leurs doigts faisant éclater le cœur de Tom dans sa poitrine tout autant que le sien.
« Tu viens dormir avec moi ? » Demande le blond timidement regardant toujours en l'air.
L'androgyne se tourne pour se mettre face à Tom et hoche la tête en signe d'approbation tout en souriant légèrement.
Ils savent qu'ils ne dormiront pas beaucoup mais ils se dirigent tout de même vers la caravane de Tom. Ils s'allongent sur le petit lit qui les oblige à se coller l'un à l'autre pour leur plus grand bonheur. Ils s'embrassent chastement et s'endorment rapidement.
[…]
Quelques coups à la porte se font entendre réveillant les deux amoureux précipitamment. Tom prend peur à l'idée que quelqu'un les voit. Il aime son Bill mais ne sait pas s'il est près à assumer totalement devant les autres pour le moment.
« Tom ? C'est Papa, il est dix heures et je t'ai toujours pas vu ça va ? » Dit Monsieur Kaulitz derrière la porte.
Tom se lève rapidement pour ouvrir et sort pour dire bonjour à son paternel les yeux gonflés de fatigue accumulée la veille.
« Oui mince j'ai oublié de mettre un réveil désolé. Je vais bien ne t'inquiète pas. » Répond-il faisant une accolade à son père.
Monsieur Kaulitz remarque les marques dans le cou de son fils mais ne dit rien. Il aimerait que Tom lui avoue s'il sort avec Bill ou non et surtout il ne veut pas le mettre mal à l'aise dès le matin.
« Très bien alors on vous attend pour midi on fait un repas avec toute la troupe sous le chapiteau. »
« Euh pourquoi « vous » ? » Demande Tom gêné.
« Bill et toi vous êtes toujours fourré ensemble j'ai pensé que tu irais le prévenir. » Ajoute le père dissipant le malaise.
« Oh oui, ok, euh à tout à l'heure. »
« A toute. » Achève Jörg repartant et laissant un Tom rouge de s'être presque fait piéger.
[…]
Tout le monde est réuni autour d'une grande table faite de tréteaux et de planches. Les discussions vont bon train et pas mal de fous rires se mêlent. Bill et Tom sont assis l'un à côté de l'autre, et le blond laisse parfois sa main dériver sur cette du brun posée sur sa cuisse, l'effleurant simplement, et soutirant un sourire discret à son propriétaire.
Juste avant le dessert, Tom s'éclipse et Bill le rejoint presque aussitôt derrière le rideau rouge sous le regard de Monsieur Kaulitz qui n'a pas perdu une miette des sourires échangés entre son fils et le jeune brun.
Il se lève à son tour et fait le tour du chapiteau pour entrer vers l'arrière et confirmer ses soupçons. Il avance doucement et arrivé près de l'autre entrée en se rapprochant du rideau il aperçoit son fils en train d'embrasser Bill à pleine bouche. Leurs mains sont liées le long de leurs corps avant qu'ils ne cassent le baiser pour se serrer l'un contre l'autre. L'étreinte est débordante d'amour, Tom a le visage caché dans le cou de Bill respirant l'odeur de ses cheveux noirs et alors qu'il relève les yeux regardant derrière l'androgyne, il voit son père qui les regarde.
Son cœur rate un battement et il se détache doucement de Bill. Il lui dit qu'il doit aller aux toilettes et qu'il le rejoindra à table après. Le brun s'éloigne vers le lieu des festivités alors que Tom se dirige vers son père le regard baissé et les mains dans les poches. Il s'arrête juste devant lui et n'ose pas relever la tête. Il attend la baffe du siècle qui ne vient pas.
« Tu l'aimes n'est-ce pas ? » Demande Monsieur Kaulitz.
Tom soupire soulagé de ne pas se faire tuer sur place et relève les yeux vers son père. Il hoche la tête répondant positivement à la question ne sachant quoi faire d'autre mais Monsieur Kaulitz s'avance vers lui et le prend dans ses bras. Tom répond à l'étreinte et serre son père aussi fort qu'il le peut le remerciant de ne pas lui en vouloir.
« Soit heureux mon fils…Ne laisse personne éclater votre bonheur. »
[…]
Ce soir encore, deux corps se mêlent et se font l'amour dans une petite caravane modeste protégeant leur bulle d'amour.
